A VE RTI S S EM EN T,
J’ai
faitimprimer en 1790, un ouvragé
intitulé :
Essai sur
l’artde constituer
lesPeuples. A
ia réserve d’un petitnombre
d’improbateurs
, cetouvrage
Fut accueilli alors au-delàde mes espérances
; et siinon opinion
n’eût pas étéirrévocable- ment formée,
elle eût été bien affermiepar
l'approbation des plusgrands
géniesde
notre siècle sur cettematière
; jusqu’auxjournaux
,organes
ordinaires desamis du
trône. et
de
la noblesse, qui jugèrent àpro- pos de me prodiguer
leursapplaudissemens
et leur» éloges.O . 9 %
Gomment
est-ildonc
arrivéque
j’aiepu
trouver ,hors de
îaFrance
, des inquiétudes aussi exaltées sur cesmêmes opinions
?Comment
est-il arrivé, sur-tout qu’a l’occa- sionde
cesopinions
,imprimées
et publiées prèsde
dix-huitmois auparavant
,on
m’aitaccusé devoir abandonné
tout àêoup
la cause
de
la religion etdu
trône, aussi bienque
cellede
lanoblesse? La
causede
la noblesse, c'est-à-dire la cause
de mes amis
,de mes compagnons
,de mes proches,
la cause
de
Pinfortune etde
la probité, iacause de ceux
qui , enme donnant
le plusA z
iv
AVERTISSEMENT.
auguste
caractère,
ont
tout faitpour mi
considération
personnelle, tandis
qu’avec
mon
zèle et tousmes
efforts je n'ai rienpu
fairepour
eux. Jene
sais,
mais
jedoute que ceux
quicherchent
àsemer beaucoup d’amertume dans
cesdissentimens
politiques,servent
bienlacause
qu’ilsont embrassée
; jedoute meme que ceux qui voyentleurs
intérêts blessésdans
telleou
telleopinion
,ayent
toujoursune connoissance
bien exactede
leurs véritables intérêts. C’est sous cesdeux
pointsde vue que
jeme proposois de
publiermes observations
sur l’adresse à l’ordrede
îa noblesse française,
de M.
lecomte
d’Entrai- gues.On
verraque, par
la suitede mon
travail,
j ai ete forcé
de
suivre lamarche des choses encore
plusque
celledes personnes,
et jecrois, àtout
prendre
,
que
celavaut mieux.
Peut-etre
aussi eussai~jemieux
faitde ne pas
écrire, et j’eusse
certainement
en cela suivimes
projets aussi bienque mes
désirsj
mais on
sentira qu’il est des circonstances délicatesoù
le silence devientimpossible
,
et alors il
vaut encore mieux
avoir le tortde
parlerque
celuide
se taire.OBSER VATIO NS
SUR
L’ADRESSE
..:;
' \ ' ' : . ; .
- .
. ..... . „ .... r-
A L’ORDRE DE LA NOBLESSE
F R A N Ç A
ISE,
DE M. LE COMTE D’ENTRAIGUES,
PAR M. DE MONTLQSIERo
§.
PREMIER.
comte
d’Entraigues vientde
faire impri*mer un
ouvrage intitulé: Adresse àV
ordre la noblesse Française.Dans
cet ouvrage , iîs’attache à
prouver que
îaforme
des étatsgénéraux
est la seule constitutionnelle;cherche, autant qu’il lui est possible, à ranger autour de ce
système
toutes les opinions et tousles esprits. Il eût été à désirer
, peut-être, qu’il eût bien
voulu
négliger quelques détails histo- riques, (surlesquelsily
auroitbien aussi quelques observations à faire,)
pour
nousdireplus nette-ment
, et sur-tout avec plus dedéveloppe- ment
, son opinion sur ce point. Je n’entreraiA %
pas ici dans l’examen des motifs qui ont pii
rengager
à ne pas s’expliquer avec plus d’éten-due;
mais je ferai une réflexion plus générale:c’est
que
,comme
il existe,parmi
lesmécontens
plusieurs
sentimem
sur les diverses manières de*rétablirl’ordreen
France,
il estimportant d’exa-miner
à la fois toutes ces opinions,afinde
ne rien laisser en arrière à cet égard.D’abord
, je ne parlerai pas de ceux, qui'répètent sans cesse :il
nous
faut la constitution françaisetellequelleestdepuis quatorzecentsans;car
comme
leroyaume,
sousClovis,n’étoit pas, çe qu’il étoitdu temps
des, rois fainéans;du temps
des rois fainéans, ce qu’il étoit sousChar- lemagne;
sousCharlemagne,
ce qu’il étoità la fin de la seconde race et aucommencement
de la troisième, et sous LouisXIV
, LouisXV
etLouis XVI;
il est clairque
ceux quis’énoncentainsi, n’ont aucune idée de ce, qu’ils disent ni
de
ce qu’Us veulent. __Mais
malheureusement un
certainnombre
désespérésparles malheurs publics,pensent
que nous m sommes
pasmême
susceptibles d’une constitution. Suivant eux,non-seülement
le ca- ractère actuel des Français s’oppose à tout sys-tème
sagedeliberté,maisilsçroy.ent voir encore dans lanature de leur climat et de.leur sol;, des.( 7 î
