Haut PDF Pour une clinique philosophique du burn-out des professionnels de santé

Pour une clinique philosophique du burn-out des professionnels de santé

Pour une clinique philosophique du burn-out des professionnels de santé

l’utilité de la narration dans la prévention du burn-out 201 et recommande l’extension de ce type de démarche aux médecins en exercice. L’hypothèse des auteurs est que, face au « non-sens » et à la souffrance répétée — confrontation avec la mort, avec la dégradation physique et psychique des patients, avec les conflits éthiques etc. — « la narration oblige à poser des mots, à mettre en récit, et donc à réorienter la pensée dans un sens, le sens du métier commandé par l’imaginaire de celui qui écrit » 202 . Il s’agirait alors d’une mesure de prévention secondaire, « une sorte de prophylaxie secondaire visant à éviter l’aggravation des symptômes lors des expo- sitions suivantes, et d’éviter à l’inverse la barrière relationnelle, conduite d’évitement parfois déshumanisante, que bon nombre de médecins instaurent avec leurs patients pour ne pas revivre les mêmes situations psy- chiques » 203 . Michel Delbrouk suggère lui l’usage de la philosophie comme recours thérapeutique contre le burn-out, car « porter une réflexion philosophique sur notre mode d’existence et sur les événements auxquels nous sommes confrontés au fil de notre vie demeure une fonction indispensable à notre équilibre mental » 204 . Pierre Canouï recommande de même l’intérêt d’une approche pluridisciplinaire incluant l’éthique pour tout ce qui concerne « le sens du travail de soignants, la question des désespoirs thérapeutiques, de la fin de vie et de la qualité de celle-ci » 205 . Cette approche est selon lui nécessaire car la souffrance des soignants se situe à l’interface des enjeux médicaux, psychologiques, éthiques et sociaux, qui doivent être pensés collective- ment 206 . Enfin, une recherche qualitative sur les effets d’un enseignement de l’éthique biomédicale destinée aux professionnels de santé a montré que celui-ci permettait d’élargir les ressources des professionnels dans leur relation aux patients, de les aider à faire face aux conflits de valeurs, et avait un effet protecteur contre la détresse morale 207 . Les professionnels de santé identifient donc bien la philosophie et l’éthique comme des recours protecteurs contre leur souffrance.
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LE BURN OUT

LE BURN OUT

Le burn out n’est pas, dans ce cas, le révélateur de fragilités individuelles mais la manifestation de dysfonctionnements plus généraux dans l’entreprise. La prévention du burn out s’inscrit dans le cadre général de la prévention des risques professionnels. Le chef d’entreprise doit veiller à protéger la santé et la sécurité physique et mentale de ses salariés au travail. C’est une obligation de résultat. Et comme pour les autres risques professionnels, l’approche du burn out au travail doit donner lieu à une évaluation et à un programme de prévention.
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LE BURN-OUT : Les enseignants n’y échappent pas

LE BURN-OUT : Les enseignants n’y échappent pas

Les propos de cette institutrice expérimentée montrent bien que le temps qu’un professeur consacre à l’école évolue en fonction de la vie privée, mais également de l’âge. Les entretiens que j’ai eus m’ont amenée à plusieurs constats. Les jeunes professeurs passent une majorité de leur temps pour l’école. En effet, ils ont de l’énergie, sont dynamiques et ont le désir de faire tout ce qu’ils peuvent pour leurs élèves. Ils n’ont en général pas d’autres obligations hormis leur conjoint. Ensuite, lorsque les instituteurs deviennent parents, ils sont souvent obligés de revoir leur temps de travail pour l’école, car les enfants, ça demande aussi du temps! Puis, avec l’âge, une certaine fatigue se fait ressentir et une majorité des enseignants ont moins d’énergie. Alors, à nouveau, il faut peut-être revoir le temps accordé à l’école. Le témoignage ci-dessus permet aussi de voir combien il est difficile de mettre des limites au temps passé pour l’école. Quand ai-je assez travaillé ? Quand suis-je prête ? Est-ce que mes préparations me conviennent ? Les professeurs ont de moins en moins de retour sur leur travail, selon une institutrice expérimentée. Donc, parfois, il est difficile de savoir si le travail effectué est bien ou non, car le résultat n’est pas forcément visible. En effet, il arrive que le professeur se donne énormément de peine et prenne beaucoup de temps pour préparer un cours, mais seuls quelques élèves s’y intéressent. Alors, que faire ? Se donner de la peine, mettre de l’énergie et du temps dans des activités qui ne fonctionneront pas forcément, ou alors se fixer des limites de temps et préserver sa santé ? Il n’est pas toujours évident pour un enseignant de s’imposer une limite horaire, mais une chose est sûre, selon une institutrice expérimentée, agir ainsi et aller à l’essentiel permet aux professeurs de se protéger de l’épuisement professionnel, car un instituteur qui pratique ainsi a du temps pour d’autres activités et, selon elle, ça ne fonctionne pas moins bien avec les élèves.
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Évaluation des performances d'un outil de dépistage du burn out vers le Maslach burn out inventory en médecine générale

