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DE NOUVEAU L ALERTE DANS LES HÔPITAUX

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Academic year: 2022

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LIRE L’ARTICLE DE DJAMILA KOURTA EN PAGE 3

En une semaine, soit depuis jeudi 8 octobre, 1111 nouveaux cas ont été confirmés positifs à la Covid-19

et 51 décès supplémentaires ont été enregistrés.

RECRUDESCENCE DES CAS DE COVID-19

«LA SEINE TÉMOIGNE DE CE FLEUVE DE SANG»

LIRE LES ARTICLES DE MUSTAPHA BENFODIL ET DE OMAR K. ET L’ENTRETIEN DE NADIR IDDIR EN PAGE 5

IL Y A 59 ANS LES MASSACRES DU 17 OCTOBRE 1961 À PARIS

◗ Il y a 59 ans jour pour jour, des centaines d’Algériens, qui manifestaient pacifi quement en bravant le couvre-feu imposé par le préfet de police Maurice Papon, étaient jetés dans la Seine, dans l’abîme d’une sanglante nuit parisienne dont le souvenir demeure toujours vif et douloureux.

PHOTO :DR PHOTO : B. SOUHIL

LIRE L’ARTICLE DE ABDELGHANI AÏCHOUN EN PAGE 3

«L’ALGÉRIE EST À LA VEILLE D’UNE ÉTAPE IMPORTANTE»

LE CHEF DE LA DIPLOMATIE FRANÇAISE AU SUJET DU RÉFÉRENDUM SUR LA CONSTITUTION

DE NOUVEAU L’ALERTE

DANS LES HÔPITAUX

DES PRÉVISIONS PESSIMISTES DU FMI

POUR L’ALGÉRIE

■ Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une chute historique du Produit intérieur brut (PIB) réel

à -5,5% en 2020 avant une légère reprise de 3,2%

l’année prochaine.

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES

LIRE L’ARTICLE DE SAÏD RABIA EN PAGE 6

LE QUOTIDIEN INDÉPENDANT - Samedi 17 octobre 2020 N°9153 - Trentième année - Prix : Algérie : 30 DA. France : 1 €.

USA : 2,15 $. ISSN : 1111-0333 - http://www.elwatan.com

221 NOUVEAUX CAS, 126 GUÉRISONS ET 5 DÉCÈS EN 24H

COVID-19

PHOTO : D. R.

LIRE L’ARTICLE DE HOCINE LAMRIBEN EN PAGE 4

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

Des actrices se mobilisent Des actrices se mobilisent

contre les féminicides contre les féminicides

Bahia Rachedi Souhila Maalem Leila Touchi Salima Abada

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L ’ A C T U A L I T É

CES CRÉDITS ASTRONOMIQUES ACCORDÉS À ALI HADDAD

Le Trésor public était entre des mains scélérates

Des hommes-clés de l’Etat, à l’instar des Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, des ministres zélés et sans aucune loyauté envers la patrie, ont ouvert les portes du Trésor public à ces privilégiés voraces.

O

n a beaucoup dit du régime Bouteflika, mais une chose est sûre, il a été pendant vingt ans le tiroir-caisse pour toutes les fripouilles de la République. Ali Had- dad, les frères Kouninef, la sulfureuse

«Mme Maya» et d’autres se servaient dans le Trésor public comme on se sert dans la marmite de maman. Des hommes clé de l’Etat, à l’instar des Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, des ministres zélés et sans aucune loyauté envers la patrie, ont ouvert les portes du Trésor public à ces privilégiés voraces.

Trafic d’influence, blanchiment d’argent, obtention d’indus privilèges immobiliers et bancaires, détourne- ment de fonciers et de concessions, conclusion de marchés publics en violation de la législation en vi- gueur, non-respect des engagements contractuels dans la réalisation de projets publics... Les chefs d’incul- pation qui renvoient cette voyoucratie en prison se ressemblent. Les verdicts aussi. Mais au-delà des condamna- tions et de la satisfaction ou non que peut en tirer le grand public, c’est l’ampleur du préjudice causé au Tré- sor public et la facilité avec laquelle on se jouait des biens de la nation qui marqueront la conscience et la mé- moire collectives. Les chiffres livrés par Ali Haddad donnent le tournis. Le magistrat qui présidait au procès en appel tenu durant la semaine écoulée avait du mal à suivre le défilement des chiffres tellement les montants dépassaient l’entendement. En vingt ans, le groupe ETRHB appartenant à l’ex-patron du FCE, aujourd’hui emprisonné à Tazoult, a décroché 134 marchés publics d’une valeur de 748 milliards de dinars, et 457 crédits d’investissement et crédits bancaires.

Des marchés relevant essentiellement du bâtiment et de travaux routiers.

Mais le groupe a obtenu aussi des concessions dans de nombreux ports d’Algérie et des dizaines de milliers d’hectares de terres pour soi-disant développer l’agriculture, ou encore des parts dans le groupe industriel Fertial. C’était le chouchou d’El Mouradia et qu’importe la perfor- mance de ses entreprises. L’autre symbole de la dérive du régime, Zou- likha Nachinech, alias «Mme Maya», faisait la pluie et le beau temps sous le ciel algérien, profitant de la ser-

vitude et de l’immoralité des hauts responsables de l’Etat. Idem pour les frères Kouninef.

CRÉDITS INJUSTIFIÉS

Lors de leur procès, tenu en sep- tembre dernier, on avait appris aussi que le groupe KouGC, à travers ses filiales, a causé au Trésor public des pertes estimées à plus de 270 mil- liards de dinars, dont 186 milliards de dinars dues aux crédits injustifiés oc- troyés au groupe par des banques pu- bliques et 75 milliards de dinars aux indus privilèges obtenus par le même

groupe. Chaque procès de la «îssaba»

est devenu l’occasion de s’exclamer ou de tourner de l’œil devant ces montants astronomiques dilapidés par une poignée d’individus. Et ce ne sont là que les conclusions d’en- quêtes parcellaires et non exhaustives réalisées dans les limites des capaci- tés des organes d’investigation et la volonté politique de tout mettre sous les lumières de la vérité et le glaive de la justice. L’ampleur de la saignée est proportionnelle à la faiblesse des pro- tections du Trésor public. Le fléau de la corruption démocratisé par Bou-

teflika a certes traversé et gangrené l’ensemble des couches de la société, mais on ne retiendra que ce qui frappe les consciences. Les dérives du premier cercle du Président ont mis en danger de mort la nation algé- rienne. Si ces gangsters en cols blancs ont été mis hors d’état de nuire, les Algériens ne se font pas d’illusions et savent que leur Trésor ne sera jamais à l’abri tant que la matrice qui a produit Bouteflika et son système criminel n’est pas neutralisée.

Nouri Nesrouche Les chiffres livrés par Ali Haddad donnent le tournis

PHOTO : DR

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

Le concours de mastère offi ciellement supprimé

Au titre de l’année universitaire 2020-2021, les nouvelles conditions d’inscription au master sont enfin dévoilées. Tous les nouveaux licenciés peuvent désormais

aspirer à aller vers des études supérieures sans passer de concours.

