Sociologie historique des savoirs

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L'écriture des programmes d'histoire en France (1944-2010). Sociologie historique de la production d'un instrument d'une politique éducative.

L'écriture des programmes d'histoire en France (1944-2010). Sociologie historique de la production d'un instrument d'une politique éducative.

L’enseignement de l’histoire s’impose comme discipline scolaire autonome sous la monarchie de Juillet, premier régime politique en France dont les dirigeants se revendiquent à la fois de l’Ancien Régime et de la Révolution. L’historien et ministre François Guizot impulse cette politique éducative. L’histoire doit établir la continuité de la nation. Le clivage historique de 1789 est à intégrer dans une politique du passé national qui mobilise l’histoire antique avec les Gaulois et l’histoire médiévale 37 . Titulaire d’une chaire d’histoire moderne à la faculté de lettres de Paris, ministre de l’Instruction publique de façon presque continue de 1832 à 1837, il conçoit l’histoire comme vecteur d’une mémoire pour tous les Français. Cette conception est partagée par Victor Duruy, agrégé d’histoire et géographie, professeur au lycée Henri-IV et ministre de l’Instruction publique sous le Second empire de 1863 à 1869. Les programmes d’histoire, qui apparaissent sous le ministère de François Guizot 38 , définissent dès lors officiellement ce qui doit être appris en classe. Devenus une norme à respecter, ils décrivent, structurent, coordonnent les contenus d’enseignement en détail. Ils constituent des instruments d’action publique chargés de fabriquer un lien entre l’État, identifié à la nation, et les citoyens. Cette institutionnalisation progressive des disciplines scolaires, dont l’histoire, est concomitante du déploiement de territoires d’intervention étatique : école, fiscalité, presse, locomotion, hygiène, élections, cérémonies, etc. Les dirigeants des régimes politiques postérieurs à la monarchie de Juillet portent une attention toute particulière à la conduite des hommes par la mobilisation de savoirs universitaires dont certains sont traduits en savoirs scolaires. Durant cette période, la discipline historique est renforcée : elle est enseignée dans toutes les filières et à tous les niveaux du secondaire à partir de 1863, date à laquelle elle devient obligatoire en classe de philosophie. Les contenus sont détaillés dans des
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Appel de communication : Sociologie historique et géographie critique à l'étude des Relations Internationales.

Appel de communication : Sociologie historique et géographie critique à l'étude des Relations Internationales.

PROBLÉMATIQUE DU COLLOQUE : Le champ d'étude des RI s'est métamorphosé depuis la fin de la Guerre froide. Le développement des théories critiques durant les années 1980 a rendu possible des discours légitimes sur l'international qui s'opposent d'une part à l'ontologie étato-centrée du néo-réalisme et d'autre part à un intérêt normatif implicite pour la poursuite d'une politique de puissance. Le présent colloque propose de réunir une série d'interventions suscitées par deux de ces savoirs : la sociologie historique et la géographie critique. Ce colloque veut offrir un forum et un espace de dialogue à ces approches sensibles à l'histoire dans l'étude de l'international. La sociologie historique n’est pas une discipline récente. Pour les premiers artisans de cette tradition, l’idée que l’analyse du monde social puisse ne pas porter sur l’histoire, se refuser à un dialogue avec elle, ou rester muette sur les grandes questions macro- sociales, aurait parue absurde. Depuis la fin de la Guerre froide, le développement de la sociologie historique à l’intérieur et à l’extérieur des RI se caractérise par de vibrants débats à propos des catégories et des référents historiques fondamentaux de l’étude du social et de l’international. Un premier volet de ce colloque visera à dresser un portrait de ces débats.
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La sociologie des excès : Une mise en ordre systématique des savoirs en matière de drogues et de toxicomanie au Canada

