SEMAINE 7
ESPACES VECTORIELS NORM ´ES, PARTIES CONVEXES EXERCICE 1 :
SoitE =C [0,1],IR
le IR-espace vectoriel des applications continues de [0,1] vers IR, muni de la normeN∞ :
N∞(f) = max
x∈[0,1]|f(x)|. Soitg∈E. Pour toute fonctionf deE, on poseNg(f) =N∞(f g).
1. Donner une condition n´ecessaire et suffisante sur la fonction g pour que Ng soit une norme surE.
2.Dans ce cas, `a quelle condition surgles normes Ng etN∞ sont-elles ´equivalentes ? - - - -
Dans tout l’exercice, on noteraZg={x∈[0,1]|g(x) = 0} l’ensemble des z´eros deg.
1.L’ axiomeNg(λf) =|λ|Ng(f) et l’in´egalit´e triangulaire sont toujours v´erifi´es. Le seul probl`eme vient de l’axiome de s´eparationNg(f) = 0 =⇒f = 0.
•SiZ◦g6=∅ (il existe un intervalle non trivial sur lequelgest la fonction nulle), alorsNgn’est pas une norme : en effet, soit a∈Z◦g, on peut supposer a6∈ {0,1}, il existeε >0 tel que [a−ε, a+ε]⊂Zg ; on peut trouver une fonctionf deE diff´erente de la fonction nulle mais qui est nulle en dehors du segment [a−ε, a+ε] (consid´erer une fonction continue qui fait un “pic” ena), on a alorsf 6= 0 mais f g= 0, doncNg(f) =N∞(f g) = 0, ce qui contredit l’axiome de s´eparation.
•Si
◦
Zg=∅, montrons queNg est une norme. Sif ∈E v´erifieNg(f) = 0, alorsf g= 0 doncf est nulle en tout point de [0,1]\Zg. Mais [0,1]\Zg est dense dans [0,1] et f est continue sur [0,1], doncf est la fonction nulle (tout point de (0,1] est limite d’une suite de points o`u la fonctionf est nulle).
En conclusion,Ng est une norme surE si et seulement si
◦
Zg=∅.
2.• Si la fonctiong ne s’annule pas sur [0,1], alors il existe deux r´eels strictement positifs met M tels que
∀x∈[0,1] m≤ |g(x)| ≤M .
On a alors m·N∞(f)≤Ng(f)≤M ·N∞(f) pour toutf ∈E et les normesN∞ et Ng
sont ´equivalentes.
• Si la fonctiong s’annule en au moins un pointade [0,1] (on suppose adiff´erent de0et de 1 pour r´ediger ce qui suit, mais il est facile d’adapter la d´emonstration...) , donnons-nous ε >0, il existeα >0 (α <min{a,1−a}) tel que
∀x∈[a−α, a+α] |g(x)| ≤ε .
Soit f une fonction nulle en dehors de l’intervalle [a−α, a+α], affine sur chacun des intervalles [a−α, a] et [a, a+α], prenant la valeur 1 au point a. On a alors N∞(f) = 1 et Ng(f) =N∞(f g)≤ε. Comme εpeut ˆetre choisi arbitrairement petit, les normes Ng et N∞ ne sont pas ´equivalentes.
En conclusion, les normes Ng et N∞ sont ´equivalentes si et seulement si la fonction g ne s’annule pas.
EXERCICE 2 :
1.Montrer que l’ensemble des matrices diagonalisables deMp(C) est dense dans cet espace.
2. Soit P = Xp+ap−1Xp−1+· · · +a1X +a0 ∈ C[X] un polynˆome normalis´e de degr´e p.
Montrer que les racines de P sont toutes dans le disque ferm´eD de centre 0 et de rayon R= max{1, pM}, avecM = max
0≤i≤p−1|ai|.
3.En d´eduire que l’ensemble des polynˆomes de degr´epnormalis´es et scind´es sur IR est un ferm´e de IRp[X].
