SAINT-DENIS Lagrâced’unecathédrale

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grâce La d’une cathé

drale

SOUS LA DIRECTION DE M

GR

PASCAL DELANNOY

la nuée bleue

place des victoires

SAINT-DENIS

Dans l’éternité

des rois et reines de france

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La façade et sa splendeur retrouvée en 2015, après trois années de travaux.

PHOTO PASCAL LEMAÎTRE MUSÉE D’ART ET D’HISTOIRE – SAINT-DENIS, PHOTO IRÈNE ANDRÉANI

La basilique vers 1817, avec encore ses deux tours.

Ce tableau de l’entourage d’Étienne-Joseph Bouhot enrichit les collections du musée d’art et d’histoire

de la ville de Saint-Denis grâce au mécénat de Francis Dubrac.

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Introduction générale

La réhabilitation de Saint-Denis

A L A I N E R L A N D E - B R A N D E N B U R G

D

epuis mes études à l’École nationale des chartes et à l’École du Louvre, j’ai toujours eu affaire à l’abbatiale de Saint-Denis. Je confesse que j’ai une préférence pour ce qualificatif d’abbatiale, ou celui de cathédrale, ce qu’elle est devenue voici un demi-siècle, plutôt que pour celui de basilique si souvent utilisé, un mot pourtant flou, création du IVe siècle pour désigner un édifice civil devenu religieux, ce qui n’est pas le cas ici, mais est-ce important ? La diversité des appellations confirme précisément le caractère exceptionnel, unique même, de l’édifice voulu et conçu par l’abbé Suger.

Ma première visite à Saint-Denis en 1962, pour la prépara- tion de ma thèse, m’a donné à découvrir un édifice en mauvais état, au statut complexe, pas encore siège épiscopal, et à l’identité mal définie. La restauration du XIXe siècle, par Viollet-le-Duc, avait été ratée, avec notamment la destruction de la flèche nord, et Saint-Denis était devenue une sorte de mal-aimée dans l’ima- ginaire populaire français et parmi les chercheurs. Il faut dire que les brutales pages des destructions de la Révolution, s’acharnant contre le symbole de la monarchie séculaire, inscrite ici par les tombeaux des rois, créaient un sentiment de malaise, de mise à distance. Il fallait que le temps fasse son œuvre et que s’effacent les restaurations sauvages et les jugements négatifs du XIXe siècle.

Mon maître à l’École des chartes, Jean Hubert, esprit curieux et révolutionnaire dans son enseignement, m’avait poussé à travailler sur les tombeaux royaux de Saint-Denis et ce fut le sujet de ma thèse, consacrée à ceux des XIIe et XIIIe siècles (j’avais eu interdiction de m’intéresser à ceux du XIVe, réservés à un autre chercheur !). L’enseignement de Jean Hubert était stimulant, il poussait ses étudiants aux remises en cause, à l’innovation. C’est ainsi que je suis devenu un familier de Saint-Denis puis de l’art gothique. Tout s’ouvrait devant moi, il y avait tant à chercher, à formuler, à confronter, à communiquer.

En 1975, j’ai initié avec Jean-Pierre Babelon et quelques autres une grande exposition photographique, Le Roi, la sculp- ture et la mort, portée par les archives départementales de Seine- Saint-Denis, avec les exceptionnels clichés en noir et blanc des gisants et tombeaux réalisés par Charles Ciccione. Le succès fut considérable, amplifiant les initiatives prises depuis des années par la Société française d’architecture, et contribua à relancer un mouvement de restauration, d’installation de nouvelles tombes.

Le rôle de l’évêque, Mgr Jacques Le Cordier – le diocèse avait été créé dix ans auparavant –, et celui du maire, Patrick Braouezec, furent décisifs. Des dynamiques collectives inédites virent le

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L e s g r a n d s t r a v a u x d e S u ge r

Dans l’avant-nef, Suger crée un nouvel art de bâtir : les multiples colonnettes des puissants supports assurent une parfaite continuité linéaire

entre le sol et la voûte, mettant en valeur la structure.

