Berlin-Est

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Appropriation de l'espace et prise de parole. Enquête socio-ethnographique dans un grand ensemble à Berlin Est

Appropriation de l'espace et prise de parole. Enquête socio-ethnographique dans un grand ensemble à Berlin Est

route. Comme je l'ai montré à partir de la revue de la littérature, la participation des habitants, lorsqu'on la considère comme un discours sur la ville et une action politique, soulève deux questions principales : celle de l'appropriation de l'espace urbain et celle de l'engagement politique. En choisissant le grand ensemble de Marzahn comme terrain d'enquête, j'ai aussi intégré des questions subsidiaires à mon programme de recherche : elles concernent le destin urbain des grands ensembles socialistes après la réunification allemande et le rapport à la politique des habitants de ces espaces. Pour répondre à ces questions, j'ai examiné, à partir d'une analyse descriptive de sources statistiques, si la ségrégation socio-spatiale existait à Berlin-Est pendant la période socialiste, la façon dont elle s'organisait à cette époque et si, à la fin des années 1990, elle prenait la forme d'une mosaïque de situations urbaines différenciées comme c'est le cas dans d'autres villes européennes. En faisant l'histoire des dispositifs de participation mis en place à Marzahn, j'ai aussi regardé si les thèses qui insistent sur le transfert des acteurs et des méthodes de la rénovation urbaine depuis la partie occidentale vers la partie orientale de Berlin dans les années 1990 et qui concluent à l'assagissement et à l'individualisation de la participation des habitants dans le cours de ce transfert s'appliquaient à mon cas. L'étude ethnographique que j'ai menée sur les usages du logement et des équipements à Marzahn Nord visait à tester l'hypothèse selon laquelle les rapports au quartier varient avec la trajectoire sociale et résidentielle, la structure et la dispersion spatiale des réseaux d'interconnaissance des personnes et avec la forme des espaces considérés. A cela j'ai ajouté l'idée selon laquelle les dynamiques concurrentes d'appropriation de l'espace sont des sources potentielles d'engagement politique. Les querelles que j'ai observées en participant aux activités de groupes qui s'investissent dans la vie publique de Marzahn Nord m'ont alors rendue attentive au travail de mise en forme que suppose l'engagement politique. J'ai examiné les liens entre les défaillances de ce travail et la composition sociale du public admis à s'exprimer ainsi que l'ancrage institutionnel des espaces publics.
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MUR DE BERLIN : VIE, MORT ET HÉRITAGE GÉOPOLITIQUE [The Berlin Wall: Life, Death and the Spatial Heritage of Berlin]

MUR DE BERLIN : VIE, MORT ET HÉRITAGE GÉOPOLITIQUE [The Berlin Wall: Life, Death and the Spatial Heritage of Berlin]

Cliché Gérard-François Dumont - 2007. Une deuxième différence entre les deux Berlin est également architecturale : à l’Ouest, les immeubles d’habitations de grande hauteur se trouvaient de facto bannis et d’ailleurs en rien justifiés par la faible pression foncière sur un territoire de 484 km2, soit près de cinq fois la superficie de Paris. Ainsi Berlin-Ouest comporte-t-elle de vastes espaces de campagne et, évidemment, ne s’est pas étendue. En revanche, l’Est a voulu faire preuve de « modernité », par exemple avec l’Alexanderplatz et par la construction des « lambeaux successifs de banlieues grandiosement répétitives » [ 14 ] Le maintien de la division de Berlin se lit également dans la statuaire socialiste, bien entendu absente de l’Ouest, mais toujours présente ci et là à Berlin-Est, avec Marx, Lénine, ainsi que la faucille et le marteau. En outre, l’empreinte de la RDA demeure avec le palais de la république (de RDA), bâtiment sans âme des années 1950, construit à la place de l’ancien palais impérial détruit en 1950 sur l’ordre de Walter Ulbricht, sur une place alors dénommée « Marx-et-Engels ». Un lambeau omis lors de la destruction et une exposition réalisée par les partisans de la reconstruction du palais impérial permettent de juger des dégâts causés par cette destruction de bâtiments d’un grand intérêt architectural et artistique. La question de sa reconstruction n’est toujours pas réglée, d’autant que les finances berlinoises ne sont guère excellentes. En quatrième lieu, le mur demeure effectivement une cicatrice économique et humaine. Avant la Seconde Guerre modiale, Berlin est le plus gros et le plus innovant pôle économique et surtout industriel d’Allemagne. Après 1945, Berlin-Ouest, en raison de son statut d’exception (accessibilité limitée, position par rapport aux fournisseurs et aux débouchés, départ de la population et des ouvriers qualifiés), se trouve contrainte et écartée de tous les secteurs d’entreprise innovants. L’économie berlinoise devient morose, reposant sur les prébendes de l’Ouest et prenant l’habitude d’être une économie aidée et protégée. À Berlin-Est, le système d’économie planifié socialiste, avec des entreprises étatisées et une organisation en grandes entreprises, entraîne déficience dans l’organisation et la rentabilité de l’économie.
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Paris et Berlin, deux scènes musicales cosmopolites ? La diversité nationale des intermédiaires culturels en question

