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Bulletin Economique Chine - Direction générale du Trésor

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Bulletin Economique Chine

©DG Trésor N°85 – Janvier 2017

(chiffres à décembre 2016)

Sommaire

ARTICLES

Le fret ferroviaire en Chine... 2

Vers une nouvelle inflexion de la politique d’ouverture du compte de capital ? ... 7

Politique sportive chinoise et nouvelles opportunites economiques ... 10

INDICATEURS DE L'ECONOMIE CHINOISE Croissance : La croissance du PIB chinois a ete de 6,7% en 2016, dans la « fourchette raisonnable » fixee par les autorites ... 14

Demande interieure : La consommation principal moteur de la demande en 2016 ... 15

Commerce exterieur : Les importations, les exportations et les excedents commerciaux ont diminue en 2016 ... 16

Monnaie et banque : La politique monetaire sera « prudente et neutre » en 2017 (contre « prudente et flexible » en 2016), l’accent est mis sur la prevention des bulles d’actifs ... 17

Marches des actifs : La dynamique des prix immobiliers ralentit dans les grandes villes ... 18

Marche des changes : Les autorites renforcent les contraintes sur les sorties de capitaux ... 19

Flux de capitaux : Le nouveau « catalogue des investissements etrangers en Chine » affiche la creation d’une liste sectorielle negative... 20

Finances publiques : Le deficit public chinois officiel en 2016 est de 3,8% du PIB ... 20

Energie : Les prix et la production rebondissent en fin d’annee ... 21

Indicateurs economiques mensuels ... 22

Indicateurs economiques annuels ... 23

Previsions de croissance du PIB chinois ... 24

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Le fret ferroviaire en Chine

A l’heure où elle cherche à développer, dans le cadre des Nouvelles routes de la soie, des liaisons ferroviaires eurasiatiques1, la Chine vise également à réformer et moderniser son secteur domestique du fret ferroviaire. Très secondaire en termes de volume de marchandises transportées par rapport au fret routier – surtout autoroutier, le fret ferroviaire est en déclin en Chine depuis plusieurs années pour deux raisons principales : (i) la diminution de l’activité des secteurs du charbon et de l’acier, ses principaux clients, et (ii) une faible qualité de service et l’insuffisance de l’intermodalité. Il a ainsi perdu des parts de marché au profit d’autres modes de transport malgré des tarifs plus avantageux. Ce déclin de l’activité de fret ferroviaire, couplé aux investissements massifs pour le développement du réseau ferroviaire chinois (env. 30 000 km supplémentaires entre 2010 et 2020) financés par la China Railway Corporation, explique la dette colossale de cette dernière (570 Mds EUR fin juin 2016, à peu près le PIB de la Suède). Des réformes sont actuellement en cours pour améliorer les services proposés et libéraliser les tarifs mais les signes de reprise du fret ferroviaire depuis août 2016 relèvent davantage de facteurs conjoncturels.

I. Le fret ferroviaire est un mode de transport historiquement secondaire et dépendant du secteur du charbon

Le secteur de la « logistique » serait relativement peu efficient en Chine, d’après le classement de l’index de performance logistique par la Banque Mondiale. La Chine se classait 30ème en 2007 et 27ème en 20162 ; le coût de la logistique y reste élevé3.

Globalement, la croissance du fret en Chine a été légèrement supérieure à la croissance nationale entre 1998 et 2013 (+10,4 %/an en moyenne en tonne-kilomètre contre +9,7 %/an de croissance de l’économie chinoise).

Le transport de marchandises en Chine reste cependant dominé par le transport routier (environ 70% du trafic) tandis que la part du fret ferroviaire, faible, a encore chuté au cours des dernières années : en termes de trafic (tonnes de biens transportés), la part du fret ferroviaire représentait environ 7 % du trafic au 1er semestre 2016 (contre 14 % en 2008), évolution qui semble avoir profité au trafic maritime et fluvial. Cette évolution est encore plus marquée en termes de volume (tonnes-km de marchandises transportées), avec une chute de la part du fret ferroviaire de 25 % en 2008 à 14 % au 1er semestre 20164.

Le fret ferroviaire est principalement utilisé en Chine pour transporter du charbon, qui représente environ 60 % des biens transportés, suivi de loin par les métaux (20 % en 2013), le pétrole (4 % en 2013) et les céréales (3 % en 2013). Du fait de l’usage majoritairement domestique de ces marchandises, le fret ferroviaire est encore peu tourné vers l’international et l’intermodalité avec les autres modes de transport est peu développée : selon la Banque mondiale5, en 2013, seul 1,3 % des conteneurs circulant par les ports chinois avaient été acheminés par voies ferrées, contre 85 % par camions – le reste étant transporté par voie fluviale.

De même, sur les 135 principaux ports chinois, seuls 10 sont reliés au réseau ferroviaire.

La baisse du volume des biens transportés par voie ferroviaire, entamée dès 2011 (2014 : -4 % g.a; 2015: - 12 % g.a ; cf. Annexe 1), est due d’une part à la baisse d’activité du secteur du charbon depuis 2014 mais aussi, d’autre part, à des services peu adaptés et peu efficaces : lenteur, voire même imprévisibilité de la durée des trajets en raison des complexités administratives - les lignes les plus longues passent par la zone de compétence de plusieurs bureaux locaux de la China Railway Corporation (CRC), ce qui implique des démarches administratives lourdes et de longues périodes d’attentes - des voies parfois mal entretenues ou peu adaptées qui obligent les trains à ralentir. A cela s’ajoute la quasi-absence de plateformes intermodales, ce qui ralentit et complique le transport des marchandises d’un point à un autre.

II. Le ralentissement du fret ferroviaire a alourdi la dette de la CRC

Depuis 2013 et la réforme du ministère des Transports, China Railway Corporation (CRC), principalement via 3 filiales6, transporte 80% du fret ferroviaire chinois en 2015, soit 2,7 milliards de tonnes de marchandises.

1 Cf. article «Illustration concrète des Nouvelles routes de la soie : le projet de China Railway Express » du Bulletin économique Chine n°84

2 Indice Banque Mondiale de la performance de la logistique d’un pays

3 Le ratio coût de la logistique/PIB de 14,6% au S1 2016, contre 18% en 2013, toujours deux fois plus élevé qu’aux Etats-Unis et en Europe

4 Sources CEIC

5 L. C. Blancas, G. Ollivier, R. Bullock. 03/2015: “Customer-driven Rail Intermodal Logistics - Unlocking a New Source of Value for China”

6 China Railway Special Cargo Service Co. (中铁特货运输有限责任公司- produits spécifiques: produits réfrigérés, produits très lourds comme des moteurs, …), China Railway Express Co. (中铁快运股份有限责任公司- livraison express client-gare/gare-client) et la plus importante en termes de

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La CRC possède par ailleurs la très grande majorité des voies ferrées chinoises. Seules quelques compagnies charbonnières étaient jusqu’à présent autorisées à posséder leurs propres lignes ferroviaires (par exemple Shenhua) mais en appliquant les tarifs officiels de transport de marchandises. La chute des revenus du fret et les investissements massifs pour le développement du réseau ferroviaire chinois (490 Mds EUR d’investissement pour 30 000 km de voies ferrées supplémentaires entre 2010 et 2015) ont alimenté la dette colossale de la CRC, laquelle s’élevait fin juin 2016 à 570 Mds EUR (4 200 Mds CNY), soit 6,5 % du PIB chinois.

