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Le sens dans tous les sens

Le sens dans tous les sens

Arroser les plantes tous les jours... Terminons, en revenant à des considérations pédagogiques, par la métaphore du jardinier. De nombreux enseignants débutants se plaignent de ce que leurs élèves, même s’ils "suivent" les activités introductives (censées "donner du sens" aux notions traitées) n’en tirent aucun profit à long terme. C’est que le sens, dans toutes ses composantes, est un peu analogue à l’eau pour les plantes. Se plaindre de ce que le sens des notions introduites ne reste pas, c’est comme dire « mais je l’ai déjà arrosée une fois, cette plante ! qu’est-ce qu’il lui faut de plus? » Le sens, ce n’est pas comme un élément de savoir qu’on pourrait supposer acquis ; le sens, comme l’eau, ça doit circuler, être constamment renouvelé. Le jardinier doit arroser ses plantes tous les jours, jusqu’à ce qu’elles soient capables d’aller chercher l’eau par elles-mêmes avec leurs racines... tout comme l’élève finit par savoir faire des recoupements et des rapprochements et donner par lui-même du sens à ce qu’on lui enseigne.
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Géométriser le sens

Géométriser le sens

Géométriser le sens 4 Géométriser le sens. L’archétype du graphe petit monde, celui pour lequel on visualise le mieux la structure qui est en jeu, est le réseau social. Les sommets en sont des personnes. Elles sont reliées lorsqu’elles sont en relation soit amicale soit professionnelle, bref quand elles se rencontrent. On comprend très bien le côté à la fois hiérarchisé, peu dense globalement et très clusterisé localement. Chaque personne a en effet son cercle de connaissances, très clusterisé donc. Une d’entre elles est libre de rejoindre un club ou de déménager dans une autre ville. Il se forme alors de nouvelles connexions, des « raccourcis » entre diverses zones denses du graphe. Ces relations humaines sont cependant contraintes par un espace géographique constitué de villes plus ou moins importantes et plus ou moins éloignées les unes des autres. Plus une ville est importante, plus les activité de travail sont denses dans ce lieu. Plus deux villes sont proches, plus il y a d’activités qui impliquent les deux villes à la fois. Enfin chaque personne qui travaille se déplace en fonction de sa ou ses activités (une personne peut avoir plusieurs activités, changer d’emploi, etc.). Certains sont amenés à couvrir tout le territoire sur lequel s’exercent leurs activités, alors que d’autres sont cantonnés dans une partie seulement de ce territoire. Une rencontre est un événement qui se produit chaque fois que deux personnes se retrouvent dans le même lieu dans le cadre de leurs activités.
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Le sens grammatical

Le sens grammatical

Le sens des unités grammaticales Comme nous l’avons dit, notre projet consiste à décrire le sens des unités grammaticales en termes d’opérations de construction de scènes verbales. Autrement dit, il s’agit d’expliciter, pour chaque unité, le rôle qu’elle joue dans la spécification de telle ou telle propriété que nous venons d’exposer. Les déterminants par exemple, servent à indiquer la manière dont les entités sont présentées sur la scène, en spécifiant à la fois l’opération qui permet de construire cette entité (extraction, fléchage, etc. : cf. Culioli 1990), et la relation entre la fenêtre de monstration et les limites de l’entité. Les marques de temps verbal participent à la construction des procès, en spécifiant la position de l’intervalle de monstration par rapport, d’une part à l’intervalle de déroulement du procès, et d’autre part à l’intervalle temporel lié à l’énonciation, comme le montre l’étude que Gosselin a consacrée au temps et à l’aspect en français (Gosselin 1996). Les verbes modaux (pouvoir, devoir) spécifie le mode d’accès à la scène construite par l’énoncé dans lequel ils se trouvent. D’autres unités (pronoms relatifs, entre autres) servent à imbriquer une scène dans une autre… Chacun de ces exemples mériterait bien sûr d’amples développements, dans lesquels nous ne nous aventurerons pas ici : notre objectif est simplement de présenter le cadre général d’une recherche, qui devrait permettre, par une série d’allers retours entre des études empiriques d’unités particulières et des hypothèses théoriques sur la structure du champ intersubjectif ouvert par la parole, à la fois de mieux cerner ces propriétés générales des scènes verbales que nous avons postulées, et de mieux décrire le sens des unités dans ce cadre.
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Le sens du commun

