Les calculatrices sont interdites. La qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements seront prises en compte de manière importante dans l'appréciation des copies.
Exercice 1.
On considère l'espace vectoriel suivant :
F ={(x, y, z, t)∈R4|3x−y+z= 0 ett=z}.
1. Déterminer une base deF.
Solution: Soitu= (x, y, z, t)∈F. Alorsy= 2x+z etz=t, d'où : u= (x,3x+z, z, z) =xe1+ze2,
en posant e1 = (1,3,0,0) ete2 = (0,1,1,1). Comme e1 et e2 sont dans F, (e1, e2) forme une famille génératrice deF.
Soit (λ, µ)∈R2, on suppose que λe1+µe2 = (0,0,0,0), alors (λ,3λ+µ, µ, µ) = (0,0,0,0) et par identication des coecients on obtientλ=µ= 0. Donc(e1, e2)est une famille libre de F. Donc (e1, e2) est une base deF.
Rmq : ce n'est pas la seule, il était possible d'en trouver d'autres qui convenaient également.
2. Déterminer un supplémentaire Gde F dansR4.
Solution: On pose e3 = (1,0,0,0), e4 = (0,1,0,0) et G = Vect(e3, e4). Comme e3 et e4
sont des vecteurs de la base canonique deR4,(e3, e4)est libre et forme donc une base deG. Par la question précédente, (e1, e2) est une base de F. Juxtaposons ces deux bases, on obtient la famille (e1, e2, e3, e4)dont on cherche à montrer que c'est une base de R4. Soit(a, b, c, d)∈R4, on suppose queae1+be2+ce3+de4= (0,0,0,0).
Alors(a+c,3a+b+d, c, d) = (0,0,0,0), et par identication des coecients,d= 0,c= 0, a=−c= 0etb=−d−3a= 0. Donc la famille(e1, e2, e3, e4) est libre. Or c'est une famille à 4 = dim(R4)éléments, donc c'est une base de R4.
DoncGest un supplémentaire deF dansR4, par caractérisation des sous-espaces vectoriels supplémentaires.
3. Écrire une fonction Scilab appartenance qui prend en argument quatre réels x, y, z, t et qui revoie "oui" si (x, y, z, t)∈F et "non" sinon.
Solution:
function a = appartenance(x,y,z,t)
if (3 * x - y + z == 0) & (t == z) then a="oui"
else a="non"
end
endfunction
Exercice 2.
On désigne parnun entier naturel supérieur ou égal à2. On lancenfois une pièce équilibrée, les lancers étant supposés indépendants. On noteZ la variable aléatoire qui vaut0si l'on n'obtient aucun pile pendant ces nlancers et qui, dans le cas contraire, prend pour valeur le rang du premier pile .
1. (a) Déterminer, en argumentant soigneusement, l'ensembleZ(Ω).
Solution: On eectue un lancer. Si on obtient au moins un pile, Z prend la valeur de [[1, n]] correspondant au rang du premier pile, sinonZ = 0. DoncZ(Ω)⊂[[0, n]]
Réciproquement, on réalise [Z = 0] en enchaînant n face, et si k ∈ [[1, n]], on réalise [Z =k]par exemple en tirantk−1 face, puisn−k+ 1pile. D'où [[0, n]]⊂Z(Ω). On obtient donc par double inclusion Z(Ω) = [[0, n]].
(b) Pour tout k deZ(Ω), calculer P(Z =k).
Solution: Pour i∈ [[1, n]], on note Fi l'événement le ième lancer donne face . L'in- dépendance des lancers donne :
P(Z = 0) =P
n
\
i=1
Fi
!
=
n
Y
i=1
P(Fi) = 1 2n. De même, sik∈[[1, n]],
P(Z =k) =P
k−1
\
i=1
Fi
!
∩Fk
!
=
k−1
Y
i=1
P(Fi)
!
P(Fk) = 1 2k.
(c) Vérier que X
k∈Z(Ω)
P(Z =k) = 1.
Solution: Les deux questions précédentes donnent, par somme de termes d'une suite géométrique,
X
k∈Z(Ω)
P(Z =k) = 1 2n +
n
X
k=1
1 2k = 1
2n+
1
2 −2n+11 1−12 = 1
2n+ 1− 21n
2−1 = 1.