La hausse des tarifs du fret ferroviaire, fixés par la NDRC (Commission nationale du développement et des réformes, département des Prix) n’a pas permis d’enrayer cette dynamique, bien que ceux-ci aient pourtant doublé depuis 2003. Il s’agissait, d’une part, d’augmenter les revenus des entreprises de fret ferroviaire, pour la plupart filiales de la CRC, et d’autre part, plus récemment, d’attirer les investisseurs. Si l’augmentation du tarif du fret ferroviaire a suffi un temps à compenser la baisse du volume transporté dans le chiffre d’affaires de la filière (en 2013, le revenu qu’a tiré la CRC du fret ferroviaire a augmenté de 7 % à 285 Mds CNY -39 Mds EUR- malgré la baisse du trafic, selon le journal Caixin7), cela n’est en revanche plus suffisant depuis 20148. Au terme du premier semestre 2016, les revenus tirés du transport passager ont ainsi dépassé pour la première fois les revenus liés au fret (18 Mds EUR contre 16 Mds EUR).

Bien qu’en hausse, la tarification reste généralement moins élevée que celle du transport routier (par exemple, le transport d’une tonne de marchandises d’Anyang (Henan) à Urumqi (Xinjiang) aurait coûté 500 CNY en moyenne par train et 700 par camion en 20149). Cependant, ces hausses des prix ont pu accélérer le basculement vers le transport routier : ainsi, les augmentations successives du tarif de transport du charbon par rail ont rendu le transport routier parfois plus attractif, comme par exemple le long de la ligne Daqing, reliant Datong au port de Qinhuangdao, dédiée au transport du charbon10.

III. Des réformes graduelles sont mises en place pour ouvrir le secteur aux entreprises privées mais sans succès visible à l’heure actuelle

Reconnaissant la faible performance du fret ferroviaire par rapport au transport routier et, plus généralement, la faible performance du secteur de la logistique en Chine, le gouvernement chinois a annoncé dès 2011, avec une accélération depuis 2015, différentes mesures dans le but de libéraliser en partie ce secteur, afin d’augmenter sa rentabilité, réaliser des gains de productivité et attirer ainsi des investisseurs privés.

Le développement économique des régions occidentales chinoises se traduit par un besoin croissant de fret sur de longues distances. De plus, dans le contexte de la « guerre contre la pollution », le fret ferroviaire apparaît comme une solution pour diminuer les émissions liées au transport de marchandises. Ces mesures, pour la plupart lancées en 2015, ne semblent pas jusqu’à présent avoir infléchi le déclin du fret ferroviaire et il est difficile à l’heure actuelle d’évaluer leur impact réel.

Les réformes présentées ces dernières années ont cherché à agir sur deux plans : (i) un meilleur ajustement des prix qui passe par une libéralisation graduelle de la fixation des tarifs jusqu’ici contrôlés par l’Etat et (ii) la promotion de services mieux adaptés aux besoins. Ainsi, dès 2011, la simplification des démarches administratives liées à la logistique était déjà inscrite parmi les 8 priorités du plan de développement du secteur de la logistique11 et des mesures spécifiques pour dynamiser le fret ferroviaire ont commencé à être instaurées dès juin 2013, avec la réorganisation de l’entreprise China Railway Express, contrôlée par la CRC pour qu’elle se concentre sur des services de livraison client-gare/gare-client.

S’agissant de la réforme des prix, une plus grande flexibilité dans leur administration a été introduite ces 3 dernières années : en avril 2014, la NDRC a autorisé un projet pilote de libéralisation des tarifs (c’est-à-dire leur détermination par l’offre et la demande) sur la ligne de fret Zhunchi, opérationnelle depuis 2014 qui relie la Mongolie intérieure à la province du Shanxi, et est détenue à 85% et opérée par le groupe Shenhua, le plus gros producteur

chiffre d’affaires, China Railway Container Transport Co. (中铁集装箱运输有限责任公司-services intégrés de logistique domestique et international : transport, stockage, emballage, distribution)

7 En février 2015, le tarif de référence a été fixé à 0.1451 CNY/Tonne/km.A titre de comparaison, le tarif appliqué aux passagers n’a pas varié depuis Octobre 1995 et se situe à 0.05861 CNY/km pour un siège ordinaire, les autres prix étant déclinés à partir de cette base.

8 -3,1 % g.a de revenus provenant du fret ferroviaire en 2014, -11 % g.a en 2015

9 South China Morning Post « Heavily indebted China Railway Corp expected to raise freight rates » (11/01/2014 – consulté le 21/08/2015)

10 China Coal Resources « China rail coal transport cost rises after freight hike, giving chances for trucking » (04/02/2015 – consulté le 21/08/2015) http://en.sxcoal.com/0/113615/DataShow.html

11 « L’Avis du 2 août 2011 du Conseil des Affaires d’État sur les politiques et mesures relatives à la promotion du développement rationnel du secteur de la logistique » ; Les 8 priorités étant : la réduction des taxes pour les entreprises du secteur, la facilitation de l’acquisition de terrains pour les activités logistiques, l’amélioration des conditions de circulation routière, l’allègement des démarches administratives relatives à la logistique, l’innovation technologique dans le secteur de la logistique, l’appui financier aux investissements dans les infrastructures logistiques, une priorité accordée à la logistique agricole et la consolidation des dispositifs existants.

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de charbon chinois12. En février 2015, en parallèle de l’annonce de la révision des tarifs de référence du fret ferroviaire, la NDRC a également annoncé l’autorisation, à compter du 1er août 2015, pour les compagnies de transport de marchandises de proposer des prix différents du tarif de référence officiel, pouvant s’élever jusqu’à 110 % de ce dernier mais ne pouvant lui être inférieur13. Dans le même temps, les tarifs préférentiels pour le transport des fertilisants et du minerai de phosphate ont été abolis. En mai 2016, l’instauration d’une plus grande flexibilité était toujours présentée comme un objectif du gouvernement central.

S’agissant de l’amélioration des services, les réformes ont visé la simplification des démarches administratives, la diminution des temps de trajet et le développement de l’intermodalité. Il est intéressant de noter que les zones d’application de ces réformes sont des zones concernées au premier plan par les Nouvelles routes de la soie:

 Ainsi, en juillet 2014, une réforme d’intégration des formalités douanières a été mise en place dans la région de Pékin-Tianjin-Hebei, le long du fleuve Yangzi et dans la province du Guangdong, puis étendue en avril 2015 aux provinces allant du Shandong au Xinjiang, ainsi que dans les provinces du Nord-Est (Heilongjiang, Jilin, Liaoning et Mongolie intérieure) afin de faciliter la circulation des biens grâce à la mise en place d’une déclaration douanière unique entre les provinces concernées. On voit se dessiner des grands ensembles logistiques : les grands ensembles économiques et urbains prioritaires (phase de juillet 2014) puis les provinces tournées vers les Nouvelles routes de la soie (phase d’avril 2015) ;

 Concernant l’intermodalité, le groupe CRIntermodal, filiale de la China Railway Container Corp., a pour objectif de mettre en place et d’opérer 18 terminaux intermodaux dans des gares ferroviaires, dont 9 sont déjà opérationnels (Kunming, Shanghai, Chongqing, Chengdu, Zhengzhou, Qingdao, Dalian, Wuhan, Xi'an), une nouvelle fois dans les régions concernées par les Nouvelles routes de la soie (villes portuaires ou intérieures d’où partent des trains eurasiatiques14).

Enfin, le secteur ferroviaire et plus particulièrement le secteur du fret ferroviaire pourraient s’ouvrir aux capitaux privés, à la suite d’une directive de la NDRC publiée en juillet 201515 (construction et exploitation de lignes intercités, lignes suburbaines, investissement dans les lignes de transport de voyageurs, développement des PPP, …), qui encourage les entreprises privées à investir dans la construction et l’exploitation des lignes de fret.

En fonction des modalités d’application, cette décision pourrait modifier en profondeur le fret ferroviaire et introduire dans ce secteur jusqu’alors très régulé des mécanismes du marché, en mettant un terme au quasi-monopole de la CRC sur ce secteur.