Évaluation des performances d'un outil de dépistage du burn out vers le Maslach burn out inventory en médecine générale

32 Il est important de souligner que notre étude porte uniquement sur l’épuisement professionnel des soignants, et plus précisément des médecins généralistes, même si les termes de « burn out » ou « d’épuisement au travail » sont actuellement employés, bien au-delà du secteur de soins, car la souffrance mentale liée à la profession est devenue un véritable phénomène de société. Les 23 consultations spécialisées dan s la prise en charge de la souffrance au travail en France sont débordées : ¼ des hommes et 1/3 des femmes salariés sont touchés par la détresse psychique au travail, selon une enquête de la fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie au travail. Un certificat de spécialisation en psychopathologie du travail, validé par le CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers) et l’université Descartes, a été créé il y a deux ans, et ouvert aux professionnels médicaux ou sociaux impliqués dans la santé mentale au travail.
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Empathie, burn out et caractéristiques sociodémographiques des médecins généralistes

Empathie, burn out et caractéristiques sociodémographiques des médecins généralistes

Une forte proportion de médecins, à savoir 60,7%, ont un niveau socioprofessionnel familial élevé, ce qui semble relativement important, bien que nous n’ayons pas retrouvé de comparaison dans d’autres études. Rappelons que plus de 50 % des médecins de notre étude réalisent ou ont réalisé une psychothérapie, ce qui a déjà pu être observé auparavant dans la population étudiante médicale. En effet, déjà au cours du cursus médical 107 , 20% des étudiants de DCEM 2 de Paris Descartes interrogés dans la thèse de Laurène Mazas déclaraient avoir eu recours à une psychothérapie. C’est un chiffre important qui peut être lié aux conditions difficiles de travail, mais aussi au hiatus entre la réalité de leur métier et leur « vocation », elle-même liée à une histoire de vie difficile. Les médecins éprouvent probablement la nécessité de comprendre leurs motivations profondes dans leurs choix professionnels. D’autant plus que nous retrouvons un lien significatif avec le burn out et l’empathie, et nous y reviendrons. Nous nous sommes également intéressés aux conditions d’exercice. Les consultations qui sont en moyenne de 20,19 minutes, sont plus longues que la moyenne nationale, à savoir 16 min 162 . La forte proportion de médecins formateurs peut contribuer à cet allongement, du fait que la durée de consultation est probablement plus longue chez ces derniers. Le pourcentage de médecins en secteur 2 de 11% est moins élevé que dans la population médicale totale française, qui est de 13% sur le rapport ONDPS 2006- 2007 163 , mais similaire au chiffre retrouvé pour les médecins généralistes 160 .
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Evaluation expérimentale du raisonnement clinique dans le cadre des jeux sérieux pour la formation des professionnels de santé.

Evaluation expérimentale du raisonnement clinique dans le cadre des jeux sérieux pour la formation des professionnels de santé.

