R EVUE DE STATISTIQUE APPLIQUÉE
P. P EPE
La fonction statistique dans l’entreprise
Revue de statistique appliquée, tome 10, n
o4 (1962), p. 91-106
<http://www.numdam.org/item?id=RSA_1962__10_4_91_0>
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91
LA FONCTION STATISTIQUE DANS L’ENTREPRISE
P. PEPE
Professeur
àl’Institut d’Études Supérieures des Techniques d’Organisation
Seule une documentation
chiffrée
permet auxdirigeants
de :Savoir : préciser
etcompléter
leursinformations,
éclaircir leurjugement.
Prévoir :
déterminer lesobjectifs
à atteindre, l’activité à dé-ployer ;
les décisions àprendre -
autrement dit, avoirune poli- tique d’entreprise.
Exécuter
avoi r un programme, le suivre, le coordonner.Contrôler :
vérifier
que tout se passe bien selon lesprévisions
etcon formément
au programme ;effectuer
les corrections et redresse- ments nécessaires.Rassembler cette documentation
chiffrée
etl’interprétercons-
titue une
fonction
d’entreDrise sejuxtaposant
auxfonctions
tradi-t ionne lles de vente, de
production, de comptabilité,
etc o Ilfaut
reconnaître que ce t te
f onc t i on
sedéveloppe
assezrapidement,
mais il n’est pas certain que ce soi t avecl’ampleur qu’on pourrait
souhai- ter ; aussiquelques
notes sur cesujet,
bien que sommaires, aide- rontpeut-être
à uneprise
de conscience del’importance qu’il pré-
sente.
SOMMAIRE
A - LES FAITS EXTE RIEURS -
1/ Statistiques
Extérieures.2/ Conjoncture générale.
3/ Conjoncture d’entreprise.
B - LES FAITS INTERIEURS -
4/
Fonctionstatistique d’entreprise.
5/
Sources.6/ Organes.
7/ Exploitation
des informations.Revue de Statistique Appliquée. 1962 - Vol. X - N 4
C
STATISTIQUES
D’UN SERVICE COMMERCIAL -8/ Analyse
des ventes.9/
Promotion des ventes.10/
Prévision des ventes.11/
Etude du marché.12/
Documentationstatistique
d’étude du marché.13/ Enquêtes
d’étude du marché.A - LES FAITS EXTERIEURS -
1 -
Statistiques
extérieures.Une
entreprise
ne vit pasrepliée
sur elle-même dans une tourd’ivoire ;
elle estplongée
dans une ambianceéconomique
et socialequi impose
des con-traintes
multiples
et sévères à son activité. Or il est assez curieux de cons- tater que certainesentreprises (et
pas seulement depetites)
ne tiennentguère compte
de cetteambiance,
et n’en ontqu’une
connaissance sommaire et à très courte vue.Elles ne savent pas utiliser les très nombreuses données tout élaborées
qu’elles
trouveraient facilement à l’extérieur. Demultiples organismes
pu-blics ou
privés publient régulièrement,
sous forme de sériesstatistiques
oud’études
commentées,
des informationsspéciales
ougénérales
sur laproduc- tion,
laconsommation,
leséchanges,
les faitsdémographiques
etsociaux,
les salaires et les
prix,
lesproblèmes
financiers.Notre propos n’est pas ici de dresser l’inventaire de toutes ces
possi-
bilités.Rappelons
seulement le rôle desynthèse
quejoue
dans ce domaine l’Institut National de laStatistique
et des EtudesEconomiques
Consulter ré-gulièrement
sespublications
fournitdéjà une
masseimportante
d’informationsaux
entreprises.
Si certaines d’entre elles doivent scruterplus
à fond leursproblèmes particuliers,
elles trouverontjustement
dans lespublications de l’INSEE,
ou à son bureau d’information dupublic,
les sourcesspéciales
aux-quelles
ellespeuvent
s’adresser.Toutefois,
connaître isolémentl’importance
et l’évolution de faits bien différenciés ne suffit pas àindiquer
l’ambiance danslaquelle
ils seprodui-
sent. Cette
synthèse
constitue unetechnique particulière,
laconjoncture.
2 -
Conjoncture générale.
oL’étude de la
conjoncture
consiste à examinerconjointement des
sériesstatistiques
et à déduire de leurrapprochement :
- un tableau de la situation
économique
à un momentdonné,
etde son évolution
depuis
unepériode
antérieure.- éventuellement des
prévisions conditionnelles,
dites perspec-tives,
pour un avenirplus
ou moinsrapproché.
93
La comparer à la
météorologie
est courant etindique
bien le caractèreprobabiliste
desperspectives
d’avenir. Les lecteurs oublient souvent leshy- pothèses conditionnelles, qui figurent toujours
dans les étudespubliées,
oune leur attachent
qu’une importance
insuffisante. o Les conclusions de cesétudes ne sont valables que si certaines conditions se réalisent
(perspectives
favorables de
récoltes,
tendances à labaisse,
stabilité desprix
et des sa-laires, etc.).
