Patrick Modiano

Top PDF Patrick Modiano:

Quête identitaire/enquête policière métaphysique dans trois romans de Patrick Modiano

Quête identitaire/enquête policière métaphysique dans trois romans de Patrick Modiano

19 Patrick Modiano participe au jeu du roman policier en laissant des traces de son passage, mais aussi en posant de faux indices. Les touristes japonais réapparaissent à une fréquence telle qu‟elle devient absurde 26 (surtout qu‟ils ne contribuent aucunement au récit). Le concierge du chalet où Jean Dekker fait la connaissance de Carmen s‟appelle aussi Jean. Pourquoi donner à un personnage effectivement insignifiant le même prénom que le protagoniste ? « It is almost as if Modiano is challenging his reader to call halt to her traditional „suspension of disbelief‟ by offering what appear to be flagrant cases of negligence, breaches of the contract which promises to create an illusion of reality. 27 » Il fait même un clin d‟œil à soi-même quand Guise dit que ce Jarvis autobiographique serait son neuvième roman : Quartier perdu est le neuvième roman de Modiano, où il est également question d‟identité et de récit policier. Cette mise en abyme est une illustration de la technique de la métafiction qu‟on retrouve dans ce roman : quand le monde réel s‟introduit dans le roman, son aspect fictif (c‟est-à-dire construit) est mis de l‟avant 28 . Cela produit un lecteur actif et le force à revoir sa relation avec le monde de la fiction. En brisant l‟illusion de la réalité, il semble que l‟auteur cherche à miner les propos de Guise et ajoute au sentiment d‟incertitude qui plane dans le roman.
En savoir plus

95 En savoir plus

Écrire l’histoire : savoir et fiction chez Patrick Modiano et Amir Hassan Cheheltan

Écrire l’histoire : savoir et fiction chez Patrick Modiano et Amir Hassan Cheheltan

Elaheh Sadat Hashemi ǀ thèse de doctorat ǀ UBFC ǀ 2018 41 dans sang-froid ou Norman Mailer dans Le Chant de Bourreau. Il clôt sa liste par les ouvrages qui mémorisent le passé, les génocides, la guerre comme l’œuvre des chroniqueurs-victimes de la guerre, des diaristes-archivistes des ghettos qui racontent comment ils ont survécu : Si c’est un homme de primo Levi, Les jours de notre mort de David Rousset, les ouvrages des orphelins comme Georges Perec ou des enfants de l’après-guerre comme Patrick Modiano, Daniel Mendelsohn et Edmund de Waal qui partent en quête de ceux qui ont disparu sans laisser traces. « Leur prose documentaire, écrit Jablonka, fait naître une littérature de l’exactitude et de la sobriété, des textes- preuves qui s’obstinent à dire les choses telles qu’elles ont été 1 ». Ce sont des récits qui montrent « la nudité de l’homme à la merci du totalitarisme, nudité de l’écriture : leur déposition est un récit sans “la moindre parcelle d’invention littéraire” 2 ». Il associe également à sa liste, les enquêtes ayant comme objectif de « faire éclater une vérité 3 », ainsi que les récits-témoignages écrits « en mémoire d’un être arraché à l’amour des sciens 4 ». Comme exemple des enquêtes, il mentionne Les Preuves de Jaurès, au moment de l’affaire Dreyfus ou Facing the chair de Dos Passos, en défense de Sacco et Vanzetti, et en tant que modèle du récit de témoignage, il cite D’autres vies que la mienne d’Emmanuel Carrère.
En savoir plus