obstacles à la
formation
de toute espèce d’as-semblée
raisonnante et délibérante. Les anciens viennent sur cela à leur secours ,minium
ferox utsitlibéra,dit l’un; nil nisisubjecta, dit l’autre, puison
calcule lesmaux que
les divers états-généraux
ont fait auroyaume
, puis tousceux de
l’assemblée nationale ; etde
tout celaon conclud
qu’il faut revenirà l’ancienrégime
pure-ment
et simplement.Parmi
ceux-ci, quelques personnes avec des idées,en apparence,moins
exagérées , maisnon moins
dangereuses , pensentque pour
mettre l’ordre et la paixdans
leroyaume, U
fautdu moins une
dictature provisoire; de trois ans, suivantles uns,de douze
ans suivantles autres,
pour
toujours s’écrientun grand nombre,
et ceux-là sont certainement les plus clair-voyansou
les plus sincères; car siun
conseilforme
au- tourdu
roi étoit capable de soutenir,pendant un temps,
les rênes pesantesdu despotisme
„très-certainement il ne les abanaonncroit ja- mais*
Une
autre classe demécontens semble
s ef- frayerdu
despotisme, et voudroit,comme
au- trefois,pour
puissance intermediaire etmodé-
ratrice,
une
grande corporation declergéetdes- pariemens*.A 4
/
(
*>
Enfin,
une
dernière classe voudroitréintégrer laforme
anciennedenos parlemens,
c’est-à-direun
corps législatif,
composé
de trois pouvoirs, le roi,un
corpsde
noblesse* et lamasse
des propriétaires.Le
corps denoblesse devroit four- nir, suivanteux,un
sénatsemblable auxanciens pairsdu royaume,
avecdes pouvoirsapprochans de ceux de
lagrand’chambre du parlement de
Paris, à l’exceptionque
les chargesdu
sénat, qui ne seroient point vénalescomme
cellesdu parlement
seroient héréditaires,
comme
celles-ci% sans être transmissibles aux branches collatéralescomme
elle* ce qui les mettroit souvent dans lecas de revenir dans lesmains du
roi.Parmi
ceux-ci* plusieurs désireroient
que
les placesdu
sénat ne fussent qu’à vie,
pour
nepas constituer * autant qu’il seroit possible,
un nouvel
ordre denoblesse au-dessus delanoblesse.Toutes
ces diverses classes deméçontens
, unies entr’elles par le sentiment d’unemême
haine contre l’ennemi
commun
* sont d’ailleurs, d’accord sur le plus grandnombre
des points , principalement sur la nécessité de donner au roiune grande
autorité pour la stabilitéde
1ordre public , la protection des personnes et des propriétés
; mais plusieurs sont,
comme on
YpM
s divisées sur un point essentiel amt
( 9 )
l’étatpolitique
de
la noblesse. Les partisans des états-généraux reprochent avecbeaucoup
d’amer-tume
; à ce qu’ils appellent les partisans desdeux chambres
,de
vouloir abolir les droits politiquesde
la noblesse ; cependant il neleur vient pasmême
en idée de faire ce reproche aux partisans de la dictatureou du
despotisme qui les abolissent toutcomme
eux.En
généralces
deux
classes sont très—rapprochées,et vivent fort bienensemble
, et l’on voit, dansleurscom-
municationshabituelles,que
ceshommes
/si pas-sionnés
pour
les droits politiques de la noblesse*trouvent fort
bon que
ces droits lui soienten-
levés,
comme
ordre ,pourvu
qu'ils ne lui soient pas restitués dansune
secondechambre;
etque
touteleurquerelle , envers les partisans desdeux
chambres^n’estpasde ce qu’ils abolissentlesdroits politiques de lanoblesse,mais
dece qu’après les avoir aboli,comme
les partisansdu
despotisme,ils lui font l’injure
de
les lui resdcuerpromis- çuement
dans la classe des propriétaires.D’qu
il résulte
que
les partisans des états-généraux
faussi bien
que
les partisansdu
despotisme, aimentmieux
nette rien avec la classe entière, des propriétaires,que
d’être quelque chose avec eux ; ils veulent bien êtreconfondus
aveceux
pourla nullité', mais, pour toutechose aumonde*
|ls ne veulent pas l’être
pour
l’acciop»;( 10 )
Je vaisexaminercequ’ondoit penserdetousces:
systèmes\ mais
comme M.
lecomte
d’Entraigues est entré dans beaucoup de détails sur ce qu’on appelle aujourd’hui iesystème
desdeux cham-
bres9 en disant avec lui
que
ce système a perduîa France
, jedirai
comment
, et dans queltemps;
mais
je çiirâ* aussicomment
, et depuis queltemps
cesystème
est le seul qui puisse lasauverv§.
