Ann´ee 2021-2022 – ECG1 & ECG2 – Lyc´ee Janson de Sailly DS 8 –
– Devoir surveill´ e n ◦ 8 –
– Le samedi 09 avril 2022 –
Voici les consignes d’usage, pr´ esentes dans le libell´ e des ´ epreuves de math´ ematiques des concours : La pr´ esentation, la lisibilit´ e, l’orthographe, la qualit´ e de la r´ edaction, la clart´ e et la pr´ ecision des
raisonnements entreront pour une part importante dans l’appr´ eciation des copies.
Les candidats sont invit´ es ` a encadrer, dans la mesure du possible, les r´ esultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d’aucun document ; seule l’utilisation d’une r` egle gradu´ ee est autoris´ ee.
N’oubliez pas de bien num´ eroter vos copies et de traiter les questions dans l’ordre.
Les diff´ erentes parties de ce probl` eme ne sont pas ind´ ependantes. Il n’est n´ eanmoins pas n´ ecessaire d’avoir r´ eussi ` a d´ emontrer un r´ esultat pour l’utiliser dans la suite du probl` eme.
Exercice 1. On consid` ere l’espace vectoriel E = M
3,1( R ) muni de sa base canonique (e
1, e
2, e
3) :
e
1=
1 0 0
, e
2=
0 1 0
, e
3=
0 0 1
.
Soit f l’application de E dans E d´ efinie par :
∀(x, y, z) ∈ R
3, f
x y z
=
2x − y + z x + z x − y + 2z
.
1. D´ eterminer une matrice A ∈ M
3( R ) telle que pour tout (x, y, z) ∈ R
3,
f
x y z
= A
x y z
.
2. Montrer que f est un endomorphisme de E.
3. V´ erifier que A
2= 3A − 2I
3. 4. En d´ eduire que f
2= 3f − 2Id
E.
5. Montrer que f est un automorphisme et d´ eterminer son automorphisme r´ eciproque.
6. D´ eterminer une base de Ker(f − 2Id
E) et une base de Ker(f − Id
E).
7. Montrer que Ker(f − 2Id
E) et Ker(f − Id
E) sont suppl´ ementaires dans E.
8. (a) D´ eterminer des endomorphismes p et q de E tels que p + q = Id
Eet 2p + q = f.
On pourra les exprimer en fonction de f et de Id
E. (b) Montrer que p et q sont des projecteurs.
(c) V´ erifier que p ◦ q = q ◦ p = 0
L(E). (d) En d´ eduire que pour tout n ∈ N ,
f
n= 2
np + q.
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Exercice 2. Partie I
Soit n ∈ N . On consid` ere un polynˆ ome P (X) de degr´ e 2n. On d´ efinit ´ egalement les fonctions f et g sur R par :
∀x ∈ R , f (x) =
n
X
k=0
(−1)
kP
(2k)(x) et g(x) = f
′(x) sin(x) − f (x) cos(x).
1. Montrer que g est d´ erivable sur R et que pour tout x ∈ R , g
′(x) = P (x) sin(x).
2. En d´ eduire que :
Z
π 0P (x) sin(x) dx = f (0) + f (π).
Partie II
Soit (p, q) ∈ ( N
∗)
2. On consid` ere maintenant le polynˆ ome P (X) =
n!1X
n(p − qX )
n. 3. Soit r ∈ N tel que r > 2n. Justifier que P
(r)(X) = 0
R[X]. En d´ eduire que P
(r)(0) = 0.
4. Soit r ∈ N tel que r < n. Montrer que P
(r)(0) = 0.
5. Soit r un entier naturel tel que n ≤ r ≤ 2n.
(a) Montrer que le coefficient devant X
rdans le polynˆ ome P(X) est
n!1 r−nnp
2n−r(−q)
r−n. (b) Rappeler pourquoi
P(r)r!(0)est aussi le coefficient devant X
rdans P (X).
(c) En d´ eduire que :
P
(r)(0) = r!
n!
n r − n
p
2n−r(−q)
r−n. (d) En d´ eduire que P
(r)(0) ∈ Z .
6. En d´ eduire que f (0) ∈ Z . 7. Montrer que pour tout x ∈ R , P
p q− x
= P(x).
8. Montrer que pour tout x ∈ R , et pour tout k ∈ N , P
(k)p q
− x
= (−1)
kP
(k)(x).
9. En d´ eduire que pour tout x ∈ R , f
p q
− x
= f (x).
