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Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:

Defosse, P. (1979). Etudes sur Pérouse étrusque de la fin du IVe siècle au début du Ier siècle avant notre ère: territoire et urbanisme (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté de Philosophie et Lettres, Bruxelles.

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(2)

Pol Defosse

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V '

Etudes

sur Pérouse étrusque de la fin du IV^ siècle

au début du siècle avant notre ère :

territoire et urbanisme,

Vciume I

Dissertation présentée à la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université libre de Bruxelles en vue de I' obtention du grade de Docteur

en Histoire de I' Art et Archéologie.

"Directeur de thèse : Marcel Renard.

Bruxelles 1979

(3)

Pol Defosse

Etudes

sur Pérouse étrusque de la fin du IV^ siècle

au début du siècle avant notre ère :

territoire et urbanisme.

Dissertation présentée à la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université libre de Bruxelles en vue de I' obtention du grade de Docteur

en Histoire de I' Art et Archéologie.

Directeur de thèse : Marcel Renard.

674.283 V.1

Bruxelles 19 79

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I

INTRODUCTION

Lorsque, sur les conseils de Monsieur Renard, j'ai commen­

cé à m'intéresser à Pérouse étrusque, on pouvait disposer de trois travaux qui envisageaient, dans une vision d'ensemble, le passé pré-romain de cette cité : un livre de C. Shaw, assez su­

perficiel, et deux articles : celui de L. Banti, de loin le meil­

leur et le plus approfondi, et celui de A.M. Pierotti - M.

Calzoni (1). En ce qui concerne plus parti culièrement les rem­

parts, on pouvait citer quelques excellentes études des portes monumentales (2).

Bien que depuis 1970 un intérêt nouveau se soit manifesté pour la connaissance de la période étrusque de Pérouse, surtout grâce au dynamisme de F. Magi, professeur à 1'Université di Studi , la situation ne s'est pas modifiée.

On peut d'ailleurs légitimement s'interroger sur l'oppor­

tunité de concevoir une telle monographie tant les problèmes, encore à peine effleurés, sont nombreux. Mon travail n'est donc, dans cette optique, qu'une modeste contribution à une étude plus vaste et systématique qui ne pourra, me semble-t-il, être écrite dans l'immédiat.

Disons tout de suite que ce travail sera à jamais hypothé­

qué - je l'ai souligné dans le premier chapitre - par les condi­

tions de fouilles, hélas nombreuses, du XIXe siècle.

Il fallait donc sérier les problèmes et opérer un choix parmi les questions, les sujets à traiter. Mais, en fait, ce choix, en ce qui me concerne, me fut dans une certaine mesure (1) c. SHAW, Etruscan Perugia, Baltimore, 1939 - L. BANTI,

Contr ibu to . . . dans ^_E, 10, 1935 , p. 97-127 - M. CALZONI - A.M. PIEROTTI, Ricerche su Perugia... dans SE, 21, 1950-51,

21, 1950-51, p. 275-289.

(2) Notamment l'article de P.J. RIIS, The Etruscan City Gates..., p. 65-98.

(5)

II

imposé. En effet, j'avais commencé à m'intéresser au matériel et aux urnes cinéraires mais, je regrette de devoir le dire, je n'ai pas obtenu,de la part de la responsable du musée^ l'aide et les facilités que je pouvais espérer et qui étaient indispen­

sables pour mener à bien une telle recherche.

Je m'étais rendu compte qu'un travail important et utile pouvait être entrepris : dépouiller les archives du XIXe siècle qui contiennent le souvenir de fouilles pour lesquelles on ne possède pas (ou peu) de renseignements. On trouvera dans l'Appendice II le résultat de cette recherche qui, je le dis tout de suite, est loin, très loin, d'être terminée. Je n'ai pu lire tous les fonds d'archives conservés principalement à la Biblioteca Augusta. C'est un travail à faire ; je suis convain­

cu, en effet, qu'il y a encore beaucoup à découvrir dans les papiers et les notes prises par ceux que le passé étrusque de Pérouse intéressait.

J'ai été amené à m'intéresser aux archives officielles par le biais d'un dossier important consacré à la découverte du Clppuj, ?Ino dont le lieu de la découverte était très mal

localisé. Outre quelques précisions concernant les circonstan­

ces de cette découverte, l'auteur de ce dossier fournissait un n° de parcelle cadastrale. Ce renseignement précieux était

accompagné d'une note sur une législation en matière de fouilles, la procédure à suivre pour obtenir un permis, les obligations des fouilleurs etc... J'avais aussi retrouvé à l'Archivio di Stato à Pérouse, un fonds d'archives, les "Atti délia Delegazione Apostolica" qui au Titre VIII possédait un Article 3° intitulé

"Accademie e Société letterarie - Scavi di anti cKthJL. Bel 1 e Arti"

où sont conservées les demandes d'autorisation de fouille qui fournissent, confoirmément à la législation pontificale (2 bis) le nom des propriétaires des terrains, des indications topogra­

phiques et parfois les numéros des parcelles. La marche à suivre (2bis) J'ai rappelé dans l'Appendice I les textes de ces

règlements.

(6)

III

était dès lors tout indiquée : il fallait se reporter aux plans cadastraux. Mais quel cadastre ? L'idée d'établir un relevé cadastral (3) des Etats pontificaux remonte à Paul III (1543).

Ce n'est en fait qu'un catal ogue^ par communardes propriétaires ; il n'y a pas de cartes. Au début du XVIIIe siècle, on procéda, pour la première fois, à un véritable relevé cadastral. C'est le "Catasto' antico" dit aussi "Piano" (4) du nom de Pie VI (1775-1799) qui avait ordonné une mise à jour du premier relevé.

On avait évidemment employé les unités de mesure locales qui dif­

féraient, à l'intérieur des Etats pontificaux, d'une région à l'autre. Pie VII (1800-1823), qui s'était rendu compte des

inconvénients d'une telle disparité, avait envisagé d'uniformiser les relevés en utilisant une unité de mesure unique. En fait, ce fut l'administration française qui réalisa ce projet en adoptant, comme unité de mesure, le système métrique. En 1814, les armées françaises abandonnent l'Italie, Pie VII rétablit son autorité et reprit le travail pratiquement terminé par les

Français. Le nouveau relevé cadastral, qui n'entrera en vigueur, que sous le pontificat de Grégoire XVI ( 1831-1846 ), d ' où son nom:"Catasto gregoriano", restera en usage pendant tout le XIXe et une bonne partie du XXe siècle. Ce n'est, en effet, qu'en

1943 que l'on procéda à une refonte complète du relevé cadastral qui s'appelle "Catasto Nuovo".

La localisation des sites pouvait donc être tentée à par­

tir d'une série d'opérations (5) :

(3) Cfr. pour l’histoire des relevés cadastraux dans les Etats pontificaux A. LODOLINI, L'Archivio di Stato di Roma, Rome,

1960, P. 126.

(4) Ce relevé s'intitule "Le libro catastale dette volgarmente

de lie copie in cui si contiene la précisa descrizione e stima' di tutte e singole terre che si possiedono li rustici, il tutto

estratto dalle màppe e brogliardi delle loro respettive comu- nità State misurate in occasione del nuovo censimento

negl'anni 1727-1728-1729". Il est conservé à l'Archivio di Stato à Pérouse.

(5) Je suis personnellement persuadé de la nécessité d'une locali­

sation cadastrale des sites archéologiques. Elle seule rend compte, comme je pense pouvoir le montrer par quelques exemples

suite page suivante

(7)

VI

la climatologie, qui étudie une autre composante importante du milieu naturel, offre beaucoup moins de certitude. En fait, on n'a pas encore répondu, à ma connaissance du moins, à la ques­

tion de savoir si le climat s'était modifié depuis l'antiquité et, si oui, dans quelle proportion. Les rares éléments fournis par les sources anciennes ne permettent pas de précis'er, de façon évi­

dente, les températures et le régime des pluies qui régnaient dans les derniers siècles de l'ère vulgaire. Toutefois, si des varia­

tions sont intervenues, elles ne peuvent, à première vue, avoir été considérables et de nature à modifier fondamentalement les conditions de vie qui sont celles observées aujourd'hui.

