Théorie du champ littéraire

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Le champ littéraire à l'épreuve de l'Europe. La réaction des représentants des écrivains français au projet de réforme européenne du droit d'auteur.

Le champ littéraire à l'épreuve de l'Europe. La réaction des représentants des écrivains français au projet de réforme européenne du droit d'auteur.

121 SGDL a créé en 1878 l’Association Littéraire et Artistique Internationale à Paris, qui existe toujours aujourd’hui et qui a organisé quelques années plus tard, en 1886, la première convention internationale sur le droit d’auteur à Berne présidée par Victor Hugo 242 et aboutissant à la création d’une « Union internationale pour la protection des œuvres littéraires et artistiques » signée par différents représentants d’Etats 243 . L’internationalisation du droit d’auteur est donc une initiative historiquement venue des écrivains français à l’intention du champ politique. C’était un processus interne au champ littéraire, sur lequel ces derniers avaient la main, dont ils avaient la maitrise. Et si c’est bien sûr aussi pour assurer le respect de leurs droits à l’étranger, c’est dans la logique de l’illusio de l’universalité de la littérature que Victor Hugo et les autres sociétaires de la SGDL ont cherché à internationaliser le droit d’auteur qui ne pouvait être pensé autrement que comme universel. Or, dans le cas qui nous intéresse ici, c’est le champ de l’Eurocratie qui est à l’initiative, qui a la main sur la réforme 244 . A l’aune de ce constat, on peut dès lors émettre l’hypothèse selon laquelle la transnationalisation de l’action du CPE est un moyen de préserver l’autonomie du champ littéraire, c’est un moyen pour les agents de lutter contre la récupération de l’initiative sur le droit d’auteur par les agents du champ de l’Eurocratie. Car si la transnationalisation peut être interprétée comme une européanisation, comme un effet du champ de l’Eurocratie sur les agents du champ littéraire, comme finalement une expression de l’intégration européenne, l’analyse au prisme de la théorie du champ littéraire nous permet de contrebalancer cette interprétation. En refusant de laisser le monopole de la représentation des auteurs européens à une fédération européenne, le CPE s’oppose à une des logiques du champ de l’Eurocratie dont les agents dominants poussent les dominés à se fédérer à Bruxelles. En se faisant le représentant des auteurs européens, en publiant ses « Douze propositions pour une Europe du livre », il tente de reprendre l’initiative. Mais ce n’est pas tout. Reprenons la fameuse Lettre ouverte des auteurs du livre européens (cf. Annexe 4). Elle est disponible en vingt-six langues, les traductions ayant été faites par les membres du réseau du CEATL. Des langues qui ne recoupent pas les Etats membres de l’UE et donc les frontières administratives de cette dernière. En effet, si la lettre est traduite en français, allemand, espagnol, italien, tchèque, danois, anglais, bulgare, grec, finnois, croate, hongrois, lituanien, néerlandais, polonais, portugais, roumain, slovène, slovaque et suédois, cela ne recouvre pas
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Vincent Kaufmann, <i>La Faute à Mallarmé. L’aventure de la théorie littéraire</i>

Vincent Kaufmann, <i>La Faute à Mallarmé. L’aventure de la théorie littéraire</i>

Rétrospectivement, on pourrait s’étonner de ce que le postulat de l’autonomie littéraire ait produit un nombre aussi important de discours critiques. Après tout, la notion d’autotélisme, prise à la lettre, devrait plutôt interdire de disserter sur les œuvres, dont la résistance et l’étanchéité seraient absolues. Pourtant, c’est tout l’inverse qui se produit : à partir des années 1960, la théorie prolifère et s’épanouit au nom d’une défense rhétorique de l’autonomisation du champ littéraire. Encore une fois, c’est la figure de Mallarmé qui se voit dotée d’un statut exemplaire : ses « poëmes critiques », situés à mi-chemin entre littérature et théorie, s’imposent comme modèles au même titre que les Romantiques de Iéna, qui bercèrent les mêmes ambitions avant lui. La question du style devient ainsi primordiale, se manifestant dans toute sa splendeur chez Barthes et chez Derrida, qui accordent, on le sait, une importance hors pair à la notion d’écriture. Par ailleurs, à en croire Kaufmann, ce sont les théoriciens et non les écrivains « purement » littéraires qui auront permis à l’intransitivité de l’écriture de s’implanter jusqu’en Amérique du Nord et au-delà, car, écrit-il, « [l]e théorique est non seulement l’effet de l’autonomie, mais il en est également la clé de voûte » (p. 41).
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Parodie de la science et réflexivité. La Physiologie et le dictionnaire dans le champ littéraire français du XIXe siècle

