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Pandémie, mort de la mort et philosophie des Lumières

Pandémie, mort de la mort et philosophie des Lumières

À cet égard, l’interprétation que j’avance s’enracine à mon avis dans un mouvement bien plus profond et ancien de la modernité occidentale, soit une certaine marche des Lumières annonçant la mort de la mort : Ce fut, pour notre conscience, un évènement bien plus important qu’une simple transformation de l’image de la mort telle qu’elle nous est parvenue à travers des millénaires de mémoire humaine, soit à travers l’interprétation qu’en donnent les religions, soit à travers les formes d’organisation de la vie de l’homme. Cet évènement, spécifique de notre époque, est bien plus radical encore : il s’agit de l’effacement de l’image de la mort dans la société moderne. Cela, notre conscience l’exige manifestement. On pourrait le définir comme un renouveau du mouvement des Lumières ; mais ces nouvelles Lumières, cette fois, touchent l’ensemble des couches de la population et font de la maîtrise technologique de la réalité, obtenue grâce aux performances éclatantes des sciences naturelles et au système d’information moderne, le fondement de toute chose. Ce nouveau mouvement des Lumières a engendré une démystification de la mort 13 .
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L’émergence de la mort en EHPAD : comment le tabou de la mort refait-il irruption en EHPAD ?

L’émergence de la mort en EHPAD : comment le tabou de la mort refait-il irruption en EHPAD ?

Conclusion : Après-coup, il semblerait qu’il n’y ait pas de spécificités, dans le traitement de la douleur, en situation palliative, des personnes âgées vivant en EHPAD. Je n’ai pas trouvé d’articles démontrant un traitement particulier de la douleur auprès de ce public, en EHPAD, soulignant davantage la mise à distance de la mort. Mon constat est que cette mise à distance peut survenir n’importe où il y a de la vie, que ce soit dans les établissements médico-sociaux, par exemple, ou encore à l’hôpital. En revanche, on constate que dans ces lieux où l’on est confronté à la mort, où l’on s’y est « préparé », cela n’empêche pas au tabou, au refoulement de s’immiscer dans nos pratiques. D’ailleurs, il semblerait qu’il y ait plusieurs manières de repousser le moment de la mort, lorsqu’on y est confronté en tant que spectateur. L’une d’entre elle est l’évitement comme lors de ma situation clinique. Il y a également ce qu’on appelle, en psychologie, des passages à l’acte possibles qui se traduisent par le recours à des actes transgressant des interdits qu’ils soient individuels ou collectifs pouvant s’incarner, même si ce n’est pas le cas légalement en France, à l’euthanasie et je pense également à la sédation continue jusqu’au décès. D’ailleurs, dans les rares cas de réelles demandes d’euthanasies répétées, celles-ci disparaissent, une fois qu’un traitement est instauré pour le soulagement de la douleur physique et psychique (cf. étude menée par V. Blanchet et al.) Dans cette étude, les motifs des demandes étaient en lien : avec « le refus d’être une charge
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La multidimensionnalité de la mort des organisations

La multidimensionnalité de la mort des organisations

Enfin, le réseau interne de E2 est partiellement préservé après la liquidation et vient s’intégrer dans un autre réseau, celui du groupe G. C. Synthèse des premiers apports du terrain Tout d’abord, l’étude empirique montre l’intérêt d’étudier le processus de la mort organisationnelle. Mieux comprendre la mort pourra, dans une étape ultérieure, apporter une aide potentielle aux entreprises en difficulté. Par ailleurs, le terrain d’étude incite à s’interroger sur l’efficacité de la procédure collective, en particulier du redressement et de la liquidation judiciaires, face aux problèmes rencontrés par les entreprises. A cet égard, s’il est vrai que près de 95 % des entreprises en redressement judiciaire font finalement l’objet d’une liquidation, ceci ne signifie pas forcément que la procédure collective soit totalement inefficace. En effet, dans les cas E1 et E2, les anciens dirigeants ont su tirer des leçons du redressement judiciaire, notamment en termes d’assainissement de la gestion, ce qui leur a permis de redémarrer dans une nouvelle entreprise sur des bases financières plus saines après la liquidation judiciaire.
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Le droit public et la mort