89 de ludification étaient le score et les appels téléphoniques différents au médecin en fonction des étapes précédemment effectuées par le joueur. Des travaux antérieurs ont montré que les étudiants en santé sont très motivés à utiliser les jeux sérieux car ils les perçoivent comme plus engageants et plus interactifs que les méthodes traditionnelles et comme pouvant les aider dans l’apprentissage et la consolidation des connaissances 72,92,129,130 . Cependant, l’équipe de Dankbaar et al. a observé que, bien que les étudiants soient plus motivés par le jeu sérieux par rapport à un e-module, l’effet en termes d’apprentissage n’a pas été retrouvé comme étant supérieur 72,92 . Ces résultats sont semblables à ceux de notre étude mais il faut noter que l’apprentissage était évalué à court terme dans ces 2 études. Par contre, hors santé, une méta-analyse plus ancienne sur l’effet motivationnel des jeux sérieux ne retrouvait pas plus d’effet motivant dans le jeu sérieux qu’avec la méthode conventionnelle alors qu’ils retrouvaient un gain supérieur en termes d’apprentissage et de rétention 131 . Ces résultats pourraient s’expliquer par le fait que les mécanismes de jeu ne sont parfois qu’incomplètement intégrés dans les jeux sérieux, ou peut-être parce que l’usage du jeu sérieux par des apprenants non motivés ou déjà motivés intrinsèquement atténueraient la différence. Ainsi, dans des travaux de recherche futurs, il serait intéressant d’utiliser des échelles psychométriques évaluant plus précisément la motivation de l’apprenant. Par exemple, l’échelle de motivation situationnelle ( the Situational Motivation Scale, SIMS ) créée et validée par Guay et al. 132 a pour objectif de déterminer quelle est la motivation et quel type de motivation régule les comportements d’un individu durant une activité. Ainsi, le profil de motivation des étudiants pourrait être évalué lors des sessions de formation avec le jeu et lors d’un enseignement traditionnel pour personnaliser la formation.
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Quelles sont les ressources individuelles et collectives de l'éducatrice de l'enfance pour prévenir le burn-out ?

Quelles sont les ressources individuelles et collectives de l'éducatrice de l'enfance pour prévenir le burn-out ?

7 2 Développement 2.1 Introduction au traitement des données Pour le développement, je commence par définir l’épuisement professionnel à l’aide de différentes sources littéraires. Puis je retrace brièvement l’historique du burn-out ainsi que son évolution jusqu’à notre société actuelle. Je présente aussi les symptômes du surmenage. Suite à cela, j’expose les différentes hypothèses étiologiques obtenues grâce à un ancien travail de mémoire. Pour donner sens à mon travail de mémoire, je mets en évidence la nécessité de parer au burn-out. Pour étayer le contenu, je présente les résultats du sondage. Puis, je cible la notion de « mode » que suscite ce phénomène. Par ailleurs, je soulève également les retombées économiques ainsi que les coûts pour la société et les entreprises. Ensuite, je présente les moyens de prévention extraits de la littérature ainsi que ceux cités par la psychologue de la santé. Je relève précisément des programmes susceptibles d’être mis en place en structure d’accueil. Pour l’avant-dernière partie, je me suis intéressée à savoir ce qui peut être réellement exécuté par une éducatrice de l’enfance en tenant compte de la réalité du terrain. Un lien direct avec les interviews est effectué.
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Le burn-out des médecins généralistes picards : prévalence et facteurs associés

Le burn-out des médecins généralistes picards : prévalence et facteurs associés

Il existe un paradoxe, au sein même de la culture médicale, qui préconise une approche biopsychosociale pour les patients, mais qui semble totalement ignorer ces valeurs à l’égard des médecins. Des stratégies individuelles ont été démontrées par certains auteurs tel que le fait d’avoir de saines attitudes vis-à-vis de son travail, d’être capable d’introspection, de reconnaître et accepter ses propres limites, de nourrir des intérêts autres que la médecine, de bien s’entourer personnellement et professionnellement, donc de tendre vers un meilleur équilibre entre le travail et la vie personnelle [60]. Des stratégies communautaires ont également été mises en évidence. Ainsi, il est possible d’augmenter la satisfaction au travail en intégrant davantage de collaboration entre les professionnels, de soutien aux médecins et d’opportunités d’échange et de discussion [61]. Les médecins devraient se préoccuper de leur santé personnelle et adopter de meilleures habitudes de consultation [62]. Chaque médecin devrait être sous les soins d’un autre médecin [49, 50].
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Burn-out scolaire et pratiques éducatives : Facteurs de risque et de protection