La sociologie des excès : Une mise en ordre systématique des savoirs en matière de drogues et de toxicomanie au Canada

aussi mentionner les analyses en matière de contrôle de l’ivresse au volant qui s’appuient sur une perspective des théories du conflit (Landreville et Lavergne 1989; Lebeuf, 1990). Les travaux de Comack (1984, 1985), concernant l’origine de la criminalisation de l’opium au Canada, s’élaborent autour d’une perspective marxiste de la création des lois, en dénonçant les thèses conflictuelles qui se caractériseraient par une absence de considérations quant au processus historique dans lequel devraient s’inscrire ces rapports conflictuels. L’auteure démontre que la criminalisation de l’opium en 1908 constituerait le résultat d’une stratégie organisée par l’État afin de canaliser la colère du mouvement ouvrier dans l’Ouest canadien. En criminalisant l’usage de l’opium alors presque exclusivement associé aux immigrants d’origine asiatique, l’État désignait un bouc émissaire vers lequel seront dirigées les insatisfactions du mouvement ouvrier. La prohibition de l’opium représente ainsi la création par l’État d’une crise artificielle, ce qui lui permet de canaliser les insatisfactions des ouvriers vers le péril jaune, permettant ainsi de voiler les conditions structurelles responsables du problème de surplus de main-d’oeuvre.
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Pour une sociologie historique des ingénieries de gouvernement : l'exemple du laboratoire du Cerat (CNRS) entre 1963 et 2003

Pour une sociologie historique des ingénieries de gouvernement : l'exemple du laboratoire du Cerat (CNRS) entre 1963 et 2003

Observons enfin combien le positionnement des problématiques scientifiques, et par suite de la structure organisationnelle du CERAT, au sein du champ des sciences sociales est influencé par l’évolution des problématiques de la discipline au niveau national et international. L’évolution la plus significative en l’occurrence est le tournant pris au début des années 1980 autour de l’analyse des politiques publiques : « le CERAT s’est positionné relativement tôt sur ce thème sur lequel la France était très en retard par rapport aux Etats- Unis » constate François d’Arcy (Douillet, Zuanon, 2004). Discipline développée outre- Atlantique dans les années 1960-1970 à la croisée de la théorie des organisations née aux Etats-Unis dans les années 1920 et reprise par le CSO (Muller, 2003), et du management public, l’analyse des politiques publiques prend son ampleur en France avec la parution du tome 4 du Traité de science politique coordonné par Jean Leca, Madeleine Grawitz et Jean- Claude Thoenig, en rupture avec les approches marxistes qui dominaient dans l’appréhension de l’action publique jusqu’à lors ; le CERAT se révèle précurseur en la matière : l’impulsion donnée par Lucien Nizard et relayée par Pierre Muller pour les politiques agricoles, Bruno Jobert pour les politiques sociales et Guy Saez pour les politiques culturelles aboutit à deux publications marquantes : un contribution au tome 4 du Traité en 1985, et l’ouvrage de Jobert et Muller, L’Etat en action, en 1987 qui fonde ce qui sera revendiqué comme une « école grenobloise des politiques publiques » 24 . Pour perdurer, ce nouveau militantisme scientifique nécessite des canaux de reproduction des savoirs générés, voire d’académisation de ces savoirs. Les faire entrer dans les programmes d’enseignement de l’université, c’est chercher à
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Une sociologie spontanée de la connaissance historique

Une sociologie spontanée de la connaissance historique

Bien que la sociologie de la connaissance ait abandonné cette approche depuis plus de 20 ans, on la retrouve souvent sous la plume de praticiens qui offrent spon[r]

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Anthropologie-sociologie

Anthropologie-sociologie

On définissait l’anthropologie comme étude des cultures autres et la sociologie comme étude de la société, chez nous. Cela n’est plus aussi tranché. La culture inclut langues, perceptions, savoirs, symboliques, normes, règles, institutions et aussi religions, art, moeurs, traditions ; la société étant l’organisation et le fonctionnement des hommes entre eux, des relations

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Les savoirs des prisons : rationalité punitive et savoirs critiques

