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Le métarécit national des médias d'information : entre production de la race et de la classe et légitimation des rapports sociaux

Le métarécit national des médias d'information : entre production de la race et de la classe et légitimation des rapports sociaux

médiatique est révélatrice de l’hégémonie hétérosexuelle (Wittig, 2001) dont est porteur le métarécit national. En outre, les masculinités et féminités des groupes minoritaires sont systématiquement présentées comme déviantes de l’ethnicité républicaine modèle. Les masculinités non- blanches et/ou populaires sont dépeintes comme repoussoirs car elles font la démonstration d’une opposition à la valeur d’égalité par leur machisme et leur homophobie exacerbés, tandis que les féminités des femmes marquées par la race et/ou la classe sont caractérisées par l’impossibilité de vivre selon les valeurs républicaines. À l’inverse, les masculinités et féminités des groupes majoritaires se donnent à voir comme symboles d’émancipation et de rapports sociaux égalitaires. Les femmes blanches, hétérosexuelles et appartenant aux classes moyennes supérieures sont associées une féminité républicaine synonyme d’épanouissement personnel, d’indépendance financière et de liberté sexuelle 11 . Elles sont mises en scène comme « assumant leur féminité », ont la possibilité de se maquiller, de porter des mini-jupes, des décolletés et des talons hauts, bref de « se mettre en valeur » en montrant leur corps – monstration du corps qui est d’ailleurs érigé en symbole de l’émancipation féminine dans la couverture presse de Femen (Dalibert, Quemener 2014). La masculinité républicaine des hommes blancs, hétérosexuels et de classe moyenne supérieure est quant à elle définie par la force et la douceur. Les groupes majoritaires sont représentés comme protégeant financièrement et corporellement leur entourage, mais comme étant sensibles et doux, à l’instar des rappeurs blancs venant de classe moyenne faisant l’objet d’un portrait dans la presse (Dalibert 2018b). Ils sont de surcroît donnés à voir comme respectueux des autres et notamment des minorités en étant affiliés, dans le métarécit national, au rôle d’alliés des victimes d’inégalités. La masculinité blanche, de classe supérieure et hétérosexuelle attachée à l’ethnicité républicaine est dans une position hégémonique car, comme l’énonce Raewyn Connell (1996), en plus d’être la plus valorisée dans le système de représentations médiatiques, elle caractérise les groupes qui ont le plus de pouvoir économique.
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Les dispositifs expressifs numériques et les rapports sociaux de genre et de classe

Les dispositifs expressifs numériques et les rapports sociaux de genre et de classe

L’un et l’autre diffèrent du fait des normes et valeurs qui leur sont respectivement conférées et des attributs sexués qui les caractérisent ; les grandes enquêtes établissant généralement une division sociale des intérêts culturels entre sexes, associant science et technique et masculinité, et culture et féminité. L’écriture reste en effet un domaine davantage investi par les femmes qui sont plus nombreuses à manifester là un intérêt (Donnat 2005), tandis que la technique renvoie plus au sexe masculin qui entretient avec elle un contact semblant s’établir de manière quasi naturelle. De l’autre côté, le caractère expressif de ces dispositifs, voire expressiviste 4 (Allard 2009), renvoie à des formes de culture et d’expression de soi qui conduisent l’individu à performer son identité (ibid.). Il met donc l’accent sur l’individu expressif et sur ses facultés à se construire de façon autonome. Au contraire, la question des rapports sociaux de genre et de classe met quant à elle l’accent tant sur les inégalités selon le sexe, c’est-à-dire sur « la production sociale et historique de l’antagonisme entre la ‘classe des hommes’ et ‘la classe des femmes’ et les inégalités qui en résultent » (Pfefferkorn 2012 : p. 17) –, que sur les inégalités de classe qui concernent la position occupée dans la hiérarchie sociale en fonction de l’appartenance à une catégorie socioprofessionnelle ou de la possession de ressources symboliques comme les diplômes. On attire ici l’attention sur les mécanismes qui produisent la différence ainsi que sur le poids des structures sociales et des contraintes structurelles même si, comme le rappelle Pfefferkorn, le concept de rapports sociaux permet de penser que si les individus sont façonnés selon les position qu’ils occupent dans l’espace social, ils « peuvent construire des marges de liberté et d’action leur permettant de déplacer ces rapports sociaux » (2012 : p. 122).
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Indissociables et irréductibles : les rapports sociaux de genre, ethniques et de classe