Le droit public et la mort

MESMIN D'ESTIENNE Jeanne | Le droit public et la mort | octobre 2014 procéder aux rites funéraires. Cependant, Mathieu Touzeil-Divina 222 rappelle qu’après la Révolution, les appels comme d'abus perdent de leurs force. Les nouveaux tribunaux administratifs ne peuvent prononcer que des blâmes à l'encontre des autorités religieuses. Confortant l’analyse de Mathieu Touzeil-Divina 223 , les écrits d’Anselme Batbie 224 (1828- 1887) révèlent l’opposition d’une grande partie de la doctrine juridique à l’immixtion des tribunaux. Quant à la possibilité de requérir un autre ministre du culte, permise par l'article 19 du décret du 12 juin 1804, les maires ne la mettent jamais en pratique. Jacques Lafon 225 relève ainsi les nombreux cas qui opposent les autorités ecclésiastiques aux individus et qui, le plus souvent, se dénouent en défaveur de ces derniers. De l'Empire à l'avènement de la III ème République, une union administrative, financière et de police générale remplace l'union dogmatique selon les mots de Jean-Michel Leniaud 226 . Pendant presque tout le XIX e siècle, la majeure partie de la doctrine juridique se montre rétive à toute déchristianisation des opérations funéraires. La doctrine et la jurisprudence continuent d'assimiler le droit de la sépulture au droit des cultes. Pour la majeure partie de la doctrine juridique, influencée par les analyses du célèbre Doyen Emile-Victor Foucart 227 (1799- 1860), il convient de respecter les prérogatives de l'autorité ecclésiastique. L'autorité ecclésiastique, dispensatrice des sacrements et des prières de l'Eglise, a seule la qualité pour apprécier la pertinence d'un refus de sépulture ecclésiastique et il importe qu'elle jouisse dans l'exercice de cette fonction d'une indépendance complète. Le seul droit de l'autorité temporelle est de voir si le prêtre n'est pas entré dans la sphère du pouvoir temporel, ou si sa décision n'a pas été accompagnée de faits répréhensibles. En dehors de ces deux cas, l'autorité spirituelle seule est compétente pour décider si le prêtre, tout en agissant dans les limites de sa juridiction, a bien appliqué la loi de l'Eglise. Le prêtre ne peut recevoir de l'autorité temporelle l'injonction de présider à une cérémonie religieuse sans une confusion de pouvoirs 228 .
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Une histoire (presque) sans mort. Le dépassement de la mort dans les chroniques anonymes (XIIe siècle)

Une histoire (presque) sans mort. Le dépassement de la mort dans les chroniques anonymes (XIIe siècle)

À Sahagún, comme dans le reste de l’Occident médiéval, l’histoire de l’humanité apparaît pleinement imbriquée dans la vision eschatologique qu’avaient les hommes de cette époque 37 . Pour le dire d’une autre manière, les valeurs morales se confondaient avec les valeurs sociales, elles n’étaient pas dissociées comme ce peut être le cas aujourd’hui. Dans la société chrétienne médiévale, la théologie n’était pas une façon de faire de la philosophie, tant cette réflexion exprimait les fondements d’une conception concrète du monde et de la société. Il nous faut donc partir de ces représentations pour comprendre les raisons pour lesquelles le chroniqueur exclut la mort des abbés de son récit. Pour lui, les moines étaient plus proches de la perfection céleste que les laïcs. De plus, les supérieurs de la communauté étaient le symbole de la sagesse, ils avaient pour mission d’instaurer dans la bourgade une société harmonieuse qui devait être la préfiguration de la cité céleste, et l’on devait remédier à tout désordre susceptible de retarder une telle instauration. Pour ce faire, lui avait choisi l’arme qu’il maniait le mieux : celle de l’écriture. Malheureusement pour le moine, ce combat survenait sans doute trop tardivement, à une époque où les valeurs sociales n’étaient plus les mêmes et que les yeux des laïcs étaient davantage rivés sur le monde 38 qu’arrêtés sur son dépassement par la mort.
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La mort dans les Essais de Montaigne

