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La Vie de sainte Marguerite de Wace et Seinte Marherete : esprit et tradition de France et d'Angleterre

La Vie de sainte Marguerite de Wace et Seinte Marherete : esprit et tradition de France et d'Angleterre

Le portrait de Jésus Christ, tel qu’il se dégage dans Seinte Marherete, plonge notre texte au cœur du XIII e siècle – au cœur de l’actualité et de la modernité, par conséquent. L’originalité de Seinte Marherete tient au fait que cette œuvre est au carrefour de nombreuses influences, de multiples traditions car, comme le Brut de Laȝamon, elle reflète le brassage de cultures et de traditions que connurent les XII e et XIII e siècles occidentaux. Seinte Marherete est particulièrement imprégné du mysticisme érotique inspiré par les œuvres de saint Anselme (1033-1109) ou de saint Bernard (1090-1153). Wace écrivit sa Vie de sainte Marguerite vers 1135, il n’est donc pas étonnant de ne pas trouver trace de cet amour vibrant et passionné pour le Christ que les mystiques et poètes religieux des XIII-XIV e siècles décrivent – ce qui ne l’empêche pas de présenter Marguerite, selon une vieille tradition, comme la fiancée du Christ. Si, dans Seinte Marherete, Dieu le père est le Roi ou le Juge des siècles précédents, Jésus, quant à lui, est le Bien-aimé, l’Amant, l’Époux qui attend sa promise. Marherete nous dit qu’elle « luuie to leofmon » (48, 28) |l’aile comme un amant], lui le « sorhfule ant sari ant sunfule toturn, wondrinde ant wrecches ant wonlese wisent, castel of strengðe aghein þe stronge unwiht, meidenes murhðe ant martyrs crune » (62, 14-16) [le refus des affligés, des tourmentés et des pécheurs, la forteresse protégeant du puissant Diable, la joie des vierges et la couronne des martyrs]. Marherete est récompensée de son courage lorsque le Saigneur s’adresse à elle sous la forme d’une colombe et lui dévoile les noces célestes qui l’attendent au ciel :
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Les débats sur la musique entre 1930 et 1940 autour de la spiritualité et de la création dans la revue ESPRIT

Les débats sur la musique entre 1930 et 1940 autour de la spiritualité et de la création dans la revue ESPRIT

dans la domination de l’homme sur la matière « Dieu devient le garant de cette domination ». Le second, « la culture se propose de changer les conditions de la nature 15 » afin de régner sur celle-ci. Enfin le troisième aspect représente le refoulement de l’humain par la matière, ce qui fait que les technologies viennent à supplanter l’homme. Cette vision de la culture résulte de son analyse d’un humanisme scindé en deux conceptions : théocentrique ou chrétien, et anthropocentrique et se tournant vers le matérialisme. Il distingue ainsi la culture appartenant à l’ordre temporel, de la religion liée à l’ordre spirituel, et insiste sur la liberté du spirituel à l’égard du culturel, pour que ce celui-ci puisse se survivre à lui-même. Ce qui importe, c’est que le spirituel soit libre à l’égard du culturel, et pour cela la religion, qui a pour fin la vie éternelle, est pleinement universelle et supra culturelle On retrouve cette pensée dans les différents articles de la revue ; les uns condamnent « l’insuffisante profondeur » de la création musicale, les autres, « le vocabulaire de grammairien » des compositeurs, et tous défendent une approche plus profondément humaniste de la musique.
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L' esprit <i>Trafic</i> (1991-1992). Création d'une revue : lecture des premiers numéros

L' esprit <i>Trafic</i> (1991-1992). Création d'une revue : lecture des premiers numéros