Partie III
On souhaite montrer dans cette partie que π est un nombre irrationnel. Pour cela, on raisonne par l’absurde en supposant qu’il existe (p, q) ∈ N × N
∗tels que π =
pq. On consid` ere toujours le polynˆ ome P (X) =
n!1X
n(p − qX )
n.
Pour tout n ∈ N , on pose u
n=
n!1Z
π0
x
n(p − qx)
nsin(x) dx = Z
π0
P(x) sin(x) dx.
10. Montrer que pour tout n ∈ N , u
n∈ Z . 11. Montrer que pour tout n ∈ N , u
n> 0.
12. Montrer que pour tout n ∈ N, u
n≤ π
(πp)n!n. 13. Montrer que la suite (u
n)
nconverge vers 0.
14. En d´ eduire qu’` a partir d’un certain rang, |u
n| ≤
12puis que, ` a partir d’un certain rang, u
n= 0.
15. Conclure.
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Exercice 3. Dans cet exercice, on se propose de d´ emontrer la formule de Stirling donnant un
´
equivalent de n! :
n! ∼ √ 2πn
n e
n.
Questions pr´ eliminaires : 1. Soit x ∈ R
∗+. Calculer
Z
x 1ln(t) dt. En d´ eduire une primitive de t 7→ ln(t) sur ]0, +∞[.
2. Montrer que pour tout n ∈ N
∗, 1
12n + 1 − 1
12(n + 1) + 1 ≤ 1
3(2n + 1)
2et 1
12n − 1
12(n + 1) = 1
3((2n + 1)
2− 1) . On a donc en particulier
12n1−
12(n+1)1≥
3((2n+1)1 2−1).
3. Soit f la fonction d´ efinie sur ]0, 1[ par f(t) =
2t1ln
1+t 1−t
− 1 −
t32. (a) Etudier le signe de la fonction g d´ efinie sur ]0, 1[ par g(t) = 2tf (t).
(b) En d´ eduire le signe de f .
4. Soit h la fonction d´ efinie sur ]0, 1[ par h(t) =
3(1−tt2 2)−
2t1ln
1+t1−t
+ 1.
(a) Etudier le signe de la fonction k d´ efinie sur ]0, 1[ par k(t) = 2th(t).
(b) En d´ eduire le signe de h.
Partie I
5. (a) Montrer que pour tout k ∈ N tel que k ≥ 2, Z
kk−1
ln(t) dt ≤ ln(k) ≤ Z
k+1k
ln(t) dt.
(b) En d´ eduire que pour tout n ∈ N
∗, Z
n1
ln(t) dt ≤ ln(n!) ≤ Z
n+12
ln(t) dt.
(c) En d´ eduire que ln(n!) ∼ n ln(n).
6. On pose, pour tout n ∈ N
∗, v
n= e
nn!
n
n+12, d
n= ln(v
n), a
n= d
n− 1
12n et b
n= d
n− 1 12n + 1 . On souhaite montrer que les suites (a
n)
n∈N∗et (b
n)
n∈N∗sont adjacentes.
(a) Montrer que les suites (a
n)
n∈N∗et (b
n)
n∈N∗sont bien d´ efinies.
(b) Montrer que pour tout n ∈ N
∗,
d
n− d
n+1= 2n + 1
2 ln 1 +
2n+111 −
2n+11!
− 1.
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(c) En d´ eduire que, pour tout n ∈ N
∗, 1
12n + 1 − 1
12(n + 1) + 1 ≤ d
n− d
n+1≤ 1
12n − 1
12(n + 1) . (d) En d´ eduire que les suites (a
n)
n∈N∗et (b
n)
n∈N∗sont adjacentes.
(e) En d´ eduire qu’il existe un r´ eel ℓ tel que pour tout n ∈ N
∗, a
n≤ ℓ ≤ b
n. 7. Conclure qu’il existe un r´ eel C > 0 tel que pour tout n ∈ N
∗,
Cn
n+12e
−ne
12n+11≤ n! ≤ Cn
n+12e
−ne
12n1.
8. En d´ eduire un ´ equivalent de n! en fonction de la constante C.
Partie II
Dans cette partie, on cherche ` a d´ eterminer la constante C de la partie pr´ ec´ edente. Pour tout n ∈ N , on pose :
I
n= Z
π2
0
cos(t)
ndt.
9. Calculer I
0et I
1.
