Tél : 04.72.86.60.60 Fax : 04.72.86.60.90 Email : [email protected] Internet : http://www.gate.cnrs.fr
I. Présentation de l’unité ... 2
1. Historique et environnement ...2
2. Politique générale et priorités stratégiques ...3
II. Production scientifique ... 10
1. Bilan des recherches par axe ...10
2. Coopérations nationales et internationales ...37
3. Animations scientifiques...39
4. Formation à la recherche ...44
5. Valorisation et diffusion de l’information ...49
III. Moyens ... 51
1. Ressources humaines ...51
2. Ressources financières et matérielles ...53
3. Centre de documentation et documents de travail du GATE ...55
4. La plateforme d’Economie Expérimentale et le cluster de calcul ...56
5. Le soutien informatique à la recherche ...57
6. La formation au laboratoire ...59
IV. Auto-évaluation : forces et faiblesses de l’unité ... 61
1. Production scientifique ...61
2. Attractivité du laboratoire ...62
3. Moyens et organisation ...62
V. Annexes ... 65
VI. Publications ... 77 Formulaires
Fiches individuelles d’activité
PRESENTATION DE L’UNITE I.
Historique et environnement 1.
Le Groupe d’Analyse et de Théorie Economique (UMR 5824) est une unité jeune qui est issue de la fusion en 1996 de trois équipes de recherche du CNRS et/ou de l’Université Lyon 2. L’unité a intégré en 2007 le GRESAC (Groupe de Recherche en Economie de la SAnté et Réseau en Cancérologie) issu du Laboratoire d’Analyse des Systèmes de Santé (LASS, Université Lyon 1, CNRS, ex-FRE 2747). L’unité est l’unique UMR d’économie du PRES.
Une nouvelle étape du développement du GATE est marquée en 2009 par le regroupement avec le Centre de Recherche en Economie de l’Université de St Etienne (CREUSET, Université Jean Monnet St Etienne, CNRS, ex-FRE 2938). Les raisons de ce regroupement volontaire et les opportunités importantes qui en découlent sont développées dans la partie projet de notre rapport d’activité. Le présent bilan se concentre sur les activités scientifiques du GATE avant nouvelle modification du périmètre, soit au cours des quatre dernières années, de janvier 2005 à juin 2009.
Le GATE a actuellement pour tutelles principales le CNRS et l’Université Lumière Lyon 2 et pour tutelles secondaires l’Université Claude Bernard Lyon 1 et l’Ecole Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines.
Il est également membre de l’Institut des Sciences de l’Homme, UMS CNRS – Université Lyon 2 – ENS LSH, qui fait partie du Réseau national des Maisons des Sciences de l’Homme.
L’unité est implantée sur trois sites. Le site principal est localisé à Ecully, sur le campus des Grandes Ecoles (Ecole Centrale de Lyon et Ecole de Management Lyon). Une autre partie du laboratoire, regroupant principalement des
enseignants-chercheurs de l’axe Monnaie Finance et Economie Internationale, est hébergée au sein de l’Ecole Normale Supérieure LSH à Gerland. Le troisième site, réunissant une partie des chercheurs de l’axe Economie de la Santé, est implanté au sein du Centre Léon Bérard, lié au GATE par une convention et au CNRS par un accord-cadre.
Le GATE accueille deux programmes de formation à la recherche dont l’objectif est l’excellence scientifique et la formation de doctorants de grande qualité, compétitifs sur le marché du travail : le master
recherche Economie Quantitative des Comportements et des Marchés et le master recherche Monnaie, Finance et Gouvernance. Depuis plus de six ans, nous ne recrutons plus localement et les craintes initiales de nos doctorants face à ce mode de fonctionnement encore minoritaire en France ont été rapidement balayées par le constat du succès de nos doctorants sur le marché académique CNRS (5 candidats présentés par le GATE ont été recrutés au cours des 6 dernières années) et universitaire.
Le GATE contribue activement aux activités de l’Ecole Doctorale Sciences Economiques et de Gestion (ED 486) de l’Université de Lyon, laquelle est un Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES) qui regroupe 20 établissements des sites de Lyon et Saint-Etienne. Cette Ecole Doctorale offre un programme de formation en première et deuxième années de doctorat ainsi qu’un atelier de doctorants, animés en particulier par des chercheurs de l’unité.
Politique générale et priorités stratégiques 2.
Après avoir été dirigée depuis sa création par J.L. Rullière, l’UMR est dirigée par Marie Claire Villeval depuis le début du contrat quadriennal actuel (2007).
La politique scientifique impulsée lors de ce contrat quadriennal peut être résumée autour de cinq priorités : encourager une production scientifique de grande qualité, attirer des talents, développer la visibilité et la stature internationale de l’unité, soutenir une formation à la recherche d’excellence et l’émergence de nouveaux projets, favoriser les échanges et la communication au sein de l’unité. Au total, il s’agit de progresser en impulsant de manière conjointe une politique de renforcement des acquis et une aide à la prise de risques pour encourager les chercheurs à se lancer dans des projets innovants.
Encourager une production scientifique de qualité. Sans être bien sûr en mesure de couvrir tous les champs de la discipline, l’unité poursuit une vocation d’équipe généraliste en économie appliquée, couvrant des champs aussi variés que l’économie du travail, l’économie de la santé ou l’économie monétaire, tout en cherchant en permanence à faire fructifier nos points forts, l’économie expérimentale et l’économétrie appliquée. En d’autres termes, nous avons une vocation généraliste quant aux thématiques de recherche et nous poursuivons plutôt une logique de niche sur le plan méthodologique. Cette orientation est en parfaite cohérence avec les programmes de formation.
L’activité scientifique de l’unité est organisée autour de quatre axes de recherche : micro-économie du travail et de l’emploi (resp. : M.C. Villeval puis J.L. Rullière)
•
économie de la santé (resp. : M.O. Carrère puis I. Jelovac)
•
organisation industrielle (resp. : L. Flochel puis S. Robin)
•
monnaie, finance et économie internationale (resp. : J.F. Goux puis A. Sand).
•
Les chercheurs ont une totale liberté quant à la détermination de leurs thèmes et méthodes de recherche. Ces axes sont des lieux d’échanges et ne fonctionnent pas de manière fermée ; il est ainsi courant que des chercheurs appartiennent à deux axes. Les séminaires de recherche sont transversaux de façon à favoriser les croisements et les apports méthodologiques et à éviter les cloisonnements thématiques. Les axes ne sont pas autonomes en matière de recrutement ou de financements.
