RÉPARTITION DES CELLULES ENTRE LES TISSUS
DU RAT ADULTE, PRÉALABLEMENT SOUMIS
A UNE SOUS-NUTRITION ÉNERGÉTIQUE TEMPORAIRE
A DEUX STADES DE LA CROISSANCE
G. DURAND,
G. FAUCONNEAU Éliane PENOT Noëlle BOURGEAUX Station centrale de Recherches de Nutrition,Centre national de Recherches
zootechniques,
78 -Jouy-en-,%osas
Institut national de la Recherche
agronomique
SOMMAIRE
Trois
lots de ratsreçoivent,
ad libitumdepuis
le sevrage, unrégime semi-synthétique équilibré
contenant 13p. 100de matières azotées totales
(régime témoin).
Ils sont sacrifiésrespectivement
à7
0g, 200g et 700 g et constituent les lots témoins.
Cinq
autres lots ditsexpérimentaux,
auparavant bien alimentés, sont maintenuspendant
q.2jours
à
poids
constantuniquement par réduction
del’apport
des élémentsénergétiques
de la ration(glu-
cides et
lipides),
les uns à 70 g, les autres à 200 g. A la fin de lapériode
de restriction, un lot dechaque
type est sacrifié. Les autres lotsreçoivent
de nouveau lerégime
témoin, et les derniers d’entre eux sont sacrifiéslorsqu’ils atteignent
lepoids
de 700 g.Le corps des animaux est
disséqué
etpartagé
enplusieurs compartiments
danslesquels
sont mesurées : - la teneur enADN, proportionnelle
au nombre de cellules - la valeur du rapportpoids frais/ADN, proportionnelle
à la taille des cellules, - les valeurs des rapportsprotéines/ADN
et
ARN/ADN,
témoins de l’activité cellulaire.Les animaux
expérimentaux
et témoins sont comparés àpoids
vifégal.
Lesprincipaux
résultatsmontrent que :
- Le maintien à
poids
constantbloque l’hyperplasie
etl’hypertrophie
cellulaires, mais permetcependant
aux animaux d’accumuler une certainequantité
deprotéines
et deminéraux,
au détri-ment de l’eau et des
lipides.
- La réalimentation ad libitum est suivie d’une
période
de 2à 3 semainespendant laquelle l’hy- perplasie
estparticulièrement
intense et l’accumulation delipides
excessive.-
Après
cettephase
de rattrapage très active, les animauxexpérimentaux
sedéveloppent,
soitau même
rythme
que les témoins, soitpeut-être
un peuplus
lentement, suivant que la restriction estimposée
à lapuberté
ou au sevrage.-
Lorsque
les animauxatteignent
lepoids
de 700 g, laquantité
totale deprotéines,
de même que larépartition
de celles-ci entre les diverscompartiments corporels,
sont à peuprès équivalentes quel qu’ait
été le traitement alimentaire antérieur. Les deux types d’animauxexpérimentaux
con- tiennentpratiquement
la mêmequantité
de cellules.Cependant,
celles-ci sontplus
abondantes, de10p. 100en moyenne, chez les témoins. Il n’est pas certain
qu’un
écart aussi faible doive êtrepris
en considération. Les cellules sont
réparties
de la mêmefaçon
entre les diverscompartiments
corpo-rels
des témoins et desexpérimentaux.
( 1
) Adresse actuelle : Station d’Étude des Métabalismes. C. R. Z. V., 63 - Theix, près Clermond-Ferrand.
INTRODUCTION
Les effets d’une restriction alimentaire
temporaire, appliquée
à différents stades de lacroissance,
sur la croissance ultérieure desanimaux,
ont faitl’objet
d’un cer-tain nombre de travaux. A notre
connaissance,
il s’esttoujours agi
de restriction du niveaualimentaire ;
lesanimaux, auxquels
cetype
de restriction étaitimposé,
étaient donc vraisemblablement victimes d’une sous-alimentation
généralisée.
Leplus
souvent, la restriction étaitappliquée
à trois stades différents :pendant
lapériode d’allaitement,
au sevrage et à lapuberté.
La
plupart
des rechercheseffectuées
ont eu pour but de déterminer les effets àlong
terme d’une carence nutritionnellepassagère
surl’anatomie,
lacomposition corporelle
et la taille finale dessujets expérimentaux.
