HAL Id: tel-01288229
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Analyse mathématique et numérique des modèles Pn
pour la simulation de problèmes de transport de photons
Xavier Valentin
To cite this version:
Xavier Valentin. Analyse mathématique et numérique des modèles Pn pour la simulation de
prob-lèmes de transport de photons. Mathématiques générales [math.GM]. Université Paris-Saclay, 2015.
Français. �NNT : 2015SACLC024�. �tel-01288229�
É oledo toralede mathématiquesHadamard (EDMH, ED 574)
Établissement d'ins ription : Centrale-Supéle
Établissement d'a ueil : CEA, DAM,DIF, F-91297Arpajon,Fran e
THÈSE DE DOCTORAT ÈS MATHÉMATIQUES
Spé ialité : Mathématiques appliquées
Xavier VALENTIN
Analyse mathématique et numérique de modèles
P
N
pour la simulation de problèmes de transport de photonsDatede soutenan e: 17dé embre2015
Après avisdesrapporteurs:
Christophe BERTHON(Université deNantes) Xavier BLANC (UniversitéParis Diderot)
Jurydesoutenan e:
Christophe BERTHON (Université de Nantes)Rapporteur Xavier BLANC (Université Paris Diderot)Rapporteur François BOUCHUT (Université Paris-Est) Examinateur Bruno DESPRÉS (Université Paris 6)Présidentdujury Cédri ENAUX (CEA, DAM,DIF)Co-en adrantdethèse Pauline LAFITTE (É ole CentraleSupéle ) Dire teurdethèse Mohammed LEMOU (Université de Rennes)Examinateur
HARMONICS MODELS FOR PHOTON TRANSPORT
Resume
Computational osts for dire t numeri al simulations of photon transport problems are very high in terms of CPU time and memory. One way to ta kle this issue is to develop redu ed models that a heaper to solve numeri ally. There exists number of thesemodels :moments models, dis reteordinates models (
S
N
),diusion-like models... Inthis thesis, we fo usonP
N
modelsinwhi h thetransportoperator isapproa hed by mean of a trun ated development on the spheri al harmoni s basis. These models are arbitrarya urate intheangular dimension andarerotationnaly invariants(inmultiple spa edimensions). The latterpoint isfundamental whenone wants to simulate inertial onnment fusion(ICF) experiments where thespheri al symmetry plays animportant part in the a ura y of the numeri al solutions. We study the mathemati al stru ture of theP
N
models and onstru t a new numeri al method in the spe ial ase of a one dimensionnalspa e dimension withspheri al symmetryphoton transportproblems.We rstfo usonalineartransportproblemintheva uum. Eveninthissimple ase, itappearsinthe
P
N
equationsgeometri alsour etermsthatarestiintheneighborhoodof
r = 0
and thus hard to dis retise. Existing numeri al methods are not satisfa toryfor multiple reasons : (1) una ura y in the neighborhood of
r = 0
(ux-dip), (2) do not apturesteadystates(well-balan eds heme),(3)nostabilityproof.Followingre ent works, we develop a new well-balan ed s heme for whi h we show theL
2
stability. We then extend the s heme for photon transport problems within a no moving media, the linear Boltzmann equation, and interest ourselves on its behaviorin the diusion limit (asymptoti -preservingproperty).
Inase ond part,we onsiderradiationhydrodynami s problems.Sin emodelisation oftheseproblemsisstill underdis ussioninthelitterature,we ompare asetofexisting modelsbymeanof mathemati al analysisandestablisha hierar hy. For ea hmodel,we fo uson the following mathemati al properties :(1)energy and impulsion onservation, (2) a ura y of the omobile ee ts, (3) existen e of a mathemati al entropy and (4) behavior inthe diusion limit. Ourstudy redu es to laboratoryframe models and we arestillinterestedinthe
P
N
approximationofthetransportoperator.Weidentifydefe ts inentropystru ture of existingmodels andpropose anentroy orre tion whi hleads toANALYSE MATHÉMATIQUE ET NUMÉRIQUE DE MODÈLES
P
N
POUR LA SIMULATION DE PROBLÈMES DE TRANSPORT DE
PHOTONS
Résumé
La résolution numérique dire te des problèmes de transport de photons en intera -tion ave un milieu matériel est très oûteuse en mémoire et temps CPU. Pour pallier e problème, une appro he onsiste à onstruire des modèles réduits dont larésolution est moins oûteuse. La littérature abonde de e genre de modèles : modèles aux mo-ments (
M
1
,P
N
), modèles aux ordonnées dis rètes (S
N
), modèles de diusion... Dans ettethèse,nousnousintéressonsauxmodèlesP
N
danslesquelsl'opérateur detransport est appro hé par proje tions surune base tronquée d'harmoniques sphériques. Ces mo-dèles, arbitrairement pré is sur ladimension angulaire, ont l'avantage d'être invariants par rotation (enplusieurs dimensionsd'espa e). Cedernierpoint estprimordial pour la simulation d'expérien es de fusion par onnement inertiel (FCI) où la symétrie sphé-rique joue un rle important dans la pré ision des résultats. Nous étudions don dans ette thèselastru ture mathématiquedesmodèlesP
N
ainsiqueleurdis rétisationdans le as d'unegéométrie1D
sphérique.Nous ommençons par le as du transport linéaire dans le vide. Même dans e as simple,leséquationsdumodèle
P
N
ontiennentdestermessour esd'originegéométrique dont la dis rétisation s'avère déli ate. Jusqu'à présent, les diérents s hémas utilisés étaientinsatisfaisantspourlesraisonssuivantes:(1)mauvais omportement auvoisinage der=0(phénomènede"ux-dip"),(2)nonpréservationdeséquilibresstationnaires,(3) pasde preuve formellede stabilité. Àlalumière deré entstravaux, nousproposons une nouvelle dis rétisationqui apture exa tementles étatsd'équilibre.Nousdémontrons en parti ulier la stabilité en normeL
2
du s héma. Nous étendons par la suite e s héma au asdutransportde photonsdansun milieumatérielgé etnousnousintéressonsau omportement dus héma enlimite diusion(propriété "asymptoti -preserving").
Dans un se ond temps,nous nousintéressonsau ouplage entrerayonnement et hy-drodynamique.Devant l'absen ede on ensussurlesmodèles "transport" d'hydrodyna-miqueradiativeissusdelalittérature,nousétablissonsuneétude omparativede eux- i basée sur leurs propriétés mathématiques. Nous nous intéressons parti ulièrement aux propriétés suivantes : (1) onservation de l'énergie et de l'impulsion, (2) pré ision des eets omobiles, (3) existen e d'une entropie mathématique ompatible et (4) restitu-tion delalimite diusion.Notre étudeseréduit auxmodèles dits "mixed-frame"etune attention parti ulière est toujours portée sur l'approximation "
P
N
" de l'opérateur de transport. Nousidentions desdéfauts ( onservation ou entropie) surdes modèles exis-tants et proposons une orre tion entropique onduisant à un modèleP
N
satisfaisant toutes les propriétés mathématiqueslistées i-dessus.Je tiens tout d'abord àremer ier madire tri ede thèse,Pauline Latte, etmon en- adrant au CEA, Cédri Enaux, pour l'investissement dont ils ont fait preuve pendant es troisans de thèse. Je les remer ie également pour leur ours respe tifsen troisième annéed'é ole qui m'ont ré on ilié ave l'enseignement des mathématiques en ursus in-génieur et qui m'ont en ouragé à poursuivre mes études dans la voie de la simulation numérique.Plusparti ulièrement,jeremer ieCédri poursonen adrementauquotidien, sapédagogieetpourm'avoirtoutappris on ernantlesaspe ts on retsdelasimulation numérique. Je remer ie Pauline pour sa disponibilité, pour m'avoir transmis sa ulture s ientique, voire philosophique, pour ses onseils toujours avisés et pour avoir pris en hargelesaspe tsadministratifsdemathèse.Je lesremer ieégalementpourleuré oute, leur patien e (et dieu sait qu'il en faut pour m'é outer) et leurs qualités humaines qui ont largement ontribué auplaisir quej'ai eu àtravailler àleur té.
Jeremer ie ensuitetouslesmembresdujurydemasoutenan e,ChristopheBerthon, Xavier Blan , François Bou hut, Bruno Després et Mohammed Lemou. En parti ulier, je remer ie Christophe Berthon et Xavier Blan pour avoir a epté de rapporter mon travailetBruno Despréspour avoir endossé lerle deprésident dujury.
