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Savoir et pouvoir dans le contexte de Djibouti : des configurations éducatives entre constructions de savoir et relations de pouvoir

Savoir et pouvoir dans le contexte de Djibouti : des configurations éducatives entre constructions de savoir et relations de pouvoir

4 Résumé Cette thèse s’attache à éclairer un objet peu investigué par la recherche à et sur Djibouti : les liens entre savoir et pouvoir dans un contexte où interagissent tradition pastorale de type nomade et non-tradition sédentaire d’origine coloniale. A partir de constats d’expérience et de l’hypothèse par eux suggérée que savoir et pouvoir ont des liens, elle examine, selon un cadre théorique multiréférentiel (au sens de Jacques Ardoino), et (entre autres sources) par une approche ethnographique précédée d’une démarche exploratoire par entretiens semi-directifs : l’éducation traditionnelle, l’éducation scolaire d’origine coloniale ainsi que l’impact de la scolarisation sur les rapports sociaux traditionnels. Elle met en lumière les configurations éducatives traditionnelles et repère des liens organisés par l’âge entre savoir non-écrit (savoir ancestral) et pouvoir. Elle pointe l’école et ses configurations éducatives où s’acquiert un savoir qui, selon une logique largement déconnectée de l’âge de ses bénéficiaires, confère du pouvoir. Elle montre que, dans le contexte colonial et postcolonial, la scolarisation, par le savoir qu’elle transmet et le pouvoir lié à ce savoir en termes de possibilités, impacte les rapports sociaux traditionnels. En effet, dans l’espace dominant qu’est la ville coloniale puis post-coloniale, les pasteurs autochtones scolarisés se retrouvent en position haute à l’égard de leurs compatriotes non-scolarisés, y compris lorsque ces derniers sont plus âgés qu’eux. C’est, par exemple, le cas à l’endroit de leurs propres parents si ceux-ci n’ont pas fréquenté l’école. Cela crée un renversement de situation par rapport au postulat traditionnel qui veut que le sujet soit plus ‘’sachant’’ que les moins âgés que lui et donc les parents plus ‘’sachants’’ que leurs enfants. Les résultats de la thèse apparaissent plutôt transposables dans des contextes comparables, notamment en Afrique. Enfin, sont repérés dans cette recherche, non sans quelque relation avec l’objet investigué, des phénomènes sociaux à l’œuvre à Djibouti, et peut-être pas seulement à Djibouti : effets du changement climatique, une montée de la religiosité, une catachrèse des objets et lieux urbains par les pasteurs, une pratique sociale autour de la consommation du khat que nous appelons le khater, ou encore un sentiment de régression qui, en ville comme à la campagne, traverse les lieux de sociabilité. Ce sont là autant de perspectives intéressantes de recherche.
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Le dispositif institutionnel et la relation thérapeutique en salle d'accouchement : entre le risque, le savoir hégémonique et les rapports de pouvoir

Le dispositif institutionnel et la relation thérapeutique en salle d'accouchement : entre le risque, le savoir hégémonique et les rapports de pouvoir

peut changer tout au long de la rencontre. Un défi de taille dans la création de la relation thérapeutique en salle d’accouchement. En effet, la parturiente arrive souvent en travail avec de fortes contractions, ce qui peut s’avérer être un défi à la création d’un climat de confiance entre les acteurs impliqués, et ce dans un court laps de temps. Dans la situation où la parturiente est venue pour une provocation 1 , le temps de créer un climat de confiance avec le couple dont la femme n’est pas encore en douleur est facilitant. Toutefois, les contraintes de productivité dans l’unité de soins, de charge de travail des infirmières et le fait que l’infirmière n’est pas présente aux rencontres prévues avec le couple avant l’accouchement (elle ne connaît habituellement pas le couple, son histoire personnelle et médicale, leurs attentes par rapport à leur accouchement, etc.) augmentent le niveau de difficulté dans l’atteinte d’une relation de confiance avec le couple. À titre professionnel, l’infirmière doit entrer dans l’intimité du couple et du corps de la parturiente afin d’en connaître les détails nécessaires aux bons soins et à l’accompagnement adéquat de ceux-ci. La relation de confiance, tout comme dans la vie sociale, se construit avec le temps. Le temps, c’est le contexte de travail qui le définit. En comparant le temps des relations thérapeutiques au département de cardiologie où les patients séjournent en moyenne une semaine et le temps d’une relation en salle d’accouchement où les patientes y demeurent approximativement 15 heures, la pression temporelle de la relation en salle d’accouchement est un facteur important à considérer dans sa construction. Ce temps doit également être contextualisé socialement et localement, c’est-à-dire à travers le fonctionnement de l’institution. Un autre aspect qui se retrouve rarement dans la théorisation de la relation thérapeutique, alors qu’il est susceptible d’avoir un impact important. Le concept du temps au sein de la relation thérapeutique sera analysé plus tard dans les exemples de terrain. Tout d’abord, la relation thérapeutique sera analysée dans sa théorisation au niveau social.
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Entre pouvoir et vouloir apprendre, évolution des relations entre les fonctions exécutives et l’apprentissage autorégulé de l’enfance à l’adolescence