Burn-out scolaire et pratiques éducatives : Facteurs de risque et de protection

stress scolaire à l’adolescence : du normal au pathologique lors de notre formation à la HEP pour le degré secondaire I et participer à cette même recherche, ce qui nous place maintenant dans une position privilégiée pour déceler les troubles liés au burn-out scolaire, ce qui n’est malheureusement pas le cas de tous nos futurs collègues puisqu’il ne s’agissait pas d’un séminaire obligatoire, ce que nous regrettons. Nous serions d’avis que cette formation, ainsi que tout autre module nous permettant d’agir sur le terrain dans le but de préserver la santé physique et psychologique des élèves devrait faire partie intégrante de la formation professionnelle enseignante de base pour le cycle 3. L’un de nous s’étant formé pour l’enseignement au secondaire II il y a presque dix ans, nous pouvons témoigner que ce genre de formation axée sur des troubles spécifiques de la santé n’était pas proposée dans le cadre du MAS SII à l’époque, ce qui nous amène à penser dans quelle mesure l’évolution de la maladie et son transfert au monde de l’école, et plus particulièrement celui des adolescents, se sont précisées et étendues en une décennie jusqu’à être présente dans les instituts de formation des enseignants et les médias. Cela est le reflet d’une société qui change, évolue et est désireuse de faire passer des messages de prévention sanitaire, de prise en charge sur le terrain et d’un suivi des élèves.
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L’apprentissage en milieu clinique des étudiants futurs professionnels de la santé : entre l’autonomisation et les contraintes pédagogiques

L’apprentissage en milieu clinique des étudiants futurs professionnels de la santé : entre l’autonomisation et les contraintes pédagogiques

Les méthodes pédagogiques traditionnelles ne répondent plus aux besoins et aux attentes des étudiants en sciences de la santé. Une nouvelle vision de l’enseignement, véhiculée par les paradigmes cognitifs et socio-cognitifs de l’apprentissage mettant l’étudiant dans une position active et autonome tout au long de son apprentissage a été encouragé par plusieurs auteurs. À l’École Supérieure des Sciences et Techniques de la Santé de Tunis (l’ESSTST), comme dans les autres écoles de la santé de Tunisie, l’approche pédagogique d’apprentissage en milieu clinique des stagiaires est inscrite dans une pédagogie par objectif, issue des courants béhavioristes. Le regard que nous portons aujourd’hui sur le behaviorisme s’avère être très critique. Bien que ce courant soit à l’origine de nombreux progrès en éducation, il semble désormais moins pertinent pour développer des systèmes de formation à l’instar de celle des licenciés en sciences de la santé. Le behaviorisme stipule que l’apprentissage est une réaction à des stimuli externes, l’apprenant est passif, formé par son environnement. L’apprentissage s’acquiert par la répétition. Le comportement est objectivement observable. L’avantage principal de l’approche par objectifs est d’avoir formulé et formalisé la nécessité d’expliciter de façon précise les finalités d’un dispositif de formation.
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Burn out et addiction au travail chez les médecins généralistes de l’île de La Réunion

Burn out et addiction au travail chez les médecins généralistes de l’île de La Réunion

rouleau et à risque de passage à l'acte suicidaire. A cette époque, mes réponses aux items d'épuisement du BMI auraient été doublées (plus de 35) et l'accomplissement sup à 40... Ma souffrance morale était intense avec la fréquente sensation que j'étais plus impliqué dans la santé de mes patients qu'ils ne l'étaient eux-même, des bouffées de colère et une fatigue morale systématique en fin de journée. Depuis 3 ans, je ne travaille beaucoup moins d'heures et uniquement sur des horaires de PDS auprès de patients non fidélisés dont je ne suis pas le médecin traitant et que je prends en charge pour les problèmes ponctuels au coup par coup. Du coup, mon investissement émotionnel et empathique, reste présent mais sans l'accumulation et la répétition du suivi qu'un praticien pense qu'il doit aux patients dont il est médecin traitant. »
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Prévention primaire : éviter les contextes favorables au burn-out 17 4.2

Prévention primaire : éviter les contextes favorables au burn-out 17 4.2

l’une des spécificités du burn-out est le risque de déni ou la résistance du salarié à reconnaître ses difficultés et à prendre du recul pour se protéger. le burn-out étant avant tout un problème de santé, il faut orienter le plus tôt possible le salarié re- péré auprès des acteurs médico-sociaux : médecin du travail, infirmière, psycho- logue. le médecin du travail, au regard de la gravité de la situation du salarié, peut l’inviter à consulter son médecin traitant afin qu’un arrêt de travail lui soit délivré ou l’orienter vers un psychiatre pour engager un traitement spécifique.
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Prévention primaire : éviter les contextes favorables au burn-out 17 4.2