Jevoudraisaussiremer ierHervéJourdrenpoursona ueilauseindesonlaboratoire au CEAetpour ses rapideshistoriques del'hydrodynamiqueradiativeentre autres. Je remer ie également Bruno Sheurer pour m'avoir a ueilli dansson unité et pour ses onseils.Enn,mer iàtouslesdeuxpourleurstravauxderele tures,pourl'intérêtqu'ils ont portéà mestravauxet pour la onan equ'il meportepour l'après-thèse.
Jeremer ie toutlepersonneladministratifduCEAetde l'é oleCentraleSupéle :au CEA, Isabelle Visotto, Éliane Ri hard, Stéphanie Perrot, Brigitte Sadoule, et à l'é ole CentraleSupéle Catherine Lhopital, Emmanuelle Coplo et Suzanne Thuron. Pour les aspe tslogistiquesàl'espa eTerate auCEA, jeremer ieaussiThaoLe etDenisLubin. Enn, je remer ie toute la ne équipe de do torants et de stagiaires o asionnels du Terate (pas la boîte de nuit mais le ampus d'entreprises) au CEA sans qui es trois années de thèse auraient été beau oup moins drle. Travailler à leurs tés a été unréel plaisir au quotidien etune sour e d'enri hissement s ientique et ulturel. Mais je tiens surtout à les remer ier pour la bonne ambian e et pour tous es moments un peu moinssérieux qui ont souvent égayé mes journées. C'est ave une grande nostalgie et une larmi hette au oin de l'÷il que je m'en vais vers d'autres horizons et que je èdele trne de l'open-spa e; maisattention, je ne seraijamais très loin... Mer i don ,
Emmanuelle (spé imen rare de hromosomes XX), Hugo T. et B., Consalf he, Julien, Daking, Hoby et Rémy Baby, Elyès, aux travailleurs de l'extrême Christelle (spé imen rarede hromosomesXX),TonyetGuillaumeetauxan iens Bertrand,Alexandre, Jean-Yves, Jean-Baptiste,Sébastien.
Mer i à Ni olasetGuillaume pourleur présen eà masoutenan e.
Laparfaiteraison fuittouteextrémité, Et veutque l'onsoit sageave sobriété. Molière, Le Misanthrope, I,1.
Quedites-vous?...C'est inutile?... Je lesais! Maison ne sebat pasdansl'espoird'unsu ès! Non!non, 'estbienplus beau lorsque 'estinutile! EdmondRostand,Cyranode Bergera , V,6.
Introdu tion 8
1 Généralités sur la modélisation des problèmes de transfert radiatif 13
1.1 Des ription du rayonnement . . . 13
1.2 Modélisationdesintera tions rayonnement / matière . . . 15
1.3 Équations du transfertradiatif . . . 17
1.4 Modèle
P
N
pour letransfert radiatifgris 1Dplan . . . 192 Analyse mathématique et numérique des modèles
P
N
pour l'équation de transport de photonsdans un milieu matériel gé en géométrie1D
sphérique 23 2.1 Analyse mathématique de l'équationde transport . . . 242.2 Constru tion desmodèles
P
N
. . . 282.3 Analyse mathématique desmodèles
P
N
. . . 322.4 Analyse du problèmestationnaire . . . 38
2.5 Dis rétisation desmodèles
P
N
etanalysenumérique . . . 412.6 Approximationsdes étatsstationnaires . . . 49
2.7 Résultats numériques . . . 53
2.8 Modèle detransfert radiatifspe tral . . . 69
2.9 Modèle multigroupe . . . 69
2.10 Modèle
P
N
multigroupe . . . 702.11 Dis rétisation . . . 71
3 Analyse mathématiqueet hiérar hiede modèles d'hydrodynamique ra-diative 74 3.1 Transformations de Lorentz pourle rayonnement . . . 76
3.2 Modèles lassiques . . . 83
3.2.1 Équationsd'Euler lassiques. . . 83
3.2.2 Modèle detransportspe tral . . . 84
3.2.3 Modèle detransportgris . . . 88
3.2.4 Modèles VEFgris . . . 92
3.2.5 Modèle
P
N
gris . . . 963.3.2 Modèlede transport spe tral . . . 103
3.3.3 Modèlede transport gris . . . 105
3.3.4 Limitesde diusiongrise. . . 107
3.3.5 Modèle
P
1
gris . . . 1093.3.6 Modèle
P
N
gris . . . 112L'étudeee tuéedans ettethèse on erne l'analysemathématiqueetnumériquedes modèles
P
N
pour la simulation de problèmes de transport de photons et d'hydrodyna-miqueradiative.Pluspré isément,ons'intéressedans esproblèmesàl'évolution spatio-temporelle d'une population de photons en intera tion ave le milieu matériel traversé. Lamodélisationde esproblèmesdonnelieuàdessystèmesd'équationsauxdérivées par-tiellesextrêmement omplexesàrésoudreaussibienanalytiquementquenumériquement. Cette omplexitéestnotamment issuedunombre devariablesetdunombred'équations intervenant dansles systèmesainsique delastru ture mêmede eux- i ( ouplages, non linéarités,termesintégro-diérentiels).Lesinfrastru turesinformatiquesa tuellesne per-mettentpasd'obtenirdessolutions susammentpré ises viadesrésolutionsnumériques dire tes.Onaalorsre oursàdesmodèlesappro hésquieux,sontplussimplesàrésoudre. LesmodèlesP
N
onstituentunefamille,parmid'autres,detelsmodèlesappro hés.Dans ette thèse,nousétudions esmodèles sousl'angle de l'analysemathématique et propo-sonsdesméthodesnumériquese a espour leur résolution.Avantd'entrerdanslesdétailsmathématiques, nousnousintéressonstoutd'abordau ontextegénéralde ettethèse.Celle- is'ins ritdansle adredelasimulationnumérique d'expérien esde fusionpar onnement inertiel(FCI).Les expérien es deFCIont pour obje tif d'initier la fusion nu léaire au sein d'un mélange de deux isotopes de l'hydro-gène (deutérium et tritium, abrégé DT) au moyen de fais eaux lasers. Cette fusion est obtenue en hauant et en omprimant de manière extrême le ombustible emprisonné dans une mi ro apsule de forme sphérique appelée ible. On distingue deux modes de dépt d'énergie par les lasers :l'attaque dire te et indire te. Dans l'attaque dire te, la ibleestdire tementsoumiseauxfais eauxlasers.Dansl'attaqueindire te,lesfais eaux lasers hauent tout d'abord un onteneur ylindrique entourant la ible qui transmet alors sonénergieà ette dernière sousforme de rayonnements X.Quel quesoit lemode de dépt d'énergie hoisi,la ompression du DTau entrede la ible se faitpar onser-vation de l'impulsion(eet fusée). Siles onditions thermodynamiques sont susantes, une réa tionde fusionapparaît. Onappelle alors onditions d'ignition les onditions re-quises pour que ette première réa tion de fusion entraîne une fusion auto-entretenue. Undespoints apitaux àl'optimisation du rendement énergétiquedesexpérien esde la FCIestlarédu tiondesinstabilitéshydrodynamiquesapparaissantauseindudispositif. Ces instabilités sont notamment issues de lanon uniformité du dépt d'énergie ee tué parleslaserssurla ible.PlusieursdispositifsdeFCIexistentdanslemonde. Parmieux,
joule) en Fran e. Ces dispositifs permettent d'obtenir des résultats expérimentaux an d'éprouver les méthodesnumériques simulant laFCI. Ces méthodes numériques onsti-tuent un grand hallenge puisqu'elles doivent oupler plusieurs modèles physiques pour simuler orre tement tous les phénomènes intervenant dans l'expérien e : intera tions laser-plasma, hydrodynamique radiative, plasmas, modèles multiuide... Dans le adre de ettethèse,ons'intéresse àlasimulationnumérique deproblèmes d'hydrodynamique radiative. On s'intéresse également aux problèmes, plus simples, de transfert radiatif, où la matière est supposéegée. Un intérêt parti ulier est mis sur ledéveloppement de méthodes numériques robustes qui préservent la symétrie sphérique, qui, omme nous l'avonsvu, est apitale danslesexpérien esde FCI.
