• Aucun résultat trouvé

Recherche fondamentale et recherche et développement

Dans le document conseil economique et social (Page 110-122)

CHAPITRE I PANORAMA DE LA FÉDÉRATION DE RUSSIE

5. Recherche fondamentale et recherche et développement

Oulianovsk d’une part et celles de Soukhoi d’autre part. L’ensemble des autres entreprises actuelles serait regroupé dans d’autres holdings (6 ou 7) spécialisés dans les diverses branches d’activité (motorisme, armement, avionique), l’Etat gardant 51 % du capital des deux holdings principaux.

Les télécommunications connaissent un réel développement, l’immense espace russe renforçant les besoins et augmentant les coûts. Les investissements ont été considérables depuis 1995 avec un développement rapide des nouvelles technologies. Au cours de l’année 2000 le nombre d’usagers d’Internet a doublé.

De 1995 à 2000, la consommation par e-mail a été multipliée par sept. Depuis 1990, la part du secteur des télécommunications a doublé dans le revenu national brut et les possibilités de développement sont considérables. En 2000 il n’y avait encore que 22 téléphones pour 1 000 habitants, soit 26,4 dans les villes et 9,6 dans les campagnes. Le déficit du budget national n’a pas permis aux communications par satellites de se développer comme on le pensait au début de la décennie 1990. Sur les 9 satellites de communications en service en 2000, huit sont en fin de vie. Mais un important programme de développement du secteur a été proposé par le Ministère fédéral des communications et approuvé par le gouvernement en décembre 2000. Cependant, la Russie connaît un ralentissement de la téléphonie cellulaire.

transfert des technologies vers le privé. En 1998, le gouvernement a créé le Faprid, agence publique dont le rôle est de collecter auprès des entreprises, privées et publiques, une taxe sur la valeur de la propriété intellectuelle en échange de licences d’exploitation.

En refusant de céder gratuitement ses droits, l’Etat entrave également l’émergence d’un réseau de start up et de PME qui fait cruellement défaut à la Russie alors qu’elles sont créatrices d’emplois qualifiés. Les laboratoires russes sont restés de véritables gisements de technologies inexploitées. L’effet direct du sous-développement de la recherche scientifique civile et militaire et du faible niveau des salaires et le départ des scientifiques russes pour l’étranger ou pour le secteur privé, où souvent ils cessent de pratiquer leur spécialité, a atteint ces dernières années de grandes proportions. L’âge élevé des chercheurs et le désintérêt de jeunes diplômés pour certains secteurs, notamment celui du complexe militaro-industriel ont une forte incidence sur la créativité. De plus, les restructurations des entreprises sont effectuées sans que l’effet de la mondialisation soit vraiment prise en compte.

Le secteur aéronautique et aérospatial, figure de proue du savoir-faire technologique russe et, plus que tout autre, grand pourvoyeur de devises fortes, est en péril. L’économie soviétique a consacré beaucoup de ressources budgétaires, scientifiques, techniques et humaines à l’effort spatial. Le secteur spatial russe s’est caractérisé par son approche pragmatique conduisant à l’élaboration de systèmes spatiaux robustes au prix d’une certaine rusticité.

Aujourd’hui, l’importance de cet héritage technique, scientifique et industriel de la Russie est évidente46. Mais suite à la dissolution de l’URSS et à la dérégulation de l’économie, le secteur spatial rencontre des grands problèmes.

L’industrie aérospatiale russe a des effectifs pléthoriques et est sous-financée. Le budget spatial est aujourd’hui si modeste que la Russie risque de devoir se retirer du programme de la station spatiale internationale (ISS)47.

Aujourd’hui, ce sont les collaborations internationales qui maintiennent à niveau les capacités industrielles et techniques spatiales en Russie sous forme de joint-ventures pour l’exportation des lanceurs russes ou de programmes de coopération scientifique (au premier rang desquels la Station spatiale internationale) qui garantissent un apport minimum en devises. L’activité spatiale militaire, sous l’impulsion donnée par l’administration Poutine, bénéficie cependant d’un regain d’intérêt comme en témoigne la reprise des lancements de satellites pour le compte du ministère de la défense russe48.

46 Rapport et avis du Conseil économique et social sur « La politique spatiale de recherche et de développement industriel », M. Alain Pompidou, rapporteur, 23 juin 2004.

