La guerre de la fin du monde

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Définir le rôle du Canada dans un monde en mutation : les parlementaires canadiens face à la fin de la guerre froide et la dissolution de l'Union soviétique, 1989-1991

Définir le rôle du Canada dans un monde en mutation : les parlementaires canadiens face à la fin de la guerre froide et la dissolution de l'Union soviétique, 1989-1991

110 républiques fédérées de l’Union soviétique. Répondant au nom de Barbara McDougall, Marcel Danis n’écarte pas l’option d’emblée, prenant comme exemple le cas ukrainien 337 . Au cours des semaines suivantes, l’intérêt des parlementaires pour les républiques devient de plus en plus apparent. Le Comité des Affaires étrangères de la Chambre des communes reçoit le 28 novembre 1991 Andreï Kozyrev, ministre des Affaires étrangères de la République de Russie. Au cours de sa comparution, le ministre informe les membres du Comité des besoins de son gouvernement pour mener à bien le programme de réformes annoncé par Boris Eltsine, soit une aide humanitaire immédiate couplée à l’envoi d’experts spécialisés dans des domaines comme l’économie et l’agriculture ainsi qu’un soutien pour l’accomplissement de projets spéciaux comme la privatisation des terres. De plus, il déclare que le gouvernement de la République de Russie souhaite poursuivre de bonnes relations avec le Canada et qu’il respecterait les principes de la CSCE. Andreï Kozyrev doit aussi expliquer les décisions de Boris Eltsine aux membres du Comité. Il justifie le démantèlement des ministères soviétiques, les coupures au ministère soviétique des Affaires étrangères et les négociations autour du traité d’union, en rappelant la conception confédérale du projet, qui serait partagée par les républiques fédérées. Il admet que, sans spécifier s’ils sont de nature fédérale, des instances centrales de coordination perdureraient. Il ajoute que, pour le moment, les pays occidentaux devraient conduire une diplomatie sur deux plans. Même si le président russe semble prendre des décisions contraires aux libertés fondamentales, il a été démocratiquement élu et il doit composer avec des contre-pouvoirs comme le Parlement. Quant à l’interdiction du Parti communiste et à la saisie de ses biens par le gouvernement, il s’agissait de mettre fin aux activités d’une entité illégitime, pour le ministre. Le Parti s’étant arrogé des pouvoirs dictatoriaux et ayant profité des ressources de l’État, il aurait construit une structure jugée illégale 338
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Le nouveau monde de la psychiatrie française. Les psychiatres, l'Etat et la réforme des hôpitaux psychiatriques de l'après guerre aux années 1970

Le nouveau monde de la psychiatrie française. Les psychiatres, l'Etat et la réforme des hôpitaux psychiatriques de l'après guerre aux années 1970

D’un autre côté, pour les réformateurs sociaux, le statut d’aliéné est avant tout créateur d’un droit à l’assistance, dont dépend aussi un accès au soin. Dans cette perspective, il convient d’éviter de mettre des obstacles à l’effectuation de ce droit. De ce coté, c’est la raison médicale et sa revendication d’intervention qui sont en jeu. Comme l’a montré Jan Goldstein, ce second argument avait déjà été évoqué au moment du vote de la loi en 1838, pour être à l’époque rejeté. A la fin du XIX e siècle, il a toutefois trouvé un renfort important dans l’idée que la maladie mentale est un processus long, évolutif, et les médecins des asiles n’hésitent plus à affirmer que c’est parce que les malades leur parviennent trop tard, à un stade où, précisément, ils sont déjà chroniques et incurables, que leurs établissements renferment tant de chroniques et d’incurables. De leur point de vue, renforcer la procédure d’internement telle qu’elle est codifiée par la loi de 1838 risque non seulement de mettre un obstacle supplémentaire à l’accès aux soins, et par là de retarder la mise en œuvre d’un traitement, mais encore de changer le sens de l’internement pour en faire davantage encore une mesure stigmatisante, et par là d’en éloigner les populations. En 1890, le Conseil supérieur de l’assistance publique, saisi de l’examen du projet déposé à la Chambre, se prononce ainsi vigoureusement contre toute intervention de l’autorité judiciaire et, à partir des années 1900, un certain nombre de psychiatres plus radicaux, tel Edouard Toulouse, prônent purement et simplement l’abandon de la mesure d’internement 1 . A la veille de la Première Guerre mondiale, le projet défendu par Paul Strauss au Sénat établit une sorte de compromis entre ces deux positions, en proposant que les admissions à l’asile ne soient que provisoires en l’attente d’un jugement qui peut intervenir au bout de 18 mois 2 .
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Un modèle de solidarité du monde agricole d'après-guerre : le mouvement des CUMA (Coopératives d'Utilisation du Matériel Agricole)