10. Montrer que pour tout n ∈ N
∗,
I
n+1= n
n + 1 I
n−1. 11. En d´ eduire l’expression de I
2pet I
2p+1en fonction de p.
12. Montrer que la suite (I
n)
nest d´ ecroissante et en d´ eduire la limite de la suite
I2n
I2n+1
n
.
13. Conclure concernant la valeur de C.
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Proposition de solutions
Solution 1 1. La matriceA=
2 −1 1
1 0 1
1 −1 2
r´epond `a la question.
2. f est d´efinie et `a valeurs dansEqui est un espace vectoriel. Montrons quef est lin´eaire. Soit (u, v, λ)∈E2×R. On a, d’apr`es la question pr´ec´edente,
f(λu+v) =A(λu+v) =λAu+Av=λf(u) +f(v).
Conclusion : f est un endomorphisme deE.
3. On pose le calcul :
A2−3A+ 2I3=
4 −3 3
3 −2 3
3 −3 4
−3
2 −1 1
1 0 1
1 −1 2
+ 2
1 0 0
0 1 0
0 0 1
= 03. Conclusion : A2= 3A−2I3.
4. Soitu∈E. On af(u) =Au doncf2(u) =f◦f(u) =A(Au) =A2upar associativit´e. Ainsi, d’apr`es la question pr´ec´edente, on a
A2u−3Au+ 2I3u=f2(u)−3f(u) + 2IdE(u) = (f2−3f+ 2IdE)(u) = 0E. Conclusion : f2−3f+ 2IdE est l’endomorphisme nul doncf2= 3f−2IdE.
5. D’apr`es la question pr´ec´edente, on af◦ −12 (f−3IdE)
= −12 (f−3IdE)
◦f= IdE.
Conclusion : D’apr`es le cours,f est bijective et son automorphisme r´eciproque estf−1= −12 (f−3IdE).
6. Soit
x y z
∈E.
x y z
∈Ker(f−2IdE)⇐⇒
2x−y+z−2x = 0 x+z−2y = 0 x−y+ 2z−2z = 0
⇐⇒
−y+z = 0 x+ 2y+z = 0 x−y = 0
⇐⇒x=y=z⇐⇒
x y z
=x
1 1 1
⇐⇒
x y z
∈V ect
1 1 1
.
Donc Ker(f−2IdE) =V ect
1 1 1
. La famille compos´ee de l’unique vecteur non nul
1 1 1
est donc g´en´eratrice et libre. C’est donc une base de Ker(f−2IdE).
Avec le mˆeme raisonnement, on montre que
1 1 0
et
0 1 1
forment une famille g´en´eratrice de Ker(f−IdE) compos´ee de deux vecteurs non colin´eaires. C’est donc une base.
7. Commen¸cons par remarquer que les deux ensembles consid´er´es donc bien des sous-espaces vectoriels car ce sont les noyaux de deux applications lin´eaires.
De plus, d’apr`es le question pr´ec´edente et le th´eor`eme de concat´enation des bases, il suffit de montrer que
1 1 0
,
0 1 1
,
1 1 1
est une base deEpour conclure qu’ils sont suppl´ementaires dansE.
On montre par la m´ethode habituelle qu’elle est libre. Puis, comme elle est compos´ee de 3 vecteurs et que la dimension deEest 3×1 = 3, elle est ´egalement g´en´eratrice, c’est donc une base.
Conclusion : Les deux sous-espaces vectoriels sont suppl´ementaires dansE.
8. (a) En r´esolvant le syst`eme, on trouve quep=f−IdEetq= 2IdE−fconviennent (on remarquera que ce sont bien des endomorphismes comme combinaisons lin´eaires d’endomorphismes).
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(b) On sait d´ej`a quepetqsont des endomorphismes. De plus, puisquef et IdE commutent, on a : p2= (f−IdE)2=f2−2f+ IdE= 3f−2IdE−2f+ IdE=f−IdE=p et,
q2= (2IdE−f)2= 4IdE−4f+f2= 4IdE−4f+ 3f−2IdE= 2IdE−f=q.
Conclusion : petqsont des projecteurs.
(c) On a, d’une part,
p◦q= (f−IdE)◦(2IdE−f) = 2f−f2−2IdE+f=−f2+ 3f−2IdE= 0L(E)
et d’autre part,
q◦p= (2IdE−f)◦(f−IdE) = 2f−2IdE−f2+f=−f2+ 3f−2IdE= 0L(E). Conclusion : p◦q=q◦p= 0L(E).
