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Les problèmes de la granulométrie
Jean Villey
To cite this version:
LES
PROBLEMES
DE LAGRANULOMÉTRIE
Par M. JEAN VILLEY.Sommaire. 2014 Cette note signale l’importance de la notion d’effet de paroi, introduite par M. Caquot
il y a une dizaine d’années dans l’étude de la granulométrie des bétons. Non seulement elle conduit à
des corrections du pourcentage des divers éléments en fonction des dimensions du moule, mais elle fournit aussi la base d’une théorie rationnelle des mélanges de deux éléments, au moins lorsque les dimensions des deux grains sont très différentes.
La granulométrie, créée par un ingénieur français, a ainsi été complètement renouvelée par un
savant français.
On peut alors prévoir la composition d’ossatures à trois composants approximativement homogènes que l’auteur préconise pour avoir des dosages très faciles à surveiller et à maintenir invariables. Il indique les calculs simples à appliquer pour modifier à volonté la qualité et la quantité de pâte de ciment introduite dans ces ossatures, en vue d’agir indépendamment sur la résistance mécanique et
sur l’imperméabilité des bétons ainsi obtenus.
Ces questions sont envisagées ici moins pour leurs applications technologiques que pour les intéres-sants problèmes de géométrie pratique qu’elles posent.
L’effet de
paroi.
- L’étude desmélanges
granu-leux en vue de la réalisation de
compacités
élevées pour obtenir des bétonséconomiques
a étépour-suivie
pendant
delongues
années defaçon
empli-rique.
Elle apris
la forme d’une théorie rationnellelorsque
M.Caquot
y aintroduit,
il y a une dizained’années,
la notion essentielle d’effet deparoi.
Il est curieux de constaterqu’une,
notion aussisimple
ait pu,pendant
silongtemps,
ne pas retenirl’atten-tion des
ingénieurs
qui,
dans tous les pays, à lasuite du
grand
précurseur
que futl’ingénieur
français
Féret,
recherchaient les lois degranulométrie
lesplus
favorables : elle en est en effet un facteur abso-lument f ondamental .Au
voisinage
d’uneparoi
solide,
plane
ou à faiblecourbure,
limitant un milieugranuleux
homogène,
c’est-à-dire constitué de
grains
identiques
les uns auxautres,
la mise enplace
relative de cesgrains
est altérée parcequ’ils
viennent tous buter contre laparoi.
Il seproduit
ainsi,
auvoisinage
immédiatde
celle-ci,
des videssupplémentaires qui
abaissent localement lacompacité
au-dessous de la valeur normalequ’elle
atteint en milieuindéfini,
etqu’elle
retrouvepratiquement
à une distance de laparoi
égale
à unmultiple
peu élevé du diamètre moyen desgrains.
Si nous comparons deux
espèces
degrains
géomé-.
triquement
semblables,
il est clair que les volumes absolus ainsiperdus
contre l’unité de surface de laparoi
sont entre eux dans lerapport
linéaire desimilitude des deux
grains.
Dans un mouledonné,
l’altération relative de la
compacité
moyenne, par(1) Communication faite à la Société de
’Physique
le 16 mars 1945.,
rapport
à celle du milieuindéfini,
est doncpropor-tionnelle au
rapport
entre la surface S desparois
etle volume V
qu’elles
limitent,
c’est-à-direinver-sement
proportionnelle à
cettegrandeur
linéaire v
à
laquelle
une fâcheuse(2)
tradition attribue le nom de rayon moyen du moule.Cette altération relative varie
proportionnellement
à la dimension linéaire
caractéristique
desgrains
considérés. Il en résulte que, si l’on passe au cas
d’un
mélangE
degrains géométriquement
semblablesde diverses grosseurs, les
proportions qui
donnent lacompacité
maximum ne seront pas les mêmes dansle moule
qu’en
milieu indéfini,.Qualitativement,
on voit bien que, dans le
mélange
de deuxespèces
degrains,
pour combler les vides d’effet deparoi
entre les gros
grains,
il faut forcer laproportion
de
petits grains.
Les modifications
qu’il
fautapporter
ainsi auxproportions
des diverscomposants
pour avoir lacompacité
maximum deviennentimportantes quand
le
rapport
entre le diamètre desgrains
lesplus
groset le rayon moyen du moule cesse d’être
petit.