Paris et Berlin, deux scènes musicales cosmopolites ? La diversité nationale des intermédiaires culturels en question

Diversité des programmateurs et division du travail de programmation Quoique les allemand∙es de l’Est apparaissent sous-représenté∙es dans la programmation, comment expliquer néanmoins la plus forte diversité à Berlin et son absence relative à Paris ? Les modèles organisationnels privilégiés dans certaines salles berlinoises semblent favoriser l’entrée d’individus plus divers dans la programmation. En effet, il n’est pas rare que les salles berlinoises soient programmées par des collectifs, qui peuvent être très nombreux ou comprendre trois ou quatre personnes. Cela concerne un tiers des salles enquêtées en 2013. Selon plusieurs programmateurs rencontrés, ces programmations collectives s’inspirent des pratiques de groupes militants contestataires est-allemands et auraient perduré après 1989 par leur transmission dans les squats de Berlin Est. Le travail de programmation est ainsi divisé entre plusieurs personnes, limitant l’investissement en temps et permettant d’exercer en parallèle une activité rémunérée, souvent considérée comme un emploi alimentaire. Berlin attire en outre de nombreux étranger∙es de pays de l’Ouest et du Nord, séduit∙es par l’aura « alternative » de la ville, son image de paradis musical et le coût de la vie réduit par rapport à leur ville d’origine. La programmation collective, en limitant la concurrence et le prestige de la fonction de programmation, permet d’inclure dans cette activité des individus plus divers.
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La mise en patrimoine des espaces publics. Regards croisés à Paris et à Berlin

La mise en patrimoine des espaces publics. Regards croisés à Paris et à Berlin

Paris et Berlin sont deux métropoles européennes que tout semble opposer, en dehors de leur statut de capitale nationale (Duhem, Grésillon, Kohler, 2000 ; APUR, 2008). L’une est une métropole mondiale tandis que l’autre peine à retrouver son rang en Europe. Très différentes du point de vue des densités ou des systèmes de gouvernement, les deux villes diffèrent aussi fortement en termes de patrimoine et d’espaces publics. Alors que Paris offre le visage d’une ville largement patrimonialisée, les bombardements alliés puis la reconstruction ont fait disparaître à Berlin une grande partie des quartiers historiques. Les politiques menées dans le domaine des espaces publics ont de surcroît longtemps divergé, Berlin regardant soit vers l’Europe du Nord-Ouest – avec des aménagements pour améliorer le cadre de vie (Berlin-Ouest) – soit vers le bloc de l’Est – avec une vision plus fonctionnelle de l’espace public (Berlin-Est) – alors que Paris développait une politique plus sensible aux enjeux patrimoniaux, typique de l’Europe du Sud. Pour autant, la référence au patrimoine semble aujourd’hui se généraliser, à Paris comme à Berlin. L’examen des processus 1 qui ont conduit à cette mise en patrimoine dans des contextes urbains aussi différents apparaît d’autant plus intéressant pour la compréhension des sociétés urbaines européennes.
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À la recherche de la frontière effacée : le mur à Berlin, le palimpseste Checkpoint Charlie

À la recherche de la frontière effacée : le mur à Berlin, le palimpseste Checkpoint Charlie

