Extrait de la publication

22  Download (0)

Full text

(1)

Extrait de la publication

(2)

Extrait de la publication

(3)

Extrait de la publication

(4)

Extrait de la publication

(5)

LA PIE VOLEUSE

(6)
(7)

GEORGES LIMBOUR

La pie

voleuse

GALLIMARD

Extrait de la publication

(8)

Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation réservis pour tous les paya y compris l'U.R.S.S.

© Éditions Gallimard, 1939.

Extrait de la publication

(9)

dont les belles mains ramassèrent l'oiseau blessé

et nous firent tant de présents que nos cœurs en sont à jamais surchargés

A G.

Extrait de la publication

(10)

La première partie de La Pie Voleuse a été écrite en 1936. La deuxième partie, ajoutée plus tard, complète l'histoire (imagi- naire d'ailleurs) d'un village heureux détruit par des nations

criminelles.

Extrait de la publication

(11)

PREMIÈRE PARTIE

Tu fais encore couler du vin sur ma robe, Gérard, s'écria Geneviève.

La table de fer ne tenait pas en équilibre. Son pied s'en- fonçait dans le sable, il ne fallait pas s'appuyer dessus. Ils avaient tous des taches sur leurs vêtements d'été mais cette nuit-là, les femmes étaient heureuses de voir leur robe gâchée.

La terrasse du café envahissait la promenade, sous les platanes, le long de la plage de sable. Des ampoules élec- triques pendaient aux branches et leur lumière avait brûlé la peau des feuilles toutes écorchées, elles montraient leur chair à vif, d'un vert artificiel, tout humectée de chloro- phylle. Ainsi les arbres avaient l'air costumé, comme des singes. Ils arrivaient avec les Bohémiens.

Comment pouvaient mourir les phalènes, jadis, quand il n'y avait pas de fêtes de nuit ?

(Certes, ils devaient mourir de vieillesse, mais les hommes leur ont fait ce cadeau inestimable une mort dans une

jeunesse lumineuse).

Les nomades ont toujours allumé des feux d'allé- gresse, pour danser ou pour rêver, dit Gérard, faisant allu- sion à tous ces feux que durant leurs promenades Gisèle et

(12)

LA PIE VOLEUSE

lui avaient allumés jadis dans les bois, dans des grottes, dans des masures écroulées, sous de vieux ponts de pierre où coulait le vent. Ces bûchers ronflaient joyeusement dans les nuits de songe primitives les phalènes avaient toujours

trouvé à se brûler d'amour.

Il appuya son coude sur la table, et la petite nappe de vin que le garçon n'avait pas essuyée coula sur la robe de Gisèle. Puis, comme elle se levait pour essuyer la tache avec un mouchoir emprunté, sous prétexte que cela lui faisait froid sous sa robe légère, ils entendirent des applau-

dissements.

C'était le petit équilibriste attendu qui, le front parmi les phalènes, s'élançait sur une corde raide tendue d'un arbre à un autre, devant les tables du café, et il paraissait, chaque fois qu'il atteignait l'extrémité du fil, entrer dans une grotte verte, très ouvragée, d'où dégouttait avec tendresse, sur son léger maillot de sclorose, la chlorophylle. Il souriait alors, quand il s'en sentait imprégné, et devenu plus léger qu'un insecte du soir, repartait très lentement, au-dessus des tables, devant un grand écran de nuit épaisse et veloutée de tiédeur sur lequel il se détachait, aussi phosphorescent qu'un ver luisant.

Regarde ce que ma pie m'a encore apporté ce soir, dit Gisèle, et comme si ses doigts légers venaient de la prendre dans la poitrine du petit acrobate, elle tendit dis- crètement, de peur que ses voisins, gens du peuple et pêcheurs, ne la vissent, une bague, d'or, semblait-il et dont la pierre pourpre étincelait.

Ta pie ? demanda Geneviève avec anxiété. Elle prit la bague, la fit tourner entre ses doigts, puis jeta à Gisèle, de ses magnifiques yeux noirs, un regard sans amour et sarcastique.