Il reste un troisième aspect extrêmement important et tout aussi délicat. J'ai nommé les caractéristiques pédologi­

ques du territoire. L'étude de la qualité agricole des sols est, en effet, essentielle car de ceux-ci dépend une activité humaine primordiale, 1'agricul ture.

Si la genèse d'un sol dépend de facteurs climatiques (thermique et hydrique), du substrat lithique ou encore des

substances organiques, il faut aussi compter sur l'action, tantôt bonifiante, tantôt dégradante, de l'homme qui, au cours des

siècles, a agi sur le paysage (déboisements, travaux d'irriga­

tion, luttes contre les inondations et les zones marécageuses..).

Bien qu'il soit extrêmement malaisé, par conséquent, de mesurer les modifications qui sont intervenues depuis deux millénaires, on peut, me semble-t-il, tenter, grâce à diverses sources

(textes écrits, toponymie, implantation des sites archéologiques, analyse de pollens) de se faire une idée fragmentaire du rôle

des sols dans l'occupation de l'espace et dans l'économie.

Mais l'étude d'un territoire (limites, description oro- hydrographi que , ressources, pédologie) n'est pas tout ; il y a aussi la "ville" (chap. IV) dont la définition est fort malaisée à cerner (7). Les critères, encore que discutables, sur lesquels

(7) Cfr. pour la définition d'une cité Ed. FREZOÜLS, Metodo per lo studio de 11 *urbanistica... dans Atti del Ce.S.I.R., III, 1970-71, p. 79-85 et les interventions suscitées par cette communication, p. 86-96.

(8)

V

de la description du territoire (chap. III). En effet, l'homme ne peut être dissocié du milieu dans lequel il vit. Il est donc nécessaire, et même indispensable, de préciser les carac­

téristiques oro-hydrographiques qui peuvent influencer l'habi­

tat et de décrire les ressources dont l'homme pourra disposer pour satisfaire ses besoins (habillement, alimentation, cons­

truction, chauffage notamment).

Cette enquête sur le milieu naturel soulève deux problèmes.

En premier lieu, elle ne peut être faite par l'historien-

archéologue. Il faut, par conséquent, faire appel au géographe qui seul pourra définir, selon des méthodes qui lui sont propres, les éléments caractéristiques d'un milieu. En ce qui concerne Pérouse et son territoire, on a la chance de disposer de quel­

ques travaux remarquables, celui de C. Lippi-Bohcampi qui fournit un relevé pédologique de la région et celui de H. Desplanques qui analyse la campagne ombrienne dans une perspective originale

et diachronique (6).

Deuxième problème plus délicat ; est-on fondé à considérer que ce que la géographie permet d'observer aujourd'hui est valable pour l'antiquité ? Il faut apporter à cette question une répon­

se nuancée et prudente. En ce qui concerne la géomorphologie, on peut, en gros, répondre par l'affirmative tant les rythmes géologiques, qui s'expriment en millions d'années, sont lents.

Les tremblements de terre, les inondations, les éruptions volca­

niques, les éboulements qui modifient le paysage ne sont que des épiphénomènes. On peut donc estimer que le relief, dans ses lignes générales, ne s'est guère modifié depuis deux mille ans.

(6) c. LIPPI ■■BONCAMPI, ' Iterreni agrari..., Pérouse, 1950 H. DESPLANQÜES, Campagnes ombriennes, Paris, 1969.

Il serait souhaitable de pouvoir travailler en collaboration.

Je cite à titre d'exemple le problème suivant. TITE LIVE explique que en 205 Arezzo a fourni du ViÂ.tÂ,C.u.m à Scipion

(XXVIII,45,17). Un agronome pourrait dire ce que cette plante exige comme sol, le pédologue examiner si ce type de sol existe dans la région d'Arezzo.

(9)

IV

1° retrouver les demandes de permis qui contiennent les noms des propriétaires et des précisions topographiques (Archi- vio di Stato^ Pérouse )

2° pointer dans les registres - les Brogliardi - du Catasto gregoriano - les noms de ces propriétaires et les lieux-dits qui sont mentionnés en regard des numéros des parcelles

(Archivio di Stato, Rome)

3“ localiser sur la carte correspondant au registre les par­

celles qui furent l'objet d'une fouille ou que l'on souhai­

tait fouiller (Archivio di Stato^Rome)

4° superposer enfin le plan du cadastre grégorien au catasto nuovo actuellement en vigueur (Ufficio Tecnico Erariale de Pérouse ).

La dispersion des documents en trois lieux différents

complique naturellement la recherche. Il ne s'agit pas, lorsqu'on est à Pérouse, de devoir faire à tout moment une vérification

dans les registres qui se trouvent à Rome ou vice-versa. Et pourtant, il me fallut bien le faire dans plusieurs cas.

Ces difficultés qui résultent de circonstances dues à l'éloigne­

ment des lieux de conservation des documents - il faut y ajouter encore celles inhérentes à l'accès et à la disponibilité de

ces documents - expliquent pourquoi je n'ai pu localiser

avec précision un certain nombre de sites pour lesquels je possède des informations topographiques. Cette recherche devra donc être poursuivie un jour.

La localisation des sites archéologiques impliquait évidemment de déterminer le cadre géographique dans lequel ils se situent. Deux aspects ont été envisagés : celui des limites que j'ai voulu, autant que possible, préciser en faisant appel

aux critères les plus nombreux possibles (chap. II) et celui

suite du rejet de la page précédente

de l'étendue d'un site. Enfin, les relevés cadastraux men­

tionnent les lieux-dits qui ont tendance à être oubliés et qui sont très précieux quand on a affaire à des

découvertes du siècle dernier.

(10)

VII

on peut éventuellement s'appuyer, pour définir une ville actuel­

le, sont pour la période préromaine de Pérouse inexistants ou peu apparents (la statistique, les éléments institutionnels et économiques). Il ne reste guère que les facteurs monumental et architectural ainsi que le paysage urbain qui puissent être pris en considération.

On possède, pour Pérouse, un témoin de tout premier choix de l'activité édilitaire : les remparts. La bibliographie mon­

tre que les auteurs ont été surtout intéressés par les deux portes monumentales et que toute une série i'aspects ont été négligés ou mal étudiés. Le tracé exact sur le plan cadastral n'a jamais été précisé, le nombre de portes et les caractères techniques de la construction, tronçon par tronçon, sont deux autres questions qui n'ont pas, non plus, été abordées de manière approfondie.

Enfin, en ce qui concerne le paysage urbain, second volet de mon enquête sur la ville, je propose, dans le cadre d'une orientation récente des.études étruscologiques, de reconnaître une organisation de l'espace qui n'est pas due au hasard mais qui répond à des préoccupations peut-être religieuses. Ce n'est évidemment qu'une hypothèse de travail qu'il faudra analy­

ser plus à fond dans l'avenir.

Il faut encore ajouter que la topographie urbaine et « l'étude des remparts ne peuvent être dissociées d'un vécu de 2.000 ans. Pérouse n'a jamais cessé d'être occupée. Pour cette raisoa, bien des renseignements peuvent être tirés de documents

médiévaux et plus récents. J'y ai fait appel dans la mesure de mes moyens mais ici aussi l'idéal serait de pouvoir effectuer

une recherche i nte rdi s ci pl i nai re.