D

ans l’arrêté ministériel n°751 daté de ce 14 octobre, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a mis en lumière les nouvelles conditions d’admission, d’inscription et d’orientation en post-graduation au vu d’obtenir le diplôme de master. Pre- mière mesure prise : pas de concours pour faire des études de graduation. «Tous les étudiants ayant obtenu une licence ou tout autre diplôme universitaire équivalent peut prétendre aux études de master. L’établissement d’enseignement supé- rieur garantit à tous les titulaires de licence des places péda- gogiques en master. Il est réservé 20% de plus en matière de places pédagogiques pour les anciens diplômés», lit-on dans ce document officiel qui précise que le dossier à fournir pour les licenciés qui veulent poursuivre leur enseignement supé- rieur dans leur université consiste en une lettre de motivation et un formulaire disponible sur le site de l’établissement.

Pour ceux venant d’autres campus, ils doivent ajouter à ce dossier leurs relevés de notes des 4 années universitaires, celui du baccalauréat et leur diplôme final. L’orientation de ces préposés au master se fera selon leurs moyennes, leurs

fiches de vœux et aussi le nombre de places pédagogiques dans chaque spécialité. Les résultats des orientations sont délivrés par la commission de classement et d’orientation et disponible sur le site web du campus universitaire. C’est sur la base de ces résultats que se fera l’inscription. Les étudiants ayant déjà eu un master doivent attendre 5 années pour pou- voir aspirer s’inscrire de nouveau dans une nouvelle branche.

Ce nouvel arrêté, qui met fin à toutes les dispositions légales précédentes régissant ce type d’études, s’inscrit dans le cadre de la réforme du système universitaire entrée en vigueur dès ce mois de septembre.

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait déjà annoncé lors d’une réunion du Conseil des ministres que les cycles master et doctorat seraient désormais ouverts à toute personne désirant continuer ses études. Même si cette mesure, qui met fin à toute sorte de discrimination dans l’ac- cès à ces études de post-graduation, est très bien accueillie par la majorité des étudiants, certains sont totalement contre.

Ils estiment que ce cycle d’études consacré seulement aux étudiants ayant réussi au concours, perd toute sa valeur.

PSYCHOTROPES

De nouvelles ordonnances à partir du 3 novembre 2020

Le Syndicat national des pharmaciens d’offi cines (Snapo) a révélé, mercredi dans un communiqué, qu’à partir du 3 novembre 2020, «aucune prescription de ces médicaments ne sera autorisée avec une ordonnance ordinaire, mais une ordonnance à plusieurs copies de diff érentes couleurs avec un numéro de série». Les psychotropes soumis à des lois spécifi ques et strictes et selon l’arrêté ministériel du 9 juillet 2015 et la circulaire du Journal offi ciel et en application des dispositions des articles 2 et 3 de la loi 04-18, «il n’est pas autorisé de prescrire ces médicaments avec une ordonnance ordinaire mais une ordonnance à plusieurs copies de diff érentes couleurs avec un numéro de série» comme le stipule la loi, note la source. Ces nouvelles mesures entreront en vigueur «à compter du 3 novembre 2020 conformément aux mesures du décret exécutif 19-397 publié dans le Journal offi ciel dans sa première édition du 5 janvier 2020», ajoute la source. Selon le communiqué du Snapo, l’entrée en vigueur de ces nouvelles mesures était prévue à compter du 5 avril 2020, ajoutant que sa mise en œuvre par l’adoption d’un autre décret exécutif du 3 mai 2020 a été reportée de six mois en raison de la propagation de la Covid-19. R. S.

LE MOUDJAHID HANNACHI MAYOUF, MEMBRE FONDATEUR DE L’UGTA, N’EST PLUS

Le moudjahid Hannachi Mayouf dit «Abdellah», un des membres fondateurs de l’Union générale de travailleurs algériens (UGTA) s’est éteint à Paris à l’âge de 95 ans des suites d’une longe maladie, a-t-on appris jeudi auprès de ses proches. Né en 1925 à N’gaous (Batna), le défunt Hannachi Mayouf, ancien docker au port d’Alger, était connu pour son engagement dans le combat syndicaliste et national. Il a été emprisonné pendant quatre ans et torturé durant 6 mois lors de la Guerre de libération nationale. Hannachi Mayouf a partagé la même cellule avec le martyr Aissat Idir. Le défunt a été inhumé après la prière de Dohr au cimetière de Sidi Yahia à Alger.

(3)

U

n rebond de nouvelles hospita- lisations pour Covid-19 ainsi que dans les services de réa- nimation et aux urgences laisse com- prendre que l’épidémie redémarre.

Après avoir noté une décrue progres- sive du nombre de cas de Covid-19 le mois dernier, les services des urgences enregistrent une moyenne de quatre à cinq nouveaux cas supplé- mentaires par jour. Le constat est fait à travers plusieurs structures hospita- lières de la capitale et dans la wilaya de Blida, l’épicentre de l’épidémie.

Le relâchement face aux mesures barrières, la reprise des activités économiques et sociales ont favo- risé l’apparition de nouveaux clusters dans des entreprises et aux sein des familles. Ainsi, le bilan officiel fait état, jeudi dernier, de 193 nouveaux cas en 24 heures et 9 décès. En une semaine, soit depuis jeudi 8 octobre, 75 nouveaux cas ont été confirmés positifs à la Covid-19 et 51 décès sup- plémentaires ont été enregistrés. A l’hôpital de Boufarik, spécialisé des maladies infectieuses et où 2600 pa- tients Covid-19 confirmés à la PCR ont été hospitalisés depuis le début de l’épidémie, commence à connaître une nouvelle cadence du nombre de cas. «Il y a une semaine, nous avions enregistré un taux de 30%

d’occupation des lits sur l’ensemble des services, à savoir la médecine in- terne, la chirurgie et les services des maladies infectieuses. Aujourd’hui, ce taux passe à 90% d’occupation.»

«On commence à sentir une légère augmentation du nombre de cas. Il y a une semaine, quatre à cinq malades étaient hospitalisés et depuis deux jours nous accueillons entre 15 à 20 cas», affirme le Dr Mohamed Yousfi, chef de service des maladies infec-

tieuses à l’EPH Boufarik. Il précise que ces cas, souvent modérés ou sé- vères, nécessitent des soins dans les 24 heures suivant leur hospitalisation.

«Nous sommes un des rares centres à utiliser de manière systématique la PCR pour le diagnostic et le contrôle à la fin de l’infection.»

RELÂCHEMENT

Dr Yousfi, explique ce rebond suite au relâchement constaté depuis quelques semaines. «Parmi ces nou- veaux cas, il y a de nombreuses familles contaminées. Certains sont tous des membres d’une même fa- mille qui sont infectés suite à une fête de mariage», a-t-il souligné.

La crainte d’une recrudescence du nombre de cas dans les prochains jours est exprimée par les profession-

nels de la santé avec la rentrée sociale et universitaire qui risque de se com- pliquer avec l’arrivée de la grippe sai- sonnière. «Ce qui est sûr, est que de nouveaux cas arrivent plus nombreux à l’hôpital ces derniers jours, mais on attend encore, tout en sachant que l’environnement actuel s’y prête pour enregistrer une recrudescence de l’épidémie avec l’hiver qui approche.

Elle ne sera pas la même que celle que nous avons connue au printemps dernier», a-t-il averti.