WIDDOWSON et MCCANCE(ig6
3
),
WIDDOWSONet KENNEDY(ig62),
LISTER et MCCANCE( 19 65- 19 67)
concluentde leurs travaux que la sous-alimentation
généralisée
influe défavorablement sur lescapacités
ultérieures de croissance et que les effets sont d’autantplus marqués
quela
sous-nutrition estimposée
à un stadeplus précoce
dudéveloppement.
Ces auteursmontrent
également
que sous certainesconditions,
il estpossible
de modifier la taille finale des animaux. Les animaux de taille réduitepossèdent
les formes et les pro-portions
des animaux témoins de mêmepoids.
Lerapport musculature/squelette
n’est pas
changé,
mais laproportion
de tissusadipeux
est un peuaugmentée.
WINICKet NOBLE
( 19 66- 19 6 7 )
estiment comme les auteursprécédents
que les tailles finales des animauxexpérimentaux
et témoins sont d’autantplus
différentes que la restric- tion estappliquée précocement ;
ils tentent de donner uneexplication
de ce faitexpérimental
ens’appuyant
sur des résultats montrant l’évolution différente del’hyperplasie
dansquelques
organes des témoins et desrestreints.
Dans le
présent travail,
nous nous proposons d’étudier leseffets,
non pas d’une sous-alimentationgénéralisée,
mais d’une restrictionuniquement énergétique,
limi-tée en
temps,
sur la croissance ultérieure du Rat. La restrictionénergétique
estappli- quée
à des animauxâgés
de 4semaines (stade prépubère)
et de 7 semaines(stade pubère) ;
ses effets àlong
terme sont estimés par des mesurespondérales
et par les teneurs en acidesnucléiques
et enprotéines
desprincipaux compartiments corporels.
Ceci nous
permet d’apprécier :
- le nombre decellules, proportionnel
aux quan- tités d’ADN ― la taille descellules, proportionnelle
aurapport poids frais/ADN,
- les teneurs des cellules en
protéines
et enARN, respectivement proportion-
nelles au
rapport protéines/ADN
etARN/ADN.
MATÉRIEL
ETMÉTHODES
i. Matériel animal
Huit lots de 10à r5rats mâles
Wistar,
dont lescaractéristiques d’âge
et depoids
sontportées
dans le tableau r, sont utilisés. A l’intérieur de
chaque
lot, on ne conserve pour les étudesanalytiques
que les animaux dont le
poids
s’écarte de moinsde
5 p. 100de la moyenne.Les rats sont
pesés chaque
matinjusqu’à
200g, tous les quatrejours
au-delà. Avec ces huit lotson définit trois parcours.
Parcours A. - Trois lots
reçoivent
ad libitum unrégime semi-synthétique équilibré
à13
p. ioo de matières azotées
(N
X6, 25 ).
Lacomposition
durégime
estportée
dans le tableau 2.Un lot est sacrifié à 70 g
(lot I A ) ;
le second à 200g(lot II A )
et à 700 g(lot III A ).
Ces trois lotssont dits lots témoins.
Parcours B. - Trois lots
reçoivent
lerégime
témoinjusqu’à
70 g,puis
sont maintenuspendant
42
jours
à cepoids.
Au bout de ce temps un lot(Is)
est sacrifié. Les deux autresreçoivent
alorsle
régime
témoin à volonté et sont sacrifiés l’un à 200g(lot IIs),
l’autre à 700 g(lot IIh).
Parcours C. - Deux lots
reçoivent
lerégime
témoinjusqu’à
200g,puis
sont maintenus àce
poids pendant
42jours.
Au bout de ce temps, un lot est sacrifié(lot Ile),
l’autrereçoit
à nouveaule
régime
témoin et on le sacrifie à 700g(lot III C ).
Outre les trois parcours
A,
B et C, on définitégalement
trois séries :Distribution des aliments et mesure des consommations.
La consommation des animaux nourris ad libitum est mesurée.
Pour maintenir les animaux à
poids
constant on leur distribuechaque jour
la mêmequantité
de
protéines,
minéraux et vitamines que consommeraient des animaux témoins de mêmepoids.
Lesbesoins en ces éléments sont donc
largement
couverts. Laquantité
d’élémentsénergé- tiques (mélange
d’amidon de maïs, sucre cristallisé et huiled’arachide)
estajustée chaque jour
defaçon
à ce que lepoids
des animauxpesés
àjeun chaque
matin reste constant. Laproportion
entreles divers éléments
énergétiques
esttoujours respectée.
Abattage
etpréldvements.