Un modèle de solidarité du monde agricole d'après-guerre : le mouvement des CUMA (Coopératives d'Utilisation du Matériel Agricole)

La coopération : une solution indispensable pour l’après-guerre En 1945, la CGA (Confédération Générale de l'Agriculture), cherchant une troisième voie entre capitalisme et communisme, met en place le réseau coopératif agricole. À la fin de la même année, sont créées l'Union Nationale des CUMA chargée d'assurer l'approvisionnement et la Fédération Nationale des CUMA chargée de la défense des intérêts juridiques et moraux des CUMA et de leur représentation. Les statuts des CUMA sont diffusés dans les campagnes par les Comités départementaux d'action agricole et par la Confédération Générale de l'Agriculture. Les CUMA se développent alors très rapidement dans le pays (8000 CUMA et coopératives de battage et services en 1949). Toutefois ce mouvement semble très fragile, sans doute parce qu’il a été bâti dans l’urgence volontariste de la reconstruction d’après-guerre, sans reposer sur l’engagement de la base agricole. Aussi un grand nombre de CUMA est-il dissout dès les années cinquante. De même, la CGA éclate et l'Union Nationale des Cuma est dissoute. Est-ce la fin d’un programme solidaire ?
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Art poétique et art de la guerre dans l'ancien monde touareg

Art poétique et art de la guerre dans l'ancien monde touareg

indistincte et anonyme, on l'apostrophe en le nommant. Ces adresses peuvent prendre la forme de l'invective : on en trouve un exemple dans un poème composé par Ähitaghel äg Biska lors de la longue guerre qui opposa les Kel-Ähaggar aux Kel- Äjjer de 1874 à 1878 (Voir Gardel, 1961 : 145 sqq.). Cette guerre avait eu pour origine les brimades que les Oûraghen faisaient subir à la tribu des Imenân, à la suprématie de laquelle leurs pères avaient mis fin au XVII e siècle. Les Imenân, dont il ne subsistait plus alors que quelques familles assez misérables, fuirent dans l'Ähaggar pour implorer la protection de l'ämenoûkal 2 Elkhaj-Äkhmed. Après avoir tenté de négocier avec les Kel-Äjjer, celui-ci envoya contre eux une armée dont il confia le commandement à son cousin Ähitaghel äg Biska. La rencontre eut lieu en 1874 devant l'oasis de Ghât, et, après l'échec d'une ultime négociation, le combat aboutit à la défaite des Kel-Äjjer. Par la suite, ceux-ci prirent leur revanche au cours d'une bataille qui se déroula à Tañhart en 1875. Mais ils furent défaits sur le mont Oudjmîden en 1877, puis à I-n-ëleggi en 1878. On fit alors la paix. Le poème d'Ähitaghel célèbre le combat d'Oudjmîden, et l'auteur le conclut en interpellant Äkhnoukhen, l'ämenoûkal des Kel-Äjjer 3  :
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Chansons humanitaires, dépolitisation des conflits et moralisation des relations internationales à la fin de la Guerre froide

Chansons humanitaires, dépolitisation des conflits et moralisation des relations internationales à la fin de la Guerre froide