Indissociables et irréductibles : les rapports sociaux de genre, ethniques et de classe

mentée de ces multiples mésusages, l’article de Sirma Bilge explore le po- tentiel de transformation de la pensée sociologique qu’ouvre l’intersec- tionnalité, se proposant de la « situer par rapport aux autres modes de pen- ser l’ordre social, ses divisions et hiérarchies » et leurs transformations. Au-delà de son usage fédératif dans les recherches anglo-saxonnes — un mot-clé qui permet d’identifier revues, centres de recherche et colloques — la pensée intersectionnelle développe une critique du raisonnement ana- logique et dépasse le monisme — qu’il soit marxiste ou féministe — qui donne le primat à un rapport social donné. L’intersectionnalité prend le relais du pluralisme cumulatif, qui, de l’addition à la multiplication, a pro- duit des modèles mathématiques sophistiqués 29 fondés sur une prémisse erronée, selon laquelle les rapports sociaux seraient indépendants les uns vis-à-vis des autres. Soulignant la consistance de cette démarche holiste, Sirma Bilge pointe cependant les dangers d’un durcissement idéologique et discerne des directions divergentes de la recherche selon le degré d’au- tonomie relative accordé à chacun des rapports de pouvoir. Cette défini- tion de l’intersectionnalité n’est néanmoins pas la seule approche à être mobilisée dans les analyses contemporaines. L’article de Danielle Juteau montre, en effet, que l’intersectionnalité est plus fréquemment celle des identités que celle des rapports sociaux, masquant ainsi la domination mas- culine que celle-ci soit le fait des majoritaires ou des minoritaires. L’en- jeu décisif est, pour Danielle Juteau, de comprendre la constitution des catégories sociales que sont la classe, le sexe, l’ethnie ou la race par les rapports de pouvoir. « Le genre précède le sexe 30 », au sens où les rap- ports de pouvoir qui sont causalement premiers s’appuient sur des mar- ques telles que le sexe biologique, la couleur de la peau ou la culture. L’articulation ne peut être pensée qu’en remontant théoriquement aux trois rapports de pouvoir qui instituent les un-e-s majoritaires, les autres mino- ritaires. Chacun de ces rapports de pouvoir a des conséquences matérielles et sa propre historicité. L’hétérogénéité du groupe des femmes est alors conciliable avec une théorisation de leur commune oppression ; celle-ci revêtant des formes concrètes plurielles qui génèrent des expériences éga- lement diversifiées (et parfois contradictoires). Le sujet collectif « fem- une plateforme de production et d’échanges des savoirs sur les articulations de l’ethnicité, comme vecteur des relations et des divisions sociales, avec d’autres catégories et rapports structurants l’ordre social tels la classe, le genre, la race et l’âge.
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Vers une redéfinition des rapports sociaux de genre, de classe et de « race » par l'appropriation collective de l'espace ? Une étude sur l'association des travailleurs maghrébins de France à Argenteuil

Vers une redéfinition des rapports sociaux de genre, de classe et de « race » par l'appropriation collective de l'espace ? Une étude sur l'association des travailleurs maghrébins de France à Argenteuil

