L'Homo-Erectus tant évolué En l'an 2020 Se trouva fort dépourvu quand le Virus fut venu... Au supermarché, plus un seul grain de blé

Texte intégral

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Les rédacteurs des zoreilles du chemin se réservent le droit d'accepter ou de refuser l'édition de tout document qui leur est adres- sé. Les textes doivent faire preuve de tolérance et de respect vis-à-vis des différentes sensibilités des personnes pratiquant ce chemin ou des hébergeants assurant l'accueil. Un droit de réponse est assuré à toute personne qui se sentirait mise en cause à ti- sur le thème du chemin de Compostelle

les spécialistes de la santiagothérapie...

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Sommaire

Poème, en attendant 2021

Le Turigrino : une espèce en voie de développement Extrait du livre de Céline Anaya Gautier :

" Compostelle Paroles de pèlerins "

Elle ne marche pas, mais accueille sur la voie d'Arles Recherche hosptitalier-ère

Quelques rencontres

Souvenir du chemin en poème : En Chemin

Le pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle rapporte Recherche chariot d'occasion

Encouragements

Le chemin : un puits de ressources Charade lamentable : épisode 20

Petite déclaration d'amour aux anges, nos compagnons de route : livre de Gaële de la Brosse

Histoires vers Compostelle

Le Miam Miam Dodo de la voie de Paris-Tours

Rappel : Nous attendons vos textes et photos avec impa- tience pour continuer l'aventure des Zoreilles.

Petites annonces

Poème, en attendant 2021

L'Homo-Erectus tant évolué En l'an 2020

Se trouva fort dépourvu quand le Virus fut venu....

Au supermarché, plus un seul grain de blé Plus un seul papier-cul !

En ce temps de disette et de confinement, Retrouver sa voisine c'est à 20 h seulement Au temps des applaudissements.

Dans la ville déserte, la nature a repris ses droits La pollution a quitté la vallée, l'oiseau chante Le printemps a hissé le grand pavois .

C'est l'heure imposée où le marcheur, seul sous son masque, Salue à 2 m son co-erectus, où, rêvant à ses marches d'antan Il espère bien qu'en 2021

Il ira de nouveau, chantant sur les chemins son refrain....

C'était avant. Mon itinéraire était prêt, je devais partir de Vézelay pour rejoindre Cahors ! Tout fut annulé pour cause de Covid ! snif, snif !

Le texte ci-dessus m'est venu en continuant de marcher chaque jour dans le périmètre imposé. Alors, à l'année prochaine sur le Chemin, Ultreia !

Nicole Evrard nic.evrard@orange.fr

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Le Turigrino : une espèce en voie de développement

« Turigrino », un néologisme espagnol pas encore admis par la

« Real academia Española » mais déjà largement utilisé et pas si nouveau que cela puisque l’article qui en parle (1) date déjà du 8 septembre 2010 et qu’il est commenté en avril 2011 par Stevens Schwartzman dans un site anglais consacré aux relations linguisti- ques entre l’espagnol et l’anglais (2).

L’auteur explique que ce mot-valise provient de la fusion avec tron- cation des termes espagnols « turista » et « peregrino » et désigne une personne qui marche sur le chemin de Compostelle non pour des motifs de foi ou de spiritualité mais pour profiter des avantages offerts aux vrais pèlerins.

Le site Xacopedia explique, lui, que le terme « turigrino » est fré- quemment utilisé par les hospitaliers bénévoles des auberges pour désigner de manière critique le pèlerin-touriste qui marche sur le chemin sans transcendance et sans comprendre ou accepter les concepts de solidarité, de sobriété et convivialité qui font l’essence du cheminement pèlerin. Une autre façon de le dire est que le turi- grino marche sur le chemin tandis que le peregrino entre dans le chemin (3).

Dans un mémoire universitaire, Linda Alarie décrit d’expérience, les turigrinos comme des personnes qui espèrent avant tout le confort et la bonne nourriture et « qui devant leurs écrans en oublient les personnes assises autour de la table commune » (4).

Le tourisme pèlerin est en voie de développement et ce à la grande satisfaction de certains acteurs du chemin : le turigrino rapporte plus que le peregrino et offre de nouvelles perspectives économi- ques. Une agence de voyage de Galice s’est même approprié le nom de « turigrino » pour attirer la clientèle à laquelle elle offre 8 jours de « pèlerinage » clefs sur porte : visites organisées, trans- port de bagages, réservation des logements et repas, voiture balai tout au long de la journée pour répondre aux besoins : eau, fruits, médicaments et soutien de tous ordres (5).

L’office de tourisme de la Xunta de Galicia offre d’ailleurs le même genre de service et vient chercher en taxi le turigrino à la fin de chaque étape pour le conduire au lieu d’hébergement et le recon-

duire le lendemain au lieu de départ de l’étape suivante (6).

Que penser de ce phénomène ? La réponse de certains sera « À chacun son chemin » ou encore « Bien souvent on part randonneur ou touriste et on arrive pèlerin ».

Ces réponses ne sont pas à rejeter mais à mon sens elles éludent une réflexion plus large sur ce que ce phénomène entraîne comme conséquence pour le pèlerinage et pour son avenir.

Disons d’emblée qu’il est évident que les chemins vers Compos- telle ne sont pas la propriété des pèlerin.e.s, et que quiconque a le droit de les emprunter quelque soit ses motivations ou sa façon de les parcourir.

Le touriste est libre de prendre un taxi pour raccourcir son étape, li- bre de choisir les plus belles étapes et de passer les autres, et li- bres de choisir les bons restaurants ou les hébergements plus con- fortables. Tant que le « turigrino » utilise les commodités offertes aux touristes quelque soit leur confort ou leur luxe, il n’y a bien sûr aucun reproche à lui faire. Il n’en va évidemment pas de même s’il cherche à profiter des services offerts aux pèlerins, par exemple en arrivant le premier dans les auberges après avoir emprunté un taxi pour terminer son étape…

Ceci étant dit, il est cependant de plus en plus évident que le dé- veloppement du tourisme pèlerin modifie progressivement l’envi- ronnement du peregrino.

Pour répondre aux attentes et demandes des turigrinos, les héber- geurs privés sont enclins à modifier les conditions d’hébergement et de service en augmentant le confort général et la qualité des ser- vices : chambres plus luxueuses et plus privatives, bar à disposi- tion, repas plus gastronomique, ambiance plus cosy…

De plus le tourisme pèlerin contribue pour une part de plus en plus large à l’encombrement de certains chemins vers Compostelle ren- dant le silence, la solitude, le retour sur soi recherchés par de nom- breux pèlerins et par de nombreuses pérégrines, de plus en plus difficile à trouver.