Parodie de la science et réflexivité. La Physiologie et le dictionnaire dans le champ littéraire français du XIXe siècle

volonté de leur trouver des vertus cognitives légitimantes. Il importe dès lors de se demander dans quelle mesure on construit la valeur de l’objet à travers le repérage de la réflexivité. Celle-ci a partie liée avec la valorisation. D’abord parce qu’elle peut fonc- tionner comme une instance d’auto-explication, instaurant un cadre de maî- trise et de monstration concertée, dépositaire de ses propres principes d’intel- ligibilité. Le pari de la réflexivité ne consiste-t-il pas, d’ailleurs, à faire « tenir dans un même lieu l’effectuation du texte et la théorie de sa production » (Baron 2002 : 47)? Ensuite parce que la réflexivité constitue un processus de validation en ce qu’elle affiche une lucidité qui semble emprunter sa légitimité au monopole de vérité des énoncés scientifiques. De la sorte, elle « validerait la fiction ‘‘à la manière de’’ l’énoncé scientifique explicitant ses propres hypo- thèses, se donnant dans la pleine conscience de ses moyens, de ses pouvoirs, de ses limites, dans une affirmation emphatique de maîtrise. » (Baron 2002 : 56) Enfin, la réflexivité tend encore à être reçue et interprétée comme un vecteur de littérarité ou de littérarisation de l’énoncé, confirmant de la sorte la conception d’une littérature qui s’avance masquée en montrant son masque du doigt — pour reprendre le larvatus prodeo cartésien cher à Roland Barthes.
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La réception d'un texte en histoire du droit : théorie littéraire et systématisations juridiques

La réception d'un texte en histoire du droit : théorie littéraire et systématisations juridiques

viris illustribus 8 établit [4] certains critères afin de s’assurer de l’authenticité d’une paternité : « Si, parmi plusieurs livres attribués à un auteur, l’un est inférieur aux autres, il faut le retirer de la liste de ses œuvres (l’auteur est alors défini comme un certain niveau constant de valeur) ; de même, si certains textes sont en contradiction de doctrine avec les autres œuvres d’un auteur (l’auteur est alors défini comme un certain champ de cohérence conceptuelle ou théorique) ; il faut également exclure les œuvres qui sont écrites dans un style différent, avec des mots et des tournures qu’on ne rencontre pas d’ordinaire sous la plume de l’écrivain (c’est l’auteur comme unité stylistique) ; enfin, on doit considérer comme interpolés les textes qui se rapportent à des événements ou qui citent des personnages postérieurs à la mort de l’auteur (l’auteur est alors moment historique défini et point de rencontre d’un certain nombre d’événements) » 9 .
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La théorie parasit(é)e. Discours spéculatif et altérité littéraire chez J.L. Austin, Jacques Derrida et Michel Serres.

La théorie parasit(é)e. Discours spéculatif et altérité littéraire chez J.L. Austin, Jacques Derrida et Michel Serres.

Nous avons choisi de nous attarder sur la présence récurrente, dans divers textes identifiés comme « philosophiques », de la métaphore du parasite, qui nous est apparue comme lieu propice pour penser la frontière fragile qui sépare l’identité philosophique de l’identité littéraire, et ce à la fois par la dynamique relationnelle et le rapport au langage et à la communication qu’il suppose. Fonction sacrée, personnage dramaturgique, individu payant son repas d’une parole intéressée, type de plante, de redondance rhétorique, d’espèce animale et de bruit faisant obstacle à la communication, la définition du parasite est, en dépit de sa diversité, toujours relative à un hôte social, biologique, cybernétique ou textuel. Indissociable d’une question éthique, cette dynamique relationnelle fondamentale sous-tend l’articulation d’une frontière permettant l’identification et la mise en opposition souvent hiérarchisée d’un hôte et d’un parasite, ce dernier ayant historiquement été défini comme altérité intrusive, nocive, subordonnée et/ou inutile. Le parasite implique donc une ambiguïté qui le situe entre une structure relationnelle et l’établissement d’une frontière permettant d’opposer hostilité et hospitalité, intrusion et invitation, bruit et message, constitution et perturbation d’un système. Cette ambiguïté nous permettra d’aborder la notion d’identité discursive spécifiquement spéculative, ainsi que la                                                                                                                
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La criminologie biosociale à l'aune de la théorie du champ. Ressources et stratégies d'un courant dominé de la criminologie états‑unienne