La transformation de l’action humanitaire dans les dernières décen- nies du xx e siècle, après la guerre dite du Biafra (1967-1970), marque la fin du tiers-mondisme et accompagne la reconfiguration géopolitique survenue à la fin de la Guerre froide. Elle transforme également l’uti- lisation symbolique de certaines pratiques musicales en démocratie, la musique et les images (vidéoclips) étant désormais mobilisées au cœur des dispositifs de légitimation de l’action humanitaire grâce à l’action de médias de masse. En effet, certaines chansons font partie, de façon plus ou moins formelle, des campagnes de communication des organi- sations humanitaires à partir de la famine provoquée par la guerre civile éthiopienne entre 1983 et 1985, au moment où l’action humanitaire est montrée comme une preuve de la supposée supériorité morale du « monde libre 2 ».
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Dystopies de fin du monde. Une poétique littéraire du désastre

Dystopies de fin du monde. Une poétique littéraire du désastre

Le grand cataclysme (1922) d'Henri Allorge raconte, en l'an 9.978 de notre ère, la situation post- apocalyptique de Kentropol, nouvelle agglomération située sur l'ancien territoire de la Tunisie suite à des cataclysmes ayant détruit Berlin, Paris, Rome, Venise, Florence, Naples et Londres en 8.960 13 . Il s'agit d'une civilisation d'élite regroupant savants et scientifiques capables de communiquer avec les autres planètes. Mais cette société supérieure sur le plan technologique fait l'objet d'un portrait sans concession montrant toutes ses limitations, ses erreurs et ses carences autour de la notion de sentiment. Elle est par ailleurs contrainte à la régression suite à la privation d'électricité et de matières premières gâchées de manière irresponsable. Kentropol aura surtout à affronter son rustre homologue Hérakloupol, état métallurgiste et policier régi par le « Service de la Sûreté ». La guerre prend la forme d'une attaque gazeuse et magnétique qui fait périr la totalité de la population du globe à l'exception d'un petit groupe qui formera le village de Néokentropol. Les quelques colons reviennent à la simplicité essentielle de la terre nourricière, et les phases de l'Histoire cyclique
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La République romaine et ses alliances militaires : pratiques et représentations de la "societas" de l'époque du "foedus Cassianum" à la fin de la seconde guerre punique

La République romaine et ses alliances militaires : pratiques et représentations de la "societas" de l'époque du "foedus Cassianum" à la fin de la seconde guerre punique

Il faut cependant prendre garde de ce que l’on n’en saisit le plus souvent que l’image postérieure et déformée qu’en livrent les sources. L’étude de la diplomatie militaire, comme 48 Il n’y a pas de véritable synthèse sur la diplomatie républicaine (exceptée la tentative partielle de C. AULIARD, La diplomatie romaine. L’autre instrument de la conquête. De la fondation à la fin des guerres samnites (735-290 av. J.-C.), Rennes, 2006, qui élude cependant le problème crucial des sources pour la période), l’application au monde antique des concepts modernes qui la définissent étant de toute façon problématique, cf. C. GIZEWSKI, ‘Diplomatie’, in DNP, 1997. Elle fait cependant l’objet d’une attention renouvelée de la part des historiens. En plus de nouvelles entreprises de collecte des sources comme celles de F. CANALI DE ROSSI (avec Le ambasciere dal mondo greco a Roma in età repubblicana, Rome, 1997 ; voir aussi Le relazioni diplomatiche di Roma, vol. I, Dall’età regia alla conquista del primato in Italia (753-265 a. C.), Rome, 2004 et vol. II : dall’intervento in Sicilia fino alla invasione annibalica (264-216), Rome, 2007, malheureusement non exhaustifs), on compte désormais plusieurs ouvrages collectifs d’intérêt : E. TORREGARAY PAGOLA et J. SANTOS YANGUAS, Diplomacia y autorrepresentación en la Roma antigua, Vitoria, 2005 ; E. CAIRE et S. PITTIA éd., Guerre et diplomatie romaines, IV e –III e Siècles av. J.-C. Pour un réexamen des sources, Aix-en-Provence, 2006 ; C. EILERS éd., Diplomats and diplomacy in the Roman World, Brill, 2009 ; E. TORREGARAY coord., VELEIA (Dossier monográfico : puesto en escena y escenarios en la diplomacia del mundo romano), XXVI, 2009 ; ainsi que G. STOUDER, La diplomatie romaine : Histoire et représentations (IV e -III e siècles av. J.-C.), thèse de doctorat sous la direction de S. PITTIA, soutenue en novembre 2011 à l’Université d’Aix-Marseille I, qui porte sur la période de l’expansion italienne (390-264 av. J.-C.).
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«L’émergence des grandes puissances : pouvoir symbolique et nouveau rôle de la Chine dans le monde après la Guerre froide»

