Pratiques numériques

Top PDF Pratiques numériques:

Pratiques numériques : l'action de la machine

Pratiques numériques : l'action de la machine

y a bien un changement qualitatif qui concerne l’espace de la circulation et la quantité des documents mis à disposition, changements qui ne sont pas sans conséquence sur la diversification et la spécification des pratiques numériques. Toutefois, aussi importants soient-ils, ces changements ne modifient pas en profondeur la démarche cognitive mise en œuvre par les utilisateurs du numérique. Que les représentations des utilisateurs s’élabo- rent avec la logique informatique pour canevas est un phénomène qui a été repéré et analysé dans nombre de travaux de recherche. Il s’agit au fond de s’interroger sur l’empreinte de la technique sur les tournures sémiotiques que revêtent les contenus numériques et sur les formes d’intellection que révèle l’usage de ces organisations langagières. Une nouvelle posture de l’utilisateur, conditionnée par le bouclage de l’émission sur la réception, est aisément mise en évidence, notamment dans l’analyse des pratiques de lecture et d’écriture qui se traduisent dans diverses activités de « récriture » au gré des agencements hypertextuels (Weissberg, 2000). Une part de la recherche s’oriente alors dans l’analyse des opérations techno-sémiotiques caractéristiques des formes éditoriales du web (Jeanneret, 2000 ; Souchier et al., 2003) ou s’interroge davantage sur la place tenue par l’utilisateur dans les scénarisations numériques (Barboza, Weissberg, 2006). Toute- fois, une autre direction de recherche s’impose sans laquelle l’approche langagière demeurerait incomplète. Ainsi, l’adoption d’une méthodologie ethnographique permet d’envisager les modalités de la lecture en amont de la sémiotique en s’appuyant sur l’observation des pratiques de naviga- tion (Ghitalla, Boullier, 2003). Dans ce cadre, plusieurs niveaux d’activités cognitives sont repérables ainsi que les représentations mentales qui sont associées à chacun d’entre eux. à ce point, l’analyse débouche sur d’autres investigations car, si les représentations de « l’outre lecture » s’inscrivent bien dans les traditions de l’imprimé et de l’audiovisuel, leur description et leur compréhension manquent d’un vocabulaire approprié aux inscriptions numériques. C’est que du sémiotique au cognitif, nous sommes entrés au cœur des questions soulevées par l’analyse du numérique dès lors qu’il est considéré comme une technologie intellectuelle à part entière. à l’exemple des travaux de Jack Goody (1977) sur les capacités cognitives suscitées par l’invention de l’écriture 55 , les chercheurs s’interrogent sur les changements
En savoir plus

19 En savoir plus

Ouvrir le livre et voir l’écran : pratiques littéraires et pratiques numériques

Ouvrir le livre et voir l’écran : pratiques littéraires et pratiques numériques

J EAN -F RANÇOIS T HÉRIAULT ET C HLOÉ S AVOIE -B ERNARD O UVRIR LE LIVRE ET VOIR L ’ ÉCRAN : PRATIQUES LITTÉRAIRES ET PRATIQUES NUMÉRIQUES que peut-on dire des interactions qui découlent de ces échanges ? Il ne s’agit pas d’affirmer que toute la production littéraire contemporaine développe un discours sur le numérique, mais bien que les nouvelles possibilités de lecture et d’analyse qui nous sont offertes méritent d’être analysées et mises à l’épreuve. À la lumière de ces réflexions, nous souhaitons revenir sur la journée d’étude qui s’est tenue le 27 février 2015, dans les locaux du CRILCQ de l’Université de Montréal « (Re)négocier les frontières : dialogues entre littérature et numérique ». Inscrit dans le cadre des activités du groupe de recherche interuniversitaire « Porosité des pratiques narratives contemporaines au Québec », cet événement visait à questionner les approches littéraires questionnées et renouvelées par le contexte numérique, et à décrire la façon dont elles infléchissent notre rapport au texte et ce, quel que soit le support emprunté. Les communications ont donné lieu à des échanges sentis entre les intervenants et l’assistance sur les liens qui se tissent entre la littérature contemporaine et les pratiques issues des nouvelles technologies : ces liens révèlent des nœuds que nous avons soulignés, sans avoir la prétention d’en épuiser le sens. La pertinence de ces discussions nous amène aujourd’hui à poursuivre ces réflexions en proposant ce dossier, qui comprend à la fois des textes issus des présentations et d’autres qui les prolongent.
En savoir plus