Cette histoire, bien sûr, commence et finit par les camps parce qu’ils sont le cas-limite qui m’attendait au début de la vie et à la sortie de l’enfance. L’enfance, il m’aura fallu une vie pour la reconquérir. C’est pourquoi – message à Jean Louis S. – je finirai bien par voir Bambi 128 . » Alors se ferme « Le travelling de Kapo », sur ces images manquées de « l’autre » que Serge D., avait lues chez Rivette et qu’il retrouve une fois adulte à la télévision. Dans le miroir de vraies images d’altérité que le cinéma, lui, avait pu lui offrir, elles lui permettent de boucler son propre récit d’une vie en cinéma – dans ce « pays supplémentaire, appelé cinéma », dont la revue Trafic, où cet article est enfin publié, lui a permis de retracer une carte (elle-même divisée en trois cartes qui sont trois grands journaux intimes), forcément incomplète, mais dans la cohérence d’images de films devenues personnelles où pourraient se croiser d’autres images venues de cartes différentes. Car si Bambi, reconvoqué à la tout fin du texte par les moyens d’un retour à l’enfance, ne faisait pas partie de l’histoire de Daney, ce film, a priori, intègre celle de « Jean Louis S. » (Jean Louis Schefer), membre à présent de la communauté de la lanterne. De quoi retracer certainement une nouvelle histoire racontable dans la géographie toujours ouverte de la revue. Comme si Daney, imaginant ses cartes pour Trafic, avait pris soin d’en faire des cartes modulables, faites de sable seulement, ouvertes sur un monde différent en fonction de l’endroit d’où nous commençons à la lire, afin que devant lui sa revue bouge et se poursuive, pour que son territoire grandisse encore quand les jours pour lui s’arrêteront.
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Entre esprit et lettre: le juge et l’interpretation du contrat - E-book - Livres pour tous | Livres gratuits

Entre esprit et lettre: le juge et l’interpretation du contrat - E-book - Livres pour tous | Livres gratuits

une théorie qui rejette toute admission de preuves extrinsèques pour les besoins de l’interprétation. En ce sens elle est reliée fortement à la fameuse Parol Evidence Rule qui justement règle en droit américain l’admission des preuves extrinsèques au contrat. Bien que des précisions plus approfondies soient apportées plus tard dans nos développements, il nous importe d’ores et déjà d’insister sur le fait que la PER limite considérablement en droit américain l’expansion d’une approche plus contextuelle en général 206 . Il est légitime de se poser la question pourquoi le droit américain des contrats a choisi la méthode littérale d’interprétation comme une des bases de leur système interprétatif ; nous estimons que cela est dû à la culture américaine en général et à leur culture juridico-contractuelle plus spécifiquement. Ainsi, il est communément considéré que les Américains auraient fondamentalement peur de perdre le contrôle sur leur vie et d’être soumis à l’aléa, l’incertitude et l’insécurité ; il est vrai que la sécurité joue un rôle énorme dans la culture américaine 207 . A partir de là, l’interprétation littérale a clairement l’avantage de donner cette sécurité tant désirée, comme elle fournit une solution fixe et invariable à chaque mot ; par cette méthode, on contournerait l’aléatoire que contient l’interprétation normalement. Mais en est-il vraiment ainsi ? Lors d’une application stricte et invariable de la PMR, il en serait ainsi à coup sûr, le seul inconvénient étant que l’on ne peut pas adapter le sens à une situation donnée et que donc le risque d’une solution absurde est permanent. Dès lors que l’on abandonne l’application stricte, on se retrouve cependant dans le domaine de l’incertitude. Faut-il dès lors rester dans le champ d’une PMR stricte ?
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Esprit Rock, es-tu là ? Enquête sur quelques constituants para-musicaux de l'expérience rock

Esprit Rock, es-tu là ? Enquête sur quelques constituants para-musicaux de l'expérience rock