La mort dans les Essais de Montaigne

7 Introduction (Stéphane Beaudoin; 2002-03-12) sommeil; mourir doit se faire le plus sereinement possible; et qu’en ultime instance, bien que l’on soit entouré de nos proches, mourir est fondamentalement un acte personnel. Avec la mort de La Boétie, Montaigne obtient une chance inouïe de recueillir un témoignage thanatologique de première main : « Et comme il fut revenu à soy, il dit, qu’il luy avoit semblé estre en une confusion de toutes choses, & n’avoir rien veu qu’une espesse nuë, & brouillart obscur, dans lequel tout estoit pesle-mesle, & sans ordre. »15 16 En reprenant conscience, La Boétie atteste qu’il ne craint pas la mort : « ‘Bien, bien, qu’elle vienne quand elle voudra, je l’attends, gaillard & de pié coy.’ »17 Elle lui semble invitante même, tant qu’il ne sait choisir entre celle-ci et la vie : « mercy à ma mort, je me verray bien tost jouissant : & t’asseure ma fille, que si Dieu me donnoit à ceste heure à choisir, ou de retourner à vivre encores, ou d’achever le voyage que j’ay commencé, je serois bien empesché au chois. »18 Loin de voir la mort comme la fin terrible de la vie, La Boétie lui confère un caractère tout naturel, celui d’être comme un long sommeil : « ‘Je m’en vais dormir, bon soir ma Femme, allez vous en.’ »19 Tout ce témoignage de La Boétie s’avère être le premier objet d’étude thanatologique de Montaigne, et ce portrait de la mort de La Boétie représente aux yeux de Montaigne une halos ihanatos20, une belle mort.
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Jeu vidéo et mort(s) : analyse de l’imaginaire de la mort dans le jeu vidéo

Jeu vidéo et mort(s) : analyse de l’imaginaire de la mort dans le jeu vidéo

93 Penchons-nous sur deux jeux de 2K games qui se sont penchés de manière très importante sur la question de la mort sont Bioshock et Bioshock Infinite. Dans le premier, la perte des points de vie ne fait qu'étourdir l'avatar, celui-ci se réveille ensuite dans une Vita-Chambre, une capsule qui soigne les blessés. Une des forces du jeu est de révéler au joueur qu'il était manipulé du début à la fin et que sa mort n'a jamais été souhaitée d'où la logique de le soigner avant qu'il ne meure. Dans Bioshock Infinite, la narration tourne autour d'univers alternatifs infinis et le joueur comprend en voyant différentes incarnations que chacune de ses morts étaient réelles et qu'il agit à chaque mort dans une nouvelle réalité alternative. Ces jeux conservent la mécanique du respawn, mais commencent à sonder les possibilités narratives autour de la mort dans le jeu vidéo. Il ne s'agit plus uniquement de faire recommencer le personnage sans réfléchir. Un autre jeu qui a appliqué cette leçon est Let it Die qui justifie la mécanique par une mise en abyme. Le joueur joue un joueur qui joue à un jeu vidéo dans une salle d'arcades, la mort est donc banalisée par l'oncle Mort qui sort des formules comme : « ce n'est pas grave, ce n'est qu'un jeu vidéo ».
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La mort dans l'âme : approche en phénoménologie expérientielle des expériences de mort imminente

La mort dans l'âme : approche en phénoménologie expérientielle des expériences de mort imminente