Ainsis’expliquent
desdivergences parfois
impor-tantes entre les conclusions
d’expérimentateurs qui
opéraient
avec des valeurs différentes de cerapport
sans en avoir mis en lumière le rôle essentiel.La notion d’effet de
paroi
conduit ainsi d’abord àcorriger,
en fonction des dimensions dumoule,
lescompositions
granulométriques
reconnuesoptima
en masse indéfinie.(2) C’est une terminologie malheureuse qui aboutit, par
exemple, à énoncer que le rayon moyen d’une sphère est égal
au tiers de son rayon.
273
Mails M.
Caquot
amontré,
deplus, qu’elle
permet
d’aborder,
defaçon rationnelle,
l’étudethéorique
de cesgranulométries
optima
en milieu indéfini.On
définissait jusqu’alors
defaçon
empirique
les lois degranulométrie
àemployer
pour lesbétons,
c’est-à-dire les
proportions
des éléments de diverses grosseurs que l’onmélange
ensemble pour lesconsti-tuer.
Après
avoirexpérimenté
beaucoup
demélanges,
on retenait lesmélanges
lesplus
favorables et l’ons’appliquait
à chercher desexpressions
mathéma-tiques simples capables
dereprésenter
plus
ou moinsapproximativement
lesproportions
des diversélé-ments
composants.
On a formulé ainsi des lois de
granulométries
continues sous la forme p =
f (d),
où preprésente
la fraction du volume absolu total constituée par
tous ceux des
grains
dont le diamètre est auplus
égal
à d.Les
granulométries
discontinues. - Même si l’on attribue à une telle loi degranulométrie
continue le mérite de fournir une bonnecompacité,
on obser-veraqu’elle
donne bien peu degaranties
pour laréalisation
permanente
du bon béton que l’onescompte.
Ilfaudrait,
eneffet,
surveiller enperma-nence les
dosa6es
d’un nombre infini decomposants
pour leur faire
respecter
la loi p =f (d)
choisie.Il
apparaît
doncbeaucoup plus
avantageux,
a
priori,
si l’onpeut
y obtenir de bonnescompacités,
d’utiliser des
granulométries
très discontin uescom-portant
unpetit
nombre decomposants
bien définis - doncapproximativement homogènes
--dont le
dosage
sera très facile à surveiller et àmain-tenir
permanent.
Cela ne soulève pasd’objections,
a
priori,
car un concasseurdonne,
engénéral,
unefraction
importante
de la massequ’il
absorbe sousla forme d’un élément
pseudohomogène
dont lesgrains
ont des diamètres voisins du diamètre maximum deréglage.
D’ailleurs,
si l’onpossède
des matériaux àgranulométrie
continue,
onpeut,
après
les avoir
séparés
parcriblages
en fractionsétroites,
utiliser celles-ci pour constituerparallèlement
diversmélanges
discontinus : avec lapremière,
la(n
+1 )ième
et la
(2n" +
avec ladeuxième,
la(Il
+2)sème
et la
(2n
+2)ième;
et ainsi de suite.C’est la voie dans
laquelle
ilparaît
logique
d’orienter résolument la fabrication des
bétons,
surtoutquand
on constate que d’autresavantages
importants s’y
manifestent à diverspoints
de vue.Elle est d’autant
plus
attirantequ’elle
admet descalculs assez
faciles,
alors que l’étudegéométrique
des
mélanges
où le diamètre desgrains
varie defaçon
continue estpratiquement
inabordable.Compacité
desmélanges
binaires. -Consi-dérons les
mélanges
réalisés avec deuxespèces
degrains
géométriques
semblables dans unrapport
linéaire ce’
gi
beaucoup
inférieur à l’unité. La g.courbure des gros
grains
i étant très faible vis-à-visde celle des
grains
2, onpeut
assimiler leurs surfaces à desparois
limitant le milieu 2. La notion d’effet deparoi
va alors éclairer la loi de variation de la compa-citéglobale,
c’est-à-dire du volume, absolu +~~2)
contenu dans 1 m3 du
mélange,
en fonction de laproportion
vi
des deuxcomposants.