Les savoirs des prisons : rationalité punitive et savoirs critiques

Ce n’est donc certainement pas par mimétisme avec les formats de réfl exion des savoirs experts que la recherche en sciences humaines construit les bases de son utilité potentielle, mais au contraire par l’autonomie radi- cale des modes d’élaboration de ses objets, de ses problématiques et de ses méthodes. Dès lors, les questions posées se déplacent et se recomposent. Pour conclure, j’en évoquerai trois. D’abord, il ne s’agit peut-être pas tant de savoir si « ce qui est vrai est utile », mais, plus classiquement, « quelles sont les conditions de la véracité ? » – je ne reviens pas ici sur les exigences métho- dologiques de chaque discipline, sur l’« épreuve empirique » que consti- tue toute enquête sociologique (Grignon, 2002, p. 131) ni sur la nécessaire remise en cause systématique par soi et ses pairs, au sein d’arènes propre- ment scientifi ques, des résultats et interprétations dont on connaît la nature nécessairement partielle et provisoire. Deuxièmement, comment favoriser la circulation des savoirs dans les champs non académiques (quels médias, quelles arènes, quelles traductions ?), et leur confrontation à d’autres formes de savoirs, professionnels, experts, expérientiels, militants, artistiques ? Là, il faudrait développer la manière dont au sein même du monde académique, ou en étroit dialogue avec celui-ci, les théories critiques d’infl uence abo- litionniste (préconisant l’abolition de la prison et/ou du système pénal), réductionniste (préconisant la défl ation carcérale, en jouant à la fois sur les processus de criminalisation, de prononcé et d’exécution des peines) ou minimaliste (qui radicalise le réductionnisme) sont entrées, depuis les années 1970, en dialogue avec des mouvements de détenus déterminés à dénoncer l’intolérable carcéral. Enfi n, troisièmement, à qui ce savoir est-il susceptible d’être utile, et en fonction de quels enjeux sociopolitiques ? Rap- pelons alors l’actualité de la célèbre question d’Howard Becker : Whose side
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Sociologie de l'éducation

Sociologie de l'éducation

Problèmes et orientations La problématique des inégalités sociales devant l’école, constitutive de la sociologie de l’éducation contemporaine, a un effet gravement réducteur sur le champ des recherches sociologiques sur l’éducation. Non seulement elle enferme indûment le problème de l’inégalité des chances à l’intérieur de l’institution scolaire, mais elle occulte ou dénature les questions éducatives qui ne se posent pas essentiellement en termes d’inégalités. Or ces dernières apparaissent fondamentales dès lors qu’à l’école, libérée des schémas finalistes d’inspiration fonctionnaliste, version libérale ou néo-marxiste, est reconnue une marge d’autonomie importante. Malheureusement, la structure des systèmes éducatifs, la composition des curricula et la nature des savoirs scolaires ont été, depuis les analyses durkheimiennes de
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La science est-elle une sociologie ?

La science est-elle une sociologie ?

Citer ce document / Cite this document : Borraz Olivier. La science est-elle une sociologie ? À propos des travaux de B. Latour et M. Callon. In: Politix. Vol. 3, N°10-11. Deuxième et troisième trimestre 1990. Codification(s) pp. 135-144. doi : 10.3406/polix.1990.2131

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Une sociologie de la singularité

Une sociologie de la singularité

2 chacun, car chaque personne est « singulière » au sens de spécifique, autant le second sens n’est applicable qu’à certains êtres « singuliers », au sens d’investis de qualités hors du commun. Il se trouve que le premier sens, le sens faible, est devenu le sens courant en sociologie, qui tend à écraser le second ; et c’est regrettable, car confondre ces deux sens, c’est ne pas différencier entre une singularité « normale » ou, si l’on peut dire, « commune », au sens où tout individu est, par principe, irréductible à aucun autre ; et une singularité « exceptionnelle », due à des caractéristiques extraordinaires. Autrement dit, c’est ne pas différencier entre normalité et exceptionnalité – ce qui est quelque peu problématique en sociologie
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Pour une sociologie axiologique

Pour une sociologie axiologique

Autant dire qu’il n’y a pas à imposer a priori telle ou telle approche théorique : la pertinence des unes et des autres est avant tout fonction du moment de l’expérience auquel on s’attache. Plutôt donc que de se complaire dans de stériles luttes de clans entre partisans de tel ou tel programme théorique, mieux vaut assurer la prise en compte de ces trois moments – l’avant, le pendant, l’après de l’épreuve – ainsi que de ces trois dimensions – objectale, représentationnelle, contextuelle – en tant qu’elle constitue l’apport spécifique de la sociologie à la question des valeurs. En nous permettant de passer de l’essentialisme des valeurs à la contextualisation des opérations d’évaluation, elle ouvre un champ nouveau à la connaissance de la pluralité des modes de qualification et même, probablement aussi, de perception de l'expérience.
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Les innovations théoriques en sociologie du travail et de l'entreprise. Le cas de la sociologie française

Les innovations théoriques en sociologie du travail et de l'entreprise. Le cas de la sociologie française

