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Le chat dans Kokon chomon-jû

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Academic year: 2022

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IRIS

ISSN : 2779-2005 40 | 2020

L’installation artistique : une expérience de soi dans l’espace et dans le temps

Le chat dans Kokon chomon-jû

Trois anecdotes extraites de l’œuvre compilée par

Tachibana no Narisue et traduites du japonais en français

The Cat in Kokon chomon-jû. Three Anecdotes Taken from the Work

Compiled by Tachibana no Narisue and Translated from Japanese into French Kôji Watanabe

Translated by Kôji Watanabe, Tomomi Yoshino and Olivier Lorrillard

https://publications-prairial.fr/iris/index.php?id=1331

DOI : 10.35562/iris.1331 Electronic reference

Kôji Watanabe, « Le chat dans Kokon chomon-jû », IRIS [Online], 40 | 2020, Online since 15 décembre 2020, connection on 09 juin 2021. URL : https://publications- prairial.fr/iris/index.php?id=1331

Copyright CC BY‑NC 4.0

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Tachibana no Narisue et traduites du japonais en français

The Cat in Kokon chomon-jû. Three Anecdotes Taken from the Work

Compiled by Tachibana no Narisue and Translated from Japanese into French Kôji Watanabe

Translated by Kôji Watanabe, Tomomi Yoshino and Olivier Lorrillard

OUTLINE

Traduction du texte

TEXT

On ne sait pas pré ci sé ment quand les Ja po nais ont com men cé à se fa‐

mi lia ri ser avec les chats. Les deux cé lèbres chro niques com pi lées au

VIII  siècle, sources ma jeures de la my tho lo gie ja po naise, pourraient- elles donc nous four nir un in dice à ce sujet  ? Mal heu reu se ment, contrai re ment à nos at tentes, le Ko ji ki (Re cueil de faits an ciens) (712) et le Ni hon sho ki (An nales du Japon) (720) ne ren ferment aucun épi‐

sode re la tif aux fé li dés (Tanaka, 2014, p. 12). En fait, pour voir ap pa‐

raître la fi gure du chat dans la lit té ra ture ja po naise, il faut at tendre jusqu’au début de l’époque de Heian, plus pré ci sé ment jusqu’au

IX  siècle : c’est au Nihon ryôi-ki (Re la tion des choses mi ra cu leuses et étranges du Japon)1 que l’on peut at tri buer l’une des pre mières ap pa‐

ri tions du fé li dé. Ce re cueil de contes boud dhiques, ré di gé par un moine de Nara nommé Kyô kai, contient en effet un pas sage dans le‐

quel un dé funt par vient à as sou vir la faim qui le ti raillait de puis trois ans en se trans for mant en chat2. No tons qu’il s’était déjà in tro duit dans la mai son de son fils sous d’autres formes ani males (un grand ser pent d’abord, puis un chien rouge) et avait échoué à deux re prises dans ses ten ta tives de trou ver de la nour ri ture. Cette troi sième mé ta‐

mor phose pour rait donc in di quer que le chat bé né fi ciait quant à lui d’une image po si tive.

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Le chat dans Kokon chomon-jû

Si l’on en croit un té moi gnage de Ma ku ra no sôshi (Notes de che vet), œuvre at tri buée à une dame de la cour nom mée Sei Shô na gon, les chats oc cu paient une place pri vi lé giée parmi les ani maux do mes‐

tiques du pa lais im pé rial au tour du XI  siècle. Il s’agit d’une anec dote in sé rée dans le cha pitre in ti tu lé « Choses par ti cu lières » et dont voici le ré su mé :

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L’Em pe reur Ichi jô (980-1017) avait pour ani mal do mes tique une chatte à la quelle il ac cor da le 5 rang (lit té ra le ment « la coif fure de no blesse »). Elle se nom mait Myôbu no Otodo. Un jour qu’elle était sor tie du pa lais et se te nait sur la vé ran da, la femme char gée de s’oc ‐ cu per d’elle lui de man da de ren trer. Mais l’ani mal n’obéit pas. Pour lui faire peur, la dame ap pe la donc un chien qui s’ap pe lait Oki na ma ro et lui or don na de la mordre. Le chien obéit et s’élan ça vers la chatte. Ef ‐ frayée, celle- ci se ré fu gia der rière le store, dans la salle à man ger de l’em pe reur. Sa Ma jes té la prit dans ses bras pour la conso ler, puis or ‐ don na qu’Oki na ma ro fût chas sé hors du pa lais et battu à mort par deux cham bel lans. Mais alors qu’on le croyait mort, il re vint au pa lais.