IL
Du moment que
lamesure
des états-géné-*raux, tant réclamée5 tant désirée , tant sollici- tée, eut enfin été adoptée, et
que
les différens ordresdu royaume
eurent été convoque'sen
assemblées primaires , il neme
fut pas difficile d’appercevoir que îa France étoit dès-lorsmême
en état de révolution
; car ,
comme
je l’ai dit ailleurs, toutes les fois qu’une nation passe subi-
tement
de l’inertie àune
grande activité , il se fait, dans tout le système de sesmœurs
, deses habitudes , de ses espérances, de ses passions
une commotion
violente qui la constitue én état de révolution.Or
, dans cet état de crise, Fai—loit—-il appeler ,
comme on
fit, tous Les Français a remuer,à leur guise , les
monumens poudreux
de notre histoire falloit-ii chercher àaugmenk
( 11 )
ter le désordre par l’incertitude ; falloit-il faire lutter des adresses contre des adresses , exciter
de
toutes parts l’inquietude et 1 activité turbu- lente des esprits.Non,
certes.Le gouvernement
n’avoit alors qu’un seulmoyen
de conserver laFrance
> c’étoitde
la rappeler à son ancienne constitution ,et de fixer enmeme temps ceue
constitution. Je dis plus ,
quand
la France nau-rait pas eu de constitution, il auroit fallu alors bien vite lui en supposer
une
, pour rallier au- tour de ce drapeau , quelqu
il fut , les esprits flottans et prêts à s’égarer.Le gouvernement
futdonc
le premier auteur de sa ruine , lorsquau lieud’entrer dansces vues, ilrepoussa l’arrêtédu
parlement qui fixoic sagement les formes de 1614. Il précipita sa ruine lorsque , pour entre- tretenir l’impatience et les troubles despro-
vinces , il appela des notables a délibérer sui des choses qu’il devoit savoir , ou qu’il devoir fairesemblant de savoir, et il précipita encore davan- tage sa ruine et celle de la France, lorsqu apres avoir.prononcé contre l’avis des notablesla
dou-
bleprésentation du
tiers, il neprononça
pas d’unemanière
ferme et absolue la délibération par ordre aux états-généraux. Il régnoic, il est vrai,une
grande fermentation , niais maigre tafermentation les esprits croient encore tellement
( 12 ) disposés à l’obéissance
, qu’on souscrivit
par-
tout, dans les assemblées bailliagères, à la déli- bération par ordre , aussi bien qu’aux divers pointsdu
réglement dressé etenvoyé
par le conseil.
Bien
convaincu cîe ces principes, je m’atta- chai alors àl’opinion par ordre,
comme
au seulmoyen
desalutpour la France,et j’avois,
comme on
voit,deux
grandesraisons pour cela : la pre-mière,
cestque
l’opinion par ordreme
parois- soit véritablement la seule constitutionnelle pourles états—generaux, et
que
je ne voyois pas sion
se croyoit en droit de briser l’ancien ordrede
choses en un point, pourquoion
ne le bri~seroit pas
en
tous.En
second lieu, c’estque, quand même
la délibération par ordre n’eut pas été constitutionnelle, elle m’auroit encore paru necessaire alors a établir
, pour opposer au
moins
cette digue au torrent d’innovation et de des- truction qui entraînoir jusqu’aux
hommes
sages.Et puis 1@ système des états
—
générauxune
établi
, il
me
paroissoit impossible . dans cet ordre de choses, de pouvoir arriver a l’éta-blissement
de deux
chambres.Pour
cela il fai- luit vaincre des difficultés quime
paroissoiem;invincibles : d abord il auroit fallu
commencer
par détruire la
chambre
entièredu
clergé, ce( '3 )
qui ne pouvoit être opéré
que
par la violence, et cette première violence auroit sûrementmené
à beaucoup d’autres.