2. Les institutionnalistes 2.1 Quatrième innovation : l'effet sociétal. L'approche de l'effet sociétal, proposée par Marc Maurice et ses collègues du LEST, dès le début des années 1980 (Maurice et alii, 1982 1992; et Maurice, 1986), suggère une rupture complète avec toutes les innovations théoriques précédentes. Selon Marc Maurice (1986), il faut socialiser l'entreprise, c'est-à-dire l'analyser en fonction des rapports sociaux qui la constituent. Ainsi en comparant les entreprise allemande et française, ces auteurs démontrent que l'espace organisationnel de l'entreprise, dans chaque pays (le système de qualification, de division du travail, etc.), est en cohérence avec le système d'éducation et le système de relations industrielles (code du travail, relations professionnelles...). Il y a effet sociétal parce qu'il y a cohérence sociétale entre ces trois espaces institutionnels, il y a interdépendance entre société et entreprise. La société n'est pas un extérieur à l'entreprise, celle-ci est dans la société. Ni les interactions entre acteurs, ni la culture et les comportements des acteurs ne peuvent expliquer la forme que prend l'entreprise. La plus ou moins grande autonomie des travailleurs, le type de relations avec le contremaître sont à mettre en perspective avec le système d'éducation et le système de relations professionnelles. Il faut donc reconsidérer l'analyse des acteurs : loin de valoriser la création d'identités et la capacité immédiate d'action, il faut d'abord considérer les processus sociaux qui fondent leur action, et ce dans une perspective historique.
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Les savoirs de la philosophie

Les savoirs de la philosophie

L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d’enseignemen[r]

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Des savoirs actionnables

Des savoirs actionnables

- dans ce cadre, la recherche est à la fois et en même temps travail sur les relations et sur les connaissances car ce que nous savons dépend des relations entre chercheurs [r]

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Le BDSM et ses savoirs

Le BDSM et ses savoirs

Dans les années 1980, les sciences sociales s’emparent du BDSM. Les auteurs des études se décrivent eux-mêmes souvent comme universitaires, activistes et, dans le cas de Meg Barker, psychothérapeute. Savoirs militants, sociologiques et psychologiques se conjuguent pour défendre une approche non pathologique des pratiques BDSM selon trois stratégies complémentaires.

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Marchés et maraîchage : un point de vue de sociologie économique sur la sociologie rurale

Marchés et maraîchage : un point de vue de sociologie économique sur la sociologie rurale

inessentielle à l’alimentation du peuple et ne rentrent pas en jeu dans les grands compromis institutionnels passés entre l’État et la paysannerie. Il n’y a pas dans ce travail de thèse de sociologie rurale à proprement parler (au sens d’une sociologie de la paysannerie ou d’une sociologie de culture du village), mais une sociologie économique et une sociologie du droit au service d’une sociologie politique des rapports entre la France et ses paysans (ou agriculteurs). Cela signifie qu’on peut apporter une pierre à l’histoire de la paysannerie en France par le prisme de l’organisation des marchés, et compléter une approche en termes de sociologie politique stricto
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Savoirs académiques et savoirs militants : dialogue croisé

Savoirs académiques et savoirs militants : dialogue croisé

Une réalité à la fois économique, gestionnaire, juridique, ergonomique, technique... Nos savoirs sont porteurs d'une vision de l'homme et de la société. De plus, notre travail militant demande que nous utilisions des expressions synthétiques et courtes, parfois réduites en slogans. La vision parcellaire de « découpe du monde », avec des mots abstraits souvent issus de disciplines scientifiques ou techniques, fait que « ce que vous dites ne correspond pas à ce que nous vivons ».