Que vas-tu en faire ?

L'écran sombre devant lequel glissait le funambule rou-

Extrait de la publication

(13)

LA PIE VOLEUSE

geoya, car un feu s'élevait soudain sur la plage, éclairant des visages empourprés et diaboliques d'enfants sans corps, et du sable rouge.

La mer souffla Gérard avec extase. (Car il venait d'arriver dans le village et ne l'avait pas encore vue).

Une barre d'écume rose se retourna en effet lentement

tel un cornet sur du silence, et ils eurent la sensation que les poissons dans l'ombre nageaient vers ce coin de rivage

illuminé.

Le bonheur venait tout à coup d'apparaître.

Comme c'est drôle1 songeait tout haut Gisèle, des bagues, elle me comble de 'bagues, moi qui n'ai jamais possédé un seul bijou.

Les longs doigts étaient nus elle était bien une femme sans bijou, si pauvre, merveilleusement comblée de dons, ses mains souples émanant de fabuleux pouvoirs

L'extrémité luisante d'une rame mouillée sur laquelle glissa un bref incendie révéla une petite surface de mer silencieuse, rien qu'un bout de rame infernale, sans barque et sans rameur, puis le lambeau de mer s'évanouit et les figures d'enfants soutenues seulement par leurs ailes pourpres retombèrent, avec les flammes, dans la cendre.

Ils quittèrent le café, et entrèrent dans leur village désert et silencieux un labyrinthe de rues tortueuses, en terre battue, entre les maisons peintes à la chaux. Il n'y avait ni lune ni lanterne et le village était une impondérable et inquiétante blancheur. Ils pensaient marcher dans un

fantôme de ville.

Gisèle avançait parfois la main vers la matière sans substance, les murs reculaient sous sa caresse et l'onne

pouvait discerner le moment où elle les touchait réelle- ment. A ses paumes et à l'extrémité de ses doigts restait un peu de blancheur, une farine de clown, une pous- sière de papillons nocturnes.

(14)

LA PIE VOLEUSE

Mais il va falloir que tu rendes cette bague, dit Gene- viève à voix basse, comme si des spectres eussent pu l'épier dans l'ombre des fenêtres. N'as-tu pas peur ?»» Gisèle tendit le chaton plus incandescent qu'un tison de cigarette vers la poitrine de Geneviève; celle-ci recula

« Il brûle, il brûle, ne crains-tu pas que ce ne soit le premier feu d'un malheur?»»

Une lanterne pendue à un clou éclairait faiblement l'angle d'une maison (ce spectre aveugle a besoin d'une lampe pour se promener) et de l'autre côté de la rue, par- dessus un petit mur blanc, un laurier tout chargé de fleurs débordait dans le halo pâle de cette lumière.

La nuit mettait une cendre sur le flamboiement de ces

fleurs qui paraissaient brûler dans un monde inaccessible Celui qui ne recule pas à cueillir une goutte de sang réelle sur la robe illusoire d'un fantôme, celui-là seul oserait, dans la nuit, les cueillir.

Mais Gisèle demanda qu'on la soulevât par la taille et mit le pied dans un trou du mur que n'habitait aucun lézard, non, d'où ne s'enfuit aucun reptile, et elle osa.

Elle attira les 'branches vers elle, de tout son poids l'arbre entier ploya, poussa un gémissement terrible dans le silence et fit descendre avec lui les étoiles et le ciel sombre où il était pris toute l'architecture de la nuit vacilla. Des rameaux craquèrent avec un bruit sourd et douloureux, les fibres écorchées semblaient se déchirer jusqu'à la racine, de sorte que l'univers entier frémissait et criait de cette profanation qui faisait toute la rumeur

d'un crime.

Geneviève avait poussé un petit cri et s'était sauvée, la chair brûlée par ces feux sombres de pierre et de fleurs et dans la terreur d'entendre s'ouvrir une fenêtre, d'où tom- beraient sur elle des injures et des- menaces. Mais Gisèle promena, comme sur un front, sa main sur la blessure

Extrait de la publication

(15)

LA PIE VOLEUSE

béante de l'ombre, et la nuit se referma et s'apaisa dans

l'arbre.

