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1.1 D´ efinition, crit` ere d’existence et discussion sur la non-unicit´ e

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Texte intégral

(1)

L.E.G.T.A. Le Chesnoy TB2−2011-2012

D. Blotti`ere Math´ematiques

Chapitre XI

Calcul int´ egral

Table des mati` eres

1 Primitives 2

1.1 D´efinition, crit`ere d’existence et discussion sur la non-unicit´e . . . 2

1.2 Primitives des fonctions usuelles . . . 3

1.3 Primitives et lin´earit´e . . . 3

1.4 Primitives et composition . . . 4

2 Int´egration des fonctions continues 5 2.1 Int´egrale d’une fonction continue entre deux points . . . 5

2.2 Interpr´etation g´eom´etrique de l’int´egrale d’une fonction continue . . . 5

2.3 Propri´et´es de l’int´egrale d’une fonction continue . . . 7

2.4 Int´egrations par parties . . . 8

2.5 Int´egration par changement de variable . . . 8

2.6 Int´egrale fonction de sa borne sup´erieure−cas continu . . . 9

2.7 Sommes de Riemann . . . 10

2.8 Formule de Taylor avec reste int´egral . . . 11

3 Int´egration des fonctions continues par morceaux 12 3.1 Fonctions continues par morceaux . . . 12

3.2 Int´egrale d’une fonction continue par morceaux entre deux points . . . 14

3.3 Propri´et´es de l’int´egrale d’une fonction continue par morceaux . . . 14

3.4 Int´egrale fonction de sa borne sup´erieure−cas continu par morceaux . . . 16

(2)

1 Primitives

1.1 D´ efinition, crit` ere d’existence et discussion sur la non-unicit´ e

D´efinition (primitive d’une fonction) :SoitIun intervalle r´eel et soitf:I→Rune fonction. Une primitive def surI est une fonctionF:I→Rtelle que :

F est d´erivable surI et

∀x∈I, F(x) =f(x).

Exemple 1 :Soit la fonction

f : R → R

x 7→ x+ 1.

Alors la fonction

F : R → R

x 7→ x2 2 +x

est une primitive def surR. En effet,F est d´erivable sur R(fonction polynˆome) et pour toutx∈R,F(x) = f(x). Plus g´en´eralement, on v´erifie, pour toutK∈R, la fonction

F+K : R → R

x 7→ x2

2 +x+K est aussi une primitive def surR.

Th´eor`eme 1 (forme g´en´erale des primitives d’une fonction sur un intervalle, `a partir d’une) :Soit I unintervaller´eel et soitf:I→Rune fonction. On suppose quef admet une primitiveF0 surI.

1. Pour toutK∈R, la fonction

F0+K : R → R

x 7→ F0(x) +K est une primitive de f surI.

2. R´eciproquement, si F est une primitive de f surI, alors il existe K∈Rtel que :F =F0+K.

⋄ Preuve du th´eor`eme 1 :Ce th´eor`eme repose de fa¸con essentielle sur le fait qu’une fonction d´erivable sur un intervalleI, de d´eriv´ee nulle surI, est constante surI.

Exemple 2 :

f : ]−1,+∞[ → R

x 7→ 1

x+ 1. On v´erifie ais´ement que la fonction

F0 : R → R

x 7→ ln(x+ 1)

est une primitive def sur ]−1,+∞[. D’apr`es le th´eor`eme 1, les primitives def sur ]−1,+∞[ sont les fonctions

FK : R → R

x 7→ ln(x+ 1) +K o`uK est une constante r´eelle.

Th´eor`eme 2 (crit`ere d’existence d’une primitive) :SoitI un intervalle r´eel et soitf:I→Rune fonction continue surI. Alorsf admet une primitive surI.

Remarque 1 :La fonction

f : R → R

x 7→ ex2

est continue surR(comme compos´ee de fonctions usuelles continues sur leurs domaines de d´efinition). D’apr`es le th´eor`eme 2, elle admet donc une primitiveF surR. Mais,on ne sait pas exprimerF `a l’aide des fonctions usuelles. La d´etermination explicite de primitives n’est donc pas toujours possible.