La foule modifie aussi profondément l’atmosphère du camino. Pa- radoxalement elle rend les contacts et les rencontres plus difficiles tant entre les marcheurs, qu’elle tend à anonymiser, que entre les pèlerins et les populations locales. Ces dernières, suivant qu’elles vivent du pèlerinage ou non, voient de plus en plus les passants soit comme des clients potentiels à attirer, soit comme des pertur- bateurs de la tranquillité des lieux…

Déjà en 2010, Suzanne Dubois et André Linard, dans leur livre

« Compostelle. La mort d’un mythe ? » (7), exprimaient leur décep- tion face aux conséquences de l’omniprésence de la foule (8).

Oui, le turigrino est en grande partie responsable d’une modifica- tion profonde des relations humaines entre pèlerins et autochto- nes : « Le rapport à l’étranger est peut-être essentiel dans le pèleri- nage : peregrinus était en latin le voyageur, l’étranger ; le pèlerin fait l’expérience d’être un voyageur sur la terre, un étranger en che- min et sur le lieu de son pèlerinage. Par contre le touriste recher- che le dépaysement mais il ne se sent pas étranger sur son lieu de vacances : l’étranger c’est l’autochtone, qui est donc prié tout à la fois de garder son étrangeté (facteur de dépaysement) et de s’adapter aux désirs des touristes » (9).

Que conclure ?

Avec le battage publicitaire autour du pèlerinage vers Compostelle, le tourisme pèlerin ne peut aller qu’en s’accroissant et ce particuliè- rement sur les chemins les plus médiatisés (le Camino Francés et le GR65) dont il va, peut-être à son corps défendant, continuer, à dénaturer l’atmosphère pèlerine, amenant progressivement les pèlerin.e.s à abandonner ces tronçons pour emprunter d’autres iti- néraires plus préservés (pour combien de temps ?) du tourisme et de la marchandisation.

On n’arrête pas le progrès !

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(1) LA PAGINA DEL IDIOMA ESPAÑOL, Turigrino : ¿un nuevo va- cablo ? En ligne sur le site de La Pagina del Idioma Español : https://www.elcastellano.org/%C2%ABturigrino%C2%BB-

%C2%BFun-nuevo-vocablo,

(2) Schwartzman Steven, Turigrino, En ligne sur le site Spanish- English Word Connections :

https://www.elcastellano.org/%C2%ABturigrino%C2%BB-

%C2%BFun-nuevo-vocablo

(3) XACOPEDIA, Turigrino, En ligne sur le site de Xacopedia : http://xacopedia.com/turigrino

(4) Alarie Linda, Saint-Jacques-de-Compostelle : L’expérimentation territoriale d’une quête personnelle, mémoire présenté comme exi- gence partielle de la maîtrise en sciences sociales du développe- ment territorial, mai 2018, p. 152, Université du Québec en Ou- taouais, En ligne sur le site Docplayer : https://docplayer.fr/

161935536-Universite-du-quebec-en-outaouais.html (5) TURIGRINO : Site de J.Carlos Alvarez :

https://www.turigrino.com/nosotros/

(6) XUNTA DE GALICIA, Bono Jacobus, En ligne sur le site de L’Office du Tourisme de la Xunta de Galicia :

https://www.turismo.gal/que-facer/bono-iacobus/camino-fran- ces?langId=en_US

(7) Dubois Suzanne et Linard André, Compostelle. La mort d’un mythe ? Couleur Livre, 2010

(8) Un compte rendu de ce livre peut être lu sur Swalus Pierre, Compostelle. La mort d’un mythe, En ligne sur le site Vers Com- postelle de Pierre et Simonne Swalus :

http://verscompostelle.be/mortmyth.htm

(9) Anonyme , « Le touriste et le pèlerins », En ligne sur le site I quès és la veritat :

https://thomasmore.worldpress.com/2013/08/16/le-touriste-et-le-pe- lerin

Pierre Swalus pierre.swalus@verscompostelle.be

Extrait du livre de Céline Anaya Gautier :

" Compostelle Paroles de pèlerins "

J'ai fait deux fois le "camino" et j'ai appris deux choses que j'essaie d'appliquer au quotidien.

Le plus averti est celui qui se charge le moins : les choses super- flues pèsent et ne sont d'aucune aide pendant le parcours. J'ai re- tenu la leçon et j'essaie de ne pas m'encombrer du poids des cho- ses que je ne peux pas maîtriser, comme les difficultés passées ou les projections dans un avenir lointain, car elles m'empêchent d'al- ler de l'avant.

Au pied de la montagne : sur le chemin, il y a de hautes montagnes, elles sont incon- tournables. Que l'on soit à plat, démoralisé, qu'il fasse beau ou qu'il pleuve, il faut grim- per pour les franchir. Mais parfois, on est tel- lement fatigué, le sommet paraît tellement haut et éloigné, qu'on est tenté d'abandon- ner avant même d'avoir commencé à mon- ter. Souvent, quand cela m'arrivait, je focali- sais toute mon attention sur le pas suivant, progressant petit à petit en me concentrant sur mes pieds pour marcher bien droit, d'un pas ferme et régulier. Et rapidement, le som- met était là.

Dans le vie, on a parfois l'impression de faire du surplace ou, pire, de reculer. Mais en réalité, du moment que l'on se mobilise pour at- teindre un objectif, on ne cesse d'avancer.

Denis Mioli - Brésil

Elle ne marche pas, mais accueille sur la voie d'Arles Enseignante dans le milieu agricole/forestier depuis 28 ans dans un petit village au Sud de la France, Valérie organise au Québec depuis plusieurs années des séjours professionnels pour les étu- diants français qui désirent poursuivre leurs études ici ou venir s’établir au Québec.

Valérie a aussi un hobby artistique de créatrice dans son atelier à Boissezon, petit village de 400 personnes entre Montpellier et Tou- louse. Elle y confectionne des costumes avec des matières recy- clées. Elle a aussi une deuxième passion : accueillir chaleureuse- ment les marcheurs qui passent dans son village et prendre le temps de partager avec eux.