Les visiteurs, à la recherche des traces historiques, trouvent souvent dérisoire cette mise en scène, ils se pressent néanmoins pour se faire photographier en compagnie des faux gardes, jouent à franchir le poste frontière, se rappellent parfois être déjà venus. L’image du mur reste tellement attachée à la ville qu’il paraît naturel pour les touristes de le retrouver comme on retrouve de vieilles forteresses. Ces murs anciens, préservés, sont comme les traces de croissance des villes, des cernes urbains. Mais Berlin est un îlot, qui se densifie, mais qui ne s’étend guère. Le mur n’est que la trace d’une prison, empêchant les uns de sortir, les autres de passer. Toutefois, le symbole est puissant et régulièrement des artistes font des propositions de mur
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A propos de : Denis Bocquet, Pascale Laborier, Sociologie de Berlin, La Découverte

A propos de : Denis Bocquet, Pascale Laborier, Sociologie de Berlin, La Découverte

Les sept chapitres de l’ouvrage s’organisent de manière thématique : les chapitres 1 et 2 reviennent sur l’histoire qui a fait de Berlin la capitale qu’elle est aujourd’hui ; les chapitres 3 et 4 se penchent sur son économie et sa démographie ; les chapitres 5 et 6 analysent Berlin comme un laboratoire politique et urbanistique ; enfin, le chapitre 7 aborde les aspects culturels qui sont au cœur des enjeux berlinois actuels. Cette organisation n’ignore pas les variations d’échelles qui s’avèrent indispensables à la compréhension de la ville. Berlin est ainsi pleinement insérée dans un environnement plus vaste : celui du Brandebourg et des nouveaux Länder de l’ex-RDA, celui de l’Allemagne fédérale dont elle est devenue la capitale officielle et enfin celui de l’Europe dont elle peut faire figure de capitale officieuse. Par ailleurs, la ville de Berlin constitue elle-même le cadre de phénomènes plus finement spatialisés. Les auteurs se montrent dès lors attentifs aux variations qui se font jour au sein de l’espace berlinois entre centre et périphérie, entre parties héritées de la division Est-Ouest ou encore entre quartiers de compositions hétérogènes.
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Le devenir des terrains vagues : lire Berlin à travers des vides urbains

Le devenir des terrains vagues : lire Berlin à travers des vides urbains

On apprend plus tard dans la vidéo que 26% des habitants de l’arrondissement de Mitte sont étranger, tandis le quartier de Moabit en compte le double. Les immigrés furent attirés dans ce quartier ouvrier par les loyers à faible coût. A l’époque où le mur fur construit, les grandes industries telles que Siemens ou Borsig avait besoin d’une nouvelle main d’œuvre pour remplacer les travailleurs qui venaient auparavant quotidiennement de Berlin Est. Cependant, quelques années plus tard, comme dans le reste de la ville, beaucoup de ces industries se délocalisaient dans d’autres villes de la RFA, par peur d’un renversement communiste. Aujourd’hui, malgré une implantation croissante du secteur tertiaire au sud de Moabit, il y a peu de travail disponible dans le quartier, et beaucoup de ses habitants vivent, en partie au moins, d’aide sociales. L’augmentation drastique des loyers dans les quartiers proches comme
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Denis Bocquet, Pascale Laborier, Sociologie de Berlin, La Découverte

Denis Bocquet, Pascale Laborier, Sociologie de Berlin, La Découverte

Le premier chapitre propose un rapide survol de l’histoire berlinoise depuis les premières traces de la ville au 13 e siècle. Ville de négoce, très affectée par les conflits religieux du 17 e siècle, Berlin monte en puissance surtout à partir du 18 e siècle. Ville industrielle à la fin du 19 e siècle, elle est aussi la capitale éminemment politique de l’empire allemand après avoir été celle du royaume de Prusse. La ville devient ensuite l’épicentre de l’histoire tourmentée de l’Allemagne au cours du 20 e siècle : métropole culturelle sous la République de Weimar, Germania fantasmée du III e Reich, champ de ruines à la sortie de la Seconde Guerre mondiale et point névralgique de la Guerre froide, avant de redevenir – sur le fil – la capitale de l’Allemagne unifiée. Toutes ces phases se sont accompagnées de transformations démographiques, de développements architecturaux et de mutations morphologiques profondes. Ville à l’essor récent, Berlin est paradoxalement plus que toute autre prise dans une « démesure de l’histoire » (p. 7) qui en fracture le développement spatio-temporel.
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Berlin/Istanbul : la rue au service de l'image des métropoles