Le sens du commun

comme l’une des instances concourant, conjointement à la famille ou à la « formation tout au long de la vie » par exemple, à ce triple procès (de socialisation, d’éducation et de formation). Cette substitution des compétences aux savoirs comme visée des apprentissages scolaires, dans le souci affirmé, de permettre sinon d’assurer une plus grande connectivité avec les savoirs « non-scolaires » (au sens non axiologique du terme) ainsi que le relatif décentrement de l’institution scolaire dans le procès sus-cité, nous inclinent à penser que le commun du socle est un commun par sommation, un commun par le fait en somme. Et nous formons alors l’hypothèse que ce commun est un commun « faible » qui, en définitive, repose sur le fait de la scolarité obligatoire en ce qu’elle « doit au moins garantir à chaque élève les moyens nécessaires à l’acquisition d’un socle commun […] qu’il est indispensable de maîtriser pour accomplir avec succès sa scolarité » (art. 9 du décret n° 2006-830). Ce faisant, nous voilà reconduit à (ré-)interroger le sens du commun selon la « culture commune », dont le « socle commun » se présente (et est souvent présenté) comme l’aboutissement légitime, voire exclusif.
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Sens de l'existence et société : recherche théorique et épistémologique sur le sens social de l'existence

Sens de l'existence et société : recherche théorique et épistémologique sur le sens social de l'existence

avancent dans le bon sens ou que notre vie - malgré sa petitesse - a sa place dans la globalité de l'existence humaine. 44. Le sens négatif ou les limitations de l'existence : lois, morale et politique Parallèlement aux principes d'orientation, les unités de sens de l'existence vont également fournir à leurs adhérents un ensemble de limitations sociales, qui vont prendre la forme de lois, d'interdits, de normes et de règles contraignant l'action. Outre les règles communes à toutes les sociétés (ne pas tuer, ne pas voler, etc.), établissant des conditions minimales de développement pour ses membres, les limitations de l'action vont de manière générale être relatives au sens donné à l'existence humaine. Pour toute contrainte sociale, on peut toujours alors remonter jusqu'aux plus hautes représentations reliées pour en retracer les justifications. On trouve ainsi dans certains mythes, par exemple, le récit dramatique des conséquences dévastatrices d'un comportement pour expliquer l'origine de son interdiction, et dans la Bible les révélations des commandements et autres codes de conduite. Pour les sociétés qui considèrent (réellement) les hommes comme tous égaux, les mêmes droits vont s'appliquer à tous. Et c'est en fonction d'une société privilégiant l'efficacité et la productivité que des règles bureaucratiques contraignantes vont aussi pouvoir trouver leur légitimité. Le sens implique ainsi toujours une série de comportements régulés et normes que l'on devra respecter, sous peine de sanctions formelles ou non.
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Saisir le sens dans les deux sens

Saisir le sens dans les deux sens

s Aisir le sens dAns les deux sens 129 de ε sont, en tendance, sensibles à la fréquence relative du mot considéré. Toutefois, l’effet de fréquence, par ailleurs attendu puisque la première stratégie discursive de thématisation concerne la fréquence d’utilisation de tel ou tel mot, n’est pas pour autant sufisant à expliquer la répartition des mots dans l’espace considéré. Ce que l’on observe sur de tels graphiques semble bien relever de la coloration sémantique différente d’un mot à l’autre et d’un locuteur à l’autre. Le tout rejoint notre conclusion, en 3.2 : une approche asymétrique de la co-occurrence permet de diagnostiquer des éléments de thématisation.
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Le sens des choses ou le besoin de sens

Le sens des choses ou le besoin de sens

Le système de sens commun permet de rendre explicites les « choses », les propriétés et les relations pertinentes pour les actions dans une situation donnée, sans passer nécessairement par l'intermédiaire d’une logique reconnue. Le sens commun comporterait donc des significations qui désignent les individus, les objets, les notions abstraites, les différents types de relations… Le sens commun n’est donc pas un modèle réducteur du monde, en revanche, il est le corrélât perceptuel des modèles à partir d'un point de vue particulier. Face à une activité à mener, le sens commun construirait un crobard fonctionnel de l'espace de travail, décrivant directement la situation à traiter et dans laquelle se déroulent les actions. Il serait donc construit au cours de l’activité et n'aurait qu'une existence transitoire dans la mémoire de l’entreprise, alors que les modèles disciplinaires sont des représentations abstraites et simplificatrices des situations, le sens commun serait la contextualisation de ceux-ci. Il permet d’utiliser les logiques individuelles (non modélisables) pour aboutir à une réduction a minima des informations, produisant ainsi une économie de moyens dans la compréhension et la résolution des situations : c’est l’intuition de l’expert.
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Le sens de la MESURE