La criminologie biosociale à l'aune de la théorie du champ. Ressources et stratégies d'un courant dominé de la criminologie états‑unienne

43 « Scientists swear that they will not make the same mistakes this time ». contestables, et la philosophie scientifique qui les soutient pour le moins réductrice. Surtout, même en laissant de côté le précédent caricatural de Lombroso, l’on ne dispose aujourd’hui d’aucun exemple de théorie biocriminologique qui aurait fait l’objet d’un consensus et qui aurait été intégrée au savoir criminologique commun. Comme l’a souligné Amanda Pustilnik (2009, 185), le « biologique » et le « pénal » ont entre- tenu une relation conflictuelle pendant plus de deux siècles. À chaque nouvel épisode, « les scientifiques promettent qu’ils ne répèteront pas les erreurs » 43 du passé (Pustilnik, 2009, 185). L’on peut légitimement en douter, lorsque l’on sait par exemple que la théorie de l’anormalité chro- mosomale XYY qui promettait des jours heureux à la biocriminologie dans les années 1960-1970 après des articles parus dans le prestigieux journal Nature (Moran, 1978, 347) a fini par être reléguée au rang de mythe scientifique…
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Différenciation genre du champ littéraire et valeur positionnelle du ré-investissment générique: l'exemple de "Quatrième version" de Luisa Valenzuela

Différenciation genre du champ littéraire et valeur positionnelle du ré-investissment générique: l'exemple de "Quatrième version" de Luisa Valenzuela

Ce que Christine Planté nomme, dans son analyse des relations entre genres littéraires et rapports de genre, « la catégorisation sexuelle de la littérature » (PLANTÉ, 1989 :231) a historiquement construit une frontière ritualisée et hiérarchique entre les genres dits ‘féminins’ (journal intime, biographie, épistolaire et autres genres paralittéraires considérés comme mineurs) et les genres plus nobles dits ‘masculins’ et ainsi participé de la définition d’une essence atemporelle du ‘masculin’ et du ‘féminin’ en littérature ainsi que de la naturalisation du cantonnement des femmes à un territoire discursif minoré. Le positionnement féministe en littérature est par conséquent inextricablement lié au questionnement du « genre des genres » (PLANTÉ, 1989 : 239) et situe les autrices, qui interviennent dans le champ en tant qu’énonciatrices secondes, face à un nécessaire travail de remaniement des rapports entre investissement générique et identités sexuées, autrement dit de « ré-investissement générique » –terme qui pourrait désigner la position spécifique des autrices quant à ce que Dominique Maingueneau nomme, concernant la littérature canonique, le positionnement par « l’investissement générique ».
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Bernard Assiniwi, l'auteur "malcommode" : trajectoire et discours d'un auteur autochtone dans le champ littéraire québécois (1971-2000)

Bernard Assiniwi, l'auteur "malcommode" : trajectoire et discours d'un auteur autochtone dans le champ littéraire québécois (1971-2000)

18 l’objectif premier de ma thèse. Cependant, mes questions pointent ultimement en direction des systèmes de croyances entourant l’activité littéraire. Étudier le processus de construction de l’autorité de l’auteur autochtone met en lumière les conceptions de l’auteur, et de la littérature elle-même, pour l’individu qui écrit, mais aussi, dans le cadre de cette thèse, dans les cultures autochtones. En effet, selon Raymond Boudon, « [l]’action individuelle n’est pas toujours l’effet de raisons. Elle peut aussi résulter de l’attachement du sujet à des traditions ou encore de motivations affectives » 29 . Par exemple, les questions des motivations à écrire et de l’autorisation à le faire coexistent étroitement chez les auteurs autochtones, qui doivent faire « leurs preuves » comme écrivains et comme autochtones. Pour répondre aux questions « pourquoi tel individu s’estime auteur amérindien et quel univers de référence il se donne » 30 , il faut avant tout reconnaître que de telles valeurs et de telles croyances sous-tendent une démarche d’auteur et une présentation de soi, et que « la cause des actions, croyances et attitudes de l’acteur individuel réside dans le sens qu’elles ont pour lui : il adhère à une croyance, ou entreprend une action parce qu’elle fait sens pour lui » 31 . Comme le rappelle Gatti, il existe « plusieurs façons d’être amérindien », tout comme il existe différentes façons de rejouer cette identité en tant qu’écrivain. Or « les individus sont insérés dans un contexte d’institutions, de règles, de traditions, de ressources, etc. » 32 . Au bout du compte, étudier la construction de l’autorité dans le discours et les pratiques d’un auteur autochtone permet d’examiner les mécanismes d’identification à l’indianité dans le champ littéraire
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Diverses résonances de croisement de niveaux sur des atomes pompés optiquement en champ nul. I. Théorie