La production scientifique du GATE se révèle abondante et en croissance. En témoigne la publication depuis 2005 de 171 articles dans des revues scientifiques à comité de lecture classées par l’AERES, 45 articles dans des revues non classées par l’AERES (notamment revues hors économie ou revues chinoises ou d’Amérique Latine), 124 documents de travail, 33 Marie Claire Villeval
ouvrages et contributions à ouvrages scientifiques, 8 ouvrages de vulgarisation. Le nombre annuel d’articles publiés a augmenté depuis 2007 de 65 % par rapport à 2005. On dénombre également 355 contributions à colloques et 158 invitations en conférences et séminaires. 101 documents de travail ont été publiés dans notre série de Working Papers du GATE, éditée par F.
Goffette-Nagot. Un effort important a été développé depuis 2007 pour inciter les chercheurs et doctorants à publier une première version de leurs travaux dans cette série de documents de travail du GATE diffusés notamment sur SSRN : leur nombre est ainsi passé de 12 en 2005 et 13 en 2006 à 29 en 2007, 36 en 2008, et 10 dans les premiers mois de 2009.
Un effort appuyé porte sur l’amélioration de la qualité de la production scientifique de l’unité.
L’accent est mis sur un encouragement à la publication d’articles dans les meilleures revues internationales. On dénombre sur les quatre dernières années 10 articles dans des revues d’excellences (niveau A* de la classification AERES), 68 dans des revues internationales de niveaux A et B.
Depuis le début du contrat quadriennal, la politique scientifique de l’unité vise à élever le niveau d’aspiration des chercheurs dans leur politique de soumission d’articles, ceci par quatre moyens.
Tout d’abord, il s’agit d’encourager la soumission d’articles dans des revues d’excellence au plan international afin d’accroître la part des publications du laboratoire dans des revues de catégorie 1 et 2. Cela passe également par la valorisation de la réussite de ces tentatives non pas sur le plan monétaire mais sur le plan de la reconnaissance collective (Newsletter, pots).
Il s’agit également d’encourager les chercheurs à publier dans leur champ thématique mais également dans des revues généralistes afin d’augmenter l’audience de leurs travaux et la visibilité du laboratoire.
Plus généralement, il s’agit de pousser chacun à faire le point sur ses publications régulièrement et à chercher à élever régulièrement d’une catégorie son niveau habituel de publication. Une priorité est également à la réduction de la fréquence des publications dans des revues à comité de lecture non référencées.
Enfin, l’encouragement à soumettre dans de bonnes revues concerne également les doctorants.
Il y a là toutefois un équilibre à trouver entre publier rapidement pour être qualifié par le CNU et prendre le temps de peaufiner un article pour le soumettre à une revue internationale de meilleure qualité. Ceci fait l’objet de discussions avec les doctorants, notamment lors d’une réunion annuelle.
Pour soutenir cette réflexion sur les productions scientifiques de l’unité, un bilan annuel à vocation interne est rédigé et diffusé auprès des membres de l’unité récapitulant les publications, les documents de travail, les manifestations scientifiques organisées par le GATE, les contrats obtenus au cours de l’année écoulée. De plus, une note est diffusée annuellement avec des indicateurs de résultats synthétiques simples (nombre de publications, distribution des articles par catégorie de référence, production moyenne par chercheur, …).
Attirer des talents. L’équipe est de taille moyenne, ce qui facilite le sentiment d’identité. Nous comptons au 1er juin 2009 22 enseignants chercheurs (dont 7 Professeurs), 6 chercheurs CNRS (dont 2 Directeurs de recherche) et 1 chercheur sur contrat de droit privé (Centre Léon Bérard) dont 22 publiants au sens de l’AERES. A cela s’ajoutent 2 chercheurs associés de l’Ecole de Management Lyon et 1 chercheur associé du Centre Léon Bérard. L’équipe compte également 11 ITA, ITRF et BIATOS, 1 ingénieur de recherche et 2 assistants de recherche sur contrat de
droit privé (CLB). S’y ajoutent 22 doctorants (dont 18 avec un financement : allocation MENESR, financement de co-tutelle, ATER) et 5 post- doctorants.
Nous formons de jeunes docteurs de grande qualité que nous poussons à partir en séjours post- doctoraux à l’étranger et dans d’autres universités.
En contrepartie, nous essayons de renforcer nos compétences par une politique de recrutement dynamique et exclusivement externe, en attirant des chercheurs de l’extérieur ayant une expérience internationale. Ce n’est pas toujours possible mais un effort systématique est fait en cette direction.
En 2007 a été affectée au GATE une Chargée de Recherches CNRS auparavant Assistant Professor à la Nijmegen School of Management. Nous avons recruté en 2008 un Professeur venant de l’université de Louvain (procédure 46.4) et une Professeure de l’Université de Liège sur contrat au CLB qui a ensuite été classée en tête par le jury d’admissibilité du Comité National de la Recherche Scientifique lors du dernier concours de Chargé de Recherche de 1ère classe au CNRS.
Cette politique d’attraction passe également par l’offre de contrats post-doctoraux. Quatre des cinq post-doctorants recrutés en 2008-2009 proviennent d’Universités étrangères (Hawaï, Liège, Nagoya et Rotterdam). L’un d’eux s’est présenté au dernier concours de Chargé de Recherche de 2ème classe au CNRS et a été classé en rang utile par le jury d’admissibilité.
En amont, nous encourageons les co-tutelles avec des universités étrangères pour renforcer la qualité des formations et notre attractivité (Universités d’Aarhus, Amsterdam, Bocconi, Fribourg, Québec, entre autres). Le dispositif des bourses d’aide à la mobilité européenne du PRES Université de Lyon nous permet d’attirer et financer des doctorants en provenance de pays voisins (Université Bocconi de Milan, Université Federico II de Naples, par exemple). Un de nos Masters passe entièrement en anglais en 2009, afin d’élargir notre bassin d’attraction d’étudiants de talent.
Nous cherchons aussi des financements pour offrir des contrats à des chercheurs étrangers visiteurs (un poste rouge CNRS pour un Professeur de l’Université d’Oregon
en 2008, des invitations conjointes avec l’Université Lyon 2 ou l’ENS de Professeurs des Universités d’Aarhus, Atlanta, Case Western Reserve University, Copenhague, Santa Barbara, Buenos Aires, notamment). A cela s’ajoutent de nombreuses visites de collègues étrangers pour des durées plus courtes.
Un séminaire Jeunes Pousses a été mis en place dans lequel viennent présenter un séminaire de jeunes doctorants. Des réunions sont organisées pour repérer de jeunes talents susceptibles de candidater sur nos postes.
La mise en place des comités de sélection a fait l’objet de longs échanges au sein même du laboratoire afin que chacun puisse s’exprimer et que le nombre plus restreint de membres du vivier d’experts par rapport aux anciennes commissions de spécialistes ne crée pas de frustrations.