Dans la suite, on dispose den∈N∗ urnes U1, . . ., Un. Pour tout kde [[1, n]], l'urneUk contient kboules blanches etn−k boules noires. On eectue des tirages d'une boule, au hasard et avec remise, de la façon suivante :
si après les lancers de la pièce décrits dans la première question, la variableZ prend la valeur k(aveck>1), alors on tire une par une et avec remisek boules dans l'urneUk. On noteX la variable aléatoire égale au nombre de boules blanches obtenues à l'issue de ces tirages.
si la variableZ a pris la valeur0, aucun tirage n'est eectué etX prend la valeur0. 2. Déterminer X(Ω).
Solution: X(Ω) = [[0, n]]. En eet, si Z = 0 alors X = 0 et si Z =k∈[[1, n]], X est dans [[0, k]] (renvoie le nombre de boules blanches enk tirages avec remise).
3. (a) Déterminer, en distinguant les cas i= 0 et16i6n, la probabilitéP[Z=0](X=i). Solution: Par dénition de X, on sait que si Z = 0 on a toujours X = 0. Donc P[Z=0](X= 0) = 1et∀i∈[[1, n]],P[Z=0](X =i) = 0.
(b) Déterminer, en distinguant les cas i=net06i6n−1, la probabilitéP[Z=n](X=i). Solution: Par dénition de X, on sait que si Z =n on tire avec remisen boules dans l'urne Un, qui contient nboules blanches et 0 boules noires.
Donc P[Z=n](X =n) = 1 et∀i∈[[0, n−1]],P[Z=n](X =i) = 0.
(c) Pour tout k de [[1, n−1]], déterminer, en distinguant les cas 0 6 i 6 k et k < i 6 n, la probabilité conditionnelle P[Z=k](X=i).
Solution: Soit k ∈ [[1, n−1]]. Par dénition de X, on sait que si Z = k on tire avec remise k boules dans l'urneUk, qui contient kboules blanches et n−kboules noires.
Sii∈[[k+ 1, n]], on a doncP[Z=k](X=i) = 0(on n'eectue pas susamment de tirages pour tirer autant de boules blanches).
Sii∈[[0, k]], réaliserX =ien sachant que Z =k revient à réaliserisuccès ( tirer une boule blanche ) dans une succession deképreuves indépendantes de même probabilité de succès (nk). On reconnaît ainsi une loi binomiale de paramètres(k,nk) et :
P[Z=k](X=i) = k
i k n
i 1− k
n k−i
.
(d) En réutilisant ces disjonctions de cas, écrire une fonction Scilab urne qui prend en valeur deux arguments ketn et qui renvoie un tirage de la variableX pour le cas où Z =k.
Solution:
function y = urne(k,n) if k==0 then y = 0 ; elseif k==n then y = n ;
else y = grand(1,1,'bin',k,k/n) ; endendfunction
4. (a) Montrer que P(X= 0) =
n−1
X
k=1
n−k 2n
k
+ 1 2n.
Solution: On applique la formule des probabilités totales au système complet d'événe- ments ([Z =k])k∈[[0,n]], qui vérie∀k∈[[0, n]],P(Z =k)6= 0 (par la question 1.b)) :
P(X= 0) =
n
X
k=0
P(Z =k)P[Z=k](X= 0) = 1 2n×1+
n−1
X
k=1
1 2k
k 0
k n
0 1−k
n k
+ 1 2n×0,
où on a remplacé les probabilités par les valeurs obtenues en question 3. On obtient directement le résultat annoncé en simpliant cette expression.
(b) Montrer que P(X=n) = 1 2n.
Solution: En procédant comme à la question précédente, on trouve : P(X=n) =
n
X
k=0
P(Z =k)P[Z=k](X =n) = 1
2n ×0 +
n−1
X
k=1
1
2k ×0 + 1
2n ×1 = 1 2n.
(c) Soit i∈[[1, n−1]]. Exprimer P(X=i) sous forme d'une somme que l'on ne cherchera pas à calculer.