Le sens de la MESURE

« macroéconomie », et ces différentes économies particulières recouvrant les divers domaines de la gestion, ne résume pas la question. Il faut d’abord compter avec l’éternelle querelle de la « science » et de l’ « art ». Le suffixe « nome » induit en français plutôt le sens d’une norme pratique (« loi », au sens de ce qui doit se faire) que celui d’une connaissance scientifique qu’on désigne plus volontiers par le suffixe « logue » (de logos, discours). 1 L’ « économie »,

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Le sens du social

Le sens du social

Présentation 7 ceux des sociologues, mais en les dépassant dans et grâce à l’esthétique. Enfin, Jacques Dubois revient sur les usages à la fois ironiques et critiques que Proust fait du mot « sociologie » dans une pratique romanesque qui semble préfigurer le regard d’un Bourdieu ou d’un Goffman. Le « sens du social » apparaît donc bien, ainsi que le montre cet échantillon d’analyses, comme une des clés de lecture essentielles de la littérature du XIX e siècle.

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Gadamer et Derrida : entre l'unité du sens et le sens " différé "

Gadamer et Derrida : entre l'unité du sens et le sens " différé "

Des conceptions du signe et du langage des deux philosophes, nous avons essayé, tout en insistant sur leurs différences, de déplacer l'accent du plan purement th[r]

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Le sens de la pente

Le sens de la pente

L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d’enseignemen[r]

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Note sur le sens de Capitulum

Note sur le sens de Capitulum

Pour le cas d'Andenne donc, on voit capitulum apparaître seulement dans la première moitié du XIII e s ., alors qu'il y avait certainement des chanoinesses prébendières à Andenn e dans l[r]

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SENS ET TRAVAIL

SENS ET TRAVAIL

Le meilleur moyen de ne pas perdre pied lorsque l’on est pris dans le déroulement d’une action c’est de s’arrêter et de se demander pourquoi on l’accomplit, de s’interroger précisément sur le sens de ce que l’on fait et sur ce à quoi on est relié par ce que l’on fait et surtout à qui l’on est relié. Si, en se posant ces questions, on finit par s’apercevoir que la dimension humaine de ce que l’on fait a disparu, c’est certainement que quelque chose ne va pas. Penser le travail de demain, cela doit nécessairement passer par un renversement des priorités, autrement ne plus mettre les hommes au service de l’entreprise et de l’économie, mais mettre l’entreprise et l’économie au service des hommes. Il y a, certes, des exigences de rentabilité et de compétitivité qui imposent parfois des manières de faire, mais ne faut-il pas aussi parfois se dire que ces exigences, c’est aussi au service des hommes qu’on doit les satisfaire. Il faut donc éviter de tomber dans une sorte de logique sacrificielle qui immolerait l’homme sur l’autel de la rentabilité. Il ne faut pas oublier que le monde du travail et des échanges appartient comme l’écrit André Comte Sponville 19 à l’univers des moyens que l’on met en œuvre, c’est-à-dire à l’univers de la technique, et qu’il est toujours nécessaire de s’interroger sur les fins que l’on poursuit à l’aide des moyens que l’on invente et que l’on utilise. Il est indispensable de réfléchir à notre maîtrise des choses et des autres pour éviter que les moyens que nous utilisons nous dictent notre conduite, c’est là une des dérives principales de notre univers dominé par la technique. Il nous faut donc inventer et réinventer régulièrement notre manière de travailler pour sans cesse redonner du sens au travail, pour qu’il devienne et qu’il demeure une activité dans laquelle les hommes ne seraient pas réduits à leur seule dimension de moyen mais continuerait également à avoir valeur de fin. Il faut donc pour que le travail prenne sens et que le sens du travail ne nous échappe pas, travailler avec et pour les autres et non pas seulement faire travailler les autres. C’est à cette seule condition
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Les sens du public