« 2 Corinthiens 5:1-10 La Bible du Semeur (BDS) : Nous le savons, en effet : si notre corps, cette tente que nous habitons sur la terre, vient à être détruit, nous avons au ciel une maison que Dieu nous a préparée, une habitation éternelle qui n'est pas l'œuvre de l'homme. Car, dans cette tente, nous gémissons parce que nous attendons, avec un ardent désir, de revêtir, par- dessus ce corps, notre domicile qui est de nature céleste. Si, bien sûr, cela se produit tant que nous sommes encore vêtus de notre corps, et non quand la mort nous en aura dépouillés. En effet, nous qui vivons dans cette tente, nous gémissons, accablés, parce que nous voulons, non pas nous dévêtir, mais revêtir un vêtement par-dessus l'autre. Ainsi ce qui est mortel sera absorbé par la vie. C'est Dieu lui-même qui nous a destinés à un tel avenir, et qui nous a accordé son Esprit comme acompte des biens à venir. Nous sommes donc, en tout temps, pleins de courage, et nous savons que, tant que nous séjournons dans ce corps, nous demeurons loin du Seigneur car nous vivons guidés par la foi, non par la vue. Nous sommes pleins de courage, mais nous préférerions quitter ce corps pour aller demeurer auprès du Seigneur. Aussi, que nous restions dans ce corps ou que nous le quittions, notre ambition est de plaire au Seigneur. Car nous aurons tous à comparaître devant le tribunal du Christ, et chacun recevra ce qui lui revient selon les actes, bons ou mauvais, qu'il aura accomplis par son corps. » (Collectif, 2015). Il est intéressant également de noter que Paul a mentionné ce qui pourrait s’apparenter à la revue des évènements de vie et un processus de jugement, que l’on retrouve dans la littérature sur les EMI (Walker and Serdahely, 1990). La Chrétienté comporte également dans sa propre histoire un ouvrage sur « l’art de bien mourir » : « La version longue, originale, appelée Tractatus (ou Speculum) artis bene moriendi, a été écrite en 1415 par un moine dominicain anonyme, vraisemblablement à la demande du concile de Constance (Allemagne, 1414–1418). Largement lu et traduit dans les langues de l’Europe de l’Ouest, il a été très
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La mort en migration

La mort en migration

Le « retour » post-mortem des migrants, un élément du projet migratoire Les auteurs de la plupart des travaux sur la mort en migration affirment que le rapatriement du cadavre, « éternel retour à l’origine » (Chaïb, 2000 : 57), est une caractéristique des migrants qu’ils étudient ; tous y voient des raisons d’ordre historique, religieux ou mythique. Pour Chaïb (2000), ce sont les habitants du pourtour méditerranéen qui auraient eu des coutumes spécifiques liées au transfert des défunts, pratiques contraires à ce que décrète l’Islam pour lequel le mort n’appartient pas à la société des vivants, mais à Dieu, et doit donc lui être remis dès que possible (Aggoun, 2006). D’après Felix (2011), c’est l’imaginaire national mexicain, nourri de références à la mort, qui orienterait le choix du retour du corps au pays. Selon Pourrette, c’est la seule façon « d’accéder au statut d’ancêtre » pour les Guadeloupéens (Pourrette, 2002 : 54).
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L’écriture de la mort

L’écriture de la mort

Cette préoccupation va générer d’autres comportements, constructions de tombes et de tombeaux, instauration de cimetières, création de pompes funèbres, veillées, oraisons et autres pratiques liées à ce que l’Histoire appelle « le culte des mort ». Par la suite, nous avons aussi vu comment est né le discours sur la mort, il fut magique, religieux, laïque, romantique, tragique, malheureux puis symbolique. Discourir (ou écrire sur) de la mort est aussi un comportement socioculturel, cela suppose que nous ne parlons pas tous de la même manière en évoquant ou en traitant de la mort ; nous avons remarqué lors de nos recherches que le discours symbolique est par excellence celui de l’écriture de la mort. Et nous avons émis l’hypothèse selon laquelle il existerait une manière commune chez différents auteurs pour « écrire sur la mort » ; d’où notre thème central : l’« écriture de la mort ».
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La mort comme origine