47 Cyrille Gloaguen « Le complexe militaro-industriel russe », Le Courrier des pays de l’Est, n° 1 032, février 2003, p. 9.

48 Rapport et avis du Conseil économique et social sur « La politique spatiale de recherche et de développement industriel », M. Alain Pompidou, rapporteur, 23 juin 2004.

Le secteur aéronautique reste toujours éclaté entre constructions civiles et militaires, ce qui le fragilise d’autant plus que sa survie dépend presque exclusivement des exportations. Ensuite, le choix opéré par le gouvernement de privilégier la remise à neuf des appareils en service sur l’achat d’appareils neufs n’est pas de nature à favoriser de la R&D, ni un bon état financier des entreprises.

Au début de 2002, une série de décisions prises à l’étranger a également porté un coup très dur à ce secteur, comme l’interdiction notifiée par l’UE, à compter du 1er avril 2002, de l’accès aux aéroports européens aux avions de fabrication russe jugés trop polluants et trop bruyants. Cette décision, couplée à celle d’Aeroflot de ne plus acheter que des avions occidentaux, est loin d’être mineure lorsqu’elle empêche l’usage des longs courriers de fabrication russe.

De façon générale, on peut évoquer un déplacement sensible du rapport entre recherche fondamentale et recherche appliquée (au profit de cette dernière), un étiolement rapide dans des disciplines qui ne peuvent que difficilement se tourner vers des activités de conseil ou bénéficier d’aides privées (anthropologie, philosophie, linguistique), un vieillissement des cadres et des personnels qui pose désormais le problème du renouvellement de certaines équipes.

D’autres évolutions doivent être considérées comme positives. Dans des disciplines comme l’économie ou la sociologie, la nécessité de développer des contacts avec des entreprises a certainement permis une meilleure ouverture sur le monde extérieur. Dans les cas les plus intéressants, les directeurs d’instituts qui ont développé des activités de conseil aux entreprises pour faire vivre leur institution se servent de ces activités comme moyen de collecter des informations et organisent une véritable synergie entre une réflexion théorique et les expériences pratiques. Les difficultés financières ont contribué à faire éclater des instituts dont le gigantisme rendait la mise en œuvre d’une véritable politique scientifique problématique. Un resserrement de la taille des équipes a probablement été favorable à une meilleure efficacité scientifique.

Globalement, les métiers de la recherche ont été moins pénalisés que ceux de l’enseignement. Dans des disciplines comme l’économie ou la physique, en raison de la possibilité pour les instituts, voire pour certains départements dans les universités, ils ont obtenu des contrats de recherche et d’expertise auprès d’entreprises privées, qu’elles soient russes ou étrangères. Cependant, même dans ces disciplines, la déperdition vers des activités sans rapport avec l’enseignement et la recherche est particulièrement inquiétante pour le renouvellement des enseignants et chercheurs dans les dix années à venir.49

49 Renaud Fabre et Jacques Sapir « Echanges et coopérations universitaires franco-russes. Bilan, Perspectives, Propositions », rapport à Monsieur le ministre de l’Education nationale, Paris, avril 2002.

III - SOCIÉTÉ CIVILE A - NIVEAUX DE VIE

Suite à la transition, « le système russe a connu un effondrement dont on mesure difficilement l’ampleur. Cet échec se traduit par le fait que la majorité des Russes vit aujourd’hui plus mal qu’à la fin du système communiste et soviétique, quelles que soient les tares de ce système »50.

Au début des années 1990 on constate l’appauvrissement net d’une partie de la population. La privatisation et la libéralisation entraînent une redistribution inégale des richesses et une baisse de la capacité d’investissement de l’Etat. La privatisation et l’explosion des initiatives privées, surtout dans le commerce et les services ont abouti à la multiplication des trafics et à des contrastes de fortune sans précédent.

La libéralisation des prix et la tourmente monétaire ont fait disparaître les économies de la population. Le système soviétique avait surévalué le rouble mais celui-ci garantissait un niveau de vie stable. Entre 1990 et 2000 le rouble a perdu de sa valeur. Si la diminution de l’inflation marque les années 1995-1998, elle s’est effectuée au prix d’une réduction drastique des dépenses de l’Etat, ce qui a renforcé la crise des impayés. L’Etat paye avec beaucoup de retard ses fonctionnaires, de même que ses fournisseurs. Eux-mêmes se conduisent de la même manière auprès de leurs salariés et de leurs relations commerciales et presque personne ne verse l’impôt. Le troc se développe. Dans certaines régions des gens sont payés en nature. La crise monétaire d’août 1998 aggrave la situation et certains établissements arrêtent de payer leurs ouvriers et employés jusqu’en janvier 1999. La crise relance l’inflation.

