Emmanuel Carrère

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Ce que la littérature fait au droit: le cas Emmanuel Carrère

Ce que la littérature fait au droit: le cas Emmanuel Carrère

INTRODUCTION D’emblée, quelques précisions s’imposent afin de circonscrire l’objet de la présente contribution, d’en indiquer la méthode et de préciser le point de vue privilégié. D’abord, l’auteur des lignes qui suivent est juriste de formation et professeur de droit de métier et, s’il s’intéresse aux rapports entre droit et arts (plus particulièrement, le cinéma et la littérature), ce n’est que du point de vue circonscrit du spécialiste de la chose juridique. Ensuite, alors que l’objet du colloque auquel ressortit cet exposé est censé porté sur la « fiction littéraire contemporaine », l’on a très exactement choisi de traiter un auteur devenu célèbre pour ses récits de non-fiction, en l’occurrence Emmanuel Carrère. Certes, il serait envisageable de s’en tirer à bon compte en rappelant que, pour des raisons de prudence éditoriale, il est arrivé à Carrère de recourir à des procédés fictionnels, tels que des changements de nom de personnages secondaires, mais l’argument serait vraiment trop facile et déloyal. Nous plaidons néanmoins les circonstances atténuantes en notant, d’une part, que d’autres contributeurs ont évoqué des textes de non-fiction dans un colloque pourtant consacré à la fiction et, d’autre part, qu’il n’en sera peut-être pas moins question de fiction en fin de compte, mais sans doute pas là où l’on croit. Enfin, après réflexion, l’on a décidé de limiter le propos à un seul ouvrage de Carrère – en l’occurrence, D’autres vies que la mienne 1 , qui est, avec L’Adversaire 2 , celui dans lequel le rôle du droit et de ses acteurs, ainsi que la question de l’apport que la littérature peut réaliser par rapport à eux, sont examinés le plus minutieusement. L’Adversaire a été délibérément laissé de côté pour deux raisons : d’une part, l’auteur de ces lignes a déjà eu l’occasion de traiter de cet ouvrage, avec Magalie Flores- Lonjou et David Pasteger, à une autres occasion 3 ; d’autre part, plus ancien que D’autres vies que la mienne, ce récit a déjà donné lieu à de multiples exégèses et il paraissait donc moins intéressant de s’y appesantir encore sous l’angle des rapports entre droit et littérature 4 .
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La biographie avant-dernière: entre référentialité et fictionnalité dans "Je suis vivant et vous etes morts" d'Emmanuel Carrère

La biographie avant-dernière: entre référentialité et fictionnalité dans "Je suis vivant et vous etes morts" d'Emmanuel Carrère

R ÉSUMÉ Ce mémoire est composé de deux parties, liées l’une à l’autre par une troisième, une section intermédiaire. Il propose d’abord une lecture attentive de Je suis vivant et vous êtes morts, la biographie imaginaire qu’a consacré l’écrivain français contemporain Emmanuel Carrère à Philip K. Dick, l’un des plus célèbres écrivains de science-fiction. En s’attardant à des notions de genre, de référentialité, d’intertextualité, de narratologie ainsi qu’à la poétique carrérienne, l’étude ci- présente s’emploie à décortiquer cette œuvre biographique afin de mieux l’insérer dans le continuum des autres publications dites « non-fictives » d’Emmanuel Carrère. La deuxième partie de ce mémoire se veut un texte de création qui n’a pas abouti en une forme biographique. Hybride, sans genre précis, le texte explore les possibilités d’une représentation urbaine, ou du moins dé- régionalisée, d’un petit village rural du nom de Ville-Marie, au Témiscamingue. Ce texte créatif cherche à tenir en équilibre plusieurs pôles de tensions; entre ce qui se veut littéraire et l’habituelle illégitimité de l’être en « région », entre l’envie d’écrire et celle de céder le pas à d’autres, entre le jeu et le sérieux, entre la prose et la poésie, entre traditions et nouveautés, entre les grandes problématiques du vingt-et-unième siècle et notre éminent confort occidental, en grande partie responsable et tributaire de ces mêmes problématiques. Insérée entre ces deux grandes parties s’en trouve une autre, plus courte, servant à dévoiler leurs fondements communs puisque toutes deux sont construites autour d’une tension entre le « vrai », le « faux » et la littérature qui ne saurait jamais être ni l’un ni l’autre.
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Voyage au pays de la peur : rumeur et récit dans "La Classe de neige" d’Emmanuel Carrère