Jusqu’à présent, l’impact de ces réformes semble limité et la reprise observée depuis août 201616, le premier mois depuis 2013 ayant enregistré une croissance du volume des biens transportés, s’explique par des éléments conjoncturels : alors que les centrales thermiques cherchent à stocker du charbon pour un hiver qui s’annonce particulièrement froid, l’envolée du prix de la matière première a pu redonner au fret ferroviaire un avantage comparatif face au transport routier, ce dernier ayant par ailleurs été contraint en septembre 2016 par une nouvelle réglementation17 plus sévère limitant le poids des cargaisons transportées.

A l’heure de l’essor des voies de fret ferroviaire internationales au départ de la Chine (cf. Article « Une illustration concrète des Nouvelles routes de la soie : Le projet de China Railway Express », BEC n° 84), les réformes mises en place pour contrer le déclin du fret ferroviaire domestique chinois ne semblent pas encore avoir eu les effets positifs escomptés. La question reste de savoir si ce secteur domestique pourrait bénéficier de ce développement extérieur. La réforme du secteur du fret ferroviaire en Chine participe en effet à la fois de la volonté des autorités chinoises de renforcer le développement des provinces de l’Ouest, dont le potentiel économique dépend notamment des connexions aux grandes routes commerciales mais aussi du besoin de combler les inefficiences du secteur, qui entrainent un déficit de compétitivité.

J. Lamandé

12 Cette ligne a été choisie pour ses spécificités, qui ont pu simplifier la mise en place d’un tel projet-pilote : sa longueur relativement courte (180 km, qui lui permet de rester dans la juridiction du même bureau local de la CRC), son régime de propriété (privé), son usage quasi unique (transport de charbon)

13NDRC « 国家发展改革委关于调整铁路货运价格 - 进一步完善价格形成机制的通知 »

14 Quelques exemples de lignes ferroviaires eurasiatiques existantes : Chongqing-Duisbourg, Chengdu-Lodz, Wuhan-Duisbourg, Xi’an- Hambourg, Zhengzhou-Hambourg. Kunming est relié à l’Asie du Sud-Est.

15关于进一步鼓励和扩大社会资本投资建设铁路的实施意见

16 Août: +0,1% g.a ; septembre : 4,6% g.a ; octobre : +8,4% ; 244 M T de biens transportés en octobre 2016, plus haut niveau depuis février 2015

17 A partir du 21 septembre 2016, instauration de nouvelles limites de poids pour les camions et leurs cargaisons, entre 18 et 49 T

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Annexe 1 : Evolution du volume de biens transportés par le fret ferroviaire (en 10 000 T)

Source : Ministère du Transport – Bulletin ferroviaire pour l’année 2015 – publication en mars 2016, consultée en octobre 2016 (http://www.moc.gov.cn/tongjishuju/tielu/201603/t20160314_1999755.html)

Annexe 2 : Les principales entreprises du secteur ferroviaire chinois

CRC : China Railway Corporation -le constructeur et exploitant du réseau ferré chinois

Lors de la dissolution de l’ancien ministère des Chemins de fer en 2013 (suite à l’accident mortel de Wenzhou), les activités de réglementation et de régulation sont passées sous l’autorité du ministère des transports tandis que les

« activités commerciales » (construction et exploitation) ont été attribuées à la CRC.

La CRC est lourdement endettée suite à ses investissements massifs dans les infrastructures ferroviaires de ces 10 dernières années. Ses revenus tirés du fret ferroviaire déclinent mais ceux du transport passager sont en progression (la ligne grande vitesse Pékin-Shanghai est la première à être devenue rentable au S1 2016, 5 ans après son ouverture).

CRRC: China Railway Rolling Stock Corporation – l’équipementier ferroviaire chinois

La China Railway Rolling Stock Corporation est issue de la fusion en juin 2015 de de CSR (China South Locomotive) et de CNR (China North Locomotive). D’un point de vue historique, il s’agit d’un retour vers une situation passée puisque CSR et CNR étaient nés en 2000 de la division de China National Railway Locomotive &

Rolling Stock Industry Corporation. Cette division avait alors pour objectif de stimuler le secteur en y introduisant de la concurrence. La fusion de juin 2015 a elle pour objectif de créer un géant chinois de l’industrie ferroviaire qui ne souffre pas de de concurrence interne chinoise à l’étranger.

A sa création, CRRC était le deuxième groupe mondial d’équipements ferroviaires, derrière General Electric mais devant Siemens, Alstom et Bombardier. Son objectif était de continuer à se développer en Chine mais surtout de se renforcer sur la scène internationale.

En 2015, les équipements ferroviaires représentaient 55 %, le ferroviaire urbain 10 %, les « nouvelles activités » (véhicules à énergies nouvelles, éolien, …) 22 % et le service moderne (services financiers, logistique, …) 13 %.

Enfin, en 2015 toujours, la Chine représentait 89 % du chiffre d’affaires de la CRRC. Néanmoins, la part de ses marchés internationaux est en forte progression : dans son rapport intermédiaire du premier semestre 2016, CRRC annonce une progression de 126 % des commandes obtenues à l’international au premier semestre 2016 (par rapport au premier semestre 2015), pour un total de près de 15 Mds CNY.

CRCC : China Railway Construction Corporation – Entreprise de travaux publics

La CRCC est issue d’un département d’ingénierie ferroviaire de l’Armée Populaire de Libération fondée en 1948, à l’inverse de CREC qui a une origine civile. En 1984, la structure à l’origine de CRCC passe d’une autorité militaire à une tutelle civile, en l’occurrence celle du ministère des Chemins de Fer, qui avait été fondé en 1949. Ses activités incluent aussi bien la conduite de chantiers que les prestations d’ingénierie dans le domaine ferroviaire. CRCC est aujourd’hui l’un des principaux groupes de BTP chinois, dont les activités dans le secteur de la construction vont bien au-delà des infrastructures ferroviaires, et l’un des plus grands groupes de BTP au monde. CRCC est présent dans une vingtaine de pays en-dehors de Chine.

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A l’étranger, la CRCC a notamment construit la ligne grande vitesse Istanbul-Ankara.

CREC : China Railway Engineering Corporation – Entreprise de travaux publics

La structure à l’origine de CREC a été fondée en 1950 en tant que département de l’ingénierie et de la planification du ministère des chemins de fer. Elle devient une entreprise en 1989, sous son nom actuel, et passe sous le contrôle de la SASAC (State-owned Assets Supervision and Administration, organisme de contrôle des actifs de l’Etat chinois) en 2003. La filiale destinée à conduire des chantiers à l’étranger, COVEC, est fondée en 1991. En Chine, CREC a participé à la construction de près des deux tiers du réseau ferroviaire actuel, dont la quasi-totalité des lignes électrifiées mais également très présent dans la construction des autoroutes.

A l’étranger, les contrats emblématiques de la CRC sont : la ligne TGV Jakarta-Bandung en Indonésie, le Padma Bridge rail link au Bangladesh, la ligne Addis-Abeba – Djibouti, la ligne Belgrade-Budapest

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7 Vers une nouvelle inflexion de la politique d’ouverture du compte de capital ?

Les autorités ont adopté fin novembre toute une série de mesures destinées à enrayer les sorties de capitaux, qui ont soulevé préoccupations et interrogations des acteurs financiers et des entreprises sur la nouvelle direction que prendrait la politique d’ouverture du compte de capital chinois. Ces mesures visent à i) limiter les flux financiers ; ii) contrôler davantage les investissements directs à l’étranger.

Ces mesures interviennent dans un contexte financier tendu, marqué par d’importantes sorties de capitaux. Ces politiques confirment les orientations générales de la PBoC qui – dans son discours du 14 février – avait annoncé un arrêt de la politique d’ouverture tant que les marchés ne se seront pas stabilisés et que les pressions à la dépréciation et les sorties de capitaux persisteront. Néanmoins, il semblerait que ces mesures marquent un nouveau pas dans le contrôle des flux de capitaux, qui tranche avec le discours rassurant tenu en février dernier par la PBoC ; la PBoC s’était à l’époque engagée à ne pas prendre de nouvelles mesures restrictives à l’encontre des sorties de capitaux et réaffirmait le caractère « naturel » des sorties de capitaux, en particulier les investissements directs, dans une économie de plus en plus internationalisée et ouverte.