D’où l’intérêt de réfléchir à renforcer les équipes médicales et à ouvrir plus de lits d’hospitalisation. «Notre équipe est actuellement au bout du rouleau. Nous avons hospitalisé 2600 patients et effectués 12 prélèvement PCR dans des conditions très dif- ficiles. Tous nos appels lancés aux

autorités et aux pouvoirs publics pour renforcer notre structures en moyens matériels et humains sont restés lettre morte.

Il est vrai que nous avons eu une accalmie ces dernières semaines, mais nous avons continué à tra- vailler et à recevoir des malades avec les mêmes effectifs, médical ou paramédical, dont la majorité ont été testés positifs à la Covid-19 et la dernière en date est une assistante en infectiologie. Elle est en confine- ment», déplore le Dr Yousfi. Et de regretter que «le ministère de la Santé ainsi que le Conseil scientifique du suivi de la pandémie ne se soient jamais manifestés pour un échange d’informations et de concertation, sachant que notre hôpital est le plus important au niveau du Centre et

nous rencontrons de nombreuses difficultés pour la prise en charge des malades, vu la vétusté de la structure et le manque de moyens humains et matériels. Nos malades sont encore accueillis et hospitalisés dans des salles communes dans des conditions très précaires», a-t-il souligné, tout en déplorant que l’hôpital de Boufa- rik est en attente d’acquisition d’un automate PCR depuis des années :

«Nous sommes toujours tributaires de l’Institut Pasteur d’Algérie et le laboratoire de l’Institut du rein à Blida n’est pas toujours fonctionnel pour manque de consommables. Tout cela a des conséquences sur la ges- tion du flux de malades.» Le service de réanimation au CHU de Blida commence lui aussi à accueillir des malades graves. «Nous étions sur un rythme plus ou moins bas avec un ou deux malades par 24 heures en réani- mation, mais depuis quelques jours, nous enregistrons une moyenne de 5 à 6 patients par 24 heures qui sont pour le moment des cas familiaux.

Les hospitalisations en réanimation reflètent bien l’évolution de l’épidé- mie», affirme le Dr Adel Boudahdir, médecin réanimateur du service de réanimation au CHU de Blida.

Et de lancer : «Après sept mois de travail sans repos, les équipes sont épuisées. Nous avons eu des congés de maladie suite aux contaminations.

Nous n’avons pas eu le temps de reprendre notre souffle, que l’épidé- mie semble se redéployer.» Il rappelle que le virus est toujours actif : «Nous sommes obligés de vivre avec ce virus tout en respectant toutes les mesures barrières pour casser la chaîne de contamination. Les Chinois s’en sortent bien ...» Djamila Kourta

L ’ A C T U A L I T É

El Watan - Samedi 17 octobre 2020 - 3

En une semaine, soit depuis jeudi 8 octobre, 1111 nouveaux cas ont été confirmés positifs à la Covid-19 et 51 décès supplémentaires ont été enregistrés.

RECRUDESCENCE DES CAS DE COVID-19

Le constat est fait à travers plusieurs structures hospitalières de la capitale et dans la wilaya de Blida, l’épicentre de l’épidémie

PHOTO : B. SOUHIL

LE CHEF DE LA DIPLOMATIE FRANÇAISE AU SUJET DU RÉFÉRENDUM SUR LA CONSTITUTION

«L’Algérie est à la veille d’une étape importante»

Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la République française, Jean-Yves Le Drian, a effectué, jeudi et vendredi, une visite de travail, sur invitation de son homologue, Sabri Boukadoum. C’est sa troisième visite depuis le début de l’année. A sa sortie du bureau du

président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le diplomate français a évoqué le référendum sur la Constitution.

D

e prime abord, il était question d’aborder les relations bilatérales entre les deux pays. Le déplacement du chef de la diplomatie française, qui s’inscrit «dans le cadre des consultations régulières inscrites à l’agenda politique et économique convenu entre l’Algérie et la France pour l’année 2020, permettra de faire le point sur les avancées enregistrées, de part et d’autre, dans la coopération bilatérale marquée ces derniers mois par la concréti- sation d’échéances importantes, telles que la 6e session du Comité mixte économique algé- ro-français, tenue à Alger le 12 mars 2020», avait indiqué un communiqué du ministère des Affaires étrangères. La visite a donné également lieu à «un échange de vues sur les questions régionales et internationales d’inté- rêt commun, notamment la situation au Sahara occidental, le dossier malien et la situation dans la région du Sahel ainsi que la crise en Libye dont le règlement sera au centre des dis-

cussions entre les deux parties». Bien évidem- ment, les entretiens ont certainement débordés de ce canevas, puisque à sa sortie du bureau du président de la République, Abdelmadjid Teb- boune, M. Le Drian a évoqué le référendum sur la Constitution prévu le 1er novembre prochain, comme rapporté par l’agence officielle. A ce sujet, celui-ci a indiqué que «la France souhaite succès et prospérité à ce pays ami dans le plein respect de sa souveraineté», avant d’ajouter que

«l’Algérie est à la veille d’une étape importante qui va amener le peuple algérien à se pronon- cer le 1er novembre sur le projet de révision de la Constitution», relevant que «le président Tebboune a affiché ses intentions de réformes des institutions pour renforcer la gouvernance, l’équilibre des pouvoirs et les libertés». «Il appartient aux Algériens et à eux seuls de traduire les aspirations qui se sont exprimées avec civisme et dignité en une vision politique avec des institutions aptes à la concrétiser»,

a encore ajouté le diplomate français. Pour le reste, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la République française s’est dit

«heureux de constater que la relation bilatérale connaît un nouvel élan». A cet effet, il a salué

«les réformes initiées par le président Tebboune afin de diversifier l’économie algérienne, d’assouplir les procédures et d’accompagner les entreprises innovantes». «Nous saluons cette volonté et notre dialogue reste important afin que les entreprises françaises trouvent toute leur place dans le cadre de ces réformes et continuent de contribuer à la prospérité de l’Algérie», a-t-il ajouté. Bien évidemment, ce- lui-ci a évoqué également, lors de son entre- tien avec M. Tebboune, les crises régionales.

Estimant que l’Algérie est une «puissance d’équilibre qui privilégie le règlement politique des conflits dans un cadre multilatéral», M.

Le Drian a indiqué, au sujet du conflit libyen, que «la France considère, comme l’Algérie,

qu’il n’y a pas de solution militaire et soutient le dialogue politique entre toutes les parties libyennes sous l’égide des Nations unies». «Le rôle des pays voisins, en particulier l’Algérie, est essentiel, car ils sont les premiers concer- nés par les risques que fait poser cette crise et peuvent jouer un rôle stabilisateur auprès des acteurs libyens, à l’inverse des ingérences des puissances extérieures», a-t-il encore ajouté.

Pour ce qui est du Mali, celui-ci a indiqué que

«la France a salué, comme l’Algérie, la mise en place d’une transition, laquelle doit conduire vers des élections ouvertes, libres et transpa- rentes et au rétablissement de l’ordre consti- tutionnel». «Nous appelons, comme l’Algérie, à l’application de l’Accord de paix d’Alger», a-t-il enchaîné. Il faut dire, en dernier lieu, que même s’il n’y a pas eu, jusque-là de visites d’Etat, la crise sanitaire n’aidant pas, les deux chefs de l’Etat, algérien et français, ont eu plu- sieurs appels téléphoniques.