«L’émergence des grandes puissances : pouvoir symbolique et nouveau rôle de la Chine dans le monde après la Guerre froide»

Un coup d’œil prospectif sur l’évolution de l’économie américaine au cours des prochaines décennies donne davantage de raisons de s’inquiéter. Le 21 janvier 2013, pour l’entame officielle de son second mandat, le président Barack Obama a trouvé sur son bureau de la Maison Blanche un document confidentiel sous le titre Tendances mondiales 2030 : nouveaux mondes possibles (Global Trends 2030. Alternative Worlds), la version actualisée du rapport que publie tous les quatre ans le National Intelligence Council (NIC), bureau d’analyse et d’anticipation géopolitique et économique de la CIA. Le rapport s’ouvre sur le constat du déclin des États-Unis. Même s’ils demeureront l’une des principales puissances planétaires, ils perdront leur hégémonie économique en faveur de la Chine. Les États-Unis n’exerceront plus leur « hégémonie militaire solitaire » comme ils le font depuis la fin de la guerre froide en 1989. Selon les auteurs du rapport, nous allons vers un monde multipolaire dans lequel les nouveaux acteurs (la Chine, l’Inde, le Brésil, la Russie, l’Afrique du Sud) ont vocation à constituer de solides pôles régionaux et à disputer la suprématie internationale à Washington et à ses alliés historiques (Royaume Uni, France, Allemagne, Japon) 496 .
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Fin de la guerre froide, fin de l'état de guerre ?

Fin de la guerre froide, fin de l'état de guerre ?

Résumé Depuis la chute du mur de Berlin le monde assiste une prolifération de conflits tous azimuts Pourtant en ce qui concerne les relations entre Etats du Centre la fin de la guerre froide signifie abord le remplacement progressif un système international hétérogène par un système homogène la remise en question de la priorité de la politique de puissance par la politique influence ainsi que impossibilité croissante établir une séparation entre politique interne et politique étrangère avènement un tel système-monde transnational inédit implique certes pas la fin des relations de domination dépendance entre Etats-nations Mais il en met pas moins en cause les postulats traditionnels du paradigme réaliste de état de guerre
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Penser à l'échelle du Monde. Histoire conceptuelle de la mondialisation en géographie (fin du XIXe siècle/entre-deux-guerres)

Penser à l'échelle du Monde. Histoire conceptuelle de la mondialisation en géographie (fin du XIXe siècle/entre-deux-guerres)