4.Quelle est l’adh´erence, dansMp(IR), de l’ensemble des matrices diagonalisables ? - - - -
1. SoitA ∈ Mp(C) une matrice quelconque. On peut la trigonaliser : A=P T P−1 avecP in- versible etT triangulaire sup´erieure, notonsλ1,· · ·,λp les coefficients diagonaux de la ma- triceT (valeurs propres deA). Pour toutn∈IN∗, soit la matriceDn = diag
1 n,2
n,· · ·,p n
. Alors, pour n assez grand, les λi + i
n (1 ≤ i ≤ p) sont distincts : en effet, l’´egalit´e λi+ i
n = λj+ j
n avec i 6= j ne peut se produire si λi = λj et entraˆıne n ≤ p−1
|λi−λj| si λi 6=λj. Pour n assez grand, la matrice T +Dn est donc diagonalisable, donc aussi la matriceAn =P(T+Dn)P−1 et, comme lim
n→∞Dn = 0, on aA= lim
n→∞An.
2. Soitz∈C tel que P(z) = 0. Il faut montrer que|z| ≤1 ou |z| ≤pM. Si on suppose|z|>1, alors, dezp=−(ap−1zp−1+· · ·+a0), on d´eduit|zp| ≤ |ap−1| |zp−1|+· · ·+|a0| ≤pM|z|p−1 puisque |zk| ≤ |zp−1|pourk≤p−1, donc|z| ≤pM.
3.Soit (Pn) une suite de polynˆomes normalis´es de degr´epscind´es sur IR, notons Pn=Xp+a(n)p−1Xp−1+· · ·+a(n)1 X+a(n)0 .
Sur l’espace IRp[X], de dimension finie, les normes sont toutes ´equivalentes, choisissons par exemple la norme N d´efinie par N(P) = max
0≤i≤p|ai| si P =
p
X
i=0
aiXi. La convergence de la suite (Pn) vers un certain polynˆomeP =
p
X
i=0
aiXi´equivaut `a la condition : lim
n→∞a(n)i =ai pour touti∈[[0, p]].
Supposons donc la suite (Pn) convergente versP =
p
X
i=0
aiXi dans IRp[X]. On a doncap= 1 et le polynˆomeP est normalis´e. Par ailleurs, lespsuites a(n)i
n∈INsont convergentes, donc sont born´ees (et ont bien sˆur une borne commune) : soit M ∈IR∗+ tel que|a(n)i | ≤M pour tout i∈[[0, p−1]] et pour tout entiern. Les z´eros complexes des polynˆomes Pn sont alors tous dans le disque ferm´eD d´efini dans la question 2. Pour tout entier natureln, notons Zn = (z1(n),· · ·, zp(n)) une liste des z´eros (suppos´es r´eels) du polynˆomePn pris dans un ordre
arbitraire, mais bien sˆur compt´es avec leurs multiplicit´es. La suite (Zn) est `a valeurs dans le compact [−R, R]p de IRp, donc admet une suite extraite (Zϕ(n)) convergente, de limite Z = (z1,· · ·, zp) :zi= lim
n→∞zi(ϕ(n)) pour touti∈[[1, p]].
Pour tout n, le polynˆomePn se factorise enPn =
p
Y
i=1
(X−zi(n)). En passant `a la limite (les coefficients d’un polynˆome sont fonctions continues des racines puisque ce sont les fonctions sym´etriques ´el´ementaires de ces racines), on obtient, dans IR[X],
P = lim
n→∞Pϕ(n)=
p
Y
i=1
(X−zi), donc le polynˆomeP est scind´e sur IR.
On a ainsi prouv´e que l’ensemble des polynˆomes normalis´es de degr´ep et scind´es sur IR est ferm´e dans IRp[X].
4.R´eponse : c’est l’ensemble des matrices trigonalisables. En effet,
• si une matriceA ∈ Mp(IR) est trigonalisable sur IR, on peut l’approcher par des matrices diagonalisables en reprenant le raisonnement de la question1.
• si A ∈ Mp(IR) est limite d’une suite (An) de matrices diagonalisables, les coefficients du polynˆome caract´eristique d’une matrice d´ependant continˆument de ses coefficients, on a χA = lim
n→∞χAn ; comme chaque χAn est scind´e sur IR et normalis´e de degr´e p(bon, au signe pr`es...), le polynˆomeχA l’est aussi d’apr`es la question3., doncAest trigonalisable.
EXERCICE 3 :
SoitE un C-espace vectoriel de dimension finie, soitu∈ L(E), soitN une norme surL(E).
D´eterminer lim
n→∞ N(un)
n1
.