Pour les séries 1 et II. -
Chaque animal,
sous anesthésie àl’éther,
estsaigné.
Le foie estprélevé,
rincé au sérum
physiologique
à ooC,essuyé, pesé
etplongé
dans l’azoteliquide.
Tous les organes del’abdomen et de la cage
thoracique,
ainsi que les organesgénitaux
sont enlevés. Il reste alors le corps éviscéré. L’ensemble de la musculature des membrespostérieurs
est ensuitedisséqué
aussirapide-
ment que
possible.
Cette musculature d’une part et cequi
reste du corps éviscéré d’autre part sontpesés
et refroidis par l’azoteliquide.
Pourchaque
lot, l’ensemble des foies, de la musculature des membrespostérieurs,
des corps éviscérés sans cette musculature, sontséparément
rassemblés. On obtient ainsi trois échantillonsqui
serontanalysés.
Pour la série III. - Pour mieux définir la
répartition
des acidesnucléiques
et desprotéines
entre les divers tissus
lorsque
les animaux sont parvenus àl’âge
adulte, et ce en fonction des conditions nutritionnellespréalablement imposées,
les animaux sontdisséqués
en sixparties
distinctes :
i. la peau,
2
. les
dépôts adipeux
comprenant : lesdépôts adipeux
sous-cutanés,périrénaux, épididymaires
etmésentériques,
3. le
foie,
4
. les viscères et le sang, 5
. la musculature des membres
postérieurs,
6. la carcasse, c’est-à-dire ce
qui
reste du corps del’animal,
etqui comprend
essentiellement lesquelette
et la musculature(moins
la musculature des membrespostérieurs).
Chaque partie
estpesée
et refroidie dans l’azoteliquide.
Pourchaque
lot, ces six fractions sontséparément
rassemblées. On obtient ainsi six échantillonsqui
serontanalysés. Lorsque
les traitementsne peuvent être effectués immédiatement, ils sont conservés à - i8°C.
2
. Méthodes
analytiques
Les méthodes
analytiques
ontdéjà
été décrites(D URAND
etal., 19 6 5 ).
Bien que lesprincipes généraux
surlesquels
elles sont fondées n’aient pas varié, des modificationstechniques importantes
ont été
apportées, qui
nousobligent
à une nouvelledescription
détaillée.I
.
Échantillonnage.
Lorsque
lepoids
frais de la fraction àanalyser dépasse
150 g, celle-ci est hachée à froid au moyen d’un hachoir(Scharfen).
Généralement, uneprise
de 100g du hachis estprélevée
pour être soumiseaux traitements décrits ci-dessous.
Lorsque
lepoids
de la fraction estégal
ou inférieurà 150 g,
celle-ciest entièrement retenue aux fins
d’analyse.
Dans le cas de tissus
adipeux,
onprélève jusqu’à
400gquand
cela estpossible,
en raison dufaible rendement de ces tissus en
composés
nonlipidiques.
2
. Extraction des éléments acido-solubles.
En
général,
uneprise
de 100g de hachis estbroyée
dans des pots de mixeurs(Turmix)
enpré-
sence d’acide
trichloracétique (ATC)
à 10p. 100refroidi à ooC. On utilise 600ml d’ATC pour 100g de tissu frais. On effectue troisbroyages
successifs de une minute à 1400o t/min. Lesbroyats
sontcentrifugés pendant
10minutes à i 80og (centrifugeuse
MSEmajor
refroidieà-z!C).
Le surnageantest filtré. Cette
opération
estrépétée
trois fois. Les trois surnageants contenant les éléments acido- solubles sont écartés.Dans le cas des tissus
adipeux,
la tropgrande proportion
delipides
ne permet pas de réaliser convenablement l’extraction décriteprécédemment,
aussi convient-il deprocéder
à undégraissage partiel préalable.
Pourcela,
les fractions de tissuadipeux
haché sontagitées pendant
18 heures enprésence
dumélange
méthanol-chloroforme(iv/ 2V )
refroidi. On utilise 600ml demélange
méthanol-chloroforme pour 100g de tissu
adipeux.
Oncentrifuge
ensuite, et le surnageant est écarté. L’ex- traction par l’ATC est effectuée sur le culot, comme cela est décrit ci-dessus.3
. Extraction des
lipides.
Les culots obtenus
après
l’extraction par l’ATC sont neutralisés par lemélange
méthanol-acétate de sodium N àpH
7. Ils sont ensuitedégraissés par le mélange
méthanol-chloroforme(rv/zv).