Voyage au pays de la peur : rumeur et récit dans "La Classe de neige" d’Emmanuel Carrère

VOYAGE AU PAYS DE LA PEUR: RUMEUR ET RÉCIT DANS L A C LASSE DE NEIGE D ’E MMANUEL C ARRÈRE 1 M ARIE -P ASCALE H UGLO Dans La Peur en Occident, Jean Delumeau mentionne un test psychologique bien connu des spécialistes de l’enfance: le Test du pays de la peur (Delumeau, 1978: 35). Le séjour du jeune Nicolas en classe de neige que raconte Emmanuel Carrère serait ce test ou, plutôt, cette épreuve. Dès le début du voyage, une angoisse diffuse oppresse le garçon craintif qui trouve, dans les indices les plus infimes, de quoi alimenter sa peur. Sa connaissance du monde est partielle, lacunaire; elle se bute aux non-dits, aux exclusions, aux refoulements des adultes, et reste à l’écart du savoir des autres enfants. L’expérience fragmentaire et limitée de Nicolas est toutefois relayée, médiatisée par les histoires qu’il a lues ou qu’on lui a racontées. Pour lui, le monde est un tissu de fables, un répertoire de schémas narratifs potentiels que la moindre alarme convoque. Les récits qui l’habitent sont, pour la plupart, des histoires épouvantables, elles composent, propagent,
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Les deux conversions d’Emmanuel Carrère. Écriture et pratique du souci

Les deux conversions d’Emmanuel Carrère. Écriture et pratique du souci

des autres, comme si, en s'asseyant à sa table d'écriture, il se soumettait au test d'empathie imaginé par Dick et demandait aux lecteurs : « vous qui êtes humains, vous reconnaissez-vous en moi comme je me reconnais en vous? » Au textualisme associé aux belles années du formalisme et au culte de l'inventivité formelle, au culte du moi associé à la figure du grand écrivain, Carrère oppose une conception de l'écriture fondée sur le souci d'autrui et sur une pratique soutenue de l'attention. La deuxième conversion dont j'ai retracé les contours concerne donc le lien entre le texte et le monde, entre l'auteur et la foule des humains à laquelle il s'identifie, car il s'agit bien, pour Carrère, de performer un acte de foi par lequel l'importance de la littérature est réaffirmée, son efficace résidant dans la possibilité qu'elle offre de rendre visible et sensible ce qui lie les vies, malgré tout ce qui les sépare.
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"L'horreur, la folie, et l'interdiction de les dire." Le secret de famille et ses échos dans l'oeuvre d'Emmanuel Carrère

"L'horreur, la folie, et l'interdiction de les dire." Le secret de famille et ses échos dans l'oeuvre d'Emmanuel Carrère

Toute la souffrance dont il est question dans cette lettre qui clôt le récit, «il fallait bien qu'un jour quelqu'un la prenne en charge et lui donne voix» (RR, p.398). Ce quelqu'un, c'es[r]

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(Ré)inventer le réel : l'appropriation du fait divers dans la littérature française contemporaine d'après Un fait divers de François Bon et L'Adversaire d'Emmanuel Carrère

(Ré)inventer le réel : l'appropriation du fait divers dans la littérature française contemporaine d'après Un fait divers de François Bon et L'Adversaire d'Emmanuel Carrère

en 2010.. Comprendre en se mettant à la place d'autrui le chagrin qu'il éprouve n'implique pas qu'on le partage ou qu'on cherche à l'alléger 147 • » Bref, deux points pa[r]