La mort comme origine

119 Je n’avais donc rencontré Charles que trois ou quatre fois, si je comptais nos échanges lors de ma présence à l’accueil, mais dans la trame de ces rencontres, se dessinait, sur un mode absolument dramatique quant à sa conclusion, le témoignage bouleversant d’un sevrage impossible. L’appel à l’autre, au travers d’un souhait à peine masqué d’une violence législative qui vienne mettre une limite à sa course morbide, montre l’incapacité pour Charles de cesser ce chemin vers la mort qu’il semblait pressentir. Le « trip » mythique avec la « datura », se donne à entendre comme la « date-tuera ». Ce qui a « fait date » est très vite mis en lien avec la question de sa séparation avec sa petite amie, qui m’évoque cette perte en lien avec la perte du moment mythique que décrit Charles quand il parle de la « datura », sorte de récidive dans la rencontre avec l’objet d’amour à jamais perdu. Ce lien établi n’est pas sans rapport avec la question que semble poser Charles quand il s’agit de sa mère, dans ce contrôle qu’il juge excessif, comme s’il traduisait du côté de l’inconscient un désir de retour de ses consommations, quasi équivalent tel que je l’interprète d’un désir de mort. Cet Autre social qui ferme les yeux coupe Charles de la possibilité d’être sujet de ses actes, et donc de le sauver de la mort (ou de la mère ?). On peut donc entendre dans ces deux versions quelque chose du fantasme, sorte de prolongement d’ « un enfant est battu », celui où l’ « on tue un enfant ». Cette mort mise en acte, car on peut s’interroger sur la dimension plus ou moins suicidaire de l’accident de voiture (dont j’ai tendance à imaginer qu’il a probablement eu lieu sous l’effet de substance), est peut-être le fait d’une opération de mise en tension d’un fantasme qui n’a pu se traiter par des voies psychiques, mais où il apparaît peut-être que c’est l’Autre qui devait le sauver de cette jouissance qui le mène à la mort. De quoi Charles n’a pu se sevrer ? Quelle perte fut impossible pour lui ? Qu’en-était-il du désir inconscient de cette mère ? Ce désir de mort supposé, nous donne-t-il à entrevoir la répercussion du désir de mort inconscient d’une mère pour son enfant ?
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Le mythe du « Héros à la cicatrice » : une structure idéologique « adolescente » 
Ou« Quand le Héros affronte la mort de la Mort »

Le mythe du « Héros à la cicatrice » : une structure idéologique « adolescente » Ou« Quand le Héros affronte la mort de la Mort »

Pour conclure, rappelons que les mangas, comme les films gore ou les jeux vidéo ont une structure et des fonctions analogues à celle des mythes, tels que les décrit Claude Lévi-Strauss 1 : ils sont des « machines logiques », au sens d’instrument logique venant traiter des questionnements essentiels sur la mort, la différence des genres et le mode de génération des enfants. Le mythe a une double fonction, d’une part, culturelle, c’est-à-dire groupale, et, d’autre part, singulière, c’est-à-dire pour nous clinique. Il participe donc du champ des récits du monde, et il a également une fonction pour chacun dans son mode de résolution des questions existentielles. Le mythe a donc une valeur psy- chopathologique, au sens où il permet que la problématique juvénile des sujets s’en empare et s’y déploie, tout en structurant des systèmes narratifs communs à des groupes ou communautés culturelles.
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L'appréhension de la mort chez l'enfant. Aborder la mort à l'école : approches didactiques et pistes réflexives

L'appréhension de la mort chez l'enfant. Aborder la mort à l'école : approches didactiques et pistes réflexives