Ainsi la course entre les prix et les salaires lancée au début des années 1990 se poursuit. Des inégalités selon les secteurs d’activités sont donc apparues.

Pour la majorité de la population, particulièrement les retraités, les fonctionnaires et plus généralement les salariés, la situation économique s’est dégradée rapidement. La médiocrité générale des salaires des fonctionnaires, notamment des enseignants, des professions de santé et de la culture, des agriculteurs les plus mal lotis contraste avec les revenus des employés du secteur financier, les mieux payés. Outre le secteur bancaire, les secteurs d’activité offrant les meilleurs salaires en 2000 sont ceux liés à l’exploitation du sous-sol, notamment les hydrocarbures, les transports, les télécommunications, l’informatique, la gestion, les industries en général, la construction et les travaux publics. Les plus favorisés sont donc ceux qui ont directement accès aux bénéfices tangibles du développement de l’économie de marché. Le budget 2002 a été établi sur la base d’une augmentation de 90 % de leurs salaires et même d’un doublement pour les militaires, les enseignants et les médecins.

50 Audition de H. Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères devant la section des relations extérieures le 9 décembre 2003.

Les inégalités régionales sont également considérables. Etant donné que Moscou est le principal bénéficiaire du passage à l’économie de marché et des investissements russes et étrangers, le taux de chômage y est le plus faible, à peine 60 % de la moyenne nationale, et les salaires y sont plus élevés. Les écarts régionaux de revenus allaient de 1 à 5 durant la période soviétique. Ils sont en 2000 de 1 à 20. Le coût des produits de base et des services varie également selon les régions.

La classe moyenne constituée en Russie entre 1970 et 1990 a quasiment disparu. Estimée à un quart de la population avant l’été 1998, on considère qu’elle se réduit depuis l’an 2000. Elle s’identifie à des tranches de revenus qui vont de 500 à 1 500 dollars par mois pour chaque membre de la famille. À l’inverse de l’Amérique du Nord ou de l’Europe occidentale et nordique, ce sont les jeunes qui disposent du maximum de revenus en Russie. Ainsi, le représentant type de la classe moyenne russe a 32 ans, il a fait des études universitaires, va en vacances à l’étranger, il est cultivé, travaille beaucoup. Il habite souvent à Moscou qui concentre les activités commerciales et économiques du pays, où à Saint-Pétersbourg, la deuxième ville la plus favorisée.

Aux deux extrémités de la société, par rapport à cette classe moyenne qu’on ne peut comparer aux classes équivalentes d’Europe occidentale on distingue : les « nouveaux Russes » en tant que tranche supérieure des classes moyennes qui compte parmi eux un certain nombre de millionnaires en dollars et, tout en bas de l’échelle, ceux qui vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Dans les années 1990 entre 20 et 30 % de la population vivaient en dessous du seuil de pauvreté et la plupart des fonctionnaires n’étaient pas payés durant plusieurs mois. L’accumulation des richesses restait forte au premier semestre 2001, les 10 % de Russes les plus riches possédaient 35 % des richesses du pays. Les revenus de ces 10 % de Russes représentent 14 fois ceux des 10 % les plus pauvres. Même si l’économie russe n’est pas une économie libérale stricto sensu en raison du maintien d’un secteur d’Etat important, le développement de l’économie de marché place la société russe, au début du XXIème siècle, dans la position initiale du capitalisme sauvage, avec une majorité de la population qui reste à l’écart de l’accumulation des richesses accaparées par une minorité.

Calculé par le ministère du Travail, le minimum de subsistance défini pour l’ensemble de la population est fixé par arrêté du gouvernement.

Actuellement il s’établit à 2 137 roubles pour les actifs. Ce minimum vital ne doit pas être confondu avec le seuil de pauvreté qui se situe à moins de 1 dollar par jour en moyenne soit environ 840 roubles par mois. Si la situation des ménages s’améliore sensiblement depuis 1990, près d’un tiers de la population russe vit toujours en dessous du seuil de pauvreté et 10 % se trouvent dans un état de pauvreté extrême. Ce calcul est néanmoins fait sans appréciation des revenus informels.