33 Il est intéressant de souligner que le terme « unifier » soulève deux sens distincts, celui de rassembler –ce que nous avons pu aborder lors de la partie précédente- et celui de standardisation ce qui nous mène à réfléchir sur les normes qui entourent la simple écoute d’un morceau ou la constitution d’un public lors d’un concert. L’hypothèse, la plus probable, est la reprise des grands marqueurs identitaires du rock, notamment, avec la maxime « sexe, drogue et rock’n’roll » qui se retrouve au centre de plusieurs chansons d’Euphorica ou encore par le port du blues jeans, des cheveux mi-longs, etc... Certes, ces points ne sont pas exclusifs à notre groupe puisque ils font partie intégrante du mythe dans l’histoire du rock. Toutefois, l'idéal de Ian Durry qui date d'environ 30 ans, Sex Drug and rock’n’roll peut caractériser la formation Euphorica. Cette citation traduit l'aspect libre et rebelle du rock. Les codes et les rituels rock que représentent cette expression invitent, les jeunes groupes de rock amateurs à se réunir autour d’un projet de vie et d’un idéal esthétique communs. En effet, comme dans le film Born to be wild, les sus-dites thématiques, forment un socle intemporel pour l'ensemble de la jeunesse qui est à la recherche de son identité, à la découverte de son corps, d'expériences sexuelles ou de pratiques à risques. En quoi cet ensemble peut-il former un idéal qui caractérise notre identité? Le terme idéal peut apparaître soit comme un modèle de perfection ce qui pourrait caractériser l'idéal sexe, notamment par l'aspect plaisant de sa pratique ; soit comme quelque chose qui n'existe pas vraiment, qui se rapproche des notions de drogues donnant l'illusion du bien être. Assurer que la maxime du rock est devenue commune dans notre société peut être paradoxal car la police peut vous arrêter pour prise ou trafic de stupéfiants, atteinte à la pudeur, etc. Néanmoins, ce genre musical participe et a participé à l'émancipation des moeurs contemporaines. Il est clair que nous sommes confrontés dans notre société à de nombreuses mutations en lien avec l'histoire du rock. Nous pouvons, aussi, émettre l'hypothèse que les idéaux du rock ont contaminé l'ensemble de la société occidentale, et par répercussions de nombreuses communautés et individualités, créant de multiples chapelles ( rock glam, rock psychédélique....) qui engendrent elles mêmes de nouveaux mouvements, voire de nouveaux courants, ce que nous pouvons confirmer par la création du Grunge, issu d'un métissage entre le Punk, le hard rock.
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Les villes italiennes et la circulation des savoirs municipaux : esprit local et « Internationale des villes » (1860-1914)

Les villes italiennes et la circulation des savoirs municipaux : esprit local et « Internationale des villes » (1860-1914)

Les ingénieurs municipaux : entre fierté locale et réseau européen Au niveau continental, entre les années 1880 et 1914, c’est bien une idée d’Europe qui naît au sein du mouvement communal. Une Europe affranchie, autant que possible, des pesanteurs étatiques et surtout de la gangue nationaliste qui gagne partout la vie politique et sociale. C’est contre les États que se construit l’Europe des villes, dans la revendication de prérogatives élargies pour les municipalités, dans la promotion d’un modèle démocratique local, à la faveur des différentes lois qui rompent enfin avec des décennies de scrutins censitaires, et aussi dans la circulation d’idées techniciennes, administratives et sociales. Mais la Première Guerre mondiale marque la fin de ce rêve municipaliste. La création, en 1928, de l’International Union of Local Authorities ne répond plus tout à fait au même esprit. Le souffle continental, surtout, s’est investi ailleurs. De même, après la Deuxième Guerre mondiale, la création du Conseil des Communes d’Europe demeure une tentative vaine de recréer un véritable esprit européen des villes. L’Europe des années 1950 se construit entre États, elle a le charbon et l’acier comme fondements et le marché comme moteur, et non plus l’idéal social et technicien d’une « Internationale des villes ».
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L'éthique pentecôtiste et le Saint-Esprit du capitalisme