C'était en 1995, il fallait travailler sur des projets, il n'y avait pas de contrats de ville. Il y avait seulement le FAS, fonds d'action sociale, qui finançait les associations issues de l'immigration. Le FAS à l'origine c'était essentiellement pour les travailleurs immigrés, les foyers SONACOTRA, pour l'hébergement des travailleurs algériens. Argenteuil était gérée par le parti communiste bien avant le Front Populaire, en 1935. Il l'a géré jusqu'à 2000 à peu près. On avait pas de très bons rapports avec eux, notamment avec quelqu'un qui a fait 3 ou 4 mandats successifs. Il voyait l'association comme une association qui divise la population, une association communautaire. C'est la doctrine stalinienne, faut le dire, il y a le PC, les organisations qui sont dépendantes du parti. Tout converge vers ça : associations d'étudiants, de femmes, syndicats... Le parti et les branches. Donc une association qui n'était pas municipale n'avait pas de raison d'être sur le terrain, sinon tu fais de l'ombre. La seule source de financement c'était donc le FAS. J'ai finalement quitté l'entreprise, et suivi une formation universitaire, j'avais l'expérience de terrain mais il fallait avoir une formation théorique. Notamment dans la gestion des organismes sociaux et le développement social urbain, c'est ce que j'ai fait. Dispensée par l'université de Nanterre et les CEMEA sur une année. Ensuite j'ai crée le premier poste salarié à l'association. Au début j'étais pas payé, il a fallu faire des projets, aller les défendre, avoir les moyens. J'était au chômage pendant ce temps où je travaillais au montage des dossiers. J'ai crée le premier poste en février 1998, la même année quelques mois après le deuxième poste à plein temps, occupé par Alliatte.
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La gentrification à Paris intra-muros : dynamiques spatiales, rapports sociaux et politiques publiques

La gentrification à Paris intra-muros : dynamiques spatiales, rapports sociaux et politiques publiques

Les travaux de P. Bourdieu permettent d’enrichir la notion d’identité de classe. En effet, l’un des éléments-clés de la théorie marxienne est la notion de conscience de classe : Marx distingue la classe en soi, classe objective déterminée par les rapports de production et la classe pour soi, animée par une conscience collective de ses intérêts, antagoniques de ceux des autres classes. L’un des paradoxes de la lecture marxiste, qui surdétermine la conscience de classe à des fins politiques, est d’avoir permis la remise en cause de la notion de classe au motif de l’affaiblissement de la conscience de classe, du moins parmi les dominés. C’est l’écueil d’une lecture réductrice des classes sociales en termes d’identité, confondant par ailleurs identité et identification, que l’on trouve notamment dans l’introduction de l’ouvrage de T. Butler et G. Robson sur la gentrification (2003c). Tout en utilisant le terme de classe et sans aller jusqu’à remettre totalement en cause l’existence des classes sociales, les auteurs affirment leur nécessaire évolution au nom de la complexification des repères identitaires (notamment en termes de genre ou de race) et de la vision subjective que les individus ont des classes sociales (Butler et Robson, 2003c, p. 16 sq.). Ce discours témoigne d’une confusion courante entre objectivité des rapports sociaux et identification sociale : d’une part, le mythe de la clarté des rapports de classe de l’ère industrielle confond une réalité complexe – la classe ouvrière étant elle- même loin d’être homogène – avec la prégnance du discours classiste et de la mobilisation des classes sociales, donc de l’identité de classe ; d’autre part, l’émergence récente de l’analyse des rapports sociaux de sexe ou de race ne signifie aucunement qu’ils deviennent objectivement plus importants aujourd’hui que naguère, mais accompagne plutôt une identification croissante en ces termes plutôt qu’en termes de classe (Pfefferkorn, 2007). Si A. Bihr et R. Pfefferkorn (1999) ont montré que l’affaiblissement de la conscience de classe ne traduit pas une hypothétique dissolution des rapports de classe, mais accompagne au contraire l’accroissement des inégalités de classe depuis les années 1980, P. Bourdieu (1979) avait déjà analysé l’incorporation des positions sociales à travers le concept d’habitus, montrant que les déterminismes de classe étaient d’autant plus forts qu’ils n’étaient pas conscients. En prenant cela en compte, L. Chauvel propose une définition des classes sociales qui ne réduit pas l’identité de classe à l’identification :
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Prendre au sérieux les recherches sur les rapports sociaux de race