L’estimation exacte des niveaux de vie est difficile car les familles perçoivent souvent plusieurs rémunérations auxquels s’ajoutent des prestations sociales. Le passage à l’économie de marché a fortement réduit la part des salaires dans la formation des revenus. Travailler dans le secteur informel ou avoir plusieurs emplois non déclarés en parallèle avec un emploi officiel augmente les possibilités de revenus51.

Il existe des aides sociales pour le loyer, l’électricité, l’abonnement téléphonique, etc. Le système d’aide sociale russe garde des traits du système soviétique qui visait à favoriser certaines catégories, par exemple les vétérans, les pensionnaires, les familles nombreuses, les militaires, les personnes vivant au-dessous du seuil de pauvreté, etc. On recense ainsi plus d’un millier de catégories de population qui reçoivent une aide sans que soient véritablement mises en place des procédures de garantie des droits. Ces allocations dépendent en effet de l’administration régionale ou municipale, ce qui n’induit aucune notion d’universalité des prestations.

Les allocations familiales sont octroyées sous conditions de ressources : 70 roubles par enfant et par mois, doublés pour les mères seules.

Le congé maternité est d’une année et demie rémunérée avec possibilité de le proroger d’autant sans rémunération.

En général, les prix de l’eau, de l’électricité, du transport et du téléphone restent très bas52. Le gouvernement russe a engagé une profonde réforme en matière de développement social, de santé publique et de retraite en visant une mise en œuvre en 2005.

En ce qui concerne les retraites, celles-ci reposent sur une démarche associant une allocation de base sous condition de travail financée par prélèvement sur l’impôt social unique, une participation volontaire de chaque salarié (4 % du salaire) et une épargne obligatoire pour les plus jeunes (nés après 1967), le système de gestion étant centralisé avec antenne dans les entités régionales.

Les allocations de chômage sont limitées à 17 mois et indexées sur le salaire précédent dans une fourchette de 40 à 120 dollars par mois.

La loi fédérale prévoit une protection des accidents du travail et un système de pension invalidité.

En ce qui concerne la santé, il n’existe pas de sécurité sociale en Russie, mais une médecine gratuite est assurée par l’Etat : chaque citoyen est rattaché à un complexe médical (poliklinika) situé dans son quartier, qui regroupe des

51 Ekaterina Kalugina et Boris Najman, « Travail et pauvreté en Russie : évolutions objectives et perceptions subjectives », Economie et Statistique, n° 367-2003, p. 83.

52 À Moscou et Saint-Pétersbourg, le loyer mensuel de l’appartement de 70 m² dans le centre ville s’élève à 10-20 euros environ (sous-location 200-500 euros environ), dépenses d’eau, d’électricité, de chauffage et de ménage incluses ; l’abonnement mensuel du téléphone s’élève à 2 euros par mois avec appels gratuits ; le ticket de métro coûte 30 centimes environ ; les impôts directs ne sont que 13 % des revenus.

spécialistes et des généralistes. Néanmoins à l’heure actuelle ce système est désintégré et moins efficace à cause de l’insuffisance de ressources.

Parallèlement se développent des systèmes d’hospitalisation et de soins privés.

Quant aux médicaments, leur diffusion est limitée, les nouveautés sont rares, les génériques sont d’ancienne génération.

Au début des années 1990, sous l’influence des institutions internationales, il a été préconisé un ciblage des prestations destinées aux plus pauvres pour accompagner la réduction des dépenses sociales publiques, la privatisation d’une partie des secteurs de la retraite et de la santé et le désengagement des entreprises de la sphère sociale. Cette influence des institutions internationales sur l’évolution des systèmes de protection sociale et d’emploi en Russie a connu un tournant avec le krach financier de 1998 au profit d’actions mieux adaptées à la réalité russe53.

B - DÉMOGRAPHIE

Si les années soixante et soixante-dix ont connu une forte progression de la natalité, on enregistre un déclin démographique depuis le début des années 1990.

En effet, la population de la Russie ne comptait plus, en 2002, que 144,4 millions54 contre 147,5 millions en 1989.

La crise démographique trouve son origine dans la situation économique difficile qui a entraîné une chute des revenus, mais plus fondamentalement dans un sentiment de profonde incertitude quant à l’avenir. Dans ce contexte, tant la baisse de la natalité que l’augmentation de la mortalité s’avèrent préoccupantes.