Interprétées
avecprécaution,
ellespermettent cependant
desprévisions particulières
à une branched’entreprise, parfois
même à uneentreprise
iso-lée.
Les éléments de base de la
conjoncture
sont lesstatistiques
extérieures(production, travail,
commerce,prix
etsalaires,
finances etbourse)
danslesquelles
sontprélevées
cellesqui
méritent attention pour en tirer undiag- nostic ; mais,
tout comme enmédecine,
undiagnostic
n’est pas un traite- ment destiné à assurer uneguérison
infaillible et uneprospérité
sans fin.Plusieurs revues financières et
économiques
ont unerubrique
de con-joncture.
Des études confidentielles s’élaborent dans lesgrandes banques,
auMinistère des
Finances,
àl’I.N.S.E.E.,
mais ne sont pas diffusées. Toute-fois,
les industriels etcommerçants peuvent
avoir connaissance de notes oud’études émanant par
exemple :
- de l’I.N.S.E.E. o
(Revue
Etudes etConjoncture)
- du Conseil National du Patronat
Français (bulletin mensuel)
- de la Chambre de Commerce de Paris
(lettre mensuelle)
- du Conseil
Economique (avis semestriel)
- du Service des Etudes
Economiques
et Financières(Finances) : rapport économique
etrapport
financier annexés auprojet
debudget
de laCommission des
comptes
de la Nation(rapport annuel)
- du Commissariat
général
au Plan(Perspectives
de l’EconomieFrançaise)
et de diversorganismes privés.
En
outre,
certains comités d’actionrégionale
et certainsgroupements professionnels publient
desconjonctures
limitées à unerégion
ou à une branche d’activité.3 -
Conjoncture d’entreprise.
A l’échelon de
l’entreprise,
il y a souvent peu deconjoncture particu- lière,
soit faute de moyens, soit même parce que ceproblème
est souventignoré.
Toutefois, intuitivement,
certainsdirigeants extrapolent
la tendance pas- sée déduite de sérieschronologiques
relatives à leur activitéantérieure,
ouà l’activité d’autres secteurs avec
lesquels
ils ont constaté une covariationdécalée ;
éventuellement ils rectifient la tendancefuture, compte
tenu de laconjoncture générale.
D’autres
procédent
par corrélation : vented’appareils photographiques
avec
développement
du tourisme - vented’appareils ménagers
avecpermis
deconstruire,
vente depneumatiques
avec parcautomobile,
etc...D’autres encore étudient les tests
conjoncturels
résultant de la consul- tation d’un échantillon de chefsd’entreprise qui
font connaître leurs réalisationsRevue de Statistique Appliquée. 1962 - Vol. X - N 4
et leurs
pronostics. Exemple : enquêtes quadrimestrielles
del’I. N. S. E. E .
sur l’industrie et le commerce, et certaines
enquêtes
de branchesprofes-
sionnelles
(telles
que lesPapiers
etCartons).
B - LES FAITS INTERIEURS -
4 - Fonction
statistique d’entreprise.
Il ne suffit évidemment pas à une
entreprise qu’elle
s’intéresse à cequi
se passe autour d’elle. Il faut se souvenir de la fable del’astrologue qui
étudiait les étoiles
lointaines,
mais tomba dans lepuits
de sonjardin ;
ilfaut savoir avec
précision
cequi
se passe dansl’entreprise
elle-même.La
statistique d’entreprise
rassemble ses données par le contrôle per- manent de toutes les activités del’entreprise,
et les observe par des rele- vésréguliers
ou continusqui
doivent être :- assez
fréquents
pour que toute variationsignificative
soit saisiesans
retard,
mais sans aucunegêne,
aucun trouble dans l’exercice normal de ces activités.- traduits en tableaux et
graphiques
tenus àjour
dans le moindredélai possible (on
ne fait pas derétrospective historique).
Ces relevés font
apparaître
lesrégularités,
mais aussi lesanomalies ,
les variations
exceptionnelles ;
cecipermet
de consolider ou decorriger
lapolitique
degestion ;
et certainessynthèses
constituent des éléments pour l’étude des décisions de direction.La
statistique
a donc un rôle avertisseur(excès, ralentissement, etc.).
Mais,
leplus
souvent, elle décrit sansexpliquer :
elle invite à chercher lescauses de ce
qu’elle
a faitapparaître.
L’inconvénient du travail
statistique
est sonprix
de revient. Un chiffrea un coût de
production,
comme tout autreproduit.
Il doit être efficace(ser-
vir utilement à
quelque chose)
et rentable(rapporter plus qu’il
necoûte).
Il fait donc :
- ne pas abuser des
comptes-rendus,
des étatsrécapitulatifs,
descalculs,
desdiagrammes,
et n’établir que ceux dont on a vraiment besoin.- obtenir la
statistique
à unprix
raisonnable parl’emploi
de pro- cédés ou demachines, et, quand
on lepeut,
commesous-produit
de mesuresou d’observations existantes.
- savoir chercher et
adapter
les mesures, abaisser leurprix
de re- vient.- se contenter de mesures
approximatives
et ne pas demander uneprécision
inutile.5 - Sources.