408 En savoir plus

Patrick Modiano et Rétif de La Bretonne : Le palimpseste des Nuits

Patrick Modiano et Rétif de La Bretonne : Le palimpseste des Nuits

ses multiples identités : elle se fait appeler « Dannie » comme le poème d’un écrivain que le narrateur admirait alors mais, dans le dossier jaune 49 de Langlais, elle s’appelle « Mireille Sampierry » et « Dominique Roger ». A moins qu’elle ne soit, comme nous l’avons vu, la réincarnation de cette « baronne Blanche », un personnage croisé dans les mémoires de Casanova et « dans quelques rapports des inspecteurs de police de Louis XV » 50 ? Ou encore un avatar possible de tant d’autre personnages féminins de Patrick Modiano – vulnérable comme la petite Bijou, traquée comme Dora Bruder... ? Comme la Sara de La Dernière
En savoir plus

9 En savoir plus

La valeur propositionnelle des espaces urbains dans l’oeuvre de Georges Perec, Annie Ernaux et Patrick Modiano

La valeur propositionnelle des espaces urbains dans l’oeuvre de Georges Perec, Annie Ernaux et Patrick Modiano

121 Conclusion Au centre de cette étude figure l’hypothèse que les espaces urbains décrits dans les œuvres littéraires possèdent une valeur propositionnelle, laquelle s’origine dans une sédimentation issue du passé de la ville et dans le rapport entretenu par cette dernière avec la temporalité. Nous avons pu vérifier cette hypothèse sur un corpus de textes de Patrick Modiano, d’Annie Ernaux et de Georges Perec. En effet, les narrateurs et les personnages, bien qu’ils vivent dans des espaces rénovés et/ou modernisés, bien qu’ils fréquentent des chambres d’hôtel, des « zones neutres » ou des villes nouvelles, se souviennent toujours de la ville d’autrefois, ainsi que des modes de vie attachés à l’urbanité ancienne. Pour eux, la ville, en l’occurrence Paris, est un réservoir de sens, duquel coulent les signes d’un temps révolu. Ce sont eux qui l’activent, chacun saisissant des représentations, des reliques ou des reliquats du passé qui l’interpellent. En ce sens, leurs souvenirs et la mémoire collective de la capitale ont une valeur propositionnelle en son sein même. Les signes, indices ou signaux sont en attente de regard et de remotivation. Narrateurs et personnages les animent à leur guise : certains se limitent à constater leur présence, d’autres cherchent à les effacer, mais les plus dynamiques s’efforcent de les faire saillir et de les relire non sans éprouver de vives émotions. C’est parce que le temps se spatialise dans la ville que les citadins et les passants peuvent assister à son surgissement ou le provoquer. Ce temps étoilé n’est cependant accessible que par bribes, il ne permet aucune entreprise de totalisation, n’est ni linéaire ni précis.
En savoir plus

139 En savoir plus

L'occupation de la mémoire : le souvenir délirant de la France occupée dans La place de l'étoile de Patrick Modiano et La compagnie des spectres de Lydie Salvayre

L'occupation de la mémoire : le souvenir délirant de la France occupée dans La place de l'étoile de Patrick Modiano et La compagnie des spectres de Lydie Salvayre

Ainsi, des problèmes mémoriels que nous avons pu observer dans notre corpus, nous nous permettrons d'étendre notre réflexion et de considérer ces troubles dont sont att[r]

118 En savoir plus

L'ekphrasis photographique et le rapport au biographique chez Annie Ernaux et Patrick Modiano : le cas d'Une femme et de Chien de printemps

L'ekphrasis photographique et le rapport au biographique chez Annie Ernaux et Patrick Modiano : le cas d'Une femme et de Chien de printemps

