Haut PDF Les attentats du 13 novembre 2015, un marqueur de la mémoire collective

Les attentats du 13 novembre 2015, un marqueur de la mémoire collective

Les attentats du 13 novembre 2015, un marqueur de la mémoire collective

Dans le cadre du programme d’études 13-Novembre dont l’objet est de comprendre les liens entre mémoire indivi- duelle et mémoire collective d’un événe- ment traumatique, piloté par le CNRS, l’Inserm et héSam Université, soutenu par les Investissements d’Avenir et associant 31 partenaires, le Crédoc a réalisé en juin 2016 et en juin 2018 une enquête sur les attentats du 13 novembre 2015, leur mémorisation et leur perception par la société française. Près de trois ans après les faits, 70 % des Français considèrent que ces attentats figurent parmi les actes terroristes qui les ont le plus marqués depuis l’an 2000. Cette proportion a légèrement diminué en l’espace de trois ans, mais reste élevée et plus importante que pour d’autres événe- ments tragiques plus récents. Les opinions et profils des personnes exprimant une certaine distance par rapport à l’événement témoignent, en creux, du caractère central de celui-ci, car elles révèlent plusieurs signes de difficulté, voire de rupture avec la société. La mémoire des circons- tances dans lesquelles chacun a appris la nouvelle reste vivace, signe d’un fort choc émotionnel qui explique que l’événement agisse aujourd’hui comme un marqueur temporel entre un « avant » et un « après », à l’instar de ceux du 11 septembre aux États Unis. Ces premiers résultats sont appelés à être suivis en 2021 et en 2026.
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Mémorisation des attentats du 13 novembre 2015 - Un an après - Rapport

Mémorisation des attentats du 13 novembre 2015 - Un an après - Rapport

se constitue la mémoire collective, et comment celle-ci s’articule avec la mémoire individuelle. Et pour se faire, le programme de recherche au sein duquel s’insère ce volet d’enquête a opté pour une focale sur la place occupée par les attentats du 13 novembre et l’évolution de cette place dans le temps. Précisons que la focale choisie ne signifie évidemment en aucun cas que les attentats du 13 novembre sont considérés, de prime abord, comme plus importants ou plus dignes d’intérêt que d’autres. Mais pour pouvoir établir des constats étayées et précis, toute démarche scientifique se doit de circonscrire son objet d’étude. Les conclusions qui pourront en être tirées pourront ensuite dépasser le simple cadre du phénomène étudié.
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La mémorisation des attentats du 13 novembre 2015 - Deux ans et sept mois après - Vague de juin 2018

La mémorisation des attentats du 13 novembre 2015 - Deux ans et sept mois après - Vague de juin 2018

Veniard Marie, « La presse devant les attentats terroristes : usages journalistiques du mot guerre (Paris, 2015) », Mots. Les langages du politique, 2018/1 (n° 116), p. 91- 109. URL : https://www.cairn.info/revue-mots-2018-1.htm-page-91.htm Le regard porté par l’État et les réactions et hommages nationaux jouent probablement également un rôle. Après les attentats de Toulouse (mars 2012), la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) privilégie la voie du loup solitaire et estime que le terroriste s'est radicalisé seul, sans appartenance à un réseau. L’événement est décrit, d’une certaine manière, comme isolé. Les attentats de janvier 2015, qui restent gravés dans la mémoire collective via l’expression « Je suis Charlie », sont suivis de marches dans toute la France, voire dans le monde entier, qui se déroulent à la fois de manière spontanée, dès le 7 janvier après-midi, et de manière plus structurée notamment sous l’impulsion du pouvoir exécutif avec la marche républicaine du 11 janvier (Boussaguet & Faucher 2017). Le 13 novembre n’est pas suivi de manifestations de telle ampleur, les citoyens ayant été appelés à rester chez eux pour des questions de sécurité. Mais le caractère exceptionnel et médiatisé de l’état d’urgence, décrété après, constitue probablement en lui-même un marqueur de l’importance de l’événement pour la population. Les précédents attentats perpétrés
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Paris, 13 novembre 2015 : du cadrage institutionnel et médiatique à l’expérience traumatique de l’habitant : approches communicationnelles