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L'art de la bifurcation : dichotomie, mythomanie et uchronie dans l'œuvre d'Emmanuel Carrère

L'art de la bifurcation : dichotomie, mythomanie et uchronie dans l'œuvre d'Emmanuel Carrère

principalement en ce qui concerne la maladie de sa mère.. Mais [avec le temps] il est clair que de latente sa mythomanie est devenue évidente et maligne 6 \. Jamais sa famill[r]

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Le jardin-œuvre, une autre façon d’appréhender le jardin collectif autour du travail de l’artiste Emmanuel Louisgrand

Le jardin-œuvre, une autre façon d’appréhender le jardin collectif autour du travail de l’artiste Emmanuel Louisgrand

utopie de l’artiste (créer un jardin de toutes pièces en milieu urbain) mais c’est aussi un endroit à part, un îlot, comme l’indique le titre, offrant aux habitants du quartier l’accès à un imaginaire, à une « magie 8 ». L’œuvre montre alors le jardin comme étant en soi – et non plus seulement par son contenu – un élément à préserver à notre époque. Le concept de « sculpture sociale » inventé par l’artiste allemand Joseph Beuys (1921-1986) se retrouve également dans cette approche, par laquelle l’artiste n’est pas seulement producteur d’un objet, d’une performance, mais aussi d’une pensée, d’un idéal : « J’appelle sculpture sociale… cette forme de sculpture [qui] associe et interpelle tout le monde. Elle renvoie à l’existence, à l’être intime, la vie privée de chacun. […] Je suis de ceux qui croient que seul l’Art… est à même de nous libérer et de nous conduire vers une société alternative 9 . » Emmanuel Louisgrand parle d’ailleurs d’« objet-manifeste » à
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Review essay - Emmanuel Melissaris’s Ubiquitous Law : legal lheory and the space for legal pluralism

Review essay - Emmanuel Melissaris’s Ubiquitous Law : legal lheory and the space for legal pluralism

As Melissaris puts it, the challenge for legal theory is how to account for communication among multiple legalities-i.e., the possibility of a concept of law that mak[r]

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L'adversaire comme text médiane: le traitement du fait divers et la construction d'un royaume chez Carrère suivi du texte de création Filibuste

L'adversaire comme text médiane: le traitement du fait divers et la construction d'un royaume chez Carrère suivi du texte de création Filibuste

L’écriture de Je suis vivant et vous êtes morts précède et chevauche les meurtres commis par Jean-Claude Romand, celle de La classe de neige se fait alors qu’il a déjà contacté Romand pour lui proposer une rencontre afin d’écrire à son sujet. L’adversaire sera le livre qui mettra en lien ces deux textes et deviendra le moteur du combat mené entre la fiction et la réalité des œuvres qui suivent. La quatrième de couverture d’Il est avantageux d’avoir où aller invite le lecteur à lire ce recueil d’articles comme une autobiographie, puisque les articles, comme plusieurs autres de ses textes, font le lien entre Carrère, son narrateur-auteur et sa démarche d’écriture. L’adversaire se termine sur une prière lancée au ciel et le Royaume, à bien des égards est sa suite ou du moins sa réponse et le paroxysme de la portée du fait divers dans les œuvres de Carrère, près d’une décennie plus tard. Après De Sang-froid, Capote n’a plus jamais écrit un seul livre. Il a été détruit par son expérience d’écriture et Carrère, après L’adversaire, n’a plus écrit de fiction. Le «je» l’a peut-être sauvé de l’impasse dans laquelle s’est retrouvé Capote, mais a aussi transformé sa manière d’écrire. Avec le prologue du Royaume, on constate que Carrère n’en a pas réellement terminé avec L’adversaire, que son livre charnière a été son propre adversaire, pendant l’écriture, mais aussi après, puisqu’il ne peut cesser d’y faire référence et rien autour de lui ne semble décidé à le laisser oublier. Les coïncidences et les références d’un livre à l’autre, dont Carrère est à la fois
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Du "métier d'ignorance" aux savoir-faire langagiers : l'environnement de la littéralité chez Emmanuel Hocquard, Pierre Alferi et Jérôme Mauche