Prévention primaire : éviter les contextes favorables au burn-out 17 4.2

l’une des spécificités du burn-out est le risque de déni ou la résistance du salarié à reconnaître ses difficultés et à prendre du recul pour se protéger. le burn-out étant avant tout un problème de santé, il faut orienter le plus tôt possible le salarié re- péré auprès des acteurs médico-sociaux : médecin du travail, infirmière, psycho- logue. le médecin du travail, au regard de la gravité de la situation du salarié, peut l’inviter à consulter son médecin traitant afin qu’un arrêt de travail lui soit délivré ou l’orienter vers un psychiatre pour engager un traitement spécifique.
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La construction sociale de la fatigue au travail :<br />L'exemple du burn out des infirmières hospitalières

La construction sociale de la fatigue au travail :<br />L'exemple du burn out des infirmières hospitalières

Parmi les différentes interprétations possibles du malaise ressenti par les infirmières, telles que l’on peut par exemple les lister à partir d’entretiens semis-directifs, la théorie du burn out portée par le MBI sélectionne donc un petit nombre de dimensions centrées sur les relations individuelles de la soignante avec ses patients. En France, les premières recherches sur le burn out sont menées à partir de la fin des années 1980. Une des premières grandes enquêtes menées en France est celle de Noëlle Lidvan-Girault, réalisée dans le cadre d'une thèse de doctorat de psychologie soutenue en 1989. Pour ce travail, elle a la première traduit et adapté en français l'échelle MBI, principal test utilisé dans les études sur le burn out . Sa recherche a porté sur une population de 52 médecins et 6 infirmières de services de médecine d'urgence. Elle arrive à un "score" de 41% de la population touchée par ce syndrome tel qu'il est défini par l'échelle MBI. Dans une thèse de médecine soutenue en 1992, Franceschi-Chaix a étudié une population de 95 infirmières du centre de santé spécialisé Esquirol. Elle conclue à l'existence d'un taux d'épuisement compris entre 15 et 21%. L'étude la plus souvent citée, en France, est celle menée par Chantal Rodary, biostatisticienne, et son équipe (composée de trois médecins du travail, une infirmière générale et une psychiatre) sur la comparaison entre deux hôpitaux de la région parisienne : l'Institut Gustave Roussy, spécialisé sur le cancer, et l'hôpital Bicêtre. Cette recherche réalisée auprès de 520 infirmières permet aux auteurs de conclure que : « 25% d'infirmières présentent un épuisement émotionnel élevé ; 25% perçoivent leur accomplissement personnel comme insuffisant ; le retrait de l'investissement est significativement plus élevé à Bicêtre (16%) qu'à l'IGR (7%). Ces résultats sont plus marqués dans les services où le temps d'échange avec le malade est court
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Burn out des internes en médecine générale‎ : état des lieux et perspectives en France métropolitaine

Burn out des internes en médecine générale‎ : état des lieux et perspectives en France métropolitaine

11 INTRODUCTION Dans le monde du travail, la place de la finance et de l’économie augmente au détriment de la qualité des relations humaines, de plus en plus de travailleurs souffrent moralement. Selon une étude du Conseil économique et social, le travail serait directement à l'origine d'un suicide par jour en France (1)(2) dans de grandes entreprises comme Renault, EDF, La Poste, France Télécom, l’ONF… Ce phénomène n’épargne pas les métiers de la santé. L’évolution du système de santé, confronté à des enjeux sanitaires, économiques et culturels nouveaux, influe sur les pratiques et les représentations des différents acteurs. La demande de soin est en constante augmentation alors que les moyens humains et financiers sont en baisse (3). Cette situation n’est pas sans conséquences sur les professionnels de la santé et notamment les internes. Pour ceux qui se destinent à la médecine générale, la gestion financière, administrative, juridique, logistique prend de plus en plus de place dans une activité professionnelle où les cas médicaux se complexifient scientifiquement et où les patients sont de plus en plus exigeants. La santé n’est plus une aubaine, mais un dû : « Les médias donnaient
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Prévention du burn out des médecins généralistes en Picardie : étude des connaissances et repérage des besoins