(3)

1.2 Primitives des fonctions usuelles

Fonction Une primitive Domaine de validit´e

x7→a,ar´eel x7→ax surR

x7→xn,nentier relatif,n6=−1 x7→ xn+1 n+ 1

surRsin∈N

sur ]− ∞,0[ ou sur ]0,+∞[, sin≤ −2

x7→x−1= 1

x x7→ln(x) sur ]0,+∞[

x7→ 1

√x x7→2√

x sur ]0,+∞[

x7→sin(x) x7→ −cos(x) surR

x7→cos(x) x7→sin(x) surR

x7→ 1

cos2(x) = 1 + tan2(x) x7→tan(x) suri

−π 2,π

2

hpar exemple

x7→ex x7→ex surR

x7→ 1

√1−x2 x7→arcsin(x) sur ]−1,1[

x7→ 1

1 +x2 x7→arctan(x) surR

Remarque 2 :Pour d´emontrer les r´esultats de ce tableau, il suffit de v´erifier, pour chaque ligne, que la fonction de la deuxi`eme colonne est d´erivable sur l’intervalle donn´e et de montrer que sa d´eriv´ee co¨ıncide avec la fonction de la premi`ere colonne.

1.3 Primitives et lin´ earit´ e

Th´eor`eme 3 (primitives et lin´earit´e) :SoitIun intervalle r´eel. Soientf:I→R,g:I→Rdeux fonctions et soientλ, µ∈R. On suppose quef admet une primitiveF surI et queg admet une primitiveGsur I.

Alors la fonctionλF +µGest une primitive de la fonctionλf+µg surI.

⋄ Preuve du th´eor`eme 3 : Une combinaison lin´eaire de fonctions d´erivables sur I est d´erivable sur I et la d´erivation est lin´eaire.

⋄ Exemple 3 :Soit la fonction

f : ]0,+∞[ → R

x 7→ 2

x−x2. D´eterminer toutes les primitives def sur ]0,+∞[.

(4)

1.4 Primitives et composition

Th´eor`eme 4 (primitives et composition) : Soient I et J deux intervalles r´eels. Soit f:I → R et soit g: J → Rdeux fonctions d´erivables sur leur ensemble de d´efinition telles que la compos´ee g◦f: I → Rest d´efinie, i.e. telles que :

∀x∈ I, f(x)∈J.

Alors la fonctiong◦f:I→Rest une primitive surIde la fonction hd´efinie par :

h : I → R

x 7→ f(x)×g(f(x)).

⋄ Preuve du th´eor`eme 4 :Ce th´eor`eme est une traduction, dans le langage des primitives, du r´esultat fonda- mental du cours de calcul diff´erentiel suivant. Sif:I→Ret soitg:J →Rdeux fonctions d´erivables sur leur ensemble de d´efinition telles que la compos´eeg◦f est d´efinie, alors la fonctiong◦f:I→Rest d´erivable surI et on a pour toutx∈I, (g◦f)(x) =f(x)×g(f(x)).

Remarque 3 :Ce th´eor`eme poss`ede de nombreuses applications. On listeles plus classiques ci-dessous.

Hypoth`eses Fonction Une primitive Domaine de validit´e

• u:I → R admettant une primitiveU surI

• a, b∈Raveca6= 0

x7→u(ax+b) x7→ 1

a×U(ax+b)

sur un intervalle J de R telle que pour toutx∈J, ax+b∈I

• u:I→Rd´erivable surI

• ∀x∈I, u(x)6= 0 x7→u(x)

u(x) x7→ln(|u(x)|) surI

u:I→Rd´erivable surI x7→u(x)×eu(x) x7→eu(x) surI

• u:I→Rd´erivable surI

• ∀x∈I, u(x)>0

• α∈Ravecα6=−1

x7→u(x)× u(x)α

| {z }

eα×ln(u(x))

x7→ 1

α+ 1 ×u(x)α+1 surI

⋄ Exemple 4

1. D´eterminer toutes les primitives sur Rde la fonction

f1 : R → R

x 7→ sin(3x).

2. D´eterminer toutes les primitives sur Rde la fonction

f2 : R → R

x 7→ x

x2+ 1. 3. D´eterminer toutes les primitives sur Rde la fonction

f3 : R → R

x 7→ x ex2. 4. D´eterminer toutes les primitives sur Rde la fonction

f4 : R → R

x 7→ sin(x) cos4(x).

(5)

2 Int´ egration des fonctions continues

2.1 Int´ egrale d’une fonction continue entre deux points

D´efinition (int´egrale d’une fonction continue sur un intervalle I, entre a ∈ I et b ∈ I) : Soit f une fonction continue sur un intervalleI et soient a, b∈I. On appelle int´egrale de a`a b le nombre r´eel not´e Z b

a

f(x)dxet d´efini par :

Z b a

f(x)dx=F(b)−F(a) o`uF est une primitive (quelconque) de f surI.

Remarque 4 :On conserve les notations de la d´efinition.

1. La d´efinition de Z b

a

f(x) dx ne d´epend pas du choix de la primitive F de f sur I choisie, d’apr`es le th´eor`eme 1.

2.

Z b a

f(x)dx=− Z a

b

f(x)dx.

Exemple 5 : 1.