V2
Observons ici que, dans cette
loi,
la surface s d’un grosgrain, qui règle
lespertes
imposées
auvolume
V2
par effet deparoi,
doit intervenir en mêmetemps
que son volume v, facteur essentiel duvolume
VI.
Lacaractéristique
linéaire intéressantepour définir
chaque espèce
degrains
dans la famille desgrains
géométriquement
semblables à lui est doncle rayon moyen r
= v ,
qùi
les fait intervenirimmé-.S
diatement l’une et l’autre. Nous
utiliserons,
avecM.
Caquot,
la grosseur dugrain,
définie par g = 10. r,qui
al’avantage
d’être voisine des diamètres définis par les tamis et d’éviter la malheureuse dénomi-nation de rayon moyen.On
peut
caractériserchaque mélange
par lepoint
de coordonnées
V,
etV2
sur undiagramme
car-tésien.
Pour les
composants
purs on a lespoints
A ( Vl = ~ o, V2 -= o)
et lescompacités go (en
milieuindéfini)
étant les mêmespour des éléments purs
géométriquement
semblables. Tous leursmélanges
serontreprésentés
par unecourbe continue allant de A à B.
Au
voisinage
deB,
lerapport VI
est trèspetit,
V2
les gros
grains
1 sont assezéloignés
les uns des autrespour
qu’il
n’y
ait pas de réaction mutuelle despertur-bations
qu’ils
apportent
par effet deparoi
dans le milieu 2.Alors,
si le milieu 2perd,
par unité desurface de
paroi,
le volume absolu w, ilperd
levolume s , w au contact de
chaque
gratin 1.
L’inser-tion d’ungrain
i dans le milieu 2 diminue doncV2
de et
augmente VI
de v, c’est-à-direqu’elle
augmente
lacompacité ( Vi
+V2)
deCette
expression
estpositive
parce que le volume swperdu
au contact dugrain,
qui
estbeaucoup plus
petit
que le volume propre v dugrain,
est inférieur(1- f3 0) :
ons’éloigne
donc,
parrapport
àl’origine,
au delà de la droite BAd’équation
V,
+V2
=~,.
Ondécrit, d’ailleurs,
unedroite,
car,dans la relation
le nombre N de gros
grains présents
dans 1 m3 estd’où
mais le volume w,
perdu
par lesgrains
2 contrel’unité de surface de
paroi (que
l’on sait déterminerpar des mesures de
compacité
effectuées dans deuxrécipierts cylindriques,
de rayons de courburediffé-rents)
estproportionnel
à leur rayon moyen r,on
peut
donc écrireOn obtient ainsi
c’est-à-dire que le lieu est une droite
qui
part
dupoint
B avec lapente
-(po
+koc’).
Mais,
lorsque ~1 augmente,
lesgrains
I serap-prochent
les uns des autres, et les réactions mutuellesdes
perturbations
que leurs surfacesprovoquent
dans le milieu 2 deviennent sensibles. Al’effet
deparoi
simple
que nous avonsenvisagé
ci-dessus sesuper-pose un
e f f et
deparoi
mixte,
qui
devientprépon-dérant
lorsque
les distances entre surfaces des grosgrains
1 devienrent assez faibles pour limiter entreelles des volumes inaccessibles aux
petits
grains
2.De là résulte que la diminution
imposée
àV2
parles
augmentations
deVI
devientplus importante,
parconséquent l’augmentation
de( V1-f - V2)
devientmoins
rapide.
Alors,
après
un parcours initial B}1-’pratiquement
confondu avec la droited’équation (1),
la courbe des
mélanges
de 1 et 2quitte
celle-ci. tangentiellement
et s’incurve pours’éloigner
moinsvite
qu’elle
de la droite BA(d’équation
Elle doit d’ailleurs
rejoindre
celle-ci aupoint
Aqui représente
lecomposant
1 pur, et passe, parconséquent,
en unpoint
H où latangente
estparal-lèle à la droite AB : il définit le
mélange
decompacité
maximum. La branche AH de la courbepart
deA,
avec unepente
difficile à évaluer apriori,
entre la direction AB(car
lemélange
de deuxcomposants
dé dimensionsinégales,
individuellement endésordre,
se réalise avec diminution du volume totaloccupé,
c’est-à-dire avec
augmentation
de lacompacité)
etla direction AD
d’équation
po
(car
ceux despetits grains
2qui
seglissent
dans les contacts mutuels des grosgrains
iprovoquent
une dilatation de l’ossature i, c’est-à-dire une diminution duvolume absolu
VI
présent
dans 1m3).
