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Les cimetières littoraux de la période coloniale

Les cimetières littoraux de la période coloniale

6 L’acte archéologique permet généralement de déterminer le statut de certains des cimetières de la période coloniale, enjeu majeur pour les chercheurs dont l’approche repose aussi sur la consultation des archives. Malheureusement, en ce qui concerne les cimetières d’esclaves, ces sources recèlent très peu d’informations car elles ont été produites par la société blanche, pour qui les esclaves étaient des biens mobiliers ; en conséquence, ils ne figurent pas dans les registres d’état civil (Boutin 1998 ; Verrand 2001). Ainsi, c’est l’approche archéologique qui renseigne précisément sur les pratiques funéraires des esclaves et les spécificités anthropo-biologiques des individus. Le statut du défunt, libre ou non libre, son origine, africaine ou européenne, ne peuvent être déterminés que dans de rares cas quand, par exemple, il porte des entraves ou présente des modifications dentaires de tradition africaine. La biologie – soit la morphologie, le génotype ou l’état sanitaire – ne saurait à elle seule traduire le statut libre ou servile du défunt. En l’absence d’archives, c’est la confrontation des informations archéologiques et biologiques qui oriente vers le statut de l’ensemble funéraire (Courtaud et al. 1999, 2014). L’effectif important de défunts est l’un de ces indicateurs orientant vers une population servile, qui atteignait aux Antilles des valeurs nettement supérieures à celles de la société d’origine européenne, soit environ 80 % de la population à la fin de l’ancien régime (Gisler 1981). Par ailleurs, les effectifs des cimetières paroissiaux, d’hôpitaux ou ceux liés à des épidémies peuvent parfois être assez conséquents mais de nombreuses caractéristiques archéologiques, ainsi que leur mention fréquente dans des sources d’archives, permettent de les identifier comme tels. À ces difficultés d’interprétation s’ajoute le problème de la datation des cimetières en l’absence de documents d’archives : les tombes ne comportent généralement pas de mobilier archéologique ou en comportent peu et, lorsqu'il existe, il est chrono-logiquement peu significatif – comme les épingles de linceul, les boutons en os, les clous de cercueils, les fragments de pipe et parfois des objets religieux. Les quelques rares témoins chronologiques ont néanmoins permis d’établir une typologie des cercueils, les formes trapézoïdales étant plus anciennes, soit du XVIIIe s., que les formes à huit pans,
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Des tribus en Algérie ? À propos de la déstructuration tribale durant la période coloniale.

Des tribus en Algérie ? À propos de la déstructuration tribale durant la période coloniale.

avril 2001. Celles-ci ont mis au devant de la scène publique un nouvel interlocuteur étatique : la coordination des arouch, dairas et communes – le terme arouch ( c arûsh) étant généralement employé en Algérie pour désigner les tribus (sing. c arsh). Suite à ces événements, de nombreux articles journalistiques sont parus au sujet de la tribu 1 , et depuis lors, on assiste tout au moins dans la presse à une mise en exergue et peut-être à une survalorisation du fait tribal dans ce pays 2 . Parmi les questions que pose ce regain d’intérêt pour la tribu, il en est une qui nous intéresse particulièrement : celle concernant le démantèlement tribal. Celle-ci se pose avec acuité d’autant plus qu’il était admis jusque récemment que le régime colonial avait détruit purement et simplement les tribus en Algérie. Or, si la déstructuration tribale fut, durant la période coloniale, une mesure voulue pour les départements civils du Nord, il apparaît qu’il n’en fut pas de même pour les territoires du Sud. L’organisation en tribus y fut en effet maintenue et les clivages tribaux y furent exacerbés. Dans cet article, on tentera de revisiter les thèses du démantèlement tribal en Algérie, pour en souligner les réalités mais aussi les limites, puis on prendra le cas des mesures prises par les autorités coloniales à l’égard de deux tribus appartenant à l’annexe d’Ain Sefra : les c Amûr 3 et les Awlâd Sid F0
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Le Banditisme rural en Algérie à la période coloniale (1871 - années 1920)