Z 2 0

1dx= [x]20= 2−0 = 2

2. Plus g´en´eralement, si a et b sont deux nombres r´eels tels que a < balors : Z b

a

1 dx = [x]ba =b−a. En d’autres termes,

Z b a

1dx est la longueur de l’intervalle [a, b].

3.

Z 4 0

x dx= x2

2 4

0

=42 2 −02

2 = 8.

2.2 Interpr´ etation g´ eom´ etrique de l’int´ egrale d’une fonction continue

Le plan est muni d’un rep`ere orthonormal (O;−→i ,−→j). L’unit´e d’aire est l’aire du carr´e de cˆot´eOI, o`uI est le point du plan tel que−→

OI =−→i.

Th´eor`eme 5 (interpr´etation g´eom´etrique de l’int´egrale) :Soit f une fonction continue et positive sur un intervalleIet soienta, b∈Itels quea < b. On noteCf la courbe repr´esentative def relativement au rep`ere (O;−→i ,−→j).

Alors l’int´egrale Z b

a

f(x) dx est l’aire du domaine du plan d´elimit´e par Cf, l’axe des abscisses et les droites d’´equationsx=aetx=b.

⋄ Exemple 6

1. On a vu dans l’exemple pr´ec´edent que : Z 2

0

1dx= 2. On peut retrouver ce r´esultat par voie g´eom´etrique, en utilisant l’interpr´etation g´eom´etrique de l’int´egrale.

1

−1

1 2

−1

En effet, le domaine du plan d´elimit´e par la courbe repr´esentative de la fonction constante 1, l’axe des abscisses et les droites d’´equationsx= 0 etx= 2 est le rectangle gris´e. Son aire vaut 2×1 = 2.

(6)

2. ´Egalement dans l’exemple pr´ec´edent, on a vu que : Z 4

0

x dx= 8. Ici aussi, on peut retrouver ce r´esultat par voie g´eom´etrique, en utilisant l’interpr´etation g´eom´etrique de l’int´egrale.

1 2 3 4 5

−1

−2

1 2 3 4 5

−1

−2

En effet, le domaine du plan d´elimit´e par la courbe repr´esentative de la fonctionx7→x, l’axe des abscisses et les droites d’´equationsx= 0 etx= 4 est le triangle isoc`ele rectangle gris´e. Son aire vaut 4×4

2 = 8.

3. Soit la fonction

f : R → R

x 7→ x2−4x+ 5.

On cherche `a calculer l’aire du domaine gris´e ci-dessous.

1 2 3 4 5 6

1

1 2 3 4 5 6 7 8

1

2

3

4

Cf

D’apr`es l’interpr´etation g´eom´etrique de l’int´egrale, cette aire vaut : Z 4

1

f(x)dx. On calcule enfin Z 4

1

f(x)dx= 6 pour conclure.

Remarque 5 :Le calcul d’airesous la courbe, comme on l’a vu pr´ec´edemment dans le 3. de l’exemple 6 est une des raisons pour lesquelles on introduit la notion d’int´egrale.

Dans la construction donn´ee ici de l’int´egrale, on s’est appuy´e de fa¸con essentielle sur la notion de primitive.

En fait, on peut adopter une autre approche pour construire l’int´egrale. On s’appuie alors sur cette notion g´eom´etrique d’airesous une courbe. L’int´egrale est alors d´efinie par un processus d’approximation de l’aire

sous la courbe `a l’aide de petits rectangles. On illustrera ce point de vue plus tard, dans la partie intitul´eesommes de Riemann.

(7)

2.3 Propri´ et´ es de l’int´ egrale d’une fonction continue

Th´eor`eme 6 (propri´et´es de l’int´egrale d’une fonction continue): Soient a, b∈Rtels quea < b.

1. Relation de Chasles

Soitf: [a, b]→Rune fonction continue sur [a, b]. Pour toutc∈[a, b], on a : Z b

a

f(x)dx= Z c

a

f(x)dx+ Z b

c

f(x)dx.

2. Lin´earit´e

Soientf: [a, b] →Retg: [a, b]→Rdeux fonctions continues sur [a, b]. Pour toutλ∈R, pour toutµ∈R, la fonction λf+µgest continue sur [a, b] et on a :

Z b a

λf(x) +µg(x)dx=λ Z b

a

f(x)dx

! +µ

Z b

a

g(x)dx

! .

3. Positivit´e

Soitf: [a, b]→Rune fonction continue et positive sur [a, b]. Alors : Z b

a

f(x)dx≥0.

De plus : Z b

a

f(x)dx= 0 si et seulement si pour toutx∈[a, b],f(x) = 0.

4. Croissance de l’int´egrale

Soient f: [a, b] →Ret g: [a, b]→Rdeux fonctions continues sur [a, b]. telles quef ≤g sur [a, b]. Alors : Z b

a

f(x)dx≤ Z b

a

g(x)dx.