7 En savoir plus

Les pratiques numériques des étudiants de l'Université des Comores dans le processus d'apprentissage

Les pratiques numériques des étudiants de l'Université des Comores dans le processus d'apprentissage

2. De l’électronique à la didactique de Sciences et techniques : une motivation scientifique L‟année du Master a correspondu à un tournant. En effet, pour disposer des outils de base qui aident à mieux aborder le sujet d‟une thèse en Sciences humaines et sociales et dans le domaines des technologies de l‟information et de la communication, se doter de connaissances solides en méthodologie et en concepts de didactique et éducation, est devenu une évidence. C‟est de là, lors de ma formation en Master recherche à l‟ENS Cachan, que nous avons commencé à réfléchir plutôt sur les pratiques numériques des étudiants. Cette idée a été inspirée par notre travail de mémoire tutoré portant sur les usages d‟Internet et qui se focalisait principalement sur les compétences d‟étudiants dans la recherche d‟information sur Internet. Il s‟agit d‟analyser les comportements de l‟étudiant usager qui a un besoin d‟information bien formulé et une compétence à mettre en œuvre. Nous nous interrogeons très particulièrement sur la façon dont des étudiants d‟un établissement universitaire français, familiers d‟internet utilisent le moteur de recherche Google pour rechercher de l‟information. A partir de la problématique développée dans ce mémoire, nous avons commencé à réfléchir sur la construction de l'objet de recherche de la thèse en déplaçant cette fois-ci le terrain de la recherche vers les Como res, un pays en voie de développement où les étudiants n‟étaient pas familiers d‟internet mais qui, dans leur quotidien utilisent les TIC et sont bien équipés en outils TIC (ordinateur, téléphone etc.).
En savoir plus

290 En savoir plus

Pratiques numériques, perception de la violence en ligne et victimation chez les étudiants

Pratiques numériques, perception de la violence en ligne et victimation chez les étudiants

L’avènement de la « culture numérique » aura permis la démocratisation rapide et continuelle de l’accès aux technologies d’information et de communication (TIC) chez les jeunes (Fluckiger, 2010 ; Institut Kervégan, 2009) et la banalisation des pratiques numériques dans toutes les sphères de la société. En grandissant, le niveau d’équipement des jeunes s’intensifie et leur utilisation des outils numériques, notamment d’Internet, s’individualise davantage (Walrave & al., 2009 ; Martin, 2004). L’intérêt pour les sites axés sur la communication et l’échange entre pairs tels que les messageries instantanées mais surtout les réseaux sociaux, tend également à s’affirmer avec l’âge (Subrahmanyam & al., 2008), les étudiants et les adultes s’étant également approprié massivement ces outils numériques. Plus largement, l’émancipation du réseau a conduit tout un chacun à disposer de savoir-être spécifiques et à la création d’une identité numérique, pensée et agencée de façon à correspondre aux exigences du cyberespace et aux nouveaux modes interactionnels nés en son sein (Georges, 2009 ; Coutant & Stenger, 2010). Pour autant, cette appropriation massive des technologies ne s’est pas nécessairement accompagnée d’un apprentissage responsable (Bernard & Ailincai, 2012). Les jeunes ont investi ces technologies tel un espace de jeu, de représentation et de découverte dans lequel les règles du monde réel peuvent être transgressées (Quinche, 2008 ; Metton, 2004). Et leurs aînés ne perçoivent pas toujours les répercussions qu’implique l’identité numérique 4 dans la réalité et n’en maîtrisent pas toujours aussi bien les multiples ressorts (Martin, 2004). Avec l’âge s’accroît également la prise de conscience des risques et des aspects négatifs des TIC en même temps que se développent les compétences pour y faire face (Institut Kervégan, 2009). En effet, si ces pratiques numériques peuvent apparaître favorables à l’acquisition de compétences sociales, il apparaît toutefois qu’un usage inapproprié ou excessif peut avoir des effets moins positifs car exposant davantage les utilisateurs aux dangers de l’espace numérique. La prise de conscience des risques inhérents à un mauvais usage de ces outils aura fait émerger les recherches sur un
En savoir plus

17 En savoir plus

Les pratiques numériques des seniors : une réponse à des pressions sociales de conformité

Les pratiques numériques des seniors : une réponse à des pressions sociales de conformité