(d) Raisonnons par r´ecurrence. Pour toutn∈N, on poseP(n) : ”fn= 2np+q”.
Initialisation : Pourn= 0, on af0= IdE et 20p+q=p+q= IdE doncP(0) est vraie.
H´er´edit´e :Soitn∈N. On supposeP(n) vraie.
On a alors, en utilisant l’hypoth`ese de r´ecurrence et les question 4.a., 4.b. et 4.c.,
fn+1=fn◦f= (2np+q)◦(2p+q) = 2n+1p2+ 2np◦q+ 2q◦p+q2= 2n+1p+q.
DoncP(n+ 1) est vraie.
Conclusion : D’apr`es le principe de r´ecurrence, on a bien le r´esultat.
Solution 2 Partie I
1. Les d´eriv´ees successives de fonctions polynˆomiales sont des fonctions polynˆomiales ainsi,fest deux fois d´erivable surRcomme fonction polynˆomiale. sin et cos sont deux fonctions usuelles d´erivables surR. Ainsi, par produit et somme,gest d´erivable surRet, pour toutx∈R,
g′(x) =f′′(x) sin(x) +f′(x) cos(x)−f′(x) cos(x) +f(x) sin(x) = sin(x) f′′(x) +f(x) . Or, par op´erations sur les d´eriv´ees,
f′′(x) +f(x) =
n
X
k=0
(−1)k
P(2k)(2)
(x) +
n
X
k=0
(−1)kP(2k)(x)
=
n
X
k=0
(−1)kP(2k+2)(x) +
n
X
k=0
(−1)kP(2k)(x)
=
n
X
k=0
(−1)kP(2k)(x) + (−1)kP(2(k+1)(x).
En reconnaissant un t´el´escopage, on a alors :
f′′(x)+f(x) =
n
X
k=0
(−1)kP(2k)(x)−(−1)k+1P(2(k+1)(x) =P(0)(x)−(−1)n+1P(2n+2)(x) =P(x)−(−1)n+1.0 =P(x) puisque le polynˆomeP(X) est de degr´e 2ndonc sa d´eriv´ee 2n+ 2 est le polynˆome nul.
Conclusion : gest d´erivable surRet pour toutx∈R,g′(x) =P(x) sin(x).
2. D’apr`es la question pr´ec´edente, on a : Z π
0
P(x) sin(x) dx= Z π
0
g′(x) dx= [g(x)]π0 =g(π)−g(0) =f′(π) sin(π)−f(π) cos(π)−f′(0) sin(0)+f(0) cos(0) =f(0)+f(π) car sin(π) = sin(0) = 0, cos(0) = 1 et cos(π) =−1.
Conclusion : Z π
0
P(x) sin(x) dx=f(0) +f(π).
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Partie II
3. Soitr∈Ntel quer >2n. PuisqueP(X) est de degr´e 2n(c’est le produit de deux polynˆomes de degr´esn),P(r) est le polynˆome nul. Ainsi,P(r)(0) = 0.
4. Soitr ∈Ntel que r < n.Xn divise le polynˆomeP(X) donc 0 est racine deP(X) de multiplicit´e au moins n.
Ainsi, puisquer < n, d’apr`es le cours,P(r)(0) = 0.
Conclusion : Sir∈Netr < n, alorsP(r)(0) = 0.
Conclusion : Sir∈Netr >2n, alorsP(r)(0) = 0.
5. (a) Puisque P(X) = Xn!n(p−qX)n, le coefficient devant Xr de P(X) sera le coefficient devant Xn−r dans (p−qX)nque l’on divisera parn!. Or, d’apr`es la formule du binˆome de Newton, le coefficient devantXn−r dans (p−qX)nest :
n r−n
!
(−q)r−npn−(r−n)= n r−n
!
p2n−r(−q)r−n. D’o`u le r´esultat.
(b) La formule de Taylor en 0 pour les polynˆomes permet d’affirmer, par identification queP(r)r!(0)est le coefficient devantXr deP(X).
(c) En utilisant les deux questions pr´ec´edentes, il vient directement : Conclusion : P(r)(0) = r!n! r−nn
p2n−r(−q)r−n.
(d) Puisque r≥n, on a r!n! ∈ N. De mˆeme, par d´efinition d’un coefficient binomiale r−nn
∈ N. Enfin, petq sont des entiers donc comme 2n−r≥0 etr−n≥0,p2n−r∈Net (−q)r−n∈Z.