Ils rattrapèrent Geneviève encore tremblante qui les fit marcher très vite jusqu'à la maison où habitait Gisèle, chez un pêcheur, dans une petite rue étroite, en pente, aux pavés mal équarris. Celle-ci leur tendit alors sa belle main décharnée, blanchie par le fard des spectres, tout embaumée de sève et gracieusement leur offrit une fleur.

Puis elle monta les trois marches, et comme déjà elle avait entr'ouvert sa porte, elle se retourna « Maintenant, je vais

sûrement trouver un autre trésor ».

A la tête du grand lit sombre, une bougie collée coule lentement sur le bois. Sa robe glisse et s'étend en un petit suaire marmoréen. La flamme bat au rythme irrégu- lier d'un cœur inquiet (il faudrait moucher cette chan- delle), parfois à grands coups précipités. On dirait l'agonie voluptueuse d'une belle sultane à la chair dorée empalée sur ce funèbre cimeterre une longue mèche courbe et carbonisée. Et la lumière au vol lourd bat contre les murs blancs et nus, s'accroche un instant à la manière des chauves-souris aux solives sombres et un peu sinueuses qui soutiennent le plafond de plâtre, puis elle retombe dans un silence de plumes.

Étendu sur le lit, Gérard sentait sa poitrine serrée, comme celle d'un oiseau nocturne, dans le tendre étau de ces ailes, qui l'emportaient au-dessus du village en- dormi, autour du clocher de l'église où des lattes de bois pourri recouvraient une nuit d'airain, de gigantesques œufs de ténèbres suspendus dans leur nid silencieux très haut au-dessus des maisons. Il surprenait, s'échappant

(16)

LA PIE VOLEUSE

d'une cheminée en un bouchon de suie sombre sur lequel s'épinglait un tison rouge, la pie de Gisèle tenant, dans son bec, comme une missive secrète, l'ardent chaton. Il la poursuivait à travers l'auréole blanchâtre des maisons, dans cette nuit qui se retournait comme le fond d'un sac de meunier et laissait tomber sur le village la lumineuse poussière de farine. Jaloux de son secret, l'oiseau s'éva- nouissait dans l'ombre, éteignant son brûlant bijou, peut- être derrière les auvents du clocher, sous les énormes tes- ticules de la nuit plus menaçantes que de grosses poches d'encre dans le ventre d'une pieuvre géante suspendue

entre deux eaux.

Le passé se dissolvait. Quel bonheur éclatant, quels soleils futurs mûrissaient dans le bronze ? A quel triomphe le mènerait l'incertain et violent espoir qui faisait battre son cœur entre ses ailes de clartés ? Il poussa un cri, appe- lant tout l'inconnu, et ses lèvres comme saupoudrées du plâtre nocturne murmurant le nom de ses chères amies, sa bouche s'emplit du pollen des spectres, au parfum de fleurs et de mer, que la chaleur tenait en suspens au-dessus du village.

Le laurier le tentait survolant les patios profonds comme des puits il retourna le voir chaque fleur brûlait

dans son écrin de cendre comme un morceau de coke après le couvre-feu et le feuillage faisait des murmures de robe. II était dans une extase ces fleurs le brûlaient.

De frêles notes de flûte perçaient le silence enchanté dans les villages endormis il est plaisant de l'écouter, parmi le silence de vrais morts au fond des demeures assoupies, l'orgue des souffles aux anches variées, le ronflement du maréchal ferrant, les tendres expirations et ces souffles qui sont déjà le sifflement de la tragédie.