Les sens du public

mation culturelle, mais qui ne s’intéressent que de loin aux autres sujets; d’autres qui s’investissent en politique parce qu’ils se sentent proches d’une formation ou d’un leader politique, mais qui perdent leur passion quand la configuration du pouvoir se modifie; il y a un grand nombre de citoyens qui ont une attention oblique pour la chose publique, qui peuvent ressentir un attrait pour l’intrigue publique lors d’événements forts comme une guerre ou un scandale, lors de céré- monies électorales ou de rituels de commémoration, mais qui d’ordinaire vaquent à leurs affaires courantes sans chercher à influer sur le cours des affaires publiques; il y a une masse de citoyens que la politique n’intéresse tout simple- ment pas, par manque de compréhension, par désenchantement ou par désillu- sion, qui font comme si ça ne les concernait pas parce qu’ils ne se sentent aucune légitimité à prendre position, ou qui s’en détournent parce que cela leur paraît le privilège d’un tout petit nombre. L’engagement ne se manifeste pas seulement sur les barricades: les citoyens peuvent s’enflammer pour des affaires et râler à la découverte de scandales, pâtir ensemble d’une situation d’injustice faute d’agir ensemble, prendre fait et cause un jour et se cloîtrer chez eux le lendemain, se lancer corps et âme dans une revendication et s’en détourner quand elle leur échappe, adopter des postures ironiques, parodiques ou cyniques ou tout simple- ment ignorer la chose publique, sinon quand leur intérêt personnel est en jeu. Le «voir avec» des communions cathodiques de membres de publics dispersés devant leurs postes de télévision éclaire par analogie une dimension des publics politiques: loin de donner dans l’enthousiasme héroïque, et parfois de toucher au sublime dans la révolution, les citoyens entretiennent des liens faibles avec des publics virtuels, en contrechamp des contextes de leur vie quotidienne. Peut-être pourrait-on, au lieu de postuler, comme le veut l’invective devenue rituelle, une dénaturation de la politique par les médias, opérer un transfert des notions de «diasporique» ou de «fugitif» des publics de téléspectateurs aux publics de citoyens. Dans de nombreuses situations, les particuliers se sentent obligés par un sens de la responsabilité partagée avec leurs pairs, ils ont le sentiment d’endu- rer les mêmes épreuves et d’être exposés aux mêmes événements, ils assistent impuissants, mais pas indifférents, au spectacle du monde, ils se sentent concer- nés par des enjeux qui excèdent la sphère de leurs affaires personnelles. Ils ont le sens de prendre part à un public, sans pour autant aller voter ou prendre les armes. Le souci du bien public, sans doute fugace et retors, dispersé dans des petites situations, pas toujours assumé comme tel, menacé par les dérives du particula- risme, est pourtant bel et bien là.
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Clinique du sens

Clinique du sens

Quelle est la spécificité de l’aumônier ou de l’accompagnant spirituel dans une telle perspective ? Il n’est pas là pour avoir l’exclusivité de la prise en compte de la vision du monde du patient dans la conversation entre le patient et l’environnement du soin (du « care ») dont bénéficie le patient. Au contraire. Certes, l’aumônier ou l’accompa- gnant spirituel a des compétences pour mener une conversation qui mobilise la vision du monde du patient dans l’expérience que constitue l’expérience de la maladie. Mais l’expression de ces compétences ne devrait pas rester confinée dans l’intimité d’un en- tretien en tête-à-tête avec le patient. La mission de l’aumônier ou de l’accompagnant spirituel est aussi et peut-être avant tout à destination de l’équipe soignante pour l’ai- der à ne pas perdre de vue la personne dans sa globalité, avec tout ce qui fait sens pour elle. L’enjeu est que chaque membre de l’équipe soignante puisse rester profondément humain dans sa manière d’approcher chaque patient. L’accompagnement de l’équipe soignante, ainsi que de chaque membre de cette équipe avec la vision du monde qui est la sienne, constitue une tâche tout aussi, sinon plus importante, que la rencontre des patients eux-mêmes. Car si les soignants sont partie prenante d’une approche globale, intégrale du patient, prêts à entendre ce qui fait sens pour lui, attentifs à son système de valeurs, c’est tout le dispositif de soins qui répondra aux critères d’un « spiritual care » global et intégratif. Mais cela signifie que l’aumônier ou l’accompagnant spiri- tuel soit disponible pour écouter les questionnements des soignants sur le sens de leur propre pratique et capable d’accompagner les débats et prises de décisions éthiques au sein des équipes soignantes. Ensuite, vu du point de vue du patient, ce n’est pas forcément un intervenant estampillé « aumônier » ou « accompagnant spirituel » qui sera identifiée comme offrant l’accompagnement spirituel bienvenu pour traverser l’ex- périence de la maladie. Ce sera peut-être le médecin, peut-être une infirmière ou un autre membre de l’équipe soignante, ou même toute l’équipe dans son ensemble qui pourra être identifié par le patient comme lui prodiguant un accompagnement spiri- tuel, c’est-à-dire lui permettant de traverser l’expérience de la maladie en lui donnant sens dans sa propre vision du monde. Alors le patient pourra dire qu’il est bénéficiaire de prestations de soins qui ne sont pas déshumanisantes, mais par lesquelles il se sent respecté dans sa dignité humaine et reconnu comme un semblable.
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L'insensibilité au sens