Conclusion : Par produit,P(r)(0)∈Z.
6. D’apr`es les questions pr´ec´edentes, pour toutr∈Ntel quer≤2n, on a P(r)(0)∈Z. Ainsi, pour tout k∈Ntel k≤n, que (−1)kP(2k)(0)∈Z.
Conclusion : Par somme,f(0)∈Z. 7. Soitx∈R.
P p
q −x
= 1 n!
p q −x
n p−q
p q−x
n
= 1 n!
p q −x
n
xn=P(x).
Conclusion : Pour toutx∈R,P p
q−x
=P(x).
8. Raisonnons par r´ecurrence. Soitx∈R. Pour toutk∈N, on poseP(k) : ”P(k)
p q −x
= (−1)kP(k)(x)”.
Initialisation : Pourk= 0, on a d’apr`es la question pr´ec´edente : P(0)(x) =P(x) =P
p q −x
=P(0) p
q−x
. DoncP(0) est vraie.
H´er´edit´e :Soitk∈N∗. Supposons queP(k) est vraie. On a donc : (−1)kP(k)(x) =P(k)
p q−x
.
En d´erivant cette ´egalit´e (attention, on d´erive une composition lorsqu’on d´erive le terme de droite), on obtient : (−1)kP(k+1)(x) =−P(k+1)
p q−x
i.e (−1)k+11P(k+1)(x) =P(k+1) p
q −x
. DoncP(k+ 1) est vraie.
Conclusion : D’apr`es le principe de r´ecurrence, on obtient bien le r´esultat.
9. D’apr`es la question pr´ec´edente, pour toutk∈Ntel quek≤n, on a : (−1)kP(2k)
p q −x
= (−1)k(−1)2kP(2k)(x) = (−1)kP(2k)(x) Ainsi, en sommant terme `a terme, il vient :
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f p
q −x
=
n
X
k=0
(−1)kP(2k)(x) =f(x).
Conclusion : Pour toutx∈R,f
p q −x
=f(x).
Partie III
10. Soitn∈N. D’apr`es la question 2., pourP(X) = n!1Xn(p−qX)n qui est bien un polynˆome de degr´e 2n, on a : Z π
0
P(x) sin(x) =f(0) +f(π).
Or, d’apr`es la question 6.,f(0)∈Z. Puis,f(π) =f(π−0) =f(pq −0) =f(0) d’apr`es la question 9. Donc, par sommeun∈Z.
Conclusion : Pour toutn∈N,un∈Z.
11. Soitn∈N. Soitx∈[0, π]. On a alors,xn≥0 et sin(x)≥0. De plus, puisqueπ= pq, avec qstrictement positifs, on a≤qx ≤pdonc −p≤ −qxet donc 0≤p−qx. Ainsi, par produit,P(x) sin(x)≥0 et comme, 0≤π, par positivit´e de l’int´egrale, il vientun≥0.
Puis, par propri´et´e de l’int´egrale nulle, si il existe unn ∈ N, tel que un = 0 alors,P(x) sin(x) = 0 pour tout x∈[0, π]. Ceci est clairement faux (par exemplef π2
̸= 0).
Conclusion : Pour toutn∈N,un>0.
12. Soitn∈N. Pour toutx∈[0, π], on axn≤πnpar croissance de la fonctionx7→xnsurR+. On a aussip−qx≤p carqx≥0, et donc (p−qx)n≤pn. Ainsi, par croissance de l’int´egrale, il vient :
un≤ 1 n!
Z π 0
(πp)ndx=π(πp)n n! . Conclusion : Pour toutn∈N,un≤π(πp)n!n.
13. D’apr`es le cours, on sait quepn=o(n!) donc (πp)n!n →0.
Conclusion : D’apr`es le th´eor`eme d’encadrement, (un)nconverge et sa limite vaut 0.
14. Pourε=12 >0, d’apr`es la d´efinition de la convergence vers 0, il existe un rangN ∈N`a partir duquel :|un| ≤ 12. Mais comme, d’apr`es la question 10.,un∈Z, on a n´ecessairementun= 0 `a partir de ce rangN.
Conclusion : Il existe un rang `a partir duquelun= 0.
15. Nous avons abouti `a une contradiction car en question 11. nous avons montr´e queun>0 pour toutn∈Net en question 14., nous avons montr´e queun= 0 `a partir d’un certain rang.