Bill Harbaugh (Université
d’Oregon) Personnel ITA et BIATOS
Accroître la visibilité nationale et internationale de l’unité. La visibilité nationale et internationale de l’équipe passe bien sûr avant tout par les publications scientifiques mais aussi à travers une politique d’organisation régulière de colloques et workshops internationaux. Depuis 2005, le GATE a organisé 19 colloques (congrès européen de l’Economic Science Association, Journées de l’AFSE, workshop de l’Association for Public Economic Theory, 2nd European Workshop of Experimental and Behavioral Economics, Journées M. Marchand en économie de la santé, entre autres). Le fait que ces associations nous aient confié l’organisation de telles manifestations témoigne de leur confiance dans le professionnalisme de l’unité et nous donne l’occasion de mieux faire connaître nos travaux à l’extérieur. Le laboratoire encourage fortement cette activité en participant financièrement à leur tenue et en affectant les moyens en personnel nécessaires.
La forte insertion du laboratoire dans la communauté scientifique passe par de très nombreuses collaborations scientifiques avec des chercheurs d’autres équipes à l’étranger. Des coopérations durables existent avec une trentaine d’universités à l’étranger, tant en Europe (Aarhus School of Business, University of Tilburg, University of Cambridge, …) qu’en Amérique du Nord (University of California à Santa Barbara, University of Oregon, George Mason University, Univeristé de Montréal,…), en Amérique du Sud (Université de Buenos Aires, Université Fédérale de Rio de Janeiro, …), en Asie (Normal University of Beijing, Chinese Academy of Social Sciences, …) ou en Australie (University of Sydney). Ces coopérations sont soutenues par des contrats de recherche divers (ESF, ANR, programmes régionaux).
L’insertion du laboratoire dans la communauté internationale passe également par une politique soutenue d’accueil de chercheurs étrangers dans le laboratoire et de séjours de chercheurs du laboratoire à l’étranger. Parallèlement, plusieurs chercheurs de l’équipe participent de manière durable à des réseaux de coopération internationaux (IZA, SING, ESA, EALE,…).
La visibilité internationale du laboratoire est étroitement associée au rôle de l’unité dans la structuration du milieu en économie expérimentale. Le GATE a dirigé et animé la Plateforme Technologique en Economie Expérimentale du CNRS depuis sa création en 2002 et c’est à partir de cette plateforme associée au réseau NETEX piloté par le GATE que d’autres laboratoires expérimentaux ont pu voir le jour en France grâce à un financement lourd du CNRS (CES, CREM, GREMAQ et LAMETA). Ce réseau a donné
lieu à l’Association Française d’Economie Expérimentale (ASFEE), créée en 2009, présidée par M.C. Villeval et vice-présidée par M. Willinger. Le concepteur du logiciel d’économie expérimentale REGATE, R. Zeiliger, Ingénieur de Recherche au GATE, a collaboré via cette Plateforme Technologique avec des expérimentalistes et informaticiens de plusieurs laboratoires en France et à l’étranger. Le logiciel a permis en particulier de réaliser des expériences on-line entre plusieurs pays.
Le GATE cherche à favoriser les interconnexions entre les réseaux des différents chercheurs de l’unité afin de démultiplier les sources de collaboration
et de favoriser l’émergence de projets innovants. C’est aussi ce qui contribue à faire qu’un Laboratoire d’économie expérimentale Regate
laboratoire est bien davantage que la somme de ses membres.
Un exemple récent et marquant est l’alliance entre le GATE et l’Université Normale de Pékin pour un transfert de compétences en économie expérimentale, née de coopérations construites initialement sur la base de travaux de terrain en commun sur le marché du travail en Chine. Un accord de coopération a été signé le 21 mai 2009 entre le GATE et Beijing Normal University (BNU) pour encadrer et promouvoir le développement de coopérations de recherche et de formation en économie expérimentale entre les deux entités. Nous avons reçu à Ecully des chercheurs et informaticiens Chinois pour les former à nos méthodes et les conseiller pour établir leur propre laboratoire ; notre logiciel Regate a été traduit en chinois et implanté à Pékin ; des chercheurs du Gate se sont rendus sur place
pour inaugurer le BNU-GATE Experimental Economics Laboratory de Pékin, enseigner et réaliser des expériences.
Un workshop annuel BNU-GATE se tiendra à partir de mai 2010 alternativement à Pékin et Lyon.
Enfin, le GATE développe son expertise par une important activité de recherche contractuelle qui s’appuie sur des partenariats académiques et non académiques (ministères, mais également entreprises).
Développer une dynamique jointe entre formation et recherche et aider à l’émergence de projets par les juniors. Le GATE est le laboratoire de soutien de deux
mentions de Masters, et plus particulièrement des deux spécialités Economie Quantitative des Comportements et des Marchés (EQCM, responsable : P. Polomé), dont l’enseignement est assuré en anglais (partiellement depuis 2008 et totalement en 2009), et Monnaie, Finance et Gouvernance (responsable : A. Sand) dont l’enseignement est assuré également partiellement en anglais depuis septembre 2008 (l’objectif d’un enseignement totalement en anglais étant fixé pour la rentrée 2010). Le GATE contribue très activement aux activités de l’Ecole Doctorale Sciences Economiques et de Gestion (ED 486) dans le cadre du PRES Université de Lyon, laquelle est dirigée par un enseignant du laboratoire, J.Y. Lesueur.
Le laboratoire accueille des stagiaires de Master 1 et 2 et de nombreux doctorants. Les doctorants partagent des bureaux à deux ou trois, voire même disposent d’un bureau seul dans les derniers mois avant la fin de la rédaction de la thèse. Un bureau collectif est mis à disposition des doctorants sans financement ou en séjour temporaire dans l’unité. Les doctorants ont bien sûr accès sans réserve aux ateliers organisés
par le laboratoire. Ils sont étroitement associés à la préparation et à la tenue des manifestations scientifiques. Un exemple est la préparation d’une exposition sur l’économie expérimentale pour les Journées de l’Economie de novembre 2008 par un groupe associant à la fois des doctorants et des chercheurs confirmés. De même, une expérience conçue par des chercheurs et post-doctorants sera conduite pendant les Journées 2009.
Grâce au soutien de la Région Rhône-Alpes, des programmes Egide du ministère des Affaires
Coopération avec la Chine
Doctorants du GATE
étrangères et européennes et du GATE, le laboratoire encourage fortement les doctorants à faire un séjour de 6 mois dans un département d’économie à l’étranger pendant leur parcours doctoral. Au cours des quatre dernières années, une quinzaine de recherche dans diverses universités (London School of Economics, University of Amsterdam, University of Atlanta, University of Arizona, University of Tucson, Kelley School of Business at Indiana University, …).
