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Le domaine alpin s'est-il beaucoup contracté lors de sa tectogenèse ?
AMSTUTZ, André
AMSTUTZ, André. Le domaine alpin s'est-il beaucoup contracté lors de sa tectogenèse ? Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences. Série D, Sciences naturelles, 1966, vol. 262, p. 1414-1415
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http://archive-ouverte.unige.ch/unige:151939
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1414 — Série D G. R. Acad. Se.
Paris,
t. 262 (28mars
1966).TECTONIQUE.—Ledomaine
alpin
s'est-ilbeaucoupcontractélors de satectogenèse?Note de M. ANDRÉ AMSTUTZ,
présentée par
M.Pierre Pruvost.
Dans
la littérature
géologiqueonremarque
quelques réflexionset
quelqueschiffres
très curieux
à propos descontractions transversales
quiont pu
s'effectuer lors dela formation
des Alpes.Pour J.
Cadisch,par
exemple, la chaîne alpine a subi unecontraction, un rétrécissement transversal,
de 48°km
( 4)avant
deprésenter
salargeur
actuelle, qui
est
en moyenne proche dei5o
km.De même,
pour J.
Debelmaset
M. Lemdine,la
chaîne alpines'est
formée avecun rétrécissement transversal
énorme; le « coefficient decontraction
Ȏtant
de 2pour
la zoneexterne, io pour la
zonesub-briançonnaise,
5pour
la zonebriançonnaise,et
4 ou 5pour la
zonepiémontaise
(-).Mais en
regard
de ces nombreset
decette
conception, ilimporte
de considérer cequi
suit.1. Les diastrophism.es
créateurs
dela
chaîne alpineont
étésurtout
dessubductions
cisaillantes (phénomène primordial) suiviesd'écoulement
(phénomène complémentaire et amplificateur) dans les dépressions ou fosses
longitudinales
crééespar
lessubductions
elles-mêmes. Or, cessubductions engendrent
des laminageset
desétirements
au-dessous dela
surface principale de cisaillement, avec schistosité parallèle àcette
surface,et
des compressions au-dessus decette
surface, aveccréation
d'écaillés, plis, froncements. On a donc,d'une part,
desétirements et
descontractions qui
se compensent engrande partie, et d'autre part
unetrès grande
ampli-fication
de cesnappes embryonnaires par
la formation d'une fosseau
bord du cisaillement,par
Vélévation des masses sises au-dessus du cisaillement,et consécutivement par l'écoulement
de ces masses danscette
fosse.Tout
ceci avec une
contraction relativement
faiblepar rapport
àl'extension
finale de
la nappe.
(3)2.
En traçant
une dizaine de coupesau travers
dela croûte terrestre,
dans le segment Ossola-Tessin,
pour représenter
une dizaine destades du
mécanisme orogéniqueet
des causes profondes dela formation
des Alpes telle que jela
conçois,j'ai
dûnaturellement
réfléchirbeaucoup aux
épais- seurs probables du sialet
du sima dans les diverses zones alpines,et je
suisarrivé
àla
conclusionsuivante.
Versla
fin dela tectogenèse
alpine,avant
les derniers
ajustements isostatiques
(quiont
commencé dans les zones penniquesbien avant cette
fin), le bourrelet sialiqueavait
probablement 60-70km
de profondeur, 65 en moyenne, dans le segment Ossola-Tessin,et
une profondeur proche de 80km
dans les segments contigus,valaisan-
G. R. Acad. Se.
Paris, t.
262 (28mars
1966). Série D — 1415valdotain et
grison. Avecun rétrécissement transversal
du domaine paléo- géographiquealpin variant
de 20 à 3o %,et
unesédimentation
mésozoïque moinsabondante
dans TOssola-Tessin que dans les segments contigus,ces chiffres
paraissent s'équilibrer tout
àfait
bien, comme on leverra
dans une planche àparaître bientôt.
3. Les nombres de Cadisch
et
dé Debelmas-Lemoineimpliqueraient logiquement, pour la
tectogenèse alpine,un bourrelet
sialiqued'épaisseur
tout autre. En admettant pour
le sialdu
domaine alpininitial
(aprèsla pénéplainisation
de Torogène hercynien) une épaisseur compriseentre 4°
et
20 km, disons 3o en moyenne, onserait
amenépar
le « coefficient decontraction
» de Cadisch à un bourrelet sialique profondd'au
moins 200km (correspondant"à
une épaisseurthéorique
moyenne de 3oX4>2=
126km
pour toute la largeur
du domainealpin
actuel). Avec les «contractions
»de Debelmas-Lemoine, la profondeur du bourrelet sialique
atteindrait
100à
170km
de profondeur. (")Les géophysiciens
apprécieront la vraisemblance
de cesprofondeurs
de
bourrelet
sialique, profondeursdécoulant
des nombres queje récapitule
dans letableau
ci-dessous.L L* .- R R% C
. B.S.
Pour J.Cadisch (GéologiederschweizerAlpen,p.287) 630 — 150 = 480 76% 4,2 200
rmin: 325 — 145 = 180 55% 2,24 100
Pour Debelmas-Lemoine (informationfique, janv-fév.1964)scienti- J[moy:max: 550437 —— 165155 == 385 70%282 65% 3,332,8 170150
Pour A.AmstUtz, en moyenne 200 — 150 = 50 25% 1,33 65-80
L: largeur-du domaine initial, en km
L': largeur actuelle, en km
R: rétrécissement, en km R%: rétrécissement en %
C: « coefficient de contraction»
B.S.: prof, bourrelet sialique correspondant, en km
(') Géologie der schweizer Alpen, p. 287.
(2) Structure tectonique et évolution paléogéographique de la chaîne alpine d'après les travauxrécents; dans L'informationscientifique, janvier-février 1964.
(3) Rappelonsici la façon magistrale dont M. Gignoux a traité, en ig48, les écoulements par gravité (Bull. Soc. géol. Fr.) et ajoutons maintenant ce qu'on n'avait pas encore
compris à cette époque : la causeprimordialede ces écoulements réside dansles subductions cisaillantes obliques qui dérivent d'entraînement par lescourants subcrustaux. Etrappelons aussi que le néologisme subduction a été approuvé et trouvé heureux par M. Gignoux
en ig52, au Congrès d'Alger.
(4) Le déroulementdes plis et l'emploi du curvimètrepeuvent conduireà detels nombres, à de telles conclusions, lorsqu'on ne se rend pas compte du rôle des subductions et de leurs écoulements subséquents dans la fosse créée par les subductions elles-mêmes.