Même si elle ne marche pas, elle retrouve toujours cette belle dy- namique chez les gens qui passent. Elle trouve génial que les gens prennent le temps. Ils ont tous en commun le désir de prendre une pause du travail et faire un retour vers la nature et la rencontre des gens. Elle voit toutes ces personnes grandir. Les discussions posi- tives, sans contraintes et sans pression sont un rafraichissement en ces temps mouvementés sur la planète. Et le chemin d’Arles permet une belle tranquillité.

" Les étapes dans le secteur de Boissezon sont beaucoup plus en

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plaine. Chez nous les étapes avant c’est une petite montagne.

C’est assez vallonné. Les massifs qui sont traversés sont autour de 700-800 mètres. Il y a beaucoup de chemins puisqu’il y a de l’ex- ploitation forestière ".

Par la suite dans ce secteur il y a le Col de Somport qui fait plus de 1 600 mètres avec un dénivelé léger.

Une grande partie des marcheurs sur ce chemin sont des Français et comme la majorité des Européens, ils ne font pas Compostelle en un seul coup. Ils marchent souvent par tronçons de 8-10 étapes et reviennent plusieurs fois. Il y a aussi souvent des Québécois qui passent sur le chemin d’Arles. Ils ont généralement tous une chose en commun, ils marchent maintenant plus pour leurs propres rai- sons que pour des affinités religieuses.

Alors si vous passez par le chemin d’Arles, Valérie vous attend.

" Ça sera un plaisir de vous accueillir sur le chemin à Boissezon. Si jamais vous passez par-là, faites-moi un petit coucou quelques jours avant si vous voulez pour être sûr qu’on puisse être là pour vous accueillir au moment de votre passage. On parlera en toute simplicité, un petit moment agréable ".

Pascal Auger, journaliste/conférencier Québec Compostelle

pascal.auger@quebeccompostelle.com

Recherche hosptitalier-ère

Le gîte paroissial " Kaserna ", dans le pays basque, recherche des hospitaliers bénévoles pour compléter son équipe pour l’année 2021.

Profil de l’hospitalier :

Motivé, autonome, sens de l’accueil et bonne humeur Pèlerin avéré du Chemin de Compostelle

Prêt à s’investir avec bonne volonté dans la tenue du gîte pour une semaine ou deux :

Accueil des pèlerins

· Ménage du local

· Entretien du linge

· Préparation du repas du soir et du petit-déjeuner dans la simplici- té et la convivialité

L’hospitalier s’engage à respecter les consignes pour le bon fonc- tionnement du gîte.

Situé à Saint-Jean-Pied-de-Port, le gîte " Kaserna " accueille au maximum 14 pèlerins en deux dortoirs de 10 et 4 lits d’avril à fin oc- tobre. En raison de son emplacement, le gîte est la plupart du

temps complet.

Jean-Claude, responsable du lieu, prendra un premier contact avec les personnes intéressées.

Jean-Claude Nogues jcisard@hotmail.fr

Quelques rencontres

C’était en avril 2008. J’étais parti de chez moi, seul, avec l’espoir de marcher jusqu’à Compostelle, 1 000 km plus loin. Dans le dé- partement des Landes, le chemin s’étirait sur de longues lignes droites tracées dans d’interminables champs de maïs et des pinè- des. Le deuxième jour de cette progression dans un environnement monotone où je n’avais rencontré personne, ni même un chien, je m’étais mis à parler aux arbres. J’avais besoin d’entendre une voix humaine.

Quelques jours plus tard, j’étais arrivé sur une hauteur. Le site, alors désert, favorise la méditation. J’avais posé mon sac à dos sur une extrémité du banc qui se trouvait là et pris ma gourde pour la remplir au robinet situé à quelques dizaines de mètres. Puis, j’ai contemplé le paronama avant de me rediriger vers le banc. Une pèlerine, que je n’avais pas vue arriver, s’y était assise. Je me suis approché, heureux à l’idée d’échanger quelques mots avec elle.

Les yeux fermés, elle souriait. Son visage était lumineux, comme éclairé de l’intérieur. Quelque chose me retenait de lui parler. Sans bruit, j’ai alors saisi mon sac et repris ma route. Cette rencontre sans paroles est l’une des plus belles que j’ai connue sur le Che- min.

Il me serait difficile de citer mes plus importantes rencontres de pè- lerin sur les plus de 6 000 km qui m’ont mené à Compostelle (et Fisterra) à cinq reprises. Mais, aux curieux qui m’interrogent, je ne manque pas d’en relater spontanément quelques unes.

La première est celle qui m’a fait croiser Antonio, un Portugais, sur le Camino francés. Il était seul et moi aussi, à ce moment-là. Il m’avait abordé et, à l’inconnu que j’étais, et qu’il ne reverrait ja- mais, il avait tenu à m’ouvrir son cœur : « Quand je me droguais, les gens du village fermaient leurs portes à clé. Quand j’ai arrêté, ils les ont réouvertes ». Parti de Fatima, il a marché jusqu’à Santia- go et poursuivait son cheminement – sa pénitence ? sa quête ? – vers Lourdes.

En 2011, sur les Caminos del Norte et Primitivo, la rareté des refu- ges amenait la plupart des pèlerins à se retrouver chaque soir au même endroit et à sympathiser. Je me souviens notamment de Joke, la Néerlandaise, d’Alessandro et d’un trio allemand franco- phones ; et aussi d’un couple, probablement autrichien, avec qui je n’ai pu échanger que sourires et bienveillance à cause de la regret- table « barrière de la langue ». Un jour, ce couple nous a rejoints, mon compagnon et moi-même, au puerto del Palo (Asturies) noyé dans le brouillard. Après quelques photos, nous avions repris en- semble la piste dans la montagne. Deux ans plus tard, j’ai retrouvé ce couple dans la cathédrale de Santiago ! Ils terminaient le Cami- no portugués alors que je venais de suivre la Via de la Plata. Peut- on invoquer le hasard ?

En 2015, sur la voie d’Arles, j’arrive dans le refuge d’Anoye (Pyré-

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nées-Atlantiques) où deux autres pèlerins se sont installés. Dans la soirée, l’un d’eux me dit : « Je t’ai déjà vu ». Mais il n’en sait pas plus. J’essaie en vain de me remémorer. Il ingurgite plusieurs mé- dicaments avant de se coucher. Dans la nuit, l’image d’un pèlerin étalant une grande quantité de médicaments sur son lit me revient soudain : ses ronflements extrêmement sonores allaient perturber le sommeil de tous les pèlerins du refuge du barrage d’Alcántara, sur la Via de la plata, une nuit d’avril 2013. Le lendemain, Marc – c’était lui – me confirme le fait. Il souffrait alors d’apnées du som- meil. Cette rencontre, aussi fortuite que celle de la cathédrale, re- lève-t-elle également du hasard ? Je les range, avec d’autres « ha- sards », dans la catégorie des petits miracles du Chemin.