D’un
autre côté , chaquegentilhomme,
revêtu par le roilui-même
d’unenouvelle magistrature individuelle , auroit -il
consenti facilement à s’en voit; dépouiller, et celapour je ne saisquel intérêt public
, qui n’eûc jamais^été aussi évidentpour lui,
que
les intérêts de quelques intrigans, donc les vues ambitieuses se montroientdéjà à découvert? Ainsi, l'impul- sion généraleque
legouvernement
avoirdon-
née dans les assemblées bailiiagères, les intérêts généraux etparticuliers, tout s'opposaitalors à
un
planqui eûtencoreétéabsurdeàconcevoir, par cela seul qû’il étoit impossibleà exécuter.Voilàcom- ment
et dans quel temps le prétexte, soit réel, soitsimulé de l’établissementdesdeux
chambres, a réellement perdula France; parce qu’il a forcé la dissolution des états-généraux, parce qu’il a entraîné l’opinion par tête, parce qu’il a
amené
à la constitution en assemblée nationale, et parce
que
c’est, en effet, dès cemoment
que.,mal-
gré tous nos efforts réunis, malgré tout ceque
les
hommes
les plusrecommandables
par leur courage et par leurs talens ont pu dire, ontpu
faire, nos
mœurs',
nos lois, nos institutions 9 tout a péri; tout a été livré à cette horde dé-I
{ I4 )
prédatrice qui a couvert la France de désolatioii et de ruines.
Actuellement,arrivé à la nuit
du 4
août, aux catastrophedu
^ et
du
6 octobre; arrivé à cemoment où
la France entière se crotivoit à lamerci
dsun petitnombre
d’individus, il nrétoit pas difficile d’appercevoirque
les petites pas- sions qui avoient tout su détruire, ne sauraient rien rééditer , et leur absurde déclaration des droits del’homme,
à cet égard, n’estque
ledigne prélude dé* leurs absurdes décrets cons- titutionnels
, qui présentent tous, plus
ou moins
, le caractèrede
l'aveuglementou
de Pimpéricie.Cependant,
au milieu des désordresde
l’anarchie à laquelleon
faisoit produite cettefameuse
constitution pourque
l’anarchie en fût produite à son tour,on
entendoit à peine quel*qties plaintes qui n’étoient encore
que
cellesdu
découragement. Les meilleurs amismême
dela chose publique semblaient désespérer de son
salut.
La
religionviolemment
attaquée, ses mi*niscres persécutés, les propriétés envahies,
ou
livrées sans protection à toute la licence des dé- prédations particulières, le trône renversé, la captivité du roi consacrée, sa vie
même
en dan- ger; et au milieu de tous cesmaux,
les auto- rités sans force, les grandes corporations abo°*( I* )
lies, la focce publique anéantie; en
un mot,
la France entière subjuguée.
A
l’extérieur,toutes les puissances étoient muettes,ou
occupées et fatiguées par des guerres lointaines: dans l’inté- rieur, nulmouvement, une humble
consterna-tion sembloitavoir glacé tous les courages.
Tout
étoit dans le silence
ou
dans la stupeur; ecceux-mêmes
donc la réunioncompose
aujour-d’huila foule qui se presse autour de nos princes tranquilles dans leurs habitations ,
ou
à leurspostes, sembloienthésiter encore sur leurs
vœux comme
sur leurs espérances.Dans une
telle situation,on
conviendra peut-être qu’il ne s’agissoit pas
de
sauver la France par telou
telmoyen,
il s’agissoic de la sauver;et celui qui, d’une maniéré
ou dune
autre,nous auroit rendu la religion de nos pereS ,
auroit assuré la liberté et la vie
du
toi, rétabli le trône dans toute sa splendeur, restitue les droits et les propriétés, restauré la fortune pu- blique,ramené
l’ordre et la paix, auroitpu
passer sans doute pour
un ami
de son pays.Voilà ce
que
je voulus ; mais, poury
arri-ver, je crus devoir attaquer l’assemblee,
d
apres samarche même
et ses propres principes. J’en- trepris de tourner contr’elle cette espèce de luxe philosophique qui, en nous dégoûtant des ins-I
C 16 )
situ rions de nôs pères , hous â trop
amenés
à gouverner par des idées simples deshommes
dont les passions ont
compliqué
les intérêts et lesmœurs.
J’entrepris de prouverque même
à
priori> c’est-à-dire, en partant des prin- cipes desgouvernemens
et de cesélémens
abs*traits et philosophiques pour lesquels la France entière sembioit avoir pris tant de goût
,
non-
seulement la constitution de l’assemblée étoit
mauvaise
, mais encoreon
éroit contraintde
revenir à-peu-près à toutes les bases de l’an—cienne constitution française.
Un
roi,un
corpsde
noblesse, de clergé, ecune
représentationdu
peuple pour donner sonvœu
aux lois etpour
consentir l’impôt : voilà à-peu-près l’extraitde
mon
essai surV
art de constituer les peuples;Il est vrai
que,
par la suite demes
principes sur l’art desgouvernemens,
je revenois au sys-tème
de lacombinaison
des trois pouvoirsmo-
narchique, aristocratique et démocratique , à-^
peu-près tels qu’ils sont établis en Angleterre:
ceroit aussi le système
que M.
