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Bibliothèque numérique à l' Inra : Présentation du travail fait pour les fonds documentaires Thuret

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Academic year: 2021

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HAL Id: hal-02808810

https://hal.inrae.fr/hal-02808810

Submitted on 6 Jun 2020

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Bibliothèque numérique à l’ Inra : Présentation du travail fait pour les fonds documentaires Thuret

Catherine Thiolon

To cite this version:

Catherine Thiolon. Bibliothèque numérique à l’ Inra : Présentation du travail fait pour les fonds documentaires Thuret. 2013. �hal-02808810�

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documentaires Thuret (Actu ISt 5)

 

Merci à Mathieu Andro pour sa relecture attentive 

Problématique et méthode

Après l’échec, en 2008‐2009, du projet Binae, qui visait à constituer une bibliothèque numérique  commune sur l’agronomie et l’environnement avec le Cemagref, le Cirad , l’Inra et l’IRD, chacun des  organismes a repris sa liberté. Au niveau de l’Inra, le souhait est de conduire 1 ou 2 opérations  pilotes exemplaires sur des fonds patrimoniaux pour lancer la dynamique et aussi mettre au point  méthodologie et évaluation des besoins (en temps de travail, en budget).  

En raison de fonds connus, d’une certaine ambition, de volonté politique locale, les fonds de Paris et  de Thuret sont choisis pour conduire ces opérations pilotes. 

Paris car il existe de très beaux livres anciens illustrés (cf Denise Grail pour l’ancienne revue Inra  Mensuel, emprunts de Quae) et la volonté de Patricia Wattenberg, alors présidente du centre ;  une  archiviste Fanny Keller travaille sur place et le déménagement des ouvrages de la rue Jean Nicot vers  la rue de l’Université est annoncé pour janvier 2010 et rend urgent l’inventaire des collections. 

Thuret (ANTIBES) car il existe un projet global de valorisation de la villa Thuret (lieu, jardin,  collections documentaires, herbier) et sur place, une personne motivée, Catherine Ducatillon. 

Le fonds Paris est traité en premier, l’inventaire des ouvrages et périodiques est réalisé documents  en main, selon une feuille Excel mise au point, après discussion avec la BnF et au cours de premiers  essais. Les mêmes outils et méthodes, qui montrent leur efficacité, sont utilisés pour réaliser  l’inventaire de la villa Thuret.  

Le travail effectué sur le fonds Thuret ne peut être décrit sans parler du fonds Paris, ni de la BnF et de  sa politique vis‐à‐vis des partenaires associés. 

 

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Le fonds Thuret

La méthode de travail générale et utilisée pour Thuret s’articule en  3  phases : 

1. les travaux préliminaires : inventaire, cotation des documents et classement rationnel des  rayonnages, qualification « scientifique » du fonds (cohérence, lacunes), repérage de ce qui  est déjà numérisé et disponible sur le web. Ces travaux peuvent différer selon qu’il s’agit  d’une vraie bibliothèque avec personnel et lecteurs ou d’un fonds « mort » isolé. 

2. la numérisation : selon 2 procédures principales. Soit avec la BnF qui héberge les documents  à numériser sur sa chaîne (respecter alors la méthodologie de celle‐ci : fiche_état, code  barre, caisses normées, transport) ; soit  avec un prestataire propre (écriture d’un cahier des  charges avec un marché par exemple à bons de commande, choix d’un ou de plusieurs  prestataires, la mise en caisse, le transport aller et retour, le contrôle qualité …). 

3. la valorisation des livres numérisés, dans Gallica et autres sites, notamment internationaux,  avec le choix éventuel d’une plate‐forme propre et la conservation pérenne des fichiers (et  des ouvrages) 

Travaux préliminaires

La BnF souhaite avant tout travail d’inventaire que l’Inra procède à un « audit scientifique » pour  Thuret, dont l’objectif est de positionner ce fonds en termes d’intérêt scientifique (cohérence,  fiabilité, originalité) en vue de décider de la poursuite des travaux documentaires préalables à une  numérisation. Il s’agit de sélectionner les documents et thématiques participant à une cohérence  scientifique, noyau d’une bibliothèque de référence.  

Ce nouveau critère « d’intérêt scientifique » au‐delà du simple intérêt patrimonial est indispensable   maintenant  pour tout travail de  recherche  de subventions  pour  numériser  (BNF,  Ministères,  emprunts d’avenir, …). 