Le Banditisme rural en Algérie à la période coloniale (1871 - années 1920)

Conçu comme une histoire à hauteur d’êtres humains, ce travail fait le pari de suivre les bandits tout au long de leur existence. Si l’histoire rurale et environnementale permet de capter des processus d’émergence ou de réception du banditisme, l’histoire de sa répression est tout aussi riche de significations. L’ampleur de la bibliographie a pu, au moment d’ouvrir ce nouveau champ, donner une sensation de vertige, mais ce travail est vite apparu comme incontournable et consubstantiel à mon objet. Le banditisme étant avant tout une relation à l’État, l’œuvre répressive de ce dernier ne peut être laissée de côté. L’analyse de cette activité offre d’ailleurs une porte d’entrée privilégiée pour la compréhension des sociétés rurales. Quels sont les problèmes posés à l’État par la répression des bandits ruraux à la période coloniale ? La mise en place d’un appareil de renseignement efficient constitue une priorité pour l’administration coloniale. Le renseignement en situation coloniale a été abordé dans le cas indien par l’ouvrage de Christopher A. Baily qui montre comment les Britanniques surent s’emparer de réseaux d’information préexistant à la conquête et constitués par l’État moghol. Loin d’être un acteur ignorant des fonctionnements de la société « indigène », l’État colonial constitue un « ordre informationnel » 2 opératoire. Dans la même perspective,
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Colonisation et organisation sociale : les chefs traditionnels du Sud-Cameroun pendant la période coloniale allemande (1884-1914)

Colonisation et organisation sociale : les chefs traditionnels du Sud-Cameroun pendant la période coloniale allemande (1884-1914)

Colonisation et organisation sociale : les chefs traditionnels du Sud-Cameroun pen- dant la période coloniale allemande (1884-1914).. Université Paul Verlaine - Metz, 1982.4[r]

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Frontières et limites à Djibouti durant la période coloniale (1884-1977)

Frontières et limites à Djibouti durant la période coloniale (1884-1977)

«The signing (…) of the Tripartite Agreement [in 1906] (…) marked the first serious challenge to the independent status of Ethiopia» 85 . La frontière du chemin de fer s’est créée en plusieurs étapes et, dès le début, elle empiète sur la souveraineté éthiopienne. C’est déjà le cas lors de la mise en œuvre privée du chemin de fer, entre 1894 et 1901, période durant laquelle les autorités françaises restent en retrait même si l’administration locale est impliquée. Puis lorsque le gouvernement, interpellé par les milieux coloniaux et son administration, s’impose à la Compagnie dont il prend le contrôle théorique en 1902. A la fin de cette même année, et grâce à ce soutien, la construction du chemin de fer atteint le terminus de la première section de la concession accordée par Menelik, où la compagnie crée la ville de Dire Dawa. Enfin, de 1903 à 1906, une longue négociation entre puissances européennes débouche sur l’accord tripartite franco-anglo-italien du 13 décembre 1906 qui donne une base internationale aux zones d’influence européennes en Ethiopie et consacre la semi-indépendance de ce pays. La réalisation du chemin de fer est une construction complexe, qui fait intervenir de nombreux éléments, comme l’écrit Jacques Thobie :
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Madurai et la Vaigai à l’époque coloniale