- - - -
1. Si N1 et N2 sont des normes sur L(E), elles sont ´equivalentes : cN1 ≤ N2 ≤ c0N2 avec 0< c < c0. Si on obtient lim
n→∞ N1(un)
n1
=l∈IR+, alors, des in´egalit´es c
n1
N1(un)
1n
≤ N2(un)
1n
≤c0
n1
N1(un)
n1
, il r´esulte aussi lim
n→∞ N2(un)
n1
=l. Il suffit donc de faire le calcul pour une norme N (en esp´erant trouver une limite), choisissons d´esormais pour N la norme subordonn´ee `a une certaine normek · ksurE.
2.Soitλune valeur propre deu, soitx∈E un vecteur propre associ´e. On a alors un(x) =λnx, donc kun(x)k
kxk = |λ|n et N(un) ≥ |λ|n pour toutn . On en d´eduit que, pour toutn
entier naturel, N(un)
n1
≥ρ(u), o`u ρ(u) = max
λ∈Sp(u)|λ| (rayon spectraldeu).
3.Supposonsudiagonalisable, soit (e1,· · ·, ed) une base de diagonalisation, soientλ1,· · ·,λdles valeur propres associ´ees. Six=x1e1+· · ·+xded, alors
kun(x)k=
d
X
i=1
λnixiei
≤
d
X
i=1
|λi|n|xi| keik ≤M ρ(u)n
d
X
i=1
|xi|
! ,
avec M = max
1≤i≤dkeik. Les normes sur E ´etant ´equivalentes, etx =
d
X
i=1
xiei 7→
d
X
i=1
|xi| en
´
etant une, il existe une constante M0 telle que
∀x∈E ∀n∈IN kun(x)k ≤M0 ρ(u)n
kxk, doncN(un)≤M0 ρ(u)n
pour toutnet, d’apr`es la minoration obtenue en2., on a ρ(u)≤ N(un)
n1
≤M0
n1
ρ(u), donc lim
n→∞ N(un)
1n
=ρ(u).
4.Soitu∈ L(E) quelconque, utilisons la d´ecomposition de Dunfordu=δ+ν, avecδdiagonali- sable etν nilpotent qui commutent. Soitrl’indice de nilpotence deν (νr−16= 0 etνr= 0).
Pour n > r, on a un=
r
X
k=0
Cnkδn−kνk=δn−r
r
X
k=0
Cnkδr−kνk, donc
N(un) ≤ N(δn−r)
r
X
k=0
CnkN(δr−kνk)
≤ α
r
X
k=0
Cnk
!
N(δn−r)≤α(r+ 1)nrN(δn−r)
en posant α= max{N(δr−kνk) ; 0≤k≤r}. On a utilis´e le fait que la norme N v´erifie N(uv) ≤ N(u)N(v) pour tous endomorphismes u et v, et on a major´e (grossi`erement) Cnk= n(n−1)· · ·(n−k+ 1)
k! parnr pourk≤r.
Or, d’apr`es 3., on a lim
n→∞ N(δn−r)
n−r1
= ρ(δ) =ρ(u) car uet δ ont les mˆemes valeurs propres, donc
N(δn−r)
n1
=
"
N(δn−r)
n−r1 #1−
nr
n→∞−→ ρ(u).
On a donc lim
n→∞
α(r+ 1)nrN(δn−r)
n1
=ρ(u) et l’encadrement ρ(u)≤ N(un)
1n
≤
α(r+ 1)nrN(δn−r)
n1
permet de conclure que lim
n→∞ N(un)
n1
=ρ(u).
EXERCICE 4 :
1.SoitE un IR-espace vectoriel, soitN :E→IR+ une application telle que
• ∀x∈E N(x) = 0 ⇐⇒ x=OE ;
• ∀x∈E ∀λ∈IR N(λx) =|λ|N(x) ;
• l’ensembleB ={x∈E|N(x)≤1} est convexe.
Montrer queN est une norme surE.
2.SoitEun IR-espace vectoriel de dimension finie, soitKune partie deE. Montrer l’´equivalence entre les assertions(1)et(2)ci-dessous :
(1):K est compact, convexe, sym´etrique par rapport `a 0E, et 0E est int´erieur `a K; (2): il existe une normeN surE pour laquelleKest la boule unit´e ferm´ee :
K={x∈E|N(x)≤1}.