Deuxtraitements successifs sont effectués avec
agitation
continue. Lepremier pendant
i heure, le secondpendant
la durée de la nuit. On utilise i ooo ml dumélange
pour uneprise
initiale de ioo g de tissu frais. Chacun des traitements est suivi d’unecentrifugation
à i 800g. Les résidusdégraissés
sont sou-mis à un
lavage
à l’éthanol à 100° et de nouveaucentrifugés.
4
.
Séchage
etbroyage.
Ensuite,
les résidus sontplacés
sur Büchner et lavés sous vide à l’éthersulfurique, puis séchés, également
sousvide,
dans un dessiccateur.Finalement,
les résidus secs sontpesés puis
réduits enpoudre
avec unbroyeur
à billes(Dangoumau).
Lapoudre
obtenue,homogène,
estappelée « poudre
sèche et
dégraissée » ;
elle contient lesprotéines,
les acidesnucléiques
et unepartie
des sels minéraux ;cette
poudre
peut être conservée à - i8°C.5
.
Séparation
etdosage
de l’ARN et de l’ADN àpartir
de lapoudre
sèche etdégraissée.
a) Hydrolyse
de l’ARN. ― L’ARN estséparé
de l’ADN par unehydrolyse alcaline,
suivant laméthode de SCHMIDTet TANNHAUSER
( 1945 ).
Dans des béchers de 150ml, onajoute
50ml de NaOH 0,
5 N à une
quantité
depoudre
sèche variant de i à 2g suivant la richessesupposée
du tissuoriginel
en acides
nucléiques.
Les béchers sontplacés
au bain-marie à 37°pendant
r8 heures. Uneagitation
permanente est entretenue par desagitateurs magnétiques.
Au bout du tempsrequis,
leshydrolysats
sont neutralisés par l’acide
formique
13 N. Ensuite, onajoute
àchaque hydrolysat
une solutiond’ATC à 40p. 100 en
quantité
suffisante pour obtenir une concentration finale de 10p. 100( 22
à z4ml) :
lesprotéines
et l’ADNprécipitent. Après
10minutes de contact ào°C,
oncentrifuge
à z 30o gpendant
10minutes. Les culots sont lavés trois fois à l’ATC 10p. 100. On recueille les surnageantsqui
contiennent les mononucléotides constitutifs de l’ARN ; on les filtre et on les amène à unvolume choisi
( 200 ml)
avec de l’eau bidistillée.b) Hydrolyse
de l’ADN. - Unehydrolyse
de l’ADN convenablement choisie libèrequantitati-
vement les bases
puriques (L EV È NE
et BASS, i93r ; COLOWICKet KAPLAN,1957 ).
Le culot résultant de laprécipitation
de l’ADN et desprotéines
par l’ATC esthydrolysé
par 50 ml deCIO,H
o,5 Npendant
75 minutes au bain-marie bouillant.Après centrifugation
de 10 minutes à 2 300 g à o°C, les culots sont remis ensuspension
avec 50ml deC10 4 H
o,5 N ethydrolysés
à nouveaupendant
60minutes au bain-marie.
Après
un dernierlavage
des culots avec 30 ml deCI0 4 H
0,5N,
les surnageants sont rassemblés, filtrés etajustés
à r5o ml avec de l’eau bidistillée.6.
Dosage
des acidesnucléiques.
ARN. - Les mononucléotides contenus dans
l’hydrolysat
d’ARN sont fixés sur colonnes de résineDowex 1x8
8 (minus
400mesh)
sous forme HCOO-. Les colonnes ont une hauteur utile de 40cm, un diamètre intérieur de 9mm(volume
utile de z5ml).
Ellesreçoivent
unecharge
de i5o à 200D. 0. à z6o mIL. L’élution des monoribonucléotides est effectuée par deuxsystèmes
degradient
linéaire. Lepremier système (flacon principal :
HCOOH 2N ; flaconmélangeur :
eau ; volume par flacon : z5oml)
élue successivement le CMP et l’AMP. Le second
système (flacon principal : CHO a NH 4
2N-HCOOH0 ,
15
N ;
flaconmélangeur : CHO s NH 4
o,2N-HCOOH 0,06N ;
volume par flacon 300ml)
élue succes-sivement le
pseudo-UMP,
l’UMP et le GMP. L’élution se fait souspression (pompe Sigmamotor,
débit 100
ml/heure).