Prendre au sérieux les recherches sur les rapports sociaux de race

De la même manière que les études sur la race en France sont discutées en dehors de France, elles se nourrissent et dialoguent de manière plus ou moins serrée avec des contributions scientifiques de divers contextes universitaires nationaux. Il ne s’agit pas ici de nier les contributions anglophones majeures aux études sur la race (De Rudder et Goodwin 1993) mais de souligner aussi la diversité des recherches, qu’elles viennent des États-Unis, de pays européens, de l’Inde, etc., et de restituer l’importance de leurs circulations selon des modalités variées. D’ailleurs, ces circulations des approches en termes de rapports sociaux de race ont elles-mêmes fait l’objet de recherches par des chercheur·e·s qui s’inscrivent dans ce champ. Ont ainsi pu émerger des critiques de la réception, en dehors des États-Unis, de théories afro-féministes articulant sexe, classe et race. Cette réception occulte bien souvent les contributions publiées dans le contexte qui lui est propre, notamment par des chercheur·e·s racialisé·e·s (Ait Ben Lmadani et Moujoud 2012 ; Bilge 2015).
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A propos des représentations et des rapports sociaux sexués

A propos des représentations et des rapports sociaux sexués

Des contre modèles, s’esquissent, on l’a vu, au nom du droit à la dignité. Sans rompre avec les valeurs et les conduites « viriles » inhérentes au métier, conformes, en outre, à la combativité militante, l’entraide et le plaisir de réaliser ensemble 97 font pièce aux logiques égoïstes, agressives et autodestructrices de compétition, d’indifférence au danger et d’intempérance. Aux dockers « violents, inapprochables », prisonniers d’une histoire saturée de grèves dures, un syndicaliste des années 1980 oppose ainsi ses camarades dont, explique-t- il, « le visage rude (...) peut dissimuler l’extrême cordialité et la gentillesse... » 98 . A défaut, on invite les compagnons à s’inspirer des solidarités primordiales en vigueur dans les bordées. « L’équipe, résume-t-on, c’est la cohésion, la camaraderie, la distribution du travail selon les capacités (...). On se connaît, on sait que demain on travaillera ensemble, on s’aide facilement, on aide les vieux, on conseille les jeunes... » 99 . Ce dernier aspect n’est pas le moins important. Si les liens de parenté facilitent l’intégration des débutants, ils ne la garantissent pas. Payés, d’emblée, à l’égal des anciens, les jeunes entretiennent des relations de confiance avec les aînés qui les initient aux moyens d’économiser leur énergie, de « diminuer la souffrance » 100 et la probabilité d’accident. « Grâce aux vieux, on risquait rien. », se souvient un ouvrier 101 . « C’était une école. Les vieux dockers étaient respectés », rajoute une autre 102 . Modulée au gré de la personnalité de « l’instructeur » et du « novice », la pédagogie vise une double incorporation. Il s’agit à la fois d’accéder à la maîtrise des savoir-faire et d’être admis par la communauté. Professionnel, social et moral, l’apprentissage sur le tas ne ménage pas les recrues. « Y fallait pas la ramener. Fallait pas s’amuser à rouler les mécaniques devant les anciens, parce que, là, on se faisait appeler <<Arthur>> » 103 . L’affectation systématique aux tâches les plus dures et salissantes procède de l’évaluation des aptitudes physiques et de l’état d’esprit, mais tout autant du bizutage initiatique. Certaines équipes « baptisent » encore les nouveaux, poussés à ingurgiter une « gamelle à pois » remplie de vin 104 . Les plaisanteries vont bon train au sujet de la « classe biberon » et des réfractaires aux boissons alcoolisées 105 . Au terme des épreuves, le groupe reconnaît l’impétrant comme l’un des siens, comprenons un « bon docker ».
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La nation face à l’État et aux rapports de classe : quels enjeux contemporains pour la politique économique ?

La nation face à l’État et aux rapports de classe : quels enjeux contemporains pour la politique économique ?