L'éthique pentecôtiste et le Saint-Esprit du capitalisme

L’éthique pentecôtiste et le Saint-Esprit du capitalisme Vocations d’entrepreneurs de Dieu en Suède contemporaine L’entreprise et la religion sont deux piliers de l’imaginaire de la province historique du Småland, située dans le sud de la Suède. La romancière Selma Lagerlöf, prix Nobel de littérature en 1909, rapportait d’ailleurs dans le classique Merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède la légende selon laquelle les Smålandais, connus pour leur piété, auraient été créés par Dieu lui-même alors qu’il dessinait le monde, à l’occasion d’une compétition amicale qui l’opposait à Saint Pierre. Le Seigneur aurait fait le Smålandais « vif », « modeste », « joyeux » et « acharné au travail », « entreprenant » et « habile », afin qu’il pût gagner sa vie dans un pays des plus pauvres. Cette image d’Épinal du travailleur industrieux smålandais qui saurait, du fait de l’environnement hostile, des terres infertiles et du sol pierreux légués par la nature, que « l’on n’a rien sans rien » et qu’il faut mériter ce que l’on a par le dur labeur, continue d’alimenter l’imaginaire du Småland aujourd’hui. On la retrouve jusque dans les textes récents des ethnologues, où la région est décrite comme le lieu d’une « culture de la besogne », dont les Églises évangéliques et pentecôtistes, nom- breuses dans cette Bible belt suédoise (Mahieddin, 2012), se feraient le relais en propageant l’idée que l’existence sur terre est rude, que « la vraie vie se trouve alors encore dans les coulisses du futur » (Frykman, Hansen, 2008 : 263). Le Småland est d’ailleurs le lieu d’origine de grandes firmes suédoises 1 qui ont mar-
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Le LMD : esprit du système et réalité du 	terrain

Le LMD : esprit du système et réalité du terrain

Les exposés : Omniprésents de l’enseignement primaire au supérieur, ils sont au cœur de l’auto apprentissage. Outils de recherche, de synthèse et de présentation argumentée, ils incarnent la pierre angulaire de l’esprit de l’enseignement du futur, adapté à une vitesse d’évolution et une remise en cause constante. Les exposés censés être d’abord l’espace de « l’apprendre à apprendre », sont devenus un avatar du travail de recherche individuel. Compris comme une compilation sans imagination ni recherche, bâclés comme une corvée, ils n’apportent rien à l’apprenant ou à ses camarades. Leur aboutissement est un mémoire de fin d’étude. Ce travail qui normalement est un projet récapitulatif des acquis pragmatiques, des recherches en adéquation avec un projet de toute une vie, est devenu surtout un moment de liesse outrancière de toute la famille qui fait montre de ses capacités surtout financières, au grand dam des enseignants sidérés14.
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Ville, Architecture et Ambiances. Matières et esprit du lieu

Ville, Architecture et Ambiances. Matières et esprit du lieu

Dans les approches urbaines contemporaines, l’ambiance est souvent convoquée pour désigner ce que les autres approches, plus classiques, ne cernent pas ; on regroupe dans cette interface, ressentie comme importante mais difficile à expliciter, ce qui se trouve à la croisée du sensoriel, du spatial, du social et du symbolique. Tout un ensemble d’indices, malaisés à relier au fil des enquêtes traditionnelles, ont eu de plus en plus de mal à être écartés des logiques à l’œuvre et des systèmes d’explication. Comment penser des phénomènes impliquant visiblement l’ambiance et faisant irruption dans l’actualité, parfois sous une forme violente et exacerbée, tels que la révolte des quartiers pauvres, la qualité de vie de certaines zones urbaines ou l’exaspération des habitants à cause de leur environnement sonore ? Loin d’être la dernière touche décorative d’un urbanisme sévèrement structurant, l’ambiance surgit comme revendication lorsqu’elle n’a pas été comprise en tant qu’exigence sociale et prise en compte dans la gestion urbaine.
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Firmes et developpement durable : le nouvel esprit du productivisme