5. Majoration de la valeur absolue d’une int´egrale

Soitf: [a, b]→Rune fonction continue sur [a, b] Alors|f|est continue sur [a, b] et on a :

Z b a

f(x)dx ≤

Z b

a |f(x)|dx.

Remarque 6 : La propri´et´e 1. (relation de Chasles) et la propri´et´e 3. (positivit´e) sont claires dans le cas o`u f est positive sur [a, b], grˆace `a l’interpr´etation g´eom´etrique de l’int´egrale. La propri´et´e 4. (croissance de l’int´egrale) est ´egalement claire, dans le cas o`uf et g sont positives sur [a, b], toujours grˆace `a l’interpr´etation g´eom´etrique de l’int´egrale.

⋄ Exemple 7

1. Soit la fonction

f : [0,2] → R

x 7→

xsi 0≤x≤1 2−xsi 1< x≤2 Justifier l’existence de l’int´egrale

Z 2 0

f(x)dxet calculer de deux mani`eres sa valeur.

2. Jusitifer l’existence de l’int´egrale

Z 1 0

5x− 1 1 +x2 dx et calculer sa valeur.

(8)

⋄ Exemple 8 :Pour toutn∈N, on pose :

In = Z 1

0

xn 1 +ex dx.

1. Soitn∈N. Justifier queIn est bien d´efinie.

2. Montrer que la suite (In)n∈Nest d´ecroissante.

3. Montrer que la suite (In)n∈Nconverge.

4. Justifier que :

∀n∈N, ∀x∈[0,1], 0≤ xn 1 +ex ≤1

2 xn. 5. En d´eduire que :

∀n∈N, 0≤In ≤ 1 2(n+ 1). 6. Conclure quant `a la limite de la suite (In)n∈N

2.4 Int´ egrations par parties

Rappel (fonction de classeC1 sur un intervalle) :Une fonctionf d´efinie sur un intervalleI deRest dite de classe C1 surI sif est d´erivable surI et sif est continue surI.

Th´eor`eme 7 (int´egration par parties) :Soient a, b∈ Rtels que : a < b. Soient uet v deux fonctions de classeC1sur [a;b]. Alors on a :

Z b a

u(x)v(x)dx= [u(x)v(x)]ba− Z b

a

u(x)v(x)dx.

⋄ Preuve du th´eor`eme 7 :Ce th´eor`eme est cons´equence de la formule de d´erivation : (uv)=uv+vu.

Exemple 9 :Justifier l’existence de l’int´egrale Z 1

0

x e−2xdxet calculer sa valeur.

2.5 Int´ egration par changement de variable

Th´eor`eme 8 (int´egration par changement de variable) : Soient α, β ∈ R tels que : α < β. Soit I un intervalle r´eel.

• Soitϕ: [α, β]→Rune fonction de classeC1 sur [α, β].

• Soitf:I→Rune fonction continue surI.

• On suppose que la fonction f◦ϕest bien d´efinie, i.e. que : pour toutx∈[α, β],ϕ(x)∈I.

On a :

Z β α

f(ϕ(u))ϕ(u)du= Z ϕ(β)

ϕ(α)

f(x)dx.

Exemple 10

1. Justifier que l’int´egrale

I= Z 2

0

1 4 +x2 dx est bien d´efinie et calculer sa valeur.

2. Justifier que l’int´egrale

J = Z π2

0

sin(2u) 2 + 2 sin(u) du

est bien d´efinie et calculer sa valeur `a l’aide du changement de variablex= sin(u).

(9)

2.6 Int´ egrale fonction de sa borne sup´ erieure − cas continu

Th´eor`eme 9 (int´egrale fonction de sa borne sup´erieure −cas continu) :SoitI un intervalle r´eel. Soit f:I→Rune fonction continue surI et soita∈I.

1. La fonction :

F : I → R

x 7→

Z x a

f(t)dt est bien d´efinie ; c’est la primitive de f surIqui s’annule ena.

2. La fonctionF v´erifie doncF(a) = 0 et est d´erivable (donc continue) surI, avec comme d´eriv´eef. 3. Si pour tout x∈I,f(x)≥0, la fonctionF est croissante.

♥ Preuve du th´eor`eme 9

• F est bien d´efinie

La fonctionfest continue surI. Elle admet donc une primitive not´eeF0surI(cf. th´eor`eme 2). La fonction F0 est donc d´erivable surI et on a :F0 =f. D’apr`es la d´efinition de l’int´egrale, on a donc :

(⋆) ∀x∈I, F(x) =F0(x)− F0(a)

| {z }

constante

.