Solution: En procédant comme aux questions précédentes, on trouve : P(X=i) =
n
X
k=0
P(Z =k)P[Z=k](X =i)
= 1
2n ×0 +
i−1
X
k=1
1 2k ×0 +
n−1
X
k=i
1 2k
k i
k n
i n−k
n k−i
+ 1 2n ×0
=
n−1
X
k=i
1 2k
k i
k n
i n−k
n k−i
5. Vérier, avec les expressions trouvées à la question 4, que
n
X
i=0
P(X =i) = 1.
Solution: Par la question 4, puis en intervertissant les sommes et par formule du binôme de Newton :
n
X
i=0
P(X=i) =
n−1
X
k=1
n−k 2n
k
+ 1 2n +
n−1
X
i=1 n−1
X
k=i
1 2k
k i
k n
i n−k
n
k−i! + 1
2n
=
n−1
X
k=1
n−k 2n
k
+ 2 2n +
n−1
X
k=1
1 2k
k
X
i=1
k i
k n
i n−k
n k−i
=
n−1
X
k=1
n−k 2n
k
+ 2 2n +
n−1
X
k=1
1 2k
k
n +n−k n
k
−
n−k n
k!
=
n−1
X
k=1
n−k 2n
k
+ 2 2n +
n−1
X
k=1
1 2k 1−
n−k n
k!
= 2 2n+
n−1
X
k=1
1 2k
= 1
Exercice 3.
On considère la suite(Tn)n∈N de polynômes deR[X]dénie parT0(X) = 1,T1(X) = 2Xet, pour tout entier n>2,
Tn(X) = 2XTn−1(X)−Tn−2(X).
Dans tout l'exercice, on pourra confondre polynôme et fonction polynomiale. Ainsi, pour tout entier n>2et tout réelx,Tn(x) = 2xTn−1(x)−Tn−2(x).
1. CalculerT2(X) etT3(X). Solution:
T2(X) = 2XT1(X)−T0(X) = 2X(2X)−1 = 4X2−1, T3(X) = 2XT2(X)−T1(X) = 2X(4X2−1)−2X = 8X3−4X.
2. (a) Démontrer que, pour tout entier naturel n, Tn(X) est un polynôme de degré n dont on déterminera le coecient du terme de degré n.
Solution: Soitn∈N, on poseP(n) :Tnest de degrénet de coecient dominant2n. T0(X) = 1 = 20 etT1(X) = 2X = 21X, donc P(0)etP(1)sont vraies.
Soitn>2, on suppose queP(n−2)etP(n−1)sont vraies. Donc il existe des réels αketβktels queTn−2(X) =Pn−2
k=0αkXketTn−1(X) = 2n−1Xn−1+Pn−2 k=0βkXk. OrTn(X) = 2XTn−1(X)−Tn−2(X). On en déduit que le terme enXndeTn(X) est 2×2n−16= 0. DoncP(n) est vraie.
Donc pour n∈N,Tn(X) est un polynôme de degrénet de coecient dominant2n. (b) Établir que, si nest un entier pair (resp. impair), alors Tn(X) est un polynôme pair (resp.
impair).
Solution: Les polynômes sont tous dénis sur R, qui est bien un intervalle centré en0. Soit n∈N, on pose P(n) =Tn(−X) = (−1)nTn(X).
T0(−X) = 1 = (−1)0T0(X) et T1(−X) = −2X = (−1)1T1(X), donc P(0) et P(1)sont vraies.
Soit n>2, on suppose queP(n−2)etP(n−1)sont vraies. Alors Tn(−X) = 2(−X)Tn−1(−X)−Tn−2(−X)
= 2(−X)(−1)n−1Tn−1(X)−(−1)n−2Tn−2(X)
= (−1)n2XTn−1(X)−(−1)nTn−2(X)
= (−1)nTn(X), donc P(n) est vraie.
On en déduit directement le résultat demandé.
Rmq : on pouvait aussi montrer par récurrence double la propriété si n est un entier pair (resp. impair), alors Tn(X) est un polynôme pair (resp. impair), en faisant une disjonction de cas dans l'hérédité.
3. Calculer, pour tout entier natureln,Tn(1)en fonction den.
Solution: ∀n > 2, Tn(1) = 2Tn−1(1)−Tn−2(1) donc (Tn(1))n>0 est une suite récurrente linéaire d'ordre 2. Son équation caractéristique q2−2q+ 1 = 0 a pour discriminant 0 et admet 1pour racine double :∃!(α, β)∈R2 tels que∀n∈N,Tn(1) = (α+βn)1n=α+βn. En particulier pour n = 0 et n = 1 : 1 = α et 2 = α+β. Donc α = β = 1, et ∀n ∈ N, Tn(1) =n+ 1.