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Savoirs académiques versus savoirs opérationnels à l'université

Savoirs académiques versus savoirs opérationnels à l'université

professionnelles des cursus qui, soit vers les métiers médicaux, du droit, de l’enseignement ou de la recherche, ont préexisté aux réformes. Suivant une longue tradition, les cursus et les contenus universitaires sont définis localement en fonction des ressources et sur la base de quelques règles nationales. Ce fonctionnement perdure, mais, dans le cadre de la réforme dite LMD mise en application depuis 2002, les enseignants-chercheurs sont censés faire émerger de nouvelles formations construites à partir de champs professionnels identifiables. Les procédures d’habilitation cadrent ce processus sans définir en amont des normes vraiment tangibles ce que reflète la dispersion de l’offre tant dans ses finalités que dans son organisation (Agulhon, 2007, 2013). Cette conception de la professionnalisation ne relève pas de la réforme européenne, mais plutôt d’une conception adéquationniste à la française que soulignent des auteurs comme Charles (2014). La réforme européenne des universités, le LMD pour faire court, n’a pas homogénéisé les conceptions des formations et des savoirs, ni les organisations universitaires : les cultures et les histoires nationales restent dominantes dans les manières de rénover l’enseignement supérieur, qu’il s’agisse de gouvernance, de régulation, d’évaluation ou de construction de l’offre de formation (Croché et Charlier, 2010).
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Sociologie de l'éducation

Sociologie de l'éducation

Ce nouveau modèle est aujourd’hui bien présent dans toute une série d’institutions, comme l’école. Il ne s’agit plus aujourd’hui pour une hiérarchie d’imposer des normes ou des règles de façon verticale (ce que l’on désigne sous le terme de « régulation de contrôle ») mais de construire collectivement et collégialement des normes ou des règles qui seront valables pour un contexte donné (ce que l’on désigne sous le terme de « régulation autonome »). Ce nouveau régime d’autorité est fondé sur la production de savoirs, de compétences et de normes par les acteurs sociaux eux-mêmes. On suppose donc qu’ils sont capables de sens critique, d’analyse, de prise de distance à l’égard des normes institutionnelles. Dans l’ancien modèle, on considérait que les subordonnés étaient dénués de savoir, au contraire des dé- tenteurs du pouvoir. L’autonomie, la discussion, la démocratisation sont devenues des va- leurs essentielles. Les individus ont à présent la possibilité, et même plus, l’obligation de poser des choix « vrais », de s’engager dans des projets « personnels ». Ils doivent égale- ment faire preuve de leur capacité à négocier, à se socialiser dans des groupes autonomes et à argumenter les choix posés. Mais tout cela est parfois bien difficile et très inquiétant, très lourd à porter : la responsabilité individuelle est particulièrement soulignée dans ce nouveau modèle d’exercice de l’autorité.
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Philologie, grammaire historique, histoire de la langue ˸ constructions disciplinaires et savoirs enseignés (1867-1923)

Philologie, grammaire historique, histoire de la langue ˸ constructions disciplinaires et savoirs enseignés (1867-1923)

viennent d’être rappelés sont interdépendants. En conséquence, il a semblé nécessaire de sérier les problèmes pour transformer « le compliqué en complexe 6 ». On les abordera donc dans chacun des six chapitres de la thèse en mettant chaque fois en valeur certains d’entre eux tandis que d’autres se trouveront mis au second plan. Ainsi, on commencera par définir, dans une perspective épistémologique et méthodologique, les savoirs qui font l’objet de cette thèse, ainsi que les concepts et les sources à l’aide desquels ils seront analysés (chapitre 1). On présentera ensuite la philologie, la grammaire historique et l’histoire de la langue sous l’angle de leur institutionnalisation en partant des carrières d’enseignant de trois savants : Gaston Paris (1839-1903), Arsène Darmesteter (1846-1888) et Ferdinand Brunot (1860-1938) (chapitre 2). Puis on étudiera la place de ces savoirs dans les programmes de cours de trois établissements, l’École Pratique des Hautes Études, la Faculté de Lettres de Paris et l’École Normale Supérieure de Jeunes Filles de Sèvres (chapitre 3). Ce qui nous permettra de contextualiser la production de notes de cours par nos trois savants, qu’il s’agira de décrire en tant que lieux de didactisation de savoirs par l’écriture (chapitre 4). À partir de là, deux objets de savoir linguistique qui posent de manière privilégiée la question de la place et des conceptions de l’histoire, l’histoire de l’orthographe et le latin vulgaire, seront saisis sous l’angle de leur élaboration. On mettra en avant les interactions entre enseignement et recherche en étudiant successivement les notes de cours de chacun des trois enseignants s’agissant de l’histoire de l’orthographe (chapitre 5). On privilégiera l’articulation des enjeux épistémologiques, sociaux et idéologiques dans une lecture croisée de leurs notes de cours, pour ce qui est du latin vulgaire (chapitre 6).
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