A côté de ces thèmes, il reste bien d'autres sujets à étudier que je n'ai fait parfois qu'évoquer au passage. Je cite le problème de l'époque de la présence étrusque à Pérouse, celui des relations avec le monde ombrien ; un autre thème de grand

(11)

VIII

intérêt est celui des rapports entre le centre urbain et la cam­

pagne (8). Cette question suppose un examen attentif des acti­

vités économiques et du pouvoir d'attraction, du rayonnement de la ville sur la campagne, une étude du réseau routier qui met en communication les zones rurales et la ville. Je voudrais, à propos du réseau routier, souligner ceci. Je n'ai pas abor­

dé cette question car le recours à la photographie aérienne me paraît indispensable pour pouvoir approfondir ce qui a déjà été dit par L. Banti notamment. Je n'ai pu malheureusement me pro­

curer une couverture aérienne valable du territoire. Les quel­

ques photos que je possède sont prises à trop haute altitude et sans préoccupation archéologique. G. Schmiedt (9) a effectué ce long travail pour la partie orientale de l'Ombrie (Via

Flaminia, Via Spina, Via Plestina, Via Nursina et Via Amerina entre Ameria et Vettona. De Vettona elle rejoignait Pérouse).

De l'avis même de ce spécialiste, le travail n'aurait pu se faire sans la photographie aérienne. Il faut espérer que ceux qui disposent des moyens techniques nécessaires effectueront un jour cette recherche.

Pérouse est un des sites étrusques qui a livrée avec

Chiusi, le plus d'inscriptions. Leur étude pour la connaissance du système onomastique,pour celle de l'organisation sociale ou de la langue étrusque, a été faite partiellement par H. Rix

(10). Mais il est incontestable que, dans ce domaine aussi,

(8) Cfr. pour une approche méthodologique de ce problème E. SERENI, Città e campagna nell'Italie preromana dans Atti Cit-

t^,1970, p. 109-128 et ID., Villes et campagnes dans l'Italie prëromaine dans Annales. Economie, Société et Civilisation,

22, 1967, p. 23-49 (traduction française du précédent).

M. CRISTOFANI a publié tout récemment un ouvrage intitulé Città e campagna nell'Etruria settentrionale, Arezzo, 1977.

C'est en vainque j'aiessayedemeleprocurer ; ce livre est en effet déjà épuisé. J'ai écrit à l'auteur ; malheu­

reusement il n'a pu m'en fournir un exemplaire.

(9) G. SCHMIEDT, Contributo délia foto-interpretazione alla

conoscenza délia rete stradale dell'Umbria nell'alto medioevo dans Atti III Convegno di Studi Umbri, Pérouse, 1966, p.

1 7 7 - 210, i carte (cfr. p~I 176 et sq . ) .

(10) H. RIX, Pas etruskische Cognomen, Wiesbaden, 1963.

(12)

IX

il reste beaucoup à faire. Plusieurs aspects, grâce à-ces inscrip- tnon^ peuvent être envisagés : les relations sociales entre les

différentes classes, les mariages entre les grandes familles gentilices, la répartition des familles à travers le territoire, la présence d'éléments italiques, ombriens surtout mais aussi vénètes, falisques, latins, etc... On peut aussi tenter de reconstituer des arbres généalogiques ou encore d'examiner qui trouvait place dans un hypogée. J'ai pu remarquer, par exemple, que certaines tombes ne contenaient que des urnes avec noms de femmes, que dans d'autres cas, les épouses et mères semblaient absentes de l'hypogée ou encore que certaines sépultures réunis­

saient une famille appartenant à une classe sociale inférieure.

Il y a là un vaste champ de recherches à effectuer. Mais ce travail ne sera pas aisé car de nombreux ensembles ont été, il faut le rappeler, détruits et dispersés au XIXe siècle.

Enfin, il y a bien sûr le matériel,et en tout premier lieu les urnes cinéraires dont il faudrait, par des mesures nombreuses, préciser les caractéristiques. On pourrait ainsi repérer des ateliers, ce qui, du point de vue chronologique, serait fort uti­

le. Les reliefs et les thèmes iconographiques devraient être ana­

lysés du point de vue de la facture, de la composition et aussi de la signification symbolique. On peut se demander, par exem­

ple, si le choix d'un mythe était ou non arbitraire, s'il était fait en fonction du défunt. Outre les urnes, il y a la cérami­

que, extrêmement mal connue, les bronzes, les cottaboi, les miroirs, les statuettes votives, les bijoux, etc... Cette énumération, nullement exhaustive, de quelques sujets de recher­

che montre clairement ce que je disais en débutant à savoir que nous sommes loin encore de pouvoir prétendre à une vision d'ensemble de la société étrusque de Pérouse.

Au terme de cette introduction, il me reste le devoir

agréable de témoigner ma gratitude à tous ceux qui m'ont permis de mener à bien cette recherche. Monsieur R. Abbondanza,

conservateur des Archives de l'Etat à Pérouse a grandement faci­

(13)

X

lité mes recherches en mettant à ma disposition un de ses colla­

borateurs et en me permettant l'accès aux rayons ou encore en m'accordant, parce qu'il savait que mon temps était compté, le droit de fréquenter la salle de lecture en dehors des heures d'ouverture. Je n'ai aussi qu'à me féliciter de l'accueil de Madame 0. Marinelli, directrice de la Biblioteca Augusta, qui m'a réservé une place dans la salle de travail, G.C. Conesta- bile, et m'a accordé l'avantage de pouvoir bénéficier du prêt extérieur. J'en dirai autant du père supérieur responsable de l'Archivio di S. Pietro qui, intéressé par mes travaux, s'est mis à rechercher lui-même des documents qui, croyait-il, pou­

vaient m'être utiles. Ce ne fut pas le cas mais le geste vaut d'être signalé. Enfin à Pérouse aussi, j'ai trouvé une compré­

hension digne d'éloges à l'Ente Erariale où, il faut bien le reconnaître, les employés ne sont pas spécialement chargés de répondre à des demandes d'archéologues en quête d'une parcelle de terrain du XIXe siècle. J'ai passé plusieurs journées avec Monsieur A. Bifarini à manipuler les plans cadastraux, à les décalquer ce qui est théoriquement interdit, mais Monsieur

Calzoni Guerriero, responsable de la section del!'Uff i ci o Tecnico Erariale, loin de se montrer tatillon, a pu comprendre que ma requête n'entrait pas dans le cadre des demandes habituelles de consultation de plans cadastraux.

J'adresse aussi mes remerciements à tous ceux qui, depuis l'école primaire jusqu'à l'Université, ont contribué à ma for­

mation. Je voudrais tout particulièrement citer Monsieur

Gourou qui a su, par des exemples et des analyses approfondies, me persuader de l'intérêt et de la nécessité d'établir une

liaison entre histoire et géographie. L'orientation de mes re­

cherches lui doit incontestablement beaucoup. Je nommerai aussi Monsieur Ch. Delvoye dont j'ai suivi avec grands profits les cours entre 1956 et 1970, Monsieur Bonenfant dont l'expérience me fut grandement profitable. Je voudrais également remercier quelques maîtres étrangers : M. Pallottino qui m'a encouragé et fait profiter de son enseignement. Madame L. Banti,

(14)

XI

Monsieur 6. Devoto et tant d'autres avec qui j'ai eu au cours de mes séjours en Italie des échanges d'idées toujours utiles et profitables. Enfin j'exprime ma profonde gratitude à Monsieur Renard sur l'aide et la compréhension de qui j'ai toujours pu compter. Que ce soit dans les moments difficiles et personnels de ma vie ou que ce soit dans le cadre de mes activités profes­

sionnelles, il n'a jamais cessé, depuis que je le connais, de me prêter une oreille attentive.

Au moment où je m'apprête à mettre un point final à cette introduction et au moment où tant de souvenirs et d'images re­

viennent en se bousculant devant moi, je ne peux manquer de revoir plusieurs êtres chers, très chers, qui ont supporté, par­

fois avec agacement mais le plus souvent avec amour et chaleur, mes " absences" , mes préoccupations. L'apport moral et psycho­

logique qu'ils m'ont prodigué, fut, lui-aussi, inestimable.