Dans la culture occidentale, la mort est un tabou sociétal, même si nous la côtoyons tous un jour et qu’elle est l’aboutissement et l’achèvement de notre vie. Paradoxalement, elle est omniprésente dans notre société. Les enfants y sont confrontés régulièrement par le biais des informations (guerres, catastrophes naturelles, terrorisme, etc.) mais également des films, des dessins animés, des jeux vidéos, des contes ou des chansons et comptines. Les questionnements des enfants sont légitimes et il ne faut pas leur enlever la capacité, essentielle dans leur développement, à raisonner sur l’existence. L’enfant acquiert le terme « mort » dans son langage aux alentours de deux ans et demi alors qu’il intègre le terme « vivre » aux alentours de trois ans 1 . Ils y sont confrontés relativement rapidement dés le début de leur vie : mort d’un animal de compagnie, décès d’un grand parent ou encore recueillement sur une tombe familiale. L’école tenant une place importante dans la vie des enfants, les enseignants vont devoir faire face à l’appréhension du deuil et de la mort en milieu scolaire. C’est en discutant avec des enseignants du premier et du second degré que je me suis rendue compte que, en tant que professeur des écoles, je serai confrontée sans doute de nombreuses fois aux questionnements des élèves sur ce sujet, que cela soit à cause d’un deuil d’un
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Quand la mort termine une vie mais pas une relation. Transformations du vécu parental de la mort périnatale en France

Quand la mort termine une vie mais pas une relation. Transformations du vécu parental de la mort périnatale en France

La mort périnatale est une épreuve pénible qui peut affecter le couple. Elle a aussi un impact non négligeable dans les sociabilités. b) De nouveaux espaces de sociabilités. La mort est un événement perturbateur pour l’identité propre, mais également pour le contexte relationnel et le rapport à autrui, alors même que les autres jouent un rôle essentiel dans la construction identitaire (Dubar cité dans Caradec ; 2001 ; 2). Dans le deuil, au cours des étapes de transition, les proches apportent un « soutien social ». Il est nécessaire de ne pas avoir une vision trop statique de ce soutien car le bénéficiaire n’est pas passif, pouvant le refuser. Après le décès d’un proche, le repli sur soi est en effet un symptôme classique de la phase de deuil. Ce repli sur soi se traduit par une baisse de la sociabilité et une plus forte présence dans l’espace domestique (ibid. ; 6). C’est ce qui se passe notamment chez les personnes endeuillées par la mort d’un enfant avant ou peu de temps après la naissance. Il apparaît que peu de temps après cette mort, les femmes endeuillées ne veulent généralement plus sortir. Elles sont plus sujettes à ce repli sur soi que les hommes, ces derniers reprenant rapidement le travail contrairement aux femmes qui bénéficient, malgré la mort de l’enfant, du congé maternité ou de quelques jours de congé lorsque la perte est très précoce. Il leur arrive même parfois de quitter leur emploi pour pouvoir profiter pleinement de leur maternité. Et c’est ainsi qu’Isabelle, mais aussi Zap, Blandine, Jelly et Véronique se sont retrouvées toutes seules chez elles, leur mari étant reparti travailler peu de temps après la sortie de l’hôpital. Ce repli sur soi est la conséquence de plusieurs facteurs. La plupart des femmes tout d’abord, se sentent incomprises de leur entourage, dénonçant vivement cette injonction sociale de « passer à autre chose » et de faire rapidement un autre enfant afin d’oublier le premier. Comme le dit Isabelle, « Quand t’es la maman t’as l’impression de toute façon que t’es incomprise du monde entier et
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Vivre la mort : Introduction