venons de l’évoquer. Dans les Annales de Géographie, de nombreux textes font ainsi place, après la Première Guerre mondiale, à ces notions. Dès 1920 Fernand Maurette évoque une crise houillère « qui est mondiale » pour expliquer l’accroissement du trafic de pétrole dans le port de Suez et la nécessité de l’agrandir (M AURETTE , 1920, p. 237). C’est, aussi, la mise en rapport des difficultés de l’industrie cotonnière aux Etats-Unis ave une crise mondiale dans ce secteur (V ERGEZ -T RICOM , 1923, p. 561). Même chose pour ce qui est de la diminution des exportations de charbon des Etats-Unis en 1921, « qui n’est pas sans rapport avec la crise industrielle mondiale » (A RBOS , 1924, p. 405). La géographie, dans les années 1920, est ainsi régulièrement confrontée à des crises ou des difficultés économiques, en particulier pour ce qui est des matières premières, et avant tout du charbon : l’accumulation de stocks dans divers pays producteurs est interprétée comme une conséquence de la sous-consommation. P.L. Michotte, pour le cas de la Belgique, en tire même la conclusion suivante : « C’est donc en toute vérité qu’on peut parler d’une crise mondiale de sous-consommation » (1929, p. 53). Avant la grande crise des années 1930, les géographes ont donc déjà acquis l’outillage conceptuel pour rendre compte de ce type de conjoncture. La notion de crise mondiale signifie que les observateurs sont conscients d’une conjoncture difficile qui se répercute dans le monde entier. Il ne s’agit cependant pas de penser, lorsqu’on émet l’idée que la prise de conscience de la dimension mondiale des phénomènes géographiques et économiques a été renforcée dans le contexte de crise économique mondiale de tout l’entre-deux-guerres, que les géographes n’ont pas été conscients aussi d’une fermeture du marché mondial et d’un certain repli dans le cadre national, de l’essor du protectionnisme et de l’autarcie 37 . On trouverait de nombreux exemples où des géographes décrivent la « désagrégation de l’économie mondiale » que François Crouzet repérait dans l’entre-deux-guerres (2002, p. 234). Des expressions de ce genre existaient d’ailleurs à l’époque : la Bibliographie géographique nous indique par exemple des publications qui, d’après leur compte rendu respectif, abordent « l’effondrement du système économique international entre 1930 et 1935 » (D EMANGEON , 1937, p. 151) ou la « dislocation momentanée de l’économie mondiale » (D EBYSER , 1937, p. 368). Plus souvent néanmoins, les géographes utilisent des termes moins forts, comme dans cette courte chronique d’Albert Demangeon en 1933 sur « Les échanges internationaux » :
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Filmer la Fin du Monde

Filmer la Fin du Monde

Habacuc, I,2-3 & II,2-4. Introduction : Peut-être qu'Abel Gance avait lu le prophète Habacuc lorsqu'il réalisait en 1931 La fin du monde, sans doute l'un des premiers films apocalyptiques de l'histoire : une comète menace de destruction la Terre. En face du danger, des savants parviennent à unir toutes les nations et à faire proclamer la République Universelle. La Terre n'est finalement pas détruite, mais la menace apocalyptique a fait définitivement entrer l'humanité dans une nouvelle ère de fraternité. Abel Gance pose bien la dimension éthique de la fin du monde : elle n'est pas seulement une catastrophe, mais un accomplissement personnel et collectif, le moment où la fraternité universelle devient possible ou non. L'eschatologie est au sens propre du terme l'accomplissement de l'histoire et aussi de la création. Il est intéressant de voir que, contrairement à une idée reçue, les fictions qui relèvent du genre apocalyptique n'en ont pas perdu la dimension éthique et même spirituelle : toute catastrophe « révèle », « dévoile » 1 . Le film d'Abel Gance inaugure un nouveau type de film 2 qui ne connaîtra son essor qu'après 1945 : jusque là, la catastrophe est politique, rarement technologique ou naturelle. Le largage de la Bombe a tout changé. Il est resté toutefois peu pratiqué jusque la crainte de la guerre nucléaire a donné naissance au genre Post-Apocalyptique 3 . Depuis quelques années, le nombre de films apocalyptiques est croissant : sur l'Internet Movie Database, puissant moteur de recherche sur les productions cinématographiques, on, peut recenser à peu près une douzaine de titres par an. Certes tous n'ont pas le succès de 2012, de la Guerre des Mondes ou de La route, il n'empêche : le phénomène est suffisamment massif pour susciter une interrogation. Pourquoi une telle inflation ? S'agit-il seulement d'avoir une expérience cathartique pour notre époque très angoissante ? Que ces films aient un caractère commercial ne doit pas nous empêcher de les prendre au sérieux parce qu'ils ont rencontré un public et donc répondu à une attente, à une demande, à un imaginaire.
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Se reconstruire après une fin du monde : analyse des sociétés post-apocalyptiques dans trois fictions anglo-saxonne récentes

Se reconstruire après une fin du monde : analyse des sociétés post-apocalyptiques dans trois fictions anglo-saxonne récentes