(15)

XII

AVERTISSEMENTS

1° J'ai utilisé pour la retranscri pti on des inscriptions les signes critiques habituels.

2° Les textes des manuscrits ont été copiés fidèlement en res­

pectant l'orthographe des auteurs. Le signe ^ indique une lacune, les ... un mot ou groupe de mots que je n'ai pu déchiffrer.

3° Je regrette l'ordre un peu anarchique de la numérotation des planches. Il est le résultat d'une rédaction qui s'est faite dans un ordre différent de celui de la présentation des divers chapitres. J'ose espérer que mes lecteurs ne

seront pas trop désorientés.

4° Abréviations. J'ai évité d'utiliser les formules op. cit. , 1 oc. cit. , qui obligent le lecteur à des recherches parfois fastidieuses. J'ai donc préféré rappeler les titres des

ouvrages et articles par un ou deux mots. En ce qui concerne les revues, j'ai eu recours aux sigles de l'Année philologi­

que de Marouzeau,; il faut y ajouter les abréviations sui­

vantes : ARNW

Atti città 1970

Beazley, EVP

Bol 1. Stor. Patr.

Bol 1. Soc, geo . i t.

Aufstieg und Niedergang der Romischen Welt.

Studi sulla città antica. Atti del Con- veqno di studi sulla cittâ etrusca e italica preromana. Bologne, 1970, 427 p.

Etruscan Vase Paintinq, Oxford, 1947.

Bollettino di Stori a patria per l'Umbria.

Bollettino délia Société geografica ita- 1iana.

BRUNN-KORTE I rilievi delle urne etrusche.

(16)

XIII

BSNAF Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France.

Caratteri delI'e11enismo Caratteri del1'e11enismo nelle urne etrusche, Florence, 1977.

CIE Corpus inscriptionum etruscarum.

CI I A. FABRETTI , Corpus ins criptionum italica- rum, Turin, 1867.

CIL Corpus i nscri pti onum latinarum.

CONESTABILE I,II,III,IV CONESTABILE, Dei monumenti di Perugia, 4 parties, Pérouse, 1850-1870.

DUCATI, A.E. Storia dell'arte etrusca, 2 vol. Florence, 1927.

Enciclopedia dell'arte antica, classica ed orientale.

Encyclopëdja Universalis.

Etruskische Spiegel .

L'arte etrusca. Milan, 1935.

Hellenismus in Mitte1italien. Kolloquium in Gottingen vom 5. bis 9 Juni 1974 , 2 vol . Gottingen, 1976.

M. BUFFA, Nuova raccolta di iscrizioni etrusche, Florence, 1935.

Monumenti antichi de 11'Accademia dei Lincei.

Toponomastica délia Valle dell'Arno.

PAOLETTI, Stor.Per. Etr. Storia di Perugia etrusca.

Perusia Perusia. Rassegna mensile del1'attività culturale e ammini strativa del Comune di Perugia.

RE Real-Enzyclopadie der classischen Altertums- Wissenschaft.

REE Rivista di epigrafia etrusca (dans chaque vo-Pu-me. des Studi etruschi).

SCHULZE Zur Geschichte lateinischer Eigennamen.

SCUTILLO, Iscrizioni Iscrizioni délia città di Perugia e suo territorio (ms. arch. S. Pietro).

EAA

Enc. Uni y.

GERHARD, ES GIGLIOLI, ^ Hellenismus in Mitte1italien ~

NRIE

Mon. Ant.

PIERI, TVA

(17)

XIV

li SELLA

Val di Ponte VERMIGLIOLI, IP^

Studi etruschi.

Rationes decimarum Umbria.

M. PALLOTTINO, Testimonia linguae etruscae, 2e éd. , Florence, 1968.

V. de DONATO, Le più antiche carte...

Le antiche iscrizioni perugine..., 2e éd., Pérouse, 1833-34.

Autres abréviations.

gen.

ms nom.

PSA PSP s. d.

X

géni ti f manus crit

nomi nati f

Porta S. Angelo Porta S. Pietro sans date

auteur anonyme.

(18)

1

CHAPITRE I

LES COLLECTIONS PRIVEES - LE MUSEE - LE COURS D'ÉTRUS- COLOGIE A L'UNIVERSITÉ - LA LEGISLATION CONCERNANT LES

FOUILLES AU XIXe SIÈCLE

Les premières références à des monuments étrusques remon­

tent au XVIe siècle. Il ne.fait toutefois aucun doute que des découvertes eurent lieu bien avant, mais elles ne suscitè­

rent aucun intérêt. L'exemple de la tombe de S. Manno est de ce point de vue assez édifiant. Découvert à une époque indéterminée du moyen âge, lors de la construction d'une cha­

pelle, l'hypogée n'attira l'attention qu'au XVIIe siècle.

C. Piccolpasso (1), qui vécut à Pérouse, s'était bien inspiré de 1'inscription pour tenter de dresser un abécédaire étrus­

que mais il ne cite pas le monument.

La mise au jour de 1'Arringatore (2), vers 1566, et d'une sta­

tuette d'enfant assis, vers 1574, cette dernière à Sanguineto, seraient sans doute passées inaperçues si l'une et l'autre n'avaient été l'objet de la convoitise des princes de l'époque.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, on assiste à un changement des mentalités. On voit se constituer des collections et, dans le même temps, des érudits commencent à s'intéresser aux antiquités étrusques et plus particulièrement aux inscriptions

(1) Cfr. ci-dessous, p. 179.

(2) Cfr. pour le lieu de découverte de 1'Arringatore, ci- dessous p. 198. C'est au XVIe siècle également que fut

mis au jour, à S. Sisto Vecchio, un hypogée qui conte­

nait 16 urnes inscrites (cfr. ci-dessous, p.l77)-

(3) En fait, dès la fin du XVIe siècle, Vincenzo TRANQUILLI avait déjà tenté de recopier quelques inscriptions qu'il avait jointes, en annexe, à l'oeuvre, restée manuscrite, de Sinibaldo TASSI, De claritate Perusinorum, chap . 44 (Bibl. Aug.). L'architecte Sangallo avait recopié deux inscriptions dont l'une était conservée près de l'église de S. Angelo (CIE 4539 = TLE^ 572). Galleria degli üffizi n“ 2080 A et 2081 A, pl. 109.

(19)

2

Le premier de ces érudits à avoir recueilli un certain nombre d'inscriptions était un prêtre, F. Ciatti, né

en 1592 dans la commune de Bettona : il consacre dans son ouvrage Pelle memorie e annali ed istoriche delle cose di Perugia, publié en 1638, un chapitre à l'histoire étrusque de Pérouse (4).

C'est à la même époque que se constitue, vers 1632, la première collection de quelque importance : il s'agit de celle de l'archidiacre Giacomo Oddi qui appartenait à une des famil­

les les plus illustres de Pérouse. Son testament, rédigé en 1674, permet de se faire une idée sommaire de l'intérêt de cette collection (5) : elle comprenait des meubles, des pein­

tures, des statues, des armes et des antiquités étrusques et romai nés .

Giacomo Oddi avait installé, en 1662, sa collection dans la villa de S. Erminio où elle restera jusqu'au début du XIXe siècle.

En 1782, la comtesse Caterina Oddi, héritière de la villa et de ce.qu'elle contenait, avait épousé le comte Alessandro Baglioni, lui aussi grand amateur d'antiquités. Tout au long de sa vie,qui prit fin en 1814, Alessandro Baglioni s'effor­

ça de recueillir des objets antiques. Sa villa était dévenue un véritable musée dont la renommée dépassait les frontières de l'Etat et même de la péninsule (6).