Si cela peut parfois allonger la durée moyenne de réalisation de leur thèse, ces doctorants gagnent en échange une expérience contribuant à leur professionnalisation.
Le laboratoire participe également au financement de pré-projets par des juniors pour les aider à constituer des réseaux et répondre ensuite à des appels d’offre (par exemple par une participation aux frais d’hébergement ou de déplacement). Il soutient aussi la participation des juniors à diverses Summer schools.
Favoriser les échanges et la communication au sein de l’unité. Etant répartie sur trois sites, il est capital que l’équipe conserve une unité grâce à la mise en œuvre de principes simples d’organisation et de communication visant à faciliter les échanges scientifiques et les échanges relatifs à la vie de l’unité.
Nos séminaires sont généralistes et fréquentés par les membres de tous les axes. Le séminaire externe est animé en grande partie par des chercheurs internationaux.
Le séminaire interne est destiné à la fois aux doctorants, juniors et chercheurs expérimentés. Les deux séminaires se tiennent selon un rythme hebdomadaire. Un troisième séminaire, à la demande, fonctionne à l’appel des doctorants ou chercheurs, notamment pour discuter de projets préliminaires ou de protocoles expérimentaux avant leur test en laboratoire.
Une Newsletter interne, réalisée par T. Dao et diffusée une fois par mois depuis 2007, recueille les nouvelles
scientifiques des membres du laboratoire, informe des mobilités et constitue un trait d’union entre les composantes de l’équipe.
Les structures de direction sont formalisées autour du Conseil de laboratoire. Ce dernier se réunit cinq à six fois par an. Il est composé à la fois de membres élus (y compris des doctorants) et de membres nommés (principalement les responsables de chaque axe de recherche). Un compte rendu est diffusé rapidement de façon à ce que le Conseil soit non seulement un espace de consultation mais également un vecteur de transmission ascendante et descendante des informations.
L’échange des informations se fait également de manière étendue à l’occasion d’une Assemblée Générale annuelle depuis 2007 qui vise à échanger avec tous les membres de l’équipe sur les orientations stratégiques de l’unité resituée au sein de son environnement institutionnel.
Plus informellement, des réunions sont organisées au jour le jour afin d’assurer une diffusion rapide des informations. Ceci a été particulièrement important lors des négociations concernant B. Fortin U. Laval) en visite au
laboratoire
GATE News, le bulletin interne du laboratoire
l’évolution du périmètre de l’unité avec le CREUSET. Ces réunions permettent une réactivité importante et une association de chacun aux réflexions sur les évolutions de l’unité.
Pour favoriser la cohésion et les échanges d’informations entre personnels administratifs et techniques, une réunion bimensuelle est organisée depuis
2007 avec participation de la directrice de l’unité.
Enfin, un espace de convivialité a été créé au centre du bâtiment pour favoriser les échanges et les croisements dans un bâtiment largement structuré le long de couloirs.
Cette salle a été aménagée de manière à ce que des groupes de travail puissent se former spontanément et confortablement (mise à disposition de tableaux blancs, de machines à café, etc.). Des moments de convivialité sont organisés régulièrement, souvent à l’initiative des doctorants.
Après avoir présenté la production scientifique de l’unité
lors du dernier contrat quadriennal (II), ainsi que les moyens mis en œuvre pour assurer cette production (III), nous présenterons une autoévaluation des forces et faiblesses de l’unité (IV).
Moment de convivialité
PRODUCTION SCIENTIFIQUE II.
Cette section présente le bilan des recherches conduites dans chaque par axe, puis les coopérations internationales, les animations scientifiques et enfin la contribution du laboratoire à la formation à la recherche et à l’Ecole Doctorale.
Bilan des recherches par axe 1.
Pour chaque axe, nous présentons successivement l’orientation générale des travaux, les principaux thèmes et résultats de recherche, puis les activités contractuelles ou de valorisation
; nous avons enfin sélectionné les dix publications les plus significatives de l’activité de chaque axe.
Axe Micro-économie du travail et de l’emploi – Responsable :
→
Marie Claire Villeval jusqu’en 2006 puis Jean-Louis Rullière depuis 2007
Membres de l’axe pour la période 2005-2009
*
Chercheurs et enseignants chercheurs
Christian Belzil, Directeur de recherche CNRS (a quitté l’équipe en 2008) Sylvie Démurger, Chargée de recherche CNRS HDR
Martin Fournier, Maître de Conférences
Florence Goffette Nagot, Chargée de recherche CNRS HDR Nathalie Havet, Maître de Conférences
Walid Hichri*, Maître de Conférences Jean-Yves Lesueur, Professeur
Nadège Marchand*, Maître de Conférences Jean-Louis Rullière, Professeur
Patrick Sylvestre-Baron, Maître de Conférences (en retraite depuis 2007) Marie Claire Villeval, Directrice de recherche CNRS HDR
* rattachement à titre secondaire
Doctorants
Bassem Ben Halima, ATER
Mohammend Ali Ben Halima, Thèse soutenue en 2007
Jean-Louis Rullière
Carole Brunet, Thèse soutenue en 2007 Luigi Butera, Allocataire
Nathalie Colombier, Thèse soutenue en 2006 Carole Herbin, Allocataire
Nicolas Jacquemet, Thèse soutenue en 2006 Mathieu Lefebvre, Post-doctorant
Quang Nguyen, Post-doctorant CNRS Sandrine Ollier, Thèse soutenue en 2006 Alberto Palermo, Allocataire
Yohan Pelosse, Thèse soutenue en 2006 Benjamin Pelloux, Allocataire
François Poinas, ATER Julie Rosaz, Allocataire
Sabrina Teyssier, Thèse soutenue en 2008 Isabelle Vialle, ATER
Ferdinand Vieider, Post-doctorant ANR Hui Xu, Allocataire
Orientations scientifiques
*
Les recherches menées dans cet axe relèvent de la micro-économie du travail. Ceci inclut bien évidemment l’analyse du marché et ses dysfonctionnements, mais aussi l’étude du travail comme une ressource gérée tout au long de la vie et dans la firme, où la question de la motivation et des incitations apparaît centrale. Cette diversité thématique permet d’envisager un glissement de point de vue en passant de la logique anonyme du marché à l’économie des ressources humaines.
Sur le plan méthodologique, ces recherches recourent à une grande diversité d’outils, en conservant constamment le souci de s’inscrire dans une démarche appliquée sans pour autant céder à la tentation de l’empirisme. Le cadre théorique est celui de l’économie de l’information qui permet d’appréhender le rôle des interactions stratégiques et la question de l’efficience et de ses limites en raison de la présence de rentes informationnelles. La dimension comportementale est également au cœur de l’analyse et ouvre à des approches pluridisciplinaires avec des apports venant de la psychologie sociale expérimentale et cognitive voire des neurosciences. La confrontation à l’évidence empirique passe par le recours à des données d’enquête, de laboratoire ou de terrain ; ces deux dernières sources s’inscrivent dans le cadre de l’expérimentation mais l’ensemble exige le plus souvent des traitements économétriques.