La fonctionF est donc bien d´efinie.

• F(a) = 0

C’est clair, par exemple d’apr`es (⋆).

• F est une primitive de f

La fonction F est donc d´erivable sur I comme diff´erence de deux fonctions d´erivables sur I (la fonction F0 et la fonction constante ´egale `aF0(a)). De plus, d’apr`es (⋆), on a :

∀x∈I, F(x) =F0(x) =f(x).

• Si pour tout x∈I,f(x)≥0 alors la fonctionF est croissante surI C’est clair par application du crit`ere diff´erentiel de stricte monotonie.

Exemple 11 :SoitF la fonction d´efinie par :

F : R → R

x 7→

Z x 0

et

2 2 dt

AlorsF est bien d´efinie et est d´erivable (donc continue surR). On a, pour tout x∈R,F(x) =ex

2

2 >0. On en d´eduit que la fonctionF est strictement croissante surR.

Exemple 12 :A l’aide du th´eor`eme 9 et d’une int´egration par parties, d´eterminer une primitive de la fonction` logarithme n´ep´erien sur son domaine de d´efinition ]0,+∞[.

Th´eor`eme 10 (valeur moyenne d’une fonction) :Soient a, b∈ Rtels que a < b. Soit f: [a, b] →R une fonction continue sur [a, b]. Alors il existec∈]a, b[ tel que :

f(c) = 1

b−a Z b

a

f(t)dt

!

| {z }

valeur moyenne de la fonctionf

.

(10)

Preuve du th´eor`eme 10 :La fonction

F : I → R

x 7→

Z x a

f(t)dt

est d´erivable (donc continue) sur [a, b]. On peut donc lui appliquer le th´eor`eme des accroissements finis. On obtient qu’il existec∈Rtel que :

F(b)−F(a)

b−a =F(c).

OrF(b) = Z b

a

f(t)dt,F(a) = 0 etF(c) =f(c) d’apr`es le th´eor`eme 9. On en d´eduit que : Z b

a

f(t)dt

b−a =f(c).

2.7 Sommes de Riemann

Th´eor`eme 11 (sommes de Riemann) : Soient a, b ∈ R tels que :a < b. Soit f: [a, b] → R une fonction continue sur [a, b]. Alors on a :

1 n

n−1X

k=0

f

a+k b−a n

!

n→+∞−→

1 b−a

Z b

a

f(t)dt

!

| {z }

valeur moyenne de la fonctionf

et 1 n

Xn

k=1

f

a+k b−a n

!

n→+∞−→

1 b−a

Z b

a

f(t)dt

!

| {z }

valeur moyenne de la fonctionf

.

Interpr´etation g´eom´etrique du th´eor`eme 11

• Dans le cas o`u on suppose de plusf positive sur [a, b], on peut expliquer g´eom´etriquement la convergence de la suite de terme g´en´eral :

b−a n

n−1X

k=0

f

a+k b−a n

!

vers Z b

a

f(t)dt. Ce n’est pas tout `a fait la formulation de la premi`ere assertion du th´eor`eme pr´ec´edent (on a mutlipli´e par (b−a) de chaque cˆot´e du symbolen→+∞−→ ), mais l’´enonc´e pr´ec´edent est ´equivalent et plus commode pour ce qui nous int´eresse.

• On commence par donner une interpr´etation g´eom´etrique du terme d’indice 5 de la suite consid´er´ee. Sur le dessin ci-dessous, on a pos´e, pour toutk∈J0,5K:

xk =a+k b−a 5 .

Pour chaque k ∈ J0,4K, le rectangle Rk a pour hauteur f(xk) et pour largeur xk+1−xk = b−a 5 . Par suite, l’aire du rectangleRk est : b−a

5 f(xk).L’aire de tout le domaine gris´e ci-dessous est donc : X4

k=0

b−a

5 f(xk) = b−a 5

X4

k=0

f

a+k b−a 5

! .

On retrouve le terme d’indice 5 de la suite consid´er´ee.

(11)

Cf

x0 x1 x2 x3 x4 x5

R0 R1 R2 R3 R4

• Le terme d’indice n (n ∈ N quelconque) de la suite consid´er´ee admet une interpr´etation g´eom´etrique analogue, dans laquelle les rectangles auront pour largeur b−a

n . Plus n devient grand, plus il y a de rectangles et plus ceux-ci ont une largeur petite (le d´ecoupage est de plus en plus fin). Intuitivement l’aire de la zone gris´ee (la somme des aires desnrectangles), qui est ´egale au terme d’indicende la suite, tend vers l’aire du domaine associ´e `a f au-dessus de [a, b], i.e.

Z b a

f(x)dx, quandntend vers +∞.

