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Les ruraux face aux services

L’association Familles Rurales a réalisé en 2001 et 2004 auprès d’environ 1 000 associations locales des enquêtes pour connaître les évolutions des besoins des familles, et les actions à mettre en place pour répondre aux nouvelles attentes.

a) Les services de proximité en milieu rural

Jean-Yves Martin, directeur de Familles Rurales a indiqué lors de son audition55, que « 50 % des français souhaiteraient vivre à la campagne, mais que seulement 20 % d’entre eux réalisent leur rêve ».

Les services de proximité en milieu rural participent à l’amélioration de la qualité de vie des habitants. Ils concernent d’abord les services publics de proximité, mais aussi les transports, les commerces, l’artisanat, les banques et assurances, les structures d’accueil des enfants, l’animation, les loisirs, la culture et le sport ainsi que les services d’aide aux personnes âgées.

55 Jean-Yves Martin, Audition devant la section des économies régionales et de l’aménagement du territoire, 6 juillet 2005.

• Services publics de proximité

« La Poste est plus que la poste ! »

Les habitants attachent une grande importance au service de distribution du courrier (99,2 % de 970 associations estiment qu’il s’agit d’un service essentiel).

Quant à la satisfaction réelle, elle n’atteint que 76 % des répondants à cause des heures d’ouverture des bureaux, la distribution quotidienne (26 %) où l’on note une dégradation surtout pour les personnes à mobilité réduite qui souvent doivent se rendre à un regroupement de boîtes à lettre.

23 % des associations se sont mobilisées pour des actions de maintien des services de proximité (la poste, l’hôpital, la trésorerie, la SNCF). Pour le maintien de l’école, le taux de mobilisation atteint 56 %.

72 % des responsables associatifs pensent que devant les difficultés liées aux services publics, ils devraient plutôt s’en remettre à l’échelon départemental, mais seulement 9 % d’entre eux l’ont fait.

Le besoin de proximité des services publics est toujours aussi prégnant en 2004. Les personnes interrogées souhaitent bénéficier le plus possible de tous les services disponibles dans les grandes villes. Le lieu de vie idéal est celui offert à la campagne avec des services de proximité à disposition.

• Une organisation des transports ruraux jugée trop rigide

Le transport rural est un élément structurant de la vie rurale. De l’existence ou l’inexistence de transport organisé dépend l’accès aux loisirs, à la vie associative, aux services de santé56.

Même si le monde rural dispose de bus, de cars, de taxis et de trains, en plus d’un éventail de petits moyens de transport rural collectif, comme le transport scolaire et le covoiturage dans certains cas, les responsables associatifs se disent insatisfaits à 56,5 % de l’organisation des transports. Les dispositifs ne répondent plus à l’évolution de la vie quotidienne des familles. Aussi conviendrait-il de s’acheminer vers des services de transport sur mesure et adaptés aux besoins.

Parmi les jeunes interrogés, 60 % d’entre eux souhaitent que les moyens de transport soient plus flexibles (bus, trains, horaires plus adaptés, etc.). Les personnes âgées et sans permis de conduire privilégient la régularité des transports.

• Des services de proximité à préserver : commerces, artisanat, banques et assurances

Sans commerçants, sans artisans, sans services de proximité, la vie en milieu rural n’est plus envisageable. C’est l’avis de 98 % des 934 associations ayant répondu à cette question ; ces services de proximité sont définis en termes de distance géographique par rapport à la fréquence des besoins.

56 Autre enquête menée par Familles Rurales sur « Vivre et consommer autrement en milieu rural ».

L’enquête révèle la répartition idéale des services qui, à l’échelle d’un territoire, hiérarchise la notion de proximité. Apparaît une première gamme de services qu’on souhaite retrouver dans un rayon de 0 à 5 km, c’est-à-dire le distributeur de billets, la boulangerie, la pompe à essence, l’alimentation générale. Ce sont les cinq principaux services reconnus comme indispensables par 80 % des personnes.