A la sortie de colonne, la localisation des fractions éluées est déterminée par leur passage dans la cellule d’unabsorptiomètre
UV. LKB Uvicord muni d’unenregistreur (Bauer).
Uncollecteur
(Seive)
recueille les éluats par fraction de 4ml. Laquantité
dechaque mononucléotide, exprimée
en( L M,
est mesurée auspectrophotomètre (Josrrr
etYvoN) (’).
ADN. ― Les bases
puriques
provenant del’hydrolyse
de l’ADN sont fixées sur colonnes de résineéchangeuse
de cations Amberlite IR 120( 200 - 400 mesh).
Les colonnes ont une hauteur utile de 30cm,un diamètre intérieur de 9 mm
(volume
utile 20ml).
Ellesreçoivent
unecharge
de 200à 250D. 0, à 260 mli. L’élution des basespuriques
est effectuée souspression (pompe Sigmamotor,
débit300
ml/heure)
au moyen d’ungradient
linéaire d’HCl(flacon principal :
HCl4 N;
flaconmélangeur
HCI o,g5
N ;
volume par flacon 400ml).
Un collecteur recueille l’éluat par fraction de 10ml. La quan- tité de chacune des deux bases,exprimée
en( L M,
est mesurée parspectrophotométrie (’). On
endéduit la
quantité
d’ADN par g depoudre
sèche etdégraissée
enappliquant
la relation : ADN =(adénine
-!-guanine)
X 2(CHARGAFF
et LipsHITZ,1953 )
(!) Coefficients d’extinction molaire à 260 mIL : CMP : 7 à
pH
i ; AMP : x4,6 à pH 2,5 ;pseudo-UMP
8,5 à pH 41 UMP : 9,9 à pH 4,5 ; GMP : 11,6 à pH 4,7.( 2
) Coefficients d’extinction molaires à 260mp, : guanine : r r,o5 dans HCI 2,4N ; adénine : 11,7 dans HC 1
3,SN.
7
.
Dosage de
l’azoteacido précipitable.
L’azote est dosé sur la
poudre
sèche etdégraissée
par la méthodeKjeldahl.
Lapoudre
ne con-tient
plus
comme source d’azote que desprotéines
et des acidesnucléiques.
Laplus grande
part de l’azote dosé est fournie par lesprotéines ( 90
à 98 p.ioo)
dont on détermine laquantité
par leproduit
N x
6, 25 .
Composition globale
des carcasses des séries I et Il.Dans des fractions de hachis pesant 5g environ, on mesure les taux : d’eau, par
chauffage
à l’étuve à9 8 0 C pendant
24heures ;de cendres, par calcination à
530 0 C pendant
r5 heures ;de matières azotées totales
(N
x 6,25), par la méthodeKjeldahl.
Le taux de
lipides
est calculé par différence.RÉSULTATS
Ex!ression
des résultats Les lots d’animaux sontcomparés
àpoids égal.
Les
quantités
d’acidesnucléiques
sontexprimées
par la somme en micro- moles({jLM)
de leurs bases constitutives. Il est aisé de transformer ces données en [.Lg de P-ADN ou P-ARN en lesmultipliant
par 3i.Parmi les résultats
portés
dans les tableaux5 -6- 7 ,
lepoids
sec etdégraissé
total
(poids
SDtotal)
estdéduit
de la valeur durapport poids
SD p. 100poids frais, mesuré
parpesées
avant etaprès les extractions.
Les
quantités
totales deprotéines
etd’ADN
sont calculées parles produits : poids SD
xprotéines/g
etpoids
SD XADN/g
SD.Pour la série III, la somme des
poids
frais mesurée des 6compartiments
constitués pour
chaque
lot estappelée
«poids
vif reconstitué» (PVR).
Ce dernier est inférieur aupoids
vif réel de2 ,6
à 2,4 p. 100(tabl. i).
Cespertes
faibles et au demeu-rant peu différentes d’un lot à
l’autre, s’expliquent
facilement parévaporation
d’eauau cours de la dissection. Dans les tableaux 4et 5, les
poids
frais donnés pourchaque compartiment corporel analysé
sont donclégèrement
inférieurs à laréalité,
maiscomparables
entre eux.En revanche,
lepoids
sec etdégraissé,
de même queles
quan- tités d’acidesnucléiques
et deprotéines,
sont exacts.I. - CONSOMMATION
Les courbes
représentant
les variations de la consommation des animaux nourris ad libitum en fonction de leurpoids
sontreprésentées
sur lafigure
I.Parcours A. - La courbe de consommation des témoins est de forme
classique (D
URAND
etal., z 9 66).