Son triste état et sa gueule dé for mée par les coups ins pi raient la pitié et lui va lurent fi na le ment la clé mence de l’em pe reur. L’ordre de ban ‐ nis se ment fut donc an nu lé et Oki na ma ro re trou va bien tôt son bon ‐ heur passé. (Sei Shô na gon, 1966, p. 32-34)

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Certes, cette anec dote dé crit de ma nière hu mo ris tique la ri va li té de deux ani maux et le sta tut par ti cu lier dont bé né fi ciait la chatte dans le pa lais im pé rial. Mais elle met éga le ment en avant sa na ture in dé pen‐

dante et ca pri cieuse en l’op po sant à la fi dé li té du chien qui obéit aux ordres de son maître.

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Intéressons- nous à pré sent au Genji Mo no ga ta ri (Le Dit du Genji), œuvre ma jeure dans la lit té ra ture ja po naise du XI  siècle at tri buée à Mu ra sa ki Shi ki bu, car on y trouve éga le ment un épi sode fort si gni fi‐

ca tif où, comme le note Gil bert Du rand (1992, p. 100), « la fé li ni té du chat est re liée à la grâce de la femme ». Il s’agit de l’épi sode dans le‐

quel Ka shi wa gi, le ca pi taine des gardes des portes, tombe amou reux de la femme du Genji, qu’il n’a pas en core ren con trée mais dont il a en ten du par ler. Voici donc ce qui se passa alors que Ka shi wa gi par ti‐

ci pait à un jeu de balle dans la ré si dence de la Sixième Ave nue (Rokujô- in)  : un tout petit chat, pour sui vi par un congé nère à peine plus grand, cherche à sor tir par les stores. Re te nu par une longue laisse, il la tire pour s’en fuir et sou lève ainsi un store qui per met à Ka ‐

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shi wa gi d’aper ce voir la belle Onna- Sannomiya, la femme du Genji.

Elle re tourne à l’in té rieur, mais le cœur de Ka shi wa gi est en feu. Pour cal mer sa dé tresse, il ap pelle le chat et le prend dans ses bras, mais le par fum suave qui se dé gage de l’ani mal ainsi que son miau le ment gra‐

cieux lui ins pirent par ana lo gie de tendres pen sées pour Onna- Sannomiya (Shi ki bu, 1988, p. 68-69).

Il nous semble que ces deux té moi gnages lit té raires montrent de façon évi dente l’in té rêt porté aux chats par les dames de cour de l’époque de Heian. Or, cet ani mal fera plus tard, sur tout à par tir du

XIII  siècle (l’époque de Ka ma ku ra)3, l’objet d’une forme de « dia bo li sa‐

tion ». En ma tière de sym bo lisme, il s’agit d’un point com mun entre la culture ja po naise et les cultures oc ci den tales, puis qu’en Eu rope, le chat, no tam ment le chat noir, fut dia bo li sé au Moyen Âge4 et ne re‐

trou ve ra une cer taine no blesse qu’au XVIII  siècle.