Comme il jouait doucement le sommeil des jeunes femmes Mais la flamme crépita au-dessus de la tête de

(17)

LA PIE VOLEUSE

Gérard la petite sultane avait des soubresauts d'agonie, étouffée par ce long cimeterre qui poussait en elle et lui ressortait par la bouche, enfoncée déjà jusqu'au buste dans le suaire qui allait bientôt l'engloutir. Il retomba sur son

lit, encore tout chargé d'ailes palpitantes qui se cognaient

contre les murs blancs. Ah de ce monde momentanément aboli, ressuscitait, sur le bois de lit, en un unique témoi- gnage, la fleur que Gisèle lui avait tendue et que menaçait maintenant la mare figée de suif dont la mystérieuse figure, propice à des présages, grandissait d'instant en instant.

Par la fenêtre ouverte une chanson monotone et mau-

resque montait de la fontaine sur la place.

A force que l'eau. coule, le temps s'arrête.

Soudain de grands coups sourds ébranlèrent dans le quar- tier voisin une porte pesante aux échos profonds de chêne

massif. Son cœur cessa de battre Gérard craignait que

cette nuit ne fût troublée par un malheur ou par un ivrogne au bout d'un instant, une voix joyeuse, mais de vieux ténor fatigué, chanta

Debout, pêcheurs, à vos bateaux1 Le ciel est serein, la mer calme.

Quittez vos lits, prenez vos rames Sinon le poisson va s'en aller.

La chanson mourut dans le silence. Enfin, il entendit des pieds nus choir sur le plancher des maisons voisines sonores comme l'au-delà, gros pieds de chair qui tombaient des plafonds de tout le poids des jambons dont les ficelles sont usées par le temps, pieds de pêcheurs décrochés, en guise d'étoiles, par cette envolée lyrique, et dans un bruit catas- trophique de meuble hanté, gronda la chute d'un bois de lit.

Des pas tranquilles et le heurt d'une canne contre les pavés, troublèrent sous sa fenêtre, le chant de la fontaine,

Extrait de la publication

(18)

LA PIE VOLEUSE

puis la chanson du réveilleur, de celui qu'on appelait le sereno, monta de nouveau dans une ruelle, de l'autre côté

de la maison.

Gérard sortit de sa chambre, traversa le grand hall obscur et s'accouda au balcon, au-dessus de la petite place où la fontaine coulait au milieu d'un halo spectral que rayon- naient les maisons basses et qui s'évanouissait au pied d'une haute et ténébreuse muraille sarrasine. Il attendait que la chanson fît battre encore des coeurs de chêne derrière les

murs de chaux impondérables dans l'ombre épaisse il devina une femme appuyée contre le rempart, immobile.

Il éprouvait la sensation de sa fragile tempe féminine pesant lourdement, à travers les cheveux, contre la pierre dure et froide, de son oreille ajustée à une rumeur autrement gron- dante que celle d'un coquillage. Qu'écoutait-elle dans le silence et dans le granit ? Elle ne bougeait pas, contre le mur, comme attachée à un anneau pour un supplice attachée à un anneau, comme un cheval qu'on va ferrer et auquel on va enfoncer des clous rougis à vif dans le sabot.

Ce n'était pas une femme du peuple, elle ne portait pas les vêtements de deuil, les robes noires des femmes aux pays so- laires une douce phosphorescence bleue éclairait faible- ment son corps dans le repli de l'ombre il devina une de ses compagnes du soir et descendit, tremblant de violer son

secret.

Comme il traversait le cirque de pâle lumière où coulait la fontaine, les femmes des pécheurs réveillées par le sereno, bien que ce fût encore la pleine nuit, venaient déjà puiser de l'eau. La cruche sur l'épaule, elles tenaient en chucho- tant conciliabule autour du petit monument. Elles sem- blaient des conjurées assemblées pour un complot. La nuit avait-elle été si féconde en événements secrets, qu'elles avaient tantraconter ? Brusquement l'une d'elles éleva la voix et cria des injures parce qu'une cruche ne se remplis-

Extrait de la publication

(19)

LA PIE VOLEUSE

sait pas assez vite. Les autres répondirent avec la même violence ce fut, parmi les rires, un vacarme de marché

et les coqs réveillés se mirent à hurler stupidement, comme

des égorgés, un chant de lune rouge au fond des cours.