La matière
statistique
relative au fonctionnement del’entreprise
esttrouvée :
- directement dans la
comptabilité. Trop d’entreprises
ne saventpas utiliser
pleinement
cettedernière, qui
est une mineimportante
d’infor-mations autres que celles en vue
desquelles
on la tient.- dans les données que la
comptabilité peut
facilement fournir95
sans
changer
ses méthodes et seshabitudes,
par unelégère
modification despièces comptables
et desrelevés ;
cela s’obtient par entente entre les ser-vices intéressés.
- dans des données résultant de
l’analyse
et durapprochement
deschiffres
comptables :
moyennes,dispersion, rapports, fréquences, ratios ,
indicesspéciaux.
-
enfin,
dans des donnéesqui n’apparaissent
pas dans lacompta-
bilité ouqui
nepourraient
pas en être extraitesaisément,
et pourlesquelles
des relevés
particuliers
ou desenquêtes statistiques spéciales
sont néces- saires :accidents,
pannes,retards, goûts
de laclientèle,
etc ...Une
comparaison rapide
entrecomptabilité
etstatistique
nous fera con-naître dans
quelle
mesure lastatistique
est l’art de raisonnerjuste
sur deschiffres
approximatifs plus
ou moins exacts.Conformément à un
plan d’ensemble,
lacomptabilité
groupe, dans descomptes
collectifsséparés,
des mouvements de valeurs ou de matières. Son but est deprésenter
à intervallesréguliers
une balancegénérale
descomptes
résumant la situation de
l’entreprise.
La
statistique
a unchamp beaucoup plus
vaste : c’est l’étudenumérique
de tous les faits
nombreux, quelle
que soit leur nature. Elle relève des dé- tails que n’atteint pas lacomptabilité, pénètre
dans des domaines nouveaux :par
exemple
l’élément client n’est connu ducomptable
que par sescommandes ,
ses
livraisons,
sespaiements.
Le statisticien le classe par
profession,
parrégion,
par nature et im-portance
descommandes,
par modalité de la vente.Les méthodes propres des deux
disciplines
varientbeaucoup.
Alors que celles de lacomptabilité supposent
une exactitudeparfaite,
lastatistique
ades
procédés
trèsvariés,
et se réfère à des basesthéoriques
très différentes del’arithmétique : arrondis, probabilités,
margesd’incertitude, acceptation
d’erreurs dont les limites
peuvent
être évaluées et dont lesrisques
de mau-vaise
interprétation
sont définis.6 -
Organes.
a)
Savoir oùplacer
lastatistique
dansl’organisation
de l’entre-prise
est unsujet
de débatacadémique, repris
detemps
à autre dans dessessions d’études.
La solution n’est en effet pas uniforme :
- les
statistiques
del’entreprise
varient en nature et en volume selonl’importance,
lanature, l’objet,
les buts de cette dernière.- le contrôle
statistique
ne sert pas seulement à la haute direc- tion pour son contrôlegénéral ;
tout échelon détenant uneparcelle
d’autoritéet de
responsabilité
en a besoin pour ses initiatives ou sespropositions.
- la traduction des informations
prend
des formes très variables selon l’échelon considéré. Elle se condense en s’élevant dans la hiérarchie : des relevésdétaillés,
on passeprogressivement
à dessynthèses,
à des résu-més
qui
sont à la foisplus
sommaires etplus complets.
Aussi la solution varie entre deux extrêmes :
Revue de Statistique Appliquée. 1962 - Vol. X - N’ 4
(a)
Service autonome exclusif.(b) Dispersion
de la fonction entre tous les services.Il n’existe pas de solution toute
faite ;
elledépend
de la structure del’entreprise,
et souvent aussi des personnes del’entreprise
et de leurfaçon
de
collaborer.
On rencontre dans desentreprises équivalentes
des concep- tions très différentes d’efficacitéanalogue.
Ce
qui
estimportant,
c’estplutôt
de créer dansl’entreprise l’esprit statistique
et del’y répandre. D’après
sesprogrès
et sesrésultats,
une so-lution
optimale
pourra êtredégagée.
b) Toutefois,
unpoint
reste certain. Bienqu’après
une mise aucourant souvent
trop sommaire, beaucoup
de cadres et certainsagents
d’exé-cution
judicieusement
sélectionnés se révèlentcapables
d’élaborer et d’inter-préter
desstatistiques,
il faut un meneur dejeu qui
soit vraiment unspé-
cialiste pour
définir,
contrôler et coordonner les activitésstatistiques
inté- rieures. Cet animateur doitrépondre
aux trois conditions suivantes :1/
Connaître à fond(ou
tout au moinssuffisamment)
latechnique
sta-tistique
pourpouvoir l’appliquer
et la faireappliquer.