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Dans ce qui suit, nous nous per met trons donc d’évo quer cette face plus in quié tante du chat à tra vers l’ou vrage in ti tu lé Komon chomon- jû (Re cueil d’his toires fa meuses de jadis et d’au jourd’hui), at tri bué à Ta‐

chi ba na no Na ri sue. Cette grande com pi la tion, ache vée en 1254 et com po sée de 20 livres, contient plus de 700 contes et lé gendes d’ori‐

gine ja po naise ou chi noise, clas sés par ca té go ries5. Nous vou lons ici pro po ser au lec teur fran co phone trois anec dotes re la tives au chat ti‐

rées de Komon chomon- jû :

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<609> À pro pos de la mé ta mor phose du chat de Kara qui fut élevé par un moine dé nom mé Kan kyô dans sa mai son de Saga (Liv. XVII, sect. 27)

<686> À pro pos du chat de l’an cienne nour rice de Sai shô no chûjô (Liv.  XX, sect. 30)

<687> À pro pos du chat d’un aris to crate qui ne man geait ja mais les rats et les moi neaux qu’il at tra pait (Liv. XX, sect. 30)

L’édi tion uti li sée ici est celle de Shinchô- sha (Ta chi ba na, 1986).

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Tra duc tion du texte

<609> À pro pos de la mé ta mor phose du chat de Kara qui fut élevé par le moine dé nom mé Kankyô dans sa mai son de Saga6

Dans sa mai son si tuée dans la mon tagne de Saga, le moine dé nom mé Kan kyô7 at tra pa un joli chat de Kara8, surgi d’on ne sait où. Il le garda

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Le chat dans Kokon chomon-jû

BIBLIOGRAPHY

DURAND Gil bert, 1992, Fi gures my thiques et vi sages de l’œuvre. De la my tho cri‐

tique à la my tha na lyse, 2 éd., Paris, Dunod.

ORIGAS Jean- Jacques, 2000, Dic tion naire de lit té ra ture ja po naise, Paris, PUF, coll.

« Qua drige ».

SEI SNAGON, 1966, Notes de che vet, tra‐

duit du ja po nais par A.  Beau jard, Paris, Gal li mard/Unes co.

SHIKIBU Mu ra sa ki, 1988, Le Dit du Genji, t. 2 : Im per ma nence, tra duit du ja po nais par R.  Sief fert, Paris, Pu bli ca tions Orien ta listes de France.

au près de lui et consta ta bien tôt que l’ani mal s’amu sait beau coup avec une balle. Cela plut au moine qui le lais sa jouer. En suite, il sor tit sa pré cieuse épée et la lui of frit comme jouet, à la place de la balle. Le chat prit alors im mé dia te ment la fuite, te nant l’épée dans sa gueule.

Les gens le pour sui virent et ten tèrent de l’at tra per, mais en vain : il dis pa rut à tout ja mais sans lais ser de trace. N’était- ce donc pas plu tôt un démon9, qui avait pris une forme ani male pour pou voir sans ver‐

gogne bles ser son maître après lui avoir dé ro bé son épée ? Ce se rait là une chose af freuse !

<686> À pro pos du chat de l’an cienne nour rice de Sai shô no chûjô10 À l’époque de Hôen11, l’an cienne nour rice de Sai shô no chûjô (Conseiller – Lieu te nant gé né ral de la garde proche)12 éle vait un chat.

Ce chat me su rait un shaku (en vi ron 30 cen ti mètres) de haut13 et était si fort que lors qu’on ten tait de l’at ta cher, sa laisse fi nis sait tou jours par rompre. C’est pour quoi sa pro prié taire pré fé rait le lais ser en li‐

ber té. Il avait plus de dix ans quand elle vit, à la nuit tom bée, une lu‐

mière briller sur son dos14. Or elle lui avait sou vent dit :

— « Ne te montre pas à moi quand tu seras mort. »

Peut- être est- ce la rai son pour la quelle le chat dis pa rut lors qu’il avait dix- sept ans15

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<687> À pro pos du chat d’un aris to crate qui ne man geait pas les rats ni les moi neaux qu’il at tra pait16

Dans une mai son ap par te nant à un aris to crate était élevé un chat dé‐

nom mé Shi ro né17. Ce chat at tra pait sou vent des rats et des moi‐

neaux, mais il ne les man geait ja mais : il dé po sait sa proie de vant les gens avant de la lais ser s’en fuir18. Voilà un chat bien étrange !

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NOTES

1 La date de com pi la tion se situe ap proxi ma ti ve ment entre 787 et 822. Voir Jean- Jacques Origas, 2000, p. 275.

2 Il s’agit du conte n  30 du Pre mier Livre de Nihon ryôi- ki.

3 On constate le même pro ces sus pour la fi gure du fan tôme. Voir, à ce pro‐

pos, Kôji Wata nabe (2006).