deCalonne
, qui écrivoit enmeme temps que moi,
indiquoir dans son ouvrage, et qu’il a , dit-on , abjuré depuis.Pour
moi., je l’avoue, cette idéeque
la vertu et la probité d’un grandnombre
de ses partisans n’avoientpu
sauverdu
discréditque
lu/
( *7 )
lui àVoiént
imprimé
les basses intrigues d@quelques
-
autres ; cette idéeque
1 'des factieux n’avoienc embrasséeque
parcequ
elle-lejar-
pre- sentoit la perspective d’une
chambre
haute dontils avoient déjà fait leur propriété, et qu’ils abandonnèrent ensuite pour une autre dans la- quelle la France entière dévoie devenir’ leur proie; c’est cette idée
abandonnée
> oubliée , discréditéeque
j’eus le couragede
faire repa- ïoître, et qui se présenta àmôi comme
la lanced’Achille, pour guérir les plaies quelle avoir faites, pour opérer la.restauration et le
bonheur
de laFrance,
après avoir été l’occasion de sonmalheur
et de sa ruine.Certes , je
ns
aujourd’hui de la Confiance avec laquelle je proposai alorsmes
idees^ Elles étoient bonnes, et je croyoisqu
i! ne leur fal- loirque
cela.lime
sembloitque
la raison pré- sentée auxhommes
deVoic avoirune
grande ac- tion sur leurs déterminations et sur leur juge- ment. Je saismieux
aujourd’huique quand
ils’agit de proposer des lois , il faut sattendre à d’autres effets , d d’autres résultats ; car , in-
dépendamment
des passions et des intérêts privés qu’on rencontre, chacun a plusou moins
son degré de lumière, et souffre assezimpatiem- ment
de se voir imposer celles d’un autre yetpuisB
'( >8 )
£$t-ce
que
dansaucun
temps quelqu’unavoulu croireque
la vérité n’employât, pour semon-
trer,
que
des organes ordinaires ?Les
anciens législateurs de l'antiquité furent obligés de se dire inspirésdu
ciel, et la religionelle-même,
pour s’établir , a eu besoin de miracles.Moi
qui n’ai pas fait de miracles
, je trouve tout simple qu’on repousse
mes
idées. Je n’aiaucune magie
particulière pour faireque
telhomme
ait assez de bonté dans lecœur
pour les vouloir, telautre assezd’intelligencepour les comprendre.Je demande
seulement qu’on ne les calomnie pas; etquand
je voisque
lesmêmes hommes
qui ne cessoient de crieren désespérés
que
tout étoit perdu, ont été les plus âpres âme
repro- cher d’avoir voulu tout sauver;quand
je vois ceshommes
si ardens à abolir les états-géné- raux pourramener
le despotisme,me
reprocher d’abolir les états-généraux pourramener
la li-berté,
que
puis-je penser de telshommes
, et sur-tout qu’ai-je à leur répondre? Ils ne cessentde
répéterque
toute innovation est dangereuse.Je le sais tout
comme
eux; mais c’est sur- tout âun gouvernement
établique
ce principe est applicable, parce qu’avec
une
innovationmême
légère,on
risque quelquefois de tout culbuter : c’estcomme
le déplacementdu
plusI
( 19 ) v
petit étal quî peut faire crouler
un
vieux édi- fice; maisquand
la maison est à terre, y a-t-il de la bonne-foi à presser ce principe avec lamême
rigueur? Et lorsquon me
reproched
oterquelque chose à l’ancienne constitution, puis-je voir
beaucoup
de sincérité de la parc de ceux qui prétendent qu’il ne faut plus en France niassemblée , ni liberté, ni constitution (i) ?
§. I I
L
Ce
seroit peut-être ici le lieu dexaminer
quelques-unes des principales objections qu’onm’a
faites ; mais ilme
paroît essentielaupa-
ravant de jetterun
coup-d’oeil sur les divers partis qu’onm’oppose
, et jeveux commencer
d’abord par le despotisme.On
va croireque
je vais m’étendre
beaucoup
sur les vices de cegouvernement.
Pasdu
tout. Je n’aiqu’unmot
a dire à cet égard. C’estque
ceux qui conseillent à la noblesse l’établissementdu
pouvoir absolu3 lui conseillent sa propre destruction; car ledespo- tisme,aussibienque
la démocratie, égalisetout,
nivèle tout, et
non-seulement
cet effet est la suite nécessaire de l’établissementdu
despo-( I )
Ou
dumoins qui ne trouvent pas mauvais qu’onle leur dise.
B
z( *>'
y
tisrne ; mais il règne aujourd’hui, dans la dis- position des esprits,
un mouvement
très-propre à[‘accélérer.Car dans cette révolutionque
l’envie a créée, il ne faut pas croireque
ce soit la liberté qui en ait été le premier but, c’est léga-lité.