Paris, 13 novembre 2015 : du cadrage institutionnel et médiatique à l’expérience traumatique de l’habitant : approches communicationnelles

Aux discours médiatiques s’ajoutent sans surprise des images télévisuelles ou numériques, et des photographies. Dans notre société de l’image, l'illustration joue le rôle pivot dans le traitement de l’information, ajouter des images au propos afin de mieux “saisir” l'événement passé, devient une nécessité pour commencer à le comprendre, pire encore, la visualité des faits prime sur les explications. Dans le cas où l’information paraît inconcevable tant la situation sort de l’ordinaire (comment se figurer que deux avions puissent foncer volontairement dans les tours du World Trade Center ?), la répétition des images tournant en boucle est peut-être nécessaire pour commencer à construire une représentation et un sens à l’événement une fois passée la phase de sidération. Les images sont prédominantes dans l’historicisation des attentats, alors qu’on se demande aujourd’hui pourquoi ne retient-on du 11 septembre 2001 que les Twin Towers, et non pas le Pentagone en flammes ou le crash du Vol 93? C’est un peu comme si l’image de ces tours en sursis dans toute sa valeur symbolique résumait à elle- seule l’événement. Ceci s’explique par le fait que ces événements “annexes” sont moins puissants visuellement, symboliquement, et émotionnellement si bien qu’ils ont été mécaniquement évincés de la scène médiatique. Ces disparités de nos regards d'occidentaux façonnés par des codes de représentation appartenant à notre mémoire cinématographique et hollywoodienne, induisent donc une notion de photogénie (et même de télégénie) de l’événement. Ces tours s'effondrant sur elles-mêmes, comme déclin hautement symbolique
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Solidarité et participation en ligne : le cas des attentats du 13 novembre 2015 à Paris

Solidarité et participation en ligne : le cas des attentats du 13 novembre 2015 à Paris

UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL Service des bibliothèques Avertissement La diffusion de ce mémoire se fait dans le respect des droits de son auteur, qui a signé le formulaire Autorisation de reproduire et de diffuser un travail de recherche de cycles

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Mémorisation des attentats du 13 novembre 2015 - Trois ans après - Rapport

Mémorisation des attentats du 13 novembre 2015 - Trois ans après - Rapport

28 Comme l’explique Gérôme Truc, les attentats constituent un moment de vérité pour la cohésion sociale, qui révèle « ce à quoi nous tenons », qui est aussi « ce par quoi nous tenons », c’est-à- dire les choses et les personnes qui nous sont chères, les valeurs auxquelles nous sommes collectivement attachées (Truc, 2016, p. 4). La distance exprimée par les gilets jaunes aux attentats de janvier et novembre dit d’une certaine manière leur distance à la société française. Pas nécessairement parce que les événements les ont réellement moins marqués : dans le cas du 13 novembre, ils sont aussi nombreux à évoquer des images terribles de victimes ou des émotions, mais l’on peut penser qu’ils refusent vraisemblablement d’adhérer à l’institutionnalisation de cette mémoire (état d’urgence, commémorations, marche avec les chefs d’état, écho médiatique etc.) en liaison avec leur rejet du gouvernement et des institutions en général.
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Newsletter n°2 du programme 13-Novembre

Newsletter n°2 du programme 13-Novembre

CREDOC étude sur la perception et la mémorisation des attentats du 13 novembre 2015 en France (échantillon représentatif de la population) Les régions du cerveau indiquées par une couleur chaude sont plus activées lorsque nous tentons d’ignorer certaines images mentales. Pour ce faire, la partie antérieure de ce réseau de contrôle attentionnel (indiqué par la flèche) interrompt l’activité des régions de la mémoire (couleur froide) bloquant ainsi la pensée de l’image. Des données préliminaires montrent une altération de cette fonction de régulation de la mémoire chez les personnes souffrant encore profondément du stress causé par l’attaque.
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Analyse de la communication de crise des décideurs politiques sur Twitter : le cas des attentats du 13 novembre 2015 à Paris