Berlin/Istanbul : la rue au service de l'image des métropoles

propre identité métropolitaine et européenne » (Stimman, 1999), que ce soit en termes de formes urbaines ou d’animation. La rue comme espace de représentation et de mémoire Dans la tradition européenne, la rue conserve également sa fonction politique. Dans le cadre du programme Bundeshauptstadt (capitale fédérale), il s’agissait d’une part d’aménager un espace urbain à la hauteur de cette fonction de capitale, avec ses rues et places emblématiques, et d’autre part de rompre plus ou moins explicitement avec l’héritage de la Guerre froide (Häußermann, 2002). La ville hérite en effet des rues et places symboliques de Berlin-Ouest et de Berlin-Est, respectivement conçues au service des idéologies capitaliste et socialiste 5 . Ainsi, dans le quartier du Spreebogen, les nouvelles rues et places sont entièrement vouées à la mise en scène de la République allemande réunifiée. Les formes choisies renvoient à la tradition des espaces publics berlinois, entre sobriété et présence végétale, tout en renouvelant le genre, grâce à l’intervention d’architectes renommés qui ont fait preuve d’une grande innovation d’un point de vue formel et esthétique. Les rues et les places nouvellement aménagées mettent aussi en valeur les bâtiments modernes construits pour le Bundestag et pour la Chancellerie, dont l’architecture tout en transparence permet au public d’observer les lieux de la démocratie. Ils contribuent de surcroît à donner à Berlin ce qui manquait à Bonn, c’est-à-dire un « décor somptueux pour les cérémonies républicaines » (Beyme, 1999, p. 640).
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Faire mémoire, faire débat ? La fabrication de la culture à Berlin à travers l'exemple du Humboldt-Forum

Faire mémoire, faire débat ? La fabrication de la culture à Berlin à travers l'exemple du Humboldt-Forum

APG : Est-ce que les habitants de la ville, les Berlinois, ne vivent pas la ville autrement dans les quartiers ? FH : Ca dépend de ce que vous entendez par Berlinois, la moitié de la population a changé. Il y a plein de gens qui sont allés là-bas, bien sûr ils s’y sentaient bien, ils sont venus de partout, d’Allemagne et d’ailleurs (Paris, Londres et autres). Ils se sont installés mais c’est une partie de la population qui est très homogène en soi, qui a les mêmes idées politiques, qui fait ses courses aux mêmes endroits, ils sont économiquement plutôt puissants, enfin c’est hyper lisse quoi. [...] Alors qu’avant c’était cette confrontation contradictoire qui était intéressante, la contre-culture entre un conservateur chrétien- démocrate et un mécanicien de l’ex-RDA qui habitaient tous sur le même palier. Ca n’existe pratiquement plus et c’est très dommage. Enfin je ne suis pas nostalgique mais je ne vais plus dans ces quartiers parce qu’ils sont devenus d’un ennui... C’est presque comme St-Germain quoi ! APG : la confrontation au quotidien, comme ça a pu exister à Berlin, est-ce que c’est quelque chose qui peut survivre à long terme ? Est-ce que les tensions ne vont pas forcément exploser à un moment ? FH : Ca c’est un problème exclusivement politique. C’est pas nous en tant qu’architectes, nos positions, comment développer des structures hybrides, des structures accessibles, diversifiés tout ce que vous voulez mais à la fin c’est un mot d’ordre politique. La politique urbaine, ou elle vend ces terrains et le terrain est considéré comme un bien, une marchandise, ou bien c’est considéré comme un bien commun, et à ce moment là... Clairement la politique urbaine, la ville de Berlin elle est fauchée depuis 2002, elle a fait banqueroute, et ils avaient besoin d’argent. Donc ils ont mis tout le sol qu’ils avaient en leur possession, c’est à dire plus de la moitié du sol urbain appartenant à la ville, en vente. Tout ça parce qu’ils devaient enlever les dettes. C’est à cause du scandale de Landowsky, le sénateur des finances à l’époque, qui a stipulé avec la banque de Berlin, donc qui a fait que le budget était
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Berlin par-delà les ruptures. Vivre, raconter et produire les matières de la ville