Prévention du burn out des médecins généralistes en Picardie : étude des connaissances et repérage des besoins

La FMC était le moyen le plus plébiscité. L’explication à cela réside probablement dans le fait qu’il s'agisse du moyen le plus intimiste et dans lequel la communication entre professionnels est la plus importante. Néanmoins, elle ne comporte pas obligatoirement d'intervention de personnel spécialisé dans le burn out et qui serait donc formé pour donner une information claire et pertinente. De plus, du fait de la remise en question de l'entité de « burn out » et de la difficulté des médecins à se diagnostiquer eux même, on est en droit de se demander si cette méthode est la plus efficiente. Toutefois, elle apporte un moment certain de partage, d’échange et de soutien entre les praticiens, et permet ainsi de limiter l'isolement des praticiens participants. Il peut être intéressant que ce genre de manifestations inclus également des médecins spécialistes afin de renforcer les liens inter individuels entre les différents corps de métier. Ces réunions sont classiquement organisées par des groupes de médecins eux-mêmes qui choisissent d’inviter d’autres confrères. Ces réunions auraient un grand intérêt si la majorité de médecins d'une ville ou d'un canton y étaient conviés. Enfin, la FMC reste une réunion proposée aux médecins mais il n’y a aucune obligation d’y participer or, les médecins déjà isolés socialement peuvent ne pas être enclin à y adhérer ce qui peut constituer une limite à son efficacité.
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Burn out : comment ne pas se faire happer par l'épuisement professionnel en tant que travailleur social?

Burn out : comment ne pas se faire happer par l'épuisement professionnel en tant que travailleur social?

également de l’environnement qui nous entoure. Ceci permet de prendre du recul, de la dis- tance face à une situation, sans pour autant avoir besoin d’en sortir. On parle souvent de la prévention : santé au travail. Est-ce le cas dans toutes les institu- tions ? Le cadre professionnel peut être une grande source de prévention et de protection au burn out. Il doit être attentif à ses employés, car ce sont eux qui sont la principale image de l’entreprise et le miroir de ce qui s’y passe. Il peut être mis en place, dans chaque institution, une politique de la santé au travail, avec la mise à disposition de ressources suffisantes et de bonne qualité, un dispositif d’aide d’urgence pour les professionnels en cas de besoin, une ou des personnes de références auxquelles il est possible de faire appel, un personnel en nombre suffisant, une définition claire des tâches et du rôle de chacun, une juste recon- naissance du travail accompli par la travailleur, un lieu et du temps de parole où chacun à la possibilité de s’exprimer librement, des possibilités d’évolution par le biais de formations, pour ne citer que ces quelques exemples de pistes d’action qui peuvent être mises en place dans les entreprises pour le bien-être de leurs travailleurs.
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Exploration des facteurs contraignants et facilitants, perçus par des professionnels de la santé, à l’implantation d’une unité collaborative d’apprentissage en milieu clinique

Exploration des facteurs contraignants et facilitants, perçus par des professionnels de la santé, à l’implantation d’une unité collaborative d’apprentissage en milieu clinique