On introduit à présent de manière su inte le adre mathématique des problèmes étudiésdans ettethèse.Lesproblèmesdetransportdephotonssontlargementétudiéset sontdé ritsendétailsdans[MWM99℄,[Cha60℄ouen ore[Cas04℄.L'évolutiontemporelle d'une population de photons se modélise ave une équation inétique dont la forme générales'é rit :
1
c
∂
t
u + ω · ∇u = S,
(1)ave
u = u(t, x, ω, ν)
estlafon tion in onnue symbolisant l'intensitéradiative durayon-nement (une dénition rigoureuse sera donnée par la suite). Les quantités
t ∈ [0, +∞[
,x ∈ R
3
,
ω ∈ S
2
et
ν ∈ [0, +∞[
désignent respe tivementlesvariablesde temps,d'espa e,dedire tionetdefréquen e.Onnote
d
ladimensionspatiale etS
2
lasphèreunitéde
R
3
. L'opérateur
S
représente les intera tions desphotonsave lemilieu traversé.L'intensitéu
est une fon tion de7
variables :temps (1
), espa e (3
),dire tion (2
) etfréquen e (1
). En transfertradiatif, l'opérateurS
prendlaforme généralesuivante:S = −σ
t
u + σ
a
B(ν, T ) + σ
s
Z
S
2
u
dω
′
4π
,
(2)où
σ
t
= σ
s
+ σ
a
,σ
a
etσ
s
désignent respe tivement les opa ités totale, d'absorption et de s attering dumilieu etsont desdonnées duproblème. La fon tionB
orrespond àla fon tion de Plan k et dépend de la fréquen eν
et de la température de la matièreT
. L'opérateur de ollisionS
dépend des quantités thermodynamiques propres du milieu. En onséquen e, ondoitfermerlemodèle enajoutant uneou plusieurs équations modé-lisant l'évolutiondynamique etthermodynamique de lamatière. Lorsque lamatière est supposée aurepos( 'est-à-dire àvitesse nulle), ette équationsupplémentaire s'é rit :∂
t
ǫ = −S
E
= −
Z
+∞
0
Z
S
2
Sdωdν,
où
ǫ = ρc
v
T
avec
v
la apa itéthermiquemassiqueetρ
ladensitévolumique dumilieu.En sommant ettedernière équationetlemoment angulaired'ordre
0
del'équation (1), on obtient alors une loi de onservation surl'énergietotaledu système:ave
E = (1/c)
R
S
2
udω
etF =
R
S
2
uωdω
.Enhydrodynamiqueradiative,lamatièren'est plus supposée au repos et l'équation (1) est ouplée aux équations d'hydrodynamique, par exemple leséquations d'Euler :
∂
t
ρ + ∇(ρv) = 0,
∂
t
(ρv) + ∇(ρv ⊗ v + p) = −S
P
,
∂
t
(ρe) + ∇(ρev + pv) = −S
E
,
où
ρ
est la masse volumique du uide,v
sa vitesse,p
sa pression ete = ǫ + v
2
/2
son énergie spé ique totale (interne plus inétique). Le terme sour e
S
P
orrespond aux é hangesd'impulsion entrelerayonnement etlamatière :S
P
=
1
c
Z
+∞
0
Z
S
2
Sωdωdν.
Ensommantl'équationsurl'énergiedusystèmed'Eulerave lemomentangulaired'ordre
0
de (1), onobtient une loide onservation surl'énergietotaledu système:∂
t
(ρe + E) + ∇ · (ρev + pv + F ) = 0.
De même, en sommant l'équation sur l'impulsion du système d'Euler ave le moment angulaire d'ordre
1
de (1), on obtient une loi de onservation sur l'impulsion totale du système:∂
t
(ρv + F/c
2
) + ∇ · (ρv ⊗ v + P ) = 0,
ave
P = (1/c)
R
S
2
uω ⊗ ωdω
.Laformedel'opérateurS
estdetellesortequele ouplageentre le rayonnement etlamatière est fortement non linéaire. La résolution du système omplet par des simulations numériques dire tes est don très di ile. Il est alors né- essaire de développer des modèles appro hés plus simples à résoudre. De nombreuses méthodes existent et une brève hiérar hie de elles- i a été établie dans [Bru02℄. On distingue deux familles de méthodes : les méthodes probabilistes (Monte-Carlo), et les méthodes déterministes. Les méthodes Monte-Carlo sont aujourd'hui très utilisées ar elles onstituent desméthodespré ises etfa ilement parallélisables. Leurdéfaut majeur résidedanslefaitqu'elles génèrent dubruitd'origine sto hastique e qui pertubela symétriesphérique desphénomènes physiquesapparaissant en FCI.Parmi lesméthodes déterministes, plusieurs appro hes sont possibles;les modèles basés sur des approxima-tions type diusion, laméthode desordonnées dis rètes (appelée aussiméthode
S
N
) et les modèles auxmoments font partie des méthodes les plus utilisées.Nous dé rivons i i esméthodesen quelquesmots.Le modèleditde diusion,valable uniquement dans un ertain régime, s'obtient en onsidérant le premier moment angulaire de l'équation (1) :∂
t
E + ∇ · F = S
E
,
Dans le régime diusion, dans lequel les phénomènes de ollisions sont prépondérants devantlesphénomènesdetransport,laloideFi kestvériéeenpremièreapproximation
eton a:
F = −(c/3σ
t
)∇E
.Delasorte, onobtient l'équationsuivante:∂
t
E − ∇ ·
c
3σ
t
∇E
= S
E
.
La densité d'énergie radiative vérie alors une équation parabolique dont la résolution numériqueestbeau oupplusabordable que ellede(1).Néanmoins,l'approximation ef-fe tuée i in'est valable quedansun régimebienparti ulier (régime diusion) ets'avère peu pré ise dansles autres régimes (régime transport par exemple). Pour pallier e dé-faut, des orre tions mineures ont été aportées à e modèle; par exemple les modèles basés surlathéoriedeladiusion àuxlimité.Néanmoins, es modèlesne garantissent pas une pré ision susante dans tous les régimes possibles. La méthode desordonnées dis rètes,elle,neprésupposepasdesepla erdansunrégimeparti ulier.Cetteméthode, initialement introduite dans[Cha60℄,reste laplusutiliséeet étudiée parmiles méthodes déterministes. L'idée générale onsiste à supposer laforme suivante pour l'intensité ra-diative
u
:u(t, x, ω, ν) =
N
X
k=1
u
k
(t, x, ω
k
, ν)δ(ω − ω
k
),
(3) où(ω
k
)
1≤k≤N
sontN
dire tions parti ulières et aveδ
la distribution de Dira . De lasorte, l'équation(1) devient un systèmede
N
équations de laforme:1
c
∂
t
u
k
+ ω
k
· ∇u
k
= S
k
.
Les termes intégrauxdans les termes sour essont alors appro héspar desquadratures. Cetteméthoderen ontreunlargesu èsdeparsasimpli itéd'implémentation et d'opti-misation.Ellesoure ependantd'undéfautmajeurbien onnu,leseetsderaies,qui apparaissentlorsquel'on sepla eendimension d'espa esupérieureà
1
.Dansle adrede lasimulationd'expérien edeFCIoùlasymétriesphérique joueunrle prépondérant, e défautnous ontraintàre her herdesméthodesplusadaptées.LesmodèlesP
N
sont,eux, uneformeparti ulièredemodèlesauxmoments.Ceux- isebasentsurunedé omposition de l'intensité radiativeu
sur une base tronquée de fon tions d'harmoniques sphériques. L'avantagedes modèlesP
N
réside danslefait qu'ilssont arbitrairement pré isen angle etqu'ilsdonnent lieu àdessystèmes linéaires.Deplus, ilsn'introduissent pasde pertur-bationàlasymétriesphérique.C'estdon sur esmodèlesqueseportenotreétudedans le adre de ette thèse.Dans ettethèse,onmetdon l'a entsurladis rétisationdesmodèles
P
N
en géomé-trie1D
sphérique. La littérature à proposdesmodèlesP
N
estpeu fournie;lorsque l'on se pla e en géométrie1D
sphérique les résultats sont rares ([Mar47℄, [RW67℄, [Deb67℄). Demanièregénérale, lemodèleP
N
s'é ritsouslaformed'un systèmede loisde bilande taille deN + 1
de laforme:1
c
∂
t
U + A∂
r
U +
1
r
GU = −σ
t
U + σ
s
JU + Q.