Enfin, le fonctionnement de l’axe met l’accent sur l’insertion et la visibilité internationale, les recherches faisant l’objet de coopérations avec des chercheurs de nombreuses universités étrangères, l’organisation de manifestations internationales et des séjours des doctorants du laboratoire à l’étranger.
Capital humain, salaire, trajectoires sur le marché du travail et choix résidentiel Rendement de l’éducation
–
Sous ce thème figurent les travaux de C. Belzil et J. Hansen fondés sur l’estimation de modèles de programmation dynamique de choix discrets en matière d’éducation afin d’estimer un ensemble de paramètres plus grand que dans une structure de forme réduite (Card, 2000 et Eckstein et Wolpin, 1999). Ces choix sont influencés par le taux de préférence inter-temporelle, les transferts monétaires intergénérationnels et le capital humain des parents. Cette modélisation permet une estimation non paramétrique de la fonction de salaires (rendements locaux de l’éducation) et une mesure du biais d’habileté. L’effet de la scolarité sur le salaire témoigne d’un niveau de convexité aigu, et les modèles linéaires apparaissent comme inadéquats pour l’estimation des rendements en éducation.
D’autres travaux de C. Belzil et F. Poinas portent sur la mesure de l’effet de la formation au moment de l’embauche sur la stabilisation dans le premier emploi, sachant que l’accès aux états croisant formation continue et contrat de travail est conditionné par la trajectoire scolaire et le temps d’accès au premier emploi. Par ailleurs, pour mesurer le lien entre attitude face au risque et capital humain, des travaux sont en cours dans lesquels on estime un modèle de scolarité dynamique flexible (Cameron et Heckman, 1998) dans lequel l’aversion est mesurée à l’aide de loteries hypothétiques. Enfin, une analyse expérimentale de N. Marchand et C. Montmarquette a porté sur la certification et l’investissement en formation.
Ecarts salariaux et discrimination –
Cette problématique a été abordée par N. Havet et C. Sofer à la fois d’un point de vue théorique et empirique. Dans un premier temps, le but était d’expliquer le différentiel de salaire croissant entre hommes et femmes durant leur carrière. Pour ce faire, un modèle dynamique de discrimination statistique qui incorpore les décisions d’investissement en capital humain spécifique est proposé : le montant de l’investissement en formation en entreprise et les salaires sont déterminés de façon endogène. Le modèle montre que l’écart de salaire faible en défaveur des femmes en début de carrière, suivi par un différentiel plus important s’explique par un faible investissement en capital humain des femmes et par le lissage des coûts de formations des entreprises entre les différentes périodes.
Dans un second temps, les disparités professionnelles entre sexes ont été abordées empiriquement avec les outils modernes de la micro-économétrie appliquée, en ce qui concerne la valorisation salariale et professionnelle des formations continues, formelles et informelles, en centrant l’analyse sur les différences entre sexes. Les hommes et les femmes ont des taux d’accès similaires pour les deux types de formation continue. Par ailleurs, la formation formelle a exactement la même valorisation professionnelle et salariale pour les deux sexes. En revanche, la formation informelle a une meilleure rentabilité en termes de promotions pour les hommes.
Chez les hommes, c’est davantage leur historique professionnel qui limite les chances d’accéder à un CDI. En revanche, chez les femmes, ce serait davantage les caractéristiques individuelles (manque de qualification, le fait d’avoir des enfants) qui expliqueraient les disparités de trajectoires individuelles.
A partir de 2 enquêtes ménages menées par l’Académie Chinoise des Sciences Sociales en 1995 et 2002, S. Démurger et M. Fournier ont analysé les déterminants des écarts salariaux entre catégories d’employés en Chine urbaine. Ont été analysés les changements sur le marché du travail urbain liés aux questions de segmentation par type d’entreprise, de discrimination
envers les femmes, de segmentation interprovinciale et interrégionale et de ségrégation entre migrants ruraux et résidents urbains. La méthodologie retenue repose sur des méthodes de décomposition à la Oaxaca (1973) / Blinder (1973), enrichies par le biais de micro-simulations fondées sur une modélisation micro-économétrique des salaires et des choix d’activité. L’enjeu était de prendre en compte la coexistence d’entreprises répondant à des logiques très différentes en matière d’emploi et de fixation des salaires (opposition secteur d’Etat / secteur privé) ou encore l’afflux important de migrants en zone urbaine, en compétition directe avec les résidents urbains sur certains segments du marché.
Influence du statut résidentiel sur les performances du marché du travail –
C. Brunet, N. Havet et J.Y. Lesueur étudient les effets du choix du statut résidentiel des individus (propriétaire, locataire, logés à titre gratuit) sur l’accès à l’emploi et la durée des épisodes de chômage. A la suite des travaux précurseurs d’Oswald mettant en évidence une corrélation positive entre taux de chômage et taux de propriétaire sur données agrégées, ces recherches testent la sensibilité des durées de chômage à la nature du statut résidentiel en contrôlant l’endogénéité du choix du statut résidentiel. Les bases de données mobilisées ont été les versions française (PEM) et anglaise (BHPS) du panel européen ainsi que l’enquête TDE – MLT de la DARES. La méthodologie retenue s‘inspire sur le plan théorique des modèles de recherche d’emploi à équilibre partiel et sur le plan économétrique des méthodes paramétriques et non paramétriques des modèles de durée. Si les résultats obtenus confirment l’hypothèse d’Oswald sur l’échantillon français, en revanche celle – ci est réfutée dans le cas anglais où se sont les locataires du secteur public qui semblent rencontrer, toutes choses égales par ailleurs les plus grandes difficultés d’insertion. Les résultats confirment toutes choses égales par ailleurs et après correction des sources d’hétérogénéité inobservables, une influence positive et significative du statut de propriétaire sur la durée des épisodes de chômage.
F. Goffette-Nagot, I. Reginster et I. Thomas ont mis en évidence le rôle de l’accessibilité aux emplois et des aménités naturelles dans la différenciation spatiale des prix des logements.
L’effet des aménités dites naturelles est estimé dans une régression hédonique. Les résultats montrent la plus grande valeur de la qualité de l’environnement en périphérie. Dans le cas français, on met en évidence le rôle de la croissance urbaine dans l’accroissement global des prix immobiliers. C. Dujardin et F. Goffette-Nagot testent l’hypothèse centrale selon laquelle la situation résidentielle des individus influence la probabilité de chômage. L’existence d’effets de quartier dans la probabilité de chômage est testée par l’estimation d’un système de probits simultanés. L’intensité des effets de quartier estimés correspond à une augmentation d’environ 1 point de la probabilité individuelle de chômage. Des données de l’Enquête Logement sont utilisées pour tester l’effet du statut de locataire en logement Hlm sur la probabilité de chômage.