4 No tons à titre d’exemple l’épi sode du chat du lac de Lau sanne ter ras sé par le roi Ar thur qu’on peut trou ver dans un roman ar thu rien ré di gé vers 1235 (Les Pre miers Faits du roi Ar thur, texte éta bli par Irène Freire- Nunes, pré sen té par Phi lippe Wal ter, tra duit et an no té par Anne Ber the lot et Phi‐

lippe Wal ter [Phi lippe Walter, 2001, p.  1606-1616]). Ce chat- monstre fait pen ser à son tour au Chat de Paluc que les Triades gal loises pré sentent comme l’un des trois fléaux de l’île d’An gle sey (d’après la triade 26). Il se rait mis bas par la truie my thique Hen wen (Vieille- Blanche).

5 D’après René Sief fert (1973, p. 76), « l’énu mé ra tion des ru briques fait pen‐

ser aux His toires Na tu relles de Pline  : rites shin tô, en sei gne ment boud‐

dhique, gou ver ne ment cor rect et mi nistres fi dèles, éti quette, lettres, poé sie, mu sique et danse, cal li gra phie, tech niques, piété fi liale, amour, vertu mi li‐

taire, armes, équi ta tion, lutte, pein ture, jeu de la balle au pied, jeux de ha‐

sard, vo leurs, his toires de bon au gure, peines et dou leurs, plai sirs et joies, que relles, his toires cu rieuses et ins truc tives, spectres, mé ta mor phoses, ali‐

ments et bois sons, plantes, pois sons et bes tioles, oi seaux et qua dru pèdes ».

6 Ta chi ba na no Na ri sue, 1986, p. 299-300.

SIEFFERT René, 1973, La Lit té ra ture ja po‐

naise, Paris, Pu bli ca tions Orien ta listes de France.

TACHIBANA no Na ri sue, 1986, Komon chomon- jû, t.  II, texte éta bli et an no té par K.  Ni shio et Y.  Ko baya shi, Tokyo, Shinchô- sha (en ja po nais).

TANAKA Ta ka ko, 2014, Neko no koten bun ga ku shi (Les chats dans la lit té ra ture clas sique ja po naise) Tokyo, Kô dan sha (en ja po nais).

WALTER Phi lippe (dir.), 2001, Le Livre du Graal, t. I, Paris, Gal li mard.

WATANABE Kôji, 2006, « La nais sance des fan tômes au Japon an tique  », dans F. Cran sac et R. Boyer (dir.), Fi gures du fan tas tique dans les contes et nou velles, Paris, Pu bli ca tions Orien ta listes de France, As so cia tion À la Ren contre d’Écri vains, p. 54-65.

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Le chat dans Kokon chomon-jû

7 Il s’agit de Mi na mo to no No bu suke (934-1012), un des fils de Mi na mo to no Kin ta da (889-948). No bu suke se fit moine du Go gan ji.

8 Il s’agit d’un chat d’ori gine étran gère, qui est ar ri vé sur un ba teau en pro‐

ve nance de Chine.

9 Il s’agit dans le boud dhisme d’un es prit ten ta teur qui es saie d’em pê cher les hommes de faire le bien.

10 Ta chi ba na no Na ri sue, 1986, p. 373.

11 Sous le règne de l’em pe reur Su to ku : 1135-1141.

12 Chûjô (lit té ra le ment « moyen gé né ral ») : on ap pe lait ainsi l’homme qui avait pour mis sion de veiller sur la sé cu ri té per son nelle de l’em pe reur. On peut pro po ser plu sieurs per son nages his to riques qui cor res pon draient à cette fonc tion parmi les quels on peut citer no tam ment Fu ji wa ra no Na ri mi‐

chi (1097-1162), Fu ji wa ra no Shi ge mi chi (1099-1161), Fu ji wa ra no Kin’nori (1103-1160), Fu ji wa ra no Sa ne hi ra (1100-1142), Fu ji wa ra no Sue na ri (1102-1165), Fu ji wa ra no Ta da mo to (1101-1156), Fu ji wa ra no No ri na ga (1109-?) et Fu ji wa ra no Tsu ne sa da (1100-1156). Mais on ne peut l’iden ti fier avec cer ti tude.