(4) Cfr. G.B. VERMIGLIOLI, Bibliogra fla, I, p. 3 23 s.v.

Ciatti .

(5) Le testament par lequel Giacomo Oddi cédait la totalité de sa collection à son frère Marcantonio, évêque de Pérou­

se, est conservé à l'Archivio di Stato de Pérouse (Antico Archivio Notarile. Protocollo Notarile Juliano Lipi

c. 156-159). Il est fait allusion à un inventaire complet des objets qui_, malheureus ement^ a disparu.

(6) F. SANTI, Il museo Oddi a S. Erminio presso perugia

dans Boll. Stor. Patr., 43, 1946, p. 97-104. François II, l'empereur d'Autriche, le visita en 1819.

(20)

3

Alessandro Baglioni avait légué la collection à son fils aîné Marcantonio en étnettant le voeu que les objets ne soient pas dispersés (7). Hélas, quelques années plus tard, en 1836, la dislocation, qui avait pu être évitée pendant deux siècles, fut inévitable : la plus grande partie des objets fut vendue

à des collectionneurs : le musée put en acquérir quelques uns (8), les urnes furent dispersées dans deux habitations nobilières : la villa Eugeni de Compresse et la villa Colle del Cardina­

le (9).

(7) Le texte du testament qui concerne la collection a été publié par F. SANTI, op. cit., p. 102.

"Bal testamento ologvafo del Conte Alessandro Baglioni^

steso in Firenze il 26 gennaio 1814.

... le urne, terre cotte, lapidi, Bronzi ed altri oggetti antichi da me acquistati e collocati nel célébré Museo di Sant’Erminio, infrascati cogli oggetti che già vi

esistevano, intendo e voglio che tali oggetti tutti sieno anch'essi compresi nel quarto disponibile e li lascio allô stesso Marcantonio mio Figlio Primogenito, troppo

interes sandomi che non vadano ripartiti fra più e molto più che non vadano dispersi i tanti oggetti, che mentre nulla contengono in se di valore, restando riuniti formano il decoro délia Patria e délia famiglia ed è percio che voglio che siano tutti di proprietà di Marcantonio.

Dal Codioillo allegato

... al medesimo (conte Marcantonio) tutti gli oggetti anti­

chi di qualunque genere essi siano, o in Bronzo, o in mar- mo, Lapidi, Travertini e tutt'altro da me collocati e riuni­

ti al museo di Sant'Erminio, corne il medaglière ed il...

di Pietre Dure esistenti nel Palazzo di Casa Oddi in Peru- gia, troppo interessandomi che questi oggetti restino

sempre riuniti a decoro délia Patria e délia Famiglia.

Vorrei anzi, se fosse possibile, che questi oggetti tutti fin qui nominati e che lascio a Marcantonio si unissero e formassero parte délia Primogenitura di Casa Oddi".

(Perugia, Archivio Oddi Baglioni).

(8) Cfr; Pour la dispersion de la collection et les acquisi­

tions faites par le musée de Pérouse G. BELLUCCI, Guida, P. 60 n. 1.

(9) Ces urnes ainsi que celles de Compresse sont entrées au musée de Pérouse en 1971. Quelques inscriptions ont été publiées récemment par A.E. FERUGLIO dans S_^, 42, 1 974 , p. 219-223.

(21)

4

Mais au XVIIIe siècle, il existait d'autres collections fort nombreuses qui témoignent d'un large intérêt pour les antiquités étrusques.

F. Santi (10) en évalue le nombre, vers 1784, à 31, les plus importantes étant celles des familles Graziani, Cris- polti, Cenci , délia Penna, Vibi , celle du Cardinal Marco Ansidei (11), de Di amante Montemilini, des comtes Scipione et Antonio délia Staffa et surtout celle de Francesco Friggeri qui mérite une mention particulière.

(10) F. SANTI, I1 museo Oddi, p. 97. Cfr. GORI, Muséum

e trus cum. .. I, p. XVIII "Inde (Cortona) Perusiam convo- lans, insigniores ea in urbe et in agro contemplatus

sum veterum Etruscorum reliquias : praesertim quae extant in Museis Comitum Ansideorum, Oddiorum, Monterne 11iniorum, Vinciliorum, Crispoldiorum et in suburbano splendidis si- mi Comitis et Equitis S. Georgii Fabricii ex Eugenis de Claramonte". La plupart de ces collections furent dis­

persées à la fin du XVIIIe siècle et dans la première moitié du XIXe siècle.

(11) L'Abb. AMADUZZI qui a visité le musée Ansidei (Odepori- co autumnale erudito, ms conservé à la Biblioteca Comu- nale de Savignano sul Rubicone) affirme que le fameux scarabée, avec la représentation des cinq héros de Thèbes aujourd'hui au musée de Berlin (P. ZAZOFF, E tr. Sk., p.

50 et pl. XVI n“ 54 sans lieu de provenance) était con­

servé dans le musée Ansidei. Amaduzzi ajoute qu'il fut acquis par le Baron de Stosch en échange d'un ouvrage de MONTFAUCON, Les antiquités expliquées. Il n'est pas impossible que ce précieux document provienne du terri­

toire de Pérouse. Une recherche dans les archives du Cardinal M. Ansidei pourrait sans doute être fructueuse, non seulement en ce qui concerne ce scarabée mais encore en ce qui concerne l'ensemble de la collection (cfr.

pour G. Amaduzzi, G. GASPERONI, L'abbate Gian. Cristo- fano Amaduzzi, Bologne, 1 933, 163 p. Cfr. à propos de l'acquisition par le musée de Berlin du scarabée

P. ZAZOFF, Zur Geschichte des Stosch'schen Steines dans AA, 1974, p. 466-484, fig. ).

(22)

5

Francesco Friggeri était professeur de Droit à l'Univer­

sité de Pérouse. Ceci explique sans doute pourquoi il souhai­

ta laisser à la commune l'ensemble de sa collection. La dona­

tion intervint en 1788. Ainsi naissait le musée communal de Pérouse ( 12 ) .

Une autre collection mérite d'être signalée, celle du cloître de S. Costanzo qui avait été commencée vers 1760 à l'initiative de l'abbé Stefano Rossetti. Ses successeurs

- Mauro Squarzoni , Mariano Carocci, Giuseppe Lauri - poursui­

virent son oeuvre en entreposant et recueillant les urnes, les cippes que régulièrement on retrouvait dans les propriétés du couvent de S. Pietro aux lieux-dits S. Costanzo et Pallotta

A la fin du XVIIIe siècle, un moine bénédictin, F.M.

Galassi, entreprit de remettre de l'ordre dans la collection et de publier les inscriptions gravées sur les urnes (13).

(12) J'ai retrouvé à l'Archivio di Stato (Pérouse) l'acte

de donation (Posizioni di Cause 49/26. Document intitulé Atto di donazione dei pezzi délia collezione di Frances­

co Friggeri). Il n'y a pas d'inventaire mais on précise dans le document que la collection comprenait "una nume- rosa sérié di medaglie consolari, imperiali, pontificie e civile, vari camei, corniole, urne, busti di marmo, patere, istromenti bellici, idoli, vasi di terra cotta e di bronzo etruschi, ed altre rarità a quella nazione apparteneci" . La collection, qui était évaluée à 5000 écus, fut installée dans trois salles du Palazzo dei Priori .

(13) F.M. GALASSI, Descrizione delle pitture di San Pietro di Perugia, 3e éd., Pérouse, 1792, avec un appendice consacré aux inscriptions étrusques. Il existe à l'Archi­

vio di S. Pietro deux manuscrits, l'un anonyme et sans cote qui contient de brèves allusions aux découvertes d'antiquités dans les biens de S. Pietro et aux accrois­

sements de la collection entre 1774 et 1800 (Libro di mémo rie dei monastero di S. Pietro) et l'autre de

D. SCUTILLO intitulé Iscrizioni délia città di Perugia e suo territorio dans Schede Galassi, ms. CM-126.

Cfr. à propos de la vie et des travaux de F.M. Galassi, 0. MARINELLI, Il benedettino F.M. Galassi e gli eruditi perugini dei suo tempo dans Boll. Stor. Patr., 67,

1967, p. 267-293.