Entre pouvoir et vouloir apprendre, évolution des relations entre les fonctions exécutives et l’apprentissage autorégulé de l’enfance à l’adolescence

45 homologues plus jeunes, les adolescents démontrent une contradiction entre leur capacité à « savoir » mais à ne pas « faire ». L’adolescence doit être considérée comme une étape supplémentaire vers la maîtrise des fonctions exécutives et non comme le point final de ce développement (De Luca & Leventer, 2008). Cette période est également marquée par une évolution constante des lobes frontaux. Le volume de matière blanche continue à augmenter progressivement tandis que le volume de substance grise commence à diminuer. Ainsi, Luna et Sweeney (2004) décrivent l’adolescence comme une période de transition lors de laquelle les circuits exécutifs deviennent plus spécifiques, mieux connectés et donc plus efficaces dans l’organisation et la surveillance des comportements. Ainsi, même si les enfants sont aptes à inhiber une réponse, l’efficacité de cette inhibition s’améliore au cours de l’adolescence (Luna, Garver, Urban, Lazar, & Sweeney, 2004). Ces auteurs ont présenté trois tâches informatisées avec des mesures d’oculométrie pour évaluer la vitesse de traitement, les capacités d’inhibition et de mémoire de travail. La tâche d’inhibition était une tâche d’antisaccade tandis que dans la tâche de mémoire de travail, les participants devaient ensuite fixer le lieu où un point était apparu quelques secondes auparavant. La différence entre le lieu de fixation du participant et la localisation exacte du point était mesurée. Leur résultat montre que l’habileté à supprimer volontairement une saccade oculaire ne serait totalement efficiente qu’à 14 ans et que la mémoire de travail, évaluée par la capacité à mémoriser un lieu de fixation, n’atteindrait son paroxysme que tardivement au cours de l’adolescence, vers 19 ans (Luna et al., 2004). Ces résultats sont en légère contradiction avec les valeurs d’empan connues pour progresser entre 2 et 16 ans. A l’âge de 2 ans, l’enfant est capable de retenir deux items dans l’ordre. Ensuite, l’empan en ordre inverse est approximativement de deux items à 5 ans, de trois items à 7 ans, de 4 items à 10 ans avant d’atteindre la performance adulte (5,5 ± 1,5 items) à 16 ans (Mazeau & Pouhet, 2014).
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Connaissance et relations de pouvoir : les sciences sociales, les risques et l'environnement : Mémoire d'Habilitation à diriger des recherches

Connaissance et relations de pouvoir : les sciences sociales, les risques et l'environnement : Mémoire d'Habilitation à diriger des recherches