Du "métier d'ignorance" aux savoir-faire langagiers : l'environnement de la littéralité chez Emmanuel Hocquard, Pierre Alferi et Jérôme Mauche

Plus précisément, j'y étudie les travaux de divers poètes et critiques (Claude Royet-Journoud , Jean-Marie Gleize, Emmanuel Hocquard , Pierre Alferi , Jérôme Mauche) q[r]

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Martin Heidegger ou la traversée de la nuit Questions à Emmanuel Faye. Gaëtan Pégny, Béatrice Fortin et Michèle Cohen-Halimi

Martin Heidegger ou la traversée de la nuit Questions à Emmanuel Faye. Gaëtan Pégny, Béatrice Fortin et Michèle Cohen-Halimi

Trois questions donc, qui s’inscrivent dans la logique de la langue "re-sémantisée" par le nazisme et qui articulent la même préoccupation : qu’il ne s’agit pas seu[r]

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Emmanuel Samé, <i>Autofiction père & fils : S. Doubrovsky, A. Robbe-Grillet, H. Guibert</i>

Emmanuel Samé, <i>Autofiction père & fils : S. Doubrovsky, A. Robbe-Grillet, H. Guibert</i>

Emmanuel Samé vient donc, dans la présente étude, éclairer le genre d’un regard nouveau, sinon peu porté sur des textes d’auteurs français contemporains. Et c’est sur les œuvres de Serge Doubrovsky (Fils), Alain Robbe-Grillet (Le Miroir qui revient, 1984) et Hervé Guibert (À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, 1990) qu’il décide de se pencher plus particulièrement. Comme il est annoncé dans l’introduction, l’analyse se divisera en trois temps. Le premier, « Faire sa propre statue », correspond à la tendance de l’autobiographe. Le deuxième, « Se projeter hors de soi », est celle de l’autofictionnaliste. Ces deux postures antagonistes seront dépassées dans une troisième partie, « La castrature du cercle », pour figurer en quoi l’autofiction « se révèle être une écriture du secret ».
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Emmanuel Crespel, Lettres du père Crespel et son naufrage à Anticosti en 1736. Introduction. Récit d'un naufrage à Anticosti

Emmanuel Crespel, Lettres du père Crespel et son naufrage à Anticosti en 1736. Introduction. Récit d'un naufrage à Anticosti

C’est aussi la pluie d’hiver glacée et pénétrante qui refroidit tout, transit les corps et éteint le feu (170); la rivière profonde à traverser pour rejoindre le littoral (141); c’[r]

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De présidentiable à président : la rhétorique au service du pouvoir. Analyse comparative des discours de campagne et d'investiture de Nicolas Sarkozy (2007) et Emmanuel Macron (2017)  : logos, ethos, pathos

De présidentiable à président : la rhétorique au service du pouvoir. Analyse comparative des discours de campagne et d'investiture de Nicolas Sarkozy (2007) et Emmanuel Macron (2017) : logos, ethos, pathos