Berlin par-delà les ruptures. Vivre, raconter et produire les matières de la ville

L’aménagement de l’ancien no man’s land sur les hauteurs du Gleimtunnel illustre ces débats et contrastes. Ainsi la discussion est-elle intense parmi les membres de l’association « Welt Bürger Park ». Cette association lie des habitants qui pour la plupart avaient investi ce quartier de Berlin-Est situé à la lisière du Mur après sa chute. Ils ne sont pas tous Berlinois ou même Allemands ; ils ont contribué cependant à façonner le quartier tel qu’il est aujourd’hui à l’image d’un Berlin qu’ils voulaient vert et étranger à la spéculation. Leur association vise à maintenir le tracé du Mauer- park et des espaces verts qui ont réinvesti l’ancien no man’s land. Ils défendent aujourd’hui, sur les hauteurs du tunnel, le long de l’ancien tracé du Mur, une ferme éducative, des espaces verts et de détente, un mur d’escalade. Dès le début des années 1990, les arbres avaient été plantés, des cohortes volontaires s’étaient succédé pour occuper l’espace autrefois parcouru par les patrouilles des gardes-frontière. L’initiative avait émergé lors des discussions d’un « Runde Tisch 10 », non loin de là sur la Falkplatz.
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Paris et Berlin, deux scènes musicales cosmopolites ? La diversité nationale des intermédiaires culturels en question

Paris et Berlin, deux scènes musicales cosmopolites ? La diversité nationale des intermédiaires culturels en question

Paris et Berlin, deux villes contrastées Afin de mieux appréhender les spécificités des espaces musicaux de Paris et Berlin aujourd’hui, il importe de les resituer dans l’histoire récente de chaque capitale. Paris s’inscrit dans un pays au fonctionnement politique très centralisé, cette organisation se traduisant dans la polarisation francilienne (voire parisienne) des champs culturels (Gouyon et Patureau, 2014). A l’inverse, Berlin est une ville réunifiée ayant récemment retrouvé son statut de capitale, au sein d’un Etat moins centralisé, qui comporte d’autres métropoles économiques plus puissantes. Les niveaux de vie des populations parisienne et berlinoise sont contrastés, la capitale française comportant des résident·es bien plus doté·es économiquement. Le prix de l’immobilier, à la location ou à la vente, est également bien plus élevé à Paris qu’à Berlin. Il est plus aisé d’ouvrir une salle de musique à Berlin qu’à Paris, pour des raisons de densité du bâti et de coût notamment, mais aussi grâce à une régulation plus souple de cette activité. Dans la capitale alemande, l’espace urbain fait l’objet d’une réappropriation symbolique particulièrement forte depuis la chute du Mur. Les années qui l’ont suivie sont volontiers présentées comme une « reconquête » de lieux abandonnés, dont la propriété demeurait incertaine, ou situés dans des espaces auparavant inaccessibles, à la frontière entre Berlin Est et Ouest. Les clubs de musiques électroniques des années 1990 sont ainsi souvent présentés comme les lieux de communion de la nouvelle jeunesse allemande.
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« La mère de Berlin », représentation de Louise Schroeder dans la presse écrite (1947-1957)

« La mère de Berlin », représentation de Louise Schroeder dans la presse écrite (1947-1957)