En encadrant davantage les investissements directs, il semblerait que les autorités souhaitent avant tout

« économiser » au mieux leurs réserves en privilégiant les investissements dans les secteurs stratégiques. Dans ce contexte, les mesures portant sur les investissements directs à l’étranger sont davantage une confirmation des orientations générales des autorités qu’une nouvelle politique. Il n’en reste pas moins que les mesures visant à contrôler davantage les flux financiers, en inquiétant les investisseurs, risquent d’alimenter les pressions à la baisse sur le RMB.

1. Les autorités chinoises ont pris toute une série de mesures pour limiter les sorties de capitaux, lors d’une réunion de la PBoC le 28 novembre: (i) un renforcement des mesures de contrôle des acquisitions à l’étranger par des entreprises domiciliées en Chine et (ii) un encadrement strict des flux financiers sortants en RMB ou en devise.

S’agissant des acquisitions à l’étranger, la PBoC aurait indiqué qu’elle suspendrait jusqu’en septembre 2017 les acquisitions à l’étranger des entreprises domiciliées en Chine (i) d’un montant supérieur à 10 Mds USD, (ii) d’un montant supérieur à 1 Md USD et en dehors du champ d’activité de l’investisseur (mesure déjà en vigueur pour les entreprises publiques), et (iii) de biens immobiliers par les entreprises publiques. Il s’agit d’un renforcement du cadre existant : depuis 2014, seuls les investissements chinois à l’étranger d’un montant supérieur à 1 Md USD sont soumis à l’approbation préalable de la Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC) ; les investissements supérieurs à 2 Mds USD sont soumis à l’approbation du Conseil des affaires d’Etat. La NDRC dispose par ailleurs d’un droit de veto en amont de tout projet d’investissement d’un montant supérieur à 300 millions USD si elle juge celui-ci non-conforme aux « politiques nationales d’investissement ».

S’agissant des flux financiers, la PBoC aurait aussi signalé durant cette réunion que les entreprises domiciliées en Chine devront dorénavant justifier les flux financiers (i.e. paiement de dividendes, remboursement des prêts des actionnaires) vers l’étranger d’un montant supérieur à 5 millions USD (en devise ou en RMB), afin d’obtenir l’autorisation de la State administration of foreign exchange (SAFE). Seuls les flux de 50 millions d’USD en devise étrangère étaient jusqu’à présent concernés. Par ailleurs, une directive non-publique de la PBoC du 29 novembre indiquerait qu’à compter du lendemain, les flux sortants nets en RMB (e.g. « cash pooling ») des entreprises domiciliées en Chine seront limités annuellement à 30% de la valeur totale des actifs de l’entreprise.

2. Le renforcement du contrôle des investissements directs à l’étranger confirme l’importance politique que revêt l’internationalisation des entreprises chinoises, plus qu’elle n’indiquerait une inflexion de politique. La PBoC, le ministère du Commerce et la NDRC ont publié le 28 novembre une déclaration commune soulignant la poursuite des politiques d’ouverture et d’investissement à l’étranger de la Chine, et rappelant que les décisions des entreprises d’investir à l’étranger doivent être « conformes à la situation sur le marché, aux pratiques internationales et aux orientations fixées par le gouvernement ». La SAFE, qui dépend de la PBoC, a publié un communiqué le 29 novembre, rappelant son engagement à vérifier la « légitimité et l’authenticité des investissements à l’étranger ». Il s’agirait de s’assurer que les investissements des entreprises chinoises s’inscrivent bien dans la feuille de route des autorités – en particulier, le plan « Made in China 2025 établit une liste

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de 10 secteurs stratégiques avec des objectifs chiffrés de parts de marché au niveau mondial – tout en limitant certains abus (e.g. entreprises sur-payées, immobilier…).

3. Par ailleurs, alors que le projet d’acquisition par ChemChina du suisse Syngenta inquiète certains régulateurs étrangers, l’interdiction des acquisitions supérieures à 10 Mds $ peut, dans une certaine mesure, être comprise comme un signal politique donné par les autorités chinoises à leurs partenaires.

D’une manière plus générale, il ne s’agirait néanmoins pas d’un changement d’orientation politique pour les raisons suivantes : i) les IDE chinois s'inscrivent déjà dans un cadre contraignant. Certes, des mesures d’assouplissement et de simplification des procédures ont été prises depuis quelques années, mais les mesures de contrôle existent déjà notamment vis-à-vis des entreprises d’Etat ; ii) ces mesures visent à aligner le régime qui s’applique aux entreprises d’Etat à toute entreprise. L’interdiction, pour tout type d’entreprises, des acquisitions supérieures à 1 Md USD sortant des « activités fondamentales » du groupe, s’applique déjà pour les entreprises d’Etat (interdiction de principe sauf accord exceptionnel de la SASAC) ; iii) les investissements supérieurs à 10 Mds étant extrêmement rares18, leur interdiction est avant tout un message politique. Dans ces conditions, il est peu probable que ces mesures modifient fondamentalement la tendance à la hausse des investissements directs à l’étranger19. 4. Ces restrictions interviennent dans un contexte marqué par d’importantes sorties de capitaux et de pressions à la dépréciation du RMB. Les sorties de capitaux sont reparties à la hausse depuis plusieurs mois avec (i) une hausse du déficit du compte financier hors réserves de 207 Mds USD au 3ème trimestre, contre 98 Mds au T2 et 169 Mds au T1 (cf. graphe 1) et (ii) une hausse des utilisations mensuelles de réserves de change par la PBoC de 67 Mds RMB en moyenne au T2 à 323 Mds RMB en moyenne au T4 (cf. graphe 2), qui illustre la politique active de la PBoC de soutien au RMB, qui reste relativement stable vis-à-vis du panier de devise (indice CFETS) comme l’illustre le graphe 3.

18 1/ la prise de participation minoritaire de Chinalco dans l’Australien Rio Tinto, en 2008 (14,3 Mds USD) 2/ le rachat par CNOOC de la compagnie pétrolière canadienne Nexen, en 2013 (15,2 Mds USD) 3/ l’opération ChemChina – Syngenta pour 43 Mds USD, cette année. Ces 3 opérations ont fait l’objet de controverses importantes ; dans le cas de Nexen par exemple, ce rachat avait conduit les autorités canadiennes à renforcer les mesures de contrôle des investissements réalisés par des sociétés d’Etat étrangères. Plusieurs autres projets d’acquisitions supérieures à 10 Mds USD ont par ailleurs échoué : Tentative de rachat de l’américain Unocal par CNOOC en 2005 pour 18 Mds USD, projet d’augmentation des parts de CNOOC dans Rio Tinto en 2009 pour plus de 19 Mds USD, de rachat de la Dresdner Bank par la CDB en 2008 pour 13,9 Mds USD etc

19 Sur les neufs premiers mois de l’année, la Chine est devenue une exportatrice nette d’IDE à +78 Mds USD. Les IDE chinois vers l’étranger ont connu sur cette période une croissance de +45% en g.a. d’après les chiffres de la SAFE

Graphe 2

Graphe 1

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5. Les nouvelles mesures de contrôle des flux de capitaux (hors IDE) – si elles sont confirmées – risquent paradoxalement d’aggraver les pressions à la dépréciation du RMB. Le gouverneur de la PBoC, dans son entretien du 14 février 2016 au magazine Caixin avait mis fin à un débat interne qui existait sur l’opportunité de réinstaurer un contrôle plus strict des sorties de capitaux, en disqualifiant les « rumeurs » de durcissement20. Cette politique de la PBoC avait réussi à convaincre les marchés, et le RMB s’était stabilisé. Ces nouvelles mesures restrictives contredisent - sinon la lettre mais à tout le moins - l’esprit de la politique générale de la PBoC de février dernier. Pour l’heure, les autorités démentent toute volonté de durcissement de contrôle, en affirmant leur volonté d’appliquer plus strictement le cadre juridique existant. De son côté, la SAFE affirme qu’aucune restriction ne sera imposée aux transferts des dividendes des entreprises étrangères, ce qui semble s’être confirmé.