De nouveau l’alerte dans

les hôpitaux

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Des actrices se mobilisent contre les féminicides

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

Parmi elles figurent Bahia Rachedi, Souhila Maalem, Fatiha Oured, Narjes Asli, Leila Touchi et Salima Abada

Cet appel sera suivi par la publication prochaine d’une vidéo, dans laquelle elles dénoncent toutes les formes de violences à l’égard des femmes.

PHOTO : D. R

L ’ A C T U A L I T É

D

es actrices algériennes ont lancé, jeudi dernier, une cam- pagne de sensibilisation pour dire «Stop aux féminicides», un phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur en Algérie, notamment durant la période du confinement sa- nitaire. «Nous, actrices algériennes, nous nous unissons aujourd’hui pour dire stop aux violences faites aux femmes et stop aux féminicides. Nous appelons à la prise de conscience et à la mobilisation générale pour que cesse cette violence», lit-on dans l’appel à la mobilisation lancé sur les réseaux sociaux. L’appel est accom- pagné d’un cliché, largement partagé sur internet, dans lequel les actrices posaient, vêtues de noir, l’air grave et les mains entrelacées, formant une chaîne humaine, symbole d’unité.

Parmi elles figurent Bahia Rachedi, Souhila Maalem, Fatiha Oured, Nar- jes Asli, Leila Touchi et Salima

Abada. Cet appel sera suivi par la publication prochaine d’une vidéo, dans laquelle elles dénoncent toutes les formes de violences à l’égard des femmes, a expliqué la cinéaste et actrice, Adila Bendimerad, une des initiatrices de la campagne de mobi- lisation et de sensibilisation contre les féminicides. «Des actrices rési- dant à Oran et Tamanrasset et même celles établies à Paris (France) vont rejoindre notre campagne», a précisé Adila Bendimerad, jointe hier par téléphone. «Cette campagne répond d’abord à l’urgence de survie. Nous voulions dire stop à toutes formes de violences dont sont victimes les femmes. On ne peut pas concevoir d’avenir politique, économique et so- cial alors que les femmes continuent de subir quotidiennement toutes sortes de violences dont les fémini- cides», s’est-elle-indignée. Outre la dénonciation de la banalisation des

violences faites aux Algériennes, les actrices veulent surtout sensibiliser les Algériens au sujet d’un phéno- mène qui prend des proportions des plus alarmantes.

APPEL À LA MOBILISATION

«Le texte constitue aussi un appel à la mobilisation afin de déclencher une prise de conscience générale de la société et des pouvoirs publics sur l’urgence de protéger les femmes.

Beaucoup parlent de la peine de mort. Or, les femmes ont besoin d’être protégées par la loi face aux féminicides. Elles aspirent à un chan- gement de mentalités», a souligné Adila Bendimerad. Le meurtre sordide de Chaïma, une jeune femme de 19 ans début octobre, avait déclen- ché un vif émoi à travers le pays, relançant le débat sur l’urgence de la lutte contre les violences faites aux femmes. Le suspect, qui s’était rendu

à la police, avait reconnu avoir tué Chaïma. Le juge d’instruction près le tribunal de Boumerdès a ordonné de placer en détention provisoire le meurtrier de la jeune femme. Il est accusé d’homicide volontaire en recourant à la torture. Plusieurs col- lectifs féministes avaient appelé à des rassemblements à Alger, Oran, Bé- jaïa, Tizi Ouzou ou encore Constan- tine afin de dénoncer la banalisation des violences et un système trop dé- faillant. Mais, le rassemblement a été empêché à Alger par la police, alors que des féministes ont été arrêtées avant d’être relâchées à Oran. Malgré l’adoption en 2016 d’une loi contre les violences à l’égard des femmes, le phénomène des féminicides ne cesse de prendre de l’ampleur en Algérie, selon des associations de défense des droits des femmes. Aucun chiffre officiel n’existe, mais «Algérie Fé- minicides», un compte Facebook qui

pallie l’absence de statistiques offi- cielles en faisant un travail de veille, a recensé jusqu’ici 41 cas de meurtre de femmes pour la seule année 2020, une soixantaine en 2019. Un chiffre qui fait froid dans le dos et qui est bien en dessous de la réalité, selon les initiatrices du projet, qui ont lancé un site internet où sont compilées les vies et les photos des femmes victimes de féminicide. Alors que la remise en cause du moratoire sur les exécutions, appliqué en Algé- rie depuis 1993 divise la société, le président Tebboune a ordonné dimanche dernier l’application des peines maximales, sans possibilité d’allègement ou de grâce contre les auteurs de crimes d’enlèvement de personnes «quels qu’en soient les tenants et les aboutissants».

H. L.

QUALITÉ DE SERVICE INTERNET

Des pistes pour combler la fracture

L

es 183 millions d’abonnés de Netflix ne se plaignent jamais de la qualité de réception, y compris lors des diffusions de films les plus attendus. Chez nous, en revanche, il suffit d’une légère augmentation du trafic internet (comme le jour de la publication des résultats du bac) pour congestionner la bande passante et rendre et les clients particulièrement frustrés.

Si bien qu’en août dernier, le chef de l’Etat en personne avait instruit le ministre en charge du secteur à l’effet de «trouver une solution défini- tive au problème de faiblesse du débit internet, définir les facteurs nuisibles et soumettre le dossier au Conseil des ministres si le besoin se fait sentir».

Il est inadmissible qu’en 2020, et à l’heure où le monde profite d’un demi-siècle d’internet (51 ans en ce mois d’octobre), la fracture numé- rique soit toujours aussi béante en Algérie.

Une régression scandaleuse, pour reprendre les mots du président Abdelmadjid Tebboune.

C’est toute la stratégie nationale de développe- ment d’internet qui est rmise en question ici.

Les gouvernements successifs sont respon- sables de notre sous-développement numérique par leur manque d’anticipation, leurs mauvais choix et toute l’approche qui a ignoré le poten- tiel économique des TIC.

La bonne nouvelle, c’est que si demain les mentalités changent au niveau décisionnel, les retards peuvent être rattrapés vite grâce à des solutions techniques simples et peu coûteuses.

Smaïl Saaïdia, expert international en télécom- munications et ancien cadre supérieur d’Algé- rie Telecom, en est convaincu. Il explique :

«L’accès aux sites web basés aux Etats-Unis est plus lent depuis l’Algérie que depuis la France en raison de la stratégie de l’interconnexion et d’échange du trafic internet.»

A travers cet exemple, l’expert, rencontré par El Watan, souligne que l’emplacement des nœuds d’échange du trafic détermine la qualité de connexion dans la mesure où l’installation de ces équipements sur le territoire national garantit un meilleur service.

Hélas, l’Algérie n’a pas investi dans ce type d’équipements. Un défaut aggravé par l’orien- tation des internautes algériens vers les conte- nus étrangers et l’hébergement de la quasi- totalité des sites web algériens hors de nos

frontières. Par défaut.