Firmes et developpement durable : le nouvel esprit du productivisme

Pourquoi interroger ici l’existence ou la nature d’un nouvel esprit du productivisme ? La formule renvoie explicitement au « nou- vel esprit du capitalisme » décrit par Luc Boltanski et Ève Chiapello [1999], à leur ana- lyse des critiques formulées à l’encontre du modèle capitaliste et de leur incorporation par les promoteurs de ce modèle pour mieux le pérenniser en faisant évoluer son « esprit ». Avec la notion d’« esprit », Luc Boltanski et Ève Chiapello [ibid.] avancent l’idée que le capitalisme, comme tout système d’organisa- tion sociale, ne va pas de soi, et qu’il lui faut, pour s’imposer, mobiliser les citoyens, les travailleurs, autour d’une idéologie partagée. Face aux critiques dont il a régulièrement été l’objet – subordination des salariés ; inégali- tés ; individualisme ; misère sociale ; homo- généisation des modes de vie –, le capitalisme est resté le modèle économique dominant, notamment parce que sa mise en récit et sa justification se sont transformées sous l’effet de la critique.
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Esprit(s) de folklore(s). Georges Henri, André, Arnold…
et les autres au prisme de Roger Lecotté

Esprit(s) de folklore(s). Georges Henri, André, Arnold… et les autres au prisme de Roger Lecotté

dans un cadre qui peinait à émerger, Roger Lecotté s’en est emparé sur un mode mineur. En effet, il ne s’est pas appliqué à développer une théorie générale et approfondie du folklore comme science. Mais il a pratiqué une collecte des faits de vie de folkloristes, une description d’actes biographiques, prolongeant ainsi le goût d’Arnold Van Gennep pour l’histoire du folklore à travers la saisie des individus (de Dulaure à Sébillot) vers le contemporain. Sans la thématiser en tant que telle, il a saisi une ascétique folklorique, c’est-à-dire un type même d’existence et des formes de relation que la vie en folklore impliquait. De cette manière, il inventait un folklore du folklore, qui resta sans lendemain. Ainsi, on pourrait identifier, chez Roger Lecotté, l’ambition non délibérée d’établir un style folkloriste. Cela permettrait de dégager des figures chargées de complexité mais qu’unissent des régularités. S’ouvre ainsi un horizon de recherches concernant ces vies savantes en folklore 68 qui offrirait de nouvelles perspectives pour une histoire générale des ethnologies du proche. En guise de premier résultat, de tels travaux inviteraient à ne pas s’en tenir au raccourci déformateur de Georges Henri Rivière campant Arnold Van Gennep en « ermite de Bourg-la-Reine ».
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Émergence du fumisme dans la production d'un nouvel esprit littéraire

Émergence du fumisme dans la production d'un nouvel esprit littéraire

127 « J’ai essayé plus d’une fois, comme tous mes amis, de m’enfermer dans un système pour y prêcher à mon aise. Mais un système est une espèce de damnation qui nous pousse à une abjuration perpétuelle; il en faut toujours inventer un autre, et cette fatigue est un cruel châtiment. Et toujours mon système était beau, vaste, spacieux, commode, propre et lisse surtout; du moins il me paraissait tel. Et toujours un produit spontané, inattendu, de la vitalité universelle venait donner un démenti à ma science enfantine et vieillotte, fille déplorable de l’utopie. J’avais beau déplacer ou étendre le critérium, il était toujours en retard sur l’homme universel, et courait sans cesse après le beau multiforme et versicolore, qui se meut dans les spirales infinies de la vie. Condamné sans cesse à l’humiliation d’une conversion nouvelle, j’ai pris un grand parti. Pour échapper à l’horreur de ces apostasies philosophiques, je me suis orgueilleusement résigné à la modestie : je me suis contenté de sentir; je suis revenu chercher un asile dans l’impeccable naïveté. J’en demande humblement pardon aux esprits académiques de tout genre qui habitent les différents ateliers de notre fabrique artistique. C’est là que ma conscience philosophique a trouvé le repos; et, au moins, je puis affirmer, autant qu’un homme peut répondre de ses vertus, que mon esprit jouit maintenant d’une plus abondante impartialité. » (« Critique d’art / Exposition universelle (1855) » : Ibid., p. 578.)
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Se manger soi-même, avec modération, une condition pour garder un esprit sain dans un corps sain

Se manger soi-même, avec modération, une condition pour garder un esprit sain dans un corps sain