L'insensibilité au sens

La distinction entre signification secondaire et primaire permet d’éviter l’expédient du sens pur. Le sens d’une plaisanterie est quelque chose qui se vit : en tant que tel, il relève d’un usage secondaire 7 du mot ((sens)). On parle du sens secondaire d’une expression, dérivé de son sens standard, quand les critères qui le définissent sont différents, mais conservent pourtant quelque chose du premier sens. Un exemple sera éclairant – alors qu’une description abstraite serait déli- cate à construire, d’autant que Wittgenstein use rarement de cette expression ; une caractérisation plus ample serait plutôt une élaboration du concept qu’un commentaire. L’exemple de Wittgen- stein est celui de l’usage du mot couleur : on peut parler de la couleur des voyelles, bouleversant ce faisant l’emploi normal du terme ; nous objectera-t-on qu’il vaudrait mieux forger un nouveau mot, nous répondrons que nous tenons à le dire de cette manière, et qu’aucune autre expression ne nous conviendrait que celle-ci. C’est ainsi un nouvel usage que nous voulons suivre, dont il est essentiel qu’il soit greffé sur le précédent. Ce sens secondaire a donc la particularité qu’il dépend étroitement des mots utilisés pour le dire : il ne peut être paraphrasé. On dira qu’une phrase contenant un mot d’esprit est comprise en un sens secondaire, qui naît de la confrontation des interprétations possibles. Wittgenstein n’applique pas ce concept aux jeux de mots. Ici, il résoudrait le problème d’une distinction entre sens tout court du mot d’esprit et sens vécu. Ce faisant, nous étendons l’usage de l’expression à un cas assez différent de celui de ((couleur)).
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De l'archivage du sens

De l'archivage du sens

ment, la manière de se présenter du gaillard. Ainsi, si un faible arrive à avoir raison d’un puissant, la cause n’est pas à chercher du côté du faible, qui serait devenu plus fort ou plus rusé entre temps. Le proverbe, en choisissant l’image de l’hyène, la con- serve comme représentative de la nature du faible ; et cela pour un objectif précis : celui de faire du gaillard le personnage principal. Contrairement à ce que pourrait laisser croire la forme linguistique du proverbe, l’acteur principal, celui qui agit véritablement, c’est le gaillard ; l’action de l’hyène, le fait d’attraper le gaillard est secondaire et trouve sa cause efficiente dans la démarche (l’action) du gaillard. Il ne peut et ne doit s’en prendre qu’à lui-même : il n’a pas fait preuve de sa puis- sance. Dans ce proverbe, l’hyène est restée égale à elle-même ; mais le gaillard a trahi sa nature d’être puissant en présentant une apparence qui ne la reflète pas. L’enseignement, le sens que contient ce proverbe peut se résumer ainsi : fais de ton mieux pour être ce que tu es, sinon n’importe qui, même le plus poltron, aura raison de toi. C’est donc un proverbe qui enseigne, au tra-
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Du bon sens