On distingue dans e système un terme sour e formé de deux ontributions. Le terme
tiellement raides:le terme géométrique devient raide au voisinage de
r = 0
et leterme physique est raide lorsqueσ
devient grand, e qui est fréquent dansles appli ations. Il fautdon être apable de onstruire unedis rétisation defaçon àêtrepré ismême dans les régimes où es termes sour es deviennent raides. On parle alors de s héma asymp-toti preserving lorsque l'erreur de onsistan e de la dis rétisation est onsistante ave le développement asymptotique à l'ordre1
de l'équation dans la limite onsidérée. La dis rétisationdessystèmes hyperboliques ave termesour e raideestun problèmequi a été très étudié ré emment ([JL96℄, [GT02℄). Ces s hémas sont appelés s hémas préser-vant l'asymptotique. De ré ents travaux ont montré que, dans ertains as, il sut de onstruireuns hémabienéquilibré(abrégéWBpourwell-balan ed),i.e.qui apture exa tement les solutions stationnaires, pour obtenir un s héma préservant l'asympto-tique (abrégé s héma AP pour asymptoti preserving). C'est l'appro he que nous avons retenue dans ette thèse: ontruire uns héma WBpour lesystèmeétudié.Le premier hapitre de ette thèse est dédié à quelques rappels de modélisation à proposdes problèmes de transport de photons. On ommen e par dénir les grandeurs dé rivant unepopulationde photonssedéplaçant dansl'espa e.Onintroduitensuiteles diérents types d'intera tions que peuvent avoir es photons ave le milieu traversé et ondénitdesnotationsadaptées.Onnitpardériverl'équationde transfertmodélisant l'évolutiontemporelled'unepopulationdephotonsenintera tionave lemilieutraversé. Dans le deuxième hapitre, on rappelle les propriétés satisfaites par les solutions de l'équationde transportlinéaire en géométrie
1D
sphérique. Puis,on onstruit lemodèleP
N
asso iéetonpro èdeàsonanalysemathématique.En parti ulier,on s'intéresseaux propriétés onservées par passage de l'équation de transport au modèleP
N
. On étu-die ensuite les états stationnaires du modèleP
N
avant de onstruire un s héma bien équilibrépour lesystème étudié.Enn, on pro èdeà l'analysenumérique du s hémaen regardant lespropriétésde onservation,le ara tèreWB,le ara tèreAPetlastabilité. On omplètenotreétudepar quelquesrésultatsnumériques illustrant lespropriétés pré- édenteseton ompare lesrésultatsobtenus ave dessimulationsissuesdelalittérature. Ons'intéresseenn auxéquations dutransfert radiatif, 'est-à-direà laprise en ompte du ouplage non linéaire à la matière et de la dimension fréquentielle. Une extension multigroupeàtroistempératures(ions,éle trons,rayonnement)dus hémaestproposée. Le troisième hapitre est dédié à l'étude mathématique des modèles d'hydrodyna-mique radiative. Partant du onstat qu'il n'existe pas de onsensus dans la littérature surle hoix du modèle à dis rétiser, on fo alise notre étudeau asd'une géométrie1D
plane.Ondresseensuiteune hiérar hienonexhaustive demodèlesdits mixed-frame. On ompare lesmodèles suivantles propriétés qu'ilssatisfont : onservationde l'énergie etdel'impulsion,ordredepré isionenv/c
deseets omobiles,pré isionangulaire, om-portement en limite diusion et existen e d'une stru ture entropique. On identie des défauts sur des modèles existants ( hoix entre onservation et entropie) et on propose de nouveaux modèles basés sur l'approximationP
N
. Ces nouveaux modèles possèdent toutes lespropriétés listéesplus haut.Généralités sur la modélisation des
problèmes de transfert radiatif
Dans e hapitre, on rappelle quelques éléments de modélisation des problèmes de transfertradiatif. Onprésente toutd'abordleformalismemathématique utilisépour dé- rireunrayonnement lumineux.Ons'intéresseensuiteàlamodélisationdesintera tions entre un rayonnement et un milieu matériel au repos, i.e.à vitesse nulle. Puis, à l'aide d'un bilan d'énergie, on dérive les équations du transfert radiatif. Celles- i forment un systèmefermé dedeuxéquations régissant ladistributiondesphotonsetlatempérature de lamatière.Dansun assimplié, onprésenteensuiteunefamille demodèles,appelés modèles
P
N
,basés sur une dé omposition en harmoniques sphériques de ladistribution de photonsetappro hant les équations dutransfert radiatifdanslalimiteN → ∞
. En-n,ons'intéresseauxtransformationsdeLorentzpourlerayonnementandeprendreen ompteleseetsd'entraînementsapparaissantdanslesintera tionsrayonnement/matière lorsque lamatière n'est pasaurepos.Dans tout e hapitre, la modélisation adoptée est limitée au adre suivant, déni dans [RSUR13℄ :(1) on suppose que la densité de photons est susamment grande de tellesorte qu'ilsoit possible de al uler desmoyennessansquel'erreur sto hastique soit trop élevée, (2) les eets d'interféren e sont négligés, i.e.les photons sont in ohérents, (3) onnéglige lesphénomènes de dira tionetde réexion desphotons, (4) onsuppose quelalumièren'estpaspolarisée,(5)lesphotonssedépla entàlavitesse
c
delalumière danslevide quel quesoit lemilieu matérieltraversé.On adopte en outre les onventions mathématiques suivantes. La variable de temps est notée
t ∈ [0, +∞[
etlavariable d'espa ex ∈ R
d
,où
d = 1, 2, 3
désigne la dimensiond'espa e. On note
S
2
la sphère unitédeR
3
etω ∈ S
2
la variable angulaire. La variable de fréquen eest notée
ν ∈]0, +∞[
.1.1 Des ription du rayonnement
Dans ettepartie,ondénitlesquantitésné essairespourdé rirelerayonnement.Le hapitre6 de[MWM99℄introduit esnotions demanièrepré ise.Onprésentedans ette
onstitué d'une population de parti ules, les photons, sedéplaçant en ligne droite à la vitessede lalumière
c
.Dénition 1.1. Soit
δN
le nombre de photons ontenus à l'instantt
dans un volumedx
autourd'unpointx
,sedéplaçantà lavitessec
dansunanglesolidedω
autourd'une dire tionω
etde fréquen e omprise dansun intervalle[ν, ν + dν[
.Ondénit ladensité dephotonsψ
par l'égalité:δN = ψ(x, t, ω, ν)dωdνdx.
(1.1)Dénition 1.2. Soit
δE
la quantité d'énergie transportée dans un intervalle de temps[t, t + dt[
àtraversune surfa edS
autourd'unpointx
,par lesphotons sedéplaçant àlavitesse
c
dansunanglesolidedω
autourd'unedire tionω
etdefréquen e omprisedans unintervalle[ν, ν + dν[
.Ona alors :δE = chνψ(x, t, ω, ν)hω, dSidωdνdt,
(1.2)où
h
désigne la onstantedePlan k.Ondénitalors l'intensitéradiativeI
parl'égalité:I(x, t, ω, ν) = chνψ(x, t, ω, ν).
(1.3)L'intensitéradiative fournit unedes ription inétique omplète durayonnement. Ses moments angulaires su essifs possèdent quant à eux une signi ation physique bien parti ulière ommelemontrent lesdénitions i-dessous.
Dénition1.3. Ondénit ladensitéd'énergie radiativemono hromatique
E
ν
telleque laquantité d'énergie ontenue à l'instantt
dansun volumedx
autourd'unpointx
,par lesphotons defréquen e omprise dansunintervalle[ν, ν + dν[
soit égale àE
ν
dxdν
.On aalors d'après(1.1) :E
ν
(x, t, ν) =
Z
S
2
hνψ(x, t, ω, ν)dω =
1
c
Z
S
2
I(x, t, ω, ν)dω.
(1.4)Demême,ondénitladensitéd'énergieradiativetotale
E
tellequelaquantité d'énergie ontenue à l'instantt
dans volumedx
autour d'un pointx
,par la totalité des photons soit égaleàEdx
.Onaalors d'après(1.1) :E(x, t) =
Z
+∞
0
I
4π
hνψ(x, t, ω, ν)dωdν =
1
c
Z
+∞
0
Z
S
2
I(x, t, ω, ν)dωdν.
(1.5)Dénition 1.4. Ondénit leve teur ux d'énergie radiative mono hromatique
F
ν
tel quelaquantitéd'énergie transportée dansunintervalle detemps[t, t + dt[
àtravers une surfa edS
autourd'unpointx
,parlesphotonsdefréquen e omprisedansunintervalle[ν, ν + dν[
soit égale àhF
ν
, dSidtdν
.Ona alors d'après(1.1) :F
ν
(x, t, ν) =
Z
S
2
chνψ(x, t, ω, ν)ωdω =
Z
S
2
I(x, t, ω, ν)ωdω.