Nous consacrons un tiers de notre vie à dormir. Le sommeil apparaît indispensable à une bonne récupération physique. On sait aussi depuis peu qu’il est nécessaire à l’apprentissage. Mais, que se passe-t-il dans notre cerveau après l’endormissement ? À l’occasion de la 17 e Journée nationale du sommeil,

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ARTheque - STEF - ENS Cachan | Corps et esprit : la conscientisation de l'humain dans l'éducation

ARTheque - STEF - ENS Cachan | Corps et esprit : la conscientisation de l'humain dans l'éducation

2. L’ÉDUCATION ENTRE PASSÉ ET FUTUR, CONSERVATISME ET CRITIQUE L’Histoire de l’Éducation reflète les progrès et les reculs de notre civilisation. À travers ce processus d’humanisation, déclenché par l’Éducation, l’Homme s’insère à la société toujours en construction, pour connaître, créer et résoudre ses défis. Pour l’éducateur et pédagogue brésilien Alvaro Vieira Pinto, l’Éducation est aussi un processus par lequel la société modèle ses individus à son image et en fonction de ses intérêts. De cette manière l’être humain est intégré au mode de vie d’une société à un moment déterminé et avec des objectifs collectifs. L’Éducation est ainsi un phénomène qui se déroule dans le temps. Ce processus constitutif de l’être humain découle alors du degré de développement culturel d’un milieu, des conditions, des possibilités, des priorités et des intentions de la société par rapport le développement des activités éducationnelles.
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Une interprétation de l'économie des grandeurs Cité par projets : ferment pour un nouvel esprit du capitalisme

Une interprétation de l'économie des grandeurs Cité par projets : ferment pour un nouvel esprit du capitalisme

Selon les auteurs, « les grandeurs deviennent particulièrement saillantes dans les situations de disputes, telles qu'on peut les observer dans de nombreuses occasions de la vie quotidienne » (ibid. : 26), car elles mettent en jeu l'évaluation des personnes et les formes de justifications qui y sont rattachées. Néanmoins, même si les disputes peuvent nous renseigner sur la détermination des formes de généralités (du moins, celles qui excluent la violence), elles ne se conçoivent pas comme des rhétoriques systématisées permettant de remonter aux origines de ces généralités. Cette étape sera franchie grâce aux philosophies politiques qui contiennent, en condensé, les justifications propres à chacun des ordres de généralités identifiés précédemment. Fondées sur la justification des principes associés à la recherche d'un bien commun, et ayant pour objectif, dans leur version narrative, de rallier le plus grand nombre possible d’acteurs à leurs principes de légitimité, ces philosophies représentent la variante la plus achevée d'un ensemble d'énoncés ontologiques prétendant aux fondements de justice d'un ordre de généralité. Elles fournissent l'instrumentation nécessaire au repérage des assises originelles de l'argumentaire mis de l'avant par les parties impliquées lors d'une dispute. Soulignons, toutefois, que cette architecture épistémologique écarte les philosophies politiques dont les principes constitutifs de la trame sociale se fondent principalement sur la domination par la force ou la violence. Ne sont ici conservées que les philosophies reposant sur un ensemble de principes visant la recherche d'un équilibre dans la cité. Elles peuvent ainsi être définies « par leur visée de construction d'une commune humanité » (ibid. : 27), par leur démarche rhétorique cherchant à fixer les principes du bien commun d'une cité. Six philosophies ont ainsi été identifiées et constituent les fondements d'autant d'ordres de généralités (ou de cités) :
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« Esprit (critique), es-tu là? » Enseigner aux compétences numériques et informationnelles, un enjeu sociétal

« Esprit (critique), es-tu là? » Enseigner aux compétences numériques et informationnelles, un enjeu sociétal