Diverses résonances de croisement de niveaux sur des atomes pompés optiquement en champ nul. I. Théorie

3. ÉQUATION D’ÉVOLUTION GLOBALE DE M. - La théorie quantique du cycle de pompage optique [6] permet de montrer que l’évolution globale de M sous l’effet du pompage optique par F, de la précession dans des champs appliqués, de la relaxation s’obtient simplement en ajoutant les vitesses de variation dues

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Formes de politisation dans le champ littéraire

Formes de politisation dans le champ littéraire

L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d’enseignemen[r]

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Les animateurs de la vie littéraire. Sociabilités littéraires au sein du sous-champ belge francophone de l’entre-deux-guerres

Les animateurs de la vie littéraire. Sociabilités littéraires au sein du sous-champ belge francophone de l’entre-deux-guerres

des Poètes. Cette participation combinée à des lieux littéraires et sociaux importants le place en position privilégiée dans la vie littéraire de l’époque : il n’est pas à l’initiative de ces activités, mais en devient une sorte de témoin privilégié, présent aux moments et aux endroits clés. Pierre Fontaine est le pendant socialiste de Pulings. Journaliste à l’Institut national de Radiodiffusion, il participe en littérature au Front littéraire de Gauche et au Groupe moderne d’Art de Liège et affiche des sympathies socialistes. Il dirige le journal parlé de Radio Belgique de 1928 à 1930. On constate, avec ce profil, que la combinaison du politique et du littéraire est donc porteuse pour accéder à la vie littéraire en Belgique francophone. Toute la question est cependant ici de savoir ce que l’identification de ce type d’agents apporte à la connaissance de l’histoire de la littérature belge francophone : l’approche statistique qui les fait émerger n’est pas ici en mesure de répondre à cette interrogation, qui ne pourra être traitée que par une étude détaillée des trajectoires des nombreux Pulings ou Fontaine que compte l’institution ; en pointant leur existence et leur présence active au sein du sous-champ littéraire belge francophone, elle incite cependant à aller y voir de plus près et à se poser des questions dont l’historiographie littéraire traditionnelle fait parfois l’économie.
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École et dégoût littéraire

École et dégoût littéraire

largement reçue dans l’indifférence. Etrangère à la fois aux explorations singulières et aux mouvements de masse du goût, elle conforte une institution mais échoue à construire une culture littéraire. 10 On peut alors esquisser une sociopoétique qui serait fondée sur la catégorie du lectum comme matrice de sens, en observant que les lecta fondent des catégories spécifiques à partir de critères explicitement émotionnels et affectifs, et fort peu historiques, éthiques ou idéologiques. Les trois catégories dominantes qui fonctionnent comme des matrices de sens a priori sont le « divertissant », l’« intéressant » et le « scolaire ». Dans les trois cas, l’effet de lecture s’est réalisé à partir de fonctionnalités qui nourrissent le discours social et s’en nourrissent. S’en trouvent alors disqualifiés la pensée discursive (brutalement confondue avec l’exercice scolaire obligatoire), le référent historique, la notion d’œuvre comme clôture, et l’attention portée à la langue et au style. Ces divers aspects sont pourtant ceux qui fondent, à bon droit, bien que de façon variable et parfois ambigüe, l’enseignement littéraire. La lycérature atteint donc les objectifs exactement à l’inverse de ceux qu’elle prétend se donner et prend pour finir, dans l’ensemble complexe du lectum, la part de l’illisible. Elle conduit jeunes filles et jeunes gens à identifier le littéraire au métadiscours académique, sans autre enjeu qu’une épreuve d’examen sur des objets présélectionnés par une institution autarcique. Elle apprend en fait à ne pas lire. La « responsabilité des formes » dont parle Barthes, serait donc à réévaluer à travers la double énonciation du didactum, qui ne rend pas compte des textes littéraires de façon critique et esthétique, mais renvoie aux conditions et situations objectives de leur enseignement.
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L'énigme du textiel littéraire