Ce sera fait en mars 2011 avec la SNHF, l’Amap de Montpellier, … Parmi tous les documents de la  villa Thuret sont sélectionnées les flores et monographies sur les plantes ; sont laissés de côté les  tirés à part, l’herbier (dont la réfection et la numérisation sont envisagées dans un autre projet) , des  livres dispersés sur la pathologie, la zoologie, la phytologie, bref tous les ouvrages nécessaires au  laboratoire de  Thuret  pour travailler mais dans des  collections  lacunaires sans recherche  de  cohérence, de label de référence. 

Suivant l’exemple du fonds Paris, un binôme est recruté à l’été 2011 et est chargé de réaliser  l’inventaire des monographies et des périodiques du fonds sélectionné, de coter chaque document  selon la classification Dewey (en écrivant sur un bandeau de papier spécial entourant le livre) et de  ranger_classer  les fonds  documentaires de façon cohérente ; une recherche systématique est faite  dans le catalogue de la BnF (présence du document dans les collections de la BnF via le dépôt légal  ou non) et dans Gallica (ce document est‐il déjà numérisé, par qui, BnF ou pôles associés,  et avec  quelle qualité), et ce afin de repérer les doublons. 

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Titres (notices) Volumes Anciens (avant 1950) 1071 1656

Anciens libres de droit

(avant 1900) 507 868 Précieux (armoire) 51 116

Périodiques 56 1638 Récents (après 1950) 134 134

Anciens, libres de

droits et précieux 558 984

 

A l’automne 2011, 2 séances de travail sont organisées avec le département de la coopération de la  BnF et la direction des Collections/Département Sciences/Sciences Naturelles. La BnF explique n’être  pas intéressée par le fonds Paris : constitué par diverses donations (notamment quand des stations  ferment, ex Beaune), il n’y a aucune cohérence scientifique. Ce n’est pas une bibliothèque organisée  en collections et il n’y a aucun lecteur. Par ailleurs, la BnF commence à numériser systématiquement  ses collections (cf Dépôt légal), et a de nombreux partenaires associés, dont le MNHN, l’Académie  des Sciences, des sociétés savantes comme la Société Nationale d’Horticulture de France, que  l’élimination des doublons est très chronophage  et qu’il y a trop peu de documents originaux pour  que cela vaille le coup (pour la BNF). 

En revanche, la BnF se montre très intéressée par le fonds Thuret.  

Au cours du premier semestre 2012, sont discutées la date et le volume du premier lot (80 000  pages, soit environ 20 caisses), le profil du personnel à recruter (une des étudiantes de l’été 2011  pendant un peu plus d’un  mois) en binôme avec un technicien de la Villa Thuret, l’organisation de la  sélection (par un spécialiste de la BnF qui viendra 2 jours sur place à Antibes), la formation du  personnel. 

Un contrat de partenariat est signé entre le BnF et le centre Inra de PACA. 

Les caisses partent mi‐août 2012 pour Bussy Saint‐Georges, site technique de la BnF où des contrôles  sont faits avant l’envoi des caisses aux prestataires de numérisation. Les traitements sont toujours en  cours en décembre 2012, comme d’ailleurs pour le premier lot de la bibliothèque historique sur  l’agronomie tropicale du Cirad. Les fichiers et le retour des caisses sont prévus début 2013, certains  documents de Thuret étant déjà visibles à la mi‐janvier (http://bit.ly/13lrzFx.). 

Les résultats acquis sur ces 2 opérations pilotes :

1. Une double méthodologie d’inventaire et de description des documents, y compris de leur  état physique en vue de leur numérisation. 

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2. La connaissance pour lancer une numérisation de fonds anciens documentaires (avec la BnF  ou seul) : constitution d’une caisse, impression de codes barres, tout pour tracer un 

document, … 

3. L’estimation juste du temps de travail1, des besoins en hommes, en financements. 

4. Pour Paris, un fichier d’inventaire complet, avec synthèse et note de lecture. Cet inventaire  des périodiques sera sans doute utilisé pour combler des lacunes des collections de la BnF et  de la SNHF. 

5. Pour Thuret, un fichier d’inventaire complet, avec synthèse et note de lecture ; et bientôt les  fichiers correspondants à environ 80 000 pages numérisées. 