Analyse de la communication de crise des décideurs politiques sur Twitter : le cas des attentats du 13 novembre 2015 à Paris

UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL Service des bibliothèques Avertissement La diffusion de ce mémoire se fait dans le respect des droits de son auteur, qui a signé le formulaire Autorisation de reproduire et de diffuser un travail de recherche de cycles

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Quand il ne reste que la guerre pour tuer le silence : Écouter No One Is Innocent après le 13 novembre 2015

Quand il ne reste que la guerre pour tuer le silence : Écouter No One Is Innocent après le 13 novembre 2015

Par Luis Velasco-Pufleau (Université de Fribourg) Résumé : Partant d’un entretien avec le chanteur de No One Is Innocent, cet article explore certains des enjeux éthiques et politiques de l’écoute et de la création musicale après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Il croise les témoignages de trois rescapé·e·s de l’attentat du Bataclan concernant les rapports entre le rock de No One Is Innocent et leur processus de reconstruction. Dans les jours et les semaines qui ont suivi les attentats du 13 novembre, jouer ou assister à un concert de rock n’est pas un acte anodin. Cet article montre de quelle façon le son et la musique peuvent tisser des réseaux de résistance ; de quelle façon le rituel du concert peut constituer un espace de transformation de l’expérience sensorielle et de la mémoire collective de la violence armée.
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Les attentats nous terrorisent-ils ? - L’impact des attentats du 13 novembre 2015 sur l’opinion publique

Les attentats nous terrorisent-ils ? - L’impact des attentats du 13 novembre 2015 sur l’opinion publique

La sociologie s’est de ce fait posé des questions à la fois sur l’amont et l’aval des attentats. Les origines et les parcours des terroristes ont été passés au crible, suscitant un débat avec ceux qui refusaient d’expliquer, y voyant une forme de justification. Ces critiques ont trouvé leur réponse dans l’ouvrage de Bernard Lahire, Pour la sociologie. Et pour en finir avec une prétendue « culture de l'excuse » [2016], ouvrage dans lequel il prend soin d’expliciter le besoin d’explication auquel répond la sociologie en le distinguant d’une quelconque forme de justification. En aval, les sociologues ont fourni un travail important sur la mémoire des attentats. L’entreprise REAT 4 , autour du sociologue Gérôme Truc, en est l’illustration, relayant des publications sur le travail de mémoire comme l’ouvrage de Sarah Gensburger sur la mémoire quotidienne des attentats dans les quartiers qui furent touchés par ceux-ci [2016]. La première approche sociologique complète des attentats et de leur impact est un travail de Gérôme Truc, intitulé Sidérations, dans lequel il affirme qu’on ne trouve avant lui que « livres d’experts ès réseaux terroristes, des essais de journalistes, et des récits, tant qu’on en voudra, mais des analyses sociologiques, aucune » [2016]. Il se concentre sur l’analyse des messages et des mécanismes de solidarité et de soutien à la suite des attentats de Madrid et de Londres, proposant un exercice d’analyse lexical.
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La psychothérapie par EMDR comme expérience croisée : rencontre avec une victime des attentats du 13 Novembre 2015 en France

La psychothérapie par EMDR comme expérience croisée : rencontre avec une victime des attentats du 13 Novembre 2015 en France

traumatisme, dont le souvenir, incrusté, agit à la manière d’un corps étranger, favorisant ainsi la construction d’un groupe psychique à part est la représentation métaphorique même du travail de ciblage, et de traitement des canaux de mémoire réalisé en EMDR. La sollicitation d’associations libres, facilitée par le court-circuitage des mécanismes de défense du conscient, est un élément technique utilisé en EMDR, bien sûr largement empruntée à la psychanalyse. Shapiro elle-même, dans son ouvrage déjà abondamment cité, reconnait que « l’utilisation de l’EMDR est pleinement compatible avec la plupart des modalités psychologiques connues » et souligne les rapprochements qui existent notamment avec la psychodynamique de Freud. Moi-même, quand le patient me livre une association riche, quand du matériel inédit apparait, je ressens un émoi peut être proche de ce que Freud lui-même pouvait vivre quand il pratiquait la psychanalyse. Le psychisme a une allure insaisissable, mystérieuse et captivante ; le mécanisme de l’association libre a été d’ailleurs utilisé par nombre d’artistes surréalistes, subjugués par la beauté de ses profondeurs énigmatiques. C’est une fascination pour les mécanismes inconscients qui me traverse quand j’assiste, seule témoin que je suis, aux joutes inconscientes qui sont livrées devant moi en EMDR. Je n’avais, pour le moment ressenti, de telle impression qu’au contact de la psychanalyse.
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Après le 13 Novembre Premiers résultats de l'enquête Crédoc