Dans nos mondes contemporains, la politique économique correspond aux choix effectués par le gouvernement, c’est-à-dire le sommet de l’Etat, pour agir sur la trajectoire de l’économie nationale. Comment caractériser les contradictions à l’œuvre entre l’Etat et la nation, dès lors que l’on prend en compte le fait que la société réelle, dont il est question sur un espace national donné, est divisée en classes ? La présente contribution tente d’articuler les faits sociaux actuels que sont la nation, l’Etat et les rapports de classes en prenant la politique économique comme point de départ. Plus particulièrement, le fait que les gouvernements aient la possibilité matérielle de réaliser le plein emploi, sans pour autant y recourir, demeure aujourd’hui trop peu discuté du point de vue de l’économie politique. Quels sont les effets d’une telle politique économique sur les rapports de classe et comment ces mêmes classes sont-elles conduites à réagir ? Examiner ces trois éléments combinés (Etat, nation, rapports de classes) permet de caractériser des contradictions structurelles entre ces termes. Sans prétendre que celles-ci soient indépassables, il s’agit au moins d’admettre qu’elles sont certainement amenées à durer longtemps. A l’échelle de nos vies, et même des générations à venir, elles ont très probablement un caractère permanent, dont ceux qui prétendent vouloir agir sur la réalité sociale, plutôt que simplement la contempler, devraient davantage tenir compte.
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Appartenances culturelles et rapports à la présence sociale sur les réseaux sociaux numériques

Appartenances culturelles et rapports à la présence sociale sur les réseaux sociaux numériques

Par ailleurs, on sait que les aspects affectif et effectif de l’apprentissage sont liés, comme le souligne Arnold (2006), dans une vision holistique de l’apprentissage/enseignement des langues, en s’appuyant sur les travaux Oatley & Jenkins (1996), ou Damasio (1994) et Shumann (1994) en neurosciences, selon lesquels le cognitif ne peut être séparé de l’affectif. Elle cite Stevick (1980) : « Le succès [dans l’apprentissage des langues] dépend moins des techniques et des analyses linguistiques que de ce qui se passe dans et entre les personnes pendant la classe. » (p. 408). En explication à ce qui se passe « dans » les personnes, sont citées pour leur importance l’anxiété, l’inhibition, la capacité à courir des risques, l’auto-efficience, les styles d’apprentissages et la motivation. Quant à l’aspect interpersonnel (« entre les personnes »), il recouvre les processus interculturels ou les interactions en salle de classe, notamment l’établissement d’un climat propice à l’apprentissage. L’enseignant est invité à passer d’une posture de lecteur à une posture de facilitateur, selon le modèle d’Underhill (1999), capable de créer ce climat psychologique positif, qui encouragerait l’autonomie des apprenants. Arnold évoque également le lien établi par Rodríguez, Plax & Kearney (1996) ou encore Dörnyei (2001) entre affects positifs et motivation et cite la compétence « existentielle » du CECR (Conseil de l’Europe, 2000, paragraphe 5.1.3.) reconnaissant l’importance de l’affectivité. En référence au développement de la compétence communicative, elle cite le modèle de « disposition à communiquer » de McIntyre, Dörnyei & Noels (1998), pour lequel l’utilisation de la langue seconde à des fins communicatives se situe au sommet de la pyramide. Cependant, les quatre
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Rapports sociaux et hégémonie. Conflictualités dans les espaces publics (2) Introduction

Rapports sociaux et hégémonie. Conflictualités dans les espaces publics (2) Introduction