Conclusion : πest un nombre irrationnel.
Solution 3 Questions pr´eliminaires :
1. Soitx∈ R∗+. On pose u:t7→t etv :t7→ln(t). uetv sont de classeC1 surR∗+ donc sur [1, x] et u′ :t7→1, v′:t7→ 1t. Ainsi, par int´egration par parties, on a :
Z x 1
ln(t) dt= [tln(t)]x1− Z x
1
1 dt=xln(x)−x+ 1.
Conclusion : Une primitive de ln surR∗+est doncx7→xln(x)−x.
2. Soitn∈N∗. On a : 1
12n+ 1− 1
12(n+ 1) + 1 = 12n+ 13−12n−1
(12n+ 1)(12(n+ 1) + 1) = 12
(12n+ 1)(12(n+ 1) + 1) donc,
1
12n+ 1− 1
12(n+ 1) + 1− 1
3((2n+ 1)2−1) = 12
(12n+ 1)(12(n+ 1) + 1)− 1 3((2n+ 1)2−1)
= 1
(12n+ 1)((n+ 1) +121)− 1 12n(n+ 1).
Comme (12n+ 1)((n+ 1) +121)>12n(n+ 1), on a par stricte d´ecroissance de la fonction inverse surR∗+,
Ann´ee 2021-2022 – ECG1 & ECG2 – Lyc´ee Janson de Sailly Corrig´e du DS 8 –
1
(12n+ 1)((n+ 1) +121) < 1 12n(n+ 1) et donc par strictement d´ecroissance de la fonction oppos´ee surR∗+, il vient :
1
12n+ 1− 1
12(n+ 1) + 1− 1
3((2n+ 1)2−1) <0.
On a obtenu la premi`ere in´egalit´e demand´ee.
De mˆeme,
1
12n − 1
12(n+ 1)− 1
3((2n+ 1)2−1) = 1
12n(n+ 1)− 1
12n(n+ 1) = 0≥0 3. (a) Pour tout t∈]0,1[, on a g(t) = ln
1+t 1−t
−2t−2t33. La fonction t7→ 1+t1−t est d´erivable sur ]0,1[ `a valeurs dansR∗+et la fonction ln est d´erivable surR∗+. De plus,t7→ −2t−2t33 est d´erivable sur ]0,1[ comme fonction polynomiale. Ainsi, par composition et somme,gest d´erivable sur ]0,1[ et pour toutt∈]0,1[, on a :
g′(t) =
2 (1−t)2
1+t 1−t
−2−2t2= 2
1−t2 −2(1 +t2) = 2t4 1−t2 >0.
La fonctiongest donc strictement croissante sur ]0,1[. Or,g(t) →
t→00.
Conclusion : La fonctiongest donc positive sur ]0,1[.
(b) Les fonctionsfetgont le mˆeme signe sur ]0,1[ car sur cet intervalle, 2t≥0.
Conclusion : f est positive sur ]0,1[.
4. (a) Pour toutt∈]0,1[, on ak(t) = 3(1−t2t32)−ln
1+t 1−t
+ 2t.
Comme dans la question 3.a., on montre quekest d´erivable sur ]0,1[ par composition et op´erations et pour toutt∈]0,1[, on a :
k′(t) = 2 3
3t2(1−t2)−t3(−2t) (1−t2)2
−
2 (1−t)2
1+t 1−t
+ 2 = 4t4 (1−t2)2 >0.
Ainsi, la fonctionkest strictement croissante sur ]0,1[. De plus,k(t) →
t→00.
Conclusion : kest positive sur ]0,1[.
(b) Les fonctionshetkont le mˆeme signe sur ]0,1[ car sur cet intervalle, 2t≥0.
Conclusion : hest positive sur ]0,1[.
Partie I
5. (a) Soitk∈Ntel quek≥2.
Soitt∈[k−1, k]. Par croissance de ln surR∗+, on a ln(t)≤ln(k). Ainsi, commek−1≤k, par croissance de l’int´egrale, il vient :
Zk k−1
ln(t) dt≤ Z k
k−1
ln(k) dt= ln(k)(k−k+ 1) = ln(k).
Soitt∈[k, k+ 1]. Par croissance de ln surR∗+, on a ln(t)≥ln(k). Ainsi, commek−1≤k, par croissance de l’int´egrale, il vient :
Z k+1 k
ln(t) dt≥ Z k+1
k
ln(k) dt= ln(k)(k+ 1−k) = ln(k).