2/
Connaître très bienl’entreprise,
ses moyens, sonorientation,
sesobjectifs, etc. ,
pour faire réaliserl’adéquation
desstatistiques
intérieuresaux besoins
qui
en existent dans les services et à la direction.3/
Connaftre non moins à fond l’ambianceéconomique, sociale, profes-
sionnelle dans
laquelle l’entreprise
exerce sonactivité,
lesstatistiques
ex-térieures
disponibles
et leurs liens avec lesstatistiques
intérieures. Ceci conduitparfois,
faute d’hommeuniversel,
àdistinguer
deuxtypes
de statis-ticiens :
- l’économiste
(comme
disent lesAnglo-saxons),
axé sur les re-lations de
l’entreprise
avec l’extérieur(problèmes commerciaux, trésorerie , investissements, etc. ).
- le statisticien
proprement dit,
homme-chiffre parexcellence ,
axé sur le fonctionnement interne de
l’entreprise (production, personnel,
ma-tériels, finances)
pour le traduire enstatistiques.
Cette distinction ne
peut
se rencontrer que dans desentreprises
trèsimportantes,
où les deuxcatégories
despécialistes
doivent travailler en liai-son
étroite,
par suite demultiples
interférences.On notera
qu’un
servicestatistique
esttoujours
relativement minuscule . Dans une très grosseaffaire,
il occupera une dizaine de personnes ; dansune
petite affaire,
lastatistique
pourra être l’attribution accessoire d’unpré- posé qui
fait autre chose le reste dutemps.
Le
point
fondamental est que lastatistique
est unefonction
de contrôle. oLa
place
du statisticien(ou
desstatisticiens), quand la fonction
estdifférenciée,
est
toujours près
de ladirection,
en contact avecelle,
et sous son autorité directe. C’est au directeur de créer la collaboration avec lesservices,
austatisticien de la faire
accepter
par son efficacité.c)
L’étude de la mise enplace
d’undispositif statistique comporte
lesétapes
suivantes:
1/
définir les informationsstatistiques
nécessaires àl’entreprise,
avec97
le
plus grand
luxe de détails : tableaux àétablir, graphiques
à tenir àjour , calculs, analyses d’interprétation.
2/
Evaluer lesdépenses
entemps
et enargent,
voir les créditsdispo- nibles,
classer par ordre depréférence
les relevés àtenir,
renoncer éven- tuellement à ceuxqui
se révèlent coûteux pour leprofit qu’on
en tirera..3/
Voir ensuite si un organe centralisépeut
tout faire sans être écrasésous les tâches - en enlevant aux échelons intermédiaires une documentation dont il tireraient
profit
s’ils l’élaboraienteux-mêmes,
et en se substituant à eux pourl’interpréter.
Se demander alors si
l’organe
central(qui
doittoujours
êtreprévu)
ne doit pas se limiter à une action de conseil
technique,
decoordination,
de contrôle de la valeur desrelevés,
et à l’établissement dessynthèses
d’infor-mations obtenues dans des services différents.
4/
Il est trèspossible
que cette étude entraîne uneorganisations
danslaquelle :
- des
agents
locaux observent les faits et les relèvent sur des fiches ou desdiagrammes.
- des cadres intermédiaires font
dépouiller
par leursecrétariat
ces informations selon des
règles techniques qui
leur serontimposées,
et entirent des
interprétations
immédiates en vue d’une action corrective éventuelle.- un échelon
supérieur
coordonne lesrésultats,
les"digère"
àl’intention des
responsables
de lapolitique
del’entreprise : comparaison
desprévisions
et desréalisations,
détection immédiate des déviations graves à grosserépercussion, dégagement
des tendances à moyen oulong terme, pré- paration
des programmes, deschangements d’orientation,
et autres informa-tions
synthétiques
à soumettre aujugement
et à la décision desdirigeants.
7 -
Exploitation
des Informations.La structure
organisationnelle
étantprécisée
ethomologuée
par la Di-rection,
il faut ensuiterégler :
- la circulation des informations
(point d’émission, périodicité , délais, responsables),
et lafaçon
dont elles seront collectées et rassemblées(nature, forme, etc...).
- les nomenclatures et les codes
qui
assureront des critèrespré-
cis pour la ventilation en
catégories,
ou classes.- les
procédés
dedépouillement.
Une
exploitation statistique exige
successivement :- des tris des documents
supports d’informations,
destinés à cons-tituer les classes.
- des
comptages
ou totalisations soit dedocuments,
soit de cer-taines informations
qu’ils contiennent,
pour définir l’effectif dechaque
classe.- l’établissement de tableaux de travail ou de tableaux documen- taires rassemblant les séries de résultats bruts.
- l’élaboration et
l’analyse
de ces séries(récapitulations,
com-paraisons,
calculs de valeurs relatives et de valeurstypiques)
pour établir les tableauxdescriptifs,
destinés aux utilisateurs.Revue de Statistique Appliquée. 1962 - Vol. X - N’ 4
- la traduction en
diagrammes
de celles des séries élaboréesqui
sont les
plus caractéristiques.
-
l’interprétation
des tableaux etdiagrammes (évolution
chronolo-giques, écarts, corrélations, covariations, etc.)
- la rédaction éventuelle de
commentaires,
de conclusions et d’avertissementsquant
aux résultats.Tout cela ne saurait
s’improviser
etexige :
- la définition de méthodes
uniformes,
- le recours à des machines
(à calculer, comptables,
à cartesperforées) qui
rendront le travailplus rapide
etplus précis.