EFFET TROMBONE

Quand un étudiant de Constantine veut consul- ter le blog d’un enseignant de Mostaganem, sa requête fera des sauts à l’étranger avant de revenir , ce qui génère plus de coûts et plus de latence. C’est ce que les experts surnomment l’effet trombone. Les frustrations sont quoti- diennes. Devant des fenêtres qui refusent de s’ouvrir, nous avons tous tendance à blâmer le Fournisseur d’accès internet (FAI). Pourtant, il n’en est pas toujours responsable, considère M. Saaidia. Pour lui, le problème s’explique davantage par l’absence d’une stratégie pour l’échange du trafic internet ainsi que l’absence de points d’échange en Algérie (points d’inter- connexion des réseaux) «plaque tournante pour le trafic internet entrant ou sortant d’un pays et élément-clé pour fournir aux utilisa- teurs finaux une variété de services.» En effet, les points d’interconnexion à travers le monde permettent aux FAI locaux et aux opérateurs de

dorsale internet d’échanger efficacement et à moindre coût le trafic internet entre eux. Ainsi, les requêtes de l’étudiant constantinois font l’aller-retour dans une boucle locale, sans trop d’escales. Dans une architecture hiérarchisée de la Toile mondiale, les principaux acteurs du réseau internet sont les réseaux de distribution de contenu (CDN), et les points d’échange Internet (IXP). La présence des CDN dans un pays rend internet très rapide, fiable et sécurisé.

Au Nigeria, par exemple, une rétention de 30%

du trafic internet local avait été obtenue grâce à la récente connexion d’Akamai, le leader mondial des services CDN, à l’IXP du Nigeria.

Comme le Nigeria, de nombreux pays ont compris que le haut débit n’est pas seulement un déclencheur technologique, mais aussi un moteur économique. L’investissement dans de nouvelles infrastructures est probablement la seule réponse efficace à l’augmentation du trafic à moyen et long termes, affirme M. Saaï- dia. Les IXP sont des installations techniques qui servent à maintenir le trafic internet à

l’intérieur d’une communauté restreinte (une ville, une région ou un pays) et d’éviter ainsi le routage superflu par des emplacements géogra- phiques reculés. Dans le cas de l’Algérie, les IXP seraient la solution idoine.

LOCALISER LES POINTS D’INTERCONNEXION

Leur rôle, explique notre expert, est de «gar- der le trafic local au sein des infrastructures domestiques et réduire le coût de transit international, améliorer la qualité globale de l’expérience en réduisant les délais et la retransmission, et créer un sol fertile pour le développement de contenus internet locaux et de services numériques localisés.»

La présence d’un IXP va permettre d’attirer da- vantage d’acteurs étrangers, des sites de médias sociaux aux plateformes de streaming vidéo et de commerce électronique qui cherchent à élar- gir leur portée sur le marché algérien afin de permettre à leurs utilisateurs algériens d’accé- der plus rapidement à leurs sites.

A l’instar de nombreux universitaires et profes- sionnels, M. Saaidia plaide pour la création de points d’échange internet en Algérie (des IXP).

De nombreux pays africains ont saisi cette importance stratégique et ont développé durant la dernière décennie cette technologie pour ré- duire significativement la fracture numérique.

«Il existe actuellement 45 IXP actifs situés dans 33 pays à travers l’Afrique. Leur utilisation s’est considérablement étendue, avec plus de 1000 réseaux désormais connectés», pousuit M. Saaidia. Notre pays n’en fait pas partie mais il peut devenir un hub d’échange et d’accès au trafic transfrontalier de la région, ainsi qu’au trafic et aux contenus internationaux, affirme- il. Les responsables du secteur ont besoin pour ce faire de comprendre que cette technolo- gie est une solution prioritaire, facile et pas nécessairement coûteuse.

«Le pays qui se dirige vers l’économie numérique, le e-commerce et le e-paiement ne saurait avancer à pas sûrs sans un débit inter- net fort et efficient», avait déclaré Abdelmadjid Tebboune en septembre dernier. Mais sans une approche courageuse et révolutionnaire, rien ne

changera. Nouri Nesrouche

C’est toute la stratégie nationale de développement d’internet qui est remise en question

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El Watan - Samedi 17 octobre 2020 - 5

L ’ A C T U A L I T É

IL Y A 59 ANS LES MASSACRES DU 17 OCTOBRE 1961 À PARIS

«La Seine témoigne de ce fl euve de sang»

P

euple français, tu as tout vu/ Oui, tout vu de tes propres yeux/ Tu as vu notre sang couler/

Tu as vu la police/ Assommer les manifes- tants/ Et les jeter dans la Seine/ La Seine rougis- sante/ N’a pas cessé les jours suivants/ De vomir à la face/ Du peuple de la Commune/ Ces corps martyrisés/ Qui rappelaient aux Parisiens/ Leurs propres révolutions/ Leur propre résistance/ Peuple français, tu as tout vu/ Oui, tout vu de tes propres yeux/ Et maintenant vas-tu parler ?

Et maintenant vas-tu te taire ?» Ce poème, Kateb Yacine l’a écrit en mémoire des Algériens jetés dans la Seine, dans l’abîme d’une sanglante nuit parisienne un certain 17 Octobre 1961.

Aujourd’hui, nous commémorons le 59e anni- versaire de ces massacres au souvenir toujours vif et douloureux. Dans un document transmis à notre rédaction, le moudjahid Mohamed Ghafir dit Moh Clichy, ancien responsable de la région Nord de Paris (Clichy-la-Garenne), puis chef de la Superzone de la Wilaya I (Paris Rive gauche) au sein de la Fédération de France du FLN, et, à ce titre, un des acteurs et témoins des manifestations du 17 Octobre 1961 dont il entretient ardemment la mémoire, revient sur ces tragiques évènements.

«Au cœur même du pays colonisateur, écrit-il, des Algériennes et des Algériens soumis à une répres- sion féroce caractérisée par des assassinats, des arrestations, des ratonnades, des envois dans les camps de concentration, la chasse au faciès et mille et une actions humiliantes, pressaient l’Organi- sation de faire face. La Fédération se devait d’y répondre.»

«CASSER LE FLN»

Dans un témoignage filmé, Omar Boudaoud, ancien chef de la Fédération de France du FLN qui nous a quittés le 9 mai dernier à Aix-la-Chapelle, en Allemagne, explique que les autorités françaises étaient décidées à «casser le FLN. Par quoi ? Par un couvre-feu. Un couvre-feu du soir au lendemain matin». «Il faut dire qu’ils avaient vu juste dans la mesure où tout le travail du FLN en France se fai- sait après le repas du soir» souligne M. Boudaoud dans ce témoignage vidéo enregistré par l’APS.

Pour répondre au traitement humiliant infligé aux Algériens, le Comité fédéral décide de mener des actions de protestation. «Mais avant d’ordonner

la manifestation, il fallait mettre au courant et avoir l’avis favorable du GPRA», indique l’ancien chef de la Fédération de France. Une fois l’aval du GPRA obtenu, il ne restait plus qu’à passer à l’action. «En réalité, les manifestations devaient se dérouler le 17, le 18 et le 19 octobre», précise le responsable fédéral. «La veille de la manifestation (du 17 Octobre), le responsable des groupes armés du FLN à Paris nous fait parvenir un message. Il

nous a demandé : ‘‘Dites-nous qu’est-ce qu’on doit faire, nous, les hommes de la ‘‘Spéciale’’, si la police française tire sur le cortège ?’’ On lui a répondu : ‘‘Il n’est pas question de tirer un

‘‘seul’’ coup de feu ni d’avoir ‘‘ne serait-ce qu’un’’

canif sur vous ! C’est une manifestation politique et pacifique», insiste l’ancien chef du FLN en France.