J. Deslandes, F. Chimits, E. Jacques

20 “International experiences have demonstrated that controls over capital account transactions work for a closed economy, but is usually not effective for those relatively open economies. In addition, capital control is more effective in preventing excessive inflows than outflows” (…) Recently, there’re people saying that China will adopt this or that capital control measure. Some are apparently spreading rumors to create panic among households and trade enterprises to the benefit of the speculators’ bets. There’re even rumors about controls against current account transactions.

For example, some rumors claim that the State Administration of Foreign Exchange (SAFE) will restrict repatriation of profits by foreign-funded enterprises.

Graphe 4

Graphe 3

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10 Politique sportive chinoise et nouvelles opportunités économiques

La Chine redéfinit sa politique sportive depuis deux ans. Tout en répondant à des enjeux de santé publique, cette stratégie vise à structurer une industrie et créer de nouveaux marchés de consommation. Les objectifs ambitieux détaillés dans les récentes politiques publiques chinoises du sport sont porteurs d’opportunités renouvelées pour les entreprises françaises ; ces dernières peuvent notamment faire valoir un savoir-faire dans la conception de certains biens sportifs ainsi que dans l’aménagement et la gestion des sites. De façon indirecte, le développement d’une culture sportive en Chine peut également bénéficier à l’industrie touristique française, dans une perspective d’attractivité.

I. Un nouveau cap pour le développement du sport en Chine

Depuis fin 2014, la Chine opère une redéfinition de sa politique sportive. Celle-ci met en étroite cohérence enjeux économiques et questions de santé publique. Ainsi, la stratégie « Healthy China 2030 »21 s’intéresse non seulement à la promotion d’une activité physique régulière du plus grand nombre (et plus particulièrement dans le milieu scolaire) mais aussi au développement de l’industrie sportive. Cette convergence des préoccupations se retrouve dans tous les plans globaux récents : les « Propositions relatives à l’accélération du développement du secteur du sport et à la promotion de la consommation de biens et services sportifs » (10/2014), le « 13e Plan quinquennal pour le Sport » (05/2016), le « Plan Sport pour Tous » (06/2016), le « 13e Plan quinquennal pour le Sport et la Jeunesse » (09/2016) et les « Directives pour le développement du secteur du sport et du bien-être » (10/2016).

Dans cette logique, les objectifs formulés portent autant sur la pratique sportive que sur la contribution économique du secteur. A horizon 2020, les objectifs sont les suivants :

700 M de personnes pratiquant le sport au moins une fois par semaine soit 51 % de la population22 ; 435 M de personnes avec une pratique sportive régulière (contre 360 M en 2015). A plus longue échéance, l’objectif est de 500 M de pratiquants réguliers en 2025 et de 530 M en 2030 ;

1 500 Mds CNY (210 Mds EUR) de consommation de biens et de services sportifs, celle-ci devant représenter 2,5 % du revenu disponible des ménages23 ;

 Une contribution au PIB à hauteur de 1 % (contre 0,7 % en 2015, avec 473,7 Mds CNY de valeur ajoutée), cette contribution doit être assurée à 30 % par les services sportifs ;

 Une production de biens et de services sportifs de 3 000 Mds CNY, et de 5 000 Mds CNY en 2025. En 2014, celle-ci s’élevait à 700 Mds CNY. La réalisation de l’objectif suppose une croissance annuelle moyenne de 44 % entre 2016 et 2020, puis de 14 % entre 2020 et 2025.

Le 13e Plan quinquennal désigne un certain nombre de disciplines à développer en priorité. Certaines font déjà l’objet de plans de développement ad hoc – le football, les sports d’hiver, les sports de montagne et de plein air, les sports nautiques. D’autres plus nouvellement identifiés pourraient faire l’objet de plans ultérieurs – sports traditionnels chinois (wushu, taijiquan, qigong) d’une part, et les sports de ballon (principalement basketball et volleyball), escrime, équitation, sport automobile, sports extrêmes, sports aériens d’autre part : ceux-ci sont privilégiés en raison de leur attractivité et donc de leur potentiel marchand.

Les politiques de développement par discipline reprennent l’approche duale visant d’une part à la hausse du nombre de pratiquants et d’autre part à la croissance en valeur de l’industrie sportive. Ainsi, la Chine vise un objectif de 50 M de personnes jouant régulièrement au football en 2020. Les autorités misent désormais sur 50 M de pratiquants directs des sports d’hiver24 à horizon 2022 après avoir longtemps communiqué sur le chiffre de 300 M de personnes ; ce dernier doit correspondre au public participant de façon plus ou moins indirecte à des activités liées à ces sports25. En parallèle, les pouvoirs publics chinois fixent des cibles de production par discipline à horizon 2020 : 600 Mds CNY pour les sports d’hiver (et 1000 Mds en 2025), 400 Mds pour les sports de montagne et de plein air, 300 Mds pour les sports nautiques.

21 Plan publié fin octobre 2016, visant à améliorer tous les indicateurs de santé publique en Chine à 15 ans.

22 65 % des Français pratiquent le sport au moins une fois par semaine d’après le Ministère des Sports – chiffre 2010

23 1,2 % en France en 2012 - Ministère des Sports

24 Par comparaison, l’association américaine des sports de neige comptabilisait 41 M de pratiquants de sports d’hiver aux Etats-Unis pour la saison 2015/2016.

25 Le Libre blanc de l’industrie du ski publié en février 2016 annonce 12,5 M de journées skieurs vendues en 2015 (54 mns aux Etats-Unis et 52 mns en France pour la saison 2015-2016)

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II. Une stratégie porteuse d’opportunités économiques, notamment pour l’offre étrangère

Les nouvelles orientations de la politique sportive chinoise sont porteuses d’opportunités renouvelées pour les entreprises : les autorités raisonnent dans une logique de dynamisation des territoires et de création de débouchés pour les acteurs économiques. Trois grands marchés sont appelés à croître, ceux des biens et équipements sportifs, de l’aménagement et de la gestion des sites sportifs et enfin du tourisme sportif.

Biens sportifs

L’industrie manufacturière de biens sportifs, qui représente près de 80 % du chiffre d’affaires (et plus de 70 % de la valeur ajoutée) du secteur du sport, est au coeur du projet chinois.

Les autorités entendent notamment stimuler la diversification de l’offre de biens sportifs et la montée en gamme des acteurs. Les principaux producteurs chinois de biens sportifs – Anta, Lining, Toread, 361° et Peak – sont principalement positionnés sur le marché des vêtements et chaussures de sport (production et distribution), qui représente plus de 95 % de leur chiffre d’affaires (à l’exception de Lining). Si Anta est engagé depuis 2015 dans un renforcement de son offre vers les nouvelles disciplines prioritaires26, celle-ci reste centrée sur l’habillement sportif. De facto, les entreprises étrangères au positionnement généraliste (habillement et accessoires, diversité de disciplines) devraient être les principales bénéficiaires de la réorientation chinoise à court terme.

L’appui à l’industrie manufacturière chinoise doit notamment se concrétiser par la création de clusters spécialisés, notamment pour les sports d’hiver (2 clusters d’ici à 2020, 5 clusters d’ici à 2025) mais aussi pour les sports nautiques. Les entreprises présentes dans les sports de montagne et de plein air sont encouragées à se développer par fusion-acquisitions, y compris vers l’étranger, pour l’acquisition de technologies et de savoir- faire. La Chine encourage enfin le développement d’une offre « Internet + Sport » - wearables, applications mobiles liées au sport et services O2O (« online to offline » et « offline to online »).