Source : Fran¸cois ROUVI `ERE, Petit guide de calcul diff´erentiel, ´Editions Cassini, ISBN 2-84225- 008-7
- - - -
1. Il suffit de prouver l’in´egalit´e triangulaireN(x+y)≤N(x) +N(y). Si x= 0E ouy = 0E, c’est ´evident. Sinon, consid´erons les vecteurs unitaires associ´es, c’est-`a-direu= x
N(x) ∈B et v= y
N(y) ∈B et posonsw= x+y
N(x) +N(y). Alorsw∈B carB est convexe et w= N(x)
N(x) +N(y)u+ N(y) N(x) +N(y)v , doncN(w)≤1, soitN(x+y)≤N(x) +N(y).
2. Tout d’abord, l’espace E ´etant de dimension finie, il admet une unique topologie d’espace vectoriel norm´e, les notions de “compact” et d’“int´erieur” mentionn´ees dans l’assertion(1) ont donc un sens intrins`eque, c’est-`a-dire ind´ependant du choix d’une norme, ce qui rassure.
• Montrons(2)=⇒(1):
Si K={x∈E|N(x)≤1}, o`u N est une norme sur E, alors . K =N−1 [0,1]
est ferm´e born´e donc compact (dimension finie),
. K est convexe grˆace `a l’in´egalit´e triangulaire : six∈K,y∈K,λ≥0,µ≥0,λ+µ= 1, alors
N(λx+µy)≤N(λx) +N(µy) =λN(x) +µN(y)≤λ+µ= 1, doncλx+µy∈K;
. K est sym´etrique par rapport `a 0E carN(−x) =N(x) ; .
◦
K={x∈E|N(x)<1} est un voisinage de 0E inclus dans K, et 0E est int´erieur `a K.
• Montrons(1)=⇒(2):
Pour toutx∈E, posonsI(x) ={k∈IR∗+|kx∈K}.
. six= 0E, alorsI(0E) = IR∗+et on poseN(0E) = 0 ; . six6= 0E, alors
-I(x) est non vide car 0E est int´erieur `aK donc, sik · krepr´esente une quelconque norme sur E, K contient une boule ferm´ee de centre 0E et de rayon r > 0 pour cette norme et
r
kxk ∈I(x) puisque r
kxkx∈K:
-I(x) est major´e, sinonK ne serait pas born´e donc pas compact.
Posons alorsN(x) = 1
supI(x)∈IR∗+.
Remarquons que, de la convexit´e de K et de 0E ∈ K, il r´esulte que I(x) est un inter- valle qui est soit i
0, 1 N(x)
h , soit i
0, 1 N(x)
i
. Mais I(x) est un ferm´e relatif de IR∗+ car c’est l’image r´eciproque de K par l’application continue IR∗+ → E, k 7→ kx. Finalement, I(x) =i
0, 1 N(x)
i .
On a bien alorsK={x∈E|N(x)≤1} puisque
N(x)≤1 ⇐⇒ supI(x)≥1 ⇐⇒ 1∈I(x) ⇐⇒ x∈K .
L’application N ainsi d´efinie va de E vers IR+ et v´erifie l’axiome de s´eparation N(x) = 0 ⇐⇒ x= 0E.
Si x∈E etλ∈IR, alorsN(λx) =|λ|N(x) : - c’est ´evident six= 0E ouλ= 0 ;
- six6= 0E et λ >0, cela r´esulte dek∈I(λx) ⇐⇒ λk∈I(x) ;
- six6= 0E et λ <0, cela r´esulte de la sym´etrie deK par rapport `a 0E. Enfin, l’in´egalit´e triangulaire r´esulte de la question 1.
EXERCICE 5 :
1.Soientx1,. . .,xk des ´el´ements de IRn, aveck > n+ 1. Montrer l’existence de r´eelsa1,. . .,ak
non tous nuls tels que
k
X
i=1
ai= 0 et
k
X
i=1
aixi= 0. (*)
2. Th´eor`eme de Carath´eodory.SoitAune partie de IRn. On noteE(A) l’enveloppe convexe de A (“plus petit” convexe contenant A : c’est l’ensemble des barycentres `a coefficients positifs des familles finies de points de A). Montrer que tout point deE(A) est barycentre
`
a coefficients positifs d’une famille den+ 1 points de A.
3. Th´eor`eme de Helly.SoientA1,A2,. . .,Ak des parties convexes de IRn, aveck > n+ 1. On suppose que toute sous-famille den+ 1 parties choisies parmiA1,. . .,Ak a une intersection non vide.
D´emontrer que
k
\
i=1
Ai6=∅.