gros titres du journal que je tenais à la main, pour me rattacher au monde extérieur. » (ChP, 82). La perte de sens existentiel, dont a souffert le photographe à la suite des horreurs de la guerre 161 , semble également se transmettre au narrateur qui finit par s’assimiler à son sujet d’étude : « J’avais noté chez lui certaines manières d’agir et certains traits de caractère qui m’étaient familiers. […] Je ne pouvais présager l’avenir, mais d’ici une trentaine d’années, quand j’aurais atteint l’âge de Jansen, je ne répondrais plus au téléphone et je disparaîtrais, comme lui, un soir de juin, en compagnie d’un chien fantôme » (ChP, 107). Par conséquent, ce qui au départ s’annonçait être une biographie incomplète à propos de Jansen se superpose, au fil des pages, au récit autobiographique du narrateur. L’énumération des informations recueillies sur le photographe révèle, notamment, que lors de sa rencontre en 1939 avec Robert Capa, Jansen avait dix-neuf ans, soit, tel qu’indiqué dans l’incipit, le même âge que le narrateur au printemps de 1964 (ChP, 19). Ces rencontres déterminantes, à vingt-cinq années d’écart, coïncident, tel qu’annoncé par le narrateur lorsqu’il apprend la publication imminente de son premier roman, avec les débuts des deux hommes dans leur pratique respective : « Au même âge que moi, [Jansen] était déjà l’auteur de plusieurs centaines de photos » (ChP, 109). Comme troisième élément d’une série de coïncidences, à cette même période de leur vie, Jansen et le narrateur ont tous deux été en relation avec une femme aux cheveux châtains et aux yeux gris, prénommée Colette (ChP, 91). Enfin, pour démontrer jusqu’où Modiano pousse le hasard romanesque, il se trouve que, dans
En savoir plus

107 En savoir plus

Usages de la photographie chez Patrick Modiano

Usages de la photographie chez Patrick Modiano

celle de la fugue de Dora, des recherches du narrateur, de l'écriture et également celle de l'enfance du narrateur - afIn de voir si cette organisation complexe [r]

153 En savoir plus

Performativité et éthique de la remédiation dans « Dora Bruder », de Patrick Modiano

Performativité et éthique de la remédiation dans « Dora Bruder », de Patrick Modiano

mettant en évidence le potentiel d’expression de l’écrivain par la remédiation – isolée mais initiale – du Paris-Soir et de l’avis de recherche, avec lesquels une différence est soulignée par la disposition des paragraphes et par l’utilisation de guillemets, « explicitly pointing to a medial difference, to its own mediality » (Rajewsky 2010 : 58). Cette dernière citation d’Irina O. Rajewsky, qui traite des relations intermédiales mises en œuvre dans un seul produit matériellement présent tel que le fait Dora Bruder, va également dans le sens des propos de Walter Moser (2007 : 80), selon qui « la médialité d’un art […] devient nécessairement apparente quand deux médias différents entrent en jeu et interfèrent ». Cela contribue ainsi à mettre en lumière le paradoxe que je repère dans Dora Bruder (et dans d’autres œuvres qui présentent une dynamique semblable) : l’agencement du texte de Modiano avec ces autres médiations qui l’informent, qu’elles soient textuelles ou non, renforce en fait la prégnance de l’acte d’écriture de l’auteur et, ainsi, l’aspect performantiel (qui s’ajoute à l’aspect performatif déjà soulevé, mais qui ne s’y confond pas) de l’écriture et de la médialité qu’elle affiche.
En savoir plus