Vivre la mort : Introduction

Quelle que soit l’approche disciplinaire adoptée, un trait transversal émerge ici : face à cette demande d’asile de la mort 6 , il paraît impensable de se montrer inhospitalier. En Occident les cimetières, incarnation par excellence de ce lieu d’asile des morts, donnent à voir des sites particuliers où sont confiés les défunts, après leurs funérailles, activant ainsi la figure d’un hôte, ange gardien, qui les accueille et les reçoit. Rejeter la mort dans le déni, se montrer inhospitalier, serait dénigrer l’impératif qui fonde toute vie en société. Et pourtant, la mort constitue un point nécessairement aveugle de la culture sociétale, quelle qu’elle soit. Aucune culture, aucune époque, aucune civilisation n’a su se résigner à ce travail sur la mort ; de la même façon qu’aucun monde social n’a su l’accueillir pleinement, parce qu’elle n’en ménage aucun. Le défi que se lancent donc les auteurs consiste à penser l’impensable, en explorant les pratiques à travers lesquelles les sociétés cherchent à faire place à la mort, sa juste place. L’étude des pratiques est édifiante, en cela que la gestion que chaque société réserve à la mort est symptomatique de la place qu’elle réserve à la vie. Il ne s’agit pas de s’y connaître mais de s’y reconnaître 7 . Ce qui signifie que c’est la (im-)possibilité de se représenter le monde des
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La mort dans la littérature de jeunesse

La mort dans la littérature de jeunesse

Conclusion La mort est un sujet vaste et complexe. Il peut-être traité d'un point de vue scientifique autant que philosophique, sociologique, etc. On peut distinguer dans ce thème le point de vue de ceux qui partent et celui de ceux qui restent. On a vu que pour ceux qui partent, c'est-à-dire tout le monde en définitive, il nous est difficile d'admettre notre propre finitude et nous cherchons à écarter la mort de notre existence en la rendant tabou. Mais les psychanalystes nous encouragent à en parler pour ainsi redonner à la mort sa place naturelle. Freud l'affirme : « Si tu veux pouvoir supporter la vie, soit prêt à accepter la mort. » C'est pour cela qu'il ne faut pas hésiter à parler de la mort aux plus jeunes, surtout s'ils font partie de « ceux qui restent ». Ces enfants assistant à la mort d’un proche vont être confrontés à leur propre deuil et celui de leur entourage. Pour les préparer à cela, la littérature de jeunesse regorge d'ouvrages traitant de la mort, du deuil et du souvenir de la personne défunte. Ces œuvres tentent de donner un autre point de vue de la mort. Plutôt qu'une fin, la mort marque le commencement d'une nouvelle vie avec certes un manque, mais un manque surmontable grâce aux souvenirs restants de la personne décédée.
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Une mort ou des morts ? - La vieillesse et la mort, problématiques comportementales et sociétales

Une mort ou des morts ? - La vieillesse et la mort, problématiques comportementales et sociétales

Non immédiateté de la mort Les récents travaux de Dreier et al., Charité-Universitätsmedizin à Berlin, Allemagne, ont montré que la mort ne survient pas en un coup brutal : entre le moment de l’arrêt cardiaque définitif et l’arrêt total de l’activité cérébrale, environ dix minutes s’écoulent, marquées par un « tsunami électrique cérébral » [3]. Plutôt que l’extinction progressive de l’acti- vité neuronale qu’on imaginait, c’est plus d’une vague électrique dont il s’agit, sorte de dernier feu d’artifice obéissant à une chronologie stéréo- typée chez les patients observés en train de mourir (Tableau I) .
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La mort dans la classe