NATION 15 4 PEUPLE 29 12 La grande différence entre les deux orateurs tient en premier lieu à la prépondérance du pronom première personne dans le discours de Nicolas Sarkozy et de la quatrième personne chez Emmanuel Macron. Le constat est identique pour les termes « France » et « nation » dont les occurrences sont plus nombreuses chez le premier orateur. Le discours d'Emmanuel Macron est plus pronominal que nominal (c'est-à-dire que le discours est davantage centré sur la forme (la personne) que sur le fond (les actes). Dit autrement et selon Damon Mayaffre, « l’énonciation compte plus que l’énoncé ou que l’acteur compte plus que l’acte ». Le « nous » fédérateur l'emporte du point de vue quantitatif aux locutions nominales traditionnellement exploitées par les hommes politiques dits « traditionnels » tel que nous le voyons avec la notion de « peuple » (29 occurrences chez Nicolas Sarkozy contre 12 chez Emmanuel Macron). Nous avons montré supra l’usage du « ça » ou de « ce, c’est » dans le discours de Nicolas Sarkozy. Par le flou du pronom démonstratif neutre dont on ne sait pas à qui il fait réellement référence, Nicolas Sarkozy joue de l’implicite et du sous-entendu comme dans la séquence sur le pouvoir d'achat « A quoi ça sert les 35 heures quand on n'a pas d'argent pour profiter de ses loisirs ?». Ce sous- entendu participe d'un discours doxal dont le but est de toucher l'ensemble de l'électorat, en se présentant comme le candidat de tous. Dans le discours de Nicolas Sarkozy, le « on » ne réfère ni au candidat, ni aux électeurs mais il réfère aux hommes politiques appartenant à son propre camp. Ce procédé lexical permet à l'orateur de dénigrer ces prédécesseurs sans les nommer explicitement. En revanche, il nomme sans détour ceux qui, à gauche, ont gouverné la France par le passé (« coalition hétéroclite de l'extrême-gauche, des Verts, des chevènementistes, des communistes, des socialistes »). Quant à Emmanuel Macron, les mots en -isme sont convoqués
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Emmanuel BELLANGER, Danielle TARTAKOWSKY, « Enterrer les morts et les honorer », codirection de dossier, Le Mouvement social, n° 237, octobre-décembre 2011.

Emmanuel BELLANGER, Danielle TARTAKOWSKY, « Enterrer les morts et les honorer », codirection de dossier, Le Mouvement social, n° 237, octobre-décembre 2011.

par Emmanuel Bellanger et Danielle Tartakowsky Le présent numéro du Mouvement social est une contribution à l’analyse de la mort comme « affaire publique » 1 , politique, réglementaire, patrimoniale et mémorielle. Il s’essaye à une étude des constructions socio-politiques que sont les cimetières et à leur inscription dans la Cité. Deux approches ont été retenues. La première concerne l’administration de la mort par les Églises, les autorités publiques et leurs délégataires. Elle s’intéresse à leurs relations complexes, à géométrie variable en fonction des traditions nationales, des régimes politiques, des traditions confessionnelles et des cultures partisanes et idéologiques. La seconde s’attache aux circonstances et aux processus qui permettent à la puissance publique, à des individus ou, plus fréquemment, à des collectifs, de donner sens à la mort ou du moins de s’y essayer en érigeant les cimetières, ou telles de leurs divisions, en expression d’une identité collective chargée d’une sacralité qui s’enracine dans le sacrifice accompli et dans l’Histoire. Elle prête une attention particulière aux conflits qui peuvent surgir pour la définition du sens de la mort et pour sa pleine maîtrise.
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Compte-rendu de lecture : Emmanuel Brandl, Cécile Prévost-Thomas et Hyacinthe Ravet (ed.), 25 ans de sociologie de la musique en France, tome 2.

Compte-rendu de lecture : Emmanuel Brandl, Cécile Prévost-Thomas et Hyacinthe Ravet (ed.), 25 ans de sociologie de la musique en France, tome 2.

Les préoccupations majeures qui en ressortent – la pertinence de la distinction populaire / savant et l’opposition faire / œuvre – sont traitées sous des angles divers, mais tous s’accor[r]

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Contribution à l'évaluation du dispositif CLA lycée de l'Académie de Grenoble : Lycée Louis Armand (Chambéry-le-haut, Savoie), Lycée Emmanuel Mounier (Grenoble, Isère), Lycée Charles Poncet (Cluses, Haute-Savoie)

Contribution à l'évaluation du dispositif CLA lycée de l'Académie de Grenoble : Lycée Louis Armand (Chambéry-le-haut, Savoie), Lycée Emmanuel Mounier (Grenoble, Isère), Lycée Charles Poncet (Cluses, Haute-Savoie)

Les objectifs de cette classe sont les suivants: l’acquisition du français comme langue de communication et comme langue de scolarisation, la remise à niveau des acquis scolaires, la [r]