La résilience se fonde sur un raisonnement implacable qui lui donne efficacité et cohérence. Elle renvoie d’abord à l’hypercomplexité (Morin, 1982) qui exprime l’idée que le monde est un système composé d’une multiplicité d’éléments en interactions et rétroactions, caractérisées par l’imprévisibilité, la non-linéarité et la-non proportionnalité des phénomènes. Puisque le monde est hypercomplexe, il est par définition incertain, incontrôlable, soumis de façon à la fois imprévisible et inévitable à toutes sortes de stress, perturbations, chocs, crises etc. et ce dans tous les domaines, qu’il s’agisse de l’environnement, de l’économie, de la finance, de la santé ou de la politique, et à toutes les échelles, de l’individu à la planète. Dans ces conditions, puisque tout peut arriver, il faut savoir s’adapter. La solution est donc la « capacité à faire face », et savoir « s’adapter » aux perturbations, aux chocs, aux crises : en un mot, la résilience (Walker et Cooper, 2011). Cette manière de voir le monde est le socle dur de la résilience qui n’est ni contesté ni contestable et c’est làl’origine de sa grande force, de sa légitimité indiscutable. Dans cette vision, les crises et perturbations sont non seulement inévitables mais nécessaires à l’évolution de la société 7 . Elles sont des « opportunités » qui créent de la résilience, ce que d’une certaine manière on ne peut nier, dans le sens où elles apportent des changements et des formes d’apprentissages. Sans entrer dans les controverses pour décider s’il s’agit d’une propriété ou d’un processus dynamique des systèmes, si elle induit de la stabilité ou du changement, si elle est « bonne » ou pas (Manyena, 2009 ; Quenault, 2013 ; Ruffat, 2011), la résilience participe d’une forme d’acceptation des risques et des crises dans lequel le rôle des acteurs politiques devient secondaire (Quenault, 2015 ; Petit et al., 2014). La résilience opère une redistribution de la responsabilité de faire face aux crises, une individualisation des conduites qui fait écho aux approches du risque comme technique de gouvernement (Borraz, 2013). C’est une minimisation
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Raisonner sur l'autonomie d'un agent au sein de systèmes multi-agents ouverts : une approche basée sur les relations de pouvoir

Raisonner sur l'autonomie d'un agent au sein de systèmes multi-agents ouverts : une approche basée sur les relations de pouvoir

en précisant parmi d’autres choses les agents qui sont concernés, les buts que ces agents doivent satisfaire et le contexte dans lequel les normes sont actives. Ensuite, l’auteur décrit le raisonnement effectué par un agent qui veut entrer dans une organisation : il identifie les normes qui lui seront associées (parce qu’il jouera un ou plusieurs rôles) et analyse ces normes par rapport à ces motivations. Un agent cherche à entrer dans une organisation où les normes qu’il aura lui demandent de satisfaire des buts qui aident à la satisfaction de ses motivations et ne lui demandent pas la satisfaction de buts contraires à ses motivations. Autrement dit, le raisonnement a priori institutionnel d’un agent consiste à choisir le rôle/organisation/normes qui lui permet (ou au moins qui ne l’empêche pas) de satisfaire ses désirs (motivations). Un inconvénient de ce raisonnement réside dans le contexte d’activation de normes – les normes peuvent n’être actives que dans un contexte, donc il est généralement impossible pour un agent de savoir a priori quelles seront les normes actives et donc si ses motivations seront satisfaites ou non par elles.
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Classements et classifications comme problème anthropologique : entre savoir, pouvoir et ordre

Classements et classifications comme problème anthropologique : entre savoir, pouvoir et ordre

un moment donné ou pour un ensemble donné d’objectifs. Les choix sont alors opérés selon des cadres locaux, par des humains préoccupés de répondre à des besoins spécifiques, dans des contextes spécifiques. D’autre part, la mise en ordre du monde participe d’un processus de classement, amenant à accorder ou non une priorité à des objets. « Méfiez-vous de celui qui veut mettre de l’ordre. Ordonner c’est toujours se rendre maître des autres en les gênant », écrit Diderot (1999), lui- même fondateur de l’Encyclopédie, dans le Supplément au voyage de Bougainville, donnant là, bien avant Foucault, une définition du pouvoir lié à la capacité d’action via la mise en ordre du monde. Car classer n’est pas seulement constituer des groupes, c’est établir des relations spécifiques entre ces groupes : des relations qui peuvent être de subordination, de coordination et/ou d’exclusion, avec des groupes « qui dominent, d’autres qui sont dominés, d’autres qui sont indépendants les uns des autres » (Durkheim et Mauss, 1903). Bien plus qu’une mise à plat, classer est une opération révélatrice d’une distribution des rôles, précisant les rapports de place et surtout les bonnes distances dans ces relations. De par son caractère fonctionnel, cet ordonnancement est aussi facteur de lien social dans la mesure où, en distinguant et en organisant, il permet l’instauration de règles qui régulent les échanges (Lévi-Strauss, 1962). Il peut même susciter attente et adhésion, dès lors qu’il est perçu comme une évidence et qu’il permet de se situer et de se reconnaître comme humain, porteur d’un ordre, caractéristique de l’humanité.
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Une République « gréco-romaine » des lettres ?
Les réseaux savants de l'Empire entre savoir et pouvoir (Introduction)