16 En savoir plus

Le ton de Patrick Modiano : du roman ironique au roman affectif

Le ton de Patrick Modiano : du roman ironique au roman affectif

Le roman se termine sur le fait que Dora Bruder emporte son secret avec elle et que personne ne saura jamais comment elle a passé ces journées de fugue avant sa déportation : J'ignorerai toujours à quoi elle passait ses journées, où elle se cachait, en compagnie de qui elle se trouvait pendant les mois d'hiver de sa première fugue et au cours des quelques semaines de printemps où elle s'est échappée à nouveau. C'est là son secret. Un pauvre et précieux secret que les bourreaux, les ordonnances, les autorités dites d'occupation, le Dépôt, les casernes, les camps, l'Histoire, le temps — tout ce qui vous souille et vous détruit — n'auront pas pu lui voler. (p. 144-145) Dans cette voix chuchotée de Modiano, s'inscrivent de nombreux signes d'oralité. Ainsi, toutes les expressions hésitantes, toutes les formulations en forme de litanies qui tempèrent le récit, par lesquelles la narration s'adresse au lecteur et donne à l'écriture la signification d'un geste. On y entend tel un refrain incontrôlable des mots répétés : « Je ne savais encore rien » (p. 29) et « je ne sais pas » (p. 87, 90, 96, 125), « on ne saura jamais » (p. 76, 108), « je savais vaguement » (p. 100), « Je me demande » (p. 38, 73, 109, 123), « on se demande » (p. 92), « je me demandais si » (p. 61), « Je suppose » (p. 25, 40, 55, 83), « Cela suppose » (p. 109 ?), « Qui sait? » (p. 59) « Longtemps je n'ai rien su de Dora Bruder » (p. 60), « je doute » (p. 57), « j'en doute » (p. 102), « j'ignore si » (p. 74, 83, 127), « j'ignorerai toujours » (p. 144). Bref, une voix refoulée, pleine du regret de ne pouvoir élucider l'histoire de Dora Bruder.
En savoir plus

19 En savoir plus

S'écrire à travers la mémoire de la Shoah, cinquante ans après : le cas de Patrick Modiano ; suivi de, Les trois âges de Zofia

S'écrire à travers la mémoire de la Shoah, cinquante ans après : le cas de Patrick Modiano ; suivi de, Les trois âges de Zofia

Il est possible aussi de voir cela autrement, à savoir que l'histoire de Dora avait besoin d'un biais pour être racontée, donc de l'histoire fragmentée du père de Modiano - de toute[r]

110 En savoir plus

La fragmentation de l’identité dans les rituels de présentation : le cas Modiano

La fragmentation de l’identité dans les rituels de présentation : le cas Modiano

Key words: phraseology, lexical motives, presentations, identity, memory. Introduction Les noms et les identités, cela a souvent été remarqué, sont problématiques chez Patrick Modiano, et cette caractéristique, loin d’être anecdotique, oriente la composition même de l’œuvre : elle conditionne ainsi ce que Maurud-Müller (2009, p.169) appelle « la technique du feuilleté », qui atteint, selon elle, son sommet dans Fleur de Ruine, roman dans lequel le lecteur est projeté dans des époques différentes au fil des remémorations du narrateur. Ce sont les personnages – dont, parfois même, l’identité s’obscurcit ou se modifie – qui servent de passeurs incertains et équivoques entre ces différentes « strates » de la mémoire, les noms de lieux, gages de permanence, étant les témoins du passage du temps. Étant donné cette mouvance des identités, il nous a semblé intéressant de regarder de plus près comment s’opéraient les rencontres initiales, au cours desquelles un personnage est présenté à d’autres, ou se présente lui-même. L’étude s’appuie sur un corpus de 27 romans en format électronique, ce qui représente la quasi-totalité de l’œuvre romanesque à ce jour (publications entre 1968 et 2014 : 861 801 mots). Nous avons intégré à titre de corpus complémentaire 1 roman dont nous ne disposions que d’une version en format papier (Memory Lane, paru chez Hachette-POL).
En savoir plus

12 En savoir plus

Patrick Manning, Big Data in History

Patrick Manning, Big Data in History

Ce livre n’est pas uniquement à destination des historiens. Il est même tout autant à destination de decision-makers et des bailleurs de fonds de la recherche. Patrick Manning cherche en conséquence à convaincre et ce, sur tous les fronts : acteurs décisionnels, enseignants, chercheurs, etc., de l’utilité de son projet. Il rappelle les progrès faits dans les sciences naturelles grâce à la mise en place de grandes bases de données, notamment dans les domaines du climat (de la modélisation vers les données) et du génome (des données vers la modélisation) et réfléchit, à haute voix, sur le meilleur hébergeur pour une base de données sur l’histoire humaine. Il espère, dans ce domaine, que l’UNESCO pourra abriter son projet.
En savoir plus

4 En savoir plus

Aux origines de l'aménagement régional: le schéma de la Valley Section de Patrick Geddes (1925)