Rmq : on pouvait aussi conjecturer le résultat et le montrer par récurrence double.
4. (a) Établir, pour tout entier naturel net tout réelθde ]0, π[: Tn(cos(θ)) = sin ((n+ 1)θ) sin(θ) .
Solution: Soit n∈N, on pose P(n) =Tn(cos(θ)) = sin((n+1)θ) sin(θ) . T0(cos(θ)) = 1 = sin(θ)sin(θ) et T1(cos(θ)) = 2 cos(θ) = 2 cos(θ) sin(θ)
sin(θ) = sin(2θ)sin(θ), donc P(0)etP(1)sont vraies.
Soit n > 2, on suppose que P(n−2) et P(n−1) sont vraies. La relation de récurrence donne alors :
Tn(cosθ) = 2 cos(θ)sin(nθ)
sin(θ) −sin ((n−1)θ)
sin(θ) = 2 cos(θ) sin(nθ)−sin ((n−1)θ)
sin(θ) .
Or ∀(a, b)∈R2,sin(a+b) + sin(a−b) = 2 cos(b) sin(a), et donc :
2 cos(θ) sin(nθ)−sin ((n−1)θ) = 2 sin (nθ) cos(θ)−sin (nθ−θ) = sin ((n+ 1)θ). Donc P(n) est vraie, d'où le résultat demandé.
Rmq : on pouvait aussi montrer l'égalité2 cos(θ) sin(nθ)−sin ((n−1)θ) = sin ((n+ 1)θ) en utilisant les formules d'Euler.
Rmq2 : on pouvait aussi remarquer que(Tn(cos(θ)))n∈N est une suite récurrente linéaire double et en déduire directement la relation.
(b) En déduire que, pour tout entier naturel non nul n,Tn(X) admetnracines réelles (que l'on explicitera), toutes situées dans l'intervalle]−1,1[.
Solution: Soit n∈N∗ etθ∈]0, π[, Tn(cosθ) = 0⇔4a sin ((n+ 1)θ)
sin(θ) = 0⇔sin ((n+ 1)θ) = 0⇔ ∃k∈Z:θ= kπ n+ 1. Comme θ∈]0, π[, il fautk∈[[1, n]]. Donc Tn(cosθ) = 0⇔ ∃k∈[[1, n]] :θ= n+1kπ .
∀k ∈[[1, n]], on poseθk = n+1kπ etxk= cos(θk). Par ce qui précède, les réels x1, x2, . . ., xn sont tous des racines deTn(X).
De plus, 0 < θ1 < θ2 < · · · < θn < π et cos est strictement décroissante sur ]0, π[, donc 1 > x1 > x2 >· · · > xn >−1. Donc les valeurs x1,x2, . . ., xn sont deux à deux distinctes et dans ]−1,1[.
Donc Tn(X) admetn racines réelles dans]−1,1[: les cos
kπ n+1
aveck∈[[1, n]]. Rmq : on pouvait aussi remarquer que la question suivante donnait les racines, et donc se contenter de vérier qu'elles fonctionnaient.
(c) Établir, pour tout entier naturel non nul n, Tn(X) = 2n
n
Y
k=1
X−cos kπ
n+ 1
.
Solution: Soit n∈N∗. Avec les notations du 4b, on a : x1,x2, . . ., xn sont des racines deux à deux distinctes de Tn(X). Or d'après 2a,Tn(X) est de degrén, il a donc au plus n racines distinctes : on les a toutes. De plus le coecient dominant deTn(X) vaut 2n, donc :
Tn(X) = 2n
n
Y
k=1
(X−xk) = 2n
n
Y
k=1
X−cos kπ
n+ 1
.
(d) En déduire en fonction den, pour tout entier naturel non nuln, la valeur de :
n
Y
k=1
sin
kπ 2(n+ 1)
.
Solution: Soit n∈N∗. Par 4c et la formule de linéarisation du sinus, Tn(1) = 2n
n
Y
k=1
1−cos kπ
n+ 1
= 2n
n
Y
k=1
2 sin2
kπ 2(n+ 1)
= 22n
n
Y
k=1
sin2
kπ 2(n+ 1)
.