Source : Marcel BERGER, G´eom´etrie 2, ´Editions Nathan, ISBN 209 191 731-1.
- - - - 1.L’applicationF : IRk →IR×IRn d´efinie par F(a1, . . . , ak) =
k X
i=1
ai,
k
X
i=1
aixi
est lin´eaire et ne peut ˆetre injective, compte tenu des dimensions des espaces de d´epart et d’arriv´ee.
2. Soit xun ´el´ement de E(A). On peut ´ecrire x=
k
X
i=1
λixi aveck ∈ IN∗, lesxi appartenant `a A, lesλi ´etant des r´eels positifs ou nuls tels que
k
X
i=1
λi= 1 (xest barycentre `a coefficients positifs d’une famille dekpoints deA).
Supposonsk > n+ 1 et prouvons quexest barycentre `a coefficients positifs d’une sous-famille stricte de (x1, . . . , xk), ce qui ach´evera la d´emonstration.
Soient a1, . . ., ak des r´eels non tous nuls v´erifiant (*), l’un au moins desai est strictement positif. Posons alors
C= min λi
ai
; i∈[[1, k]], ai>0
.
De
k
X
i=1
aixi= 0, on d´eduit que x=
k
X
i=1
(λi−Cai)xi. On v´erifie que les coefficientsλi−Cai
sont positifs ou nuls et que leur somme vaut 1 (cons´equence de
k
X
i=1
ai = 0) ; mais l’un au moins de ces coefficients est nul, ce qui prouve que xest barycentre `a coefficients positifs dek−1 points deA.
Cons´equence. SiAest compact, alorsE(A) est compact : en effet, l’ensemble K={(λ1, . . . , λn+1)∈(IR+)n+1|
n+1
X
i=1
λi= 1}
est un compact de IRn+1etE(A) est l’image du compactK×An+1par l’application continue (λ1, . . . , λn+1), x1, . . . , xn+1
7→
n+1
X
i=1
λixi.
3. Montrons d’abord le r´esultat suivant : si k > n+ 1, siA1,A2, . . ., Ak sont des convexes de IRn tels quek−1 quelconques d’entre eux aient une intersection non vide, alors
k
\
i=1
Ai6=∅.
Pour cela, choisissons unxi∈\
j6=i
Aj pour touti∈[[1, k]].
Soient a1,. . .,ak des r´eels non tous nuls v´erifiant(*). Posons
I={i∈[[1, k]]|ai≥0} et J = [[1, k]]\I={j∈[[1, k]]|aj<0}. On a X
i∈I
aixi =−X
j∈J
ajxj. Posonss=X
i∈I
ai=−X
j∈J
aj (on as >0).
Soit enfin x=1 s
X
i∈I
aixi= 1 s
X
j∈J
(−aj)xj.
Alors xest barycentre `a coefficients positifs desxi, i∈ I. Or, si on fixe un indice j ∈J, alors ∀i∈I xi∈Aj ; commeAj est convexe, on en d´eduit que x∈Aj et ceci pour tout j∈J.
De mˆeme, x est barycentre `a coefficients positifs des xj, j ∈ J. Or, si on fixe un indice i∈I, alors ∀j∈J xj ∈Ai ; commeAi est convexe, on en d´eduit quex∈Ai et ceci pour tout i∈I.
Finalement, x∈
k
\
i=1
Ai.
Soit maintenantk > n+ 1 et soientA1,. . .,Ak des parties convexes de IRn tels que toute sous- famille den+ 1 parties ait une intersection non vide. On en d´eduit que toute sous-famille den+ 2 parties a une intersection non vide, puis toute sous-famille den+ 3 parties... Bref, par une r´ecurrence finie, on montre que la famille (A1, . . . , Ak) a une intersection non vide.
EXERCICE 6 :
Soit E un espace euclidien, soit A une partie de E. On dit qu’un hyperplan affine H est un hyperplan d’appuideAsiH∩A6=∅et si la partieAest enti`erement contenue dans l’un des deux demi-espaces ferm´es d´elimit´es parH.
Dans la suite de l’exercice,C est un convexe ferm´e non vide deE.
1. Soita∈E\C. Montrer qu’il existe un unique point xdeC tel que kx−ak =d(a, C) (le point xest appel´e leprojet´e de a sur C). Montrer qu’il existe un hyperplan d’appui de C passant parx.