Après le 13 Novembre Premiers résultats de l'enquête Crédoc

Au-delà du mécanisme d’identification (37% des 25-39 ans et 30% des 18-24 ans ont un lien personnel avec les faits), un phénomène générationnel est probablement également à l’œuvre. Le 11 septembre 2001 est en effet particulièrement cité comme évènement marquant par les trentenaires d’aujourd’hui, adolescents ou jeunes à l’époque (62% de citation chez les 25-39 ans, contre 53% en moyenne). Âgés de 10 à 24 ans au moment de l’attaque des Tours jumelles, ils ont profondément été touchés et leur souvenir reste fort 15 ans après. Le 11 septembre semble constituer un marqueur historique de cette classe d’âge alors que les générations plus âgées ou un peu plus jeunes le distinguent moins souvent. Or les 18-24 ans manifestent aujourd’hui un sentiment de peur exacerbé (65% de citations) par rapport à toutes les autres classes d’âge, ils sont également les plus nombreux à ne pas comprendre cet évènement, nous y reviendrons. Très inscrits dans un univers mondialisé, ils sont plus enclins à être affectés par des actes terroristes à l’international (70% des 18-24 et 78% des 25-39 évoquent spontanément des attentats à l’international, le plus souvent dans un pays occidental, parmi les actes les ayant le plus marqués contre seulement 57% des 70 ans et plus). Chaque attentat résonne et ravive davantage les peurs d’attaques terroristes auprès d’eux. Autant d’éléments qui laissent supposer qu’à l’image du choc du 11 septembre 2001, les événements du 13 novembre 2015 pourraient représenter un moment de rupture pour les jeunes générations.
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Collective ou sociale ? La mémoire neuve de Maurice Halbwachs

Collective ou sociale ? La mémoire neuve de Maurice Halbwachs

qui désigne de fac¸on très précise une opération spécifique aux systèmes sociaux : elle consiste, au sein des processus de communication, en une discrimination constante entre oubli et souvenir : « La fonction de la mémoire réside dans la réalisation d’une discrimination continue entre l’oubli et le souvenir, qui accompagne toutes les observations du sys- tème. La performance principale réside ici dans l’oubli ; ce n’est qu’exceptionnellement qu’on se souvient de quelque chose. Sans opération d’oubli, sans libération pour de nou- velles opérations, le système serait sans avenir. » [16]. Cette opération, qui se caractérise à la fois par une grande rigi- dité et une certaine souplesse, permet au système social de dire et redire en permanence ce qu’il en est de ce qui est. Pour le système social, « la mémoire consiste en ceci que, dans toute communication, on peut présupposer comme connues certaines affirmations concernant la réa- lité sans avoir à les introduire dans la communication et à les justifier. La mémoire est à l’œuvre dans toutes les opé- rations du système de la société, c’est-à-dire dans toutes les communications » [16]. Tel est le rôle principal des ins- titutions, au sein des systèmes sociaux, comparables aux phénomènes de ré-entrées (boucles ou hyper-cycles) au sein du système nerveux central [17].
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2015 11 13 Arrêté Liste diplômes DES médecine

2015 11 13 Arrêté Liste diplômes DES médecine

Arrêté du 13 novembre 2015 fixant la liste des diplômes d’études spécialisées de médecine NOR : MENS1525635A La ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes et le secrétaire d’Etat chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche,

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Compte rendu de l'excursion du lundi 13 novembre 1913 dans la bande silurienne de Sambre-et-Meuse