F. Michelot « Esprit (critique), es-tu là? » Enseigner aux compétences numériques et informationnelles, un enjeu sociétal médium et préviennent l’approche instrumentale. De la même façon, on assiste à une expansion du cadre conceptuel de la littératie informationnelle (Sample, 2020). Ces évolutions ont trouvé une résonance dans plusieurs référentiels d’envergure. Ainsi, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) défend-elle l’imbrication de l’utilisation des TIC, de la littératie informationnelle et de compétences diverses telles que la pensée critique, la résolution de problèmes et la créativité (Ananiadou et Claro, 2009). Ces compétences sont parfois désignées par l’expression de compétences du 21 e siècle2 : aux côtés d’habiletés pour le quotidien et la vie professionnelle (life and career skills) et d’habiletés d’innovation et d’apprentissage, Trilling et Fadel (2009) recommandent de développer des habiletés informationnelles, médiatiques et technologiques. Sur le plan européen, cette tendance a été adoptée par la Commission européenne, notamment pour les versions 2.0 et 2.1 de son projet de référentiel DigComp (Carretero et al., 2017; Vuorikari et al., 2016) où la pensée critique est mise de l’avant. C’est dans ce contexte de recomposition conceptuelle que le ministère québécois de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) (2019) a dévoilé le Cadre de référence de la
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Pentecôtismes et esprit d’entreprise en Haïti

Pentecôtismes et esprit d’entreprise en Haïti

Bien plus que le sermon, ce qui se passa avant et après retint l’attention. D’abord, une petite fille de cinq ou six ans prit la parole et demanda que Jésus bénisse l’assemblée. L’assemblée répondit à sa prière avec le même sérieux qu’à un adulte. Puis elle se mit à chanter. Après le sermon, des adolescents de diffé- rents âges jouèrent une pièce de théâtre dont le contenu apportait des réponses à des situations auxquelles ils étaient régulièrement confrontés dans leur vie quotidienne (mauvaises rencontres, tentations, découragement, etc.). Bref, la volonté d’investir sur les enfants était évidente. De leur donner goût au travail, à l’apprentissage, à l’entraide. Cette pièce conclut le culte. On empila les chaises en rigolant, deux jeunes filles plièrent les rideaux en se drapant d’abord avec. Puis la musique démarra. Le préau se transforma en piste de danse. Tout le monde s’amusa et se trémoussa, avec grâce, avec rythme, avec un plaisir non dissimulé. Des plus jeunes aux plus âgés, tous avaient le sourire aux lèvres. C’était une ambiance festive et conviviale, complice, intergénérationnelle qui résonnait dans la campagne, au milieu de nulle part, du moins pour l’instant, car dans les yeux du pasteur Valentin, l’école, le terrain de basket, l’église étaient déjà là. Les fidèles remontèrent dans le bus, qui s’éloigna doucement, se trémoussant lui aussi sur la route chaotique. Aucun doute : tous partageaient le même espoir.
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Discours sur l'État de la nation : pensée d'État, esprit du capitalisme et nationalisme dans la construction de la Bolivie, 1880-1905

Discours sur l'État de la nation : pensée d'État, esprit du capitalisme et nationalisme dans la construction de la Bolivie, 1880-1905

138 pour devoir de se soulever afin de se réapproprier les fondements qui leur appartiennent « en défendant la pureté des institutions démocratiques. » 128 Un consensus est établi au sein de la communauté historienne, qui voit dans la période qui s’amorce avec la guerre du Pacifique la fin des gouvernements militaires et l’amorce d’une gouverne civile qui durera pour plusieurs décennie de manière presque ininterrompue. Malgré ce consensus, rarement l’attention a-t-elle été portée sur l’univers discursif qui accompagne cette transition et qui en est à la fois cause et effet. Avec la volonté de mettre fin à la culture du caudillisme systématisé et de la gouverne militaire à répétition, c’est tout un univers discursif qui se constitue en privilégiant une idée particulière, mais généralement partagée, de la démocratie, axée sur les institutions de nature républicaine. Si cet univers discursif semble régulièrement entrer en contradiction avec les événements qui ponctuent la vie politique bolivienne (guerres, exils, corruption, fraude, tentatives de coup d’État), on note toutefois une constance rhétorique impressionnante. L’idée qui accompagne le désir de maintien de gouvernements civils est que la source de légitimité de l’autorité repose maintenant sur le suffrage comme mode d’expression de la souveraineté du peuple. En jouant sur ces termes et ces idées, et en demeurant fidèles à la structure rhétorique qui épouse l’univers discursif de l’époque, il devient possible à des acteurs comme Arce de justifier publiquement la corruption comme s’inscrivant dans une logique démocratique ou encore, à des Libéraux comme Ramirez d’inscrire dans une démarche tout aussi démocratique une tentative de coup d’État qui reposerait sur le « devoir » de soulèvement populaire.
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Esprit objectif et esprit absolu chez Hegel