Du bon sens

comme fi gure de reliance à toutes échelles, même les plus petites et les plus brèves ? Accord symbolique ou décision concrète, prise de position sociétale ou personnelle, le bon sens est cett e capacité qu’a l’esprit humain à discerner dans l’obscurité complexe des possibles une ouverture, un éclaircissement suffi samment fort pour constituer un point de ralliement. Cett e intuition est un drapeau sans commu- nauté, un emblème sans nation, une mascott e sans équipe ; il rallie autour de lui-même sans pour autant nécessiter de carte d’adhésion, d’abonnement ou de cotisations. Il ras- semble sans diviser, prend part en toute impartialité ; conduit vers une adresse claire et sans ombre, une force sans ambi- guïté ni détour ; voire, argumenteraient ses détracteurs, sans non plus de profondeur. Et notre analyse n’évince pas cett e critique, elle l’élève au rang de qualité. En eff et, c’est bien en ce qu’il est un message lisible sans confl its d’interprétations, une direction simple et claire, que le bon sens est salvateur pour notre époque en perte de repères. Guide sans faille, il nous aide à retrouver la bonne direction, à résister fi nalement à notre époque folle où il faut bien généralement tourner à gauche pour aller à droite, descendre pour monter, ou ne rien faire pour agir. Tandis que chaque jour un peu plus on nous impose des informations qui n’en sont pas et de la musique qui n’en est plus, de l’art qui n’en contient aucun, des myriades de pseudo-événements 1 sans fondements, le bon sens certes lui aussi est bien souvent revendiqué aujourd’hui là où il n’est pas, et, nous l’avons souligné au préalable dans notre écri- ture, il appartient aussi à chacun de se méfi er de qui s’affi che à ses côtés. Pour y voir plus clair : laisser infuser le sens.
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Sens et non-sens de l'hylétique dans la phénoménologie de Husserl

Sens et non-sens de l'hylétique dans la phénoménologie de Husserl

De cette brève analyse on peut conclure que, d’un côté, le contenu hylétique appartient au vécu concret en tant qu’il en est une composante réelle et, d’un autre côté, que ce qui se figure et s’esquisse, par l’entremise du contenu ou du moment hylétique de l’acte, appartient au noème ou, selon l’expression de Husserl, « entre dans le noème ». On retrouve de la sorte ce que je disais plus haut à propos du caractère indiciaire du noème: à travers la façon dont la réalité apparaît ou s’esquisse dans les données sensuelles, l’unité d’un « sens » déterminé — mais transcendant, irréel — se manifeste également. Si le noème appartient par conséquent au vécu, ce n’est nullement de la même façon que ses constituants réels (reellen) qui, pour ce vécu, sont ses véritables constituants (Husserl 1985, 339). La réduction phénoménologique nous fait voir que ce vers quoi la conscience est dirigée n’est pas, pourrait-on dire, la chose en elle-même, mais bien plutôt le sens que recèle cette chose qui se manifeste à moi, par exemple perceptivement:
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Du sens littéral au sens compositionnel des proverbes métaphoriques

Du sens littéral au sens compositionnel des proverbes métaphoriques

Pour conclure Le simple fait de désambiguïser la notion classique de sens littéral modifie l’analyse des proverbes métaphoriques en substituant une sémantique phrastique à une sémantique lexicale. On est désormais en mesure de décrire la signification intrinsèquement duale de ces proverbes en posant un lien analogique régulier, d’exemple à précepte, entre leur sens compositionnel et leur sens gnomique conventionnel. La relation métaphorique interne au proverbe rend interdépendantes une « vérité » proverbiale et l’image qui en est l’expression consacrée par l’usage. Ainsi la situation exemplaire qu’évoque le sens compositionnel du proverbe est déconnectée de l’univers de référence discursif ordinaire et se branche sur l’univers de référence sentencieux du proverbe. On parvient ainsi (i) à mieux décrire le fonctionnement sémantique des proverbes métaphoriques, en différenciant leur structure analogique interne de leur mode d’application à un référent situationnel particulier, et (ii) à expliciter leur régime de véridicité caractéristique (Tamba, 2012 c). Enfin, il apparaît nécessaire de ne pas aligner les mécanismes métaphoriques des proverbes sur ceux des métaphores discursives, vives ou mortes (Ricœur, 1975).
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