L'énigme du textiel littéraire

« nous » est ici problématique : il traduit potentiellement le rattachement du projet éditorial au projet auctorial. Dans ce livre, la coïncidence entre l’énonciation éditoriale et l’intention éditoriale tend à se confondre sans doute parce que les différents acteurs ont cherché à effacer 32 Également noté par la locution latine et al. qui permet de montrer que Mahigan Lepage n’est pas le seul à avoir contribué au projet littéraire présenté ici, tout en lui donnant une certaine forme d’autorité par sa signature même. 33 « Je me suis permis, quand je le souhaitais, de modifier très librement les tweets glanés sur Twitter. Parfois, il n’en reste plus que l’incitation ou le thème. La présente édition, qui doit tout aux autres, n’engage donc que moi. » Remerciements dans : Mahigan Lepage et al. (2013), Le Twictionnaire des e-dées reçues. Le Catalogue
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L'invention littéraire des médias

L'invention littéraire des médias

Proposant un pas de côté par rapport à son œuvre photographique et littéraire, Éric Rondepierre convie ici le lecteur à explorer de manière inédite l’atelier de la création artistique : ses rapports au temps originaux, points de contact et court-circuits. « Par la bande », la création photographique et littéraire se fait dans le sillage des autres médias, à commencer par le cinéma, qu’Éric Rondepierre invite à considérer comme un paysage après la bataille, comme un champ de fouille duquel, alors que tout semblait avoir été dit et coulé dans l’ambre du souvenir, on peut encore, intempestivement, produire du nouveau. Mélangeant autobiographie, autofiction et archéologie des médias, l’artiste nous livre ici un fascinant - car pluriel - portrait de l’invention.
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Présentation: Du transnationalisme littéraire

Présentation: Du transnationalisme littéraire

Xavier Garnier rappelle opportunément que les conditions de réalisation d’une « littérature-monde » décomplexée de « l’ailleurs » se négocient aussi en langue(s) nationale(s) africaine(s). Si le français est la langue par laquelle différents écrivains francophones s’octroient résolument une place dans la « littérature-monde », qu’en est-il des langues africaines ? Le bambara peut-il porter cette vocation ? Quelle accessibilité littéraire et fédératrice du bulu, du swahili ou du peul ? Garnier relève les obstacles et les pièges « géopolitiques » d’une telle entreprise, pouvant aller du soupçon de repli ethnique à la fragilité institutionnelle, en passant par l’absence de soutien des États et les limites de l’exportabilité de ces littératures. Pourtant, l’émergence et le développement des littératures transnationales en langues africaines restent, selon l’auteur, la meilleure garantie de leur participation à la littérature universelle par le biais de la traduction et de l’enseignement.
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La structuration du champ scientifique dans la revue Comptabilité Contrôle Audit. Une analyse scientométrique topologique à partir de la théorie des graphes (2012-2017)

La structuration du champ scientifique dans la revue Comptabilité Contrôle Audit. Une analyse scientométrique topologique à partir de la théorie des graphes (2012-2017)

organisations, réseaux de transports, ... Appliquée à l’analyse scientométrique il s’agit de représenter un champ à partir de ses différents niveaux de granularité. Dans la production scientifique, nous pouvons faire l'hypothèse relativement souple que cette granularité peut tout à la fois porter sur l’auteur d’une publication, son institution de rattachement, que sur l’article ou la manifestation scientifique réalisée, la thématique abordée, ou encore la méthodologie utilisée, etc. Cette réflexion sur la granularité est une étape essentielle permettant, dans un même mouvement, de définir l’unité de base qui sera représentée par un noeud dans un graphe, ainsi que de rendre compte de l’activité concrète (les livrables on pourrait dire) de la production scientifique. Cependant, la théorie des graphes n’est pas qu’un simple outil de visualisation “cartographique” de données relationnelles. Sa puissance réside avant tout dans les opérations algorithmiques et statistiques qui sont permises par l’utilisation de différents modèles mathématiques. Ainsi, par exemple, c’est grâce à des algorithmes de spatialisation que l’on va pouvoir donner sens au graphe représenté. Dans ce travail nous avons utilisé l'algorithme Force Atlas 2 qui permet de rapprocher des noeuds en fonction du nombre de liens communs avec des noeuds tiers qu’ils auront (Jacomy et al. 2014). Cet algorithme permet de transformer un réseau brut d’informations en une véritable cartographie où vont alors se dessiner des territoires de proximité en fonction de certains attributs communs. Ainsi par exemple, dans le cas d’un réseau d’auteurs (i.e. où chaque noeud va représenter un auteur) plus deux auteurs vont aborder le même type de thématique dans leurs articles, plus ceux-ci seront attirés l’un vers l’autre par l’algorithme
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La théorie des probabilités et l'Institut Henri Poincaré (1918-1939) : construction d'un champ probabiliste parisien et pratique d'un transfert culturel