La dernière rencontre que je raconte souvent est d’une autre nature et, à mes yeux, emblé- matique de l’esprit du Chemin. Au refuge d’Hornillos-del-Camino, sur le Camino francés, l’hospitalière me parle en espagnol. Comme je ne la comprends pas, un pèlerin français qui dis- cutait avec elle à mon arrivée traduit ses ins- tructions. Une heure plus tard, je le vois man- ger un yaourt. Il m’en propose un. Je lui ré- ponds que la tienda étant ouverte, je vais en acheter deux ainsi qu’un fruit ou deux. Il me pro- pose de m’accompa- gner. Il a passé l’essen- tiel de ces treize derniè- res années – nous étions en 2015 – sur les caminos. Il est SDF et vit grâce à une allocation mensuelle de 450 €. Il s’est donné pour mission de ramasser les détritus jetés par les pèlerins sur les che- mins et d’en remplir de gros sacs poubelles qu’il dépose dans les refuges. Il est pauvre de biens mais son cœur est d’or.

Je pourrais évoquer des dizaines d’autres rencontres marquantes et chaque pèlerin au long cours le pourrait également. La plupart d’entre elles sont des petits riens qui nous aident à grandir en sa- gesse.

François Lagarde lagarde48@orange.fr

Souvenir du chemin en poème : En Chemin

Je me souviens de l’aide, des intentions bienveillantes des mar- cheurs en chemin.

Je me souviens avoir donné une de mes paires chaussettes à jeune qui en avait besoin

Mes interminables discutions avec les fleurs, les arbres, un escar- got, le flot de l’eau

Le chant des soirées, des pas sur les sentiers, le chant des ani- maux et des oiseaux

Je me souviens de ceux qui passent vite, de ceux que l’on dé- passe, de ceux qui restent,

Je me souviens d’un air de guitare, un soir, dans le partage d’un re- pas confectionné de restes

Le mélange des confessions quand Bouddha écoute la lecture des accords toltèques par le Christ

De la voix douce des amis, des rencontres qui marquent une vie,

parfois le regard triste

Je me souviens d’avoir pleuré, du mal d’aimer, de fatigue, du mal au pied, d’être arrivé

Je me souviens d’avoir chanté, d’avoir parlé, d’entendre et d’écou- ter, d’avoir prié

Marchant dans les pas des autres, dans les pas de l’apôtre depuis des siècles tous unis

Vers Compostelle et puis le phare, sortir du noir et du brouillard pour illuminer nos vies

Je me souviens des sourires et des larmes que provoque la ren- contre des âmes

Je me souviens de la bière et du vin qui lient les destins sans faire de drame

Des départs le matin sous la lune et les étoiles, du parfum des fleurs, de l’herbe, du thym

D’être parti athée, obnubilé par l’arrivée, et transformé par le che- min d’être devenu pèlerin

Laurent Sivré lsi.fr@me.com

Le pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle rapporte Le pèlerinage coûte au pèlerin : le déplacement, les achats divers, le logement, la nourriture ne sont pas gratuits. A l’inverse, le pèleri- nage rapporte à ceux qui offrent et vendent des services aux pèle- rins.

Que le pèlerinage vers Compostelle soit un outil de développement économique des régions traversées, est une évidence dont on ne peut que se réjouir.

Ainsi, nous avions déjà rapporté dans un article précédent (1) les résultats de l'étude faite par la "Federación Española de Asociacio- nes de Amigos del Camino de Santiago" (2) qui montrait qu’en 2016 les pèlerins avaient contribué pour plus de 280 millions d’eu- ros à l’économie des régions traversées.

À Saint-Jean-Pied-de-Port, le maire se réjouissait en 2019 de cons- tater que les retombées économiques pour sa ville avoisinaient les 3 millions d’euros (3).

On peut très bien comprendre que cet apport économique ré- jouisse les autorités locales et qu’en conséquence elles cherchent à favoriser le pèlerinage en améliorant les conditions d’accueil, l’implantation de nouveaux services et de nouvelles infrastructures.

Ce faisant elles pensent avant tout aux retombées financières pour leurs administrés et pour leur région en général. Elles jouent ainsi parfaitement leur rôle.

Par contre ce qui pose problème et suscite un questionnement c’est le mélange des genres.

(6)

Ainsi une lettre récente (4) de la Xunta de Galicia (Gouvernement de la région) aux associations jacquaires, les félicite pour le travail de promotion du chemin qu’elles ont accompli et les encourage à continuer dans l’avenir. Résumé et formulé ainsi, il n’y a rien à re- dire. Mais une analyse plus détaillée du discours porte à réflexion.

Une première phrase est très claire : « Le gouvernement galicien accorde des subventions aux personnes et aux organisations qui se démarquent pour le travail exceptionnel qu’ils ont accompli au profit de notre région ». Dans cette phrase aucune ambigüité n’est présente : on remercie les associations car elles ont contribué au développement de la région et pour cela on les subventionnera. (Il reviendra aux associations jacquaires de décider si elles souhaitent se laisser payer pour leur action en faveur du développement de la région de Galice).

Le reste de la lettre est d’un tout autre ton, elle encense « les dépo- sitaires de l’ancienne tradition de l’hospitalité jacobéenne .../… leur contribution au maintien de l’esprit des différents itinéraires…/… » et elle met en exergue « les valeurs du Camino… le besoin d’hos- pitalité, de générosité, d’harmonie, d’une culture du travail acharné, la capacité de sacrifier.../… » dont les associations sont « les plus grands et meilleurs défenseurs ».

Si la lettre s’était contenté de remercier pour le travail accompli et pour l’apport au développement de la région, il n’y aurait rien eu à redire. Mais le salmigondis qui enveloppe le discours est un mé- lange des genres difficile à digérer…

Ce qui nous étonne et nous alarme quelque peu, est que ce mé- lange des genres n’est pas le propre des autorités publiques mais qu’il contamine aussi certaines associations jacquaires.

