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La Pologne

Dans le document conseil economique et social (Page 173-177)

CHAPITRE II LA RUSSIE ET L’ÉLARGISSEMENT

1. La Pologne

1.1. Les relations économiques

Du fait de sa proximité géographique et d’une histoire partagée, la Pologne entretient avec la Russie des relations anciennes.

Ainsi au plan économique, ce marché de 39 millions d’habitants représentait un débouché important pour la Russie. Les échanges entre les deux pays ont fortement chuté au début de la décennie 90 (- 50 % en 1990 par rapport à l’année précédente, - 40 % en 1993). Aux facteurs économiques qui expliquent cette chute122, s’ajoutent alors la volonté de la Pologne de ne pas rétablir ces échanges et de réorienter son commerce vers le marché européen.

Néanmoins, on observe une reprise en 1994 et plus encore en 1995. Cette croissance s’est poursuivie jusqu’à la crise russe d’août 1998 qui a fortement grevé les exportations polonaises aggravant le déficit commercial. Troisième partenaire commercial de la Pologne en 1995, la Russie n’en était plus que le onzième en 1999. Malgré une redynamisation des échanges à compter de l’année suivante, cette tendance n’a pu être enrayée.

122 Cette diminution constatée dans l’ensemble des PECO trouve son origine dans la crise économique, le passage à une économie de marché et le règlement en devises ainsi que la disparition du Conseil d’aide économique mutuelle (CAEM). Créé en 1949, le CAEM était une réplique soviétique de l’OCDE ; il a instauré des liens économiques très étroits entre les pays d’Europe de l’Est et l’URSS.

En 2002, la Pologne se situait au huitième rang des clients de la Russie, après l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Chine, la Biélorussie, l’Ukraine et les Etats-Unis123 mais elle ne représentait que 3,5 % des exportations russes. Elle était son huitième fournisseur.

En sens inverse, la Russie avec 8 % des importations totales de la Pologne, était son troisième fournisseur mais il convient de noter que le pétrole représente 80 % de ces importations.

Un constat similaire peut être dressé s’agissant des relations de la Russie avec les autres nouveaux Etats membres. Si ces derniers représentent 14,7 % des exportations totales de la Russie, 73,5 % de ces exportations sont constitués par le pétrole (8 185 Mds $ sur 11 130 Mds $).

Exportations de la Russie vers les pays de l’élargissement 2002 - en millions de dollars

Importations totales de Russie

dont hydrocarbures

Part des hydrocarbures dans les importations totales en provenance

de Russie

Pologne 3 013 2 669 88,6 %

Estonie 1 595 1 126 70,6 %

Lituanie 1 476 1 085 73,5 %

Slovaquie 1 235 892 72,2 %

Hongrie 1 211 893 73,7 %

Chypre 995 749 75,3 %

République Tchèque 790 575 72,8 %

Lettonie 597 125 20,9 %

Malte 140 59 42,1 %

Slovénie 76 11 14,5 %

Total nouveaux

Etats membres 11 130 8 185 73,5 %

Source : DREE – Global Trade Atlas

De surcroît la reprise du Tarif extérieur commun (TEC) par la Pologne depuis le 1er mai 2004 se traduit par une baisse des tarifs douaniers sur les principales exportations de la Russie vers ce pays.

123 D’après les statistiques russes.

Evaluation de l’impact de la reprise du TEC par la Pologne Positions tarifaires Tarif de l’UE Tarif de la

Pologne Produits pétroliers

2701. Houilles ; briquettes, boulets et combustibles solides similaires obtenus à partir de la houille

0 3 ou 6

2709. Huiles brutes de pétrole ou de matériaux bitumineux

0 0 2710. Huiles de pétrole ou de matériaux bitumineux

autres que les huiles brutes, etc.

entre 0 et 4,7 25 %(a) Fertilisants engrais

3102. Engrais minéraux ou chimiques azotés 6,5 entre 6 et 9 3104. Engrais minéraux ou chimiques potassiques 0 0 3105. Engrais minéraux ou chimiques contenant

deux ou trois des éléments fertilisants azote, phosphore et potassium ; autres engrais, etc.