(1.6)Demême,ondénitleve teuruxd'énergieradiativetotal
F
telquelaquantitéd'énergie transportée dans un intervalle de temps[t, t + dt[
à travers une surfa edS
autour d'un pointx
,par latotalité desphotons soitégale àhF, dSidt
. Onaalors d'après(1.1) :F (x, t) =
Z
+∞
0
Z
S
2
chνψ(x, t, ω, ν)ωdωdν =
Z
+∞
0
Z
S
2
I(x, t, ω, ν)ωdωdν.
(1.7) En outre, laquantité(1/c
2
)F
représentela densité d'impulsion radiative portée par les photons.
Dénition 1.5. Ondénitletenseurdepressionradiative mono hromatique
P
ν
telque la quantité d'impulsion transportée dans un intervalle de temps[t, t + dt[
à travers une surfa edS
autourd'unpointx
,par lesphotonsdefréquen e omprise dansunintervalle[ν, ν + dν[
soit égaleàP
ν
: dSdtdν
.On aalors d'après(1.1) :P
ν
(x, t, ν) =
Z
S
2
hνψ(x, t, ω, ν)ω ⊗ ωdω =
1
c
Z
S
2
I(x, t, ω, ν)ω ⊗ ωdω.
(1.8)Ondénit letenseur depression radiativetotal
P
tel quelaquantité d'impulsion trans-portéedansun intervalle detemps[t, t + dt[
àtravers une surfa edS
autourd'unpointx
, parla totalitédesphotons soit égale àP : dSdt
.On aalors d'après(1.1) :P (x, t) =
Z
+∞
0
Z
S
2
hνψ(x, t, ω, ν)ω ⊗ ωdωdν =
1
c
Z
+∞
0
Z
S
2
I(x, t, ω, ν)ω ⊗ ωdωdν.
(1.9)1.2 Modélisation des intera tions rayonnement / matière
Dans ette se tion, on étudie omment le rayonnement interagit ave la matière. En ore une fois, on propose un brefrésumé du hapitre 6 de [MWM99℄ où es notions sont introduites ave pré ision. On dénit tout d'abord les quantités né essaires pour dé rire esintera tions dansle adregénéral.Puis,onétudieplusparti ulièrement le as où la matière est au repos, i.e. à vitesse nulle. Le as où la matière est en mouvement sera étudié pré isement danslase tion3.1.
Dénition 1.6. Soit
δE
la quantité d'énergie absorbée dans un intervalle de temps[t, t + dt[
,parunvolumedematièredelongueurdℓ
,dese tiondS
situéautourd'unpointx
,orientéperpendi ulairement àunrayonnement sepropageant dansunanglesolidedω
autourd'unedire tionω
,dansunebandedefréquen e[ν, ν + dν[
.Ondénitle oe ient d'extin tionχ = χ(x, t, ω, ν)
par l'égalité :δE = χ(x, t, ω, ν)I(x, t, ω, ν)dℓdSdωdνdt.
(1.10)Dénition1.7. Soit
δE
laquantitéd'énergieémisedansunintervalledetemps[t, t+dt[
, par unvolume de matière delongueurdℓ
,de se tiondS
situé autourd'unpointx
,dans unanglesolidedω
autourd'unedire tionω
,dansunebandedefréquen e[ν, ν + dν[
.On dénit le oe ient d'émissionη = η(x, t, ω, ν)
par l'égalité :etlerayonnement :l'émission/absorptionetles attering. Dansle premier as, l'énergie durayonnement est absorbée par lamatière au protde sonénergie interne; 'est l'ab-sorption. L'émission estle pro essus inverse :l'énergieinterne de lamatière estextraite et onvertie en énergieradiative. Le s attering est le phénomène danslequel un photon in ident de dire tion
ω
et de fréquen eν
est absorbé et réémis instantanément par la matièreave unedire tionω
′
etunefréquen e
ν
′
diérentes.Le hangementdedire tion etle dé alage en fréquen e sont déterminés par un noyau de s attering. Contrairement à l'émission/absorption, au un transfert d'énergie n'a lieu entre le rayonnement et la matièrelors du s attering d'unphoton.
Dénition 1.8. On dénit, et on note
χ
a
= χ
a
(x, t, ω, ν)
etη
a
= η
a
(x, t, ω, ν)
, les oe ients d'extin tion et d'émission asso iés au pro essus d'émission/absorption. De même, on dénit, et on noteχ
s
= χ
s
(x, t, ω, ν)
etη
s
= η
s
(x, t, ω, ν)
, les oe ients d'extin tion etd'émissionasso iés aupro essus des attering. Ona alors leségalités :χ(x, t, ω, ν) = χ
a
(x, t, ω, ν) + χ
s
(x, t, ω, ν),
(1.12)et
η(x, t, ω, ν) = η
a
(x, t, ω, ν) + η
s
(x, t, ω, ν).
(1.13)On s'intéresse à présent aux expressions des oe ients d'extin tion et d'émission dansle asparti ulier oùlamatière estaurepos(i.e.vitessenulle)àl'équilibre thermo-dynamiquelo al(ÉTL).
Propriété 1.1. Lorsquelamatière estau reposàl'ÉTL, les oe ientsmatériels d'ex-tin tion
χ
,χ
a
etχ
s
sont isotropes (i.e. indépendants de la dire tionω
) ets'identient auxopa itésdu matériau:χ
a
= σ
a
,
χ
s
= σ
s
,
χ = σ
t
= σ
a
+ σ
s
,
(1.14)ave
σ
t
= σ
t
(x, t, ν)
,σ
a
= σ
a
(x, t, ν)
etσ
s
= σ
s
(x, t, ν)
respe tivement lesopa itéstotale, d'absorptionetdes attering delamatière.Lesvaleursde esdernièressontdonnéessoit par des formules analytiques, soit par des tables d'opa ités empiriques ou fournies par des odesde physique atomique.Propriété 1.2. Lorsque la matière est au repos à l'ÉTL, les oe ients d'émission
η
a
etη
s
sont isotropesetdonnés par lesexpressions suivantes :η
a
= σ
a
B,
η
s
= σ
s
hIi,
(1.15)où on a noté
h.i
l'opérateur moyenne surS
2
,
B = B(ν, T )
la fon tion de Plan k (ouplan kienne) et
T = T (x, t)
la température de la matière. La fon tion de Plan k re-présente l'intensité radiative durayonnement émisspontanément par un orps noirà la températureT
etestdéniepar :B(ν, T ) =
2hν
3
c
2
(e
hν
où
h
etk
sont les onstantes de Plan k et de Boltzmann. On note, en outre, qu'on a ee tué l'hypothèse d'un s attering isotrope et ohérent, 'est-à-dire que le photon in ident ne subit pas de hangement de fréquen e et quesa dire tion de réémission est distribuée uniformément surla sphèreS
2
.
Remarque 1.1. Les hypothèses d'équilibre thermodynamique lo al et du s attering iso-trope ohérent sontimpli itement supposées dans toute la suite dudo ument.
Propriété 1.3. Le rayonnement émis par un orps noir à latempérature
T
,dont l'in-tensitéestdonnéepar lafon tionde Plan k, vérielaloide Stefan:ladensitéd'énergie rayonnéeest proportionnelleàT
4
etvaut1
c
Z
+∞
0
I
4π
B(ν, T )dωdν = aT
4
,
a =
8π
5
k
4
15c
3
h
3
.
(1.17) La onstantea
estappelée onstante radiative.1.3 Équations du transfert radiatif
L'équation de transfert est l'équation qui régit l'évolution de l'intensité radiative
I
. La méthode de dérivation de ette équation est présentée dans [MWM99℄, 76. L'idée généraleestd'ee tuer unbiland'énergieradiativedansunintervalledetemps[t, t + dt[
, dans un volume de longueurdℓ
, de se tion droitedS
autour d'un pointx
, transportée dans un angle solidedω
autour d'une dire tionω
normale àdS
, dans une bande de fréquen e[ν, ν + dν[
.Par onservation de l'énergie totale, ladiéren e entrelaquantité d'énergie sortant duvolume enx + dx
àt + dt
etlaquantité d'énergie rentranteenx
àt
est égale à la diéren e entre quantité d'énergie émise et quantité d'énergie absorbée parlamatièredanslevolumependantl'intervalle detemps[t, t + dt[
.Formellement, ela s'é rit à l'aidede (1.2),(1.10) et(1.11) :(I(x + dx, t + dt, ω, ν) − I(x, t, ω, ν))dSdωdνdt
= (η(x, t, ω, ν) − χ(x, t, ω, ν)I(x, t, ω, ν))dℓdSdωdνdt.