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Les grands travaux de Suger

P H I L I P P E P L A G N I E U X e t M I C H A Ë L W Y S S

Grâce à sa parfaite gestion domaniale et à sa proximité avec le pouvoir, l’abbé Suger, à la tête du monastère depuis 1122, peut se lancer dans la reconstruction de son abbatiale vers 1135. Il mène les travaux

avec une rapidité étonnante, craignant de ne pas les voir achevés (ils ne le seront pas à sa mort, en 1151). Si le premier art gothique

se manifeste alors à Saint-Denis, c’est à travers la pensée très personnelle de cette figure singulière

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PHOTOS PASCAL LEMAÎTRE

La crypte de Suger. L’ensemble possède des volumes scandés à l’aide de puissants arcs en plein cintre et d’énormes piles trapues afin de supporter l’espace aérien du chevet supérieur.

L’abbé Suger, bâtisseur au génie visionnaire, prosterné aux pieds de la Vierge de l’Annonciation dans un vitrail de la chapelle axiale.

PHOTO DOMINIQUE BOUCHARDON, LABORATOIRE DE RECHERCHE DES MONUMENTS HISTORIQUES

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L e c h a n t i e r got h i q u e r a y o n n a n t

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Le chantier gothique rayonnant

Y V E S G A L L E T

En 1231, l’abbé Eudes Clément rouvre un chantier suspendu depuis un siècle. L’église est alors métamorphosée : l’élévation semble jaillir d’un seul jet, percée de baies sur toute la hauteur et de deux roses aux extrémités du transept.

Une centaine d’années plus tard encore, elle s’agrandit de six chapelles.

Le célèbre Pierre de Montreuil fut l’un des artisans de ce qui est aujourd’hui l’un des symboles du gothique rayonnant

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PHOTOS PASCAL LEMAÎTRE

La croisée du transept est d’une largeur exceptionnelle pour permettre le déploiement de la nécropole royale.

Page ci-contre, la nef gothique, du XIIIe siècle, aussi large que celle prévue par Suger, sera constituée de six travées et aura des bas-côtés simples et non plus doubles.

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L e c h a n t i e r got h i q u e r a y o n n a n t

Les grandes arcades occupent la moitié de l’élévation, le triforium et les fenêtres hautes, l’autre moitié.

L’architecte a innové en créant un triforium

dont le mur du fond est supprimé au profit d’une claire-voie, parti qui conduit à une élévation ajourée sur toute sa hauteur, considérée comme caractéristique du style rayonnant.

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L e c h a n t i e r got h i q u e r a y o n n a n t

la profession et le lieu de résidence de Pierre de Montreuil, sans impliquer qu’il ait pris la moindre part aux travaux de l’abbatiale.

Cette interprétation est sans doute trop radicale. Le fait qu’un architecte auparavant actif à Saint-Germain-des-Prés ait disposé à Saint-Denis d’une maison qu’un texte plus tardif permet en outre de situer place Pannetière, c’est-à-dire en face de l’abbatiale, est un indice fort en faveur d’une activité requérant sa présence sur place. Quant à l’argument d’une baisse d’intensité du chantier au milieu des années 1240, il peut être nuancé car d’autres bâtiments que l’abbatiale ont pu être en travaux.

Un autre indice porte à croire à des liens établis entre Pierre de Montreuil et l’abbaye : depuis 1284 au moins, son parent Eudes de Montreuil fut rémunéré pour des travaux au service de Saint-Denis, à l’abbatiale même (il reçut des sommes impor- tantes en 1284 ou en 1287 pour sa collaboration au jubé), dans des dépendances de l’abbaye comme le manoir de Merville, ou dans certains édifices que le monastère possédait à Paris, tel le collège de Saint-Denis, près de Saint-Germain-des-Prés. À partir de 1289 et jusqu’en 1296, c’est le nom de Raoul de Montreuil, fils d’Eudes, qui apparaît à plusieurs reprises dans les comptes de la Commanderie de Saint-Denis : rétribué de façon régulière et confortable, avec quelques extras, Raoul semble avoir recueilli la position de son père décédé en 1289. L’idée d’une dynastie d’archi- tectes, qui s’impose logiquement, donne du poids à l’hypothèse suivant laquelle Pierre de Montreuil lui-même aurait pu tenir une charge similaire.