Il apparaît que la moindre mobilité des locataires Hlm n’augmente pas leur probabilité de chômage.
C. Détang-Dessendre, V. Piguet et F. Goffette-Nagot analysent enfin les choix de localisation des ménages le long d’un gradient urbain-rural. L’idée centrale est que les ménages font des choix différents selon leur besoin d’économies d’agglomération, qui diffèrent en particulier selon la position dans le cycle de vie. L’estimation de modèles logits mixtes a été réalisée sur des données de l’Echantillon Démographique Permanent.
Rémunération, incitation, sélection et promotion.
Mode de rémunération, incitation et sélection –
L’efficience des modes de rémunération repose d’abord sur leur effet incitatif. L’estimation d’un modèle structurel de comportement des médecins a montré que l’introduction d’une rémunération à l’acte et au temps améliore la qualité des soins par rapport à une rémunération variable en augmentant le temps consacré aux actes, mais réduit le temps total de travail (N.
Jacquemet). L ‘efficience d’un mode de rémunération repose aussi sur un effet de sélection (Lazear, 2000). Par rapport à un salaire fixe, un salaire variable accroît la productivité mais tend aussi à attirer les salariés les plus productifs et à écarter les salariés les moins aptes. T. Erikson et M.-C. Villeval ont analysé expérimentalement la coexistence de ces effets. Il est cependant apparu que les préférences sociales réduisent l’attraction du salaire à la performance pour les plus qualifiés. D’autres recherches sont consacrées à l’identification de cet effet de sélection (S. Teyssier). N. Data Gupta, A. Poulsen et M.C. Villeval ont ainsi montré que l’attractivité des emplois associés à un mode de rémunération compétitif est inférieure pour les femmes que pour les hommes et explique une partie des inégalités liées à la concentration occupationnelle.
T. Eriksson, S. Teyssier, et M.-C. Villeval ont étudié par ailleurs l’effet du choix du mode de paiement en fonction de caractéristiques individuelles sur la réduction de la variance de l’effort dans les tournois.
T. Erikson, A. Poulsen et M.C. Villeval analysent les interactions entre la politique d’incitations et la politique d’information sur la performance relative des employés, afin de mieux comprendre comment incitations et évaluation conditionnent ensemble l’effort au travail et la motivation.
Une expérience a permis d’étudier la sensibilité de la présence d’effets de pairs au travail selon la politique d’information (absence de retour sur le niveau de performance relative, retour à mi- parcours sur la performance relative ou bien encore information continue) selon que les agents sont rémunérés à la pièce ou selon un mécanisme de type « tournoi ». Un feedback continu n’améliore pas la performance mais peut avoir des effets pervers sur la qualité du travail (effets de pairs qualitatifs).
Evaluation, promotions et carrières –
La dynamique de promotion met en jeu l’étendue de la connaissance des firmes sur la capacité des salariés et donc le degré d’imperfection de la concurrence sur le marché. Des recherches de C. Belzil et M. Bognanno comparent la pertinence des modèles d’apprentissage asymétrique (choix dynamiques discrets) et des modèles statiques d’apprentissage symétrique. On a ainsi identifié sur données américaines la part de l’hétérogénéité des promotions imputable au capital humain de l’individu, à l’hétérogénéité non observée, aux caractéristiques temporelles et à la dynamique promotionnelle de la firme. Le pouvoir de monopsone de l’employeur permis par sa meilleure information aide à comprendre la dynamique des salaires. De façon générale la dynamique des promotions met en évidence que le processus aléatoire générant les promotions peut être représenté par un processus statique. L’effet des promotions passées est peu important. Cependant, et en accord avec certains modèles avec information asymétrique, l’effet des promotions passées est positif dans une sous population, et en particulier parmi les moins éduqués.
Une question importante tient aux règles d’affectation des salariés aux emplois. Les firmes utilisent souvent des promotions pour sélectionner les employés selon les différents emplois.
Cependant, le principe de Peter assure que la productivité des employés a tendance à chuter après une promotion. Lazear (2004) suggère que l’auto-sélection peut améliorer l’efficacité de l’allocation de la main d’œuvre aux emplois tout en préservant l’effet incitatif des promotions.
D. Dickinson et M.C. Villeval ont reproduit le principe de Peter en laboratoire et ont comparé l’efficacité d’une norme exogène de promotion avec celle d’une allocation endogène. L’auto- sélection de la part des employés n’améliore pas l’efficience.
Interactions et comparaisons sociales Mesure des effets de groupe –
L’interdépendance des comportements à travers les normes sociales peut générer une multiplicité d’équilibres (Akerlof, 1980). Toutefois, il est impossible de distinguer à l’équilibre entre effets endogènes et effets exogènes de groupe en raison de problèmes d’identification (Manski, 1993). Dans une recherche de B. Fortin, G. Lacroix et M.C. Villeval appliquée à l’évasion fiscale mais de portée méthodologique plus générale, les effets endogènes du groupe sont isolés de ses effets exogènes liés à ses caractéristiques et des effets corrélés. Ceci est permis d’une part par l’utilisation de données expérimentales et par l’estimation de modèles avec double censure et régresseurs endogènes.
Utilité, inégalités et comparaisons –
A; Clark, D. Masclet et M.C. Villeval ont étudié la sensibilité des individus aux comparaisons sociales. Des recherches visent à mettre en relation les hypothèses de réciprocité, de comparaison et d’aversion à l’inégalité. La décision d’effort (et pas seulement la satisfaction) est influencée par le salaire absolu mais aussi par le rang dans la distribution des salaires. Par ailleurs, les sanctions associées à la pression entre pairs dans les équipes peuvent être prédites par la nature des inégalités au sein des groupes mais ne peuvent pas pour autant être expliquées par l’aversion à l’inégalité des sujets. Si le resquillage égalise les ressources à un bas niveau, les sanctions tendent à les égaliser à un niveau élevé.
Contrôle, responsabilité et sanctions –
La théorie de l’agence suppose qu’un contrôle plus strict par le principal devrait pousser les agents à délivrer un niveau optimal d’effort, tandis que certains travaux d’économie comportementale supposent au contraire l’existence d’un effet d’éviction de la motivation intrinsèque par l’existence du contrôle (Frey 1993). D. Dickinson et M.C. Villeval montrent à l’aide d’une expérience de laboratoire que beaucoup de principaux s’engagent dans un niveau de contrôle excessif et que la plupart des agents réagissent à l’effet disciplinaire du contrôle en augmentant leur effort. Cependant, il apparaît aussi un certain effet d’éviction de l’effort au-delà d’un certain seuil de contrôle, manifestant un manque évident de confiance, mais uniquement lorsque la relation d’emploi est durable.