(1.18)En divisant les deuxmembrespar
dℓdSdωdνdt
, ilvient ave l'égalitédℓ = cdt
:1
c
∂
t
I + ω · ∇I = η − χI.
(1.19)Cettedernière équationestlaforme généralede l'équationde transfert.C'estune équa-tionde transportave termesour e quidé rit, danssonmembre degau he,letransport d'énergieradiative auseindudomaineet,danssonmembrededroite,lesé hanges éner-gétiques ave lamatière. Telle qu'on l'a é rite, (1.19) est valable que lamatière soit au repos ou non, puisqu'on n'a pas pré isé les expressions des termes sour es. Dans le as où lamatière estau repos,leterme sour e général
η − χI
de(1.19) seréé rità l'aidedeη(x, t, ω, ν) − χ(x, t, ω, ν)I(x, t, ω, ν) = σ
a
(x, t, ν)[B(ν, T (x, t)) − I(x, t, ω, ν)]
+ σ
s
(x, t, ν)
I
S
2
I(x, t, ω
′
, ν)
dω
′
4π
− I(x, t, ω, ν)
.
(1.20) Onvoitquel'équationdetransfertest oupléeàlamatièreparl'intermédiairedesopa itésσ
a
,σ
s
et de la températureT
.Les opa ités sont données par des formules analytiques, ou destables de valeurs, qui dépendent de la massevolumique et de latempérature de la matière. La seule équation (1.19) ave (1.20) ne dénit pas un système fermé. Il est né essaired'ajouter uneéquation supplémentaire régissantlatempérature delamatière dans le milieu. D'après le premier prin ipe de la thermodynamique, on a l'équation suivante :∂
t
ε = q,
q(x, t) = −
Z
+∞
0
I
4π
σ
a
(x, t, ν)[B(ν, T (x, t)) − I(x, t, ω, ν)]dωdν,
(1.21)où
ε = ε(x, t) = ρc
v
T
est la densité d'énergie interne de la matière etq
la quantitéde haleur (d'énergie) transmise par unité de temps du rayonnement à la matière. En outre,
ρ
etc
v
sont onnuesetdésignentrespe tivementlamassevolumiqueetla apa ité thermique spé ique de la matière. Les équations (1.19) (ave terme sour e (1.20)) et (1.21)sont appeléeséquations dutransfertradiatifetforment lesystèmefermé suivant:
1
c
∂
t
I + ω · ∇I = η − χI,
∂
t
(ρc
v
T ) = q,
(1.22)où
η − χI
etq
sont respe tivement donnés par (1.20) et (1.21). En intégrant l'équationdetransfertenfréquen esetenappro hant lesopa itésspe trales,i.e.dépendantesdela fréquen e,parleurmoyennesurtoutlespe tre,onobtient lesystèmesuivantmodélisant letransfertradiatif gris,i.e.moyenné en fréquen e:
1
c
∂
t
I + ω · ∇I = σ
a
ac
4π
T
4
− I
+ σ
s
(hIi − I),
∂
t
(ρc
v
T ) = −σ
a
c(aT
4
− 4πhIi),
(1.23)où
I = I(x, t, ω)
désigne i i l'intensité radiative intégrée en fréquen es et où on a notéh·i
l'opérateur moyenne surS
2
de sorte qu'i i
hIi
désigne lamoyenne deI
surtoutes les dire tionsω
. Deplus,σ
a
etσ
s
représentent respe tivement les moyennes en fréquen es desopa itésspe tralesσ
a
etσ
s
.Onavupré édemment quelesmomentsangulairesdel'intensité radiativepossèdent uneinterprétationphysiqueparti ulière.Ilenestdemêmepourlesmomentsangulairesde l'équationdetransfertquel'onprésente i-dessous.Lesdeuxpremiersmoments,l'énergie etl'impulsion,intégrés enfréquen e de(1.19) s'é rivent :
∂
t
E + ∇ · F =
Z
+∞
0
Z
S
2
[η(ω, ν) − χ(ω, ν)I(ω, ν)]dωdν,
(1.24)1
c
2
∂
t
F + ∇ · P =
1
c
Z
+∞
0
Z
S
2
[η(ω, ν) − χ(ω, ν)I(ω, ν)]ωdωdν.
(1.25)Ces deux équations sont respe tivement des lois de bilan pour la densité d'énergie et la quantité de mouvement radiatives. En parti ulier, les termes sour esreprésentent les é hanges de es grandeurs physiques entre la matière et le rayonnement. On introduit alors, identiquement à[Cas04℄, hapitre 6,lesquantitéssuivantes.
Dénition 1.9. On dénit, et on note
G
0
et
g
, les quantités d'énergie et d'impulsion transmises delamatière aurayonnement par unitéde volume etde temps (à unfa teur1/c
près).D'après (1.24) et(1.25), elles- i s'expriment :G
0
(x, t) =
1
c
Z
+∞
0
Z
S
2
[η(x, t, ω, ν) − χ(x, t, ω, ν)I(x, t, ω, ν)]dωdν,
(1.26)g(x, t) =
1
c
Z
+∞
0
Z
S
2
[η(x, t, ω, ν) − χ(x, t, ω, ν)I(x, t, ω, ν)]ωdωdν.
(1.27)Propriété 1.4. Dansle asparti ulier où la matière estau repos, les expressions pour
G
0
etg
seréé rivent ave (1.14) et(1.15) :G
0
(x, t) =
1
c
Z
+∞
0
σ
a
(x, t, ν)[4πB(ν, T (x, t)) − cE
ν
(x, t, ν)]dν,
(1.28)g(x, t) = −
1
c
Z
+∞
0
σ
t
(x, t, ν)F
ν
(x, t, ν)dν.
(1.29)Ces expressions se simplient dans l'approximation grise, i.e moyennée en fréquen e, pour devenir:
G
0
(x, t) = ¯
σ
a
(x, t)[aT (x, t)
4
− E(x, t)],
(1.30)g(x, t) = −
1
c
σ
¯
t
(x, t)F (x, t),
(1.31)où
σ
¯
a
etσ
¯
t
désignent les moyennesd'opa ités sur toutlespe tre defréquen e.1.4 Modèle
P
N
pour le transfert radiatif gris 1D planLa méthode
P
N
estune méthode d'approximation del'opérateur de transportbasée surla proje tion de elui- isurune basetronquée d'harmoniques sphériques. Cette mé-thode peut don s'appliquer dès que le problème ren ontré fait intervenir l'équation de transport(photonique,neutronique,transportdeparti ulesetbiend'autres);autrement dit, ellen'est paspropreau problèmede transfertradiatif. Uneprésentation généralede la méthode est exposée dans [Bru00℄ et [Bru02℄. L'appli ation de la méthodeP
N
pour le transfertradiatif faitl'objet d'unprojet prospe tif mené au CEAdepuis 2009, qui se dé linesous laforme d'unesu essionde travauxde stagessurles sujetssuivants:s hémas
P
N
expli ites et impli ites Asymptoti Preserving pour le transfert radiatifen1D
plan,extensions de laméthode
P
N
aux as1D
sphérique et2D
axisymétrique, adaptation dela méthodeP
N
à desar hite tures hybrides (CPU/GPU), extension de laméthodeP
N
aumultigroupe,étude dess hémas
P
N
d'ordresélevés.Dans ette se tion, on rappelle brièvement la théoriemathématique etla dérivation du modèle
P
N
1Dplanpour les équationsdu transfert radiatifgris. Comme onse pla een géométrie1Dplane,onnote,dans ettese tion,x ∈ R
lavariabled'espa eetµ ∈ [−1, 1]
lavariable de dire tion tellequeµ = n · e
x
, oùe
x
est le ve teur unitaire orthogonal au planinvariant. Lesystème étudié,dont onveuté rire lemodèleP
N
asso ié, s'é rit :
1
c
∂
t
I + µ∂
x
I = σ
a
(x, t)
h ac
4π
T
4
(x, t) − I(x, t, µ)
i
+ σ
s
(x, t)
Z
1
−1
I(x, t, µ
′
)
dµ
′
2
− I(x, t, µ)
,
∂
t
(ρc
v
T ) = −4π
Z
1
−1
σ
a
(x, t)
h ac
4π
T
4
(x, t) − I(x, t, µ)
i dµ
2
.