Le 17 Octobre 1961, les Algériens sortent par mil- liers, défiant le couvre-feu. Moh Clichy note : «Ce

jour-là, à l’heure où Paris sous la pluie, à l’heure où Paris le pavé noirci reflétant les enseignes au néon, à l’heure où Paris fait la queue aux portes des cinémas, à l’heure où Paris commence à s’amuser, des Algériens et des Algériennes osèrent braver le couvre-feu qui leur était imposé par le préfet de police, le sinistre et fasciste Maurice Papon, connu de tous pour ses pogroms et son passage sanglant à Constantine.» «De la place de l’Etoile à Bonne Nouvelle, à l’Opéra, à la Concorde, aux portes de la ville et au Pont de Neuilly, ces portes qui leur étaient fermées, ‘‘se répandit’’ une marée humaine sans armes, les mains nues, pour clamer haut et fort leur algérianité.» A cet élan pacifique, le pouvoir parisien répond par la brutalité policière, déployant une véritable machine de guerre. Moha- med Ghafir témoigne : «La riposte des forces de la répression, constituées par la police, la garde mobile, la gendarmerie, les harkis, les pompiers, fut aveugle et sanglante. Le bilan est lourd, très lourd.

On dénombre plus de 12 000 arrestations ; des centaines de morts, jetés dans la Seine, jonchant les boulevards, abattus par balles ; plus d’un millier de blessés et d’aliénés à jamais, pour la vie.» «Le peuple français était frappé de stupeur.» Moh Cli- chy clôt son témoignage émouvant par ces mots :

«Paris se souviendra ; la Seine témoignera de ce fleuve de sang et de larmes.» Mustapha Benfodil

● Il y a 59 ans jour pour jour, des centaines d’Algériens, qui manifestaient pacifiquement en bravant le couvre-feu imposé par le préfet de police Maurice Papon, étaient jetés dans la Seine, dans l’abîme d’une sanglante nuit parisienne, dont le souvenir demeure toujours vif et douloureux.

MOHAMMED MEKID. Président de l’association culturelle Témoignages et mémoire

«Les jeunes ne doivent pas oublier les sacrifi ces de leurs aînés»

Votre association se donne pour mission la collecte des témoignages d’acteurs et de témoins de la guerre de libération. Pouvez-vous nous don- ner une présentation succincte ?

Notre jeune association a été créée en 2017, en France, pour répondre à une demande qui nous paraissait pressante de lever le voile sur beaucoup de méconnaissances ou d’oublis du fait colonial et nous voulions surtout perpétuer la mémoire de nos valeureux martyrs et moudjahidine qui ont sacrifié leur vie et leur jeunesse pour l’Indépendance de l’Algérie. Pour cela, nous avons pensé à recher- cher des acteurs de la Révolution qui sont encore vivants, les questionner sur leurs souvenirs de guerre et de combat, les enregistrer pour sauvegar- der leurs témoignages et surtout les faire rencon- trer les jeunes générations pour des échanges, des discussions et des débats qui se sont avérés plus que fructueux lors de nos différentes rencontres organisées jusque-là. Il faut savoir que nous pre- nons toujours comme «prétexte», si je puis dire, à ces rencontres des dates phares de notre histoire.

Quelles sont les séquences historiques de la guerre de libération qui vous intéressent le plus ?

Nous nous intéressons justement à tout ce qui touche à la Révolution et en particulier à des dates phares qui sont souvent célébrées et parfois même

«fériées» sans que la population algérienne en France, et notamment les jeunes, ne sachent à quoi cela correspond au juste ni à quels événements on se réfère. Ainsi, nous célébrons par exemple le 1er Novembre, le 17 Octobre, le 19 Mars, le 8 Mai, le 5 Juillet… en invitant des moudjahidine – ceux de la Fédération de France du FLN par exemple – à venir raconter ce passé douloureux et partager leurs souvenirs avec une assistance toujours de plus en plus nombreuse et avide d’en savoir plus sur cette histoire oubliée. Et justement, nous ne voulons pas que nos jeunes oublient ces sacrifices, mais plutôt qu’ils en soient dignes et fiers pour pouvoir construire leur futur.

Les historiens y prennent-ils part ? Oui, à chacune de nos rencontres, nous fai-

sons en sorte d’inviter des historiens des deux rives – quand c’est possible bien sûr – pour parler

«histoire».

Nous avons pu recevoir, entre autres, Alain Ruscio, Bernard Deschamps, comme nous avons fait venir des moudjahidine comme Louisette Ighilahriz, Leuldja Aoudia, Mohamed Ghafir dit Moh Clichy, Embarek Krouri, alias Barbare, Djilali Ledjima, Mohand Arezki Ait Ouazou…

Tout ça pour dire que les enfants et les jeunes d’aujourd’hui ont besoin de rencontrer réellement ces acteurs de l’histoire dont ils ont peut-être entendu parler un jour par quelqu’un ou par hasard en parcourant un livre…

Vous utilisez à fond les réseaux sociaux. Dans quel objectif ?

Effectivement, nous nous basons beaucoup sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, YouTube et notre site web federationdefrance.fr) car nous estimons que c’est le média le plus rapide et le plus rassembleur aujourd’hui, surtout que nous voulons toucher en premier lieu les jeunes, et ces jeunes sont pratiquement tous adeptes de ces réseaux. D’autant plus que souvent, ils ne lisent pas de journaux et encore moins des livres, alors qu’ils sont branchés h24 sur les réseaux sociaux.

Une autre raison à cela est qu’il nous est possible par ces moyens technologiques de partager des vidéos et vous savez que très souvent l’image est plus parlante et va durer dans le temps.

Des actions (rencontres, conférences, etc.) sont organisées par vos soins en direction des enfants d’Algériens installés en France. Com- ment réagissent-ils ?

Justement, notre initiative d’organiser des rencontres ciblait surtout les jeunes et les enfants à travers leurs parents que nous incitions à venir en famille. Ce n’est pas facile, car pour beaucoup cette histoire appartient au passé et ils ne se sentent plus concernés. Ils préfèrent tourner la page et parler plutôt de leurs problèmes au quo- tidien en tant que «citoyens français», je com- prends un peu ce comportement, mais j’en veux aux parents qui n’ont pas su garder ce lien avec leur «histoire» et leur «pays»… A mon avis, plus que de l’intégration, il y a eu comme un travail d’assimilation, comme si on voulait complètement détruire ce passé, et c’est justement contre cet oubli et contre cette amnésie que notre association veut s’atteler. Les jeunes qui nous aident bénévo- lement dans notre association, ce sont surtout des étudiants algériens venus juste faire leurs études en France et ceux-là, on voit et on sent chez eux cette fibre nationaliste et cette passion de l’Algérie que les «binationaux» n’ont pas.

Quelles sont vos prochaines actions ? Notre premier projet est celui de réaliser des reportages de témoignage des moudjahidine qui seront bientôt disponibles sur le site flnalgerie.

com en cours de réalisation… N. Id.

Le conseil municipal de Mairie d’Ivry (commune située sur la petite couronne parisienne ) a eu à débattre, au cours de son assemblée générale de jeudi dernier, de la baptisation de certaines rues et impasses nouvellement surgies dans le tissu urbain.