Compte rendu de l'excursion du lundi 13 novembre 1913 dans la bande silurienne de Sambre-et-Meuse

Au contact de ces schistes mouchetés, on voit dans des schistes brunâtres, des restes de divers fossiles : Orthis sp., friniicleiis, identifié par M. olc:/>ln^fes et schistes avec cou[r]

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Gallica sur les réseaux sociaux numériques ou la réappropriation d’une mémoire collective

Gallica sur les réseaux sociaux numériques ou la réappropriation d’une mémoire collective

Quel réseau social se tisse à travers l’activité des RSN de Gallica ? La création de l’équipe des RSN de Gallica repose essentiellement sur la constitution d’un réseau social : la relation est coopérative et ne dépend pas de lien hiérarchique [Josserand, 2001]. Il s’agit avant tout d’une action com- mune de coopération qui relève d’une dynamique collective organisée et res- ponsable. Comme l’explique Audrey Morgand, la motivation naît au départ grâce à l’adhésion partagée à un but commun, ici valoriser Gallica sur les réseaux sociaux numériques. Peu à peu, l’équipe initialement constituée s’est maintenue en autorisant l’entrée de nouveaux membres et la mobilité d’an- ciens parce que « les représentations, les valeurs partagées ainsi que l’identité déterminent l’action collective » [Morgand, 2016]. Ainsi, si l’équipe en charge des réseaux sociaux de Gallica est historiquement une émanation d’un ser- vice 8 , par la suite, des personnes issues de départements différents de la BnF
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La mémoire collective aux temps de la justice transitionnelle

La mémoire collective aux temps de la justice transitionnelle

dans le cas de IG Farben) qu’à l’extérieur (comme dans le cas des colonies) et qu’il est donc possible d’établir la légitimé morale des demandes de réparations tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. À cet égard, nous soutenons qu’il est possible d’exclure que les demandes de réparations faites aux responsables se trouvant à l’extérieur du pays (comme dans le cas de la colonisation) ne soient justifiées qu’en tant que devoirs d’aide. En effet, les réparations demandent que soit reconnue l’existence actuelle de maux hérités du passé qui sont le résultat d’injustices continuées et qui ne sont donc pas simplement dus à la nature ou au hasard. Par ailleurs, nous avons montré qu’une nouvelle configuration de distribution découle de cette reconnaissance 346 et est donc moralement justifiée : les causes des inégalités actuelles sont humaines et, de ce fait, la justice doit les rectifier 347 . Dans cette veine, Rawls soutient ainsi que « quels que soient les autres principes que nous défendons, nous devons prendre en compte l’exigence de réparation. Elle représente, pense-t-on, l’un des éléments de notre conception de la justice 348 ». Une fois établie la légitimité des réparations, nous avons envisagé, d’une part, la question de la durée des PdR et en particulier des moments de leur mise en œuvre et de leur fin et, d’autre part, les possibles objections économiques que l’on peut leur faire. Ainsi, nous soutenons que la JT a de meilleures chances de réussir si les PdR sont mis en œuvre aussitôt après la chute du régime responsable. Par ailleurs, en ce qui concerne le terme des PdR, nous avons montré que certaines de ses mesures doivent être poursuivies par les générations suivantes (par exemple, les mécanismes liés à la mémoire collective), alors que d’autres ont intérêt à être conclues dès que possible (par exemple, les indemnisations et les réparations individuelles et collectives matérielles). Il nous est en revanche plus difficile d’apporter une réponse quant à savoir s’il existe une date d’échéance aux demandes de réparations. Intuitivement, la réponse semble négative. Cependant, d’un point de vue pragmatique, cette intuition n’est pas sans poser problème. En effet, cela donnerait la possibilité à un pays de demander des réparations pour des injustices subies beaucoup trop longtemps auparavant. Imaginons, par exemple, une situation paradoxale dans laquelle Israël demanderait des
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Mémoire Karine Saada (2013-2015)

Mémoire Karine Saada (2013-2015)