Or Tn(1) =n+ 1 par 3, doncn+ 1 = 22n
n
Y
k=1
sin
kπ 2(n+ 1)
!2
. Et par passage à la racine, √
n+ 1 = 2n
n
Y
k=1
sin
kπ 2(n+ 1)
. Comme ∀k ∈[[1, n]], kπ
2(n+ 1) ∈ 0,π2
, on a sin
kπ 2(n+ 1)
>0, on en déduit alors
n
Y
k=1
sin
kπ 2(n+ 1)
=
√n+ 1
2n . 5. (a) Démontrer, pour tout entier naturel net tout réelθ de]0, π[:
sin2(θ)Tn00(cos(θ))−3 cos(θ)Tn0(cos(θ)) + (n2+ 2n)Tn(cos(θ)) = 0.
Indication : on pourra montrer que la fonctionθ7→sin(θ)Tn(cos(θ))−sin ((n+ 1)θ)est nulle et la dériver deux fois.
Solution: Soit n ∈ N et θ ∈]0, π[, Tn(cosθ) = sin((n+1)θ)
sinθ par 4a, donc la fonction t → sin(θ)Tn(cos(θ))−sin ((n+ 1)θ) est nulle. Elle est donc dérivable deux fois sur ]0, π[. On obtient en dérivant une première fois :
∀θ∈]0, π[, cos(θ)Tn(cos(θ))−sin2(θ)Tn0(cos(θ))−(n+ 1) cos((n+ 1)θ) = 0.
En dérivant une seconde fois, on trouve :
−sin(θ)Tn(cos(θ))−3 sin(θ) cos(θ)Tn0(cos(θ))+sin3(θ)Tn00(cos(θ))+(n+1)2sin((n+1)θ) = 0.
En utilisant la relation ∀θ∈]0, π[,sin((n+ 1)θ) = sin(θ)Tn(cos(θ)) (car la fonction est nulle), puis en divisant par sin(θ) (non nul carθ∈]0, π[), on obtient :
∀θ∈]0, π[, sin2(θ)Tn00(cos(θ))−3 cos(θ)Tn0(cos(θ)) + (n2+ 2n)Tn(cos(θ)) = 0.
(b) En déduire, pour tout entier naturel n:
(X2−1)Tn00(X) + 3XTn0(X)−(n2+ 2n)Tn(X) = 0.
Solution: Soitn∈N. PosonsQn(X) = (X2−1)Tn00(X) + 3XTn0(X)−(n2+ 2n)Tn(X).
∀θ∈]0, π[,−(cos2(θ)−1)Tn00(cos(θ))−3 cos(θ)Tn0(cos(θ)) + (n2+ 2n)Tn(cos(θ)) = 0par 5a. Donc∀θ∈]0, π[,Qn(cos(θ)) = 0, etcos(θ)est racine deQn. Commecos(θ)parcourt toutes les valeurs de ]−1,1[ quand θ parcourt ]0, π[,Qn(X) a une innité de racines.
C'est donc le polynôme nul, d'où le résultat.
Exercice 4.
On convient que, pour tout réelx, on ax0= 1.
1. Pour tout nde N, justier l'existence des intégrales : In=
Z 1 0
xn
(1 +x)2dx et Jn= Z 1
0
xn 1 +xdx.
Solution: Soitn∈N. Les fonctions x→ (1+x)xn 2 etx→ 1+xxn sont continues sur [0,1], donc les intégralesInetJnexistent.
2. CalculerI0 etI1.
Solution: Un calcul direct donne : I0=
Z 1 0
1
(1 +x)2dx=
− 1 1 +x
1 0
=− 1
1 + 1 + 1 1 + 0 = 1
2.
I1 = Z 1
0
x+ 1
(1 +x)2 − 1
(1 +x)2dx= Z 1
0
1
1 +xdx−I0 = [ln|1 +x|]10−1
2 = ln(2)−1 2.
3. (a) Pour toutnde N, calculer In+2+ 2In+1+In.