U N N O U V E A U C H A N T I E R : L E S C H A P E L L E S L AT É R A L E S N O R D

D E L A N E F

Comme toute grande église médiévale, Saint-Denis a suscité chez les fidèles le souhait de bénéficier des suffrages des moines et le désir d’être inhumé au plus près des reliques des saints, si possible dans l’abbatiale même. D’après les recherches de Damien Berné, les fondations d’obits et de chapellenies se multiplient tout au long des XIIe et XIIIe siècles. De la part de membres de la famille royale, elles culminent au début du XIVe siècle. Entre- temps, l’abbatiale était devenue, sous l’impulsion de Louis IX, un lieu d’inhumation réservé aux seuls rois. La multiplication des cérémonies mémorielles et la nécessité de faire une place aux dévotions des laïcs conduisirent les moines et l’abbé Gilles de Pontoise (1304-1326) à autoriser l’édification de chapelles latérales ; faute d’espace disponible au sud de la nef, où se situaient les bâtiments monastiques, elles furent greffées sur le bas-côté nord. La construction, rapide, fut menée de 1320 à 1324.

Ces six chapelles portaient, d’ouest en est, les titres de Sainte- Madeleine, Saint-Laurent, Saint-Louis, Saint-Denis, Saint-Martin et la Sainte-Trinité. Cette dernière, proche du transept, était aussi appelée chapelle Saint-Lazare, ou du Ladre, car elle abritait la relique du lépreux guéri par le Christ. Tout comme la chapelle Saint-Denis, affectée à la confrérie éponyme dont le rôle était d’encadrer les laïcs désireux de participer à l’animation liturgique

L’architecte renoue avec une conception – romane – de la pile composée : il fait correspondre une colonnette de petit calibre à chacun des membres (ogives, doubleaux) des niveaux supérieurs, la faisant s’élever ainsi

d’un seul jet jusqu’à la naissance des voûtes.

Les chapiteaux de petite taille contribuent à ne pas obstruer la fluidité des lignes.

PHOTOS PASCAL LEMAÎTRE

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Le cimetière des rois aux XIII e et XIV e siècles

A L A I N E R L A N D E - B R A N D E N B U R G

Le chantier de la basilique est suspendu depuis près de cent ans quand saint Louis le reprend vers 1230 avec un projet précis : établir dans la croisée un espace où seront rassemblées les cendres des rois défunts à partir du mythique Dagobert. Des réaménagements

s’avèrent nécessaires dès la fin du siècle face à la multiplication des tombeaux. Le couple royal est désormais réuni

dans une même sépulture, sous des gisants de marbre.

Près de 150 rois, reines, princes, princesses et serviteurs du royaume de France ont été inhumés dans la basilique Saint-Denis au fil des siècles. Aujourd’hui, il reste 70 gisants et tombeaux, mais, depuis la Révolution, ils ne contiennent plus les restes des rois.

PHOTOS PASCAL LEMAÎTRE

Après sa conversion au christianisme sous l’influence de sa femme Clotilde, Clovis fit élever une basilique, détruite,

puis reconstruite par Louis XV (l’actuel Panthéon). Son gisant, datant de 1220 environ, fut transféré dans la basilique en 1816.

Son fils Childebert, le gisant le plus ancien du nord de la France (1163) porte déjà les insignes royaux – le sceptre et la couronne.