L’horizon politique qui se dessine alors implique de ne plus séparer arbitrairement enjeux culturels et enjeux matériels. Les travaux de la politiste Nancy Fraser (2004) s’attachent à ce titre à réconcilier deux types de luttes sur lesquelles ont trop souvent été rabattues les revendications relatives au genre, à la race, à la classe ou encore à la sexualité : les politiques de la différence ou politiques identitaires, qui s’attaquent aux préjudices culturels à l’œuvre dans les représentations et cadres d’interprétation dominants ; les politiques de l’égalité, qui relèvent quant à elles des injustices sociales ancrées dans les structures économiques. Or, cette opposition duale s’avère inopérante si l’on considère des catégories hybrides, à l’instar du genre. Ce dernier, en tant que principe d’organisation de l’économie capitaliste, donne lieu à une division sexuelle du travail et à des inégalités de traitement entre les hommes et les femmes. Du point de vue culturel et symbolique, il opère une distinction entre une masculinité socialement gratifiée et une féminité aux attributs dévalorisés 1 . Face à ces formes imbriquées d’injustice, il est nécessaire selon Fraser d’envisager une politique qui considère à la fois l’exigence de reconnaissance et de redistribution. Cet horizon réside dans la parité de participation aux débats publics qui repose sur deux conditions : une distribution des ressources matérielles assurant à chacun.e l’indépendance et la possibilité de s’exprimer ; des modèles institutionnalisés d’évaluation et d’appréciation assurant un égal respect et accès à l’estime sociale (Fraser, 2004, 162). Se dessine avec Nancy Fraser un nouveau modèle de la reconnaissance qui considère les conditions matérielles et subjectives de l’accès à la parole publique, et s’accommode tant de la gestion des différences par la classe que des formes complexes de subordination.
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La politique économique aujourd'hui face à la Nation, l'Etat et les rapports de classe

La politique économique aujourd'hui face à la Nation, l'Etat et les rapports de classe

Quelle politique économique aujourd’hui ? Les compris sociaux sur lesquels les États nationaux s'étaient reconstruits en 1945 avaient fait de l’État une entité qui, enfin, pour des pans entiers de l'activité humaine, était, moins qu'auparavant, un État de classe et, davantage qu'auparavant, une chose publique (res publica) pour l'ensemble de la communauté nationale. En somme, les compris nationaux de 1945 ont « républicanisé » les États. Ce qui se joue dans de nombreux pays depuis Thatcher, et s'accélère après 2008-9, c'est le retour à un État de classe contre la nation, mais contrairement au début du 20ème siècle, c'est un État de classe avec protection sociale. La politique économique, notamment budgétaire, veille quant à elle à surtout ne pas rejoindre le plein emploi dans les pays européens là où la présence du chômage est nécessaire pour briser le niveau de protection assuré au travailleur. C’est moins le cas aux Etats- Unis car dans ce pays les protections sont moindres et l’endettement des moins favorisés peut être facilité par la politique monétaire et les règles prudentielles pour assurer la poursuite de la
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Penser l'intersectionnalité en ergonomie, prendre en compte les rapports sociaux dans l'activité

Penser l'intersectionnalité en ergonomie, prendre en compte les rapports sociaux dans l'activité

Nous voyons dans le cadre théorique et politique de l’intersectionnalité (Crenshaw, 1989) une voie originale et utile pour renouveler les analyses ergonomiques du travail qui partent de catégories ou d’identités de manière plus ou moins cloisonnées (sexe, genre, classe, race, âge, capacités, etc.). L’intérêt est de mieux comprendre la construction de la santé/sécurité et de la performance au travail lorsque l’activité est traversée par des discriminations. Ceci permettra des actions tendant vers l’idéal d’égalité dans les situations de travail, déjà défendu dans les approches ergonomiques qui considèrent le sexe/genre et l’âge/expérience.
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«Déménager ou rester là»: rapports sociaux inégalitaires dans l’expérience des locataires

«Déménager ou rester là»: rapports sociaux inégalitaires dans l’expérience des locataires