Solution: Soit n∈N, on trouve par linéarité de l'intégrale In+2+ 2In+1+In=
Z 1 0
xn+2
(1 +x)2 + 2 xn+1
(1 +x)2 + xn
(1 +x)2dx= Z 1
0
xnx2+ 2x+ 1 (1 +x)2 dx
= Z 1
0
xndx= xn+1
n+ 1 1
0
= 1
n+ 1
(b) En déduire I2.
Solution: D'après la question précédente, I2+ 2I1+I0 = 0+11 . Donc I2= 1−I0−2I1= 1−1
2 −2 ln(2) + 1 = 3
2−2 ln(2).
(c) Compléter le script Scilab suivant pour qu'il permette le calcul de In(dans la variable b) et son achage pour une valeur de nentrée par l'utilisateur.
n= input('donnez une valeur pour n') a= 1/2
b= log(2) - 1/2 for k=2:n
aux=a a=...
b=...
end disp(b)
Solution: On utilise la relation de récurrence : si k>2,Ik= k−11 −Ik−2−2Ik−1. a= b
b= 1/(k-1) - aux - 2*a
4. (a) Montrer que : ∀n∈N,06In6 n+11 .
Solution: Soitn∈N. Soitx∈[0,1], alors06 (1+x)1 2 61, puis par produit avecxn>0, 06 (1+x)xn 2 6xn. La croissance de l'intégrale (car 061) donne alors :
0 = Z 1
0
0dx6In6 Z 1
0
xndx= xn+1
n+ 1 1
0
= 1
n+ 1.
(b) En déduire que la suite (In) est convergente et donner sa limite.
Solution: limn→+∞ 1
n+1 = 0, donc par théorème d'encadrement, la question précédente donne la convergence de (In) vers0.
5. Établir, à l'aide d'une intégration par parties, que :
∀n∈N∗, In=n.Jn−1− 1 2.
Solution: Soitn∈N∗. Les fonctions x→xnet x→ −1+x1 sont de classeC1 sur[0,1], on trouve donc par intégration par parties :
In= Z 1
0
xn
(1 +x)2dx=
− xn 1 +x
1 0
− Z 1
0
nxn−1 −1
1 +xdx=−1 2+0+n
Z 1 0
xn−1
1 +xdx=nJn−1−1 2.
6. (a) Calculer J0 puis exprimer, pour tout entier naturel n,Jn+Jn+1 en fonction den. Solution: On trouve par calcul :
J0 = Z 1
0
1
1 +xdx= [ln|1 +x|]10 = ln(2).
Puis, pour n∈N, par linéarité de l'intégrale, Jn+Jn+1=
Z 1 0
xn
1 +x + xn+1 1 +xdx=
Z 1 0
xn1 +x 1 +xdx=
Z 1 0
xn= 1 n+ 1.
(b) En déduire la valeur de J1.
Solution: D'après la question précédente, J0+J1 = 11, d'oùJ1 = 1−J0 = 1−ln(2). 7. En utilisant les questions 5 et 6, compléter le script Scilab suivant an qu'il permette le calcul
et l'achage deIn pour une valeur den entrée par l'utilisateur.
n= input('donnez une valeur pour n') J= log(2)
for k=1:n-1 J=...
endI=...
disp(I)
Solution: On utilise la relation de récurrence : sik>1,Jk= k1−Jk−1, puis la question 5.
for k=1:n-1 J= 1/k - J endI= n*J - 1/2
8. Établir que :∀n∈N∗, Jn= (−1)n
ln(2)−Pn k=1
(−1)k−1 k
. Solution: Soitn∈N∗, on poseP(n) =Jn= (−1)n
ln(2)−Pn k=1
(−1)k−1 k
. (−1)1
ln(2)−P1 k=1
(−1)k−1 k
=−(ln(2)− (−1)11−1) = 1−ln(2) =J1 donc P(1) est vraie.
Soit n∈N∗, on suppose queP(n) est vraie. La question 6.a) donne : Jn+1= 1
n+ 1−Jn
= (−1)2(n+1)
n+ 1 −(−1)n ln(2)−
n
X
k=1
(−1)k−1 k
!
= (−1)n+1 ln(2)−
n
X
k=1
(−1)k−1
k −(−1)n n+ 1
!
= (−1)n+1 ln(2)−
n+1
X
k=1
(−1)k−1 k
! .
DoncP(n+ 1)est vraie, d'où le résultat demandé.