2. Soitxun point de la fronti`ere du convexeC. Montrer que, par le point x, il passe au moins un hyperplan d’appui.
Source : Marcel BERGER, G´eom´etrie 2, ´Editions Nathan, ISBN 209 191 731-1.
- - - - 1.•Posonsδ=d(a, C) = inf
c∈Ckc−ak. Il existe alorsc∈Ctel quekc−ak ≤δ+ 1. En notantB la boule ferm´ee de centreaet de rayonδ+ 1, il est clair queδ= inf
c∈Ckc−ak= inf
c∈C∩Bkc−ak.
CommeC∩B est ferm´e born´e, c’est un compact, donc cette borne inf´erieure est atteinte (comme la tarte), ce qui prouve l’existence d’un ´el´ementxdeC tel qued(a, C) =kx−ak.
•Supposons que deux points distinctsxetydeCr´ealisent ce minimum :kx−ak=ky−ak=δ.
Posonsz=x+y
2 . CommeCest convexe, on a z∈C, mais kz−ak=
x+y 2 −a
=1 2
(x−a) + (y−a) <1
2 kx−ak+ky−ak
=δ (l’in´egalit´e est stricte car le cas d’´egalit´e signifierait que les vecteurs−→
ax=x−aet−→ ay=y−a sont colin´eaires et de mˆeme sens, donc ´egaux puisqu’ils ont la mˆeme norme, donc quex=y), on a ainsi obtenu une absurdit´e. Cela prouve l’unicit´e du “projet´e deasur le convexe ferm´e C”. Ce projet´exappartient bien sˆur `a la fronti`ere deC.
•Montrons que ∀c∈C (x−a|x−c)≤0. En effet, sic∈C, le segment [x, c] est inclus dans C, donc ∀λ∈[0,1] (1−λ)x+λc∈C, donc
∀λ∈[0,1]
(1−λ)x+λc−a
2≥ kx−ak2=δ2 ou encore
∀λ∈[0,1]
(1−λ)(x−a) +λ(c−a)
2≥ kx−ak2=δ2 (bref, on prend acomme origine). En d´eveloppant, on obtient
∀λ∈[0,1] λ2kc−ak2+λ(λ−2)kx−ak2+ 2λ(1−λ) (x−a|c−a)≥0.
Notons f(λ) le premier membre de l’in´egalit´e ci-dessus, la fonction f : [0,1] → IR est d´erivable (c’est un polynˆome du second degr´e), on a f(0) = 0 et f(λ) ≥ 0 pour tout λ∈[0,1], donc f0(0)≥0, ce qui donne
−2kx−ak2+ 2(x−a|c−a)≥0, ou encore (x−a|c−x)≥0.
Notons alorsH l’hyperplan affine passant parxet de vecteur normal−→ ν =−→
ax=x−a. Les deux demi-espaces ferm´es d´elimit´es par cet hyperplan sont
E+={c∈E|(−→ xc|−→
xa)≥0}={c∈E|(c−x|a−x)≥0} et E−={c∈E|(c−x|a−x)≤0}
(le premier contenant le point a). On a prouv´e que C ⊂ E−, donc H est un hyperplan d’appui deC.
2.Soitx∈Fr(C) (fronti`ere deC), alorsx6∈C, donc◦ xappartient `a l’adh´erence du compl´ementaire E\C ; il existe donc une suite (an) de points deE\C convergeant versx. Notonsxn le projet´e du pointansur le convexeCet posons−→
νn =
−−−→anxn
k−−−→
anxnk = xn−an
kxn−ank. Pour tout entier natureln, l’hyperplanHnpassant parxnet de vecteur normal−→
νnest un hyperplan d’appui deC, donc
∀c∈C ∀n∈IN (−→
xnc|−→
νn) = (c−xn|−→
νn)≥0. (*)
On a lim
n→+∞xn = x car kxn −xk ≤ kxn −ank+kan −xk et lim
n→+∞kan−xk = 0 et kxn−ank=d(an, C)≤ kan−xk −→
n→∞ 0. La suite (−→
νn), `a valeurs dans la sph`ere unit´e (compacte) admet une valeur d’adh´erence −→
ν = lim
n→+∞
−−−→νϕ(n). En passant `a la limite dans (*)suivant l’extractionϕ, on obtient
∀c∈C (−→ xc|−→
ν) = (c−x|−→ ν)≥0, donc l’hyperplan H passant parxet de vecteur normal−→
ν est un hyperplan d’appui deC passant parx.