Ainsi l’association jacquaire de Jaca estime que la région ne fait pas assez pour améliorer l’infrastructure et les commodités sur le chemin aragonais. Si elle regrette vivement cet état de chose, ce n’est pas en pensant au bien des pèlerins, mais en pensant à l’ap- port économique de plus de 5 millions que pourrait engendrer le développement du pèlerinage dans la région (5). Ici le discours n’est plus celui d’une association jacquaire mais celui d’un office de tourisme ou d’une association de commerçants.

Autre exemple de mélange des genres est le fait d’un responsable d’une association jacquaire : il s’agit d’un post sur Face Book du président de l’ « Association de Compostelle en Touraine – Voie de Tours », qui estime à plus de 1 million d’euros ce que pourrait idéa- lement rapporter les pèlerins par leur passage dans la ville de Tours et qui regrette qu’il n’en soit pas ainsi. Son regret porte appa- remment plus sur le manque d’emplois créés que sur le faible nom- bre de pèlerins empruntant ce chemin…(6).

Si l’on confond parfois l’intérêt du pèlerin avec celui des acteurs de terrains offrant des services, il arrive également que l’on oublie qui est au service de qui et que de ce fait on inverse la relation. Les ac- teurs de terrain ne sont plus au service des pèlerins mais ceux-ci deviennent nécessaires au premier.

L’appel au don adressé aux pèlerins par la FFACC pour compen- ser les pertes de rentrées financières dues au Covid 19 (« Avec la crise sanitaire TOUS les hébergements ont été fermés et seule- ment quelques uns pourront ouvrir cet été.

Certaines associations sont en difficultés financières en raison des frais [loyers, taxes….] qui restent à leur charge [perte estimée 12.000 €].

D’autres qui vivent grâce à la vente de credential ont perdu leurs ressources [perte estimée 7.000 €]… ») (7) ne va pas sans poser question.

Bien sûr il est normal que les pèlerins couvrent les frais engendrés par les services que les associations leurs rendent, mais les asso- ciations jacquaires sont-elles au service des pèlerins ou les pèle- rins au service des associations ?

Que penserions-nous si les éditeurs de guides pour les chemins de Compostelle faisaient appel aux dons des pèlerins parce qu’ils ne vendraient plus leurs guides pour cause de Covid 19 ? On pourrait objecter que les éditeurs de guides sont des commerçants, mais, avant de l’être, ils ont été pour la plupart des pèlerins qui se sont investis pour aider d’autres pèlerins à se mettre en chemin et sont devenus par la suite des professionnels. Nous pensons ici à Fran- çois LEPÈRE , Gérard ROUSSE, Jacques CLOUTEAU et avant eux à l’abbé BERNES

De plus, on peut s’interroger sur l’ouverture par des associations jacquaires d’hébergements pour pèlerins. Ne seraient-elles pas plus dans l’esprit du pèlerinage si elles encourageaient leurs mem- bres à ouvrir leur porte à des pèlerins en donativo ou en leur de- mandant éventuellement une participation financière modeste. Ou- vrir un gîte c’est s’engager dans une opération qui doit être renta- ble et donc risquer de glisser vers le mercantilisme.

Le lieu d’accueil et d’expostion ouvert au Puy-en-Velay par la FFACC, en déficit de 6.000 € du fait de covid 19, car les

« pèlerins » n’achètent plus de crédencial, a-t-il vraiment sa raison d’être. Les « pèlerins » arrivant au Puy savent pertinemment bien ce qu’ils vont faire (le battage publicitaire de la ville du Puy et des médias est suffisamment efficace). La majorité d’entre eux vont

« faire le Puy-Conques ». Ils n’ont nul besoin du lieu d’accueil de la FFACC pour obtenir une credencial : ils peuvent l’obtenir sans pro- blème à la cathédrale… Que vient faire la FFACC dans ce haut lieu du tourisme « religieux »? .

Le risque, qu’une association jacquaire, de par son investissement de plus en plus grand au service des pèlerins, ne dérive vers une forme de mercantilisme, n’est pas nul.

A ce jour seule la « Fédération Européenne des chemins de Saint- Jacques de Compostelle » est une entreprise de développement touristique à visées mercantiles et non une association jacquaire au service des pèlerins.

(7)

Nous formons le vœu que les Associations jacquaires puissent gar- der leur caractère de service désintéressé et puissent rester vigi- lantes face au risque de confusion des genres…

(1) SWALUS Pierre, Le chemin de Compostelle : un entreprise qui dépasse déjà les 280 millions d’euros par an, En ligne sur le site

« Vers Compostelle » : http://verscompostelle.be/entrepri.htm (2) de RODRIGUES MANO, El Camino de Santiago ; un negocio que ya supera los 280 millones de euros al año, A Coruña, 09/01/

2018, En ligne sur le site de « Faro de Vigo » :

http://www.farodevigo.es/galicia/2018/01/09/camino-santiago-nego- cio-supera-280/1816380.html

(3) ALLEVI Jean-Jacques, L’impact du pèlerinage de Compostelle sur Saint-Jean-Pied-de-Port, En ligne sur le site « Le Point » : https://www.lepoint.fr/villes/l-impact-du-pelerinage-de-compostelle- sur-saint-jean-pied-de-port-03-08-2019-2328174_27.php, consulté le 11/10/2019

(4) En ligne sur la page Face Book de l’ « Association belge des Amis de Saint-Jacques-de-Compostelle » :

https://www.facebook.com/stjacques.be/photos/

a.336228260653203/583991262543567/?type=3&eid=

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(5) Asociación de Amigos del Camino de Santiago de Jaca, El Ca- mino de Santiago aporta 5,6 millones a la Jacetania, En ligne sur le site « Camino de Santiago. El camino de la estrellas » :

https://www.caminosantiago.org/cpperegrino/prensa/

verprensa.asp?PrensaID=15129&fbclid=IwAR2hxiB7vjV- K54d1sQ63gugXvjO_XwcLGFxlQ-ac-PaLCzc59u3_YyjV9B0 (6) HUGUET Jean-Luc, post, En ligne sur le site « Chemins de Compostelle en Touraine Voie de Tours »

https://www.facebook.com/groups/compostelle.tours/

le 15/03/2018

(7) FFAACC, Opération Don Camino 2020, En ligne sur le site de la « Fédération Française des Associations des Chemins de Saint- Jacques-de-Compostelle » :

http://www.compostelle-france.fr/typef.php?p=m3i1, consulté le 08/

07/2020

Pierre Swalus pierre.swalus@verscompostelle.be

Recherche chariot d'occasion Je suis un hébergeur sur le GR 653.

J'ai l'intention de faire le Camino.