Madurai et la Vaigai à l’époque coloniale

CONCLUSION Les transformations que connut la ville de Madurai à l’époque coloniale modifièrent la place du fleuve dans l’espace urbain puisque la destruction des remparts, puis la construction du premier pont préludèrent à une extension qui engloba son lit dans le territoire urbain. Il fut néanmoins impossible de concevoir des aménagements utilisant le fleuve de manière continue et efficace pour des usages citadins, notamment à cause de l’irrégularité naturelle de son alimentation qui fut aggravée par l’extension de l’irrigation en amont. D’une certaine manière, même inclus dans la ville, le fleuve continua d’échapper au contrôle des citadins. L’accès en demeura difficile, non aménagé, et finalement épisodique. Sur la longue durée, les fleuves proposent un contexte environne- mental fixé de manière plus ou moins permanente, qui agit sur l’évolution des économies et des cultures humaines. Cette action a un impact régional moins grand qu’une mer comme la Méditerranée étudiée par Fernand Braudel, mais les incursions que nous avons pu faire ici en dehors de la période coloniale semblent indiquer une relation qui traverse les siècles et influe autant sur la géographie urbaine que sur les imaginaires citadins. Une étude plus approfon- die dans cette optique serait particulièrement intéressante, même si le manque de sources rend la tâche difficile.
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La mosquée oubliée, la gestion coloniale de l'Islam à Bordeaux

La mosquée oubliée, la gestion coloniale de l'Islam à Bordeaux

du quartier des bourriches avec du vin pour fêter l'Aïd el Kebir. Pour comprendre comment cette entorse au modèle français a pu produire jusqu'à aujourd'hui une tension forte entre un discours théorique sur le modèle assimilationniste républicain et une réalité qui en est très éloignée, il faut cesser de considérer le niveau national et considérer l'échelon d'une ville. L'espace pertinent des relations avec les étrangers dans une ville métropolitaine comme Bordeaux jusqu'à la fin de la première moitié du vingtième siècle n'est pas la France mais le monde colonial. Inversement, c'est en considérant l'Espace colonial que l'on met en évidence le rôle primordial joué par les grandes villes portuaires (Bordeaux mais aussi Marseille, Nantes) dans l'économie coloniale donc dans la gestion des ressources humaines des pays assujettis. Point n'est besoin d'aller emprunter aux anglo-saxons les origines du modèle minoritaire que l'on a vu se dessiner en France. La gestion minoritaire à la française n'est pas exogène mais puise ses racines dans la période coloniale, et les "Musulmans" en constituent la figure la plus édifiante.
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VILLE AFRICAINE, LÈPRE ET INSTITUTION COLONIALE

VILLE AFRICAINE, LÈPRE ET INSTITUTION COLONIALE

C-Un quartier dans la ville africaine actuelle (Figure 3) Parallèlement à cette évolution locale, la ville de Bamako a été soumise aux mêmes processus d’urbanisation excentrique et d’explosion démographique que les autres métropoles africaines. Néanmoins, les caractéristiques de son passé, de sa situation, de ses cultures font qu’elle ne leur ressemble pas. Ville de l’intérieur à la colonisation récente (un siècle), ville plate, elle s’est étendue de manière tentaculaire, exploitant les interstices entre les montagnes, ne craignant plus le fleuve et ses débordements. Ses limites floues avec la ruralité, qu’elles soient dans l’habitat ou dans l’origine de ses habitants, la font désigner comme un “grand village”. La ségrégation spatiale des citadins n’a pas aboutit à Bamako à cette coupure observée à Dakar entre un centre pour nantis et une périphérie où sont rejetés les autres 28 . Certes elle y a correspondu à la période coloniale mais le départ de la minorité occidentale (Indépendance) suivi du processus d’exode rural a tempéré la segmentation de la ville. Le territoire de “l’élite” s’est étiolé au centre et atomisé dans le reste du tissu urbain. Les limites actuelles sont en constant remaniement, les quartiers dits “spontanés” se sont multipliés et étendus. Le rural ne se situe pas seulement aux frontière de l’agglomération mais également à l’intérieur. En effet, Bamako se caractérise par de nombreux zones vides intra-urbaines. L’espace s’agrandit, les espaces se multiplient et se diversifient. La population semble hétéroclite et non structurée, alors qu’elle suit des repères géographiques (pays, région, village d’origine), culturels (“ethnie”, clan, lignage), sociaux (anciens et nouveaux systèmes associatifs), économiques et autre (religion, maladie…). Compte tenu de la mobilité des gens, il est difficile de faire la différence entre “migrants” et Bamakois d’origine. Les déplacements sont réguliers et nombreux dans la ville, hors de la ville, hors du pays, en Afrique de l’Ouest et vers l’Europe. Centre-périphérie, rural-urbain, bamakois-étrangers se mélangent dans une mouvance incessante. Mais à travers cette surabondance d’espaces, de temps, d’événements et d’individus et malgré l’ordre importé, longtemps imposé, la ville a gardé dans son organisation spatiale et sociale des marques mandingues signifiantes 29 .
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Formation et transformations d'une élite coloniale : Puebla (1560-1639)