Aux origines de l'aménagement régional: le schéma de la Valley Section de Patrick Geddes (1925)

Au début du XXe siècle, les idées de Patrick Geddes sont à l'origine d'une des premières théories de l'aménagement régional, un champ de la connaissance où son influence est largement reconnue. Suivant une démarche paysagère, il fonde son modèle graphique de la Valley Section (coupe de vallée). C'est, à la fois, une coupe longitudinale de vallée aménagée et une métaphore de la dimension géographique du progrès économique et social que Geddes veut promouvoir. Des géographes comme Gary Dunbar et Claude Raffestin ont affirmé que l'idée de cette Valley Section s'inspire du modèle du «bassin fluvial» d'Élisée Reclus avec qui Geddes a entretenu une longue et amicale collaboration que l'on peut suivre à travers les textes de leurs archives.
En savoir plus

14 En savoir plus

Quelques résultats de l'étude des versants de l'Île Prince Patrick

Quelques résultats de l'étude des versants de l'Île Prince Patrick

Les trois coupes que nous présentons ci-dessous (figure 3) mon- trent les modifications latérales de cette pente depuis l'endroit où seules les couches gréseuses su[r]

15 En savoir plus

Patrick Corillon (texte pour la brochure de l'exposition au CHU de Liège)

Patrick Corillon (texte pour la brochure de l'exposition au CHU de Liège)

Patrick Corillon Histoires à dormir debout 0´I\TSWMXMSR ,MWXSMVIW k HSVQMV HIFSYX HI 4EXVMGO 'SVMPPSR GSRWXMXYI PE XVSMWMrQI qHMXMSR HY  G]GPI  H´I\TSWMXMSRW±%VXMWXIW k P´L|TMXEP² 2q H´YRI GSPPEFSVEXMSR qXVSMXI IRXVI PI ',9 HI0MrKIIXPI1YWqIIR4PIMR%MVHY7EVX8MP QER GI G]GPI IRXIRH TVSTSWIV TEV HIW MRXIV ZIRXMSRWHERWP´IWTEGIQsQIHIP´L|TMXEPYRI I\TqVMIRGIRSYZIPPIkPEJSMWTSYVPIWTEXMIRXW

2 En savoir plus

Patrick Grainville, « entre l’aigle pêcheur et le cobra royal »

Patrick Grainville, « entre l’aigle pêcheur et le cobra royal »

Une idée en appelant une autre, il est significatif qu’après avoir parlé de Barthes, Grainville renvoie au Cratyle (Platon, 2000), puis fasse bientôt référence à Proust (infra) dont[r]

28 En savoir plus

Compte-rendu de Patrick Williams, Les Tsiganes de Hongrie et leurs musiques

Compte-rendu de Patrick Williams, Les Tsiganes de Hongrie et leurs musiques

« musique nationale », et à laquelle le public occidental attribue la dénomination de « musique tzigane hongroise ». Musiciens mercenaires, au service du pouvoir, les Rumungre occupèrent en Hongrie la place particulière d'interprètes de la musique nationale. Cette situation paradoxale fut l'enjeu de controverses sur la part respective du « national » et du « bohémien » (p. 52). L'exposé des termes de la polémique permet de mesurer le rôle de l'histoire (le genre musical s'est institué après coup grâce aux orchestrations de Liszt et Berlioz), et de comprendre les multiples niveaux de ce qui apparaît à la lecture de Patrick Williams comme des effets de réciprocité. Réciprocité entre les créateurs et les interprètes d'une part : les spécificités du jeu tsigane et l'idéal politique hongrois d'indépendance et de liberté face à la toute puissance de l'envahisseur se renforcent mutuellement (« Le virtuose tsigane incarne l'idéal politique hongrois » p.33), jusqu’à rendre acceptable une situation exceptionnelle : « Auteurs nationalistes hongrois qui voient leurs oeuvres magnifiées par les interprètes tsiganes, musiciens professionnels auxquels le répertoire national assure une place dans la société et offrent mille occasions de briller : tout le monde y trouve son compte » (p.39). Mais aussi effet de réciprocité dans la performance entre le public et la construction du répertoire : ainsi, le succès des musiciens tsiganes accompagnant les recruteurs militaires a peu à peu détaché le genre musical de ses circonstances [316] initiales, et participe à l'élaboration d'une musique dont « on peut dire qu'il s'agit d'une musique tzigane hongroise » (p. 25).
En savoir plus