Je désire le faire en autonomie majoritairement. Je souhaiterai acquérir un chariot en bon état et d'occasion, afin de transporter mes affaires ?

Si vous vendez votre chariot...

Merci

Pierre Hurgues

mizoubis@gmail.com

Encouragements

‌Même à plus de 1 800 km de Santiago, ces petits panneaux sym- pathiques nous encouragent...

Christine Millet christinemillet14@sfr.fr

Le chemin : un puits de ressources

Nous venons de cheminer du 19 au 24 juillet 2020 sur la voie de la Charité-sur-Loire à Bourges. Commencé en 2013 avec une petite soeur et mon compagnon au départ de Vézelay, que d'excellents souvenirs.... Malheureusement, ce fut trop difficile de poursuivre car la maladie d'Alzeimer de mon compagnon s'est aggravée. Il a dû être placé fin 2019. La charge émotionnelle étant forte, j'ai pen- sé repartir seule. Mais une nièce rêvait de "goûter" au chemin.

C'est donc tout naturellement qu'elle a proposé de m'accompagner cette année. Quelques rencontres, deux soirs en gîte pèlerin, deux soirs en terrain de camping et un soir en sauvage pour étendre le champ des possibilités, l'ont ravie. Après 7 ans, les épreuves, le sac chargé de la toile de tente, la chaleur ont pesé lourd mais la motivation est restée. On espère continuer l'année prochaine.

Merci à tous ces bénévoles qui contribuent à ce que le CHEMIN soit une excellente ressource !

Michèle de Seine-et-Marne et Célina de l'Yonne michele.denisot@wanadoo.fr

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Charade lamentable : épisode 20

Comment dire devant cette charade... Tous les qualificatifs ne seront que de piètres pansements sur la sauvegarde de ce qui reste de la littérature après tant de blessures proférées par tant de profanateurs...

Alors voici, à notre grande, à notre immense honte, la plus hideuse barbarie linguistique jamais parue dans aucune revue. Que le grand saint Jacques nous pardonne, si la chose est possible.

Mon premier est agréable

Mon second qualifie parfois une roue

Mon troisième est un abruti bien fait de sa personne Mon quatrième est un petit monument du souvenir Mon tout est le but ultime de tout jacquaire

Petite déclaration d'amour aux anges, nos compagnons de route : livre de Gaële de la Brosse

Gaële de La Brosse, journaliste à l’hebdomadaire Le Pèlerin, édi- trice aux éditions Salvator et auteur de nombreux ouvrages sur les chemins terrestres et spirituels, vient de publier une Petite déclara- tion d’amour aux anges, nos compagnons de route. Elle a puisé l’inspiration de ce livre dans ses pèlerinages, et elle l’a dédié « à tous les pèlerins qui suivent leur chemin ». Voici le message qu’elle nous a fait parvenir.

"Cette Petite déclaration d'amour aux anges, nos compagnons de route est mon livre le plus personnel, et il est particulièrement impor- tant pour moi : j'ai com- mencé sa rédaction le lendemain du décès de mon père et je l'ai ache- vée un an après, le jour anniversaire de ce dé- cès. Pendant toute cette période, mes anges ont été de fidèles compa- gnons de route.

L’un des chapitres de ce livre s’appelle « Les gui- des du chemin ». Il re- late certains faits trou- blants rapportés par des pèlerins ; par exemple, Marie, qui effectuait la voie de Vézelay. Alors qu’elle marchait avec son époux, une voiture surgit en face d’elle. Per- due dans ses pensées, elle n’eut pas la pré- sence d’esprit de se dé-

porter. En revanche, elle sentit que par-derrière, une main la pous- sait sur le bas-côté. Après le passage du véhicule, elle se retourna pour remercier son sauveur, mais... il n’y avait personne !

Les « anges du chemin » (ainsi s’appellent ceux qui hébergent les pèlerins sur le « Chemin des Anges », en Israël), ce sont aussi, plus fréquemment, ceux qui surgissent au bon moment pour tirer d’affaire le pèlerin en lui indiquant la route, en lui donnant un verre d’eau ou en l’accueillant le soir alors qu’il arrive, harassé, en fin d’étape. Des anges bien incarnés, certes, mais tout aussi salutai- res.

Et vous trouverez, dans ce livre, bien d’autres facettes de ces éton- nants compagnons de route que nous croisons tous les jours sans le savoir !

Petite déclaration d’amour aux anges, nos compagnons de route, Editions Suzac, septembre 2020, 112 p., 12 euros (disponible en li- brairies)

Gaële de la Brosse itinera@club-internet.fr

Histoires vers Compostelle De la chaise roulante à Compostelle

Jean-Louis Napert avait de gros problèmes de santé en 2011, au point de se magasi- ner une chaise roulante. Heu- reusement, sa santé s’est améliorée et il a décidé de se lancer dans la rando, d’abord au Québec et ensuite à Com- postelle pour une première aventure en 2018, qui a dû se terminer dans les Pyrénées par une héliportation d’urgence de sa conjointe.

Aujourd’hui il en rit, puisqu’il est présentement de retour avec sa conjointe pour reprendre leur chemin. Partis l’an passé de Vézelay pour un premier tronçon en solitaire, leur aventure s’est terminée après 900 km de marche tout près de Saint-Jean-Pied-de-Port.

Cette année ils ont décidé de partir du Puy, ce qui leur permettra de refaire quelques kilomètres là où est arrivé leur incident l’an passé.

La nature dans les veines

Natif de la Beauce, Jean-Louis a toujours eu un lien étroit avec la nature étant cultivateur.

« Ce qui m’est arrivé le mieux dans la vie, c’est la marche. Parce que quand on est en business et qu’on a des problèmes à régler tous les jours, on ne s’imagine pas qu’avec un sac a dos qui pèse 15 livres et qu’on puisse survivre avec ça. Cela a été ma plus grande découverte. Ça prend 15 km et on a tout oublié. On pense seulement à avancer. C’est le bonheur de la marche. »

Sa vision de la nature a évolué depuis. À son arrivée à Saint-Bru- no, il va marcher dans le parc du Mont-Saint-Bruno et apprend à cesser de regarder la forêt avec un œil de prédateur, parce que pour lui la forêt fut une source de revenu. Mais maintenant, il l’ap- précie beaucoup plus.

Pascal Auger, Journaliste/conférencier www.quebeccompostelle.com

Réponse : gentil - à godets - con beau - stèle

Santiago de Compostelle

Rappel : Les Zoreilles n'existent que grâce à vous.