Il tient dans sa main droite l’église Saint-Germain-des-Prés où il fut originellement placé, en 1816.

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Le trésor reconstitué au XIX e siècle

B R I G I T T E L A I N É e t F R A N C O I S E C A N N O T

Tout au long du

XIXe

siècle, le chapitre de Saint-Denis multiplie les acquisitions pour orner son église : des pièces d’orfèvrerie,

calices, patènes, ou le mythique « fauteuil de Dagobert ».

Deux donations, un ensemble d’objets de culte et le somptueux reliquaire de saint Louis, s’y sont ajoutées au cœur du

XXe

siècle.

Certains vêtements liturgiques ont aussi échappé au temps et sont encore utilisés pour des cérémonies particulières.

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Au cours de l’année 1835, le ministre de la Justice et des Cultes décide d’appliquer au chapitre royal la loi du 26 juillet 1829 et l’ordonnance du 3 février 1830, prescrivant l’inventaire du mobilier fourni par l’État aux divers fonctionnaires160. Cette dernière rappelle celle du 7 avril 1819 relative au mobilier des évêchés. Les mises à jour se poursuivent de 1839 à 1893 avec un point final en 1906. La Révolution a brisé pierres et marbres, fondu bronzes, cuivre doré, argent, vermeil et or. Comment remeubler l’église avec magnificence et à des coûts raisonnables ?

L E S B R O N Z E S ( 1 8 1 9 - 1 8 3 8 )

Quelques bronzes exceptionnels

Examinons les éléments qui ont échappé à la désaffection du lieu à la suite de la suppression du chapitre tour à tour impérial, royal et national, en 1895161.

La garniture d’autel

Elle se compose de six chandeliers et d’une croix d’autel.

Ces objets ont été acquis en 1821 pour la somme de 15 000 F ; ils sont décrits sous le numéro 148/89. L’inspecteur des Domaines souligne que les chandeliers sont en forme de « candélabre antique, avec ornements sur la tige et sur le socle ». Il ajoute :

« croix assortie, beau Christ, le tout en bronze doré à l’or moulu, première qualité ».

Chaque pied, de forme triangulaire et supporté par trois griffes, est doté d’un bas-relief représentant saint Denis en vêture liturgique, bénissant de la main droite et tenant la crosse de la main gauche ; saint Louis en manteau royal, tenant le sceptre de

La lumière du chœur éclaire

les chandeliers et les girandoles de l’autel.

PHOTOS PASCAL LEMAÎTRE

Reliquaires offerts par Louis XVIII en 1819.

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L’histoire de Saint-Denis vue par Napoléon

Napoléon voulait que Saint-Denis soit également la nécropole des empereurs, pour affirmer la continuité monarchique.

Le cycle iconographique de la sacristie illustre cette volonté et les tableaux qu’elle contient retracent des épisodes de l’histoire de l’abbatiale tout en proclamant la légitimité de l’empereur. Achevé sous la Restauration, le programme ne subit que quelques aménagements.

638 : Funérailles de Dagobert. 775 : Charlemagne fait bénir l’église de Saint-Denis. 1137 : Louis le Gros bénit son fils Louis VII sur son lit de mort.

1248 : Saint Louis prend l’oriflamme à Saint-Denis.

1540 : Charles Quint et François Ier

visitent les caveaux de Saint-Denis. 1610 : Sacre de Marie de Médicis.

PHOTOS PASCAL LEMAÎTRE

1231 : Saint Louis fait rétablir les tombeaux des rois dans le chœur de l’église de Saint-Denis, par Charles-Paul Landon, 1821-1822.

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Le cérémonial

des funérailles royales

A L E X A N D R E B A N D E

Après avoir accueilli les dépouilles des rois, l’abbaye devient aussi la nécropole de leurs épouses, des enfants du lignage, et de quelques

grands serviteurs du royaume. Le rituel des funérailles royales prendra de plus en plus d’ampleur. Les souverains peuvent cependant choisir de faire déposer leur cœur et leurs entrailles dans un autre lieu.