Exemple 13 :Etudier le comportement asymptotique de la suite (u´ n)n∈N d´efinie par :

∀n∈N, un = 1 n

n−1X

k=0

k n

3! .

2.8 Formule de Taylor avec reste int´ egral

Rappel (fonction de classe Cn sur un intervalle) :Soitn∈N. Une fonctionf d´efinie sur un intervalleI deRest ditede classeCn surIsif est d´erivablenfois surI et sif(n)(d´eriv´een-i`eme def) est continue surI.

Th´eor`eme 12 (formule de Taylor avec reste int´egral) :SoitIun intervalle r´eel et soit n∈N. Soitf une fonction de classeCn+1sur un intervalleI. Soienta, x∈I. Alors on a :

f(x) = f(a) +f(1)(a)

1! (x−a) +f(2)(a)

2! (x−a)2+. . .+f(n)(a)

n! (x−a)n

| {z }

Polynˆome de degr´ende Taylor

+ Z x

a

f(n+1)(t)

n! (x−t)ndt

| {z }

Reste d’ordren

=

Xn

k=0

f(k)(a)

k! (x−a)k

| {z }

Polynˆome de degr´ende Taylor

+ Z x

a

f(n+1)(t)

n! (x−t)ndt

| {z }

Reste d’ordren

.

Cette formule est appel´ee formule de Taylor `a l’ordrenpour la fonctionf ena.

Remarque 7 : Dans le cas o`u n= 0, l’assertion ´equivaut `a : Z x

a

f(t)dt =f(x)−f(a). Cette derni`ere est vraie, d’apr`es la d´efinition mˆeme de l’int´egrale que nous avons adopt´ee.

Exemple 14 1. Montrer que :

∀x∈]0,+∞[,

Z x 0

cos(t)(x−t)2

2 dt

≤x3

6 . 2. ´Ecrire la formule de Taylor `a l’ordre 2 pour la fonction sinus en 0.

3. En d´eduire que :

∀x∈]0,+∞[, |sin(x)−x| ≤x3 6 .

(12)

4. Donner une valeur approch´ee de sin(0,1) en majorant l’´ecart entre cette valeur approch´ee et la valeur exacte.

5. ´Etudier la limite ´eventuelle de sin(x) x2 − 1

x quandxtend vers 0+.

3 Int´ egration des fonctions continues par morceaux

3.1 Fonctions continues par morceaux

D´efinition (restriction d’une fonction `a une sous-partie de son domaine de d´efinition) :Soitf:I→R une fonction et soitJ une partie (non vide) de I. Alors la restriction de f `aJ est la fonction not´eef|J d´efinie par :

f|J : J → R x 7→ f(x).

Pour passer def `a f|J, on a uniquement restreint l’ensemble de d´efinition.

Exemple 15 :Ci-dessous, on a repr´esent´e la fonction carr´ee

f : R → R

x 7→ x2

(cf. courbe en pointill´es) et la restrictionf|[−1,2]de la fonction carr´ee `a l’intervalle [−1,2] (cf. courbe en gras) .

1 2 3 4 5 6

1

1 2 3 4

1

2

3

4 Cf

Cf|[−1,2]

D´efinition (fonction continue par morceaux sur un segment) : Soient a, b∈ R tels que : a < b. Soit f: [a, b]→Rune fonction.

1. On dit quef est continue par morceaux sur [a, b], s’il existe une subdivision a=a0< a1< a2< . . . < an< an+1=b

de [a, b] telle que pour touti∈J0, nK,f|]ai,ai+1[ est prolongeable par continuit´e `a [ai, ai+1], i.e. quef (ou f|]ai,ai+1[) admet une limite finie `a droite enai et une limite finie `a gauche enai+1. Une telle subdivision a=a0< a1< a2< . . . < an< an+1 =b de [a, b], lorsqu’elle existe, est dite adapt´ee `af.

2. Sif est continue par morceaux sur [a, b] et sia=a0< a1< a2< . . . < an< an+1=best une subdivision de [a, b] adapt´ee `af, alors pour touti∈J0, nKon note

f|]a\i,ai+1[ : [ai, ai+1] → R

x 7→













 lim

x→a+i

f(x) six=ai f(x) siai< x < ai+1

lim

x→ai+1

f(x) six=ai+1

le prolongement par continuit´e de f|]ai,ai+1[ `a [ai, ai+1].

(13)

Exemple 16

1. Soitf la fonction d´efinie par :

f : [−2,2] → R

x 7→

1 six∈[−1,1]

0 sinon.

On repr´esente graphiquementf comme suit.

1 2

1 2 3 4

1

2

3

4

[ ]

Cf

Alorsf est continue par morceaux sur [−2,2]. Elle poss`ede deux points de discontinuit´e, en −1 et en 1.