- la conservations des informations accumulées sous forme fa- cilement accessible et consultable
(archives répertoriées
et bienclassées,
fichiers de
références, etc ... ) .
En
outre,
il faudrapréciser :
- les délimitations
d’activités,
évitant lesempiètements,
les dé-placements
deresponsabilité, l’indifférence,
la mauvaisevolonté,
lapassi-
vité.o- les
pouvoirs
decontrôle,
deréclamation,
et de réforme deschiffres fournis à
chaque
échelon.Le
dispositif
une fois mis enplace,
unrodage progressif
mettra enrelief ses
insuffisances,
seslacunes,
les excès du programmestatistique initial,
etpermettra
sa mise aupoint.
C -
STATISTIQUES
D’UN SERVICE COMMERCIAL -Pour concrétiser ces
généralités
un peu abstraites par uneillustration ,
examinons ce que pourra être l’activité
statistique
dans le service commer-cial d’une
entreprise hypothétique qu’on
supposerafabriquer
et vendre sesproduits.
Cette
entreprise
nepeut
exister que dans la mesure où elle écoule dans leurintégralité
lesproduits qu’elle fabrique,
et ceci avec une marge de pro- fitappropriée.
Il faut donc
qu’elle
ait unepolitique
des ventes basée sur la connais-sance de la distribution des
ventes,
des valeurs moyennes et destendances ,
des variations parrapport
à ces donnéescentrales,
ainsi que sur lespossi-
bilités de vente que lui ouvre la consommation.
D’où trois
aspects
de la documentation sur les ventes.8 -
Analyse
des ventes.a)
Classement des ventespassées
selon des critèresmultiples
combinés :
- par
produits
- par
régions
et unitésgéographiques plus petites
- par mode de vente
(succursales, représentants, etc... )
- par
type
de clientèle(professions -
volume descommandes ,
mode depaiement,
délais deréglement,
tarifsdifférentiels)
99
- par montants.
De ces données brutes sont déduites :
- des valeurs moyennes de commandes
(par région,
par mode devente,
parpériode
del’année, etc..)
- des séries
chronologiques dégageant
la tendance et les varia- tions.La source des données sera trouvée dans un des fichiers du service commercial : commandes ou facturation. Si ce fichier est tenu sur cartes
perforées,
des passagesspéciaux
entrieuse, puis
entabulatrice, permet-
tent d’avoir très
rapidement
etautomatiquement
les séries voulues.b)
Facteurs des ventesAux données
précédentes s’ajoute
l’étude de nombreux facteurs tels que les suivants :- frais de vente
(représentants, correspondance, publicité,
ex-comptes, comptabilité, emballage, etc ... )
par montant descommandes ;
etprofit
résultant(pourcentage
de lafacture).
- activité et rendement de
chaque
moyen de vente(représentant , dépositaire -)
sipossible
traduits en indices d’efficacitécomparables.
-
comparaisons
entre commandes reçues etprévues,
- ordres
indirects,
- commandes non livrées
(nombre, montant, motif).
- erreurs du service facturation
(nature, quantité)
- covariation de la
publicité
et de lapropagande
avec la varia-tion du chiffre d’affaires.
-
Organisation
et rendement des foires et démonstrations- service
après
vente :régime
desrechanges -
coût-
comparaison livraisons-facturations-réglements .
-
pourcentage
des fraisgénéraux dans
le chiffre d’affaire dechaque poste
de vente- accidents et entretien des voitures
(représentants, livraisons) ,
etc.
c)
Livraisons etexpéditions
-
fréquence-groupage -
mode d’envoi - délais.-
prix
de revient parpoint
de vente - par commande - par pro- duit-
pourcentage
des fraisd’expédition
dans leprix
duproduit
-
goulots d’étranglements,
- rôles
respectifs
duprix,
dupoids,
de ladistance,
etc.d)
Réactions de la clientèleFidélité
(pourcentage
annuel par clientstable).
Densité(classement
desclients par chiffre de
ventes).
Revue de Statistique Appliquée. 1962 - Vol. X - N’ 4
Pourcentage
des clients stables et évolution de leurs commandes.Nombre de clients visités
chaque
mois - covariation de leurs commandés.Indices de saturation
(rapport
des commandes au nombre de visites desreprésentants).
Statistiques
des rendus(origine
etmotifs).
Commandes nulles et anormalement basses
(par produit,
parrégion ,
par client ou groupe de
clientèle).
Nombre de réclamations sur
représentants, livraisons, délais,
etc.Paiements en retard
(genre
declientèle, importance, régions, etc.).
Avances des clients.
e) Ratios
Les informations
précédentes peuvent
se traduire en ratios dont l’évo- lution est intéressante à suivre. Ils sont très variables. Citonsparmi
eux :- Commande par
représentant/nombre
de visites- visites
réelles/Visites prévues
-
commandes/Possibilités
deproduction
-
tonnage
enstock/Tonnage
livré- chiffre
d’affaires/Nombre
de clients(densité)
- nombre total de
clients/clients
fidèles(stabilité)
- commandes en
carnet/chiffre
d’affaires de lapériode (sécuri- té).