On
prévoit
ainsi au total une courbe AHFBd’allure
hyperbolique.
Lorsque
lerapport
de similitude ce’= g
des81
petits grains
aux grosdiminue,
lapente
de la droite BFd’équation (1)
diminue en valeur absolue.Cette droite tourne donc autour du
point
B pours’éloigner
de la direction BA. Ellearrive,
pour lalimite ce’ = o où l’effet de
paroi
devientnul,
à laposition
BDd’équation V2 == (1 - Vl)
simul-tanément la branche AH a pour limite la droiteAD,
parce que les
grains
2, infinimentpetits,
introduitsdans l’ossature ~, ne lui
imposent plus
de dilatationavant le moment où ils auront
rempli
complè-tement ses videségaux
au total à(I
-la compa-cité maximum est alors atteinte au
point
D,
avec et
V2
=(
-- (3o)
d’oùLa courbe d’allure
hyperbolique,
passant
par les deuxpoints
fixes A et B avec une courbure deplus
enplus
accentuée,
a donc pour limitée l’ensemble de,s deuxsegments
de droite BD et AD.Lorsque,
aucontraire,
oc’augmente
pour serapprocher
de la valeur I, le calcul faitplus
haut,
ensupposant
la courbure des grosgrains
négligeable
devant celle des
petits,
n’estplus
valable. Mais la courbe AHB continue à passer par lespoints
fixes Aet
B,
et il est visible par continuitéqu’elle
se tendde
plus
enplus
pour venirs’aplatir
sur la droite ABqui
est saposition
limite pour oc’ = I : lemélange
de deuxespèces
degrains géométriquement
iden-tiques
donne,
eneffet,
.lacompacité
invariableVl
+V2
=po.
Les valeurs de oc’
plus
grandes
que 1corres-pondent
à des valeurs de OE= , = g
plus petites
a.. g,
que z, ce
qui
inversesimplement
les rôles des deux axes de coordonnées. C’est legrain
1qui
devientplus petit
que legrain
2. La discussionayant
faitintervenir seulement le
rapport
des deux grosseurs, et nullement leurs valeursabsolues,
on trouvera,pour oc’ > i
(autrement
ditI)
un réseau de courbessymétriques
dupremier
parrapport
à labissectrice OC des axes de coordonnées AOB.
Variation de la
compacité
maximum enfonction de oc. - Pour mettre en évidence cette
symétrie,
il est commode desubstituer,
aupara-mètre
oc’,
leparamètre
=1 - a..:,
car on a275
autrement dit
Si l’on écrit alors la valeur de la
composante
de lacompacité
maximum
=V2
réalisée aupoint
Hsous la forme
logique
.(2)
qui
met en évidence le bénéfice dû àl’inégalité
des deuxgrains,
on voit que la fonctionf
(~)
doit êtrepaire
et doit satisfaire aux conditionsCette fonction est donc de la forme
avec la condition
L’hypothèse
laplus simple
estEn relevant les résultats de mesures de
compacités
demélanges
binairesjadis
publiés
par Leclerc duSablon,
M.Caquot
y a constaté un bon accord avec cette formulequi apparaît
au moins comme unepremière approximation.
De ces mêmes documents
expérimentaux,
il atiré,
d’autrepart,
des formules depremière
approxi-mation pour
évaluer,
en fonction durapport
desimilitude oc des deux
grains,
les volumes absolusTT !1 1 TT _ TT l /1 B /1 1 TT
qui
réalisent lacompacité
maximum.Ils sont
définis,
àpartir
de ceux relatifs au caslimite où oc’ .--- o, par une élimination de gros
grains
o)
et par une addition depetits
grains (0 V2 >
o),
pourlesquels
on obtient lesvaleurs
Mélanges
àcomposants
multiples.
- Onpeut
ensuite
prévoir
lacomposition
decompacité
maxi-mum d’un
mélange
de trois éléments si l’onadmet,
avec M.