Formation et transformations d'une élite coloniale : Puebla (1560-1639)

l’Espagne et le Portugal avec la péninsule ibérique durant la période coloniale 12 » . Le développement de cette notion vise à mettre fin aux thèses anciennes, qui faisaient de l’Amérique une périphérie de l’Europe sans aucune autonomie se contentant de recevoir les savoirs et pratiques du centre européen. Dans cet espace, cette nouvelle historiographie prône l’importance des « transferts culturels », notion associée aux noms de Michel Espagne et de Mickael Werner et qui s’est fortement développée à partir des années 1980, remplaçant la notion de « métissage ». L’utilisation de cette notion au sein de l’Euro-Amérique permet de repenser les échanges, qui sont désormais vus comme des échanges multilatéraux ou de va-et-vient et non plus comme des échanges à sens unique (d’Est en Ouest). Il s’agit donc d’identifier les phénomènes d’aller-retours culturels et d’écarter le biais des approches en termes de cultures dominées et de cultures dominantes. Ces nouveaux travaux vont même plus loin en mettant en avant des flux contraires, à savoir d’Ouest en Est, comme le dit Serge Gruzinski : « l’expansion ibérique multiplie les effets en retour, et pas seulement dans le domaine des épices et des métaux précieux » ; « des savoirs nouveaux s’exportent vers l’Europe en exploitant les relais techniques
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L’expérience coloniale anglaise et les relations interculturelles au Québec

L’expérience coloniale anglaise et les relations interculturelles au Québec

appartenir à la même génération, soit avoir entre 35 et 60 ans. Cette tranche d’âge a été choisie parce qu’il semble que, dans une majorité des cas, elle s’accompagne d’une certaine réflexion sur l’histoire, la mémoire, le soi et la société, analyses qui sont plus rarement faites à un jeune âge. De plus, cette tranche d’âge correspondait avec une certaine partie de l’histoire que je voulais cerner en Afrique et au Québec. En effet, au Québec, les 40 à 50 ans n’ont pas vécu la Révolution tranquille, mais ils ont tous vécu l’« après ». Les 50 à 60 ans en ont vécu une partie, mais ils étaient trop jeunes pour s’en souvenir. C’est de cette mémoire que je voulais traiter. Pour les Africains, la plupart des 40 à 50 ans n’ont pas vécu la période coloniale comme les Canadiens français et n’ont qu’un souvenir de la mémoire collective et familiale de cette période, car eux aussi n’ont vécu que l’« après ». Cela a permis, pour les Africains que j’ai pu avoir comme participants, d’être d’une génération postcoloniale semblable. Cependant, comme la langue, ce critère n’a pas gardé la même importance qu’au départ. En effet, je voulais restreindre la participation immigrante à des participants venant d’un pays ayant vécu une colonisation britannique avec un passé catholique où la langue française était une des langues officielles du pays comme le Cameroun ou le Congo. Encore une fois, ce critère est quand même resté pour assurer une continuité. Finalement, pour des raisons de représentativité, le nombre de participants devait être distribué à peu près également entre hommes et femmes et devait avoir un niveau d’instruction différent. La répartition sous ces critères peut être visualisée dans l’annexe 2 où j’ai fourni un tableau des participants.
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Accouchement en période de pandémie