Conclusion : Pour toutk≥2, Z k
k−1
ln(t) dt≤ln(k)≤ Z k+1
k
ln(t) dt.
(b) En sommant terme `a terme l’in´egalit´e pr´ec´edente, on obtient :
n
X
k=2
Z k k−1
ln(t) dt≤
n
X
k=2
ln(k)≤
n
X
k=2
Z k+1 k
ln(t) dt.
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Puis, en utilisant la relation de Chasles et les propri´et´es de ln, Z n
1
ln(t) dt≤ln
n
Y
k=2
k
!
= ln(n!)≤ Z n+1
2
ln(t) dt.
(c) On utilise la question 1. pour calculer les deux int´egrales de la question pr´ec´edente.
Z n 1
ln(t) dt= [tln(n)−t]n1 =nln(n)−n+ 1 et
Zn+1 2
ln(t) dt= [tln(n)−t]n+12 n= (n+ 1) ln(n+ 1)−(n+ 1)−2 ln(2) + 2.
L’encadrement obtenu est donc :
nln(n)−n+ 1≤ln(n!)≤(n+ 1) ln(n+ 1)−(n+ 1)−2 ln(2) + 2.
Ainsi, puisquenln(n)>0 pourn∈N∗, on a : nln(n)−n+ 1
nln(n) ≤ ln(n!)
nln(n) ≤(n+ 1) ln(n+ 1)−(n+ 1)−2 ln(2) + 2
nln(n) .
Or, nln(n)−n+1nln(n) = 1−ln(n)1 +nln(n)1 −→
n→+∞1 par op´erations. De mˆeme,
(n+1) ln(n+1)−(n+1)−2 ln(2)+2
nln(n) =(n+1) ln(n+1)
nln(n) −nn+1ln(n)−2 ln(2)−2nln(n) −→
n→+∞1 car nn+1ln(n) = 1+
1 n ln(n) et (n+ 1) ln(n+ 1)
nln(n) =
1 +1
n
ln(n) + ln(1 +1n)
ln(n) = 1 + 1
n+(1 +n1) ln(1 +n1)
ln(n) .
Conclusion : D’apr`es le th´eor`eme d’encadrement, nln(n)ln(n!) −→
n→+∞1 donc ln(n!)∼nln(n).
6. (a) La fonction ln ´etant d´efinie surR∗+, (an) et (bn) sont bien d´efinies d`es lors que pour toutn∈N∗,vn>0.
Il est clair que pour toutn∈N∗,enn!>0. Par ailleurs,nn+12 = exp((n+12) ln(n))>0. Donc par quotient vn>0.
Conclusion : Les suites (an) et (bn) sont bien d´efinies.
(b) Soitn∈N∗.
dn−dn+1= ln(vn)−ln(vn+1)
= ln vn
vn+1
= ln enn!(n+ 1)n+1+12 nn+12en+1(n+ 1)!
!
= ln
n+ 1 n
n+12
1 e
!
=
n+1 2
ln n+ 1
n
−1
=
n+1 2
ln
2n+ 2 2n
−1
=
n+1 2
ln
2n+ 1 + 1 2n+ 1−1
−1
= 2n+ 1
2 ln 1 +2n+11 1−2n+11
!
−1 (c) La question 3.b permet d’affirmer que pour toutt∈]0,1[, on a2t1 ln
1+t 1−t
−1≥t22. Ainsi, pourt= 2n+11 ∈ ]0,1[, il vient :
dn−dn+1= 2n+ 1
2 ln 1 +2n+11 1−2n+11
!
−1≥ 1
2n+ 1 2
1
3 = 1
3(2n+ 1)2.
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De la mˆeme fa¸con, d’apr`es la question 4.a, on sait que pour toutt∈]0,1[, on a : 1
2tln 1 +t
1−t
−1≤ t2 3(1−t2). Ainsi, pourt=2n+11 ∈]0,1[, on a :
dn−dn+1= 2n+ 1
2 ln 1 +2n+11 1−2n+11
!
−1≤ 1
3((2n+ 1)2−1). Ainsi, par transitivit´e et d’apr`es la question 2. , on obtient l’in´egalit´e demand´ee.
(d) Pourn∈N∗, on a d’une part, on a :
an+1−an=dn−dn+1− 1
12n− 1
12(n+ 1)
≤0 d’apr`es la question pr´ec´edente et donc (an)nest d´ecroissante.