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6

Avec le début du XIXe siècle prend fin la première phase de l'histoire de la recherche dans le territoire de Pérouse, celle de l'érudition (14). Commence alors une nouvelle pé­

riode qui durera pendant tout le XIXe siècle et qu'on pourrait qualifier de préparatoire ou de formation à celle - scienti­

fique - qui lui succédera à partir de la première guerre mon­

diale.

Cette phase de formation est caractérisée par la mise en place d'une infrastructure : organisation du musée, créa­

tion d'un cours d'archéologie à l'Université, publication de répertoires (14bis), mise en place d'une législation destinée à protéger les antiquités et à réglementer les fouilles.

1° Le musée (15 ).

Les autorités communales avaient donc décidé d'installer, en 1788, la collection Friggeri dans les locaux du Palazzo dei Priori. Depuis 1800 environ, G.B. Vermiglioli en était le conservateur (16). Mais les accroissements nombreux qui

(14) Un ouvrage caractéristique de cette phase érudite est celui de F. GORI, Muséum etruscum exhibens insignia vete- rum etruscorum monumenta, 4 vol., Florence, 1737. Cfr.

pour l'histoire de la recherche au XVIIIe siècle G. GAS- PERONI, Movimento culturale umbro nel sec. XVIII dans Boll. Stor. Patria, 37, 1940, p. 74-237.

(14bis) Pérouse est le premier centre à avoir un recueil des inscriptions étrusques (VERMIGLIOLI, IP ^, 2 vol. 1830-31).

Il sera complété par l'ouvrage de G.C. CONESTABILE, Dei monumenti di Perugia etrusca e romana qui comprend quatre parties : la première est consacrée à la vie et aux tra­

vaux de Vermiglioli, la deuxième est une réédition de la tombe des Vetimna ; dans la troisième, il publie les hypo­

gées mis au jour au Palazzone ; la quatrième contient les monuments mis au jour dans le territoire. G.C. Conesta- bile se proposait de publier les bronzes, les vases. Il avait réuni à cet effet des fichiers qui sont conservés à la Biblioteca Augusta - il serait certainement intéres­

sant de les dépouiller - mais, il le dit lui-même dans la préface de la quatrième partie (p.V.), il dut renoncer

" a me ne mancheranno certa.mente il coraggio e le forze".

(15) Cfr. pour une histoire du musée A. LUPATTELLI, Il museo etrusco-romano e medioevale di Perugia, Pérouse, 1907, 23 p. - G. BELLUCCI, Notizie sull'origine e sull' incre- mento dei museo etrusco-romano di Perugia (préface à son

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(24)

7

intervinrent dans la première décennie du XIXe siècle posè­

rent rapidement le problème des locaux (16bis). En 1812, année de la découverte de Castel S. Mariano, on transféra dans les locaux de l'Université, ancien monastère de Monte Morcino Vecchio, l'ensemble de la collection. Elle devait y rester, partiellement du moins, jusqu'à la veille de la secon­

de guerre mondiale.

Quelques dates remarquables de l'histoire du musée méri­

tent d'être relevées :

1822 : grâce à la libéralité du Délégué Apostolique U. Spinola, acquisition du Clppa^ pz^u-ilnu6

1830 : Vermiglioli publie le premier guide (17)

1836 : acquisition d'urnes cinéraires qui faisaient partie de la collection de Alessandro Baglioni-Oddi.

1839 : le comte Francesco délia Staffa céda une série de reliefs dans le style de Chiusi

1843 : acquisition du sarcophage de Sperandio

1848 : G.B. Vermiglioli, malade depuis deux ans, meurt et cède la place à un de ses disciples A. Fabretti (18) qui dut, pour des raisons politiques, s'exiler quelques années plus tard, en 1849, à Turin où il devint professeur d'archéologie.

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ouvrage Guida...) Pérouse, 1910, p. 5-12. A.E. FERUGLIO, Perugia, Museo dans EAA, 6, 1965, p. 86-88.

(16) Cfr. pour la vie et les activités de G.B. Vermiglioli, G.G. CONESTABILE, Dei monumenti, I, 178 p. C'est son ami­

tié pour le comte Alessandro Baglioni qui l'amena, vers 1790, à s'intéresser à l'archéologie étrusque. Cfr. aussi L.C. PICKERT, Relazioni fra archeologi italiani e tedeschi ne 11'ottocento dans Rend. Accad. Lincei, sér. VIII, 18,

1963, 10 p. G. CECCHINI, Saggio sulla cultura artistica e letteraria in Perugia nel secolo XIX, Foligno, s.d., p. 138-155.

(I6bis) Le musée acquit en 1812 la collection du cloître de

S. Costanzo (cfr. O. MARINELLI, Il benedettino F.M. Galassi p. 271^n. 14).

(17) G.B. VERMIGLIOLI, Indicazione antiquaria per il gabinetto archeologico..., Pérouse, 1830, 35 p.

(18) C. RINAUDO, Commemorazione di Ariodante Fabretti dans RS I, 11, 1894, p. 155 et sq. - L. TIBERI, Ariodante Fabretti

suite iHge suivante

(25)

8

1849 : le second disciple de Vermiglioli, G.C. Conesta- bile (19),est désigné comme directeur du Musée. Les collec­

tions, au cours de son directorat, s'enrichirent considéra­

blement. Il serait trop long d'énumérer toutes les acquisi­

tions. J'en retiendrai trois qui sont fort peu connues : un lot de monnaies de G. Deminicis; . une collection d'objets babyloniens, perses, arabes et chinois qui était la propri- été de Elisa Vincent! de Città di Castello^en 1872^et une collection d'antiquités chypriotes de Luigi Raima di Cesnola^

en 1875. C'est à l'initiative de Conestabile que l'on doit une série de plâtres d'inscriptions étrusques et romaines qui sont aujourd'hui conservés dans les locaux de l'Universi- tà degli Studi et la constitution d'une bibliothèque attenan­

te au musée.

1877 ; Conestabile décède, G. Rossi Scotti lui succède

(20).

1884 : G. Rossi Scotti abandonne, pour des raisons fami­

liales, ses fonctions et cède la place à Luigi Carattoli qui assumera la charge de directeur du musée pendant 10 ans (21).

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dans Boll. Stor. Patr., 1, 1895, p. 189-194 et p. 451-463.

Fabretti professait des idées qui s'inscrivent dans le mou vement libéral qui secoua l'Europe en 1848-1849. Comme

tant d'autres patriotes et libéraux de Toscane, de Naples, des Etats pontificaux, A. Fabretti, qui adhéra quelques années plus tard à l'ordre maçonnique, trouva refuge dans

le royaume de Piémont qui seul avait échappé à la Réaction (19) Cfr. pour la vie et les travaux de Conestabile, G.L.

MARTELLI, Gian Carlo Conestabile délia Staffa dans Pe rusia 6, 1934, fasc. II, p. 53 et sq. G. ROSSI SCOTTI, Délia vita et degli scritti del Conte Giancarlo Conestabile, Pérouse, 1878, 45 p.

(20) Cfr. X, Ros si Scotti dans Boll. Stor. Patr., 27, 1924 , p.

413-420 .

(21) Un élève de Conestabile, Mariano Guardabassi, qui avait fouillé en I 876^en tant qu'Ispettore Provinciale degli Scavi le jardin de la paroisse de Santa Elisabetta (édi­

fice romain avec une mosaïque représentant Orphée), s'était constitué une très importante collection qu'il céda au musée en 1880. M. Guardabassi avait dressé un inventaire de sa collection. Il est conservé dans ses papiers à la Bibliothfica Augusta (ms. 2271, 15 p.).