9 - Promotion des ventes.
Les données
précédentes peuvent
faire ressortir des insuffisances del’appareil
desventes,
ou desperspectives
d’amélioration de la situation. Sansse lancer dans une étude de marché
(voir plus loin),
la documentation exis- tantepermet
deprendre
des mesurescorrectives,
et depréparer
des déci-sions
d’expansion.
On y arrive :- par étude détaillée des tendances par
produit,
parrégion,
parpoint
de vente. Ces tendances ressortent des sérieschronologiques
des ventespassées.
On estime quequinze
annéesretrospectives
sont nécessaires pour lesdégager
nettement descycles
et des variations saisonnières. D’autrepart ,
il y a évolution : la demande se modifie avec le
temps (changements
desgoûts
ethabitudes,
modification dupouvoir d’achat, etc.).
Toutefois, l’analyse
des ventespassées pendant
unepériode
assezlongue permet
dedégager :
- les
produits
non lucratifs ou délaissés par la clientèle- les
points
de vente enrégression (dépôts, représentants)
- les demandes accrues de certaines
régions,
de certaines pro-fessions,
de certainsproduits.
On doit corroborer les résultats de
l’analyse
et chercher à lesexpliquer grâce
aux informations sommaires deconjoncture générale
ou locale o Ensuiteun effort
peut
être fait :101
- pour stimuler les activités défaillantes
- pour
liquider
des situations douteuses- pour
développer
les activités en croissance.10 - Prévision des ventes.
L’analyse
des ventespassées,
combinée avec les études depromotion
des ventes,
peut
suffire à établir uneprévision
des ventes dans bien des si- tuations. Cetteprévision
a pourobjet :
- de déterminer des
quotas
de vente parrégion
et paragents de
vente.
- d’éliminer des
produits
commercialement défectueux et d’envi- sager desproduits
améliorés.- de définir les
budgets
de vente, depropagande,
depublicité.
- de fournir les éléments des autres
budgets : achats, production,
etc.
- d’être à la base de la
politique
depersonnel,
dematériel,
d’in-vestissements,
detrésorerie,
et du contrôlefinancier.
Elle
se traduit par desdiagrammes prévisionnels
deventes,
de dé- penses, derecettes,
defabrication,
delivraison,
etc.qui,
dans lapériode suivante,
seront en permanence confrontés avec lesdiagrammes chronologiques réels,
defaçon
à confirmer lesprévisions,
ou à provoquer les mesures de redressement nécessaires.Voici un
exemple simple
dediagramme prévisionnel : chaque année ,
pour
chaque produit,
uneprévision
de vente est établie parextrapolation
desrésultats des exercices
passés.
On lui donne la forme d’undiagramme
cumu-latif tenant
compte
de laconjoncture,
de latendance,
des variations saison- nières. Depart
et d’autre de la courbefigurent
à une distance de deux outrois
écarts-types
despointillés indiquant
unedispersion possible, analogue
à celle
qui
a été constatée dans les 15 annéesprécédentes.
Chaque semaine, (ou chaque mois)
onreporte
lepoint représentatif
desventes cumulées
depuis
le début de l’exercice et l’onregarde
s’il seplace
sur la courbe de
prévision
ou en diffère de moins de 2écarts-types
enplus
ou en moins. En cours
d’années,
si lesdivergences
sontconsidérables,
lacourbe
prévisionnelle
sera retouchée defaçon
àreprésenter
la nouvelle ten-dance,
et il en sera tenucompte
dans les programmes deproduction
et de trésorerie.Dans la
pratique,
laprévision statistique
des ventesprend
des formestrès variables selon les
entreprises.
Lesplus répandues
sont :-
prévision
à court terme des ventestotales, chaque
semestrepar
exemple (indispensable
pour les programmes deproduction
etd’appro- sionnement).
-
répartition
desprévisions
entreproduits
et groupes deproduits analogues :
dans une fonderie decuivre,
laprévision
sera meilleure parexemple
pour la vente de tous les robinets encuivre,
que pour un robinet de diamètre donné parcequ’elle porte
sur desplus grands
nombres.Revue de Statistique Appliquée. 1962 - Vol. X - N’ 4
- pour des
produits
nouveaux,prévision
pour troismois, puis
pour les 12 mois suivants :- estimation de la
part
du marché-
perte
d’affaires sur lesproduits
ancienscomparables
-
position
vis à vis de la concurrence- frais
d’investissement,
defabrication,
de lancement- programme de
propagande
et depublicité
-
prix
de revientprévisionnel
-
prix
de ventepossible
-
prévisions
àlong
terme, habituellement pour 5 ans,permettant
d’arrêter unepolitique d’investissements,
detrésorerie, d’expansion.
Toutefois,
le lancement deproduits
nouveaux et laprévision
àlong
terme ne se feront pas dans de bonnes conditions de sécurité sans que l’entre-
prise
aitprocédé
à une étude dumarché, technique
dont nousparlons
main-tenant.
11 - Etude du marché.