La subdivisiona0=−2< a1=−1< a2= 1< a3= 2 de [−2,2] est adapt´ee `af. 2. Soitg la fonction d´efinie par :

g : [−1,1] → R

x 7→





0 si x∈[−1,0]

1

x si x∈]0,1].

On repr´esente graphiquement la fonction g comme suit.

1 2 3 4 5 6

1

1 2 3

1

2

3

Cg

b

Une fonction continue par morceaux sur [−1,1] admet en particulier une limite finie `a gauche et `a droite de tout point de ]−1,1[, une limite finie en −1 `a droite et une limite finie en 1 `a gauche. La fonctiong n’est pas continue par morceaux sur [−1,1] carg(x) →

x→0++∞.

D´efinition (fonction continue par morceaux sur un intervalle) :SoitIun intervalle r´eel (non vide). Soit f une fonction d´efinie sur un intervalle I. On dit quef est continue par morceaux surI, si pour tous a, b∈I tels quea < b la fonctionf|[a,b] d´efinie sur [a, b] est continue par morceaux sur [a, b].

Exemple 17

1. SoitI un intervalle deR. Alors la fonction indicatrice1I deI d´efinie par : 1I : R → R

x 7→

1 si x∈I 0 sinon

est continue par morceaux surR. En particulier, siaetb sont deux r´eels tels quea < b, alors la fonction 1[a,b] est continue par morceaux surR. En effet, elle ne poss`ede que deux points de discontinuit´e (enaet enb) et on a :

1[a,b](x) →

x→a0 ; 1[a,b](x) →

x→a+1 ; 1[a,b](x) →

x→b1 ; 1[a,b](x) →

x→b+0.

(14)

2. Soit fonctionf d´efinie par :

f:R→R, t7→e−t×1R+(t).

On repr´esente graphiquement la fonction f comme suit.

1 2

1 2 3 4 5 6

1

2

3

4

5

6

[

Cf

La fonctionf est continue par morceaux surR. En effet, elle ne ne poss`ede qu’un point de discontinuit´e (en 0) et :

f(x) →

x→00 ; f(x) →

x→0+1.

3.2 Int´ egrale d’une fonction continue par morceaux entre deux points

On g´en´eralise la notion d’int´egrale vue pour les fonctions continues aux fonction continues par morceaux.

D´efinition (int´egrale d’une fonction continue par morceaux sur un segment) : Soient a, b∈ Rtels que : a < b. Soit f: [a, b]→Rune fonction continue par morceaux sur [a, b] et soita=a0 < a1 < a2 < . . . <

an< an+1=bune subdivision de [a, b] adapt´ee `af. Alors on d´efinit l’int´egrale dea`a bdef par : Z b

a

f(t)dt = Xn

i=0

Z ai+1

ai

f|]a\i,ai+1[(t)dt

= Z a1

a0

f\|]a0,a1[(t)dt+ Z a2

a1

f\|]a1,a2[(t)dt+ Z a3

a2

f\|]a2,a3[(t)dt+. . .+ Z an+1

an

f|]a\n,an+1[(t)dt.

Remarque 8 :On conserve les notation de la pr´ec´edente d´efinition.

1. Notons que, pour chaque i ∈ J0, nK, l’int´egrale Z ai+1

ai

f|]a\i,ai+1[(t) dt est bien d´efinie, car la fonction f|]a\i,ai+1[ est continue sur [ai, ai+1].

2. On peut d´emontrer que le nombre Z b

a

f(t)dtne d´epend pas de la subdivision de [a, b] adapt´ee `af choisie.

Exemple 18 :On consid`ere `a nouveau la fonctionf = (1[−1,1])|[−2,2] du 1. l’exemple 16 d´efinie par : f : [−2,2] → R

x 7→

1 si x∈[−1,1]

0 sinon.

On a vu quef est continue par morceaux et que la subdivisiona0=−2< a1=−1< a2= 1< a3= 2 est une subdivision de [−2,2] adapt´ee `a f. On v´erifie que les fonctionsf|]−2,−1[\ ,f\|]−1,1[ etf[|]1,2[ sont d´efinies par :

f|]−2,−1[\ : [−2,−1] → R

x 7→ 0

f\|]−1,1[ : [−1,−1] → R

x 7→ 1

f[|]1,2[ : [1,−2] → R

x 7→ 0.

On a donc, par d´efinition : Z 2

−2

f(t)dt= Z −1

−2

f|]−2,−1[\ (t)

| {z }

0

dt+ Z 1

−1

f\|]−1,1[(t)

| {z }

1

dt+ Z 2

1

f[|]1,2[(t)

| {z }

0

dt= 2.