La Chine enregistre un excédent commercial important sur les biens sportifs, de 17,6 Mds USD en 2015 pour un total d’échanges de 19,6 Mds USD. Ce volume d’exportations est toutefois en grande partie imputable à la présence des entreprises étrangères, qui ont localisé ou sous-traitent leur production sur place. A terme, la Chine entend juguler sa dépendance à l’étranger en créant des champions nationaux et en réduisant graduellement ses importations. Seule exception notable à cette stratégie, le « Plan de démocratisation des sports d’hiver » préconise de faciliter l’importation de produits étrangers indispensables à la mise en oeuvre rapide de projets en lien avec les sports d’hiver et non produits localement, éventuellement par des exemptions de droits de douane.

Infrastructures et gestion des sites sportifs

Le projet sportif chinois est sous-tendu par des investissements massifs en termes d’infrastructures sportives. Les autorités centrales entendent porter la surface moyenne pour la pratique sportive par habitant de 1,5 m2 fin 2014 à 1,8 m2 en 2020, 2 m2 en 2025 et 2,3 m2 en 2030. Par ailleurs, elles affichent l’ambition de permettre l’accès pour tous les résidents urbains à un espace de pratique sportive à 15 minutes de leur logement.

Les politiques sportives comportent des objectifs chiffrés détaillés de construction d’espaces sportifs :

70 000 terrains de football à horizon 2020 (soit 60 000 à construire ou rénover sur 5 ans), afin d’atteindre un taux de 1 terrain pour 20 000 personnes (voire pour 14 000 si les conditions le permettent).

 Au moins 650 centres de patinage à horizon 2022, dont au moins 500 nouvellement bâtis. Toutes les villes de plus de 500 000 habitants doivent disposer d’une patinoire. Ce plan n’inclut pas les patinoires temporaires installées en période hivernale, initiatives toutefois fortement encouragées partout où le climat le permet.

 Au moins 800 pistes de ski à horizon 2022, soit au moins 240 supplémentaires. 3500 kilomètres de pistes, soit au moins 2500 kilomètres supplémentaires27.

50 routes de randonnées et de cyclisme.

26 En décembre 2015, Anta a acquis la société russe Sprandi, spécialisée dans les produits pour la randonnée et le cyclisme. Le groupe chinois a par ailleurs conclu un accord de coentreprise en avril 2016 avec les Japonais Itochu et Descente Global Retail pour pénétrer le marché chinois des sports d’hiver.

27 Les cinq plus grands domaines français additionnés représentent 2200 kilomètres

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10 centres nautiques nationaux, et la construction de nombreux points d’amarrage.

Cet ambitieux plan soulève un défi sur le plan du financement28 pour les autorités locales auxquelles est déléguée sa mise en application. Au-delà de l’investissement initial pour la construction des nouveaux sites, il leur appartient d’adopter un mode de gestion permettant la pérennisation des infrastructures et leur ouverture au plus grand nombre, à moindre coût pour les usagers. Les pouvoirs centraux préconisent une ouverture massive aux capitaux privés et l’adoption de partenariats public-privé. Cette problématique peut constituer une opportunité pour des acteurs étrangers dotés d’une expertise dans le domaine, alors que les investissements étrangers dans le domaine sont explicitement encouragés29. Prenant acte du lien que les ministères chinois souhaitent établir entre développement sportif et valorisation des espaces naturels – marqué par le choix des sports à promouvoir en priorité - l’expertise étrangère est également mobilisable en matière d’aménagement des domaines alpins et plus largement de développement touristique ; les récentes opérations menées par les groupes Fosun et HNA témoignent du vif intérêt chinois pour ce savoir-faire30.

Attractivité touristique

La stratégie chinoise est enfin adossée à une campagne conséquente pour la promotion des nouvelles disciplines sportives. Les efforts qu’entend en particulier consacrer la Chine à la promotion des activités liées aux sports d’hiver, et notamment au tourisme en montagne, sont de nature à créer des opportunités pour les pays disposant d’une offre déjà développée. Dans une moindre mesure, la diffusion de la « culture des sports nautiques » auprès du public chinois peut également générer des retombées touristiques.

L.L. Goutti

28 S’il n’est pas mentionné textuellement, le modèle de la loterie sportive, outil traditionnel de financement des infrastructures sportives, devrait également contribuer à cet effort. Après un recul des ventes en 2015 (-3,8 %), la loterie sportive enregistre un retour à la croissance en 2016, avec +12,4 % de ventes en g.a sur les 10 premiers mois de l’année. Si la légalisation des paris sportifs sur les championnats chinois ne semble pas encore d’actualité, les besoins de financement pourraient constituer une motivation pour une éventuelle ouverture à moyen terme.

29 Le Catalogue des investissements (version 2015 et version provisoire 2016) classe « la gestion de sites sportifs, la formation et les services pour le sport » parmi les secteurs où l’investissement étranger est encouragé.

30 Achat du Club Med en février 2015 par Fosun, partenariat stratégique entre HNA et Pierre et Vacances signé en novembre 2015, proposition d’entrée au capital de la Compagnie des Alpes par Fosun.

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13 Annexes

FOOTBALL

• 50 M de pratiquants réguliers (2020)

• 70 000 terrains de football (2020) soit 1 pour 20 000 habitants

• 2 bases d’entraînement pour l’équipe nationale

• 20 000 écoles spécialisées (2020) ; 50 000 (2025)

• 50 000 encadrants formés (2020)

• Recherche d’expertise étrangère pour la formation

• Acquisitions de clubs étrangers (12 achats ou prises de participation en Europe depuis 2015)

• Achat de joueurs (Chinese Super League au second rang mondial lors des mercatos 2016)

• Sponsoring (FIFA pour Wanda, UEFA pour Hisense)

Mesures pour le développement et la réforme du football chinois, mars 2015 ; Plan de moyen et long terme pour le développement du football, avril 2015 ; Plan national de création de terrains de football (2016-2020), mai 2016

SPORTS D’HIVER

50 M de pratiquants directs (2022)

• 300 M de participants à des activités liées aux sports d’hiver (2022)

• 650 centres de patinage (2022)

• 800 pistes de ski, pour un total de 3500 kilomètres (2022)

• Production de 600 Mds CNY (2020) ; 1000 Mds CNY (2025)

• 2 clusters spécialisés (2020) ; 5 clusters (2025)

• Focus territorial sur le Grand Pékin, le Nord-Est et le Xinjiang

• Campagne de promotion autour des sports d’hiver

• Intégration des sports d’hiver aux programmes scolaires dans les zones s’y prêtant

• Développement de l’industrie : équipements pour ces sports, dont équipements de protection, infrastructures, télécabines, vêtements et chaussures.

Plan de développement des sports d’hiver, novembre 2016 ; Plan national de construction d’infrastructures pour les sports sur neige et sur glace (2016-2022), novembre 2016 ; Plan de démocratisation des sports d’hiver, novembre 2016

SPORTS DE MONTAGNE ET PLEIN AIR (cyclisme, course à pied, randonnée, alpinisme, escalade)

• Production de 400 Mds CNY (2020)

• 50 routes de randonnée et cyclisme (2020)

• Routes à développer pour la marche et/ou le cyclisme :

o Nord-Sud : routes des Monts Taihang, de Hui-hang, de Xu Xiake, du Grand Canal, de Xi’an-Chengdu, de Xining-Golmud

o Est-Ouest : routes de la Soie, de Dangla-Lhassa, du Yangtze, route nationale 318

• Développement de l’industrie : équipements pour les sports de plein air, camping-car, téléphériques

• Internet Plus Sport : développement de wearables et applications O2O

• Campagne afin de stimuler l’intérêt du public pour ces sports et la consommation de biens associés.