6 En savoir plus

Compte-rendu de lecture de Patrick Pharo, Le capitalisme addictif

Compte-rendu de lecture de Patrick Pharo, Le capitalisme addictif

Patrick PHARO (2018). Le capitalisme addictif. Paris : Presses Universitaires de France. par Odile Camus. Maître de Conférences en Psychologie sociale. CRFDP. Université de Rouen Surconsommation, course au profit, à la « réussite », besoin de succès, de puissance, dépendance aux technologies... relèvent-ils de conduites addictives ? Et le cas échéant, faut-il y voir la conséquence directe d’un capitalisme devenu hégémonique ? C’est en tout cas la thèse que défend Patrick Pharo. Et ce que l’auteur interroge, ce n’est pas tant la recherche compulsive de certains biens, qu’une disposition addictive générale, incluant par exemple jusqu’aux « addictions religieuses » (pp.226sq.), un « processus addictif collectif qui nourrit chez tout un chacun un désir irrépressible pour des biens et des formes de vie dont nous savons bien qu’ils nous enchaînent » (pp.18sq.) Ce processus ferait de chacun de nous un rouage délibéré du capitalisme.
En savoir plus

5 En savoir plus

Perspective intermédiale sur le motif de la disparition : enjeux d’une poétique de la remédiation chez Perec, Modiano et Nolan

Perspective intermédiale sur le motif de la disparition : enjeux d’une poétique de la remédiation chez Perec, Modiano et Nolan

On irait alors contre un de ses postulats premiers : « [d]ans son principe même, l’intermédialité ne fait pas qu’appeler à l’éclatement des frontières disciplinaires, elle l’impos[r]

279 En savoir plus

La représentation de la forêt dans "L'esclave vieil homme et le molosse" de Patrick Chamoiseau

La représentation de la forêt dans "L'esclave vieil homme et le molosse" de Patrick Chamoiseau

homme et le molosse. La fiction du récit de Patrick Chamoiseau relate les dures conditions de travail et de détention des esclaves noirs dans une plantation de cannes à sucre martiniquaise, pendant la période esclavagiste. Le propriétaire de l’exploitation « le maître – béké » assure le respect de l’ordre et n’hésite pas à lâcher ses chiens féroces à la poursuite des fuyards. Un jour le plus vieux des esclaves, un vieillard sage et solitaire, est saisi d’une irrépressible envie de liberté et s’enfuit dans la forêt où il sera poursuivi par le maître et son plus redoutable chien surnommé « le molosse ». Comme nous l’avons vu dans la présentation du mouvement de la Créolité, la réappropriation de l’espace antillais apparaît comme une des conditions essentielles à la reconstruction de l’identité antillaise. Fort de ce principe, à la base de notre projet se trouvait une volonté d’étudier cet espace antillais et la représentation que Chamoiseau en donnait dans ses textes. Mais, ce projet apparaissant trop vaste dans le cadre d’un master I, nous avons choisi de limiter notre étude à un seul espace en particulier, l’espace sylvestre, dans un texte L’esclave vieil homme et le molosse. Nous étudierons ainsi la représentation que Chamoiseau donne de cette forêt, lieu du marronnage du vieil homme et nous poserons l’hypothèse que Chamoiseau la constitue en un espace intermédiaire, en une aire de travail où se rejoignent Créolité et discours glissantien.
En savoir plus

91 En savoir plus

Show all 82 documents...