Autant dans Silo il est possible d’imaginer de grands pans du système économique en place, compte tenu du nombre de précisions données dans le texte, autant dans la série Divergent cet aspect reste obscur au long des trois tomes. Nous avons déjà établi que les Fraternels produisent la nourriture et le textile pour toute la ville de Chicago. Toutefois, personne ne semble posséder de monnaie ; on peut donc conclure que l’économie repose sur un échange de services dans lequel chaque faction fait sa part (c’est une version « communautariste » de la division du travail qui en régime capitaliste se fait plutôt à hauteur d’individus). Cependant, il est étrange que ce système puisse fonctionner, car chaque faction a des besoins différents. Chez les Altruistes, la coutume est de ne rien posséder de superflu, aucun miroir, aucun maquillage, aucune décoration, et de se nourrir simplement. Cependant, chez les Audacieux, il y a des gâteaux, des hamburgers, des tatouages, du maquillage, des armes… Mais, qui prend la peine de produire ce maquillage et comment peut-on se procurer ces aliments et ces objets qui semblent apparaître spontanément ? De plus, les Érudits possèdent, à eux seuls, de l’équipement médical, des laboratoires, des ordinateurs, des centres de recherches et beaucoup d’autres biens généralement dispendieux et dont la production nécessite des ressources humaines, matérielles et technologiques considérables. L’explication donnée veut qu’ils aient récupéré ces biens après la guerre de Pureté ; cependant, il faut maintenir ces machines en état, les entretenir. Le système économique qui semble au départ basé sur l’échange et l’entraide où chacun prend ce dont il a besoin ne suffit pas à justifier les ressources dont semblent jouir les habitants, ou du moins certains d’entre eux. C’est d’ailleurs cette inéquité qui conduit au premier renversement de gouvernement. En effet, la dirigeante des Érudits est insatisfaite de la distribution des ressources, elle croit que les sans-faction ne devraient recevoir aucune aide et que les Érudits devraient récupérer ces ressources. Ainsi, le fonctionnement de l’économie est un aspect qui a été évacué de cette société post-apocalyptique au détriment d’autres aspects jugés plus pertinents.
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Sortir de la guerre civile : la fin de la Ligue à travers les arrêts des parlements de Bretagne (1597-1598)

Sortir de la guerre civile : la fin de la Ligue à travers les arrêts des parlements de Bretagne (1597-1598)

8 sources comme, entre autres, l’information du sénéchal de Rennes 2 , les historiens ont cherché à savoir si le choix de prendre les armes était déterminé par l’ambition, la volonté d’ascension sociale, certains profitant de la confusion générale pour s’enrichir par le pillage et le brigandage, ou encore par la volonté de limiter les pouvoirs d’un roi trop indulgent avec les hérétiques, le refus d’un roi protestant, ou enfin par la volonté de préserver un ordre local. Il suffit d’observer les chronologies de la Ligue que l’on peut trouver dans différents mémoires traitant de cette période pour comprendre que les dernières années de la guerre, en particulier l’année 1597, sont assez pauvres en événements spectaculaires propres à attirer l’attention. De janvier à avril se prolonge la trêve de l’année 1596, et d’avril à octobre on relève quelques combats, les faits les plus marquants étant la prise de Châteaubriant par les royaux en avril, et la prise de Douarnenez par le marquis de Sourdéac au mois de mai, et surtout les ravages de La Fontenelle en Cornouaille. Enfin, les trêves sont prolongées d’octobre à janvier 1598, mais en cette fin d’année 1597 on retient surtout la tenue des états provinciaux à Rennes et l’emprunt de 200000 écus qui doit financer la venue du roi en Bretagne. Cependant, les affaires rencontrées dans nos archives remontent souvent à plusieurs mois, parfois même à plusieurs années. Ce sont donc bien, quelques fois, les conséquences de toute la période ligueuse qui se retrouvent en 1597 et en 1598, et ce sont ces conséquences auxquelles doivent faire face les parlements. Faut-il parler pour autant « d’une douce sortie de la Ligue » 3 ? La période est à la trêve, et les combats se font plus rares, tout le monde attendant une paix ressentie comme inéluctable. Toutefois, la violence est bien présente, les armées toujours là, vivant sur le pays, pillant et tuant. Difficile alors de savoir si, pour leurs victimes, la différence entre le temps de la guerre et le temps de trêve était perceptible. C’est pourquoi l’étude des arrêts des parlements de Bretagne permet, d’une certaine manière, une analyse au quotidien de la vie des Bretons pendant les dernières années de la Ligue, et donc de comprendre comment s’est déroulée la sortie de crise.
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Les violences sexuelles dans les conflits du monde arabe : objectifs, conséquences et réponses à apporter à une arme de guerre