La fracture numérique résiderait donc d'avantage dans des écarts de pratiques socialement reproduites plutôt que dans des différences en terme d'équipement et de compétences. 2.2.3.3. Une offre technologique mal adaptée aux personnes âgées Selon Charmarkeh (2015), l'offre technologique, c'est-à-dire les « services informationnels offerts en ligne et le design du matériel informatique », peut également se révéler d'une importance fondamentale dans l'usage des technologies, particulièrement dans le cas des personnes âgées. En effet, d'après une étude de Becker (2004), la majorité des sites web répertoriés offrant des informations sur la santé seraient mal adaptés aux personnes âgées du fait d'une interface complexe ne s'adressant qu'aux initiés à Internet. Les problèmes physiologiques des utilisateurs âgés tels que ceux liés à la vision et à la motricité, ne sont pas pris en considération par ces sites web. L'offre technologique doit ainsi être adaptée aux spécificités physiques et psychologiques des seniors afin de stimuler les pratiques numériques de ces derniers. Mais les offres technologiques prévues à cet effet pourraient ne pas être du goût de toutes les personnes âgées, celles-ci n'ayant pas toutes des problèmes physiologiques gênant d'éventuelles pratiques numériques. En effet, d'après Rivière et Brugière (2010, p.37), ces offres seraient susceptibles de maintenir « une vision de la vieillesse comme une moindre capacité à faire, à apprendre, à interagir ». Elles renverraient donc à une « image dévalorisante » de la vieillesse dont les personnes âgées cherchent à se détacher. Ainsi, répondre aux besoins des personnes âgées ne suffit pas car il est également nécessaire de considérer les « désirs » et les « aspirations » de chacun (Ibid., p.39-40).
En savoir plus

132 En savoir plus

Architecture, archéologie et pratiques numériques :  de l’acquisition à la reconstitution.
Une brève introduction

Architecture, archéologie et pratiques numériques : de l’acquisition à la reconstitution. Une brève introduction

Architecture, archéologie et pratiques numériques : de l’acquisition à la restitution. Une brève introduction Alain Badie 2 journée nous avions, entre autres, mesuré l’énorme potentiel et le formidable intérêt des logiciels de photogrammétrie numérique. Tous ceux qui ont eu par exemple à relever un chapiteau corinthien comprennent l’utilité de la photogrammétrie numérique. Mais nous avions aussi bien identifié leurs limites - tout au moins celles de 2013 - qui n’étaient pas négligeables. Nous avions souligné commen,t pour qu'ils soient efficaces, il fallait les utiliser complémentairement à l'observation directe et au dessin 2 . Ce qui nous avions pu mesurer aussi, c’était le décalage, voire le fossé existant entre :
En savoir plus

10 En savoir plus

Architecture, archéologie et pratiques numériques :  de l’acquisition à la reconstitution

Architecture, archéologie et pratiques numériques : de l’acquisition à la reconstitution

Architecture, archéologie et pratiques numériques : de l’acquisition à la restitution. Une brève introduction Alain Badie 2 - des messages de communication qui célèbrent - à juste titre - l'innovation et donc les outils numériques mais les réduisent trop souvent -à tort- à des sortes d’outils de magie high tech. A écouter ces discours, « le numérique » résoudrait par enchantement toutes les difficultés de la recherche dans le domaine de l’archéologie de l'architecture : il suffirait de « laserscanner » ou on « photogrammétriser » un bâtiment, ce serait très vite fait, avec peu de moyens et il serait en quelque sorte en boite dans l’ordinateur et « sauvé ». Ne resterait plus alors qu’à l’étudier en laboratoire où en utilisant un logiciel de Cao ou d'animation on pourra facilement construire une restitution,
En savoir plus

7 En savoir plus

L'évaluation de la participation de jeunes citoyens à une exposition sur les pratiques numériques

L'évaluation de la participation de jeunes citoyens à une exposition sur les pratiques numériques

déroulé sur un week-end, réunissant six équipes de trois étudiants de divers domaines (design, physique, arts décoratifs, informatique, etc.). Avec l’aide de scénaristes, d’artistes et de chercheurs en sciences humaines, ils ont été amené à réfléchir sur leurs pratiques numériques puis à concevoir une vidéo qui puisse à la fois exprimer ce qu’ils pensaient et faire passer leur message en vue de l’intégration des vidéos dans l’exposition. Ces vidéos ont été présentées

23 En savoir plus

Poppy Education présent à la journée EIDOS 64 : Le forum des pratiques numériques pour l'éducation

Poppy Education présent à la journée EIDOS 64 : Le forum des pratiques numériques pour l'éducation

Eidos64 est le forum des pratiques numériques pour l’éducation organisé par le département des Pyrénées Atlantiques. Cette journée a pour objectif de créer des passerelles entre les chercheurs et les enseignants. Cette année, le sujet était : L’élève hacker de son apprentissage : “Savoir connecter ses neurones”. Vous pouvez retrouver le programme ici .