Ce silence relatif tient probablement aussi aux circonstances troublées de l’exercice de ses fonctions. Il faut préciser que la municipalité de Berlin, placée sous les ordres des quatre puissances occupantes, disposait alors d’une marge de manœuvre extrêmement réduite. Louise Schroeder occupait en outre un poste de remplacement : de mai 1947 à décembre 1948 – et donc pendant les six premiers mois du blocus –, elle remplaça Otto Ostrowski, déchu pour avoir refusé de licencier des fonctionnaires membres du SED (parti unifié né en 1946 de la fusion forcée entre les partis communiste et social-démocrate), puis Ernst Reuter. Si les responsabilités revenaient officiellement à Schroeder, Reuter dirigeait en coulisse et demeurait l’interlocuteur privilégié des Alliés américains. 6 Le début du blocus de Berlin correspondit enfin pour elle à une période de maladie entraînant son absence prolongée. Il se peut donc que la position délicate de la maire ait incité un service de presse efficace et des journalistes bienveillants à ne pas trop la placer sous les feux de la rampe afin de ne pas susciter de mise en cause de sa légitimité. Schroeder suivait elle-même de près sa couverture médiatique, tout particulièrement les attaques que la presse de la zone d’occupation soviétique portait à la municipalité 7
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Mauerpark, lieu emblématique à l'avenir controversé : urbanisme participatif à Berlin, démarche politique ou initiatives citoyennes ?

Mauerpark, lieu emblématique à l'avenir controversé : urbanisme participatif à Berlin, démarche politique ou initiatives citoyennes ?

113 En 1979, une action collective, menée à l’initiative de la zone « SO36 » (nom issu du code postal) invite à la lutte des habitants afin de sauver deux bâtiments promis à la démolition. L’expérience est un succès, puisque des baux locatifs sont accordés aux occupants et les immeubles conservés. Cette réussite engendre la pratique fréquente des « occupations d’entretien » (squats). Au début de 1980, plus d’une vingtaine de bâtiments sont ainsi occupés. L’émergence de la contre-culture s’accompagne de celle de nouveaux acteurs aux logiques propres, dont le poids politique accroît. Les pouvoirs politiques sont aussi chahutés entre 1981 et 1983. Un militant associé aux mouvements d’ « occupations d’entretien » obtient un poste d’adjoint au maire chargé de la construction (Baustadtrat). S’ajoute à cela, un changement majeur au Sénat où la majorité est modifiée. En 1983, la coalition sociale-libérale FDP-SPD est remplacée par le parti CDU majoritaire pour prendre la tête du Sénat de Berlin. Tous ces changements dans les pouvoirs politiques contribuent à amplifier la politique exercée par la société (fondée à l’occasion de l’Internationale Bauaustellung) en charge de la réhabilitation. La prise de décision est décentralisée et devient locale. Les habitants alimentent directement le débat de Kreuzberg en devenir par le biais de « commissions de rénovation » locales. La participation des citoyens est largement « politisée : en tant qu’instrument qui reconfigure les rapports de pouvoir en un lieu et un moment donné ; en tant que procédure qui fait de l’expérience des habitants un élément central de l’orientation des décisions » (Cuny Cécile, 2010).
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Politiques canadienne et soviétique lors de la seconde crise de Berlin 1958-1961

Politiques canadienne et soviétique lors de la seconde crise de Berlin 1958-1961

qu‟avait Diefenbaker à l‟égard d‟Eisenhower n‟existait manifestement pas à l‟égard de l‟administration américaine sous Kennedy 56 . Cette interprétation plus générale de la crise comporte plusieurs lacunes. Jamie Glazov sous-estime quelques éléments de la guerre froide et de la crise de 1958-1962. En effet, il adopte une position très partisane qui ne reflète pas tout à fait la réalité complexe de la seconde crise de Berlin et de la guerre froide. Il attribue par exemple un rôle important aux « esprits calmes » et aux « visions plus clairvoyantes » dans l‟élaboration de la politique canadienne à l‟égard des Soviétiques : « But there is evidence to suggest that Canada‟s Soviet policy resulted from calmer minds and clearer visions, as well as from greater faith, over all, in the strength of democracy » 57 . Cette conception de la situation politique du Canada est incorrecte et sous-évalue le fait que la démocratie au Canada a aussi subi le choc de la guerre froide. Ainsi, à la suite de l‟affaire d'espionnage Gouzenko, le Canada, étant informé de la présence d'un réseau d'espionnage soviétique sur son territoire, a réagi en mettant en œuvre une politique antidémocratique très radicale tant sur la scène internationale que locale 58 . L‟auteur fait aussi état de plusieurs mésaventures de l‟ambassadeur canadien en visite à Moscou façonnées par le KGB, telles que le chantage sexuel et la manipulation médiatique qui peuvent justifier le raffermissement de la politique canadienne envers l‟URSS. En outre, Glazov utilise un style littéraire qui semble très partisan, favorisant le point de vue occidental sur la guerre froide. Au total, il présente Diefenbaker comme un chef d‟État très influent; il fut à la source de plusieurs crispations diplomatiques entre l‟Est et l‟Ouest, mais sa politique envers l‟URSS, prétend Glazov, fut en général un succès pour la diplomatie canadienne. En résumé, son ouvrage contient plusieurs affirmations partisanes et s‟inscrit dans le courant des études occidentales qui ne tentent pas de comprendre la perception soviétique du conflit. De plus, sur le plan méthodologique, Jamie Glazov n‟analyse pas les archives militaires rapportant les discussions qui ont eu lieu sur la consultation entre les membres de l‟OTAN à l‟occasion de
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Le désillusionné et son ba du papyrus Berlin 3024 : l'herméneutique d'une expérience ontophanique