Accouchement en période de pandémie

Nous avons voulu avoir des données à propos du risque infectieux au cours des accouchements de nos deux périodes. Nous avons soumis la donnée « durée d’ouverture de l’œuf en heure » à un test de Mann-Whitney pour échantillons indépendants. Sept dossiers mentionnaient une durée d’ouverture de l’œuf indéterminée : trois sur la première période et quatre sur la deuxième période, ces dossiers ont été exclus pour ce calcul. Le test n’a pas révélé de différence significative entre les échantillons (médiane = 4,5 heures versus 4,5 heures, p valeurs = 0,8). Nous avons soumis la donnée « nombre d’accouchement pour lesquels l’ouverture de l’œuf a été supérieure ou égale à 12 heures » à un test du Chi2 pour échantillons indépendants, qui n’a pas révélé de différence significative entre les échantillons (30% versus 26%, p valeurs = 0,3). Les durées de rupture indéterminées mentionnées plus
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Suivi d'élevage de poulet de chair en période tempérée et en période estivale dans la wilaya de Sétif

Suivi d'élevage de poulet de chair en période tempérée et en période estivale dans la wilaya de Sétif

En vue d’évaluer, en conditions de terrain, l’incidence de la chaleur ambiante sur la productivité des élevages avicoles, nous avons comparé les performances zootechniques de 2 cycles d’élevage de 3000 poulets de chair élevés durant 56 jours lors du printemps ou de l’été de l’année 2012, au sein d’un même bâtiment, situé à la région de Ain Oulmane (wilaya de Sétif). La température ambiante (Ta) diurne moyenne relevée dans le bâtiment en période estivale était de l’ordre de 31,5°C ± 2,3 alors que celle de la période printanière avoisinait les 27,2°C ± 2,3. Ces Ta élevées en été ont induit, chez les poulets, une plus forte mortalité (15% vs 7%) et une réduction de la croissance (-12%) et de la consommation alimentaire (-11%) par rapport aux conditions d’élevage printanières. Toutefois, l’indice de conversion et l’index de production des poulets élevés en été ne sont pas très affectés par rapport à ceux obtenus au printemps. De même, le nombre total de bactéries coliformes, déterminés à l’âge de 49 jours, est comparable entre les 2 saisons d’élevage alors que celui des lactobacilles semble supérieur chez les poulets élevés en été par rapport à
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Actualité de la préhistoire. Notes sur Marx et la condition (post-)coloniale du capitalisme

Actualité de la préhistoire. Notes sur Marx et la condition (post-)coloniale du capitalisme

1) Introduction : Pourquoi les catégories marxiennes pour aborder le (post)colonialisme ? 2) La condition coloniale du mode de production capitaliste a. L’analyse des colonies dans les articles pour le New York Daily Tribune b. Transition au capitalisme ? Notes sur les formes de production pré-

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UN DEMI-SIECLE D'EXPANSION COLONIALE Française (TERRITORIALE). 1864-1914

UN DEMI-SIECLE D'EXPANSION COLONIALE Française (TERRITORIALE). 1864-1914

Madagascar l’accord de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne en 1890 ; à partir de 1891, les « Réunionnais » et d’autres partisans de l’expansion reprirent leur campagne en faveur de la conquête. Le 22 janvier 1894, les députés français adoptèrent un ordre du jour unanime favorable à une intervention militaire ; les Hovas proclamèrent en octobre la guerre sainte contre la France ; l’expédition française fut décidée en novembre de la même année. Elle permit l’occupation de Antananarivo (Tananarive) le 30 septembre 1895 et fit la conquête de l’île, en montrant des divergences de vues ubuesques ou dramatiques entre ministères de la Guerre et de la Marine. Elle fut très coûteuse : 5 000 morts (des fièvres, surtout) sur les 15 000 de l’expédition ! Un nouveau traité de protectorat fut signé le 1er octobre 1895 par la reine. L’insurrection fut immédiate, poussant la France à transformer de manière unilatérale et par la force le protectorat en annexion coloniale le 6 août 1896. Joseph Gallieni (1849-1916), nommé gouverneur, aidé dans le sud par le colonel Lyautey, abolit la royauté et exila la reine en Algérie, fut rude avec les autorités hovas, conciliant avec la population, supprima l’esclavage et développa un système d’occupation méthodique et progressive (la « tache d’huile ») au cours de ses dix ans de séjour dans la grande île.
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Michelin ou l'opportunité coloniale. L'exemple de l'Indochine, 1912-1939.

