f
2 ) DISCOU Ps.
S
Prononcé par M. Bâiiou
du Soleil
,Procureur du
En préfentant a V
enregijlrement laDéclaration qui annonce
les Etats-Généraux
,&
rétablit lesCours &
Tribunaux au même & femblable
état qu’ils étaient
avant
le8 Mai
.Messieurs,
ÏNFous
croirionsmanquer
à la dignitéde nos
fondions,R, renfermant ennous-mêmes
cette foulede fentiments quinous oppreflent&
nous unifientaux
tranfports de la joienationale,
nous
venions dépofer froidement dansvos
regiftresFade
folemnel, qui rend
à la juflice fes auguftes minières,
&
à la nation, fes véritables repréfentants.Nous
n’aurons plus à fouiller dans la poufllere de nos recueils,
pour y
trouverCase
FRC
IHIQ2-
TOENEWBE5UUT
2
les titres oubliés
du
citoyen François.Eh
fqu’importent les autoritésdesrégnésobfcurs
&
barbares ? C’eft dans lecœur
del’homme
que
lanature a gravé , en cara&eresineffa- çables, lagrande chartrede la liberté civile;c’efl dans cette loi fi
vivement
defirée, fidouloureufement
obtenue,
que
nous tenons, enfin , dans nosmains
* qu’elle fe retrouve
en
ehtier,&
qu’elleéchappe
àlaprefcription des fiécies.N’oublions
jamaisque
c’èfl à la nobleréMance
,& aux
réclamations des cours,
que nous devons
le rétablifTernentdu
pre-mier
& du
plusbeau
de nos droits confli-tutionnels.
Mais
, fi les vi&oires les plus glorieitfes, le font toujoursen
proportion des dangers ducombat
,ne
craignons pasde
rappeler les fcenes defcandale, de dou-leur
&
de rage,où nous avons vu une
fol-daîefque audacieufe, infenfible à lamajeflé
du
fénat afTembîé, profaner le fanchiaire des lois , violer fans
pudeur
fon enceinte facrée, en arracherdeux
de fes minières profcritspar la haine au défefpoir, s’en
em-
parer, enfin
,
pour
les précipiterdans l’hor- reur des prifons,&
leur faire expierlezele&
le patriotisme dont ils s’étoient rendus3
coupables envers elle.
Ce
trait de fureur mînifténellemanquoit
encoreaux
annales de notre hifloire.Mais
aufîi ,combien
ce grandexemple
decouragepatriotiqueranima
îenergie des grandes
âmes
, en faveur decesnouveaux
Curtius!Leur généreux dévoue- ment
, levœu
des cours fi fortement ex-primé,
la franchife de leur défintérefiement dans l’aveu folemnel&
répété des bornesde
leur pouvoir, ofonsmême
ie dire, la conduite noble, pure&
foutenue, desmem-
bres
du
châtelet , ont fauvé la patrie:&
flla courdespairs
, en accueillant leur
hom- mage
, a cru devoir les remercier aunom
de
la nation ,&
leshonorer du
titre glo- rieux de fes vrais défenfeurs , ne ferions-nous
pas coupables d’un lâche fiîence,en nous
taifant fur lebonheur
qu’auront à l’avenir les tribunauxdu
fécond ordre,de
trouver la leçon de leurs devoirs, écrite dans les fafles de leurchef
antique? C’efl enfin l’énergiede
tous les ordresde
l’état réunis contre le defpotilme miniftériel, qui
a fait difparoître le
fantôme
politique,né de
l’audace&
de l’erreur,
& que
des minif-îres
corrompus
n’avoient pas rougide
pré- fenter à la nation&
ail fouverain , fousun
titre suffi faftueux
, qu’ilétoitvide de fens.