Opinion du Conseil des Affaires d’Etat afin de stimuler la consommation et l’investissement dans le tourisme, août 2015

Plan de développement du secteur des sports de montagne et de plein air, novembre 2016

SPORTS NAUTIQUES (voile, surf, plongée, canoë-kayak, rafting)

• 10 centres nautiques nationaux

• Production de 300 Mds CNY (2020)

• Recherche d’expertise étrangère pour la formation

• Développement de l’industrie : navires, matériel de plongée, matériel de voile, équipements pour la sécurité et le sauvetage.

Plan de développement du secteur des sports nautiques, novembre 2016

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Note : Dans les commentaires des graphiques, la flèche figurant à la suite d’un indicateur précise la tendance par rapport au mois précédent.

Sa couleur reflète notre appréciation de l’impact de cette évolution sur l’économie chinoise (positive en vert, négative en rouge, neutre en bleu).

Croissance : La croissance du PIB chinois a été de 6,7% en 2016, dans la « fourchette raisonnable » fixée par les autorités

Production

Croissance de la

production industr. Déc. 2016 (g.a.)

+6,0 %

La croissance du PIB réel a augmenté au T4 2016 pour atteindre +6,8 % en glissement annuel après avoir été stable pendant trois trimestres consécutifs (+6,7 % au T1, T2 et T3 2016). Il s’agit de la première hausse de la croissance trimestrielle en glissement annuel depuis 2014. En variation trimestrielle, la croissance diminue légèrement à 1,7 % (après +1,8 % au T3). Avec une croissance de +6,7 % pour l’ensemble de l’année 2016, les autorités ont ainsi atteint leur objectif de croissance compris dans une « fourchette raisonnable » entre 6,5 et 7 %. Du côté de l’offre, la part des services a continué de croitre, à 52% du PIB en 2016 contre 50% en 2015, au dépend de la part de l’industrie. Du côté de la demande, le rééquilibrage s’est aussi poursuivi (cf. Demande intérieure ci-après).

Le 9 janvier, le FMI a revu à la hausse sa prévision de croissance pour la Chine en 2017 (+0,3 pt à 6,5 %), rejoignant ainsi la prévision de la Banque mondiale, en raison notamment de l’important soutien à l’activité mis en place par les autorités publiques. Le FMI et la Banque mondiale considèrent toutefois que ce soutien est préjudiciable à plus long terme à l’économie chinoise. Le FMI estime également que les progrès effectués pour régler le problème de l’endettement des entreprises sont « lents ».

Industrie

Croissance de la production d’acier brut

Déc. 2016 (g.a.)

+4,2 %

m.a. glissante +2,3%

M. Miao Wei, ministre de l’Industrie et des technologies de l’information, a annoncé que la Chine prévoie de quadrupler sa production de véhicules à énergie alternative d’ici 2020, pour atteindre 2 millions de véhicules par an. L’objectif est qu’un cinquième des ventes de véhicules en 2025 soit composé des véhicules à énergie alternative. Une modification du système de subvention universel en place afin de favoriser les constructeurs les plus performants a également été annoncée. En 2016, la Chine a produit 517 000 véhicules à énergie alternative (+56% g.a.), chiffre en forte progression depuis plusieurs années. Le développement de la filière des véhicules à énergie alternative (électriques, hybrides, à hydrogène) est fortement soutenu par les autorités.

Indice PMI des directeurs d’achat

Purchasing Manager’s Index (Manufacturing)

Déc. 2016 (indice)

51,4

Moyenne sur 12 mois 50,3

L’indice PMI officiel pour le secteur manufacturier a baissé en décembre à 51,4, contre 51,7 en novembre. Le sous-indice des perspectives d’activité a connu une chute de 6 points à 49,5, sous la barre des 50 pour la première fois depuis janvier 2017. Le sous- indice des prix du secteur manufacturier a crû pour le sixième mois consécutif à 69,6, indiquant une dynamique des prix soutenue.

L’indice PMI manufacturier est toujours tiré par les grandes entreprises, les indices des petites et des moyennes entreprises indiquant une contraction de leurs activités en décembre. Par ailleurs, l’indice PMI des services recule en décembre à 53,2. Le PMI du secteur de la construction rebondit à 61,9, tiré par le sous-indice des nouvelles commandes, après une légère baisse en novembre.

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15 Demande intérieure : la consommation principal moteur de la demande en 2016

Ventes de détail

Croissance nominale des ventes de détail

Déc. 2016 (g.a.)

+10,9, %

m.a. glissante +10,4%

La croissance des ventes de détail s’est accélérée en novembre et en décembre, à respectivement 10,8% et 10,9% en glissement annuel, contre 8,8% en octobre. Les ventes ont été tirées par le commerce en ligne, particulièrement dynamique (+38% en 2016), et une accélération de la dynamique des prix en fin d’année. On notera que l’indice de la confiance des consommateurs, calculé par les autorités, a aussi été à la hausse en fin d’année, à 108,4 et 108,6 en novembre et décembre contre 103,6 en moyenne de janvier à octobre. Sur l’année, la croissance des ventes au détail a été nettement supérieure à celle des investissements. La part de la consommation dans le PIB chinois est passée de 60% en 2015 à 65% en 2016.

Investissement

Croissance des dépenses d’investissement

Dèc. 2016 (g.a.)

+8,1 %

m.a. glissante +9,1 %

Les investissements ont crû de 8,1% en 2016, leur plus faible taux de croissance depuis 2007. Les investissements publics ont soutenu la dynamique de croissance, à +19,1% en 2016, contre +3,2% pour les investissements de secteur privé. On notera toutefois que le secteur privé représente toujours plus de deux tiers des investissements totaux en 2016. La dynamique des investissements publics s’explique en partie par l’importance des investissements en infrastructures (+17,4%). Pour mémoire, les autorités centrales ont allégé les contraintes de financement des gouvernements locaux à l’été 2015 en autorisant les banques à prêter de nouveaux aux véhicules de financement des administrations locales, véhicules souvent dédiés au financement des infrastructures.

Emploi / Salaires

Ratio demande/offre de travail

4ème trim. 2016

1,13

m.a. glissante 1,09

L’économie chinoise a créé, selon les statistiques officielles, 13,1 millions d’emplois en zone urbaine en 2016, un chiffre quasi-stable par rapport à 2015. Dans le même temps, les emplois en zone rurale ont baissé de 8,7 millions, pour représenter en 2016 47% des 776 millions d’emplois enregistrés par les autorités. Pour mémoire, les autorités centrales avaient fixé l’objectif de 10 millions de création d’emplois en zone urbaine en 2016. A noter que la population en âge de travailler (18-60 ans) diminue en Chine depuis 2013. D’après les ratios offre/demande sur le marché du travail calculés par les autorités (cf.

graphique), la Chine fait face à une insuffisance de main-d’œuvre, particulièrement dans les régions centre et de l’ouest, régions historiquement moins dynamiques que les régions côtières de l’est du pays.

Inflation

Indice des prix à la

consommation Déc. 2016 (g.a.)

+2,1 % =

En décembre, la croissance mensuelle de l’indice des prix à la production a été la plus importante depuis la création de l’indice en 2007 : en glissement annuel (g.a.) la croissance est passée de 3,3%, en novembre, à +5,5% en décembre. Cette forte croissance est due principalement aux rebonds des sous-indices des industries extractives et des industries lourdes. Pour mémoire, les prix à la production ont été en déflation de début 2012 à septembre 2016.

L’indice des prix à la consommation ralentit légèrement à +2,1%

(g.a.), contre 2,3% en novembre. Hors prix de l’énergie et des aliments (i.e. l’inflation sous-jacente), la croissance des prix est restée stable à +1,9% (g.a.).