5 En savoir plus

Pratiques numériques émergentes en conception architecturale dans les bureaux de petite taille - Perceptions et usages de la modélisation paramétrique

Pratiques numériques émergentes en conception architecturale dans les bureaux de petite taille - Perceptions et usages de la modélisation paramétrique

3. Articulation et retranscription des corpus analysés 3.1. Articulation des corpus analysés Divers supports ont été mobilisés afin d’identifier d’une part, l’impact des outils paramétriques sur les processus cognitifs et organisationnels des bureaux d’architecture de petite taille et, d’autre part, d’identifier les freins à l’usage de ces outils. Selon Wolcott (2001), la démarche de recherche peut faire appel à une combinaison de techniques ou à une technique unique. Dans notre cas, la complémentarité des questions de recherche énoncées exclut un protocole de recherche basé sur une seule méthode. C’est donc en questionnant le terrain mais également en l’observant que nous construisons notre analyse. Nous avons donc fait appel d’une part à la recherche quantitative pour constituer notre propre état de l’art des pratiques numériques en Belgique, d’autre part, nous avons eu recours à différentes méthodes issues de la recherche qualitative pour questionner les pratiques paramétriques existantes. Pour sélectionner ces approches qualitatives, nous nous sommes référés au travail de Wolcott (2001) établissant quatre familles méthodologiques dissociables d’un point de vue de la collecte des données : l’observation participante ou non-participante, les entretiens, l’analyse documentaire. De ces quatre familles, nous retenons principalement l’observation non-participante et les entretiens afin de construire notre méthodologie qualitative. Nous développons ce choix dans les sections suivantes.
En savoir plus

350 En savoir plus

Évaluation d'un processus de muséologie participative. Exposion : "Tous connectés ? Enquête sur les nouvelles pratiques numériques.

Évaluation d'un processus de muséologie participative. Exposion : "Tous connectés ? Enquête sur les nouvelles pratiques numériques.

Marie Cambone Juin 2011 Page 49 Dans le fascicule de programmation le texte aborde à la fois la recherche scientifique autour des nanotechnologies et les pratiques numériques. Un long paragraphe est consacré à la description des objectifs du projet NANOYOU. Quatre éléments de l’exposition sont particulièrement mis en lumière par un texte accompagné d’une photographie : la caméra avec capteur d’expression, la réalité augmentée, les vidéos et photos produites lors des concours ainsi que l’imprimante 3D. Le principe du concours est expliqué de manière détaillée, le paragraphe étant plus long que les autres. Le titre de ce paragraphe est extrêmement intéressant : « Les publics donnent leur point de vue ». Ici, sont clairement énoncés à la fois les acteurs : le public et plus précisément des jeunes photographes et vidéastes amateurs âgés entre 18 et 25 ans, mais également la place qui leur est accordée dans l’exposition : « donnent leur point de vue », « découvrez *dans l’exposition+ », et enfin, une implication des visiteurs potentiels de l’exposition : « Et vous, qu’en pensez-vous ? ». Le visiteur est invité à adopter une posture réflexive durant sa visite et donc à être acteur de son expérience, apprentissage.
En savoir plus

103 En savoir plus

Design d'espaces et pratiques numériques : de la "réalité augmentée" à la notion d'entr'espace

Design d'espaces et pratiques numériques : de la "réalité augmentée" à la notion d'entr'espace

Il me semble cependant que la marginalisation dont les œuvres numé- riques font l’objet au sein de l’art contemporain à l’heure actuelle est moins due à une volonté délibérée d’exclusion qu’à des difficultés propres au médium lui-même et à la dynamique auto-référencée dans laquelle la production s’est enfermée. Si les œuvres numériques doivent quitter le ghetto dans lequel elles sont aujourd’hui, cela doit se faire en embrassant des valeurs esthétiques fon- damentales, et non en se revendiquant d’un système indépendant. Je considère que les critères pour évaluer la force esthétique d’une proposition, sa capacité à élargir nos capacités perceptives, à « augmenter » notre sensibilité, ne dé- pendent pas en premier lieu d’une technique particulière mais de la force du propos esthétique et de l’éthique de la conduite technique. Aussi, j’ai cherché à identifier des filiations transversales, autrement dit, à déplacer la réflexion sur l’entr’espace depuis les cadres théoriques où elle a été le plus souvent abordée jusqu’ici –celui de l’« art numérique », de l’« information et la communication » ou des « interfaces homme-machine »– pour la restituer dans le contexte plus vaste d’une réflexion sur l’expérience de l’espace. Implicite dans ce choix était la nécessité d’instaurer un fond conceptuel nourri des apports de la philosophie, de la théorie et de l’histoire de l’art et de l’architecture, de la psychologie... et d’intégrer ensuite les théories et histoires spécifiques à la culture du numérique au sein de ce cadre.
En savoir plus