86 d’abord au niveau des critères opérationnels d’une UCA. Les professionnels de la santé se questionnent en effet sur des éléments clés d’une UCA, notamment les rôles spécifiques et la préparation des acteurs clés de l’UCA ainsi que l’horaire des stages des étudiantes. Premièrement, certaines participantes se sont interrogées sur le caractère obligatoire de l’encadrement des étudiantes par toutes les infirmières. Elles se sont interrogées à savoir si les infirmières cliniciennes et techniciennes allaient devoir accepter d’accompagner les étudiantes en stage, et ce, peu importe le nombre d’années d’expériences qu’ont ces infirmières. Les extraits suivants soutiennent ces propos : « […] à qui est-ce que ça revient? Est-ce qu’on va l'imposer aux infirmières? Qu’elles soient bachelières ou techniciennes […] » (EI; P3513); « […] est-ce que forcément même si la débutante a un patient qui semble intéressant, mais qu’elle-même est encadrée par les plus anciens, est-ce que l’étudiante de l’université va être avec la débutante? » (EI; U6816). Ensuite, une participante s’est questionnée quant au rôle des différents professionnels de la santé engagés dans une UCA : « Je pense plus à la relation professionnelle […], qui fait quoi et comment se partage-t-on les tâches? […] » (GD2; B5232). Plus spécifiquement au rôle des étudiantes dans une UCA, les participantes se sont interrogées sur le niveau d’autonomie des étudiantes, tel qu’illustré dans les extraits suivants : « […] c'est beau sur papier, mais ok l'étudiante va arriver, est-ce qu'elle va agir en totale autonomie? […] » (EI; L2416); « […] après combien de temps l’étudiante pourrait-elle avoir deux patients ou trois? […] est-ce qu’elle devra travailler comme une infirmière à la fin? […] » (EI; U6816). Deuxièmement, quant à la préparation des acteurs clés pour l’UCA, les participantes se sont questionnées face au fonctionnement de l’évaluation des étudiantes dans une UCA étant donné que, dans ce modèle, les étudiantes sont supervisées par plusieurs professionnels de la santé. Voici des exemples de questionnements ayant émergé : « […] qui va faire l'évaluation […], on est plusieurs à prendre en charge l'étudiante, comment on va l’évaluer? » (GD2; F7233);
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Identification du niveau de la prévention du burn-out et du stress dans les services sociaux des centres médico-sociaux (CMS) valaisans

Identification du niveau de la prévention du burn-out et du stress dans les services sociaux des centres médico-sociaux (CMS) valaisans

6. Les apports de cette étude Avant de conclure ce travail, je me permets de faire le point sur les apports professionnels et personnels de la réalisation de ce travail. Cette étude m’a ouvert les yeux sur la réalité du burn-out et du stress au travail. Certes, je savais définir le burn-out, mais je n’imaginais pas que les conséquences pouvaient être autant lourdes pour l’individu. Je n’avais également pas suffisamment connaissance des symptômes et des causes de ce type de problème. A ce jour, je me sens bien physiquement et psychiquement sur mon lieu de travail mais je suis consciente que cela n’est pas une condition acquise. J’espère par contre que si mon bien-être professionnel devait se péjorer, j’aurai suffisamment de ressources pour me remémorer mes différentes lectures sur le sujet du burn-out et m’en rendre compte assez tôt pour pouvoir prendre des mesures nécessaires. A ce sujet, il est évident pour moi que malgré le fait que j’aime mon travail, celui-ci n’est pas tout pour moi. Je ne suis de loin pas une carriériste, ma priorité restant ma vie privée. J’ai la chance de pouvoir exercer un travail que j’apprécie et qui me permet de subvenir à mes besoins. Actuellement, je ne cherche pas plus loin, je donne mon maximum au travail. J’ai pour cela la chance d’avoir un contexte professionnel qui me permet d’avoir un bon équilibre entre vie privée et professionnelle. J’ai également pu découvrir les CMS plus amplement au travers de ce travail. En effet, je n’ai jamais travaillé dans un CMS mais j’ai par contre très souvent l’occasion de collaborer avec des assistantes sociales qui y travaillent. Cette étude m’a ouvert les yeux sur leurs difficultés professionnelles. Je trouve dommage que ces professionnelles arrivent à des stades de stress et de surcharge de travail autant élevés. Mais je trouve encore plus dommage ce tabou qui existe autour du burn-out. J’estime qu’avec mon travail, je n’apprendrai rien aux directions des CMS ou à leurs employés. Ils vivent cela au quotidien, mes résultats ne font que mettre en évidence leur réalité professionnelle. Il est encore plus attristant de constater que le métier d’assistante sociale perde de sa valeur pour ces personnes qui y travaillent, mais aussi pour les jeunes étudiants. En effet, il n’est pas rare d’entendre dans des classes d’étudiants en travail social qu’aucun d’entre eux ne souhaite travailler en CMS. Et pourtant les CMS sont les principaux employeurs de jeunes diplômés. Pourquoi ? Certainement car il y a beaucoup de changements et de tournus dans les équipes, mais aussi car les assistantes sociales qui ont de l’expérience professionnelle peuvent espérer trouver un emploi dans un autre type de service social où les conditions sont meilleures.
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Le BURN OUT

Le BURN OUT

Repérer les stades d’évolution du burn out Les signes cliniques?. Le burn out, c’est quoi.[r]

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