Une autre expérience de N. Joubert, S. Hind et J.-L. Rullière montre qu’un contrôle intense lors de la période de probation est inefficace car il transmet une information biaisée sur l’honnêteté des agents. Ces travaux débouchent sur deux perspectives. Un nouveau programme étudie la dénonciation dans la lutte contre le travail au noir. Il s’avère que la possibilité de dénonciation peut constituer une menace encourageant la fraude. Il s’agit alors de tester expérimentalement l’existence d’un équilibre de silence collusif (N. Jacquemet et J.-L. Rulliere). S’intéressant à un autre mécanisme fondé sur la responsabilisation, une autre expérience s’interroge sur l’efficacité d’une individualisation de la prise en charge des conséquences d’un déficit collectif de contributions, à travers soit une taxation renforcée, soit le rationnement de l’accès au bien public (L. Lévy-Garboua, C. Montmarquette, M.C. Villeval).
Tout mécanisme punitif entretient un rapport complexe avec le bien-être. D. Masclet et M.C.
Villeval montrent que les déterminants comportementaux de la punition restent conditionnés
par le rôle du revenu relatif et des comparaisons de revenu. Leurs résultats expérimentaux indiquent que les sujets punissent même quand ils ne peuvent pas changer la distribution des revenus. Par ailleurs, l’intensité de la punition augmente avec le niveau des inégalités interindividuelles. Finalement, malgré son coût, la punition contribue à une amélioration du bien-être par une réduction progressive des inégalités.
Caractéristiques psychologiques individuelles et comportement économiques.
Comportements face au risque et à la compétition –
La programmation dynamique est également utilisée par C. Belzil pour estimer des modèles de choix dans lesquels l’attitude envers le risque, la préférence pour l’éducation et le rendement de l’éducation sont obtenus simultanément. A l’aide de données italiennes uniques (le panel SHIW de la banque d’Italie), un modèle de scolarité dynamique flexible (Cameron et Heckman, 1998) est estimé dans lequel le degré d’aversion au risque est mesuré à l’aide de questions reliées à des loteries hypothétiques. Cela a permis de distinguer l’importance relative de quatre facteurs : antécédents familiaux, habileté sur le marché du travail, aversion au risque et hétérogénéité résiduelle. Cela a permis aussi de déterminer le niveau de risque subjectif perçu par les agents et de distinguer le facteur latent pertinent, l’aversion au risque et l’erreur de mesure. A partir de données psychométriques disponibles dans le GSOEP (données de panel allemandes), on parvient à décomposer l’effet global de l’attitude face au risque en deux éléments distincts ; le degré d’aversion classique (identifié à partir de comportements réagissant à des risques mesurés objectivement) et le degré de subjectivité, identifié à partir de la propension à percevoir un degré de risque plus ou moins grand.
Alors qu’il existe une tension sur le report de l’âge de départ à la retraite, les employeurs restent toujours peu disposés à employer des salariés âgées. G. Charness et M.C. Villeval ont conçu et réalisé une expérience de laboratoire et de terrain en entreprises entre des seniors et des juniors afin de mesurer l’attitude face au risque, à la coopération et à la compétition, et la sensibilité des actionsà une information sur la diversité de composition des équipes. Ils montrent que les seniors ne sont pas plus averses au risque ni moins compétitifs que leurs cadets bien que plus coopératifs, en particulier dans des équipes mixtes, ce qui démontre l’intérêt de maintenir des travailleurs seniors dans les équipes de travail. Une autre expérience de terrain dans des villages vietnamiens (Q. Nguyen et C. Camerer) propose également une nouvelle approche de la mesure des attitudes face au risque et des préférences temporelles.
Biais cognitifs, émotions et neuroéconomie.
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A partir de résultats récents issus de la psychologie sociale et cognitive, on peut montrer que l’optimisme relatif affecte profondément la performance économique. Pour cela, on identifie une mesure de distorsion des probabilités qui traduit un biais d’optimisme. L’expérience mise en œuvre par N. Jacquemet, J.-L. Rulliere et I. Vialle confirme l’existence d’un tel biais d’optimisme comparatif dans le contexte d’une décision risquée. De son côté, F. Vieider a conduit plusieurs expériences en théorie de la décision pour montrer comment la responsabilité réduit les biais de perception en matière de choix de loteries complexes.
L’économie des comportements a connu un succès grandissant en grand partie grâce au développement des expérimentations en économie. La poursuite de ce succès apparait pour beaucoup devoir être misée sur les perspectives de la neuroéconomie, qui n’en serait donc rien d’autre qu’un prolongement naturel. B. Pelloux, J.-L. Rullière et F. van Winden montrent qu’il ne s’agit en rien d’un prolongement mais d’un véritable choix méthodologique fondé sur
une vraie rupture. Cette question peut d’ailleurs être parfaitement résumée par le principe de Camerer, Loewenstein et Prelec : enquêter directement sur le cerveau et pas sur la personne.
Pour l’économiste, observer l’activité cérébrale serait donc plus pertinent pour comprendre le comportement que de l’observer directement.
Un programme de recherche porte sur le rôle des émotions dans les choix économiques. Par exemple, les modèles économiques ignorent habituellement le coût émotionnel du mensonge.
A partir d’une expérience sur la fraude fiscale, G. Coricelli, M. Joffily, C. Montmarquette et M.C. Villeval estiment les rapports entre les émotions, la tricherie et le processus décisionnel.
Les émotions sont mesurées par des réponses de conductance de la peau grâce à l’acquisition d’équipements de mesures physiologiques. L’intensité des émotions prévues et anticipées avant la décision est corrélée avec la proportion de revenu non déclaré. Ce phénomène est renforcé quand l’opprobre sociale est manipulée.
Coopération, valorisation de la recherche
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Des articles ont été rédigés et des recherches sont en cours avec des chercheurs de nombreuses universités étrangères. Pour ne citer que l’Amérique du Nord : George Mason Université, Washington, Université de Californie à Santa Barbara, Georgia State University, Temple University à Philadelphie, Appalachian State University, Université de Pittsburgh, CIRANO, Université Concordia, Université Laval de Québec, entre autres. Les doctorants de cet axe ont chacun effectué en 2e ou 3e année de thèse un séjour de 6 mois dans l’une des universités suivantes : Universités d’Arizona à Tucson, de Californie à Berkeley, Chicago, Connecticut, Atlanta, Québec, Montréal, Aarhus, Amsterdam, Barcelone, Nova de Lisbonne.