443 En savoir plus

Les pratiques numériques des militants du parti démocrate américain et le maintien du contrôle de ses élites

Les pratiques numériques des militants du parti démocrate américain et le maintien du contrôle de ses élites

planifiées afin d’y écouter les débats ou pour agrandir le réseau de contacts personnels du militant. Le nouveau militant est alors exposé aux anecdotes et à des situations contenant des représentations culturelles. Ce faisant, les intentions politiques des nouveaux arrivants sont tempérées par les explications des initiés sur les règles du jeu. Par la même occasion, des relations et des amitiés se bâtissent par l’échange et la discussion avec les initiés. D’ailleurs, certaines relations entre militants peuvent devenir similaires à une forme de mentorat où l’initié offre ses conseils et participe à la construction de la compréhension du milieu du profane (selon cinq militants démocrates, 2011). À ce propos, Orlando me raconte que : « some of them has been there since the 60’s. I really take my cues from them and follow their example » (Orlando, militant démocrate, 2011). D’autres activités pédagogiques servent à l’acquisition de compétences et de connaissances. C’est le cas notamment des camps de formation, ou encore de rassemblements d’une poignée de militants pour apprendre à utiliser Twitter. En insérant ces connaissances à l’intérieur d’un imaginaire partagé comprenant des règles de jeu et des normes, les formateurs participent également à l’apprentissage de celles-ci. Le formateur des séances d’appels téléphoniques, par exemple, explicite que les militants doivent faire preuve d’efficacité en ne s’éternisant pas avec des interlocuteurs réfractaires, tout en maintenant une agréable ambiance. Le militant est, avant tout, invité à porter son attention sur le nombre d’appels effectués et le responsable des séances est mandaté de s’en assurer. Cette supervision fait également écho aux consignes des cadres et autres guides pratiques stipulant le déroulement « normal » d’activités (OFA 2011). Ces exemples de socialisations mettent en perspective que l’intégration du militant permet une incorporation progressive aux contraintes du milieu prenant la forme d’un processus continu d’ajustement aux règles et aux normes.
En savoir plus

154 En savoir plus

Repenser le droit d’auteur à l'aune du développement des échanges littéraires internationaux et des nouvelles pratiques
numériques

Repenser le droit d’auteur à l'aune du développement des échanges littéraires internationaux et des nouvelles pratiques numériques

49 l’exemption de la protection du droit d’auteur pour les œuvres produites par le secteur public ; des exceptions au droit d’auteur pour la citation audiovisuelle, la parodie, le pastiche, la caricature ; la liberté de panorama, c’est-à-dire la possibilité d’utiliser et de diffuser d’images, des vidéos et des sons présents dans l’espace public (comme par exemple prendre en photo d’un tableau au musée et le tweeter). De façon plus spécifique au secteur littéraire, la principale proposition d’exception au droit d’auteur avancée par Julia Reda dans son rapport est le prêt numérique en bibliothèque. En effet, l’obligation du prêt numérique pour les bibliothèques, mise en place en France en 2014, n’a pas modifié le cadre légal dans lequel ce prêt pouvait avoir lieu : « les bibliothèques payent une rémunération aux sociétés de gestion collective pour prêter des livres qu’elles ont acquis. La directive sur « Le droit de location et de prêt » qui facilite cela ne couvre pas les e-books. Les bibliothèques sont ainsi dépendantes des services de prêt électronique proposés par les éditeurs, ces services (si disponibles) étant souvent limités et pouvant nécessiter un abonnement à l’ensemble de leur catalogue au lieu de permettre l’achat de simples œuvres » 80 . De plus, le prêt numérique en bibliothèque coûte excessivement cher à l’Etat et aux collectivités, contraints d’acheter à l’unité des ouvrages numérisés : « Sachant que le prix moyen d'un livre numérique du catalogue PNB [prêt numérique en bibliothèque] est de 17,55 euros, rapporte l'étude, chaque bibliothèque publique devrait débourser environ 175 000 euros pour le proposer à ses usagers. Or le budget moyen consacré aux ressources numériques par les villes de plus de 100 000 habitants et de 33 325 euros. Encore moins pour les plus petites villes » 81 . Aussi l’association Eblida (European Bureau of Library, Information and Documentation Associations) regrette-t-elle que « Le cadre juridique actuel empêche les bibliothèques de remplir pleinement leur mission de service public essentiel pour notre société à l’ère
En savoir plus