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(26)

9

A la mort de L. Carattoli commence pour le musée une

période de dont^en fait^les signes avant-coureurs étaient déjà apparus dès 1877. La direction du musée reste vacante, le désordre s'installe dans les collections. La situation est encore aggravée par le problème de locaux trop exigus et le désir des autorités académiques de récupérer des salles afin de faire face à une population étudiante plus nombreuse.

En 1896, on décida de transférer les collections. C'est à cette occasion qu'intervint une initiative fort malheureuse dont les conséquences seront à jamais irréparables. On profi­

ta, en effet, de ce transfert dans d'autres locaux de l'Uni­

versité, pour refaire un nouveau classement selon des critères typologiques et esthétiques. Les ensembles, qui existaient, furent démantelés ; on ne tint bien souvent aucun compte des lieux de provenance, ni de la chronologie des objets ; de nom­

breuses étiquettes furent égarées, mélangées ; quantité d'ob­

jets, qu'on estimait sans valeur, furent écartés et entassés dans des réserves.

Cette situation anarchique dura près de 10 ans (22). En 1905, les autorités communales confièrent, grâce à l'interven­

tion de Antonio Sogliano qui séjournait à l'époque à Pérouse, la direction du musée à G. Bellucci. Sa premiière tâche fut de

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Les descriptions, avec estimation de la valeur des objets, sont toutefois très brèves. Guardabassi ne signale ja­

mais leur provenance. Par contre dans un autre document manuscrit Oggetti del Gabinetto di Mariano Guardabassi, ms . 225 9. 52 p, il lui arrive de préciser le lieu de la découverte et la date d'acquisition. Ce dossier mérite­

rait sans doute d'être étudié systématiquement.

(22) A. LUPATTELLI a souligné le complet abandon du musée à partir de 1890. Il était devenu, selon 1'expres sion i de l'auteur "un magazino di negoziante di antichità"

(Il mus eo..., P. 4) .

(27)

10

reconstituer un catalogue et de remettre de ;i'ordre. Il entre­

prit ensuite la publication d'un guide qui, aujourd'hui enco­

re, est fort utile et n'a toujours pas été remplacé (23).

Mais l'éternel problème des locaux n'avait pas été résolu.

Il se posait d'autant plus que G. Bellucci avait fait don à sa mort, en 1921, d'une très imposante collection d'objets préhistoriques qui avait été provisoirement rangée dans des ré­

serves.

Les autorités communales et U. Calzoni, le nouveau direc­

teur, avaient tout d'abord envisagé de transférer les deux musées (étrusco-romain et préhistorique) dans le Palazzo

Gallenga (aujourd'hui le siège de l'Università per Stranieri).

Le projet échoua pour des raisons techniques et financières.

On aménagea alors le Palazzo Donini, édifice du XVIIIe siècle qui borde le Corso Vannucci (aujourd'hui Banca Nazionale de 1 Lavoro) et, en 1938, grâce à une aide financière de la Provin­

ce et de l'Etat, on put inaugurer le musée préhistorique (24).

La seconde guerre mondiale devait briser l'élan et remet­

tre en question tous les projets. Les collections du Palazzo Donini sont mises en réserve dans les caves, déménagées à nouveau car on a besoin d'abris, celles qui étaient restées dans les locaux de l'Université subissent un sort semblable.

Ce n'est qu'en 1948 qu'intervint la décision de réunir les deux musées dans l'ancien couvent de S. Domenico où ils se trouvent encore aujourd'hui (25).

Pour terminer ce bref historique des faits les plus notoi­

res, je signalerai enfin que le 7 août 1954 (26) le Conseil

communal vota un décret qui stipulait que les deux musées locaux

(23) G. BELLUCCI, Guida..., Pérouse, 1910, 170 p., fig.

(24) Cfr. 12, 1938 et R. HORN, 53 , 1938, col. 64 1.

(25) Cfr. U. CALZONI, Le piû recenti vicende del museo archeologico di Perugia dans Boll. Stor. Patria, 43,

1946, p. 105-107 et ID, I musei civici di Perugia dans Boll. Stor. Patr., 49, 1952, p. 229-231.

(26) Cfr. une brève référence dans BA, 39, 1954, p. 382.

(28)

11

étaient cédés à l'Etat italien. La réception eut lieu en 1960, deux ans après la mort de U. Calzoni (27). Les

"musei Civici" avaient vécu, l'histoire du "museo etrusco- romano nazionale del 1 ' Umbri a" et du "museo preistoi^ico del l'Italia centrale inPerugia" commençait (28).

Il faut donc distinguer essentiellement trois phases en ce qui concerne le musée d'antiquités de Pérouse (29) : la première, qui couvre environ un siècle, est, compte tenu des conceptions muséographiques du XIXe siècle (30), prospère et plus que satisfaisante - la deuxième, qui s'étend de la mort de Carattoli à 1948, est par contre mouvementée et émaillée de déménagements nombreux qui furent, bien sûr, préju-

ciables à la conservation (31) - la troisième enfin, qui nous conduit à l'époque actuelle, se caractérise par une remise en ordre systématique et la cons ti tution de fichiers selon des cri­

tères scientifiques qui correspondent mieux aux exigences actuelles de la recherche.

(27) La collection du musée du Palazzone avait été acquise par l'Etat dès 1906 (F. PELLATI, I musei £ le

Gallerie d'Italia (con prefazione di C. RICCI), Rome, 1922, P. 278. Cfr. un guide de ce musée par E. GALLI, Perugia. Il museo funerario del Palazzone all'ipogeo dei Volumni, Pérouse, 1921, 36 p.

(28) Cfr. un guide du musée préhistorique par U. CALZONI, I1 museo preistorico dell'Italia centrale "G. Bellucci" in Perugia, 3e éd., Rome, 1971, 76 p., pl. En 1962, le musée de préhistoire était le seul d'Italie, avec ceux de Lipari et d'AncSne, à présenter des collections ordon­

nées qui pouvaient être mises à la disposition des cher­

cheurs (cfr. M. PALLOTTINO, Preistoria e protostoria dell'Umbria dans Atti I Convegno Studi Um^ri, 1964, p.

75-76.

(29) Notons que Pérouse est une des plus anciennes localités à posséder un musée communal. Avant elle, il faut citer Cortone qui eut son musée en 1750 (P. DUCATI, Il centena- rio dell'Accademia etrusca di Cortona dans Polimnia, 4, 1927 et dans Atti I Congr. intern. etrusco, Florence, 1929, p. 319 et sq), et Volterra où est fondé en 1761 le musée Guarnacci (F.H. PAIRAULT, Recherches sur quelques urnes..., p. 12).

(30) Les lettres des inscriptions étaient par exemple peintes en rouge, ce qui ne manque pas parfois de compliquer leur lecture.

Certaines urnes portent par exemple trois numéros d'inven suite page suivante

(31 )

(29)

12

2° Institution d'un cours d'archéologie en 1810.

L'Italie et l'Ombrie connurent à la fin du XVIIIe siècle de profonds bouleversements sociaux et politiques qui provoquè­

rent un changement radical des mentalités, des modes de penser et des méthodes d'enseignement. Un des apports principaux du régime français (du 5 février 1798 au 3 août 1799) fut de dé­

manteler l'enseignement encore médiéval de l'Université qui com­

prenait, comme au XlVe siècle, les facultés de théologie, de droit, de médecine, de philosophie et d'art (32). Le retour au pouvoir de la papauté (3 août 1799 au 18 mai 1809) bien que constituant un frein, ne put cependant empêcher une certaine évolution ; l'état d'esprit avait changé : ceci apparaît non seulement dans les intitulés des cours, dans la création de cours nou­

veaux mais aussi dans leur contenu (nécessité d'une adaptation aux conditions nouvelles tant culturelles que sociales). C'est dans cet esprit qu'il faut comprendre la création d'un

cours d'archéologie imposé, en quelque sorte de l'extérieur, par les importantes et nombreuses découvertes dans le territoire de Pérouse.