Des élus sont intervenus au cours du débat qui s’est instauré sur ce point inscrit à l’ordre du jour, pour interpeller le maire sur la non-satisfaction depuis des années de la proposition exprimée par la majorité en rapport avec l’appellation d’une artère de la ville au nom du «17 Octobre 1961».

Un vice-maire a pris la parole pour s’inquiéter que «chaque année des rues, ruelles et allées reçoivent une dénomination sans que notre proposition sans cesse renouvelée ne soit concrétisée». Sur quoi le maire, Philippe Bouyssou (PCF), répond que les appellations ainsi adoptées ne concernent que des passages et allées, piétons ou autres, et des petites ruelles de moindre envergure. Il argumente ce report chaque année

proposé par le fait «que la baptisation d’une rue au nom du 17 Octobre 1961 doit être à la mesure de la tragédie qui s’est déroulée à cette date précise».

Il enchaînera : «Nous ne donnons notre approbation aujourd’hui qu’à la dénomination de passages adjacents et de petites envergures. Promesse est faite pour que nous puissions, à l’avènement du soixantième anniversaire, c’est-à-dire en 2021, date de cette tragédie, trouver une solution en dégageant une rue, grande ou moyenne, qui, je le souhaite, ait un lien avec la Seine, théâtre de la féroce répression.»

Un café littéraire sur ce thème sera organisé aujourd’hui.

Par ailleurs, le conseil municipal a eu à exprimer sa solidarité et son soutien à Khaled Drareni, journaliste emprisonné en Algérie, et aux Ouïghours victimes des exactions du régime chinois à cause de leur

appartenance religieuse. O. K.

Une rue du «17 Octobre 1961» l’année prochaine à Mairie d’Ivry

SON CONSEIL MUNICIPAL EN A DÉBATTU EN SESSION PLÉNIÈRE

17 Octobre 1961 : la nuit où Paris fut outragé par sa propre police

PHOTO : D. R.

Mohammed Mekid Propos recueillis par

Nadir Iddir

PHOTO : DR

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PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES

Les prévisions pessimistes du FMI pour l’Algérie

L’institution de Bretton Woods prévoit la chute du PIB à -5,5 en 2020 et un solde extérieur courant à -16,8%.

PHOTO : D. R

É C O N O M I E

F

onctionnant quasi-exclusive- ment grâce à la rente pétrolière, l’économie nationale ne pou- vait qu’aller très mal depuis la chute du prix du baril en 2014. Conjuguée à la crise politique, à l’absence de véritables réformes, et à la crise sanitaire due à la pandémie du nouveau coronavirus qui frappe sévèrement le monde entier, les perspectives économiques de l’Al- gérie tendent vers le pire. Le Fonds monétaire international (FMI) pré- voit une chute historique du Produit intérieur brut (PIB) réel à -5,5%

en 2020 avant une légère reprise de 3,2% l’année prochaine. Selon l’institution de Breton Woods, les prix à la consommation qui étaient de 2,0% en 2019, passeront à 3,5 en 2020 et à 3,8 en 2021. Les projec- tions portant sur le Solde extérieur courant sont aussi alarmantes ; elles évolueront de -10,1 en 2019, à -10,8 en 2020 et -16,8 en 2021. Selon les prévisions du FMI, le chômage grimpera également pour atteindre 14,1% à fin 2020 avant d’évoluer à 14,3 l’année prochaine. L’économie algérienne est indéniablement dans le rouge. Elle n’a jamais plongé dans une aussi grave récession qui a impacté lourdement les prévisions de l’avant-projet de loi de finances 2021 rendu public la semaine der- nière. Pour la première fois, le mon- tant jumelé des recettes ordinaires prévues au titre de l’exercice 2021 qui s’établit à 3408,9 milliards de dinars, et des recettes de la fisca- lité pétrolière qui sont de l’ordre de 1919,2 milliards de dinars (5328,1

milliards de dinars) ne pourront couvrir que les dépenses de fonc- tionnement estimées à 5314,5 mil- liards de dinars.

ÉVITER LE SCÉNARIO DES ANNÉES 1990

Pour les dépenses prévues pour l’équipement dont le volume est de l’ordre de 2879,7 milliards de dinars, le gouvernement devrait faire appel à d’autres mécanismes de financement, y compris, peut- être, le recours, encore une fois, à la planche à billets qui pourtant est exclu des solutions possibles par le président de la République Abdelmadjid Tebboune. La crise est là et elle est imparable. Main- tenant qu’on y est, la question est de savoir comment en sortir sans

trop de dégâts ? Comment ne pas retomber, comme cela a été le cas au début des années 1990, dans la

«gueule» du FMI avec une batterie de réformes structurelles à forte facture sociale ? L’Algérie avait le temps et les moyens de se les imposer à elle-même au lieu de se les faire dicter par le prêteur indé- licat qu’est l’institution de Bretton Woods tant elle détenait encore suf- fisamment de réserves de change pour amortir l’impact des réformes.

Des experts ne cessent d’alerter depuis longtemps sur la crise accen- tuée par le coup d’arrêt donné par la pandémie du nouveau coronavirus à l’économie nationale, mais il semble bien que la logique politique tend à l’emporter sur le bon sens. Le gouvernement n’ose toujours pas

à se défaire de son excessif popu- lisme économique en maintenant la même cadence des transferts sociaux, et secourir obstinément un secteur public qui bat de l’aile.

Où en est-on dans la révision des politiques de subvention ? Annon- cée à plusieurs reprises, elle tarde à se mettre en place. Pas seulement en dépit des urgences que dicte la situation de crise, l’Exécutif hésite à donner un véritable coup de pied dans la fourmilière de l’économie informelle dont le volume est éva- lué par certains à 80 milliards de dollars. Une manne qui aurait pu venir compenser les déficits encore en attendant de mettre à niveau un système économique déréglé par une non-gouvernance qui a duré des décades. Saïd Rabia

TRANSPORT AÉRIEN LOURDEMENT IMPACTÉ PAR LA CRISE SANITAIRE

Un hiver rude pour les compagnies

L

a reprise espérée du trafic aérien à l’au- tomne a fait long feu. Avant l’hiver qui s’annonce rude, les compagnies aériennes appellent à l’aide, réduisent leurs coûts, licen- cient, ou tentent le système D pour survivre à la Covid-19. «On est dans une course contre le temps. La variable c’est le cash, les entre- prises meurent par le cash (...) il faut aller vite, très très vite», estime Stéphane Albernhe, managing partner au cabinet Archery Strategy Consulting citée par l’AFP, alors que la saison d’hiver qui débute le 25 octobre et s’achève fin mars pour le transport aérien sera, selon toute probabilité, très mauvaise. Avec une baisse des recettes au premier semestre de près de 80%

par rapport à l’année dernière, les caisses des compagnies ont continué à se vider pour finan- cer des coûts fixes élevés, selon l’Association internationale du transport aérien (IATA) qui souligne qu’après une légère embellie en juillet, le trafic s’est à nouveau ralenti en septembre et les réservations pour le dernier trimestre an- noncent une fin d’année plus que morose avec un recul de 78% par rapport à l’an dernier. Le retour espéré à la rentrée des voyageurs à forte valeur ajoutée de la classe affaires n’a pas eu lieu. Les réunions par vidéo, expérimentées à grande échelle pendant le confinement, restent un moyen sûr de travailler sans s’exposer à un quelconque risque. Et rien n’y fait, indique la même source, même si constructeurs et trans- porteurs clament en chœur que la superposition

de mesures de sécurité sanitaire pour les passa- gers (distanciation, masques, dématérialisation des procédures, désinfections...) conjuguée à des systèmes de pointe pour la ventilation et la filtration de l’air des cabines, mettent les passa- gers à l’abri d’une contamination. «Le risque de contracter la Covid au cours d’un voyage (en avion) est vraiment très, très faible», assure le docteur David Powell, consultant médical pour l’IATA. Pour le secteur, «la clé» d’un retour des passagers en toute confiance réside dans le déploiement à grande échelle de tests avant embarquement, comme alternative à une qua- rantaine à l’arrivée.