66 En savoir plus

Pratiques numériques des enseignants en Bretagne pendant le confinement. Analyse anthropologique des premières données qualitatives et quantitatives.

Pratiques numériques des enseignants en Bretagne pendant le confinement. Analyse anthropologique des premières données qualitatives et quantitatives.

L’importance des dynamiques collectives pour faciliter l’appropriation des technologies Dans les trois exemples présentés, ceux d’Arnaud, de Bénédicte et de Catherine, s’il est un point important à compléter, c’est la place des différents interlocuteurs disponibles pour répondre à leurs questionnements durant la phase de confinement, c’est-à-dire la place des dynamiques collectives dans les parcours d’appropriation. Arnaud et Catherine sont tous deux RRUPN, ils disposent d’un compte Twitter qui va les approvisionner en informations, ils font tous deux partie de communautés de pratiques actives sous la forme de groupes de secteur disciplinaires, ils sont en relation régulière avec plusieurs enseignants de leur établissement et d’autres enseignants d’établissements de l’académie. Bien que Catherine mentionne se « sentir seule » dans sa mission de référente numérique, elle va savoir trouver les ressources nécessaires à la modification de ses propres pratiques pendant le confinement auprès de ses contacts, notamment les deux formatrices de la coopérative pédagogique numérique départementale avec qui elle a des échanges réguliers. Elle va aussi proposer des accompagnements à distance, en visioconférence, et des tutoriels, à quelques collègues du secteur tertiaire pour les aider à mettre en œuvre différents outils. Toutefois, elle mentionne la difficulté d’accompagner les autres enseignants, ceux des filières industrielles, voire ceux de l’enseignement général, d’une part par manque de connaissances spécifiques, mais surtout par manque de lien social avec eux, avant le confinement. Pour Arnaud, le constat est sensiblement identique : en tant que RRUPN, il va échanger et accompagner à distance, par courriel, par téléphone ou visioconférence, sept à huit collègues avec qui il a déjà construit une relation régulière avant le confinement. L’équipe de collègues de son collège fonctionne comme une autre communauté de pratiques où chaque enseignant va « visiter » la classe des autres pour découvrir comment il ou elle met en œuvre telle ou telle activité avec les élèves. La période de confinement va permettre un renforcement des échanges à distance au sein de ce groupe, mais Arnaud déplore ne pas avoir eu de demandes des autres enseignants de l’établissement.
En savoir plus

12 En savoir plus

Détournements d'usages et nouvelles pratiques numériques : l’expérience des étudiants d’Ingémédia à l’Université de Toulon

Détournements d'usages et nouvelles pratiques numériques : l’expérience des étudiants d’Ingémédia à l’Université de Toulon

ronnements de travail de groupe construits par les étudiants (voir 1.7). L’analyse de ces premiers résultats confirme des processus qui pourraient s’articulent en trois temps. Le lancement du projet donne lieu à de nombreux échanges sur les choix des environnements. Il s’agit pour les étudiants de « mettre en commun » des informations pour trouver un concept et commencer à « écrire ensemble » les premiers rendus pour l’équipe pédagogique. Nous proposons de nommer cette étape le « s’informer pour faire ensemble ». Ce processus fait l’objet de nombreuses médiations (techniques, sociales et sémiocognitives) par l’intermédiaire des environnements. Il permet la confrontation de points de vue et l’installation de leaderships. Cette étape est très stratégique pour les groupes à plusieurs niveaux : propositions d’idées pour le concept, retours d’expérience individuels sur les environ- nements personnels pour la mise en place de l’organisation et de la com- munication). Au-delà du s’informer pour faire ensemble, les étudiants doivent dans le même temps choisir des environnements afin « de décider ensemble » (premiers choix décisionnels). L’adoption rapide et massive de Facebook (notamment avec la fonction de sondage) rentre dans une dé- marche de renforcement des liens pour accroître leur efficacité décision- nelle. Il s’agit dans un triple processus d’informer chaque membre du groupe, de connaître son activité en temps réel et de lui donner la capaci- té immédiate de réagir et de participer aux processus décisionnels. C’est ce que nous avons nommé la fonction d’awareness. L'analyse des données recueillies nous laisse penser que celle-ci est centrale dans l'appréhension par les étudiants de la dynamique relationnelle et de l'engagement des acteurs au sein des groupes. Il semblerait donc que par des logiques d’adaptation, il n’est plus seulement question de s’informer pour faire ensemble et décider ensemble (mode coopératif), mais aussi de « s’informer pour être ensemble » (mode collaboratif) à partir de pratiques privées de partages de valeurs d’immédiateté et de présence constante au niveau des flux de communication.
En savoir plus