Dérangée par cette lâchée soudaine de commères, la sup- pliciée s'arracha de la muraille et s'avança posément au-

devant de Gérard.

Tu ne dors pas? dit Geneviève, sans surprise, d'une voix si tranquille et assurée qu'elle paraissait en état de somnambulisme ou dans le calme qui suit le crime.

Elle le prit par le bras et l'entraîna dans l'obscurité. Ils franchirent la grande porte des remparts qui escaladaient les rochers à pic, au-dessus de la mer, encerclant un pro- montoire. Un sentier caillouteux grimpait en lacets entre

des maisons délabrées, non plus blanches, mais construites

en grosses pierres, grises dans la nuit, semblables à des chats pelés, et agrippées, de-ci de-là, aux rochers les plus solides.

C'était, à l'intérieur des fortifications, la vieille ville. Elle paraissait inhabitée, aucun chien n'aboyait. Le sol sombre était retenu par des murs bas le sentier traversait parfois des petits jardins stériles sans enclos, et derrière de vieux

bidons de fer où fleurissaient des géraniums noirs, brillaient

des yeux phosphorescents ils s'éteignaient et dans un bruissement de velours, une ombre féline s'enfuyait.

C'est ici, dit Geneviève, en montrant un jardinet de pierres, qu'un après-midi nous avons vu la pie se débattre dans la gueule d'un chat. Nous avons lancé des cailloux, poussé des cris, puis Gisèle a ramassé l'oiseau blessé qui lui piquait farouchement la main. Il avait, au bout de son bec, une petite perle de son sang.

Elle se tut brusquement et lui serra le bras avec violence.

Regarde

Devant la porte close d'une masure de granit, à quelques pas d'eux, une vieille femme était assise, toute droite et

Extrait de la publication

(20)

LA PIE VOLEUSE

rigide, sur une chaise, dans l'ombre épaisse, les mains posées sur les genoux. Elle avait sur les épaules un petit châle que perçait, comme des milliers d'aiguilles à trico- ter, le froid (pour elle) des étoiles, plus immobile, plus noire que les géraniums. Elle paraissait hypnotisée, ses yeux grands ouverts regardaient fixement les ténèbres.

Geneviève n'osait pas avancer, terrifiée, de peur que le visage ne se tournât vers elle et la regardât.

Alors, après un instant de silence, Gérard lui demanda

« Qu'écoutais-tu contre le mur ? »))

Mais elle ne parut pas l'entendre et desserra lentement

son étreinte.

« Ecoute, dit-elle d'une voix charmée, délivrée de sa peur.

N'entends-tu pas à travers les pierres la respiration du petit funambule, couché maintenant sur son édredon de chloro.

phylle. Elle monte et descend, un peu irrégulière, au rythme du fil élastique sur lequel il marchait. Quelle dou-

ceurc'est le souffle même de la nuit. Ne le reverrons-nous

pas d'autres soirs ? La présence de cette vieille assise n'op- presse pas du tout sa petite poitrine.

Il répéta sa question indiscrète, mais elle ne voulait pas répondre et elle l'entraîna, butant sur les pierres.

Une petite perle du sang de Gisèle. Déjà, au bout de son bec un joyau. Tu devrais la garder cette pie, lui dis-je, ce serait très amusant. Elle serrait l'oiseau dans ses longues mains nues, sans bague, et lui tenait la tête afin qu'il ne la piquât pas de nouveau, car il ouvrait un bec noir et mena- çant à l'intérieur duquel sa langue rubis se débattait dans

des cris étouffés. »

Il n'y avait plus de maisons. Entre les rochers, ils conti- nuaient à monter la colline d'herbe brûlée semée de touffes de chardons et reliée par un isthme étroit à la terre. A cer- tains coudes du rempart, une vieille tour ébréchée dressait ses ruines dans l'obscurité, et tout au sommet de la falaise

Extrait de la publication

(21)

Extrait de la publication

(22)

Extrait de la publication

Figure

Updating...

References

Related subjects :