l’immobilier à New York (Lower East Side) qui façonnent les représentations (à travers les médias) de certains quartiers pour ensuite profiter de leur développement à travers l’exploitation d’un écart de loyer (rent gap), stigmatisant du même coup les personnes qui y vivent déjà, et ce, en associant l’investissement financier et humain du quartier avec une mission « civilisatrice ». De leur côté, Mullins (1982), Rose (1984), Giraud (2010), Collet (2013; 2012; 2011) ainsi que Pattaroni, Kaufmann et Thomas (2012), entre autres, s’intéressent plutôt aux agents de la gentrification, les consommateurs de ces espaces urbains « à gentrifier ». À cet égard, ces recherches évoquent les transformations sociales à l’œuvre, notamment au sein des ménages et de la classe moyenne, pour expliquer le phénomène et tentent de comprendre les motivations de « gentrificateurs » (Pattaroni, Kaufmann et Thomas, 2012; Mullins, 1982). Par exemple, Giraud (2012) montre comment des hommes homosexuels ont investi certains quartiers populaires ou dégradés au départ, comme l’évoque également Castells (1983), afin de s’y réfugier et de pouvoir y vivre paisiblement. Or, par la suite, habiter ces quartiers devient un objectif pour les jeunes homosexuels leur permettant d’exposer socialement leur autonomie et leur existence. Collet (2012), s’intéressant à Montreuil en Île-de-France, montre également cette double face de la gentrification à travers le désir de jeunes ménages de classe moyenne, possédant un capital culturel élevé, de se construire un quartier à soi et d’accéder à la propriété, ce qui leur est difficile de faire dans le Paris intra-muros. Même si ces études évoquent les causes et les conséquences de la gentrification à partir de rapports sociaux inégalitaires, le vécu du logement n’est que peu présent dans leurs analyses.
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Les rapports de classe et de race: Les angles morts du traitement politique et institutionnel de la prostitution en France

Les rapports de classe et de race: Les angles morts du traitement politique et institutionnel de la prostitution en France

accent mis sur l’absence de liberté inhérente au statut des uns renforce, par un effet miroir, le statut de sujet libre au cœur de la représentation de soi des sociétés néo-libérales. Conclusion Expliquer la contrainte par la catégorie nationale, sexuée ou économique sans s’intéresser aux configurations qu’elle représente en termes de rapports sociaux revient à essentialiser les catégories de race, de sexe ou de classe. Unifier l’expérience des femmes prostituées à travers le seul prisme de la domination masculine conduit non seulement à les considérer comme des victimes et, de ce fait, à renforcer la scission de classe entre les prostituées et celles qui veulent les défendre, y compris à leur dépend. Mais elle amène aussi à proposer un cadre d’action publique qui, s’il cherche certes à leur aménager de nouveaux droits, contribue à les rendre davantage dépendantes des services sociaux et des autorités publiques. Loin de créer de l’autonomie, il conforte une forme de citoyenneté subalterne, où le statut des femmes dépend des attestations et de la parole que d’autres doivent porter en leur nom.
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Légitimité et authenticité du hip-hop : rapports sociaux, espaces et temporalités de musiques en recomposition

Légitimité et authenticité du hip-hop : rapports sociaux, espaces et temporalités de musiques en recomposition

Dans le même temps, alors que le rap connait une massification de son public (Hammou et Molinero 2020), il conserve et renforce son lien avec les quartiers populaires, devenant un genre dans lequel « les ressources et les expériences spécifiques à certaines franges des classes populaires précarisées » (Hammou, 2012) sont érigées comme élément de crédibilité des artistes. Ces évolutions font écho à celles formulées autour du rap américain : celles d’un genre musical qui, bien qu’étant apprécié par une frange de plus en plus large de la population en termes de classe et de race (Lizardo & Skiles, 2008), reste un cadre privilégié pour questionner les discriminations raciales aux Etats-Unis (Kitwana, 2005) ou les expériences propres aux populations noires (Forman, 2020). On observe donc des décalages entre des échelles de valeur internes aux mondes hip-hop – formulées en termes d’authenticité – et la légitimité culturelle de ces musiques – qui se construit comme une critique externe au monde populaire qui ne respecte ni ne valorise se conventions propres.
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Les sens du je Réflexivité et objectivation des rapports sociaux