31 En savoir plus

Les médias numériques des diasporas africaines en France. Mapping des pratiques informationnelles et communicationnelles

Les médias numériques des diasporas africaines en France. Mapping des pratiques informationnelles et communicationnelles

3 Contexte de l’étude La démocratisation des outils numériques d’information et de communication n’a pas entraîné uniquement le bouleversement profond des pratiques individuelles : accès à l’information, production et partage d’informations, mise en scène de soi, élargissement de modes de présence de soi aux autres et d’échanges avec le monde extérieur. Elle a également fourni aux groupes, institutions, communautés… la possibilité de produire et partager des informations, de mieux faire circuler l’information en leur sein et à l’extérieur, de s’organiser et d’agir. C’est le cas en particulier des groupes spécifiques que l’on appelle diasporas. Le terme est employé depuis les années 1990 environ pour désigner de faç on très générique les groupes formels ou informels constitués de migrants. Il s’agit en effet des populations géographiquement situées dans un pays quelconque ou dispersées dans un espace transnational. Ils ont pour lien commun leur appartenance initiale à une même communauté nationale (Dufoix, 2003, Bruneau, 2004, Berthomière et Chivallon, 2006), qu’ils construisent ou non une conscience identitaire collective et fabriquent ou pas une mémoire et une histoire ou trajectoire commune. Grâce aux outils numériques, dont un certain nombre (Facebook en particulier), sont construits pour permettre de retrouver des connaissances/amis du passé et de développer un réseau personnel ou de s’insérer dans des réseaux plus larges, les migrants entretiennent volontiers des liens affectifs et matériels entre eux et avec la société d’origine. Ces outils d’information et de communication leur permettent ainsi de reconstruire le lien avec les autres migrants issus de la même destination, d’entretenir la mémoire des origines, de revendiquer une identité particulière dans le pays d’installation, de développer un système de relations entre les différentes dimensions de la migration (économique, politique, religieuse et culturelle) et de construire un lien fort avec la patrie d’origine. C’est donc à raison que l’on peut se préoccuper de connaître de plus près les pratiques numériques développées par les migrants et les outils qu’ils mobilisent pour médiatiser ces pratiques. C’est l’objet de cette étude. Elle se consacre au cas spécifique des diasporas africaines en France. Elle est commanditée par la Chaire Diasporas africaines de Bordeaux 1 . Il s’agit ici de répondre à une double question.
En savoir plus

69 En savoir plus

Le territoire organisationnel à l'épreuve des pratiques socio-numériques des salariés sur internet : éléments d'une controverse

Le territoire organisationnel à l'épreuve des pratiques socio-numériques des salariés sur internet : éléments d'une controverse

Quel que soit le type d’organisation, la croissance des pratiques numériques des salariés soulève de nombreuses questions. On peut considérer que nous avons non seulement affaire à des débats sur les impacts de ces dernières au niveau des politiques RH, des stratégies de communication, mais ils concernent aussi plus largement le modèle managérial et les logiques d’innovation de l’organisation. Pour examiner les processus sur lesquels reposent la construction de connaissances et de paradigmes attachés à la définition du rapport salariés / internet / organisation, nous inscrivons notre recherche dans l’héritage de la sociologie de la Traduction. Ces travaux insistent sur la nécessaire prise en considération de l’agencement complexe qui préside à la formation/transformation des connaissances, paradigmes, modèles, attachés notamment, à la question des couplages socio-techniques, et ce, sur des niveaux d'échelle variés. Dans un des textes fondateurs de la sociologie de la Traduction, M.Callon et B.Latour rappelaient cette nécessité d’un dépassement des dichotomies social/technique, humain/non humain, micro/macro, pour pouvoir étudier « les stratégies qui enrôlent des corps, des discours, des sentiments, des lois, des organisations… » (Callon, Latour, 1981/2006). Ainsi, le développement des pratiques numériques des salariés ainsi que le formatage des politiques organisationnelles en matière de TIC, s’effectuent à partir d’un dispositif distribué, d’un «acteur-réseau» (Callon, Latour, ibid), où opèrent des objets techniques, des expérimentations individuelles et locales, des prescriptions, des phénomènes de professionnalisation, des normes, des doxas, des coalitions d'acteurs (par exemple, des associations professionnelles, des communautés numériques de salariés), des instances institutionnelles etc. (Benghozi, Bureau 2005; Carmes, 2008).
En savoir plus