Le
peuple Français se lassera bienun
jourde
sa sublime constitution (1).Mais
après bien des années de souffrance et d’oppression, il est facile de voiroù
lemènera
cette anarchie et ce cahos , à des républiques fédératives
ou
audespotisme ; etdans ce dernier cas qu’on nes’ytrompe
pas, le peuple de Paris ira bien se jecteraux genoux du
roi; mais ce ne sera pas pour lui redemanderleretour de la noblesse(I) Il n’est pas difficile d’appercevoir que la consti- tution actuelle ne peut pas durer.
On
parle d’armées combinées dans l’Europepour la détruire. Tantmieux, parce que nous en seronsdélivrés plusvite; tant mieux mussipour nos voisins, carjecroisqu’ils commencent sérieusement à sentir la nécessité de sauver la France pour leur propre conservation'; mais quand toutes les puissances
, qu’on dit réunies contre la consti- tution
,se réuniroienî pourladéfendre, ellesn’envien- droient pas à bout.
On
a créé deux millionsde gardes nationales pour la faire aller, et elle ne va pas; on peut y ajouter deux millions de troupes étrangèreset«lie n’ira pas davantage*
«t deses magistrats, cesera pour lui
demander
Le?repos et l’égalité de tous,sous unmaître.
Dès
au- jourd’huimême
cette espècede contre-révolution seroit plus facile qu’on ne pense , si le sacrificedu
clergé, de la noblesse et des pariemensen
droit présenté
comme
le premiergage. Jepourrois dire icique
tous les rois de la race capétienne»sans exception, n’ont eu qu’une seule et
une
principale idée:l'anéantissementde leurnoblesse;mais
je sais,comme
tour îemonde, que
le roi régnant se résoudroit difficilement à sacrifier ceux qui , dans ses malheurs, lui ontdonné
et lui
donnent
encore tant demarques
de fidé- lité et d’attachement\ cependant je sais aussi
que
les circonstances quidominent
les rois, ne sont pas lesmêmes que
celles qui agissent sur lecommun
deshommes
, etquand on
voir LouisXIV
forcé, par sa position, à offrirde
l’argent pour détrôner son petit-fils ,
on
doit s’attendre à tout.En
voilà assez pour prouverque
ceux qui veulent le despotisme , ne savent ce qu’ils veulent. Je serois fort tenté de croire aussi qu’ils n’ont pas line idée Bien claire de ce qu’ils disent.Quand
on parle, en général,du
despo- tisme, il semble qu’il n’y a qu’à le
demander
,
et qu’on l’aura
quand on
voudra et aussitôtqu’om
B
5(
»*
)voudra.
Mais
le despotisme est plus difficile I obtenirqu’on nepense.Certecenestpasune
petite affaire , sur-toutquand une
nation en esttenue
àun
certain degré de dissolution dans toutes ses habitudes et dans tous ses principes ,que
d’en ramasser tous leshommes
sous lamême
rêne, et
que
de les fairemarcher
sous lemême
joug.
Ce
n’est pasdu moins
dansun moment
qu’on peut parvenirà lesdresser ainsi au
manège de
la servitude. Il n’y aque
l’habitude, etune
longue habitude, qui puisse les y façonnercom-
plètement.La
terreursur laquelleon compte
beau-coup
dans ces sortes de spéculations ,aun
ressort qui s’use facilement, et en général la terreur est bien plus propre à conserver le despotisme qu’a le produire.Et
puis s’il estun temps où
leshommes
veuillent sincèrement se donner
un
maître (i) (i)Car il faut se méfier beaucoupde la sincérité de ceux qui parlent avec autant dechaleurde la nécessité d’une domination arbitraire.Ce
sont presque toujours ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont le plus d’espérance d’y échapper, ou du moins qui espèrent retrouver, dans les faveurs particulières, un ample dédommagementde ce quel’autorité absolue peut a oir de rigoureux et de dur.En
général, dans les révo- îévolutions, on parle long-temps d’unmaîtrepour les autres avant d’en vouloir un pour soi.»
ï*3 >
le
moment
des grandescrises et des grandsmou*
vemens
est toujours iemoins
propre pour l’avoir;Car
alors tout lemonde
veut agir,ou
plutôt tout lemonde
est forcé d'agir; caron
sent qu’on a besoin d’êtresoi-même
enmouvement
pour se défendredu mouvement
des autres.L’inettie est
devenue
impossible, et c’est ce- pendant i’inertie qui est nécessaire au pouvoir absolu.Mais
lorsqu'une nation, tirée deLl’état d’inertie par l’oppressionou
par sa propre vigueur, est forcée d’y revenir ensuite par l’afoi- blissement et la lassitude, c’est alors qu'il lui est possible d’avoir
un
maître > parce qu’après tous ses orages civilsdu moment
quelle se retrouve dans l’état de calme et depaix, cet état lui paroîc alors lebonheur suprême
, et elle veutle conserver à tout prix. C’est
donc mal
rai- sonnerque
decompter
sur le despotisme pour produire la paix, puisqu’au contraire il ne peus être produit
que
par elle.Cependant
ceux qui raisonnentdanslasociétér sur ces matières , et qui n’en sententsurement
pas les difficultés, croyent avoir tout ditquand
ils citent l’exemple de la Turquie.