L’étude du marché a pour
objectif
de définirquantitativement
pour uneentreprise
la clientèlequ’elle
a uneprobabilité d’obtenir,
soit pour l’en- semble de sesproduits,
soit pour un de sesproduits
existants ou nouveaux.a)
Cette étude se base d’abord sur des éléments intérieurs : po- sition actuelle del’entreprise
sur lemarché,
résultant de ses ventespassées
et de ses efforts de
promotion
de vente. Mais elle vise surtout à connaître la clientèlepotentielle qui
n’achète pas encore deproduits,
mais est suscep- tible de les acheter.Par suite elle est à la base de corrélations avec des
phénomènes
démo-graphiques économiques
etsociaux,
décrits par desstatistiques
extérieuresou mesurés par des
enquêtes particulières.
Lesprincipaux points
à étudiersont les suivants :
1. Distribution : structure et
possibilités
mécanismes et coûts formules à recommander o 2. Produits : Conditionnement et
emballage
nouveaux usages des
produits
existantstransformation des
produits
anciensdemande et définition des
produits
nouveaux.3. Publicité : mesure de son efficacité
4. Ambiance
économique : - analyse économique
de la branche d’activité et de la situationgénérale
- étude de la demande
d’ensemble,
de la demande decatégories
deproduits,
deproduits
indivi-duels ou de marques
spécifiées.
- niveau et évolution des
prix
engénéral
et dansla branche
particulière. - répercussion
desprix
sur le volume des ventes. a
103
5. Consommateur :
Comportement
actuelFacteurs
qui peuvent
l’influencer(besoins,
reve-nus,
éducation,
évolution des moeurs,etc..
limitations de la demande - élasticité
possible.
Motivation,
c’est-à-dire recherche des conditionsd’interprétation,
par leconsommateur,
des fac-teurs
précédents.
Etude à basepsychologique,
lamotivation est extrêmement
importante.
Il ne suf- fit pasqu’un
consommateur ait desbesoins,
et lerevenu pour les
satisfaire,
il faut surtoutqu’il
veuille
acheter,
etqu’on
sachepourquoi,
ou aucontraire
pourquoi
iln’y
pense pas ou ne le dé- sire pas.b) L’objectif
de l’étude du marché est derépondre
auxquestions classiques :
Quoi
vendre ? Définir lesproduits,
en stimuler la demandeOù et à
qui ? Régions,
clientèlepossible,
stable ou en mouvement(va- cances).
Quand ?
De manière saisonnière ou en permanenceComment ? Chaîne de
distribution, organisation, conditionnement,
mar- ques, etc.Avec
quelle
attitude ? Présentation duproduit,
nature de lapropagande , arguments publicitaires, comportement
àexiger
des distributeurs.12 - Documentation
statistique
d’étude du marché.Elle s’obtient à
partir
desstatistiques
extérieures :a)
Ils’agit
de déterminer desquotas,
c’est-à-dire desparts
devente que
l’entreprise peut espérer
dans la venteglobale,
par tous les ven- deurs existants ou nouveaux de tous lesproduits
à considérer. Cesquotas
sont :
- institutionnels
(vente
par unpoint
de vente :magasin,
succur-sale, grossistes, représentants).
- ou
géographiques (ventes
pardépartement,
parrégion, etc.
Ils
peuvent
être fixés enquantités,
envaleur,
entype
declientèle,
etc..Pour les
quotas géographiques,
les bases sont lesstatistiques
exté-rieures sur :
- la
population (structure, mouvements, migrations, activité)
- les
logements (degré
deconfort)
-
l’activité agricole (structure
et nombre desexploitations,
cul-tures, outillage, production, cheptel).
- la structure industrielle et commerciale
- la fiscalité :
produit
des recettesbudgétaires
etimpôts
divers-
l’épargne : versements, retraits, souscriptions
auxgrands
em-prunts
Revue de Statistique Appliquée. 1962 - Vol. X - N 4
- des critères divers :
automobiles, téléphone,
radio et télévi-sion, fréquentation
descinémas,
nombre de docteurs enmédecine,
etc...Par
exemple,
les industries et commerces de la chaussure ou du vête- ment ont leur activité liée au chiffre de lapopulation
par sexe, parâge,
parprofession -
à la saison - auxpossibilité
d’achat.Les activités de fabrication et de vente des
appareils électroménagers
sont liées au
logement,
auloyer,
aux abonnés àl’électricité,
auxsalaires ,
aux programmes d’urbanisme.
On
peut
trouver desanalogies : -
les possesseurs d’automobiles ontgénéralement
unappareil photographique -
donc la distribution des autos esten corrélation avec les
possibilités
de vented’appareils photographiques
etcinématographiques.
Les gros revenus sont de même en corrélation avec les achats d’automobiles - lesdéplacements touristiques
avec la vente des cartespostales,
etc ...La Revue
"Vendre" publie chaque
année des indicessynthétiques,
ditsde richesse
vive
desdépartements.-
On trouve des informations élémentaires et dessynthèses
à l’I.N.S.E.E.(Espace économique français -
Revue Etudes etConjoncture).