Le désillusionné et son ba du papyrus Berlin 3024 : l'herméneutique d'une expérience ontophanique

explicatives partielles sont publiées par la suite mais aucune n’apporte de contribution significative sur le sens du texte, ni sur une question de méthode (Griffiths, 1967; Guilmot, 196[r]

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Berlin, une ville sans qualités ? La ville racontée par Radio France (1979-­1989)

Berlin, une ville sans qualités ? La ville racontée par Radio France (1979-­1989)

  sur   la   ville  »   qui   fait   référence   au   Mur.   A   l’opposé   de   ces   titres   descriptives,   relativement   neutres,   nous   trouvons   la   Journée   exceptionnelle   de   France   Culture   intitulée   «  Berlin,   ville   invisible  ».   Un   titre   provocateur   faisant   référence   à   la   partition   de   la   ville,   mais   qui   donne   au   destin   de   Berlin   beaucoup   de   fatalisme.   Une   ville   invisible,   c’est   une   ville   oubliée,   perdue,   qui   n’intéresse   personne,   que   personne   ne   remarque.   Ce   qui   cependant  est  étonnant  est  que  l’émission  et  la  journée  consacrée  à  la  ville  démontre   sur   plus   de   5   heures   la   richesse,   aussi   bien   culturelle   qu’artistique   de   la   ville,   en   présentant   de   nombreuses   personnalités,   en   invitant   les   auditeurs   à   diverses   ballades.   Le   portrait   de   la   ville   à   travers   cette   émission   donne   l’image   d’une   ville,   certes  divisée,  mais  éminemment  vivante  et  plurielle.        
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Paris / Berlin, marcher la ville : esquisse d'une anthropologie de la limite urbaine

Paris / Berlin, marcher la ville : esquisse d'une anthropologie de la limite urbaine

Conclusion Comment se confronter à la ville ? La ville dans son immensité. La ville dans sa complexité. Comment définir les régions, les cadres sur lesquels se concentrer, les particularités pour mieux suggérer une globalité ? C’est la marche qui est ici le phare, le guide des recherches. Une marche lente, qui sait voir, écouter, sentir, capturer l’instant au rythme de la ville. Un mouvement nécessaire. À travers elle a été faite l’expérience de la ville. Et c’est à travers elle encore que des cadres ont pu être dessinés : ils sont nés sur le terrain de la rencontre de configurations spatiales et de situations. Cadres qui, questionnés, ont précisé les enjeux de ces situations et révélé des particularités et des liens forts entretenus avec la rue. Pour le premier parcours entre les quartiers d’immigration de Barbès et Neukölln, c’est une rue hybride et habitée par l’usage qui a été mise à jour. Le second a dévoilé une rue oubliée par l’innovation urbaine développée au Front-de- Seine à Hansaviertel, bien que de manière radicalement différente. Quant au troisième, c’est un cas particulier qui a été évoqué : les parcs urbains de Paris et Berlin. Si d’un côté les jardins et leurs usages sont composés pour les citadins, ils sont de l’autre libres et inventés par ceux-ci. Avec le quatrième, il s’est agi de rues devenues quartiers et parfois axes de ville : l’avenue des Champs Elysées, Ku’damm et Friedrichstraße. Enfin, le dernier parcours a traversé des lieux « à la limite » qui ont développé quartiers et rues par réinvention. Mais alors que Paris Rive Gauche avait affiché fièrement son Plan d’Aménagement de Zone, Friedrichshain s’était construit grâce à sa réappropriation par un usage imprévu. Par assemblage et montage de ces
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La réaction sociale sur Twitter après un attentat terroriste : une analyse de l’attaque de Berlin