Mais en Turquie
il règne, depuis des temps infinis, des usages, desmœurs
, des lois, les vôtres sont anéanties.En Turquie
vous avezune
espèceB
4C *43 ;
de constitution qui est
TAlcoran
, etdu moins on
y trouve de*hommes
religieuxet des prêtres;en France,vous n’avez plus ni religion ni sacer- doce?
En Turquie
le despote n’a presque rien à faire, tout va par
une
première impulsiondonnée,
et les violences et les injustices parti- culières sont bientôt réparées par lamagie
d’une grande et antique puissance; en France, vous avez découvert au peuple le grand mystère de Famoîité, vous lui avez dévoilé tous les secretsde
la puissance; en France, toutestdésuni, désor- ganisé, dissout, tout est à refaire; et cependant vous voulezavoirun
despote et vous croyez qu’ilsuffitde luidirequ’ilest puissant pourqu’il lesoit.
Le
despotisme en Asie a peinea se souteniravecîe concours de la religion, de la force des habi- tudes et des lois, et vous croyez l’établir de
même
en France , sans religion, sans force, sans habitude, sans lois?Vous
croyez l’établir lorsque tous lesmoyens
de la rébellion sont connus et familiers, lorsque l’art des souièvemens et des résitances a été porté au plussuprême
degré etque
vous avez des livres classiques dinsurrec- tion etde révolte? Certe,après cent ansde guerre civile lesRomains
retrouvèrent le Bonheur et.la paix sous le despotisme d’Auguste ; mais encoreune
fois lesRomains
avaient une religion % des< *$ )
fnceurs et des lois^ les
Romains
avoîent sur- tout des arméesfidèles etdisciplinées.Où
sontlesvôtres? Les
Romains aavoient
de tributs a de-mander
qu’auxnations étrangères, etvous, vous avezun
impôténorme
pour ladetteet lesdépenses publiques. Je ne sais pas ,mais
je penseque
ce ne seroit'pas trop de la réunion de tous les Français à unemême volome
et aune meme ame
pour remettre a flot lamachine du gou-
vernement, etvous prétendezconfier cet ouvrage àun
seulhomme,
et vous ne voyez pasque
l’état seul de vos finances est
un
obstacle in- surmontable àun
tel plan.•
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S-
I V.Si
du
despotisme nous passons aux auties partis qu’on nous propose, aurons-nous plus de ressource dansune
autoritécombinée
avec le clergé et les pariemens ?Pour
ce qui estdu
clergé, je conçois bien qu’il sera possible dans plusieurs années de luirecomposer
la considé- ration et lerespect qui lui estdu
etque
larévo- lution lui a fait perdre; mais nest-il pas évident qtie la religion et le cierge auront désormaisîoncr-temps à recevoir avant qu’ils soient en
état de donner j n’est-ce pas une folie lorsqu
on
s’occupe de rétablir la religion et le clergé ,
de
penser qu’ilspourront rétablireux-mêmes
l’ordre avant d’être rétablis.Et
à l’égard des parlemens,ne
peut-on pas faire lemême
raisonnementîLeur
puissancea étégrandesansdoute,etellepeut redevenir très-grandeencore;maissil’onexamine comment
étoitcomposée
cette puissance, ne ver- ra-t-on pas quelle résultoic de son organisationmême
etde l’espèced’hiérarchie de subordination quise trouvoit établi entrelespremiers tribunaux et lestribunauxinférieurs, et entre ceux-ci et les justices des seigneurs
; subordination qui
em-
brassoit d’une autre part
une
partiede l’opinion et de la force publique etque
letemps
avoir sur-tout cimentée.Or
,quand
vous replacerez dans leur siège les conseillers des treize parle- rionsdu royaume,
remettrez-vous aussi facile-ment
àleursplacestouslesindividus destribunaux subalternes? Rattacherez - vous aussi facilement les liens de cette quantitéimmense
d’individus et de familles qui, sous lenom
de plaideurs, d’avocats ,deprocureurs, d’huissiers,degreffiers,de
cliens et de clercsdu
Palais , avoient tous leur sort et leur existencemême
attachée â l’existence de ces divers corporations.Où
est 1^baguette
magique
qui, au premiersignal remettra( *7 )
tout cela à sa place, (i) sans effort sans
con~
fusion, sans désordre?
Cependant
si vous n’y réussisez pas, je conçois bien
que
vous aurez rétabli vos parlemens pour être puissans dans dix ans, mais sur l’heuremême,
espérer à causede
leur ancienne puissance, qu’au premiermo- ment
ilsserontassezpuissans pour seconderl’au- torité royale, pour surmonter tous les obstacles, dissiper touteslescraintes,vaincre toutes les résis- tances, n’est-ce pasétrangements’abuser.Passons aux états-généraux.§.
v.