Leur mise en oeuvre est unproblème
desagacité
pour choi- sir des critères valables et pour lescombiner,
parexemple
sous formed’indices
synthétiques,
en leur donnant unepondération subjective qui
soit si-gnificative.
b)
Pourbeaucoup
deproduits,
lesstatistiques
extérieures de con-sommation sont
imprécises,
tardives etbeaucoup trop globales
pour être di- rectement utilisables. Onpeut
toutefoisdégager
des tendances montrant l’é- volution des demandes de la clientèle.Les travaux du CREDOC
(Centre
derecherches,
d’études et de docu-mentation sur la
consommation)
sont duplus grand
intérêt pour lesproduits
courants. Non seulement ils définissent par
catégories
sociales les habitudes et le montant desachats,
mais ils donnent des coefficients d’élasticité per- mettant d’évaluer l’accroissement de la consommationlorsque
les circons- tanceséconomiques
de modifient.c)
A l’imitation desaméricains,
certaines branchesprofession-
nelles commencent, à
partir
dequestionnaires
confidentiels reçus de leursmembres,
à recueillir des informations d’ensemble sur leur activitéglobale,
traduite en chiffre
d’affaire,
enquantités vendues,
en stocksd’attente,
etc .Les
participants
recoivent communication de cettesynthèse ;
ils ne connais-sent pas les données de leurs concurrents, mais
peuvent
voir leurplace
surle
marché,
calculer leurs propresquotas
et chercher à les améliorer.13 -
Enquêtes
d’étude du marché.La consultation et
l’interprétation
desstatistiques
extérieures ne suffi- sent pastoujours
à l’étude du marché : on recourt alors à untype
de sta-tistiques
intérieuresparticulier
àl’entreprise
etqui prend
la forme :-
d’enquêtes près
descommerçants
ou dupublic, généralement
paréchantillon
prélevé
au hasard ou par échantillon raisonné.- d’un
jury (ou "panel")
de consommateurs volontaires pour êtrequestionnés
defaçon permanente ;
résultant d’un choix raisonné.105
- d’un autre
jury, composé
de distributeurs. Il ne suffit pas eneffet,
que le consommateur veuilleacheter,
il faut que la structure de la distribution luipermette
de trouver à saportée
leproduit proposé.
Il estnotoire que certaines tentatives de commercialisation ont échoué parce que leurs
promoteurs
n’avaient paspensé,
ouinsuffisamment,
auxproblèmes
que pose la distribution.Quand
on s’adresse aupublic,
l’unitéstatistique
la mieuxappropriée
estgénéralement
leménage,
ou lelogement,
mais dans certains cas, c’est l’in- dividu. La constitution d’un échantillonreprésentatif
est souventdélicate ,
surtout si l’on désire
appliquer
la théorie desprobabilités
à l’évaluation desrisques
d’uneinterprétation
erronée.D’autres méthodes sont
plus
commodes et moins coûteuses, mais ris-quent
d’introduire des biaissystématiques
dans lesrésultats,
parcequ’elles n’atteignent qu’une partie
de la clientèlepotentielle,
et que cettepartie
n’estpas forcément
représentative. Citons,
parexemple :
-
l’interrogatoire
oral ou écrit de clients par les distributeursqu’ils fréquentent,
- les concours dotés de
prix
ou decadeaux,
ouverts à tous ceuxqui
veulent yparticiper.
L’échantillon de
commerçants
estbeaucoup plus
facile à constituer et à consulter(surtout quand l’entreprise dispose
d’un réseau dereprésentants) .
Il est souvent constitué par un choix aléatoire ou
systématique
deboutiques- témoins, acceptant
de faire connaître leursstocks,
leursventes,
leurs marges , leursintentions,
leursdifficultés,
etc.L’exécution des
enquêtes
se fait selon le processus suivant :a)
établissement d’unquestionnaire
danslequel
lesréponses
se-ront bien définies : oui ou non
plus - égal -
moinschoix entre un nombre limité
d’options (question
soupape à larigueur :
ne sait pas - n’a pas
d’avis)
On
évite,
ou tout aumoins,
on limite lesquestions "ouvertes"
àréponse
librecar ces
réponses,
souventhétérogènes
et peureprésentatives,
sontgénérale-
ment difficiles à
interpréter.
b) Interrogatoire
de lapopulation
de distributeurs ou de consom-mateurs
potentiels
formant échantillon :- par envoi
postal (au risque
d’un déchetprobable
dans les ré- ponses, et d’un biaisprobable
enprécision,
que l’onpeut
tenter de réduirepar un
petit avantage : rabais, prime, cadeau,
ou par uneprocédure
de re-lance :
rappels successifs,
et mêmeenquête
individuelleauprès
d’un échantil- lon tiréparmi
les nonréponses).
- par
enquêteurs
itinérantsposant
lesquestions
et notant les ré- ponses(plus coûteux,
mais de meilleurrendement).
- dans certains cas
particuliers,
parappel téléphonique (procédé appliqué
à l’écoute de la radio et de latélévision).
Revue de Statistique Appliquée. 1962 - Vol. X - N’ 4