Les violences sexuelles dans les conflits du monde arabe : objectifs, conséquences et réponses à apporter à une arme de guerre

D’autre part, le régime a une autre visée stratégique, quasi existentielle dans la mise en place de cette violence. Le viol est utilisé comme instrument de répression et comme machine de terreur, comme beaucoup d’autres types d’exactions chez le régime syrien. Au sein de la machine étatique syrienne, l’opposition fait peur, et la conservation du pouvoir est une question centrale. Et pour se maintenir au pouvoir, le régime est prêt à déployer un arsenal conséquent qui répond à une logique de protection à tout prix de son siège. C’est ce que montrent les écrits de Michel Seurat dans son livre publié à titre posthume. Enlevé par le Hezbollah et mort en détention, Michel Seurat avait tenté de décrypter la machine étatique du régime syrien 66 . Pour ce faire, il réutilise une typologie du pouvoir connue d’Ibn Khaldoun, avec trois éléments, l’asabiyya, le mulk, et la dawa. Seurat explique que Hafez al-Assad a construit son pouvoir en s’appuyant et en favorisant une asabiyya, c’est-à-dire une communauté de destin, un esprit de corps appartenant à un réseau mobilisable trouvé dans la communauté alaouite. Le pouvoir, mulk, désiré par Assad était autant une fin qu’un moyen. En effet, Assad s’est appuyé sur sa communauté d’origine et sur le pouvoir comme instrument (l’argent, les armes, les hommes) pour atteindre le pouvoir comme finalité, le pouvoir politique. Pour ce faire, il a utilisé une prédication, la dawa, tant sociale à travers les espoirs du parti Baath que politique, économique et religieuse en promettant à sa communauté un avenir radieux. Ainsi donc, au cœur du régime syrien demeure cette importance de protéger le clan, l’asabiyya, sur laquelle repose le pouvoir. Hafez al-Assad a donc largement favorisé la communauté alaouite dès son Coup d’Etat en 1963. Il s’est en fait appuyé sur l’ensemble des minorités religieuses, Druzes, Alaouites, Kurdes, Ismaéliens, Grecs Orthodoxes ; avant d’éliminer petit à petit ses concurrents dans chacune de ces communautés. Il s’est en outre beaucoup appuyé sur l’armée, son canal d’ascension et de prise du pouvoir. Avant même d’arriver au pouvoir, Hafez al-Assad était membre du Conseil Militaire du Parti Baath, et tenait d’ailleurs le poste de commandant de l’armée de l’air 67 .
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Les films dans le patrimoine spolié entre Est et Ouest de 1939 à la fin de la guerre froide. Une histoire en chantier

Les films dans le patrimoine spolié entre Est et Ouest de 1939 à la fin de la guerre froide. Une histoire en chantier

Une vaste bibliographie traite désormais des tableaux, des archives, des livres spoliés dans toute l’Europe, même si l’Europe occidentale et les « territoires de l’Est » restent rarement embrassés d’un même regard. Les photographies et les films demeurent beaucoup moins connus, pour des raisons sur lesquelles il s’agit de s’interroger. D’une part, bien sûr, la dispersion et la fragilité des fonds demanderaient un travail d’inventaire analogue à celui qui a été mené pour les archives par Patricia Kennedy Grimsted depuis des années 1 . Les films sont un cas particulier, puisque leur lecture demande le passage par un dispositif technique médiatisant la consultation et l’identification, induisant un oubli plus rapide encore que celui des tableaux ou des papiers aisément visibles, auquel s’ajoute le plus souvent la destruction ou la dispersion des archives papier concernant leur production et leur diffusion. Enfin, la problématique des usages publics de l’image fixe et animée articule de manière particulière les enjeux stratégiques, politiques, culturels et économiques du destin d’autres biens spoliés, bien souvent étudiés dans un cadre national. Or les pratiques de saisies, de sauvetage et d’usage de ces derniers ne peuvent être compris que par les circulations transnationales de politiques qui se répondent dans l’Europe en guerre. L’essai que nous proposons n’a d’autre ambition que de tracer les grandes lignes d’un paysage historiographique encore très fragmentaire concernant les films spoliés dans l’histoire plus large du patrimoine en temps de guerre et d’après-guerre 2 .
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Titus Flamininus et la seconde guerre de Macédoine : récupération de l'héritage culturel et politique du monde hellénistique