On
connoît Porigine de laforme
des états*généraux.L'affranchissement desserfs sousLouis- le-Hutin , et letablisement des
communes
sous(l) Et quand on parviendrôit à remettre tous ces subalternes à leur place, il ne scroit peut-être pas aussi aisé de leur rendrel’esprit qu'ils y avoient autre- fois, c’est-à-dire, cette opinion de puissance qui , à l’égard des parlemens , leur faisoit obéir à la volonté soupçonnée, avant
même
qu’elle fut prononcée; qui non-seulementfaisoit tout plier quandils avoient parlé, maisquiles transformoient encore en défenseurs publics de l’opinionmême
que le quart-d’heure auparavant ils jugeoient erronée.f**
5Louis-le-Gros, ayantintroduiten France
un nouA
vei ordre de citoyens , il fallut bientôt les faire participer, sous le
nom
de tiers - état larepré- sentation nationale qui , jusqu’alors, avoir été concentrée entièrement dans la noblesse. Jevou-
drois pouvoir ici jetter quelques lumières sur certains traits de cetteépoque
de notre histoireque
tous les partis , suivant leurs diverses pas- sions , ont diversement défigurés.Tout
ceque
je puis assurer, c’est
que
nos rois ayant élevé la puissance des villes contre la puissance des châteaux , enmême temps
qu'ils élevoient contre les justices seigneuriales la justice des baillis, qu’ils détruisirent ensuite par celle despariemens,
les villespar l’établissementdescom- munes
et les différentes chartes, qu’elles ob**tinrent , devinrent bientôt des puissances con- sidérables,
même,
en quelque sorte , des puis- sances souveraines. Il fallut bien,dès-lors, leurdonner
,concurremment
aveclanoblesse,une
part à la souveraineté publique, (i) Aujourd’huique
(i) Car mon grand principe est qu’il faut être déjà une puissance dans l’état pour avoir part à l’influence politique,ou ce quiest la
même
chose à lasouveraineté publique. Si la vie d’un état tenoit à une maison de banque, la constitution aurait beau faire, cettemaisoa(>>
k
puissance des villes se trouve avoir été suc>cessivement reprise par nos princes
, et celle de
la noblesse successivement détruite de la
meme
manière
, il seroic trop facile de prouverque
ce
mode
de constitution , propre auxtemps
quilui ont
donné
naissance , estdevenu dangereux
par cela seulque
toutes les puissances , qui faisoient partiede
la constitution, ontété anéan-ties , etqu’il n’est plus resté
que
celle de lamul-
titude.
Cependant
, si nous étions en17S9
, je
penserois ,
comme
j’ai pensé dâns letemps y
qu’il faut tenir fortement àcet ordre de choses9 parce
que
lerespect qu’onporte naturellement aux choses anciennes,aunecertaine, force d’habitude et,si j’osem’exprimer
ainsi,de superstition pourles anciens usages
, peut, en quelquesorte , leur tenir lieu d’une force réelle.
Mais quand
ces institutions sont une fois détruites ,quand
le secret de leur viceou
de leur faiblesse estune
fois dévoilé , quoiqu’on fasse 3 il est impossible
de banqueauroit une influence politique. Si aucontraire une corporation quelle qu’elle fût, qui n’auroit ni la force judiciaire , ni la forcede propriétés ,nilaforce du nombre, étoit saisie par la constitution d’une in- fluence politique, la constitution auroit beau faire$ elle n’en auroit pas.
)
de
les rétablir.L’Allemagne
a , parexemple
*une
constitutionque
jeme
dispense de carac^tériser , et elle va avec cette constitution , et elle ira encore long-temps (i) \ mais si jamais
une
révolution s’enempare,
ne fût-ceque pour deux
ans,on
peut en être sût , ses usages , ses institutions , les divers droits diplomatiquesde
certaines puissances, les prétentions de quelques autres, tout cela seraimpossibleàreplacer. Ainsi
,
en 1789, nous pouvions de
même
allerlong-temps
ettrès-long-temps,avec des états-généraux,etquoi-
que
cemode
n’eût pasétécontinuetpermanent
, ilfalloiralors pourtants’yattacherde toutes ses for- ces :l’obstination alors étoit sage. Aujourd’hui vouloir absolument tout remettre, tout rappor- ter , tout replacer, cette obstination estfolie.
Une
première erreurdu moment
présent escdonc
de croire possible , depuis la révolution , ce qui étoit possible avant la révolution.Mais une
autre erreur, encore plus grave, est d’ima- ginerque,
parceque
la noblesse a eu des droits politiques dans le treizièmeou
dans le quator-zième
siècle , elle pourra demême
les exercer(I)