(1.32)Le modèle
P
N
1D planestobtenu par proje tion del'équation de transfertdes photons surlabase orthonormée despolynmesde Legendre,notésP
n
.La proje tion surunde eséléments donne :1
c
∂
t
I
n
+ 4π
Z
1
−1
µP
n
(µ)∂
x
I
dµ
2
= σ
a
[acT
4
δ
n,0
− I
n
] + σ
s
4π
Z
1
−1
I(x, t, µ
′
)
dµ
′
2
δ
n,0
− I
n
(1.33) oùI
n
estlen
-ième oe ient deI
danslabaseorthonormée despolynmesdeLegendre normés,aussiappelén
-ième moment :I(x, t, µ) =
+∞
X
n=0
I
n
(x, t)P
n
(µ),
I
n
(x, t) = 4π
Z
1
−1
I(x, t, µ)P
n
(µ)
dµ
2
.
(1.34) L'approximationP
N
onsiste à onsidérer omme nuls les moments d'ordres supérieurs àN
.Celaforme la onditionde fermeture :∀n > N,
I
n
= 0,
(1.35)quipermetde tronquerlasommeinnie en une sommede
N + 1
éléments :I(x, t, µ) 7→
N
X
n=0
I
n
(x, t)P
n
(µ).
(1.36)Enutilisant larelation de ré urren esurles polynmesdeLegendre normés
µP
n
(µ) =
nP
n−1
(µ) + (n + 1)P
n+1
(µ)
p
(2n − 1)(2n + 1)
,
1
c
∂
t
I
n
+ ∂
x
"
nI
n−1
+ (n + 1)I
n+1
p
(2n − 1)(2n + 1)
#
= σ
a
[acT
4
δ
n,0
− I
n
] + σ
s
[I
0
δ
n,0
− I
n
].
(1.38)ou en ore,en notation ve torielle:
1
c
∂
t
u
+ A∂
x
u
= (σ
a
[acT
4
− I
0
], −σ
t
I
1
, . . . , −σ
t
I
N
)
t
,
(1.39) aveu
= (I
0
, . . . , I
N
)
t
et
A
lamatri e onstante, réelle, symétrique, detaille(N + 1) ×
(N + 1)
,déniepar :A
i,j
=
j + 1
p
(2j + 1)(2j + 3)
δ
j,i−1
+
i + 1
p
(2i + 1)(2i + 3)
δ
j,i+1
= A
j,i
.
(1.40)
Le systèmetotal estobtenu par la ombinaison de (1.39) etde(1.21) :
1
c
∂
t
u
+ A∂
x
u
= (σ
a
[acT
4
− I
0
], −σ
t
I
1
, . . . , −σ
t
I
N
)
t
,
∂
t
(ρc
v
T ) = −σ
a
[acT
4
− I
0
].
(1.41)Lemodèle
P
N
1Dplan(1.41)est onstituéd'unsystèmedetailleN +1
oupléàl'équation de lamatière, e quiporteàN + 2
latailledu systèmetotal. Lesystèmeestunsystème deloisde onservation(SLC)ave termessour es.Samatri eja obienneA
est onstante, e qui onfèrelapropriété de linéaritéau SLChomogène (i.e.sanstermes sour es) :1
c
∂
t
u
+ A∂
x
u
= 0.
(1.42)L'étude delastru ture propredelamatri e
A
estee tuéedans[Bru00℄etonal'égalité suivante:A
. . .P
n
(µ)
. . .
=
. . .nP
n−1
(µ)
√
(2n−1)(2n+1)
+
(n+1)P
n+1
(µ)
√
(2n+1)(2n+3)
. . .
= µ
. . .P
n
(µ)
. . .
,
(1.43)∀µ ∈ [−1, 1],
P
N +1
(µ) = 0,
il vient :les valeurs propres de
A
sont lesN + 1
ra ines réelles distin tesλ
q
du polynmeP
N +1
sur[−1, 1]
,lesve teurspropres àdroite asso iés sont donnéspar
r
q
= (. . . , P
n
(λ
q
), . . . )
t
,
A
étantsymétriqueréelle,lesve teurspropresàdroite etàgau hesont lesmêmes, lamatri eA
estdiagonalisable dansR
,de valeurspropres simples,d'ordre zéro. Eneet,les momentsd'ordre
k > 0
vérient l'équation:1
c
∂
t
u
k
+ ∂
x
(Au)
k
= −σ
t
u
k
,
(1.44) qui se résout indépendamment de la température de lamatièreT
.Le système ara té-ristiquedu ouplage ave lamatière ne s'é rit qu'ave lesmomentsd'ordre zéro:
1
c
∂
t
u
0
+ ∂
x
(Au)
0
= σ
a
(acT
4
− u
0
),
∂
t
(ρc
v
T ) = −σ
a
(acT
4
− u
0
),
(1.45)Analyse mathématique et
numérique des modèles
P
N
pourl'équation de transport de photons
dans un milieu matériel gé en
géométrie
1D
sphériqueOn s'intéresse à l'équation de transport de photons dansun milieu matériel gé en géométrie
1D
sphérique :1
c
∂
t
u + µ∂
r
u +
1 − µ
2
r
∂
µ
u = −σu + σ
s
hui + q,
t > 0,
r ∈ Ω,
−1 < µ < 1,
(2.1)ave
Ω
estunouvertde]0, +∞[
etoùt
,r
,µ
représententrespe tivementlesvariablesde temps,d'espa eetd'angle.Lafon tionin onnueu
représentel'intensitédurayonnement etest delaforme :u : [0, +∞[×Ω×] − 1, 1[ → R
(t, r, µ) 7→ u(t, r, µ),
ave
Ω
l'adhéren edeΩ
dans]0, +∞[
.Onnotec > 0
lavitesse( onstante)delalumière,σ
etσ
s
lesopa itésd'absorptionetdes atteringdelamatièreetq
lasour espontanéede photonsdanslemilieu.Toutes esquantitéssontdonnées.Onsupposequelesopa itésσ
s
,σ
etlasour eq
dépendentdelavariablespatialer
etsontpositivesave0 ≤ σ
s
≤ σ
.On dénitenoutre0 ≤ a = σ
s
/σ ≤ 1
.Lanotationh·i
désigne l'opérateurmoyenneangulaire déniparhf i =
R
1
−1
f (µ)
dµ
2
.La résolution numérique del'équation (2.1),etnotamment lesdi ultésde dis réti-sation deseetsgéométriques,afaitl'objetdeplusieursétudes parlepassé.Laméthode des ordonnées dis rètes est la méthode déterministe la plus ouramment utilisée pour larésolution de(2.1).Dans l'appli ation de ette méthode,l'un desprin ipaux éléments
sur la variable angulaire. Les arti les [RL70℄, [WM91℄, [Lat00℄, [Ma 07℄ proposent à e sujetplusieurs dis rétisations possiblesde eseetsgéométriques. Desrésultatsobtenus via ette méthode,il résultele onstat suivant :quelleque soit ladis rétisationutilisée, unefaiblepré isiondessolutionsnumériquesest onstatéeau entredelasphère(
r = 0
). Cephénomèneest ourammentappeléux-dip.Lapré isiondessolutionsnumériques auvoisinageder = 0
estessentielle pourlasimulation d'expérien edeFCI.On onstate de plusdesphénomènes os illatoires apparaissant au niveau desdis ontinuités de l'opa- ité.I i, notreobje tif est de onstruire une dis rétisationde l'équation (2.1),basée sur laméthodeP
N
,quine faitpasapparaître les défautsde ux-dipetd'os illations des pré édentes méthodes.2.1 Analyse mathématique de l'équation de transport
On onsidère dans ette se tionle problèmeaux valeurs initiales (problème de Cau- hy)formé de (2.1) ave
Ω =]0, +∞[
etd'une onditioninitialede laforme :u(0, r, µ) = u
0
(r, µ),
r > 0,
−1 < µ < 1,
(2.2)ave
u
0
:]0, +∞[×] − 1, 1[→ R
une fon tion donnée. On étudie dans ette se tion les questions d'existen e, d'uni ité et de stabilité de solution pour le problème onsidéré. Dans toute ette se tion, on suppose que la sour e de photons au sein du milieu est nulle, i.e.
q = 0
. Certains résultats restent vrais, ou s'adaptent aisément, dans le as oùq
est non nul. La question de l'existen e etde l'uni ité setraite par laméthode des ara téristiques, méthode parti ulièrement adaptée aux problèmes de transport. Cette méthode onsiste à re her her les ourbes le long desquelles l'équation (2.1) se réé rit omme une équation diérentielle ordinaire. Dans le as du transporten géométrie1D
sphérique,les ourbes ara téristiquessontdénies de lamanière suivante.Propriété 2.1. Ondénit la ourbe ara téristique issuede
(r
0
, µ
0
) ∈]0, +∞[×] − 1, 1[
ommel'unique solutionmaximale surR
duproblème deCau hy:
r
′
= cµ,
µ
′
= c
1 − µ
2
r
,
(2.3)ave la onditioninitiale
r(0) = r
0
,µ(0) = µ
0
.Onaalors :r(t) =
q
r
0
2
+ 2cr
0
µ
0
t + c
2
t
2
,
r(t)µ(t) = r
0
µ
0
+ ct,
t ∈ R.