Merci de nous envoyer vos textes, photos, poèmes, témoi- gnages, coups de cœur et coups de gueule, afin que per- dure la revue pour votre plaisir et pour le nôtre.

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Le Miam Miam Dodo de la voie de Paris-Tours Cette année 2021 qui s'en vient, verra d'une grande nouvelle s'esbaudir les gens du Grand Chemin...

Une première réunion à Poitiers en 2018 avec les as- sociations responsables de la voie de Tours. Des di- zaines d'appels téléphoniques durant les mois qui ont suivi. Une réunion tournante d'une semaine en janvier 2020, cette fois avec chaque association prise indivi- duellement. Un mode opératoire, un référent par asso- ciation, un collationnement minutieux des données his- toriques, des hébergements et services existants, la recherche au fond des ordinateurs des plus belles photos.

La rencontre avec Myriam, qui a pris en mains d'une façon magistrale le travail technique de ce nouveau bébé. L'implication des offices de tourisme heureux de ce nouveau guide en devenir.

La création de la cartographie avec Latitude Carta- gène, de Lyon, notre fournisseur habituel de la carto- graphie des Miam Miam Dodo.

167 Plans à dessiner : 35 de Paris à Tours en passant par Chartres, 37 de Paris à Tours en passant par Or- léans, 89 de Tours à Saint-Jean-Pied-de-Port, plus 6 plans pour ceux qui emprunteront la rive Est de la Gi- ronde à partir de Blaye.

Et des centaines d'hébergements et de services à joindre par cour- riel et téléphone, leur expliquer ce qu'est un pèlerin de Saint Jac- ques, ce qu'est un Miam Miam Dodo, leur soutirer les informations essentielles à la création d'un guide.

Et tout ça en pleine crise du Covid, alors que la France entière était confinée et que les personnes contactées ne savaient même pas si elles pourraient un jour rouvrir leurs accueils.

Que soient remerciés tous ceux qui nous ont aidés, et grâce aux- quels ce nouveau Miam Miam Dodo va voir le jour : les associa- tions, leurs présidents et leurs membres, les mairies, les offices de tourisme, les accueillants du Chemin, tous ceux qui se battent de- puis une vingtaine d'années pour le renouveau de la Via Turonen- sis.

Notre Miam Miam Dodo, posé par-dessus le mur qui borde solide- ment ce vieux chemin, sera une modeste pierre sur le parcours des siècles, un hom- mage à tous les pèle- rins qui y ont déposé leurs prières, porté leurs espoirs, et quel- quefois trouvé l'éternité.

Nous avons choisi dans ce guide, comme dans les autres Miam Miam Dodo, de privilégier l'iti- néraire promu par les associations jacquaires responsables des sec- tions, délaissant quel- quefois le GR 655 de la FFRP.

Nous avons aussi pris le parti de décrire les deux branches qui, par-

tant de Paris, se rejoignent à Tours : la branche de Chartres et la branche d'Or- léans. Voilà pourquoi cet ouvrage est aussi volumineux que celui de la voie de Vézelay.

Les pèlerins adeptes du porter-léger dé- couperont avant le départ les pages concernant la branche qu'ils n'utilisent pas.

Le pèlerin habitué aux Miam Miam Dodo des autres voies jacquaires depuis 24 ans retrou- vera ses repères habi- tuels : la cartographie lumineuse à l'échelle 1/

37.500 (1 cm sur la

carte correspond à 375 m sur le terrain, la plus précise de tous les topoguides existant), les bornes kilométriques donnant les distances, la courbe des difficultés et des reliefs, les temps de marche, les pointillés pour rejoindre un hébergement hors-chemin et les mille et un détails qui font qu'un Miam Miam Dodo est beau- coup plus qu'un topo-guide.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

La voie de Paris-Tours est une voie qui laissera au pèlerin de Saint Jacques des souvenirs inoubliables. C'est d'abord la voie la plus ancienne et celle qui fut la plus parcourue autrefois, drainant tous les pèlerins venus des Flandres.

C'est aussi celle qui est la plus riche sur le plan monumental. Il ne se passera pas une journée sans que ne s'offre au pèlerin un joyau d'art roman, posé là voici plus de dix siècles par de fiers compa- gnons bâtisseurs..

Sur le plan physique, c'est la plus facile des quatre voies jacquaires majeures. Le relief y est modéré sur tout le trajet.

Pour ceux qui pratiquent une section du Chemin chaque année, elle est très facile à fractionner car elle toujours proche d'une ligne de chemin de fer, notamment la ligne TGV qui relie Paris à Bordeaux.

Pour les adeptes du pèlerinage à vélo, l'absence de relief sera une bonne raison d'y aller, ainsi que la présence de la voie verte des bords de Loire.

En vente sur www.levieuxcrayon.com à partir du 1er décembre.

Le Miam Miam Dodo de la voie de Paris-Tours, l'ange gardien des pèlerins de la Via Turonensis...

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Serge Perrotin, écrivain pour enfants, nous a fait parvenir ce bel ouvrage dédié au chemin de Com- postelle. Une bien belle quête...

« Marcher en famille six heures par jour sur le che- min de Compostellle pendant les vacances, voilà qui enchante Taïs et exaspère Alex..

Jusqu'au jour où ils croisent un drôle de pèlerin.

celui-ci transporte un objet mystérieux caché dans une antique besace. Un objet qui aurait appartenu à un chevalier du Moyen-âge... »

Le Trésor de Compostelle - Serge Perrotin -9 €

L’association Culture Mam, créée en 2020, accompagne les projets culturels de toutes sortes afin de garantir l’accès à la cul- ture pour tous.

Fondatrice et initiatrice du pro- jet, Marie-Amélie de Bérard par- coure les chemins depuis des années - ceux de pèlerinages comme Compostelle ou Assise et ceux de randonnées -. Aujourd’hui, elle propose, au Centre Culturel L’Escale et au Théâtre Odyssée à Levallois-Perret (dans les Hauts-de-Seine), Au-delà des chemins.

Faisant suite à l’augmentation constante de la fréquentation des chemins de pè- lerinage, Au-delà des chemins lie arts vivants et arts visuels et souligne les im- pacts culturels, sociaux, sociétaux, environnementaux et économiques des che- mins de pèlerinage.