Michelin ou l'opportunité coloniale. L'exemple de l'Indochine, 1912-1939.

I- Une étude de cas : l'attribution des concessions à Michelin Si les plantations sont souvent présentées comme emblématiques de la violence et de l'exploitation coloniale, elles sont aussi dépeintes par certains comme les symboles de la réussite économique de cette colonie, le symbole de la domestication de la nature présentée comme « sauvage » grâce à la politique de « mise en valeur » prônée notamment par Albert Sarrault au sortir de la 1ére Guerre Mondiale. En 1910, le Gouverneur d'Indochine décida que toutes les surfaces de terres présentées, abusivement, comme « abandonnées » après la conquête coloniale, ou juridiquement « vacantes et sans maîtres », seraient réservées à la culture du caoutchouc dans la région au sud de Saigon, celle dite des terres rouges, les plus riches. Dès lors, malgré leur résistance, l'expropriation fut effective pour les communautés proto-indochinoises vivant dans ces immenses forêts présentées comme vierges et sauvages. En fait, celles-ci étaient exploitées depuis des générations par ces populations habituées à défricher pour cultiver sur des terres brûlées et à faire paître leur bétail sur les surfaces laissées ensuite en jachère. Aussi, va-t-on assister non pas à une mise en valeur des
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Ecole et imaginaire dans l’Algérie coloniale. Parcours et témoignages. Introduction

Ecole et imaginaire dans l’Algérie coloniale. Parcours et témoignages. Introduction

Ahmed GHOUATI, Ecole et imaginaire dans l’Algérie coloniale. Parcours et témoignages, Paris : Editions L’Harmattan, Collection Europe Maghreb, 2009 INTRODUCTION D’un point de vue historique, nous savons que les moyens humains et matériels mis en œuvre à travers l’extension des lois Ferry à l’Algérie à partir de 1883 étaient à peine adaptés à la formation de quelques cadres intermédiaires et d’un stock minimal d’une main d’œuvre alphabétisée en français pour les besoins de l’entreprise coloniale 1 . Contrairement à une idée
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L’état d’urgence : une loi coloniale, un outil de la répression politique

L’état d’urgence : une loi coloniale, un outil de la répression politique

Après une longue période d’oubli, l’état d’urgence a été de nouveau déclaré en Nouvelle-Calédonie en 1985, dans le cadre des mobilisations pour l’indépendance sous la conduite du Front de libération kanak et socialiste (FLNKS) dont le nom reproduisait sciemment celui du FLN algérien en son temps. Il a ensuite été déclaré à l’automne 2005, à la suite des « émeutes » dans divers quartiers paupérisés et massivement peuplés par des immigrés et leurs familles. Ces deux dernières occurrences de l’état d’urgence ont réactivé sa dénonciation comme une loi coloniale. L’argument est évident dans le cas calédonien et il peut être soutenu par la vision des « émeutiers » de 2005, ramenés à leur ascendance étrangère et supposément issus d’ex-territoires coloniaux. Aussi l’état d’urgence n’a pas été perçu pour ce qu’il est aussi : une loi de répression politique. Sa déclaration après les attentats du 13 novembre 2015 en administre la preuve. Il est incontestable que, dans le contexte de la lutte contre un terrorisme se réclamant de l’islam, les populations considérées comme « musulmanes » constituent dans leur ensemble des cibles, dans une logique qui pourrait être qualifiée de « coloniale ». Simultanément, pourtant, les militants anti-COP 21 et les Zadistes ont été visés par des arrestations, gardes à vue et assignation à résidence. Loi coloniale, outil de répression politique ? L’état d’urgence peut être, suivant les moments, les conjonctures et les usages que choisit d’en faire le pouvoir, l’une ou l’autre ou encore les deux à la fois. L’oublier serait manquer à un devoir de vigilance citoyenne que ce type de dispositif doit nécessairement nécessiter.
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La ville coloniale italienne entre mémoires, représentations et histoire