Parcours
B. - Pour maintenir lesjeunes animaux
à 7o g, on leur alloueau
début
del’expérience
30 p. 100 des élémentsénergétiques (glucides
etlipides)
que
consommeraient des témoins
de mêmepoids.
Ce tauxdoit
êtreprogressivement
diminué jusqu’à
z5p. 100 au coursdu premier
mois etmaintenu
à ce niveaujusqu’à
l’échéance
des 42jours. Au
cours desdeux premières
semainesqui
suiventla réali-
mentation,
les animaux manifestent un trèsgrand appétit
et consomment autant que des témoins de 200 g.Ensuite,
leur consommation devientlégèrement
inférieureà celle des témoins de même
poids.
Parcours C. - Pour maintenir les animaux à 200g, on leur distribue 40 p. 100
des éléments
énergétiques
que consommeraient des témoins de mêmepoids.
Aumoment de la
réalimentation,
les animaux C consomment 44 p. ioo deplus
que les témoins de mêmepoids,
mais cet écart diminuerapidement
etdisparaît
vers3 6 0
g.Dès
lors,
les courbes de consommation relatives aux parcours C et A se confondent.2. - COUBES DE CROISSANCE
(fig. 2)
Parcours A. - Les animaux témoins
présentent
une courbe de croissance de formesigmoïde classique.
La vitesse decroissance,
avec ungain
depoids
de 6g/jour
entre 70 et 200 g est satisfaisante.
Parcours B. -
Lorsque
les animaux sont réalimentés àvolonté,
leur croissance initiale leurpermet
de passer de 7o à 200 g en 15jours,
soit ungain
depoids
moyen de
8, 7 g/jour ;
peuaprès
200g, leur vitesse de croissance devient un peuplus
faible que celle des témoins de même
poids.
La courbe de croissance faitapparaître
trois
phases :
unephase
de croissance trèsrapide,
mais auto-retardée(concavité
de lacourbe vers le
bas),
unephase
peu accusée etfugace
de croissance auto-accélérée et finalement unephase
de croissance auto-retardée un peuplus
lente que celle des témoins de mêmepoids.
Parcours C. -
lorsque
les animaux C sont réalimentés àvolonté,
leurcrois-
sance est
passagèrement
trèssupérieure
à celle des témoins de mêmepoids (u
gau lieu de
6, 5 g/jour). Puis
l’écart s’atténue peu à peu et àpartir
de3 6 0
genviron, les animaux
A et C de mêmepoids croissent
au mêmerythme.
Laforme de l’arc de
courbede
croissance C est différente de l’arccorrespondant
de lacourbe A
aumoins
jusqu’à. 360
g, mais on nedistingue
pas dechangement
de sens deconcavité.
3. -
ASPECT
ET COMPORTEMENTLes animaux restreints consomment leur ration en 8 heures environ au début
de
l’expérience.
Cetemps diminue progressivement jusqu’à i/2
heure aubout
dequelques jours.
Les animaux sont doncpratiquement
àjeun
aumoins
17heures sur 24. Ils secaractérisent extérieurement des témoins par leur
maigreur
et unpelage
terne. La réalimentation leur redonne en deux semaines unaspect
normal.-
COMPOSITION
GLOBALE DES CORPSÉVISCÉRÉS
DES ANIMAUX DES
SÉRIES
1 ET IILes résultats sont
portés
dans le tableau 3. Le maintien àpoids
constant desanimaux en croissance
s’accompagne d’une perte
d’eau et delipides
et d’ungain
de matières azotées totales
(M.
A.T.)
et de cendres. Legain
en M. A. T. varie de22à 31 p. 100suivant le stade et le
gain
en cendres de 100à8 7
p. 100. Lespertes
enlipides
sontrespectivement
de 37et3 8
p. 100.Entre
70 et 200 g, les animaux réalimentés retiennentchaque jour
un excès delipides
parrapport
aux animaux en croissance normale(tabl.
3c).
Cecicorrespond
à
l’augmentation d’appétit
constatéependant
cettepériode (fig : r).
Cette très forteaccumulation
esttemporaire ;
ellepermet
aux animaux non seulement derattraper
le retard
pris pendant
lapériode
de maintien àpoids constant,
mais encore d’accu- muler unsupplément
delipides.