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[compte-rendu] Emmanuel Francis, Le discours royal dans l’Inde du Sud ancienne. Inscriptions et monuments pallava (IVème-IXème siècles), Tome I, Introduction et sources, (Publication de l’Institut Orientaliste de Louvain 64), 2013

[compte-rendu] Emmanuel Francis, Le discours royal dans l’Inde du Sud ancienne. Inscriptions et monuments pallava (IVème-IXème siècles), Tome I, Introduction et sources, (Publication de l’Institut Orientaliste de Louvain 64), 2013

et est celui qui requiert le don auprès du roi. Au cours de l’ère du déclin, exécutants et requérants sont différenciés et systématiquement nommés. Le requérant, probablement le propriétaire des terres données, requiert une exemption de taxes royales, un trans- fert de ces taxes vers le bénéficiaire de la donation ou la cessation d’autres types de privilèges que seul le roi peut accorder. Le roi lui-même, au sommet de la hiérarchie, n’intervient pas personnellement dans la transaction. Citant Nicolas Dirks et Burton Stein, Emmanuel Francis reconnaît qu’à travers ce type de transactions, le domaine du chef local est intégré au domaine du monarque pallava, et le lien qui unit le roi et son suzerain est ainsi formalisé et renforcé. Pour appuyer son argument, l’auteur remarque que le roi sous lequel est émis le plus grand nombre de chartes est Nandivarman II (deuxième moitié du viii e siècle), issu d’une lignée collatérale et dont l’accession au
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[compte-rendu] Emmanuel Francis, Le discours royal dans l’Inde du Sud ancienne. Inscriptions et monuments pallava (IVème-IXème siècles), Tome II, Mythes dynastiques et panégyriques (Publications de l’Institut Orientaliste de Louvain, 65), 2017

[compte-rendu] Emmanuel Francis, Le discours royal dans l’Inde du Sud ancienne. Inscriptions et monuments pallava (IVème-IXème siècles), Tome II, Mythes dynastiques et panégyriques (Publications de l’Institut Orientaliste de Louvain, 65), 2017

La cinquième partie est consacrée à l’ère des monuments, située entre 550 et 730 de notre ère. Le discours royal évolue radicalement : le cha- pitre XV qui présente les sources nous apprend que, outre l’épigraphie, les temples et les sculptures participent maintenant également de ce discours. Les tablettes de Paḷḷaṉ Kōyil, localisées en pays tamoul, font l’objet du chapitre XVI. Elles incarnent les nombreux changements du discours, et inaugurent en quelque sorte cette nouvelle ère. En effet, datées de 550 environ, ce sont les premières tablettes bilingues, sanskrit-tamoul, et les premières à présenter une généalogie mythique et pseudo-historique en sanskrit et en vers. Un autre point important que met en valeur Emmanuel Francis est la présence possible d’un requérant pour le don effectué, qui serait ici Siṁhaviṣṇu, fils du roi régnant Siṁhavarman (p. 506-507). Mais ce ne seraient ici que les prémices de la transformation de la pratique du don, encore mal exprimée. Sous le règne de Mahendravarman I, fils de Siṁhaviṣṇu, les premiers temples rupestres apparaissent (chapitre XVII). Leur répartition à travers le royaume semble définir un territoire (p. 510). L’excavation de ces temples est un marqueur de la présence royale, renfor- cée dans cinq d’entre eux par la gravure d’inscriptions royales de fondation attribuées à Mahendravarman. Mais ce ne sont pas les seules innovations, et on voit apparaître des listes, parfois longues comme dans le temple excavé de Trichy, de titres royaux sanskrits, tamouls et télougous, qui viennent encore enrichir le discours royal. Le temple rupestre de Trichy est longue- ment analysé par Emmanuel Francis (p. 516-530), car le discours royal y est particulièrement éloquent. Outre une brève inscription de fondation et de longues listes de titres royaux, on y trouve la première représentation
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