D’autre part,
bn+1−bn=dn−dn+1− 1
12n+ 1− 1
12(n+ 1) + 1
≥0 d’apr`es la question pr´ec´edente et donc (bn)n est croissante.
Enfin,
an−bn= −1
12n(12n+ 1) −→
n→+∞0.
Conclusion : Les deux suites sont adjacentes.
(e) D’apr`es le th´eor`eme des suites adjacentes et la question pr´ec´edente, les suites (an) et (bn) convergent vers la mˆeme limiteℓet pour toutn∈N∗,
an=dn− 1
12n ≤ℓ≤dn− 1
12n+ 1=bn. 7. D’apr`es la question pr´ec´edente, on a
ℓ+ 1
12n+ 1≤dn= ln(vn)≤ℓ+ 1 12n. PosonsC=eℓ. Par croissance de la fonction exponentielle, on en d´eduit que :
Ce12n+11 ≤vn≤Ce12n1 d’o`u, par d´efinition devn,
Cnn+12e−ne12n+11 ≤n!≤Cnn+12e−ne12n1 .
8. En divisant l’in´egalit´e pr´ec´edente parCnn+12e−n>0, on obtient : e12n+11 ≤ n!
Cnn+12e−n ≤e12n1 . Conclusion : D’apr`es le th´eor`eme d’encadrement,n!∼Cnn+112e−n. Partie 3
9. On aI0= Z π2
0
1 dt=π 2 etI1=
Z π2
0
cos(t) dt= sin(π
2)−sin(0) = 1.
Conclusion : I0=π2 etI1= 1.
10. Remarquons d’abord que : In+1=
Z π2
0
cosn−1(t) cos2(t) dt= Z π2
0
cosn−1(t)(1−sin2(t)) dt=In−1+ Z π2
0
sin(x) cosn−1(x) dx.
On poseu:x7→ 1ncosn(x) etv:x7→sin(x).uetvsont de classeC1 sur [0,π2] donc par int´egration par parties, on a :
Ann´ee 2021-2022 – ECG1 & ECG2 – Lyc´ee Janson de Sailly Corrig´e du DS 8 –
Z π2
0
sin(x) cosn−1(x) dx= 1
ncosn(x) sin(x) π2
0
− Z π2
0
1
ncosn(x) cos(x) dx=−1 nIn+1. Ainsi,
In+1=In−1−1 nIn+1
et donc
Conclusion : In+1=n+1n In−1.
11. C’est une question tr`es classique que nous avons d´ej`a trait´ee. On montre par r´ecurrence que I2p= (2p)!
22p(p!)2I0= (2p)!
22p(p!)2 π
2 etI2p+1= 22p(p!)2
(2p+ 1)!I1= 22p(p!)2 (2p+ 1)!.
12. Soitn∈N. Soitx∈[0,π2]. On a : 0≤cos(x)≤1 donc cos(x)n+1≤cos(x)n. Ainsi, comme 0≤ π2, par croissance de l’int´egrale,In+1≤In etIn≥0.
Par ailleurs,In̸= 0 pour toutn∈Nd’apr`es la propri´et´e de l’int´egrale nulle (la fonction cos n’´etant pas identi- quement nulle sur [0,π2]). Il vient alors :
1≤ I2n
I2n+1
≤I2n−1
I2n+1
= 2n+ 1 2n = 1
2n+ 1.
Conclusion : D’apr`es le th´eor`eme d’encadrement,
I2n I2n+1
converge vers 1.
13. D’apr`es les relations obtenues en question 3, on a : I2n
I2n+1
=(2n+ 1)((2n)!)2 24n(n!)4
π 2.
En utilisant l’´equivalent obtenu dans la Partie 1, et par quotient et produits, on a : ((2n)!)2
(n!)4 ∼C2(2n)4n+1e−4n
C4n4n+2e−4n ∼ 24n+1 C2n . Ainsi,
I2n
I2n+1
= (2n+ 1)((2n)!)2 24n(n!)4
π
2 ∼(2n+ 1)24n+1 24nC2n
π 2 ∼ 2π
C2 ce qui signifie que II2n
2n+1 −→
n→+∞
2π
C2. Ainsi, la limite trouv´ee `a la question 4 et la propri´et´e de l’unicit´e de la limite permettent de conclure.
Conclusion : C2= 2πi.e.C=√ 2π.