La réaction sociale sur Twitter après un attentat terroriste : une analyse de l’attaque de Berlin

Par ailleurs, la cyber-haine extrême renferme en soi des propos d’une teneur radicalement opposée, ce qui reflète d’autant plus la division perceptible sur Twitter après l’attaque de Berlin. En effet, une minorité de ces tweets contient des menaces de violence envers ceux qui refusent de joindre le jihad, tandis qu’à l’inverse, la cyber-haine extrême anti-Islam est d’autant plus marquée. La manifestation de cette dernière concorde d’ailleurs avec l’apparition de cyber-haine extrême et les témoignages de Musulman(e)s ayant été victimes de menaces de violence sur les réseaux sociaux après d’autres attaques terroristes de référence islamiste, tout en faisant écho aux crimes haineux commis dans un tel contexte (Awan et Zempi, 2015 ; Beyers et Jones, 2007 ; Disha, Cavendish et King, 2011 ; Hanes et Machin, 2014 ; Kaplan, 2006 ; King et Sutton, 2013 ; Littler et Feldman, 2015 ; Williams et Burnap, 2016). Or, un cas particulier de haine extrême se démarque, alors qu’un internaute blâme l’une des victimes sur la base de sa position alléguée d’ouverture aux réfugiés. Cette légitimation de la violence se distingue des autres expressions d’opinions politiques, qui comptent pour une portion considérable des messages classés dans la catégorie « Autres », mais qui constituent plutôt un débat légitime sans aller jusqu’à justifier la violence. Ce tweet, bien qu’il s’agisse d’une exception plutôt que de la norme en termes de cyber- haine, exemplifie l’animosité que suscitent les divergences d’opinions politiques dans un contexte où l’enjeu des réfugiés est au cœur du débat (Holmes et Castaneda, 2016 ; Vollmann, 2017). En effet, ce tweet haineux basé sur les opinions politiques illustre que les attaques terroristes exacerbent les tensions liées à ce débat, ce qui, dans ce cas-ci, se manifeste par le fait de souhaiter la mort d’autrui pour ses croyances politiques.
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Tourisme et espaces publics : de l'attractivité à la qualité d'accueil ? Paris au regard de Berlin

Tourisme et espaces publics : de l'attractivité à la qualité d'accueil ? Paris au regard de Berlin

Le problème se pose sans doute avec moins de force à Berlin où les densités résidentielles sont moindres et les espaces publics plus spacieux. Pour autant, il commence à se poser, quasiment dans les mêmes termes (Stadtforum Berlin, 2007). Le caractère festif et culturel de Berlin mis en avant par les pouvoirs publics a en effet porté ses fruits : l’augmentation du nombre de touristes conduit à de fortes pressions sur l’espace public dans certains quartiers. On relève ainsi de nombreuses plaintes des habitants concernant le bruit autour des cafés et des clubs, ou à propos des fêtes organisées en plein air ; la dégradation de certains espaces publics autour des auberges de jeunesse est aussi régulièrement évoquée (Stadtforum Berlin, 2007). Certains lieux focalisent tout particulièrement l’attention des pouvoirs publics. C’est le cas du Tiergarten, à Mitte, qui souffre – comme le Champ de Mars – de nombreuses dégradations à chaque fois qu’un défilé, un concert ou une fête est organisé (Fleury, 2007). Plus localement, des lieux comme l’Admiralbrück à Kreuzberg font l’objet de nombreuses protestations des riverains. Pour faire face aux rassemblements et aux fêtes qui y sont régulièrement organisées, on pense y installer des médiateurs (« Kiezstreifen ») et le maire a fait enlever certaines bornes sur lesquelles s’asseyaient les fêtards, l’autre solution envisagée étant l’interdiction de l’alcool 17 .
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