Caquot, qu’elle
est obtenue enpartant
dumélange
decompacité
maximum des éléments I et 2,et en
appliquant
à chacun d’eux larègle
d’élimi-nation
indiquée
ci-dessus avec addition corré-lative(~V2)
du nouvel élément 3,plus petit qu’eux.
On passera de même du
mélange
ternaire de compa-cité maximum aumélange quaternaire
decompacité
maximum,
et ainsi de suite.Ces
calculs,
basés sur ledépouillement
d’un documentexpérimental
limité et sur unegénérali-sation non évidente de la
règle
de substitutionqu’il
a
fournie,
appellent
des vérifications étenduesqui
sont actuellement
engagées.
Ils ont,toutefois,
des chances de fournir au moins desapproximations
acceptables,
car des altérations notables despropor-tions modifient peu la
compacité
auvoisinage
de son maximum.’
Ils conduisent à une constatation intéressante.
Supposons
que nous voulions faire desmélanges
discontinus avec des éléments dont les grosseurs extrêmessoient 9
= I mm et G == 125 mm. Nouspourrons, en
particulier,
réaliser unmélange
ternaireavec le
rapport
de discontinuitéou un
mélange
quaternaire
avec lerapport
dediscon-tinuité
Si l’on
admet,
pour la valeur o,56, asseznor-male,
les calculs aboutissent à un vide relatif V"’du
mélange
ternaireplus
faible que le vide relatif ~’°’ dumélange quaternaire.
Onprévoit
ainsi descompacités
décroissantes à mesure que l’on élève le nombre(n
-2)
des éléments discontinusintro-duits entre les
éléments g
etG,
avec unrapport
de_a
discontinuité an-l
qui
décroîtprogressivement,
lorsque
l’on tend vers lagranulométrie
continue laplus
favorable que l’onpuisse
réaliser.Des mesures
méthodiques
decompacité
pourront
d’ailleurs contrôler ces
prévisions.
Ossatures ternaires. - Elles
conduisent,
dèsmaintenant,
à penser que les ossaturesternaires,
pourlesquelles
il est très facile de déterminerexpé-rimentalement la
composition
decompacité
maximumet de surveiller cette
composition
en cours de béton-nage, auront descompacités
au moins aussibonnes,
et vraisemblablementmeilleures,
que celles desossatures à
granulométrie
continue.Nous
ajoutprons qu’elles paraissent
apporter
unesolution
beaucoup
plus
rationnelle pour ledosage
du ciment en vue de faire varier les
qualités
et leprix
de revient du béton.Dans la
conception classique,
eneffet,
lesgrains
de ciment
interviennent,
comme lesgrains
inertes,
dans la loi degranulométrie adoptée.
Parconsé-quent,
si l’on veut vraimentrespecter
celle-ci,
le. volume absolu c des
grains
de cimentprésents
dans 1 m3
(d’où
leur masse C = 3,c)
et le volume ed’eau,
égal
auvide,qu’elle
doitremplir,
sontdeter-minés,
donc aussi lerapport j
dont on connaît leE
rôle fondamental pour
régler
la résistancemécanique
du béton.
Si l’on veut
augmenter
de AC = 3, 1 Ac la masse Cde
ciment,
ilfaudrait,
pour ne pas altérer laréparti
entre les diverses dimensions conformément à un calcul fortcomplexe
dans le cas desgranulo-métries continues. On se contente d’enlever le volume Ac des éléments inertes les
plus
petits,
ce
qui
n’estqu’une approximation.
Elle sera d’autant moinsgrossière
que les dimensions des élémentsainsi enlevés seront
plus proches
de celles desgrains
de ciment que l’on met à leurplace,
et cela contribue àjustifier,
en apparence,l’emploi
de cesgranulométries
continuescomportant
des élémentsinertes de grosseurs voisines de celles des
grains
deciment. Mais la
présence
de ces éléments inertes trèspetits
rend difficile leur enrobementsystématique
par lapâte
de ciment pure,qui
est la condition d’unebonne
imperméabilité,
et, parconséquent,
de lalongévité
du ciment. C’est là encore un autre défautde
principe
desgranulométries
continues.Dans la
conception qu’on
leur opposeici,
onréali-serait une ossature
ternaire,
à trois élémentspseudo-homogènes ;
nous entendons par là que la variationrelative des grosseurs des
grains
qui
constituent chacun d’eux restepetite
vis-à-vis durapport a
des grosseurs moyennes de deux éléments constitutifs. La grosseur duplus
petit
de ces éléments restegrande
vis-à-vis de celles desgrains
deciment,
pourpermettre
une bonneimperméabilité.