Une République « gréco-romaine » des lettres ? Les réseaux savants de l'Empire entre savoir et pouvoir (Introduction)

savoirs n’est « jamais neutre, détaché, objectif » (never neutral, detached, objective). Dans l’Empire des premiers siècles comme dans d’autres contextes socio-culturels, les activités savantes sont « encas- trées (embedded) dans la hiérarchie globale et les schémas de pensée de la société impériale romaine comme dans les relations et les luttes de pouvoir qui traversent les diverses disciplines intellec- tuelles [43] ». C’est dans cette perspective que l’hy- pothèse d’une République gréco-romaine permet de relier les traditions et les contenus produits dans la sphère des activités savantes aux structures sociales et idéologiques de l’ordre impérial. L’enjeu, tout d’abord, peut consister à s’interroger sur la hiérarchie que dessine, dans la littérature d’époque impériale, la construction d’un nouvel ordre des savoirs. Quels sont les domaines de la connaissance que l’on privi- légie alors ? Quelle place et quelle valeur accorde- t-on, dans cette entreprise globale d’archivage et de diff usion des traditions savantes, à des disciplines comme la philosophie ou la rhétorique, qui constituent le socle de la culture que les lettrés de l’Empire ont en partage ? Dans quelle mesure ce nouvel ordre des savoirs rejoint-il l’ordre du pouvoir romain ? L’analyse de ces logiques sociales de hiérarchisation des tradi- tions érudites est alors indissociable d’une réfl exion sur la position et le statut des groupes qui en sont les porteurs. Quels sont les acteurs et les communautés qui recueillent, réélaborent et manipulent les contenus produits dans le cadre des activités savantes ? Quelles relations entretiennent-ils avec le pouvoir romain, avec ses représentants et ses lieux, ses réseaux et ses relais ? Quels usages politiques et sociaux, enfi n, font- ils de ces traditions ? Les sources permettent d’en- visager les liens complexes qui unissent les acteurs du savoir et les représentants du pouvoir impérial, à partir de divers cas de fi gure et à plusieurs époques : il suffi t ici de mentionner, à titre d’exemples, les rela- tions entre les deux Pline et les milieux dirigeants de l’Empire, le rôle de personnages comme Mestrius Florus et Sosius Sénécion dans les réseaux de la philia plutarquéenne, les liens de patronage qui unissent Larensis aux savants qu’il convie à sa table, la place du sophiste Philostrate dans les cercles lettrés réunis autour de l’impératrice Julia Domna. De ce point de vue, la République gréco-romaine des lettres off re un horizon privilégié pour reconstituer, sous l’angle des relations entre savoir et pouvoir, la sociologie des
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Compétence du juge et recevabilité de la requête : leurs relations dans l'exercice du pouvoir juridictionnel . -L'exemple de la Cour internationale de justice-

Compétence du juge et recevabilité de la requête : leurs relations dans l'exercice du pouvoir juridictionnel . -L'exemple de la Cour internationale de justice-