Des expériences sont déjà en cours à Milan, Rome, Francfort, Bruxelles et Londres, mais aussi dans les pays du Golfe, entre Hawaï et les Etats-Unis continentaux, au Canada, en Asie, à Bogota, ou encore à l’aéroport de Guarulhos-São Paulo au Brésil, selon l’IATA et l’organisation d’aéroports ACI. Hong Kong et Singapour ont annoncé jeudi un accord de principe pour former ensemble une «bulle»

qui permettrait à leurs résidents de voyager librement, sans quarantaine, entre les deux villes, à condition de présenter un test négatif au coronavirus. En attendant une généralisation des tests, l’IATA ne cesse de tirer la sonnette d’alarme, rapporte l’AFP. Avec une activité qui reste en panne, les compagnies ont besoin d’aides gouvernementales supplémentaires.

Pour garder la tête hors de l’eau, elles ont déjà

obtenu, selon l’organisation, 160 milliards de dollars de soutien public à travers des aides directes, des prêts, des mesures salariales et des allègements ou assouplissements fiscaux.

Mais en l’absence des réserves habituellement constituées pendant la dynamique période estivale, les compagnies «n’y arriveront pas cet hiver», a prévenu le directeur général de l’IATA, Alexandre de Juniac. Aux Etats-Unis, United Airlines et American Airline ont mis au chômage technique 32 000 employés au total au début du mois, faute d’accord politique à Washington sur un nouveau soutien au secteur aérien, après l’arrêt, fin septembre, d’un dis- positif qui permettait de continuer à payer les salariés. Ryanair, qui n’a pas touché d’aide, a annoncé jeudi qu’elle réduisait ses capacités de 60% par rapport à l’hiver dernier, contre 40%

initialement prévu, et fermait ses bases de Cork et Shannon, en Irlande, et celle de Toulouse, en France pour cette saison.

En Asie, des compagnies bricolent des offres pour renflouer leurs caisses. En Australie, au Japon et à Taïwan, plusieurs ont proposé des «vols vers nulle part» qui partent et atter- rissent au même aéroport, suscitant de vives critiques des défenseurs de l’environnement.

Et Singapore Airlines propose de dîner à bord d’un A380 immobilisé sur le tarmac, pour un prix allant de 33 à 400 euros. Avec un succès

«extraordinaire», selon la compagnie, qui livre aussi des plateaux repas à domicile. R. E.

BANQUE D’ALGÉRIE LES MESURES FINANCIÈRES EXCEPTIONNELLES PROROGÉES JUSQU’À FIN 2020

L

es mesures exceptionnelles d’allègement de cer- taines dispositions prudentielles applicables aux banques et aux établissements financiers arrêtées par la Banque d’Algérie (BA) le 6 avril dernier ont été reconduites jusqu’au 31 décembre 2020, a indiqué la BA dans un communiqué. «A l’effet d’alléger l’impact de la pandémie de la Covid-19 sur le secteur économique national et de garantir les conditions indispensables à la poursuite de l’activité écono- mique, les mesures exceptionnelles d’allègement de certaines dispositions prudentielles applicables aux banques et aux établissements financiers arrêtées par la Banque d’Algérie le 6 avril 2020, dans le cadre de l’instruction 05-2020, ont été reconduites jusqu’au 31 décembre 2020», a précisé l’institution dans un communiqué publié sur son site web. Il s’agit de réduire le seuil minimum du coefficient de liqui- dités et de dispenser les banques et les établissements financiers de l’obligation de constitution du coussin de sécurité. Il est également question de reporter le paiement des tranches de crédits, arrivant à échéance, ou procéder au rééchelonnement des créances de la clientèle impactée par la conjoncture induite par la Covid-19 et assurer la poursuite des financements en faveur des bénéficiaires des mesures de report ou de rééchelonnement des créances. La Banque d’Algérie a, d’autre part, assuré qu’elle «continuera à suivre l’évolution de la situation sanitaire et son impact sur les entreprises nationales et prendra, le cas échéant, les décisions adéquates pour assurer le bon fonction- nement de l’économie nationale». APS

ACCORD OPEP+

LA 23

e

RÉUNION DU JMMC PRÉVUE LE 19 OCTOBRE

L

a 23e réunion du Comité ministériel mixte de suivi de l’accord OPEP et non-OPEP (JMMC) se tiendra le 19 octobre courant, a indiqué avant-hier l’Organisation des pays exportateurs de pétrole dans un communiqué publié sur son site web. «L’Orga- nisation des pays exportateurs de pétrole a tenu jeudi la 45e réunion du Comité technique conjoint (JTC), par vidéoconférence, en préparation de la 23e réunion de la réunion ministérielle conjointe (JMMC) prévue le 19 octobre 2020», a précisé la même source. Lors de cette réunion, le secrétaire général de l’OPEP, Mohammad Sanusi Barkindo, a évoqué l’évolution du marché pétrolier, en déclarant que «depuis plus de six mois maintenant, nous travaillons côte à côte pour faire face à une crise du marché qui est sans précédent et historique».

M. Barkindo a noté que le rapport mensuel de l’OPEP sur le marché pétrolier prévoit que le PIB mondial chutera d’environ 4% cette année, puis rebondira en 2021 à un taux d’environ 4,6%. Il dira également que «la prévision de l’Organisation pour la demande de pétrole en 2020 reste légèrement supérieure à 90 mb/j, soit une baisse annuelle de 10%». En examinant les perspectives à plus long terme du marché pétrolier, Barkindo a déclaré que

«le World Oil Outlook (rapport annuel de l’OPEP 2020), récemment lancé, voit la demande mondiale d’énergie primaire s’accélérer et continuer de croître, avec une augmentation de 25% au cours des 25 prochaines années».

Il a noté que le pétrole devrait conserver la plus grande part du mix énergétique, représentant près de 28% en 2045. Estimant que «le pire de la crise actuelle est peut-être passé», il a souligné l’impor- tance du dialogue et de la coopération pour parvenir à un système énergétique plus durable et résilient au profit de tous. Lors de la 22e réunion tenue par vidéoconférence en septembre dernier, les membres du JMMC avaient examiné le niveau de respect des engagements de baisse de la production des pays signataires de la Déclaration de Coopération pour le mois d’août 2020. Le JMMC avait relevé avec satis- faction que le taux de conformité global avait atteint 102% en août.

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une chute historique du Produit intérieur brut (PIB) en Algérie

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