On
peut,
par une série d’essaisfaciles,
ou par lecalcul de M.
Caquot,
confirmé ou rectifié s’il y alieu à la suite des
expérimentations méthodiques
encours, déterminer les volumes absolus
V1,
V2
etV,
des trois éléments(par
mètre cubeoccupé)
qui
donnent à cette ossature la
compacité
maximumV1 + V2 +
V3 =
1- ’1). Une correction très facileà calculer reste alors à leur
apporter
en f onction dudosage
de ciment que l’on désireadopter.
Dosage
du ciment. - Pourcelui-ci,
ondispose
alors de deux
paramètres indépendants permettant
de
régler
séparément :
la résistancemécanique
parc
le
rapport % ,
qui
caractérise laqualité
de lapâte,
et
l’imperméabilité
par le volume W de cettepâte
utilisé
dans i m3 de béton.
-Le volume W doit être
supérieur
à 1?(3)
car lesgrains
de cimentprovoquent,
en seglissant
entreles
grains
inertes,
une dilatation de l’ossaturequi
aboutirait à un béton
incomplètement rempli
pour 1? = .1?. On le déterminera en choisissant l’écartement moyen que l’on désire réaliser entre les
grains
inertes pour obtenir leurparfait
enro-bement. Cela revient à
remplacer
lesgrains
réelspar des
grains
fictifs obtenus enappliquant
sur toute leur surface une couche de matièresupplé-mentaire
d’épaisseur
2. Reste à déterminerquelles
2
(3) Il est à noter que le vide. v (= eau + air) de l’ossature
mouillée est plus petit que celui que l’on mesure sur la même ossature sèche.
fractions des volumes
Vi,
V2
etV3
sont àexpulser
pour
loger
cettepâte
de ciment.La solution tout à fait correcte du
problème
granu-lométrique
qui
vise à mettre le volume maximumpossible
de matière inerte, consisterait à rechercherla
composition [,T’!,
V’_,,
V,’,,]
decompacité
maximum d’une autre ossatureternaire,
constituée avec lestrois
grains
fictifs. Si lesrapports
du volume d’ungrain
fictif augrain
réelcorrespondant
sontégaux
à(i
+(i
+(i
+r ,
l’ossature réelle devra, , F; ,
comporter
’- les volumes201320132013?
201320132013? 201320132013
de1 T- 9 1 + 1 + r J
grains
réels,
et corrélativement le volume depâte
à y introduire sera
Mais on
peut,
enpartant
de l’étudeexpérimen-tale de l’ossature de
grains réels,
déterminer unesolution
approximative,
très peu différente d’ailleurssi s est suffisamment
petit.
On
aurait,
eneffet,
une autre solutionparfai-tement correcte
si,
partant
de l’ossature réelle àcompacité
maximum(Vi, V2,
V,),
on rabotait à la surface dechaque grain
uneépaisseurs
dematière,
en vue de la
remplacer
par de lapâte.
Le nombre desgrains
dechaque
espèce
resterait lemême,
mais le volume dechaque
grain
serait diminué dans lesrapports (I
-Yil)’ (r
-"lJ2)’ (1
-’~3)’
La solutionapproximative
consistera à utiliser lesgrains
réelsen se contentant de
réduire,
dans lesrapports
ainsidéfinis,
leur volume absolu total. L’ossature seraalors constituée avec les volumes
VI (1
---n,),
V2(r -- r~2),
- ~3);
le volume depâte
à y introduire sera doncOn notera que,
si )
estpetit
vis-à-vis du rayon2
moyen r
= /
= ô
desgrains
considérés et desrayons de courbure locaux de leur
surface,
on a,très
sensiblement,
On
dispose
encore, pourrégler
la résistance méca-"7
’
nique
dubéton,
durapport E
c’est-à-dire de laproportion
de ciment et d’eau dans lapâte
dont on aainsi déterminé le volume ’B~). On ne
peut
toutefoisle choisir arbitrairement que dans un domaine de
valeurs limité par deux conditions. Il dcit être assez
grand
pour que lapâte
puredonne,
après
prise,
un matériau
imperméable
ensoi;
ildoit,
d’autrepart,
rester assez faible pourqu’elle
semélange
facilement277
surface de tous les
grains
en donnant un bétonmaniable. ’
Il semble
qu’il
yait,
apriori,
avantage
pour labonne
prise
du ciment sur lesgrains
inertes, àmouiller ceux-ci avec de l’eau cédée par la
pâte,
et, par
conséquent,
chargée
d’éléments très fins duciment,
plutôt qu’avec
de l’eau pure formant unecouche
capillaire
danslaquelle
ces mêmes élémentsauront
plus
ou moins depeine
àpénétrer
effica-cement. Cela suppose lapréparation
d’unepâte
assez
liquide puisqu’elle
contient lesquantités
d’eauqu’on
a coutume de chiffrer àpart
sous ladésigna-tion d’eau de
mouillage.