Titus Flamininus et la seconde guerre de Macédoine : récupération de l'héritage culturel et politique du monde hellénistique

Ce récit de la campagne militaire menée contre Philippe V et ce retour sur les gestes faits par Flamininus nous permettront de mieux circonscrire la personnalité du jeune génér[r]

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État de la situation des projets de séquestration géologique du CO₂ à travers le monde à la fin 2012 : Rapport.

État de la situation des projets de séquestration géologique du CO₂ à travers le monde à la fin 2012 : Rapport.

de CO 2 par an. À partir de 2014, 1,2 millions de tonnes de CO 2 seront injectées annuellement. Lors de son lancement, il s’agissait de la première opération industrielle de séquestration géologique du CO 2 à des fins environnementales au monde, c’est-à-dire dans le but de réduire les émissions de CO 2 pour lutter contre les changements climatiques. Un incitatif particulièrement puissant a d’ailleurs contribué à la concrétisation de ce projet. En effet, une taxe variant, suivant les secteurs industriels, entre 89 et 345 couronnes norvégiennes par tonne de CO 2 émise dans l’atmosphère est en vigueur en Norvège depuis le début des années 1990. [7, 8, 9]
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Chaque fois unique, la fin du monde : figures et apories du deuil selon Jacques Derrida

Chaque fois unique, la fin du monde : figures et apories du deuil selon Jacques Derrida

Car si la relation de Derrida avec la majorité des disparus tels que Paul de Man (« rien ne nous a jamais séparés, pas l’ombre d’un dissentiment. Ce fut comme la loi d’or d’une amitié co[r]

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Apprendre pour se maintenir dans le monde du travail en fin de carrière : réflexion autour d'une formation au métier de formateur

Apprendre pour se maintenir dans le monde du travail en fin de carrière : réflexion autour d'une formation au métier de formateur

Mots clés : Apprentissages, formation, reconversion professionnelle, parcours, âges, expérience Les mobilités souhaitées ou subies entre emplois (interne ou externe) et surtout entre emploi et période de chômage sont aujourd’hui fréquentes. Les premières ont tendance à décroître avec l’avancée en âge et en expérience, notamment vers 45-50 ans selon les secteurs d’activité (Lainé, 2002) ; les secondes tendraient au contraire à augmenter aux deux extrêmes de la pyramide des âges de la population active (Dupray & Récotillet, 2009). Malgré la multiplication des expériences qui caractérisent les parcours professionnels des actifs à l’heure actuelle, il semble donc plus difficile de réussir cette transition au fur et à mesure que l’on avance en âge (Ferrer, Martin, 2008) et les faibles taux d’emploi en France et en Europe des 55 ans et plus l’attestent également (Marchand, 2007 ; Volkoff, 2012). Sans entrer dans le faisceau complexe des éléments jouant sur cette situation, soulignons ici que les représentations sociales relatives au vieillissement offrent depuis longtemps (cf. enquête Ifop 1961) une vision très mitigée des conséquences de l’avancée en âge dans le monde du travail. La dernière enquête de la DARES (Defresne et al, 2010) montre encore que les employeurs restent réservés sur les possibilités des salariés les plus âgés à s’adapter au changement ou à utiliser les nouvelles technologies ; deux dimensions fortement liées à la formation professionnelle et aux apprentissages. Le travail de Furunes et Mykletun (2005) illustre d’une autre manière ce constat. A partir d’une enquête réalisée auprès d’employeurs norvégiens du secteur de l’hôtellerie et de la restauration, ces auteurs notent que si les employeurs n’ont pas vraiment d’a priori
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