La théorie des probabilités et l'Institut Henri Poincaré (1918-1939) : construction d'un champ probabiliste parisien et pratique d'un transfert culturel

0.1. Une approche croisée aborder les problèmes probabilistes. Au lendemain de la Première Guerre mondiale une nouvelle génération de mathémati- ciens s’intéresse à la stochastique en prenant une approche nouvelle, ouvertement favorable à l’introduction de mathématiques empruntées notamment à l’analyse fonctionnelle dans le domaine des probabilités. Darmois se lance, encouragé par Borel, dans le domaine de la statistique probabiliste 26 . Fréchet s’intéresse également à ce sujet ; par ailleurs ses contacts mathématiques internationaux le poussent à se concentrer sur l’étude des probabilités en chaîne (processus de Markov) 27 . Enfin Paul Lévy (1886-1971) transcrit ses travaux d’ana- lyse fonctionnelle dans le cadre mathématique du calcul des probabilités. Ceci le conduit à introduire de nouveaux concepts probabilistes abstraits et à prendre ses distances avec Borel, préoccupé avant tout dans les années 1920 par les applications des probabilités 28 . Ces développements sont assez bien connus grâce aux travaux historiques consacrés à ces probabilistes. Pour appréhender le croisement des points de vue de ces mathéma- ticiens sur les probabilités, nous privilégions une approche en terme de champs. Pierre Bourdieu a introduit la notion de champ social 29 pour aborder le problème empirique, posé à la sociologie et à l’anthropologie, de la division sociale du travail, autrement dit de l’existence d’espaces sociaux exclusifs consacrés à une pratique spécifique, comme, par exemple, la production de savoirs scientifiques 30 . Le champ scientifique se structure comme un ensemble de positions occupées par des individus dont l’activité est animée par une concurrence pour l’autorité scientifique. Dans le cas de la science, la concur- rence présente cette particularité qu’elle repose sur la reconnaissance des concurrents. Par ailleurs l’autorité scientifique se caractérise comme la capacité à imposer la définition de la science (ou de la discipline) la plus conforme à sa recherche de reconnaissance. Dans le domaine spécifique de la production de savoirs probabilistes en France en 1918, les posi- tions institutionnelles sont en fait très limitées en nombre ; il s’agit des deux enseignants de Polytechnique chargés des leçons de calcul des probabilités, positions occupées alter- nativement d’une année sur l’autre par deux mathématiciens, et le poste de professeur de la chaire de CPPM.
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Le faux littéraire

Le faux littéraire

Dans cette perspective, et nous nous auto-plagions, la notion d'intertextualité a permis de déplacer les enjeux littéraires de l'auteur vers le texte, de répondre aux prohlèmes de la pro[r]

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L’emprise du champ scientifique sur le champ universitaire et ses effets

L’emprise du champ scientifique sur le champ universitaire et ses effets

En plus de déformer la perception des chances objec- tives d’accéder à certains postes, la forte emprise des critères du champ scientifique sur le champ universi- taire a pour effet d’engendrer des sentiments d’échec importants chez les diplômés qui n’occuperont pas le poste académique convoité. Car même si, comme on l’a évoqué plus haut, la réalité n’a jamais vraiment été conforme à cette vision, il demeure que le sentiment qu’une carrière non académique constitue une « tra- hison » ou un « échec » est encore bien vivant. En effet, l’identification du diplôme de doctorat à la carrière académique est telle qu’un grand nombre de ceux et celles qui ne peuvent obtenir un tel poste vivent – ini- tialement du moins – leur réorientation professionnel- le sous le signe de l’échec. Ce sentiment est souvent renforcé par des professeurs pour qui les diplômés ne parvenant pas à trouver place dans le champ univer- sitaire – et obligés de se contenter d’un poste indus- triel ou même de se « recycler » sur d’autres marchés pour lesquels leur doctorat ne leur a pas offert de for- mation spécifique 8 – sont étiquetés comme moins
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Littérature et subjectivité essai d'épistémologie de la théorie littéraire

Littérature et subjectivité essai d'épistémologie de la théorie littéraire

Cette dëliaison peut sans doute, on le suppose, opérer aux deux niveaux d'une migration des objets (quelque chose comme une flottaison des concepts) et d'un transport de règles. L'a[r]

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