Quand
on a choisi la valeur durapport 2013
=h,
le
dosage
C du ciment se trouvedéterminé,
car e = E = hC et donnent
l’équation
J,IManuscrit reçu le 15 juin 1945.
MAGNÉTOCHIMIE
DESTAUTOMÈRES
CÉTO-LACTOLIQUES
Par MM. A. PACAULT et
BUU-HOÏ.
Laboratoire de
Chimie générale
de la Sorbonne et Laboratoire de Chimieorganique
de l’ÉcolePolytechnique.
Sommaire. 2014 Dans cette étude
nous montrons que la magnétochimie permet de déceler les struc-turcs tautomères des acides 03B3-carbonylés, d’une part, et d’autre part de substances telles que le
glucose et l’acide maléique. D’une manière générale elle permet de déterminer la structure des corps
présentant la tautomérie céto-lactolique.
Les
organiciens
saventdepuis longtemps
quela
présence
dans une molécule d’un radicaloxhy-dryle
OH en y ou a d’ungroupement
fonctionneloxygéné
danslequel
l’atomed’oxygène
estdouble-ment lié au carbone
(fonctions
aldéhydes,
cétones,acides,
esters)
entraîne des anomalies réactionnelles nombreuses. Parmi celles-ci ladisparition complète
despropriétés
particulières
desgroupements
fonction-nels est une desplus
caractéristiques.
L’exemple
leplus
connu est celui duglucose
surlequel
leréactif de Schiff est inefficace. En toute
généralité
ces anomalies
s’expliquent
si l’on admet avecJacob-son et
Stelzner [i]
et avec Bredt[2]
l’existenced’une tautomérie anneau-chaîne du
type
céto-lacto-lique représentée
par le schéma suivantAu nombre des corps
présentant
la tautomériecéto-lactolique
on doit ranger, outre les sucres Etles esters d’acides gras
halogénés
et deglycols
comme le trichloracétate de
glycol
le groupe des acides
y-carbonylés,
c’est-à-dire :1° Les acides
aliphatiques possédant
une fonctionaldéhyde
ou une fonction cétone en y ducarboxyle.
Tel est le cas de l’acide
¡3-formyl-propionique :
C02H-CH2-CH2-CHO,
de l’acidelévulique :
C02H-CH2-CH2-CO-CHs’
de l’acide de Bal-biano :C02H-CO-C(CH3)2-CH(CH3)-C02H
etde l’acide
(3-formylacrylique :
et de ses dérivés
halogénés
connus sous le nomd’acides «
mucochlorique
» et «mucobromique
».On
peut
rattracher à ce groupe les acides telsque l’acide
maléique
pourlesquels
on apostulé
depuis
longtemps
une formulecyclique.
2~ Les acides
aromatiques
isocycliques
ouhétérocycliques qui présentent
une fonctionaldéhyde
ou une fonction cétone en ortho ducarboxyle.
C’estpar
exemple
le cas de l’acideortho-phtalaldéhy-dique,
de l’acideopianique
ou des acidesortho-benzoyl-benzoïques.
Il est évident que le chimie seule est
impuissante
à résoudre leproblème
de la structure des tauto-mèrescéyo-lactoliques
car si les transformationschimiques
permettent
de se rendrecompte
de ladualité de nature de ces corps, elles ne
peuvent
fournir aucun
renseignement
sur leur structureréelle. Les réactifs