155 Nous ne traiterons pas ici de la question des immunités de juridiction que certains auteurs abordent sous l’angle de la justiciabilité (voir notamment Georges V AN H ECKE , « Notes critiques sur la théorie de la non-justiciabilité », in Nouveaux itinéraires en droit. Hommage à François Rigaux, Bruylant, Bruxelles, 1993, 659 p., pp. 517-526). Il s’agit selon nous de deux hypothèses différentes dans lesquelles le juge peut être amené à refuser de connaître d’une affaire. Mais les causes sont très différentes. Lorsqu’une immunité de juridiction empêche un juge de statuer, cela n’enlève rien au fait que le différend en question soit justiciable et le juge compétent pour en traiter. Il détient alors un pouvoir juridictionnel à l’égard du différend en question, mais une coutume ou une convention lui commande de ne pas trancher sur le fond le litige. Il ne s’agit en aucun cas d’une question de justiciabilité au sens où nous l’entendons. 156 Il faut cependant relever que le droit interne peut utiliser le même vocabulaire pour désigner autre chose. En effet, Georges Abi-Saab note qu’il est « intéressant de constater que les mêmes questions que le droit judiciaire français traite sous les libellés « intérêt » et « qualité », la procédure civile américaine les traite sous le libellé de la « justiciabilité du différend » ( justiciability of a controversy ou justiciable controversy) », Georges A BI -S AAB , Les exceptions préliminaires dans la procédure de la Cour Internationale de Justice. Etude des notions fondamentales de procédure et des moyens de leur mise en oeuvre, Pedone, Paris, 1967, 279 p., spé. p. 117 (note de bas de page). Il s’agit alors, pour le droit américain, d’une question de compétence ( jurisdiction) et non de recevabilité comme c’est le cas en France. Nous avons expliqué pourquoi la question du différend justiciable telle qu’elle apparaît en droit international relève d’une toute autre acception de ce même terme. La question est alors de savoir si le différend est tel qu’il peut être soumis à un juge, et non de vérifier si les parties ont un quelconque intérêt à agir, ce qui supposerait que l’aptitude du juge à exercer son pouvoir pour ce différend en question soit déjà établie, et qu’il ne s’agisse alors que d’une question de savoir si la partie qui le présente est qualifiée pour le faire.
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La construction de la "menace" environnementale : une conversation entre savoir et pouvoir

La construction de la "menace" environnementale : une conversation entre savoir et pouvoir

socioanalyse » 139 élaborée, nous tentons de resituer cette thèse dans son contexte de production. Comme le dit Jackson, « knowledge of social arrangements begins not with the world, but with the self » 140 . Trois questions majeures aiguillent ce retour réflexif. D’abord, notre démarche théorique met l’accent sur la notion de conflit. Nous allons voir ensuite que les entretiens ont pour objectif d’expliciter la conflictualité des relations entre pairs-compétiteurs, mais aussi entre chercheurs scientifiques et chercheurs politiques. Le risque n’est-il pas de reproduire ou d’intensifier ces conflits ? Vouloir les rendre visibles n’est-ce pas une manière, non volontaire évidemment, d’en créer ? Cela implique un exercice d’équilibrage permanent, et surtout de se prémunir de l’envie de ne trouver que du conflit. Ensuite, parler de construction de la « menace » environnementale est, de manière implicite, une critique de l’usage du prisme sécuritaire pour traiter des impacts de l’environnement et du changement climatique. Bien que cette critique ne soit pas l’objet de cette thèse, il reste néanmoins que notre scepticisme à l’égard de cette « menace » sécuritaire a conduit à la formulation de notre objet. L’ « enviro-sécurité » devenait un prétexte pour comprendre comment et pourquoi des chercheurs (de potentiels pairs-compétiteurs) ont décidé d’en faire un objet. Dans un contexte de conscience environnementale accrue, la dernière conférence sur le Climat ayant eu lieu en Décembre 2015, le souci de la « lutte » contre les changements
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Le mouvement altermondialiste dans les relations transnationales : Fruit de l'érosion du pouvoir de l'État à l'ère de la mondialisation ?

Le mouvement altermondialiste dans les relations transnationales : Fruit de l'érosion du pouvoir de l'État à l'ère de la mondialisation ?