La mort dans la classe

CHRONIQUE La mort dans la classe la cause. Du côté des enseignants, un terrible silence planait dans leur salle commune. J’ai appris de mes nouveaux collègues la triste nouvelle. Un membre de la direction m’avait invité à m’approprier le bureau du défunt et à fouiller dans ses affaires pour trouver ses planifications de cours. Ce que je fis sans savoir que je commettais alors une sorte de profanation. Les autres enseignants étaient bouleversés. Ils ne comprenaient pas pourquoi je touchais aux dossiers de leur collègue subitement terrassé par un infarctus dans le gymnase de l’établissement. J’ai dû leur expliquer que j’ignorais son décès. Mes excuses ont été acceptées. On me dit d’éviter de toucher aux livres et aux notes de l’enseignant. Je me suis bien sûr conformé à cette consigne. Je ne voulais pas manquer de respect ni au défunt ni à ses collègues. Cette expérience m’a permis de réaliser la méconnaissance des ritualisations pour ce genre de situation dans le milieu scolaire. En fait, l’école manquait à ses devoirs les plus élémentaires de respect pour toutes les personnes concernées. À vrai dire, personne dans cette école secondaire ne semblait savoir ce qui devait et pouvait être fait en de telles circonstances. Pourtant, le silence n’est pas un choix lorsqu’il y a un décès. La mort et le deuil faisaient désormais partie de la vie scolaire des élèves et de tout le personnel de l’établissement. Leur existence ne pouvait plus être comme avant. Le décès d’un enseignant, soit-il honni ou aimé, ne laisse ni les élèves ni les enseignants intacts. Le monde scolaire, en fait, ne peut pas rester indifférent lorsque la mort entre dans la classe.
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La mort des films

La mort des films

McTeague, du nom du protagoniste, raconte le drame d’un modeste Américain qui a passé son enfance dans une mine d’or avant de s’initier sans diplôme au métier de dentiste auprès d’un arracheur de dents itinérant et d’ouvrir illégalement un cabi- net à San Francisco. Il tombe amoureux d’une jeune femme, Trina, qu’il a rencon- trée par l’intermédiaire de son ami Marcus, lequel a des vues sur elle mais, par ab- négation, laisse le champ libre à McTeague qui épouse Trina. Quand celle-ci rem- porte 5 000 dollars grâce à un ticket de loterie gagnant, Marcus devient jaloux de McTeague et les relations entre les deux hommes se détériorent. Marcus quitte San Francisco, non sans avoir dénoncé McTeague à l’ordre supérieur des dentistes. McTeague se retrouve sans emploi. Les deux époux s’enfoncent de jour en jour dans la pauvreté. Trina, possédée par une avarice maladive, refuse de toucher à ses 5 000 dollars. McTeague la quitte et devient vagabond. Un soir, sous l’effet de l’alcool et de la haine, il assassine Trina pour s’emparer de son argent et s’enfuit. D’aventure en aventure, il se cache dans la vallée de la Mort, région sèche et aride. Ayant appris que son ancien ami est activement recherché, Marcus se joint à l’escouade lancée à sa poursuite. Après un combat, les deux hommes périssent dans ce désert inhumain.
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"Le théâtre de la mort"

"Le théâtre de la mort"

À travers toutes les étapes de l'évolution de son théâtre, dans tous ses travaux sur le t e x t e , la réalité, la f o r m e , l'impossible, la mort, il y a toujours cette obstination à refuser à son théâtre un statut officiel et institutionnel, car Kantor a toujours voulu préserver ce qu'il a appelé lui-même «sa baraque de foire, son théâtre de l'émotion». Préserver ce qu'il affirme être la réalité du théâtre, un théâtre-cirque, incongru, qui porte en lui des objets, des personnages étrangers qui n'ont aucun rapport avec les événements se déroulant dans la pièce, des personnages et objets d'arrière-plan, à la signification inconnue, qui tapissent la scène. Personnages et objets au sujet desquels on se demande c o m m e dans les rêves: mais qu'est-ce qu'ils f o n t là? Personnages et objets i n c o n g r u s , a n a c h r o n i q u e s , m o r t s ou vivants, réels ou irréels, présents dans nos rêves et dont nous tentons de rire. Or, q u ' y a-t-il de plus réel, pour celui qui se réveille, que ces personnages et objets de réelle étrangeté qui peuplent ses rêves? La réalité dans le théâtre de Kantor, c'est ce surplus de réalité qui encombre nos rêves.
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