La ville coloniale italienne entre mémoires, représentations et histoire

Dans les années 1930, le régime s'oriente vers l'expansion coloniale et il dirige l'effort dans tous les terrains coloniaux : les Iles Italiennes de l'Égée (le nom officiel du Dodécanèse) reçoivent le statut officiel de colonie en 1930, l'action du général Graziani en Libye annihile les "rebelles", l'Éthiopie fut (re)conquise en 1935 pour former, avec l'Érythrée et la Somalie, l'Afrique Orientale Italienne (AOI) ; territoire de l'Empire italien proclamé le 9 mai 1936. Finalement en 1939, l'Albanie fut occupée militairement. Au moment historique dans lequel les puissances coloniales étaient en train de consolider leurs possessions et de profiter des ressources existantes, l'Italie abordait sa phase d'expansion.
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Obodji Soboa, chef supérieur des Abbey en Côte d’Ivoire coloniale

Obodji Soboa, chef supérieur des Abbey en Côte d’Ivoire coloniale

Réorganisation coloniale de la chefferie abbey En signe de reconnaissance et pour servir ses propres intérêts, l’État colonial nomma Ntakpé Soboa chef des Abbey en 1911. La tradition orale rapporte à ce sujet une anecdote, en forme de parabole, qui éclaire la représentation encore confuse que se faisaient les Abbey de la transition ou du chevauchement alors en train de se jouer entre, d’une part, la puissance du chef dans sa conception locale africaine et, d’autre part, son autorité bornée, adoubée administrative- ment, selon la conception exogène française. Alors qu’il était encore prisonnier à Adzopé, Ntakpé Soboa « captura une panthère qui venait les nuits prendre le bétail du commandant. Cet exploit fut décisif pour lui rendre sa liberté. Le com- mandant avait dit à Soboa “si tu as pu prendre une panthère vivante, c’est que tu es encore assez fort, intelligent et rusé pour commander. De ce fait, nous allons accepter la proposition des Abbeys qui font des démarches pour t’avoir comme chef”. C’est en présence de tous les Abbeys réunis que le chef suprême des com- battants abbeys Gbale Ahou l’a fait reconnaître comme chef suprême des Abbeys. C’est fort de cela que les Français l’avaient nommé en 1911 chef supérieur de tous les Abbeys d’Agboville. Sans sa sagesse et sa clairvoyance, le riche Agnéby aurait été totalement rasé et les habitants tués et éparpillées aux quatre coins de la Côte d’Ivoire 29 ».
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Que reste de l’universel ? Les droits de l’homme à l’épreuve de la critique post-coloniale

Que reste de l’universel ? Les droits de l’homme à l’épreuve de la critique post-coloniale

modernité européenne sont soupçonnées de jouer le rôle d’idéologie. Marx avait accusé la bourgeoisie montante d’avoir sanctuarisé ses valeurs et naturalisé ses désirs dans des droits prétendument inaliénables et imprescriptibles. Le procès des Lumières, désormais, ne reprend plus l’antienne marxiste : mais la critique, sur le fond, n’est pas si différente. Dénonçant le privilège que s’octroie lui-même l’homme blanc, le citoyen statutaire, le colon sans état d’âme, la critique post-coloniale dénonce le jeu de masques qui conduit les inspirateurs et les rédacteurs des Déclarations à sombrer dans une défense naïve ou étroite de la lutte contre l’oppression, qui omet l’essentiel de l’humanité de son ambition théorique et pratique. Elle décèle les compromissions navrantes des Lumières avec une pensée racialisante, qui ne condamne que mollement les exactions coloniales, voire contribue à les renforcer. Elle conspue le faux humanisme et le cosmopolitisme de façade qui auraient conforté l’impérialisme et rejeté hors de l’histoire les peuples non européens 45 . Les études post-coloniales n’incriminent pas
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