La rétentionjournalière
d’eau estplus
forte chez les animaux réalimentés. Enrevanche,
lesquantités
de M. A. T. et de minéraux retenueschaque jour correspondent pratiquement
à cequ’elle
est chez des témoins de mêmepoids.
5. -
ÉVOLUTION
DES TENEURS EN ACIDESNUCLÉIQUES
ET EN PROTÉINES Série I
(lots I A
etI B ) (tabl. 4).
Foie. - Chez le lot
I B ,
lepoids
frais du foie est diminué de 31 p. 100 et laquantité
deprotéines
de 15p. 100. La diminution de 2,4p. 100del’ADN paraît insi- gnifiante. Le
passage de la valeur durapport ARN/ADN
de 3,5 à 2,4correspond
àune
perte
deprès
de 32p.
100 de laquantité initiale
d’ARN.Musculature
des membresinférieurs.
- Chezle
lotI B ,
lepoids
frais de l’en- semble musculaire étudié n’a pasvarié,
tandisque
lesquantités d’ADN
et de pro-téines augmentent :
lapremière légèrement, soit
de 9 p. 100, la seconde trèsnettement, soit de 24 p. 100.
I,’ARN,
enrevanche,
accuse uneperte
sévère de 49p. 100, cequi fait
passer la valeur durapport ARN/ADN
de1 ,8
ào,8.
Corps
éviscéré. - Lepoids
frais du corps éviscéré estcomparable
chezl’un
et l’autre lot.
Cependant,
on note chez le lotI B
ungain
de 23 p. 100 enprotéines,
une
perte
de 15,5 p. 100 en ADN et de4 6, 5
p. 100en ARN.En yésumé : on observe dans le foie des animaux maintenus à
poids
constant àun
âge (et/ou
à unpoids)
très inférieur à celui de lapuberté,
par réduction des élémentsénergétiques
de laration,
une inhibition del’hyperplasie
et une diminutiondes contenus cellulaires. Cette diminution intéresse des
composés
nonprotéiques
et,dans une moindre mesure, les
protéines.
La musculature est moins sévèrementtouchée, puisque
les cellulespeuvent
accroître un peu leur nombre et s’enrichir notablementen
protéines. I,’ensemble complexe
que constitue lecorps
éviscéré accuse seul uneperte d’ADN,
donc decellules ;
cetteperte
nepouvant
pas êtreimputée
à la mus-culature,
comme nous venons de levoir,
il faut supposer que d’autrestissus dégé-
nèrent sous l’action de la carence
énergétique.
Onpeut
penser aux tissusadipeux
et à la peau
(D URAND ,
travail encours)
dont la mobilisationpartielle permet
d’assurer une croissance résiduaire de tissus considérés commeprioritaires (musculaires
etosseux). I,’appauvrissement important
en ARN est unecaractéristique
communeaux trois
compartiments
étudiés.Série II
(lots II A -II B -II C ) (tabl. 4 ).
Foie. - Le foie des animaux du lot II est très
comparable
à celui des témoins :poids
frais trèsvoisin,
mêmes teneurs en ADN et enprotéines.
La différence laplus importante
concernel’ARN,
avec une infériorité de i3 p. 100 au détriment du lotII B . Ainsi, après
deux semaines deréalimentation,
le foie des animaux du parcours Bpossède
descaractéristiques qui
ne sont pas différentes de cellesdu
foie des témoins.Il en va autrement pour le lot
II C ,
dont le foie se révèle inférieur à celui des témoins de 34 p. 100 enpoids frais,
de 14p. 100 enprotéines,
de 5 p. 100 en ADN etde 40 p. 100 en ARN.
Ainsi,
le foie des animauxIl e présente
à peuprès
les mêmes écarts relatifs avecle lot IIAque le lot IBavec le lot IA. De
plus,
les valeurs durapport ARN/ADN
etdu
rapport poids frais/ADN
sont de même ordre chez les ratsI B
etII C .
’Musculature des membres
postérieurs.
- Pour le lotII B ,
lepoids
frais de l’en- semble musculaire considéré estinférieur,
de 8 p. ioo, à cequ’il
est chez lestémoins,
tandis que les teneurs enprotéines
et en ADN sontéquivalentes. L’écart
leplus
im-portant
concernel’ARN, plus
faible de 18 p. 100 chez les ratsexpérimentaux.