Les sens du je Réflexivité et objectivation des rapports sociaux

femmes et l’impossibilité qui en découle de se structurer collectivement pour faire valoir leurs droits. « Dès lors, seul l’individu peut s’affirmer, mais un individu neutre, type “être humain”. Les femmes ne peuvent donc s’en tirer que par une éthique individualiste. Mais cette issue est elle-même condamnée par les formes extériorisées de la division sexuelle du travail : blocages à la formation, la promotion, la qualification, etc. Elles n’ont pas les moyens sociaux de mettre en œuvre, dans la situation de travail, l’éthique individualiste qui serait l’issue logique de leur discours (…) les femmes n’ont pas les moyens sociaux d’un tel réinvestissement puisqu’il y a discontinuité entre le sujet sexué d’une part, le groupe sexué et l’univers de travail d’autre part. Il y a donc constitution d’un cercle vicieux : la violence est retournée contre le groupe des pairs et contre elles-mêmes » (2012, p. 260-261). Je n’avais donc – et peut-être pourrais-je dire au présent je n’ai tant la conscientisation est un processus long – de conscience ni de classe ni de classe de sexe. C’est donc tout naturellement que j’ai réagi aux incidents qui ont émaillé mon travail de recherche avec un sentiment mêlé d’injustice, de culpabilité, d’acceptation résignée et de volonté de conciliation. Or ces réactions sont fondamentalement la marque d’une socialisation de genre (en tant que femme). Cette prise de conscience est intervenue incidemment alors qu’un de mes articles venait d’être mis en ligne et que je recevais dans l’heure une demande de rectification du contenu d’une note de bas de page :
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Travail non libre et rapports sociaux de sexe – À propos des programmes canadiens d’immigration temporaire

Travail non libre et rapports sociaux de sexe – À propos des programmes canadiens d’immigration temporaire

libres : la privation des moyens de production d’une part, la liberté de pouvoir vendre personnellement sa force de travail d’autre part. Les travailleurs non libres sont ceux qui ne rencontrent pas ce second critère 25 . La deuxième bonne raison de mobiliser ce concept de travail non libre tient à la théorie qu’il contient. Suivant sa définition marxienne, ce concept conserve l’idée que le travail non libre entretient un rapport dialectique avec le travail libre. Et c’est précisément ce rapport dialectique qui est au cœur de la thèse marxiste minoritaire de la déprolétarisation que soutient Tom Brass. Loin d’appartenir à la « préhistoire du capitalisme », le travail non libre doit être compris comme « un enjeu crucial de la lutte des classes entre le capital et le travail » 26 . Il permet « aux producteurs capitalistes de dépolitiser, de discipliner et de rendre la main-d’œuvre moins chère » 27 . Inversement, avec « l’éradication des relations de production non libres (...), il serait plus facile pour les travailleurs de s’unir, de s’organiser et de se battre en tant que prolétariat, au sens marxiste du terme » 28 . Les mouvements de déprolétarisation du travail sont donc au centre des processus actuels de transfor- mation du travail et du conflit de classes, « non entre une bourgeoisie naissante et des propriétaires féodaux, comme dans la thèse semi-féodale, mais entre le capital et sa main-d’œuvre passant d’une classe en soi à une classe pour soi » 29 . Comme le résume Yann Moulier-Boutang, « [p]rolétarisation, déprolétarisation, re-prolétarisation apparaissent ainsi comme le premier enjeu constant de la lutte de classe » 30 .
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Le cimetière au village ou le village au cimetière ? Spatialisation et communautarisation des rapports sociaux dans l’Occident médiéval

Le cimetière au village ou le village au cimetière ? Spatialisation et communautarisation des rapports sociaux dans l’Occident médiéval

les résultats d’enquêtes archéologiques alors en plein développement, l’historien Robert Fossier attira l’attention des chercheurs sur le proces- sus, qu’il pensait généralisé, de conce[r]

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Genre et changements climatiques : analyse de la vulnérabilité à partir des rapports sociaux de sexe

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Notre cadre théorique s'ancre dans la vitalité que Kergoat (2012) a su impulser au concept féministe matérialiste de rapports sociaux de sexe en développant sa qua[r]

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Étude des rapports sociaux de sexe dans l'univers sportif : trajectoires de femmes sportives

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