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16 Commerce extérieur : les importations, les exportations et les excédents commerciaux ont diminué en 2016

Echanges commerciaux

Croissance des exportations

Déc. 2016 (g.a.)

-6,1%

m.a. glissante -7,7 %

Selon les douanes chinoises, les échanges commerciaux de la Chine en USD ont reculé de -6,8% en g.a. en 2016, à 3 685 Mds USD (contre –9,8% en 2015), en raison des importations (-5,5%) et des exportations (-7,7%). L’excédent commercial chinois est ainsi en baisse de -16,4% en USD. Ces chiffres sont en partie dus à la dépréciation du RMB par rapport à l’USD en 2016 (-6,8%). Les exportations sont en recul vers la quasi-totalité des clients de la Chine, à l’exception de l’Inde (+0,2%), de la Russie (+7,3%) et des Philippines (+11,7%). Le recul des importations en provenance de Corée du Sud, 2ème fournisseur de la Chine (-8,9%), des Etats-Unis, 5ème fournisseur (-9,1%) et, dans une moindre mesure, de Taiwan, 4ème fournisseur (-2,8%) expliquent la baisse des importations. Les achats chinois provenant de l’ASEAN et l’U.E. stagnent. L’UE conserve sa place de 1er fournisseur. Toujours selon les douanes chinoises, les importations depuis l’Allemagne et la France reculent de -1,8% et de -8,7%. Celles en provenance du Japon, connaissent une faible augmentation (+1,9%) après une forte chute en 2015.

Commerce par destinations

Croissance des exportations vers l’UE

Déc. 2016 (g.a.)

-3,1 %

m.a. glissante -3,4%

La Chambre de Commerce américaine en Chine a publié son enquête de confiance annuelle le 18 janvier. L’enquête fait état d’un profond pessimisme des entreprises américaines en Chine en 2016, renforcé par l’incertitude sur le futur des relations sino- américaines. Les entreprises interrogées affichent de meilleures performances en 2016 (58% ont vu leurs revenus croître en 2016, contre 55% en 2015), mais elles sont moins optimistes quant à leur potentiel de croissance en Chine (un tiers d’entre elles ne comptent pas y étendre leurs activités et elles sont 56% à considérer la Chine comme l’une des 3 destinations prioritaires pour de futurs investissements, contre 64% en 2015). Les entreprises sont par ailleurs généralement inquiètes des évolutions de l’environnement des affaires chinois: l’imprévisibilité du cadre règlementaire, l’augmentation du coût de la main d’œuvre et la montée du protectionnisme chinois sont leurs principales préoccupations.

Commerce par secteurs

Croissance des exportations électroniques

Déc. 2016 (g.a.)

-7,6 %

m.a. glissante -8,2 %

Le gouvernement des Etats-Unis a déposé jeudi 12 janvier une plainte auprès de l’OMC, accusant la Chine de subventionner ses exportations du secteur l'aluminium, en infraction avec les règles antisubventions de l’OMC. Dans une déclaration publiée sur son site internet, le ministère chinois du Commerce (MOFCOM) a exprimé ses regrets quant à une plainte qu’il estime « sans fondement » puisque le secteur chinois de l’aluminium est, selon lui, « entièrement soumis aux règles du marché ». Le MOFCOM a par ailleurs assuré que la Chine respecterait le cadre strict des règles de l’OMC pour répondre à cette plainte.

Répondant à une plainte de l’association sidérurgique européenne Eurofer, la Commission européenne a annoncé l’ouverture successive, les 9 et 10 décembre derniers, de deux enquêtes anti- dumping visant les produits en acier résistant à la corrosion et les produits en fonte en provenance de Chine. Rappelant que la crise sidérurgique qui touche l’Europe actuellement n’est que le résultat de la faiblesse de la demande mondiale, le porte-parole du ministère chinois du Commerce a réagi à ces annonces en exprimant son

« inquiétude » et en regrettant que l’adoption par l’UE de « mesures protectionnistes qui limitent la libre concurrence sur les marchés ».

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17 Monnaie et banque : la politique monétaire sera « prudente et neutre » en 2017 (contre

« prudente et flexible » en 2016), l’accent est mis sur la prévention des bulles d’actifs Taux d’intérêt

Ratios de réserves obligatoires

Taux prêteur de

référence Au 31/12/2016 (%)

4,35 =

RRO Au 31/12/2016 (%)

grandes banques / autres

17/15 =

En décembre, les taux sur les marchés interbancaires de Shanghai à plus d’une semaine ont connu leurs plus importantes hausses mensuelles depuis juin 2015, dans un contexte d’accroissement des anticipations de hausses des taux directeurs américains et de tensions sur le marché obligataires (cf. Marchés obligataires ci-après). Dans le même temps, la PBoC a mis à disposition 720 Mds RMB (106 Mds USD) de liquidités supplémentaires, niveau mensuel le plus important depuis janvier 2016. On notera que la PBoC a très largement préféré des facilités de prêts aux opérations dites d’open-market.

La « conférence centrale sur le travail économique », placée sous le signe « des progrès et de la stabilité », s’est tenue à Pékin du 14 au 16 décembre ; cette conférence annuelle qui réunit le bureau politique du Parti communiste, les chefs des administrations centrales et provinciales ainsi que les principaux dirigeants des entreprises d’Etat, donne les orientations politiques des autorités pour l’année à venir.La conférence a mis l’accent sur la stabilité de la situation économique chinoise et la prévention des risques, tout en rappelant la volonté des autorités d’approfondir les réformes. La politique monétaire pour 2017 devrait être

« prudente et neutre » (contre « prudente et flexible » en 2016).

S’agissant du volet financier, l’accent est mis sur la prévention et le contrôle des bulles d’actifs, en particulier sur le marché immobilier, les autorités reconnaissant les risques systémiques que pose le système financier.

Masse monétaire

Croissance de l’agrégat M2

Déc. 2016 (g.a.)

+11,3 %

m.a. glissante +12,2 %

Les différents agrégats monétaires ont crû de manière soutenue en 2016 (+21,4% pour M1 et +11,3% pour M2). Ces croissances se retrouvent pour partie dans la croissance importante de l’agrégat de financement des autorités chinoises (« Total social financing » ou TSF), à +12,8%

(g.a.) en 2016. A noter que la partie « shadow banking » du « TSF » (« trusted loan », « untrusted loan » et « banker’s acceptance bill ») a nettement rebondi en fin d’année, avec notamment une hausse de 725 Mds RMB (107 Mds USD) en décembre, soit +3,25% par rapport au niveau à fin novembre. Pour mémoire, le « TSF » ne mesure pas l’ensemble des activités du « shadow banking », notamment les prêts des « Wealth management products », en forte croissance en 2016.

Crédit bancaire

Croissance du crédit bancaire

Déc. 2016 (g.a.)

+13,5 %

m.a. glissante +13,9 %

L’autorité chinoise de régulation bancaire (CBRC) a indiqué le 26 janvier une baisse du ratio de prêts non-performants (« NPL ») des banques commerciales au T4, à 1,74% contre 1,76% au T3. C’est la première baisse de ce ratio depuis 2011. Les « NPL » continuent de croitre, à 1512 Mds RMB au T4 (220 Mds USD) contre 1494 Mds USD au T3. Au T4 2016, la croissance des prêts bancaires s’est accélérée, à 13,3%

(g.a.) contre 12,9% au T3, tirée par les prêts à long-terme aux ménages et les prêts aux grandes entreprises. A noter que la CBRC avait annoncé, le 6 janvier, un ratio de NPL pour les banques commerciales de 1,81% à la fin 2016, aucune information n’a été fournie pour justifier cette modification. Pour mémoire, les ratios officiels de prêts non-performants en Chine sont jugés peu représentatifs du niveau des risques à l’actif des banques, des calculs du FMI (avril 2016) estimant notamment que les prêts à risques représenteraient plus de 15% des prêts aux entreprises.

Références

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