Nous pouvons donc défendre l’idée que le mouvement altermondialiste n’est pas né ex- nihilo à Seattle mais s’inscrit, du moins en partie, dans la continuité de mouvements antérieurs parmi lesquels nous pouvons compter, par exemple, le mouvement zapatiste. Pour ces mouvements, même si le cadre de l’État-nation n’a pas disparu, il n’est pas aussi fondamental qu’auparavant. « Il a cessé de correspondre fortement à l’image de la société, et nous voyons jour après jour que les catégories de la vie sociale, stricto sensu, de la vie politique et de la culture sont de moins en moins intégrées ». Par exemple, les acteurs des luttes contre la mondialisation néolibérale souhaitent parfois revenir à plus d’État et de souveraineté nationale, mais, surtout, ils contribuent à ouvrir l’espace du politique, à imposer des débats sur des formes de régulation de la vie économique qui ne se limitent assurément pas au cadre de tel ou tel État. Les mouvements globaux eux aussi ne pensent plus en termes d’États et de nations, sauf précisément à en appeler au droit d’ingérence pour dépasser les conceptions classiques de la souveraineté des États 50 . Ulrich Beck souligne que dans la perspective de la finalité étatique où la société est définie en terme national, il paraît particulièrement difficile de reconnaître et d’explorer les bénéfices d’un scénario de société des citoyens, pour la reprise et l’encouragement transnational des politiques et de la démocratie 51 . Dans ce cadre, l’apparition du mouvement altermondialiste est vue comme l’encouragement transnational de la démocratie et de la solidarité entre les peuples dans différents pays et, par- là, comme l’émergence d’une société civile mondiale. Cette thèse de la « société civile mondiale » est résumée par S. Tarrow qui évoque qu’à l’ère de la diffusion à l’échelon mondial des programmes de télévision, de l’Internet et du courrier électronique, les structures d’opportunités politiques à l’échelon national peuvent être remplacées par leurs équivalents transnationaux pour réaliser des actions collectives 52 . Pour lui, « l’État- nation est peut-être en train de perdre sa capacité à circonscrire et à structurer l’action collective. Cette incapacité croissante des États à contrôler l’économie mondiale a permis à des individus et à des groupes d’avoir accès à de nouvelles sortes de ressources pour organiser des actions collectives par-delà les frontières. Il s’agit notamment des voyages à l’étranger, des contacts avec des personnes partageant la même opinion dans d’autres pays et d’un savoir- faire croissant dans le maniement de la communication transnationale » 53 .
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Les relations ambivalentes entre l'Université péruvienne et le pouvoir au cours du premier quart du XXe siècle

Les relations ambivalentes entre l'Université péruvienne et le pouvoir au cours du premier quart du XXe siècle

Patricia SALINAS DESMOND – Université Paris III Au Pérou, entre 1900 et 1920, l’Université péruvienne est dominée par l’Université de San Marcos de Lima, qui accueille des étudiants, issus de la classe dirigeante. Jusqu’en 1919, durant la République aristocratique, l’Université est marquée, successivement, par la volonté de régénération après le traumatisme de la Guerre du Pacifique, par les mythes du progrès et de la modernisation, par la lutte entre positivisme et spiritualisme et, en fin de période, sous la dictature oligarchique, par la réforme universitaire et la radicalisation du mouvement social. Elle apparaît, pendant ce quart de siècle, comme le lieu privilégié du discours sur la nation, le creuset de la formations des élites et l’antichambre du pouvoir où se préparent des lois et où se forgent des politiques sur l‘éducation, la question sociale ou la modernisation de l’Etat. L’analyse des articles parus dans la revue de l’Université, la
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L'expérience d’un agent d’interface dans un milieu de défense et de promotion des droits humains : un savoir agir doublé d’un pouvoir d’agir.

L'expérience d’un agent d’interface dans un milieu de défense et de promotion des droits humains : un savoir agir doublé d’un pouvoir d’agir.

à en connaître davantage sur l’état de la situation des réfugiés. La LDL-QC pourra également utiliser les fiches pour ses conférences ou ateliers dans ses différents milieux de diffusion (ex. : milieu scolaire). Deuxièmement, chacune des activités de transfert de connaissances, tant en milieu de pratique qu’en milieu scientifique, a donné une certaine visibilité à la LDL-QC en tant qu’organisme de défense et de promotion des droits humains. En introduction, j’abordais toujours le contexte du projet et de mon partenariat avec la LDL-QC. J’expliquais aussi la mission de l’organisme et le travail qu’il réalise pour défendre les personnes vulnérables. Troisièmement, les personnes du réseau de la LDL- QC qui se sont impliquées de près ou de loin dans le projet ont été des acteurs dans le processus de production de la connaissance. En effet, cette collaboration leur a permis, d’une part, d’avoir une meilleure compréhension du phénomène de l’immigration des réfugiés et, d’autre part, d’acquérir de nouveaux savoirs et savoir-faire grâce aux réalisations accomplies. Les personnes de la LDL-QC engagées dans le projet ont, elles aussi, développé plusieurs compétences.
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Relations interculturelles, pouvoir et ethnographie antique : une étude de la Guerre des Goths (535-554), Procope de Césarée

Relations interculturelles, pouvoir et ethnographie antique : une étude de la Guerre des Goths (535-554), Procope de Césarée