Le dispositif du test d’entrée suivi d’un travail transitionnel est le septième point d’une « esquisse de méthodologie » qui en comporte 13. Il est explicité ainsi : La conduite des grands thèmes pluriannuels pose des problèmes spécifiques liés à la reprise de l'étude notamment d'une année sur l'autre. Il est désormais acquis que les révisions systématiques sont d'une inefficacité manifeste et que plus grave, elles compromettent largement l'étude du programme de l'année en cours. Quelques temps avant d'aborder un thème donné, l'organisation d'une évaluation rapide et bien conçue, par exemple à l'aide d'un QCM, permet un diagnostic précis de l'état du savoir des élèves et des besoins de chacun d'eux en vue de pouvoir profiter pleinement du travail prévu dans la suite. Ce diagnostic permettra d'utiliser au mieux, avant d'entamer le travail prévu en classe, les différents dispositifs spécifiques (aide, modules…) pouvant exister dans la classe. Dans les cas où aucun dispositif de différenciation n'est prévu, on pourra s'appuyer sur un devoir en temps libre à la maison où [sic] une série d'exercices dispersés sur quelques jours. (ibid., p. 8)
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La mémoire collective et la violence : radicalisation et enracinement

La mémoire collective et la violence : radicalisation et enracinement

Ceci se rapproche d’une vision de la pensée mythique. Comme Legros, Monneyron, Renard et Tacussel nous rappellent que “la pensée mythique est une pensée concrète qui, fonctionnant sur le principe de l’analogie, s’exprime par des images symboliques organisées de manière dynamique” 168 . Ceci peut contribuer à la compréhension de la reformation et modulation de ces sédimentations qui constituent l’imaginaire collectif présent dans l’expression symbolique de la mémoire collective. Un exemple plutôt concret dans le cadre de notre terrain serait typiquement comment les cycles mythiques représentent déjà un fondement ou une base à laquelle s’est adaptée l’idée d’invasion par expérience. Invasion ici veut dire également la manière dont nous entretenons les relations avec des groupes externes qui ne partagent pas nos valeurs, nos codes culturels. Par sédimentation sociale, même si peu de gens ont lu ou connaissent bien ces cycles épiques, ces derniers ont contribué à la formation d’un imaginaire “des autres” contre qui il faut lutter, le stock de connaissances sur eux. La phénoménologie sociale d’Alfred Schütz nous a donné cette notion d’un 169 stock of knowledge at hand, un “stock de connaissance disponible” dans la vie quotidienne de schémas d’interprétation pour comprendre à la fois sa propre histoire passée et son présent, et qui détermine sa manière d’anticiper et de construire l’avenir. Pour Schütz, ce stock se constitue par cette même sédimentation dont nous parlons, l’accumulation au fil du temps des expériences répétées du quotidien qui contribuent à la production d’une culture commune. Il parle bien de l’imaginaire collectif.
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La manipulation de l'image : une atteinte à la mémoire collective

La manipulation de l'image : une atteinte à la mémoire collective

• La raison « L’abolition du souvenir » de l’action politique de personnes qui pensent différemment ou qui sont tombées en disgrâce est une pratique courante dans les régimes totalitaire de ce siècle. Dans le cas qui nous intéresse, Staline ne veut pas seulement entretenir le souvenir de cette époque, il veut faire partie de cette mémoire. Dans les années 1920, Staline, qui est secrétaire général du parti communiste, réussit à étendre systématiquement son pouvoir et à marginaliser politiquement ses adversaires. Trotski reste pourtant dans la mémoire collective comme l’un des personnages clés de la révolution d’octobre. Il a organisé l’Armée rouge, apportant ainsi une contribution décisive à la victoire des Bolchéviques dans la guerre civile. Pour maintenir sa domination, Staline doit donc impérativement effacer le souvenir du rôle politique joué par Trotski. Ce dernier est donc effacé de la photographie, mais le sera aussi politiquement et physiquement. Dès Novembre 1927, il est exclu du Comité central par la direction du parti communiste, En 1929, il est expulsé d’URSS sous le prétexte « d’activités antirévolutionnaires ». Il passe le reste de son existence en exil, jusqu’à son assassinat par un agent de Staline le 20 août 1940 à Mexico.
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