4
Maïs
la juflice éternelle , qui veille fur leroyaume,
les a frappés d’aveuglement dans leur orgueil;&
leur chute étoitun
réfultatnéceffaire de leur
marche
incertaine, égarée&
ténébreufe.Si , dansfon indignation , lepublicaparu reprocher , à la bonté
du
prince , leshon-
neurs&
les dons quiontaccompagné
, dans leur retraite, ces minières infidèles,
nous devons
les confidérer, dans leur anéantirTe-ment &
leur humiliation,comme
ces corpsdefféchés , dont l’Egypte autrefois cachoi.t l’horrible difformité fous des bandelettes colorées d’or
&
de pourpre.Détournons
nos regards de ces trillesimages,
pour
ne plusnous
occuperque
des jours fereins , dontnous voyons
naître l’aurore.Sous
la fauvegarde de l’opinion publique , cette heureufe égide, contre laquellevont échouer
tous les efforts de l’intrigue des cours, nous conferverons ce vertueux miniftre,éprouvé
parlemalheur
,&
dentles vafles connoiffances,&
le grandcara&ere moral garantiffent la fortune pu- blique, en l’enchaînant à laconfiance pai>
ticuliere
que donne
fa probité connue.ï
Si la plus funefte expérience doit
nous
rendre plus réfervésque
jamais dans les éloges accordés fur la foidu nom
, ce uide Necker
rappellera toujours legranda - miniftrateur, l’éloquent écrivain, le citoyen vertueux ,
l’homme profondément
fenfible&
bienfaifant.Livrons-nous donc
, fans réferve, àl’enthoufiafme général ,
que
fon retourau
miniftere infpire à la nation ; oublions, dans fon ivreffe, nos malheurs particuliers; im-molons
, au fentiment dubonheur
public ,touteidéede
vengeance
perfonnelle;hâtons-nous
d’offrir les tributs de reconnoiffance,
d’admiration
&
de refpeû ,que nous devons
à ces provinces généreufes , quiferont dévouées
finoblement au
foutien ue la caufe nationale; félicitons-nousdel’heureufe influenceque
peut avoir fur nous, enpar-ticulier , l'exemple de celle qui
nous
avoi-fme [U
Dauphiné]. Etfi les vents tranf-portent, d’un climat à l’autre , les
maux de
la contagion, la nature équitablene
devroit-elle pas également propager lesfemences
del’efpritpublic& du
patrictifme?Recueillons
, enfin, toute notrefenfi- bilité, pour favourer délicieufement ces
6
esprefîions de bonté paternelle , ces épan-
chements
ducœur,
ces Sacrifices d’uneame
fifpérietire
aux
foibleiTeshumaines
, dans lefqueîîes nous retrouvons notre augufte Souverain;que
la touchante indulgencequ’il nous
montre
,& que
fa déiicateffe voiie fousles traits de l’équité,nous
engageà pardonner
les erreurs ;& que
nos con-citoyens
,
en
appîaudifiant à notre zele , rentrent dans leurs foyersavec fhonorable
perfüafion, qu’en célébrant le
triomphe
des lois
& du
patriotifme, nous Tentons
tout le prix de la paix ,
&
de cette fagetolérance, qui peut feule en afliirer le bonheur.
Nom
requéronsa&e
nous êtreo&royé de
laremifeque nous
faifons fur le bureau; 1° d’une déclarationduroi,du 23 feptembre, enregifirée en la cour le 25 , quiordonne que
l’affembîée des états-généraux
auralieu dans le courant de janvier
de
l’année1789, & que
les officiersdes cours repren- dront l’exercice de leurs fondions.2° D’une
déclarationdonnée &
enregis- tréeaux mêmes
dates,
pour
lachambre
des vacationsdu
parlement.7
3°
D’un
arrêtde
la cour ï rendu, leschambres
affemblées, les pairsy
feants,
qui
condamne un imprimé
,ayant pour
titre : Annalespolitiques
, civiles
&
littéraires ,par
M.
Linguet, à être lacéré&
brûlé par l’exécuteur de la haute-juftice.Nous
requérons qu’il foit fait le&ure&
publication defdites déclarations