Auberger (ainsi qu'à celui de Gaétan Thériault), avec qui la communication et les points de vues furent parfois divergents, ce qui je pense, fut en bonne partie [r]

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Savoir et pouvoir au confluent du discours, des pratiques et de la matérialité : le développement du potentiel hydro-électrique et le processus de modernisation de l'État du Québec

Savoir et pouvoir au confluent du discours, des pratiques et de la matérialité : le développement du potentiel hydro-électrique et le processus de modernisation de l'État du Québec

C'est pourquoi nous favorisons et développons une sociologie de la modernisation des États qui s'intéressera autant à la façon dont se structurent les représentations[r]

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Repenser capital, pouvoir et savoir à partir de l'oeuvre de Thorstein Veblen : concurrence structurelle et accumulation différentielle ; le cas du secteur pharmaceutique global

Repenser capital, pouvoir et savoir à partir de l'oeuvre de Thorstein Veblen : concurrence structurelle et accumulation différentielle ; le cas du secteur pharmaceutique global

•Le pouvoir capitaliste est surtout structurel; il repose sur les structures sociales, institutions et habitudes de pensée. •La concurrence capitaliste doit être comprise comme la concurrence pour produire et reproduire les structures institutionnelles servant au mieux les intérêts dominants (politiques économiques, protectionnisme, règles de commerce, externalisation des coûts, pouvoir monopolistique, sentiment national, conditions de travail, etc.)

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Le pouvoir par les armes, le pouvoir par les idées

Le pouvoir par les armes, le pouvoir par les idées

Le présent recueil d’articles, Le pouvoir par les armes. Le pouvoir par les idées, se positionne dans la continuité des recherches récentes en la matière. Il entend, en particulier, se concentrer sur les liens que les hommes et les femmes de la fin du Moyen Âge établirent entre l’action armée et les discours sur le pouvoir. C’est en effet à travers les interconnexions de ces deux champs que l’on peut mieux comprendre le succès ou l’insuccès d’une politique – militaire ou non – ou l’émergence d’une propagande justifiant un pouvoir et, parfois, le recours aux armes. Ce volume entend ainsi contribuer à éclairer la manière dont émerge, se construit et s’af- firme les différents pouvoirs au Moyen Âge tardif et au cours de la première Renaissance.
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Savoir faire, faire faire, faire savoir

Savoir faire, faire faire, faire savoir

d'eux.Les enseignants du primaire savent faire faire et ils font faire beaucoup. Faire savoir.Lesenseignants,defaçon parfois trop discrète, tentent de faire savoiràunplusgrandnombrecequise passeréellementenclasseduprimaire. Lesenseignantssontbiensouventtrop humbles, faisant passer les réussites deleursélèvesavantleurspropressuc- cèsprofessionnels,cequiesttoutefois, notons-le,unréelsigned’abnégationet d’engagement. Cela dit, notre profes- sion en est peut-être rendue là : faire savoircesbonscoups,cesmérites,ce quidistingueuneréelleprofessionde l'exerciceuniquedugrosbonsens.Faire savoircequenoussommesetnepas laisserlaplacedanslediscourspublicà moultgérantsd’estradequiconnaissent bienpeudecequisefaiteffectivement danslemondecomplexedel’éducation auprimaire.Les enseignants du primaire
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"On ne fait que s'entraider" : dynamique des relations de pouvoir et construction de la figure du leader chez les Inuit du Nunavik (XXe siècle-2011)

"On ne fait que s'entraider" : dynamique des relations de pouvoir et construction de la figure du leader chez les Inuit du Nunavik (XXe siècle-2011)