Esprit objectif et esprit absolu chez Hegel

134 universelle et concrète, celle de tous pour autant qu’elle puisse être éprouvée et pratiquée par chacun » 320 . Cette expression révèlera le devoir d’objectivation propre à chaque individu dans les limites dictées par la norme politique. C’est en cela que l’individu, le membre de la société civile ou bourgeois, accède à ce qu’il y a de sommet dans le règne sociopolitique, à savoir la citoyenneté. Il ne s’agit pas de politique d’assistanat, chacun est appelé par ses aptitudes, ses capacités et ses talents à cultiver son jardin dans les formes d’objectivation posées par l’Etat car celui-ci « est la figure la plus haute de la vie sociale organisée politiquement, et aucun peuple ne peut se développer et survivre sans prendre à un moment déterminé de son histoire cette configuration » 321 . Là où l’Etat est, aussi rudimentaire que puisse être sa forme, il y a espoir et orientation définie, traçabilité des conditions d’invention de soi. Par contre, là où l’Etat n’est pas, président la jungle, l’inorganisation à laquelle fait suite l’anarchie, et éventuellement le règne perpétuel de la violence et de la barbarie qui font penser à l’Etat de nature chez Hobbes. Pour que l’Etat devienne effectif, c’est-à-dire réalité rationnelle, il lui faut s’assurer avec clarté de ses frontières géographiques pour s’auto-affirmer comme individu dans son intégrité ; bref il faut qu’il se connaisse lui-même comme entité autonome. Car son âme, à savoir sa constitution interne, ne peut se maintenir que dans un corps sain : un territoire maîtrisé géographiquement. L’organisation intérieure de l’Etat ne va pas sans une réelle configuration géographique assurée. Ceci obtenu, il reste l’expression de ses membres dont l’adhésion voulue est un témoignage de reconnaissance de l’universel comme vecteur et incarnation
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Europe (Esprit 2018)

Europe (Esprit 2018)

Il est vrai que les obstacles à la formation d’un tel corps sont loin d’être anodins : l’Europe n’a pas de langue commune, et seul l’anglais peut jouer le rôle de lingua franca ; l’Europe n’a pas de mœurs communes et connaît une grande diversité culturelle ; l’Union n’a pas de frontières fixes et stables. Non seulement le continent « eurasiatique » rend incertaine la frontière orientale (avec la Turquie et la Russie), mais l’Union européenne se présente comme un projet susceptible de s’étendre dans une large mesure, comme en témoigne l’élargissement à l’Est de 2004 et les suivants. Or cette illimitation conduit selon certains à une maladie de langueur, réduit l’Europe à un « espace de civilisation » et fait de la nation le seul lieu possible de la vie démocratique (Pierre Manent). Impossible de le nier : le concept de « territoire » est absent des textes fondateurs de l’Union, qui mentionnent plutôt l'établissement d’« un espace de liberté, de sécurité et de justice sans frontières intérieures » ainsi que l'édification d’un marché intérieur « comportant un espace sans frontières intérieures ». Plus encore, l’Europe comprend des espaces à géométrie variable : outre le marché unique, l’Union économique et monétaire (ou la « zone euro ») et l’espace Schengen. Si prévaut un espace de droits et de valeurs, on comprend mieux que l’article 49 du TUE stipule que « Tout Etat européen qui respecte les valeurs visées à l’article 2 et s’engage à les promouvoir peut demander à devenir membre de l’Union ».
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