Plusieurs contrats ont été obtenus durant cette période avec les organismes suivants: ANR EMIR (Experiments on Motivation, Incentives and Rationality) – 2008-2010, Ministère canadien des ressources humaines sur « Education et formation sur le cycle de vie », Ministère canadien des finances sur « Politique fiscale et responsabilité », MiRE-DREES du Ministère du Travail sur « Inégalités et comparaisons », Fonds National de la Science pour la préparation du projet intégré
« Human Resources – Field Data and Experiments in Personnel Economics », ACCOSS sur « Travail au noir et contrôle », ACI Villes, ACI Inter SHS du Ministère de la Recherche « Ressources Humaines, Interactions Stratégiques et Expérimentation », ACI Travail sur la gestion des compétences, Région Rhône-Alpes sur « Modélisation des comportements et effets de groupe
», DARES du Ministère du Travail sur « Licenciements et trajectoires de recherche d’emploi ».
Bibliographie Indicative
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Belzil Ch., Hansen J. A Structural Analysis of the Correlated Random Coefficient Wage Regression, Journal of Econometrics, 2007, vol 140, 2, October, 827-848.
Belzil C., Bognanno M. (2008). Promotions, Demotions, Halo Effects and the Earnings Dynamics of American executives, Journal of Labor Economics, 26, 2, pp. 287-310.
Bourguignon F., Fournier M., Gurgand M., Selection bias corrections based on the Multinomial Logit model : Monte-Carlo comparisons, Journal of Economic Surveys, 2007, Vol. 21 Num. 1, 174-205.
Brunet C., Clark A., Lesueur J.Y. Statut résidentiel et durée de chômage en France et au Royaume
- Uni: Des faits stylisés aux résultats micro économétriques », Revue Française d’Economie, Novembre 2007
Camerer C., Nguyen Q. (2009). Risk and Time Preferences Linking Experimental and Household Data from Vietnam », American Economic Review, A paraître.
Charness, G., Villeval, M.-C. (2009). Cooperation, Competition, and Risk Attitudes : An Intergenerational Field and Laboratory Experiment, American Economic Review, 99(3), 1-28.
Dickinson, D., Villeval, M.-C. (2008). Does Monitoring Decrease Work Effort ? The Complementarity Between Agency and Crowding-Out Theories. Games and Economic Behavior. 63, 56-76.
Fortin, B., Lacroix G., Villeval M.-C. (2007). Tax Evasion and Social Interactions. Journal of Public Economics, 91, 2089–2112.
Havet N., Sofer C., Why Do Women Wages Increase so Slowly throughout their career? A Dynamic Model of statistical Discrimination, Labour, forthcoming, 2008.
Jacquemet N., Rullière J-L., Vialle I. (2008). Monitoring Optimistic Agents, Journal of Economic Psychology, vol. 29(5), p. 698-714.
Pelloux B., Rullière J-L., van Winden F. (2008). La Neuroéconomie dans l’Agenda de l’Economie Comportementale. Revue Française d’Economie, n°4, 2008
Axe Organisation industrielle – Responsable : L. Flochel jusque
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2007 puis S. Robin depuis 2008
Membres de l’axe pour la période 2005-2009
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Chercheurs et enseignants chercheurs
Michel Auvolat, Ingénieur d'études CNRS (en retraite depuis 2007) André Barcet, Maître de Conférences (en retraite depuis 2008) Joël Bonamy, Ingénieur d'études CNRS
Jean-Jacques Chanaron, Directeur de recherche CNRS Sylvie Démurger*, Chargée de recherche CNRS
Laurent Flochel, Professeur (en disponibilité depuis 2007) Martin Fournier*, Maître de Conférences
Florence Goffette-Nagot, Chargée de recherche CNRS Walid Hichri, Maître de Conférences
Nadège Marchand, Maître de Conférences
Michel Pariset, Maître de Conférences (en retraite depuis 2007) Philippe Polomé, Professeur, arrivé au GATE en 2007
Stéphane Robin, Chargé de recherche CNRS
Stéphane Robin
Agnieszka Rusinowska, Chargée de recherche CNRS Bruno Versaevel, Professeur EM Lyon
* rattachement à titre secondaire
Doctorants
Emilie Dargaud, thèse soutenue en 2007 Haikel Khalfallah, Allocataire
Mohamed Anouar Razgallah, thèse soutenue en 2007 Katerina Straznicka, Allocataire
Orientations générales et synthèse des travaux
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Le bilan des activités de cet axe montre une grande diversité tant sur le plan des champs de recherche investis que sur celui des méthodologies mises en œuvre. Cela s’explique en partie par de nombreux mouvements de personnes. Laurent Flochel, responsable de cet axe jusqu’en 2007, a quitté le monde académique. Inversement, Philippe Polomé et Agnieszka Rusinowska, mais aussi Sylvie Démurger et Martin Fournier pour une partie de leurs recherches, sont venus renforcer l’axe et apporter leurs propres problématiques de recherche.
Organisation industrielle de la R&D
A l’exception des recherches conduites dans le secteur de l’automobile par JJ Chanaron, les travaux développés sur le thème de l’organisation industrielle de la R&D sont de nature théorique. Ils reposent tous sur la construction de modèles, qui empruntent à la théorie des jeux, et aboutissent à des caractérisations de stratégies d’entreprise. Les résultats obtenus ont en général des implications en termes de politique publique.
Efficacité comparée des différents modèles d’organisation de la R&D –
Cette recherche théorique compare trois modèles d’organisation de la R&D (D. Vencatachellum, et B. Versaevel). Dans chaque modèle, les entreprises choisissent d’abord leur niveau de R&D avant de se concurrencer sur le marché de produits en choisissant leurs quantités. En raison de “fuites” de connaissances, chacune des entreprises profite partiellement des progrès technologiques obtenus par l’autre entreprise. Dans le premier modèle, les entreprises ont recours à leurs propres laboratoires et coopèrent dans leurs choix de niveau de R&D. Dans le second modèle, chaque entreprise conduit aussi ses activités de R&D dans ses propres laboratoires, mais de façon non-coopérative. Enfin, dans le troisième modèle, chacune des entreprises contracte bilatéralement, et sans coopérer, avec un même laboratoire indépendant.
Il est démontré que la délégation de la R&D à un laboratoire indépendant domine (au sens de Pareto) les deux autres modes si les complémentarités au sein du laboratoire indépendant sont suffisamment fortes et si les “fuites” de connaissance inter-entreprises sont suffisamment faibles. L’externalisation profite toujours aux consommateurs.
Délégation efficace de la R&D –
Ce travail (E. Billette de Villemeur et B. Versaevel) étudie les incitations pour les entreprises à