Dans la géographie des corps royaux323, qui se met progres- sivement en place à partir de la fin du Moyen Âge, Saint-Denis occupe une place primordiale. Non seulement la nécropole accueille les dépouilles et abrite les tombeaux royaux, mais elle est également le théâtre des funérailles royales. Si le XIVe siècle ne remet pas en cause cette position privilégiée, la période est propice à certaines inflexions, notamment sous l’impulsion des évolutions du cérémonial funéraire.

Du « cimetière aus rois » à la nécropole du sang de France L’abbatiale qui abritait, en dépit de l’inhumation de Louis VII à l’abbaye de Barbeau en 1180, les dépouilles de tous les rois de France, devint, à partir du dernier tiers du XIIIe siècle, le

« cimetière aus rois ». L’attraction de la nécropole dionysienne était telle que par le canal de leurs testaments, tous les souve- rains jusqu’à Louis XI exprimèrent le souhait d’y reposer. Même lorsque leur mort survenait loin de Saint-Denis, ce testament était respecté, quitte à mettre en œuvre des pratiques funéraires exceptionnelles. Ainsi, les restes de Louis IX, mort devant Tunis le 25 août 1270, comme ceux de son fils Philippe III, qui mourut devant Perpignan quinze ans plus tard, gagnèrent la nécropole après que leurs dépouilles eurent été éviscérées, découpées et bouillies324. Les ossements royaux furent déposés dans la nécro- pole dionysienne après un long périple de retour. Les funérailles de Louis IX furent célébrées le 22 mai 1271, près de neuf mois après son décès. Les souverains du siècle suivant, de Philippe le Bel à Charles V, expirèrent à proximité de Saint-Denis et y reposèrent ainsi qu’ils l’avaient souhaité par testament. L’arrivée des Valois sur le trône, en 1328, ne remit pas en cause ce tropisme. Dans son testament daté de mai 1347, Philippe VI325 affirme vouloir que son corps soit « ensevely à Saint Denis en France ensuivant les Roys nos Predecesseurs ». Nous savons que Philippe VI et les premiers Valois avaient largement repris les pratiques dévotionnelles des

derniers Capétiens326. De fait, il semble que ce testament révèle une recherche de légitimité en inscrivant la branche « cousine » dans la lignée des pratiques mortuaires antérieures et en repre- nant, logiquement, celles des funérailles et de l’inhumation dionysienne. Ce souci de légitimation n’est pas sans rappeler les efforts déployés par Louis IX en 1263, puis en 1306 par Philippe

Les funérailles de Philippe le Bel en 1314. Après une messe à Notre-Dame de Paris,

sa dépouille a gagné Saint-Denis, suivie d’un imposant cortège constitué de la famille royale et de nombreux prélats. Grandes Chroniques de France, enluminées par Jean Fouquet, vers 1460.

BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE BIBLIOTHÈQUE MUNICIPALE DE BESANÇON

Funérailles de Philippe VI de Valois en 1350.

Le cercueil est recouvert d’un drap mortuaire décoré des armes royales.

Chroniques de Jean Froissart, début XVe siècle.

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Une église paroissiale

dans une basilique cathédrale

B E R N A R D - J E A N B E R G E R

Devenue paroissiale puis cathédrale, l’église de Saint-Denis est au cœur d’une population dont une grande partie souffre de difficultés sociales et économiques. La vitalité de la paroisse se mesure aux nombreuses associations de piété, de charité, d’éducation

et d’engagement qui se sont développées sur plus d’un siècle.

Certificat de communion solennelle et de confirmation en 1898 dans la basilique nouvellement érigée en église paroissiale.

Ci-dessous : mariage de trois rosières en 1941.

Cette tradition, maintenue jusqu’au concile Vatican II, remonte à 1648 : un religieux de l’abbaye, dom Belloy de Francières, assurait la dot de jeunes filles pauvres de Saint-Denis et les frais du repas de noces.