(2.4)Deplus,l'appli ation
(r
0
, µ
0
) 7→ (r(t), µ(t))
estinversiblepourtoutt ∈ R
etl'appli ation inversible est obtenue par hangement de variablet = −t
dans(2.4). La gure (2.1) re-présente,dansleplan(r, µ)
,quelques ourbes ara téristiquespourdiérentes onditions initiales.0.0
0.2
0.4
0.6
0.8
1.0
r
−1.0
−0.5
0.0
0.5
1.0
µ
Figure 2.1 Quelques ourbes ara téristiques pour l'équation de transport
1D
sphé-rique.Démonstration. Le système diérentiel (2.3) est de la forme
x
′
= f (x)
où
f
est une fon tionlo alementlips hitziennesur]0, +∞[×]−1, 1[
.LethéorèmedeCau hy-Lips hitz assuredon l'existen eetl'uni ité d'unesolutionmaximalepour leproblèmedeCau hy dé rit i-dessus. On note(r, µ)
ette solution. En remarquant que(rµ)
′
= c
, il vient dire tement
r(t)µ(t) = r
0
µ
0
+ct
.Puis,enremarquantque(r
2
)
′
= 2crµ
,onobtient
r
2
(t) =
r
0
2
+2cr
0
µ
0
t+c
2
t
2
.Commel'on hoisituniquementlessolutionsàvaleursdans]0, +∞[×]−
1, 1[
,ilvientlesexpressions(2.4).Lapropriétéd'inversibilité estune onséquen edire tedu théorèmede Cau hy-Lips hitz.
Le long des ourbes ara téristiques, ona
du
dt
= ∂
t
u + cµ∂
r
u + c
1−µ
2
r
∂
µ
u
,sibienque (2.1) seréé rit ommeune équationdiérentielle ordinaire :du
dt
= −cσ(u − ahui).
(2.5)Le résultat d'inversibilité dans la propriété (2.1) permet d'armer le résultat suivant. S'il existe une unique solution pour tout
t
positif au problème formé de (2.5) et d'uneonditioninitiale
u(0) = u
0
∈ R
,alors il en estde même pour leproblème original(2.1) +(2.2).Ona alors lerésultat suivant.
Propriété2.2. Dansle asoù
a
estnul,siσ
estunefon tion ontinue,alorsleproblème dénipar(2.1)etla onditioninitiale(2.2)possèdeuneuniquesolutiondéniepourtoutt
positif. Dans le asdu transport dansle vide (σ = 0
), ette solution vérie de plus le prin ipe dumaximum:inf
r,µ
u
0
(r, µ) ≤ u(t, r, µ) ≤ sup
r,µ
u
0
(r, µ),
t ≥ 0.
(2.6) Enparti ulier, siu
0
≥ 0
alorsu ≥ 0
.Démonstration. Lorsque
a = 0
,l'équation(2.5)s'é ritdu
dt
= −σu
.Commeσ
est ontinuelelongdes ara téristiques(quisont ontinues),onpeutappliquerlethéorèmede Cau hy-Lips hitz (global) et armer l'existen e et l'uni ité d'une solution pour tout
t
positif pour leproblème forméde(2.5) etde la onditioninitialeu(0) = u
0
∈ R
.Dansle asdu transportdanslevide,lasolutionest onstante lelongdes ara téristiquesetonobtient dire tement leprin ipe dumaximum(2.6).
Cettedernièrepropriété estvalable uniquement dansle asoù
a
estnul. Dansle as général (a
non nul), l'équation(2.1) devient intégro-diérentielle, e qui rendl'étudede l'existen e et de l'uni ité de solution pour le problème de Cau hy (2.1) + (2.2) moins aisée.On ne traitepas es questionsi i. Onmontre ependant que, dansle as général, on dispose d'un résultat de stabilité en normeL
2
pour les solutions de l'équation de transport.
Propriété 2.3. Toutesolution
u
de (2.1)vérie l'équation suivante:1
c
∂
t
hu
2
i +
1
r
2
∂
r
(r
2
hµu
2
i) = −2σ(hu
2
i − ahui
2
).
(2.7)
Sil'onsupposede plus
u
à support ompa t sur]0, +∞[×] − 1, 1[
pour toutt ≥ 0
,alors lanormeL
2
de
u
dé roitave letemps :d
dt
Z
+∞
0
r
2
hu
2
idr ≤ 0.
Démonstration. En multipliant (2.1) par
2u
, et en prenant la moyenne angulaire, on obtientdire tement(2.7).Lanégativitédumembrededroiteestune onséquen edire te del'inégalité deHölder etde0 ≤ a ≤ 1
.Il vient lerésultatenmultipliant (2.7) parr
2
et en intégrant pour
r
variant de0
à+∞
; le termede ux s'annulant par l'hypothèse de ompa ité dusupportdeu
.On s'intéresse enn au asparti ulier où
a = 1
.Ce as orrespond àla propagation d'unrayonnementdansunmatériaupurementdiusif.Dans ette onguration,les solu-tions de(2.1) vérient la onservationde l'énergieradiativeetsatisfontune équationde typeparaboliquedanslalimitediusion, ommelemontrelesdeuxpropriétés i-dessous.Propriété 2.4. Dans la as où
a = 1
,toute solutionu
de (2.1) vérie laloi de onser-vationsuivante :∂
t
ρ +
1
r
2
∂
r
(r
2
j) = 0,
(2.8)ave
ρ = hui/c
etj = hµui
respe tivement ladensitéd'énergieradiativeetleuxd'éner-gie. Sil'on suppose deplus
j
à support ompa t sur]0, +∞[
,alors on a la onservation de l'énergieradiative :d
dt
Z
+∞
0
r
2
ρdr = 0.
Démonstration. On obtient (2.8) en prenant la moyenne angulaire de (2.1). En multi-pliant par
r
2
l'équation (2.8) puis en intégrant pour
r
variant de0
à+∞
;le terme de uxs'annulant sousl'hypothèse de ompa itédu supportdej
.On rappelle à présent e qu'on appelle limite diusion eton étudie le omporte-ment des solutions de (2.1) dans ette limite asymptotique. On appelle limite diusion la limite dans laquelle lesphénomènes d'intera tions entre les photons et lemilieu sont prépondérants devant les phénomènes de transport des photons. Formellement, ela re-vientà hoisirdesordresdegrandeurs spé iquespourlesparamètres intervenantsdans (2.1).
Dénition 2.1. Ondénit lesvariables sansdimension
t
ˆ
,r
ˆ
etσ
ˆ
par:t = ˆ
tτ,
r = ˆ
rℓ,
σ = ˆ
σ/λ,
(2.9)ave
τ
,ℓ
respe tivementletempsetlalongueur ara téristiqueduproblèmeetλ
lelibre par ours moyen desparti ules. Ilapparaît alors deux quantitéssansdimension :cτ /ℓ
etℓ/λ
.En posantcτ /ℓ = 1/ǫ
etℓ/λ = 1/ǫ
, on appelle limite diusion, la limitelorsqueǫ
tendvers0
.En utilisant lamiseà l'é helle (2.9),l'équation (2.1) seréé rit:
∂
t
u
ǫ
+
1
ǫ
µ∂
r
u
ǫ
+
1
ǫ
1 − µ
2
r
∂
µ
u
ǫ
= −
σ
ǫ
2
(u
ǫ
− hu
ǫ
i),
(2.10)oùlafon tionin onnue
u
ǫ
dépendàprésentduparamètre
ǫ
.Ilestalors onnu[BBGS12℄ que lorsquel'on fait tendreǫ
vers0
,les solutionsu
ǫ
de(2.10) onverge, dansun ertain sens,versu
tellequeρ = hui
vérie l'équationde diusion suivante:∂
t
ρ −
1
r
2
∂
r
r
2
3σ
∂
r
ρ
= 0.
(2.11)Le oe ient
1/3σ
est appelé oe ient de diusion. Une preuve purement formelle- onsiste à é rireu
ǫ
omme un développement en puissan e de
ǫ
:u
ǫ
= u
0
+ ǫu
1
+ . . .
et à identier les termes du même ordre dans l'équation (2.10). En notant