Les usagers souhaitent trouver ensuite dans un rayon de 5 à 10 km, un maçon, un électricien, un menuisier ou un plombier.

• Des améliorations à apporter

En matière de structures d’accueil des enfants, 44 % des responsables associatifs ne sont pas satisfaits de la gamme des services offerts. Mais 57 % des associations n’ont pas de projet pour améliorer la situation, qu’il s’agisse des crèches, des haltes-garderies, des relais assistance maternelle ou du baby-sitting.

Ces freins proviennent du manque de locaux, de crédit ou de personnel.

S’agissant du secteur Animation, loisirs, culture, sports, le tiers des responsables associatifs pense que l’offre d’activités loisirs des jeunes ne répond pas aux besoins des familles. Environ 50 % des associations ont des projets qui couvrent un large éventail allant des activités manuelles à l’école de musique.

Pour les services d’aide aux personnes âgées, 99 % des associations pensent qu’il est indispensable d’organiser des services pour le soutien à domicile des personnes âgées. Mais se pose le problème plus large du vieillissement avec ses exigences de maintien du lien social pour lutter contre l’isolement, la solitude que connaissent les personnes âgées, prêtes à rester à leur domicile à condition d’être entourées de services de proximité.

En ce qui concerne les autres services aux familles, 36,6 % des associations pensent au développement des relais familles pour faciliter la vie des familles.

Viennent ensuite le services de lavage et de repassage, de bricolage, de repas à domicile, etc. 71 % des responsables associatifs pensent que Familles Rurales devrait organiser ces services facilitant la vie des familles.

Enfin, l’enquête 2004 de Familles Rurales souligne simplement

« l’insuffisance des TIC ».

b) Un ancrage territorial élargi

Ces enquêtes mettent en avant l’importance de la qualité des relations humaines, la solidarité sociale, le rôle de la vie associative et l’attachement au lieu de vie, fondements d’une réelle convivialité en milieu rural.

Au-delà d’une analyse par thème, la répartition idéale des services dans les territoires ruraux selon les responsables d’associations locales serait représentée par trois cercles :

- dans un premier rayon compris entre 0 et 5 km, on trouverait l’école primaire, les services de santé (médecin, pharmacien, infirmière, pédiatre, soins infirmiers, kinésithérapeute) et les services de première nécessité (distributeurs de billets, alimentation, boulangerie, pompe à essence, épicerie) ;

- dans un deuxième cercle, compris entre 5 et 10 km, se situeraient le collège, les services de santé (dentiste, ophtalmologiste, orthophoniste), le bâtiment (plombier, électricien, menuisier) et services à la personne (salon de coiffure) ;

- dans le dernier cercle, compris dans un rayon entre 10 et 20 km, se concentreraient le lycée, l’hôpital, les urgences, la sage-femme, les maternités ou le podologue.

Schéma 1 : La représentation idéale des territoires ruraux par les responsables d'associations locales

0 - 5kms

- Médecin - Pharmacien - Infirmière - Pédiatre - Soins infirmiers - Kinésithérapeute

- Distributeurs de billets - Alimentation - Boulangerie - Pompe à essence - Epicerie - Ecole primaire

5 - 10 kms 10 - 20 kms

Dentiste

Orthophoniste

Salon de coiffure

Maçon

Electricien Plombier

Collège Menuisier

Fleuriste Ophtalmologiste

Lycée

Podologue

Maternités

Sage-Femme

Urgences Hôpital

ORL

Source : Enquête « 1 000 associations s’expriment », Familles Rurales, 2001

Ces enquêtes mettent en lumière que si l’ancrage communal et la proximité restent source d’identité et gage de réussite, l’élargissement du territoire est devenu nécessaire pour tenir compte des nouvelles solidarités intercommunales.

L’enjeu intercommunal est bien appréhendé par les représentants d’associations.

50 % de celles qui ont répondu se sont déjà insérées dans certaines actions menées par les élus intercommunaux.