3.3 Propri´ et´ es de l’int´ egrale d’une fonction continue par morceaux

Remarque 9 : Toutes les propri´et´es de l’int´egrale d’une fonction continue ´enonc´ees dans le th´eor`eme 6 s’´etendent `a l’int´egrale des fonctions continues par morceaux,except´ee l’´equivalence dans la propri´et´e de posi- tivit´e.

(15)

En effet, sia, bsont des r´eels tels quea < bet si une fonctionf: [a, b]→Rest continue par morceaux sur [a, b], positive sur [a, b] et d’int´egrale nulle sur [a, b], alorsf n’est pas n´ecessairement identiquement nulle sur [a, b].

On peut montrer qu’une telle fonction est nulle sur [a, b],sauf ´eventuellement en un nombre fini de points.

Par exemple, la fonctionf d´efinie par :

f : [−1,1] → R

x 7→

0 si x∈[−1,1[

1 si x= 1 qui a pour repr´esentation graphique :

1 2

1 2

1

2 Cf

b

[

est continue par morceaux sur [−1,1], positive sur [−1,1] et v´erifie Z 1

−1

f(t) dt = 0. Pourtant elle n’est pas identiquement nulle sur [−1,1] : en 1 elle ne s’annule pas.

Th´eor`eme 13 (propri´et´es de l’int´egrale d’une fonction continue par morceaux sur un segment) : Soienta, b∈Rtels que :a < b.

1. Relation de Chasles

Soitf: [a, b]→Rune fonction continue par morceaux sur [a, b]. Pour toutc∈[a, b], on a : Z b

a

f(x)dx= Z c

a

f(x)dx+ Z b

c

f(x)dx.

2. Lin´earit´e

Soient f: [a, b] →Ret g: [a, b]→R deux fonctions continues par morceaux sur [a, b]. Pour tout λ∈R, pour toutµ∈R, la fonction λf+µgest continue par morceaux sur [a, b] et on a :

Z b a

λf(x) +µg(x)dx=λ Z b

a

f(x)dx

! +µ

Z b

a

g(x)dx

! .

3. L’int´egrale d’une fonction positive presque partout est positive

Soitf: [a, b]→Rune fonction continue par morceaux sur [a, b] et positive sur [a, b], sauf ´eventuellement en un nombre fini de points, alors :

Z b a

f(x)dx≥0.

4. Int´egrale et relation d’ordre

Soient f: [a, b]→Retg: [a, b]→Rdeux fonctions continues par morceaux sur [a, b] telles quef ≤g sur [a, b], sauf ´eventuellement pour un nombre fini de points, alors :

Z b a

f(x)dx≤ Z b

a

g(x)dx.

5. Majoration de la valeur absolue d’une int´egrale

Soit f: [a, b]→R une fonction continue par morceaux sur [a, b] Alors|f| est continue par morceaux sur l’intervalle [a, b] et on a :

Z b a

f(x)dx ≤

Z b

a |f(x)|dx.

(16)

3.4 Int´ egrale fonction de sa borne sup´ erieure − cas continu par morceaux

Th´eor`eme 14 (int´egrale fonction de sa borne sup´erieure − cas continu par morceaux) :SoitI un intervalle r´eel. Soitf:I→Rune fonction continue par morceaux surI et soita∈I.

1. La fonction :

F : I → R

x 7→

Z x a

f(t)dt est bien d´efinie.

2. La fonctionF est continue surI.

3. Si la fonctionf est continue enx0∈I, alors la fonction F est d´erivable enx0et on aF(x0) =f(x0).

4. Si la fonction f est positive sur [a, b] sauf ´eventuellement en un nombre fini de points, alors la fonctionF est croissante sur [a, b].

⋄ Preuve du th´eor`eme 14

Exemple 19 :Soitf la fonction1[2,+∞[ (indicatrice de l’intervalle [2,+∞[), i.e. : On a donc :

f : R → R

x 7→

0 six∈]− ∞,2[

1 six∈[2,+∞[ On repr´esente graphiquementf comme suit :

1 2

1

1 2 3 4 5 6 7 8

1

2

3

4

Cf [

b

SoitF la fonction d´efinie par :

F : R → R

x 7→

Z x 0

f(t)dt.

On calcule que :

∀x∈R, F(x) =

0 six≤2 x−2 six >2.

On a donc :

1 2 3 4

1

1 2 3 4 5

1

2

3

4 CF

comme repr´esentation graphique deF. On retrouve les r´esultats du th´eor`eme pr´ec´edent : 1. F est continue surR;

2. F est d´erivable enx0 si x0 6= 2 (2 est l’unique point de discontinuit´e def) et pour tout x0 ∈R\ {2}, F(x0) =f(x0) ;

3. F est croissante surR(f est positive surR).

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