La journée du samedi 17 octobre vous permettra de découvrir ce qui se cache derrière les chemins de pèlerinage. De l’exposition de photographies sur les mar- ches éducatives à la projection d’un documentaire en passant par le seul en scène Gioia Perfetta d’Étienne Van Der Belen et le spectacle Buen Camino, vo- gue la galère jusqu’à Compostelle de la Compagnie Le Chant des Étoiles, cha- que artiste abordera de façon intime son propre vécu des chemins et du pèleri- nage.

Que ce soit pour vivre une expérience humaine et spirituelle forte, pour préparer votre future pèlerinage ou randonnée, pour partager vos expériences et revivre des émotions positives. Au-delà des chemins est le seul événement qui mêle en- fin culture et pèlerinage !

Marie-Amélie de Bérard culturemam@gmail.com 06-63-57-95-07 Facebook : culturemam

La Mélodie du Chemin - Regards d’un agronome en marche vers Saint-Jacques

Lent et régulier, telle une marche, ce récit de voyage vous emmènera en pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Mêlant habilement spiritualité et érudition, Robert Hénaff nous invite à contempler et à en apprendre davantage sur les paysages et les productions qui façonnent les territoires du Puy-en-Velay à Saint-Jean-Pied-de-Port. L’auteur vous con- duit à ressentir la nature, les hommes et leurs activités tout au long du Chemin. Face à cet hymne à la marche et à la beauté de nos terroirs, difficile de résister à l’envie d’enfiler ses chaussures de randonnée !

Robert Hénaff est un agronome chevronné à la retraite. A la fois scientifique, marcheur et pèlerin, il nous présente ici le premier tome de son aventure vers Saint-Jacques-de-Com- postelle, il est accompagné du géographe René Mansard, du ruraliste Christian Sérager et de la journaliste agricole Monique Roque-Marmeys.

ISBN : 978-2-918098-78-2 Broché, 252 illustrations, 35 cartes. Chez tous les libraires, à la fnac, ou sur le net. Sortie fin octobre. Editions de La Flandonnière 3 rue des Gourlettes 63450 Saint-Saturnin, www.editionsdelaflandonniere.com

300 pages

29 euros TTC

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Les petites annonces commerciales des Zoreilles :

Le revenu des petites annonces des Zoreilles est utilisé pour payer la location de notre serveur sécurisé et le travail de mise en page.

Nous acceptons uniquement des annonces ayant un lien direct avec le Chemin de Compostelle, le pèlerinage, la marche. Nous nous ré- servons le droit de refuser toute annonce qui nous semblerait ne pas relever de cet objet.

Pour qu'une annonce paraisse dans les Zoreilles d'un mois (ordinairement le 15 du mois), il faut impérativement qu'elle nous parvienne le mois précédent. Exemple : pour paraître dans les Zoreilles du 15 Juin, une annonce doit nous parvenir avant le 31 Mai. il n'y a pas de Zo- reilles en Juillet-Août dans les boites-courriels. Elles passent l'été dans les alpages...

Nous écrire : pour nous envoyer une annonce, poser une question, etc..., écrivez à : annonces@chemindecompostelle.com Paiement : le règlement par chèque ou virement devra nous parvenir en même temps que l'annonce.

Chèque à l'ordre de « éditions du Vieux Crayon », 119 route de l'Aubraie, 85100 Les Sables d'Olonne Ou bien virement sur le compte CCP : BIC PSSTFRPPNTE IBAN FR02 2004 1010 1106 4827 3D03 268

Scipio Aemilianus, cum in Hispania sub Lucullo duce militaret, atque Intercatia praevalidum oppidum cir- cumsederetur, sed primus moenia eius conscendit.

Scipio Aemilianus, cum in Hispania sub Lucullo duce

milita- ret, atque Interca- tia praeva- lidum oppidum circumse- deretur, sed primus moenia eius conscendit. Neque erat in eo exercitu quis- quam aut nobilitate aut ani- mi indole aut futuri praesa- giis, cuius saluti magis.

FORMAT 1 - 15 € TTC

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- ou bien 15 lignes de texte sans photo

Scipio Aemilianus, cum in Hispania sub Lucullo duce militaret, atque Intercatia praevalidum oppidum circumsederetur, primus moenia eius conscendit. Neque erat in eo exercitu quisquam aut nobilitate aut animi indole aut futuri praesagiis, cuius saluti magis parci et consuli deberet: sed tunc clarissimus quisque ju- venum pro amplificanda et tuenda patria plurimum laboris.

FORMAT 2 à plat - 30 € TTC photo 89 mm X 30 mm (252 pixels X 85)

+ 6 lignes de texte Scipio Aemilianus, cum in His-

pania sub Lucullo duce milita- ret, atque Inter- catia prae- validum oppidum circumsede- retur, primus moenia eius conscendit. Neque erat in eo exercitu quisquam aut nobili- tate aut animi indole aut futuri praesagiis, cuius saluti magis parci et consuli deberet: sed tunc clarissimus quisque.

FORMAT 2 en hauteur - 30 € TTC photo 40 mm X 55 mm (113 pixels X 156)

+ 15 lignes de texte

Scipio Aemilianus, cum in Hispania sub Lucullo duce militaret, atque Intercatia praevalidum oppidum circumsederetur, primus moenia eius conscendit. Neque erat in eo exercitu quisquam aut nobilitate aut ani- mi indole aut futuri praesagiis, cuius saluti magis parci et consuli de- beret: sed tunc clarissimus quisque juvenum pro amplificanda et tuen- da patria plurimum laboris ac periculi sustinebat, deforme sibi existi- mans, quos dignitate praestaret, ab his virtute superari; ideoque Aemi- lianus hanc militiam, aliis propter difficultatem vitantibus, sibi depo- poscit. Scipio Aemilianus, cum in Hispania sub Lucullo duce militaret, atque Intercatia praevalidum oppidum circumsederetur, primus moe- nia eius conscendit. Neque erat in eo exercitu quisquam aut nobilitate aut animi indole aut futuri praesagiis, cuius saluti magis parci et con- suli deberet: sed tunc clarissimus quisque juvenum pro amplificanda et tuenda patria plurimum laboris ac periculi sustinebat, deforme sibi existimans, quos dignitate praestaret, ab his virtute superari.

FORMAT 3 - 50 € TTC

photo 89 mm X 54 mm (252 pixels X 153) + 15 lignes de texte

Bonus :

Les annonces paraîtront dans 3 numéros

consécutifs, ce qui leur laissera une bonne

chance d'être lues et de susciter un intérêt chez

un lecteur des Zoreilles !

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