22 En savoir plus

Pratiques documentaires numériques à l’université

Pratiques documentaires numériques à l’université

• maturité de la discipline ; • orientation nationale ou internationale de la discipline ; • envergure de la discipline. Capables de conférer un pouvoir interprétatif aux phénomènes so- ciaux, intellectuels et institutionnels (voir également Beaulieu et Simakova [2006] sur le sujet), les études hypertextuelles ethnographiques sont d’au- tant plus précieuses qu’elles permettent d’identifier une unité d’analyse plus subtile pour l’étude des différences qui opposent les disciplines en matière de production et de pratiques numériques. Il est toutefois né- cessaire d’augmenter proportionnellement ces études afin que le cœur pédagogique ou les activités de recherche des disciplines intellectuelles soient immédiatement identifiables et que des schémas comportementaux plus généraux se fassent jour. Un faible taux de liens universitaires dans la littérature, en particulier en sciences humaines, peut être le résultat d’un problème de méthodologie plutôt que le signe d’une déficience au niveau de la superstructure des universités [Harries et al., 2004] ou de la recherche institutionnelle. Afin d’éviter tout contresens dans l’interpréta- tion des résultats, il est indispensable, au niveau méthodologique, d’être clair sur l’unité d’analyse employée – bien faire la distinction notamment entre département universitaire et discipline afin d’éviter tout amalgame. Si, par exemple, une étude exclusivement quantitative des relations hy- pertextuelles aux Pays-Bas prenait les départements universitaires pour nœud central, alors les pages Web de l’École d’Amsterdam < http://cf.hum. uva.nl/data/afd/neerlandistiek/tar-english > 24 feraient apparaître l’École
En savoir plus

227 En savoir plus

Le territoire numérique organisationnel à l'épreuve des pratiques socio-numériques des salariés sur internet : éléments d'une controverse

Le territoire numérique organisationnel à l'épreuve des pratiques socio-numériques des salariés sur internet : éléments d'une controverse

Quel que soit le type d’organisation, la croissance des pratiques numériques des salariés soulève de nombreuses questions. On peut considérer que nous avons non seulement affaire à des débats sur les impacts de ces dernières au niveau des politiques RH, des stratégies de communication, mais ils concernent aussi plus largement le modèle managérial et les logiques d’innovation de l’organisation. Pour examiner les processus sur lesquels reposent la construction de connaissances et de paradigmes attachés à la définition du rapport salariés / internet / organisation, nous inscrivons notre recherche dans l’héritage de la sociologie de la Traduction. Ces travaux insistent sur la nécessaire prise en considération de l’agencement complexe qui préside à la formation/transformation des connaissances, paradigmes, modèles, attachés notamment, à la question des couplages socio-techniques, et ce, sur des niveaux d'échelle variés. Dans un des textes fondateurs de la sociologie de la Traduction, M.Callon et B.Latour rappelaient cette nécessité d’un dépassement des dichotomies social/technique, humain/non humain, micro/macro, pour pouvoir étudier « les stratégies qui enrôlent des corps, des discours, des sentiments, des lois, des organisations… » (Callon, Latour, 1981/2006). Ainsi, le développement des pratiques numériques des salariés ainsi que le formatage des politiques organisationnelles en matière de TIC, s’effectuent à partir d’un dispositif distribué, d’un «acteur-réseau» (Callon, Latour, ibid), où opèrent des objets techniques, des expérimentations individuelles et locales, des prescriptions, des phénomènes de professionnalisation, des normes, des doxas, des coalitions d'acteurs (par exemple, des associations professionnelles, des communautés numériques de salariés), des instances institutionnelles etc. (Benghozi, Bureau 2005; Carmes, 2008).
En savoir plus

22 En savoir plus

Show all 5292 documents...