6,5 6 ou 6,5

Bois

4702. Pâtes chimiques de bois, à dissoudre 0 0 4703. Pâtes chimiques de bois, à la soude ou au

sulfate, autres que les pâtes à dissoudre

0 0 Acier

7207. Demi-produits en fer ou en acier non alliés 0 12 7208. Produits laminés plats, en fer ou en acier non

alliés, d’une largeur de 600 mm ou plus, laminés à chaud, non plaqués ni revêtus

0 12

Aluminium

7601. Aluminium sous forme brute 6 6

7605. Fils en aluminium 7,5 7,5 ou 9

7606. Tôles et bandes en aluminium, d’une épaisseur excédant 0,2 mm

7,5 9 ou 10 Equipements nucléaires

8401. Réacteurs nucléaires ; éléments combustibles (cartouche) non irradiés pour réacteurs nucléaires : machines et appareils pour la séparation isotopique

entre 0 et 2,2 9

8411. Turboréacteurs, turbopropulseurs et autres turbines à gaz.

0 0 ou 9

(a)- Avec un minium entre 25 et 33 euros/tonne Source : DREE.

Force est donc de constater que les revendications de la Russie qui arguait qu’elle allait perdre une grande partie de son commerce traditionnel avec les dix nouveaux Etats membres en raison de leur inclusion dans le régime commercial douanier et antidumping de l’Union européenne, était infondé.

C’est d’ailleurs ce que la déclaration conjointe annexée au protocole d’extension de l’Accord de partenariat et de coopération (APC) signé le 27 avril 2004 à Luxembourg a constaté : « nous reconnaissons que le niveau des droits sur les importations de marchandises en provenance de Russie, destinées aux nouveaux Etats membres vont diminuer en moyenne de 9 % à 4 %, en raison de l’application par l’Union européenne élargie du Tarif extérieur commun aux importations en provenance de Russie, à partir du 1er mai 2004, ce qui signifie des conditions plus favorables pour le commerce ».

On peut considérer en revanche qu’un nouveau marché européen plus vaste et aux règles uniformes va s’ouvrir à la Russie, d’autant, s’agissant de la Pologne qu’un important potentiel d’échanges existe entre les deux pays non seulement au plan commercial mais également en matière de coopération scientifique et technique, que l’adhésion de la Pologne à l’Union européenne ne peut que favoriser dans le cadre de l’APC.

1.2. La dépendance énergétique

Comme la très grande majorité des nouveaux Etats membres, la Pologne dépend de la Russie pour son approvisionnement énergétique.

Part et rang de la Russie dans les importations totales d’hydrocarbures des nouveaux Etats membres

% des hydrocarbures russes dans les importations totales

d’hydrocarbures

Rang de la Russie parmi les fournisseurs

d’hydrocarbures

Pologne 80 % 1er

Estonie 49 % 1er

Lituanie 97 % 1er

Slovaquie 88 % 1er

Hongrie 62 % 1er

Chypre 27 % 2ème

République Tchèque 80 % 1er

Lettonie 44 % 1er

Malte 18 % 2ème

Slovénie 21 % 2ème

Source DREE – Global Trade Atlas.

Les livraisons russes de pétrole à la Pologne représentent, rappelons-le, 80 % de ses importations totales en provenance de Russie. En 2000, ce pays assurait 70 % des besoins du pays en gaz (6,8 milliards de m3) et 60 % en pétrole (6,2 millions de tonnes).

Les échanges de gaz sont régis par des accords qui en sont à des stades différents de réalisation : l’accord d’Orenbourg, du 21 juin 1974, aux termes duquel la Russie fournit annuellement à la Pologne 2,8 milliards de m3 ; l’accord de Iambourg, du 29 janvier 1987, aux termes duquel la Russie fournit annuellement à la Pologne 2,5 milliards de m3 ; l’accord du 25 août 1993 et le protocole additif du 18 février 1995 portant sur la construction, sur le territoire polonais, du gazoduc reliant la péninsule sibérienne de Iamal et l’Europe occidentale et qui doit permettre à terme de faire passer les livraisons de gaz russe à la Pologne de 3 à 14 milliards de m3 par an ; enfin l’accord de février 2001 qui permet à la Russie de faire transiter son gaz vers l’Europe via la Pologne et en évitant l’Ukraine.

Aux termes de cet accord, la Pologne recevra 1 milliard de dollars par an en paiement du transit.

Dans un souci légitime de diversification des sources, la Pologne s’efforce depuis quelques années de varier ses approvisionnements énergétiques.

Les difficultés avec la Russie dans ce secteur pourraient provenir de la reprise des directives communautaires libéralisant l’approvisionnement en énergie, ce qui pourrait remettre en cause des contrats de longue durée passés par des fournisseurs russes.

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