Lacomparaison
du même ensemble musculaire entre les lotsIl e
et IIAconduisent,
comme dans le cas du
foie,
à des observations semblables à cellesqui
ont été rete-nues de la
comparaison
entre les lotsI B
etI A :
au cours du maintien àpoids
constanton
peut
noter une trèslégère augmentation
dupoids
frais et del’ADN,
une netteaugmentation
de la teneur enprotéines,
voisine de 30 p. 100, enfin une diminution considérable de l’ARN deprès
de 45 p. ioo.Corps
éviscéré. - Lescorps
éviscérés des ratsII B
ont le mêmepoids frais,
la même teneur enADN,
une teneur enprotéines légèrement plus
faible de m p. 100,et une teneur en ARN
légèrement supérieure
de 9 p. 100, auxcaractéristiques
correspondantes
ducorps
éviscéré des ratsII A .
Dansl’ensemble,
ces différences sont de peud’importance.
Entre les corps éviscérés des lotsII C
etII A ,
iln’y a= I ias
de différence notable
quant
aupoids
frais et à la teneur en ADN.Cependant,
chezles animaux du lot
II c ,
la teneur enprotéines
estplus
forte de 32 p. 100.En résumé : l’ensemble des résultats
exposés
ci-dessus montre que les animaux du lotII B , préalablement
maintenus aupoids
de 70 gpendant
42jours
et ensuiteréalimentés,
sont trèscomparables
aux animaux à croissance normale du lotII A ,
du moinsquant
auxcaractéristiques
étudiées. Ils ont comblé trèsrapidement
le retardqui
leur a étéimposé. Quant
aux animaux du lotII C ,
maintenus àpoids
constantpendant
lapuberté,
ilsréagissent
aux conditions de restrictionénergétique
de lamême
façon
que les animauximpubères
du lotI B :
7- diminution
importante
dupoids
frais et desprotéines
dufoie ;
- inhibition totale ou
partielle
del’hyperplasie
et chute des teneurs en ARNdans les 3
compartiments étudiés ;
-
augmentation
des teneurs enprotéines
de la musculature et du corps éviscéré.Toutefois,
contrairement à cequi
a été constaté à propos du lotI B ,
laquantité glo-
bale de cellules du corps éviscéré du lot
II C
estégale
à laquantité
relevée chez lestémoins de même
poids. Cependant,
il n’est pas certain que larépartition
des cellulesentre les divers tissus soit
identique.
Série III
(lots III A , III B , III C ) (tabl. 5).
Peau. - Chez les trois
lots,
lepoids
frais et la teneur enprotéines
de la peausont très voisins. On ne discerne pas de différence entre les teneurs en ADN des deux lots
expérimentaux,
mais ceux-ci accusent une infériorité de 9 p. 100 parrapport
au lot témoin. Les teneurs en ARN varient comme les teneurs en ADN.Tissus
adipeux.
- Lespoids
frais sont à peuprès équivalents
chez les troislots. Pour les teneurs en
protéines,
les lotsexpérimentaux
ne sont pas différents entre eux, mais sontdésavantagés
de i8 p.
100environ parrapport
au lot témoin. Demême,
les tissusadipeux
des animauxexpérimentaux
contiennent moins d’ADN que ceuxdes
témoins,
soit 7 p. 100pour le lotIII B
et 20p. 100pour le lotIII C .
Les valeurs durapport ARN/ADN
sontéquivalentes
dans les trois lots.Viscères et sang. - Il y a
quelques différences
d’un lot à l’autre en cequi
con-cerne le
poids
frais et la teneur enprotéines
de cet ensemble trèscomplexe.
Mais cesdonnées
dépendent
enpartie
des contenus intestinaux et toute conclusion serait hasardeuse. Pour cequi
est des acidesnucléiques,
on observe uneremarquable homogénéité
entre les trois lots.Foie. - Pour l’ensemble des
caractéristiques étudiées,
il y a peu de différence entre les trois lots.Musculature des membres
postérieurs.
- Lescaractéristiques
des deux lots ex-périmentaux
sontéquivalentes. En
lescomparant
à celles du lottémoin,
iln’appa-
raît pas de différence pour les teneurs en
protéines,
mais une infériorité de 10p. 100 pour l’ADN et l’ARN.Carcasse. - Comme pour la
musculature,
les carcasses desanimaux expéri-
mentaux ne sont pas différentes entre elles.
Elle
sedistinguent
de la carcasse destémoins seulement par une infériorité de 12,4p. 100 en ADN et en ARN.