3.1 En  terrain  africaniste  :  les  premières  études  systématiques  sur  les  chefs   pour  mieux  comprendre  les  agitations  coloniales   Les premières études systématiques sur la question des figures de pouvoir se développent sur le terrain africaniste, sous l’influence des anthropologues britanniques. En 1940, Radcliffe-Brown préconise l’étude des différents systèmes politiques et insiste également sur la nécessité de fournir des analyses plus poussées sur la place et le rôle des chefs dans les sociétés colonisées. Dans la préface qu’il rédige en ouverture de African Political Systems, il propose quelques pistes à suivre pour mieux comprendre le fonctionnement des systèmes politiques : l’étude des lois, l’étude des conflits et des mécanismes de résolution de conflits, l’étude de la différenciation des rôles et la spécialisation des offices politiques (Fortes et Evans- Pritchard 1970 [1940]). Les figures de pouvoir sont dès lors considérées comme des sujets importants à étudier, permettant de mieux comprendre les transformations sociales : « As political organization develops there is an increasing differentiation whereby certain persons – chiefs, kings, judges, military commanders, etc. – have special roles in the social life. » (Radcliffe-Brown 1970 [1940] : 21). Il n’est pas le seul à considérer qu’il est important d’étudier la fonction du chef. Gluckman et ses collègues insistent sur ce point (Gluckman, Mitchell et Barnes 1949 : 89-90, 93), de même que Fallers qui explique l’importance d’étudier la position du chef comme intermédiaire entre les sociétés africaines et les gouvernements coloniaux (Fallers 1955 : 290). À partir des années 1940 donc, la position de chef est peu à peu considérée comme cruciale car elle cristallise les conflits politiques et sociaux des sociétés colonisées et permet de mettre au jour les dynamiques locales du pouvoir. Si les anthropologues britanniques avaient du mal à trouver des financements au cours des premières décennies du XX e siècle, leur situation se débloque à partir des années
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Le pouvoir symbolique est-il un pouvoir du symbolique ?

Le pouvoir symbolique est-il un pouvoir du symbolique ?

l'inculcation des valeurs symboliques légitimes qui est à l'origine du processus de reproduction. Or, Bourdieu considère qu'en raison même de l'autonomie des différents domaines symboliques et de leur tendance croissante à la différenciation, d'une part, des positions hétérodoxes sont susceptibles de s'établir et que, d'autre part, des concurrences se développent entre individus porteurs de différentes valeurs légitimes, parce qu'issus de champs différents (ayant donc un habitus clivé, susceptible d'être réceptifs à différentes valeurs et ou autorités symboliques). En ce sens, « le monde social est donc à la fois le produit et l'enjeu de luttes symboliques, inséparablement cognitives et politiques, pour la connaissance et la reconnaissance, dans lesquelles chacun poursuit non seulement l'imposition d'une représentation avantageuse de soi […] mais aussi le pouvoir d'imposer comme légitime les principes de construction de la réalité sociale les plus favorables à son être social […], ainsi qu'à l'accumulation d'un capital symbolique de reconnaissance 21 . » C'est
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Savoir et affect : pour une économie du non-savoir

Savoir et affect : pour une économie du non-savoir

nudité de l’homme qui prend froid dans la nuit de son angoisse. « Toute la lumière du monde sur la petite tache noire de l’iris » 53 . Les ténèbres et la lumière sont ainsi le fruit du regard humain se voyant regarder un autre regard dans le reflet de l’œil de l’autre utilisé comme miroir. La négativité de la conscience est cette ombre qui enfante la clarté du jour : production de l’origine. L’homme devenu homme n’a ainsi jamais été que dans un devenir-Dieu : sachant reconnaître le bien du mal, il mit le masque de Dieu sur l’abîme qui s’ouvrit en lui dans la reconnaissance de son impuissance face à la violence du tonnerre dont la résonnance s’accompagnait toujours du frisson de l’énigme de sa propre existence. L’angoisse devant l’échéance confronte au vide sur lequel s’étaye la conscience; elle n’a pour baume que le désir de l’esclave qui ne veut renverser le maître que pour rayonner à son tour. Le savoir est essentiellement une conjuration de l’inconnu; dialogue entre le cri angoissé de la voix humaine et la Parole que l’homme accorde à Dieu, discours schizophrène qui a comme point de pivot le tain d’un miroir derrière lequel l’homme refoule la négativité qui anime sa conscience. L’ambiguïté entre positivité et négativité de la mort tient à la rencontre du don qu’est l’être et de l’impossibilité pour l’homme de saisir ce don autrement que dans l’inconscience. C’est-à-dire qu’on ne le saisit jamais; l’opération consciente souille la positivité du don en l’appréhendant au sein de la scission de la conscience. Pour l’homme, l’utopie de la saisie de la totalité de la vie se confond avec une représentation de sa mort : la totalité ne peut être qu’annihilation de ce qui la ruine sans cesse.
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