Une commission municipale présidait au choix des heureuses élues.

ARCHIVES DIOCÉSAINES DE SAINT-DENIS LAPI/ROGER-VIOLLET

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La grâce d’une cathédrale

Collection dirigée par Mgr Joseph Doré Sous la direction de Mgr Pascal Delannoy

Direction scientifique : Jean-Paul Deremble, Brigitte Lainé, Michaël Wyss Coordination : Roland Lacharpagne

Textes d’Alexandre Bande, Isabelle Baudoin, Emmanuel Bellanger, Bernard-Jean Berger, Damien Berné, Claudine Billot, Chantal Bouchon, Geneviève Bresc-Bautier, Ghislain Brunel, Françoise Cannot, Dominique Cerclet, Pascal Delannoy, Jean-Paul Deremble, Jean Dufour, Alain Erlande-Brandenburg, Albert Ewald, Guillaume Fonkenell, Yves Gallet, Françoise Gasparri, Jean-Pierre Gély, Sylvie Gonzalez, Rolf Grosse, Olivier Guyotjeannin, Étienne Hamon, François Héber-Suffrin, Anne-Marie Helvétius, Dominique Julia, Martine Konzelmann, Roland Lacharpagne,

Sophie Lagabrielle, Brigitte Lainé, Claudine Lautier, Jean-Michel Leniaud, Pierre-Yves Le Pogam, Maxime L’Héritier, Claudine Loisel, Marie-France Lorente, Claire Maître, Philippe Montillet, Jacques Moulin, Donatella Nebbiai, Isabelle Pallot-Frossard, Patrick Périn, Michel Perrot,

Pierre Pincemaille, Serge Pitiot, Daniel Pizivin, Philippe Plagnieux, Nathalie Rappaport, Serge Santos, Régis Singer, Daniel Sonzogni, Gabrielle M. Spiegel, Romain Tardy, Françoise Viéville, Christine Vivet-Peclet, Michaël Wyss, Arnaud Ybert, Thierry Zimmer

Photographies de Pascal Lemaître

C’ est assurément le monument le plus emblématique de la longue histoire de France. Édifiée sur la tombe de saint Denis, nécropole royale depuis l’inhumation de Dagobert en 639, la basilique-cathédrale de Saint-Denis est aussi le premier chef-d’œuvre de l’art gothique.

Au xii

e

siècle, l’abbé Suger a fait reconstruire sur l’ancienne église carolingienne un écrin somptueux pour accueillir les tombeaux des rois et des reines. Avec un génie visionnaire, il a permis une pénétration maximale de la lumière, façonnant un édifice d’une audacieuse modernité pour son temps et devenant ainsi l’un des inventeurs majeurs de l’architecture gothique qui allait essaimer dans toute l’Europe.

Il célébrait ainsi la gloire des rois de France, leur offrant un cimetière qui accueillerait les monarques défunts au fil des siècles, des Mérovingiens aux Bourbons, de Clovis à Louis XVIII, avec les reines, Anne de Bretagne, Catherine de Médicis et Marie- Antoinette, nombre de princes et princesses, mais aussi le connétable Bertrand du Guesclin, héros de la guerre de Cent Ans.

Si les destructions révolutionnaires l’ont atteinte – avec les brutales profanations des tombeaux royaux – la basilique a retrouvé avec Napoléon son destin de grand monument national qui fascine et impressionne les innombrables visiteurs. Restaurée en 2015, la façade affirme à nouveau sa majesté rayonnante au cœur d’une cité aux cultures les plus diverses. Abbaye, basilique, puis église paroissiale, élevée au rang de cathédrale en 1966, Saint-Denis méritait un livre d’exception. Pas moins de 60 auteurs donnent ici la plus complète et la plus à jour des documentations, merveilleusement illustrée.

Couverture : Massin 85 € - ISBN 978-2-8099-1284-5

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