13 Il s’agit de la hau teur de puis les pieds jusqu’aux épaules.

14 S’agit- il d’une lu mière qui brillait sur le dos de ce chat du rant la nuit ? Si oui, ce phé no mène étrange signifie- t-il que le chat en ques tion a ac quis une force mys té rieuse grâce à sa lon gé vi té ? C’est bien pos sible.

15 Au jourd’hui en core, le chat est ré pu té avoir l’ha bi tude de s’ar ran ger pour que son pro prié taire ne puisse voir son ca davre.

16 Ta chi ba na no Na ri sue, 1986, p. 374.

17 Shiro veut dire « blanc » : il s’agi rait donc d’un chat blanc. Ce nom ap pa‐

rem ment ano din mé rite néan moins notre at ten tion, car, à part « Myôbu no Otodo », le nom donné à la chatte de l’em pe reur Ichi jô d’après Ma ku ra no sôshi, que nous avons pré cé dem ment men tion né, les chats éle vés comme ani maux do mes tiques por taient ra re ment un nom à l’époque concer née.

18 Cette ha bi tude de venir mon trer ses proies est consi dé rée de puis long‐

temps comme un trait ca rac té ris tique du chat. Mais pour quoi se comporte- t-il ainsi ? Cer tains pensent qu’il montre ainsi sa fier té tan dis que d’autres es timent plu tôt qu’il tente d’ap prendre aux hommes à pra ti quer la chasse.

Dans la pré sente anec dote, on ne peut de vi ner ce qui mo tive le chat. Mais son ha bi tude semble illus trer par fai te ment l’une des lois du boud dhisme qui in ter dit pré ci sé ment de tuer les ani maux.

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ABSTRACTS

Français

La fi gure du chat fait son ap pa ri tion dans la lit té ra ture ja po naise au

IX  siècle, mais son image évo lue ra de ma nière in at ten due à l’époque mé dié‐

vale. Des té moi gnages lit té raires du XI et du XII  siècle, tels que les Notes de che vet de Sei Shô na gon et Le Dit du Genji de Mu ra sa ki Shi ki bu, mon traient clai re ment l’in té rêt porté aux chats par les dames de cour. Pour tant, à par tir du XIII  siècle, le fé li dé fera au contraire l’objet d’une forme de « dia bo li sa‐

tion », et c’est cette di men sion plus in quié tante du chat que nous ai me rions évo quer ici, à tra vers trois exemples tirés du Kokon chomon- jû, vaste re cueil de contes et lé gendes. Cette œuvre mé con nue en Eu rope est at tri buée à Ta‐

chi ba na no Na ri sue et ache vée en 1254.

English

The fig ure of the cat made its ap pear ance in Ja pan ese lit er at ure in the 9th cen tury, but its image evolved un ex pec tedly in me di eval times. Lit er ary evid ence from the 11th and 12th cen tur ies, such as the Bed side Notes by Sei Shônagon and The Tale of Genji by Mur a s aki Shikibu clearly showed the in‐

terest of court women in cats. How ever, from the 13th cen tury, the fe line be came the ob ject of a form of “de mon iz a tion”, and it is this more dis turb ing di men sion of the cat that we would like to de scribe here, through three ex‐

amples taken from Kokon chomon- Jû, a vast col lec tion of tales and le gends.

This work, un known in Europe, has been at trib uted to Tachibana no Nar isue and was com pleted in 1254.

INDEX

Mots-clés

chats, Kokon chomon-jû, littérature japonaise, époque de Kamakura Keywords

cats, Kokon chomon-jû, Japanese literature, Kamakura period

AUTHOR

Kôji Watanabe

Université Chuo, Tokyo

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Le chat dans Kokon chomon-jû

TRANSLATORS

Kôji Watanabe Tomomi Yoshino Olivier Lorrillard

Références

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