Dans un document rédigé par les autorités académiques, en vue de l'organisation des cours pour l'année 1809-1810, on lit, en ce qui concerne les "Belle Arti" : "s'industrierà questo lettore di erudire la gioventù nella mitologia e arte poetica, e nelle grazie e bellezze délia lingua latina". Le terme "mitologia" impliquait l'étude des monuments étrusques et romains illustrant les mythes (33).

Tout naturellement, le nouveau cours créé en 1812 (34) fut confié à G.B. Vermiglioli. Lorsque celui-ci, vieilli et

suite du rejet de la page précédente

taire différents : en noir catalogue de la fin du XIXe siècle, en rouge catalogue de G. Bellucci, en vert cata­

logue refait en 1950.

(32) G. ERMINI, Storia de 11'Università di Perugia, Florence, 1971, II, p. 631 et sqq.

(33) G. ERMINI, op. cit . , p. 798.

(34) A partir de 1823-24, il s'intitulera "Archeologia e

mitologia appïîCate aile belle arti". Il existe dans les papiers de G.B. Vermiglioli plusieurs lettres qui lui furent

suite page suivante

(30)

13

affaibli par la maladie, ne put plus assurer ses enseigne­

ments, A. Fabretti le suppléa. Son exil l'empêcha de deve­

nir titulaire, poste qui revint à G.C. Conestabile.

En 1877, à la mort de ce dernier, preuve qu'une époque était terminée, le cours est supprimé pour des raisons d'économie.

6. Rossi Scotti (35), M. Guardabassi s'efforcèrent en vain de fléchir les autorités (36).

3° Législation concernant les fouilles au XIXe siècle.

Le premier octobre 1802, le Pape Pie VII décidait de met­

tre un terme, sur l'étendue de ses Etats, au pillage et à la

suite du rejet de la page précédente.

adressées par diverses personnalités qui souhaitaient la création d'un cours d'archéologie. Voici l'extrait d'une lettre de Giovanni Ferri, recteur de l'Académie de Rome (23 avril 1812, VERMIGLIOLI, Carte 1516, p. 76) qui reflète une opinion largement répandue : "Je ne manque pas d'écrire et de répéter que l'étude des antiquités étrusques est utile et intéressante, que nulle part on n'est plus avantageusement placé pour faire cette étude qu'à Pérouse, et que cette ville possède un cabinet pré­

cieux d'antiquités de ce genre et un professeur d'archéo­

logie qui a donné des preuves de ses profondes connaissan ces .

(3,5) A. LUPATELLI, Il museo . . . , p. 23.

(36) M. GUARDABASSI, Délia istituzione di una cattedra di archeologia italica nella libéra université di Perugia, Pérouse, 1885, 19 p. Il concevait l'antiquité italique comme un complément indispensable à l'archéologie et à l'art classique grec (p. 14). Il terminait son plaidoyer par ces mots : "Vi è tutta una sérié di indigani etno- grafiche e geografiche da iniziar totalmente, vi è tutto un sistema da fondare, tutto un nuovo metodo da eserci- tare nelle escavazioni e nella custodia dei monument!, e corne potrà questo effettuarsi meglio che presso una catte dra di Archeologia italica attorno alla quale potrebbe sorgere un vero e proprio istituto ? E dove tal catte­

dra e tal istituto potrebbero meglio prosperare che in Perugia ? Tradizione, sussidi scientifici, vicinanza dei luoghi che offrono buoni risultati agli scavi, nulla mancherebbe per contribuire alla loro prospérité".

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destruction systématique des antiquités. Les prescriptions pontificales sont contenues dans un chirographe souverain (37) qu'il appartenait au Cardinal Camerlingue, à l'époque Doria Pamphili, de faire respecter.

Le document, long de dix pages, débute par un exposé des motifs : les antiquités - ce terme doit être pris au sens

large - attirent à Rome de nombreux artistes étrangers, elles fournissent du travail à une partie de la population, artis­

tes et autres, et constituent enfin un énorme trésor cultu­

rel qu'il ne peut être question de disperser, de détruire ou de malmener. Le Souverain Pontife désignait, afin de veiller à la diffusion et à la défense des Beaux-Arts, le sculpteur Antonio Canova. Les dispositions préconisées pour la sauve­

garde des oeuvres d'art et des monuments suivaient cette introduction justificative.

Un premier article interdisait, purement et simplement, l'exportation, de tout objet ou de tout fragment d'objet et de monument: antique;,. L'article deux prévoyait la même inter­

diction pour toute oeuvre peinte. Et dans l'article 3, il est insisté sur le fait que cette interdiction est applica­

ble à tous, y compris aux privilégiés du régime et aux étran­

gers résidant à Rome. Le non-respect de la loi exposait le contrevenant, qu'il soit intermédiaire, receleur ou vendeur, à une forte amende et/ou à un emprisonnement qui pouvait aller jusqu'à cinq ans. Il va sans dire que les objets illi­

citement détenus ou trafiqués étaient confisqués (art. 4).

Le commerce des objets antiques et des oeuvres d'art était toutefois admis dans les limites de l'Etat pontifical après inspection des autorités compétentes (art. 5), de même

(37) Le chirographe souverain "col quale la Santita di Nostro Signore prescrive diversi rego 1amenti sulle antichità e belle arti in Roma e nello Stato EcTclo" est conservé aux Archives de l'Etat à Rome, Camerale I, Registre 208, p. 229 verso à p. 239. Ce document n'a, à ma connais­

sance, jamais été publié ni même été signalé. Cfr.

Appendice I.A.

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qu'était autorisée l'exportation des oeuvres d'art contempo­

raines , si gnées par des artistes vivants ou non, à condition qu'elles ne soient pas exceptionnelles (art. 6). Cette res­

triction impliquait un examen préalable par une commission autorisée à laquelle il était interdit - Pie Vil faisait là preuve de psychologie - d'accepter quelque don que ce soit.

Tout manquement, toute négligence entraînait la révocation et une amende (art. 6). Les articles 7 et 8 interdisaient toute destruction, muti1ation, détérioration volontaires d'un objet antique ou d'un monument. Les articles 9 et 10 proscrivaient le trafic des oeuvres conservées dans les égli­

ses. Les parti culiers^possesseurs d'une collection, devaient dans un délai fort court (un mois à Rome), fournir un catalo­

gue complet et descriptif des objets leur appartenant. Une fois par an, au moins, un contrôle pouvait être exercé afin de voir si aucun objet n'avait été distrait pour être revendu

Le Souverain Pontife avait également prévu, le cas très fréquent, de découvertes fortuites lors de travaux di­

vers. Les pilleurs étaient soumis aux mêmes peines que les vendeurs et les acheteurs visés dans les articles précédents.

Il fallait donc, lors d'une découverte, en avertir au plus tôt les autorités compétentes. Les objets non dénoncés pou­

vaient être confisqués au profit des musées (art. 12-13).

L'article 14 revêt une importance toute particulière dans la mesure où il accorde l'autorisation à quiconque le désire, de fouiller. Il suffisait d'en faire la demande au Cardinal Camerlingue et de payer un droit. Le "fouilleur"

s'engageait à faire connaître la date du début de la campa­

gne, à accepter sur le terrain la présence d'un inspecteur des Beaux-Arts et à remettre un rapport circonstancié des découvertes éventuelles.

Enfin, pour compenser quelque peu le préjudice des per­

tes et des destructions antérieures. Pie VII décidait de favoriser l'acquisition d'objets antiques et d'oeuvres d'art

Figure

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Références

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