Le taux de fécondité n’était plus, en 2000, que de 1,2 enfant par femme, contre 1,90 en 1990. Il est aussi vrai que les comportements familiaux des jeunes générations tendent à se rapprocher de ceux observés en Europe occidentale : mariages tardifs, cohabitation, fécondité tardive et en baisse, etc.55 Quant à l’espérance de vie, elle a enregistré un seuil inquiétant, en particulier chez les hommes pour lesquels elle n’excède plus les 60 ans. En 1990, elle était de 64 ans.

La détérioration de l’état sanitaire de la population, liée à la profonde désorganisation du système de soins explique largement cette augmentation de la mortalité : les maladies infectieuses et cardiovasculaires ne font pas l’objet d’une réelle politique de prévention et, de surcroît, ces dernières années ont vu la réapparition de certaines maladies telles que la tuberculose et la diphtérie : ainsi, le nombre de cas de tuberculose est passé de 34 à 88,5 pour 1 000 entre 1991 et 2001. En outre, l’épidémie de SIDA prend de l’ampleur en Russie. Dans son dernier rapport, l’ONUSIDA a évalué à un million le nombre de séropositifs âgés

53Le Courrier des pays de l’Est, n° 1040, novembre-décembre 2003, p. 89.

54 Commission européenne, communication de la Commission au Conseil et au Parlement européen concernant les relations avec la Russie, février 2004.

55 Alan Blum, Catherine Gousseff, « Russie. D’un recensement à l’autre », Le Courrier des pays de l’Est, n° 1 035, mai 2003, p. 17, 20.

de 15 à 49 ans et le taux de progression est depuis plusieurs années parmi les plus élevés du monde. Une étude de la Banque mondiale estime que la Russie pourrait, à l’horizon 2020, compter 5,4 millions de séropositifs. Les scénarii plus pessimistes n’excluent pas que leur nombre pourrait atteindre les 13-14 millions d’individus.

De plus, l’alcoolisme demeure un véritable fléau. La consommation d’alcool pur par habitant est la plus forte au monde et près des deux tiers des hommes décédés entre 20 et 55 ans en 2000 l’étaient pour alcoolisme.

Enfin, les services d’urgence présentent de nombreuses failles. Par contre, il convient de souligner la diminution continue de la mortalité infantile, preuve que le système de soins, lorsqu’il s’agit de surveiller des personnes dans des situations bien précises, peut répondre aux besoins.

À l’heure actuelle, il semblerait néanmoins que la chute démographique ait atteint un palier, une certaine augmentation de la natalité s’ébauchant depuis 2002.

En ce qui concerne la répartition géographique, l’Extrême-Orient de la Russie est particulièrement touché par la baisse démographique qui dépasse largement la simple décroissance naturelle : les nombreux départs qui sont intervenus vers la Russie d’Europe contribuent au dépeuplement de cette région, ce qui n’est pas sans inquiéter les autorités russes au regard du développement exponentiel de la Chine voisine. À contrario, la population a augmenté dans les districts du Sud (Rostov) et du Centre (Moscou). Le district fédéral central affiche, avec un pourcentage de 26,2 %, la concentration la plus élevée de population du pays.

C - DIALOGUE ENTRE PARTENAIRES SOCIAUX

Le processus de restructuration engendre des changements sociaux qu’il s’agisse du rôle et de la place des syndicats, des entreprises ou de l’Etat. La politique de libéralisme appliquée en Russie au début des années 1990 a entraîné la diminution de la sphère étatique dans la société, la flexibilité et la pression sur les salaires, mais également l’affaiblissement des systèmes publics de protection sociale, la baisse des dépenses budgétaires considérées comme improductives, en particulier la réduction des budgets en matière de santé et d’éducation.

Dès 1985, suite à la diminution de nombre de fonctionnaires d’Etat et l’obtention par les entreprises du droit de réduire leurs effectifs, le chômage est apparu. C’est au début des années 1990 qu’on assiste à son explosion. Le chômage est devenu un phénomène structurel de la nouvelle économie russe. En 2000 la reprise économique a commencé à le faire baisser. En juillet de la même année les chômeurs n’étaient plus que 7,2 millions soit 10,9 % des actifs contre 12 en 1999. En juin 2001 selon la méthode de calcul du BIT ils n’étaient plus que 6,6 millions.

Dans le document conseil economique et social (Page 110-122)