Un bémol : ce travail de localisation d’une version numérisée fait à l’été 2010 ou 2011 est aujourd’hui  à refaire car la BnF numérise plus de 100 000 documents par an (et Google 10 à 20 fois plus). Autant il  était rationnel de regarder uniquement dans Gallica dans l’hypothèse d’alors de travailler avec la  BNF, autant il faudrait regarder maintenant dans tout internet (notamment Google Books, Internet  Archive et Biodiversity Heritage Library) pour savoir si un document est disponible de par le monde et  rapatrier le lien vers le document numérisé en texte intégral. Car il faut savoir que plus le temps passe  et plus de documents, même anciens, rares et précieux, sont numérisés et disponibles sur Internet. 

La fourchette des documents à numériser dans une collection inventoriée est de 5 à 10 % : la  numérisation proprement dite ne représente environ que 20 % du temps de travail, et très peu  d’argent (notamment en cas de subvention de la BNF) par rapport à l’ensemble des coûts humains et  de valorisation. 

La valorisation

Pour le fonds Thuret, l’Inra dispose de l’inventaire précis des fonds cotés et rangés, d’un premier lot  numérisé (sans doute suivi en 2013 d’un second lot numérisé à la BNF), et d’un autre par l’Inra pour  tous les documents imprimés à l’étranger et en langue étrangère (qui ne relèvent pas de la mission  de la BNF).  Se pose le problème de la diffusion et valorisation maximale de ces fonds numérisés. 

Un début de diffusion de tous ces fichiers (avec les notices correspondantes)   est envisagé dès la  réception des fichiers : dans Gallica, dans Biodiversity Heritage Library, Internet Archive (archiv.org),  Hortalia de la Société Nationale d’Horticulture de France2 …   Vérifier le bon référencement de ces  documents (qui reposent sur des métadonnées descriptives fiables) pour qu’un document soit  vraiment visible sur internet. Autant le moissonnage des métadonnées au protocole OAI est aisé,  autant le dépôt de fichiers est une opération longue. 

Il y a un double usage : accès par collection (entrée de l’internaute dans une vitrine), et accès par  document unitaire (suite à une recherche sur Google). Un projet est en cours de montage pour  diffuser aussi au niveau local sur le site de la villa Thuret et dans un éventuel espace « bibliothèque  numérique » de l’Inra   ( contacter [email protected]).   La question est posée et non  encore tranchée d’avoir un lien aux seuls fichiers corpus dans Gallica ou de gérer ses propres fichiers.  

      

1 En moyenne 10 m linéaires représentent 300 documents et 230 notices et il faut 7 jours de travail pour les 

cataloguer. 

2 Gallica (http://gallica.BnFBnF.fr/), Internet Archive (http://archive.org/index.php), BHL 

(http://www.biodiversitylibrary.org/), Hortalia (http://www.snhf.org/mediatheque/decouvrez‐la‐

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fonds. D’ailleurs, aucun autre fonds patrimonial de taille et de référence n’a été repéré par la DV/IST   à ce jour (Mathieu Andro est en relation avec le réseau IST).  

Zoom sur la politique actuelle de la BnF

Depuis le lancement de Gallica en 1998, la politique de la BnF a  évolué selon les marchés, en raison  de l’expérience avec les premiers partenaires, des budgets alloués à la BnF et des contraintes  imposées. Il faut suivre cette politique et surfer sur l’effet d’aubaine. 

 Dans le marché actuel de numérisation de masse 2011‐2015  (mais ce n’est certain que jusque fin 

2013), il est prévu d’accueillir des collections de partenaires associés pour 1/3 sur les chaînes dédiées  (extérieures) à la BNF. 100% du financement de numérisation est alors assuré par la BnF ; les  partenaires récupèrent les documents originaux papier, ainsi que tous les fichiers maîtres de  numérisation, avec la garantie d’archivage pérenne. Pour faciliter le travail, un lot (80 000 pages) doit  être homogène, d’une seule thématique et d’un seul propriétaire. Tous les travaux préliminaires, et  faisant suite aux livraisons des fichiers sont du ressort du partenaire. 

Sinon, pour des chaînes propres au partenaire (par exemple pour des documents étrangers ou des  documents précieux), la BnF peut subventionner jusqu’à hauteur de 70 %. Au‐delà de 2013, ce  pourcentage risque d’être ramené à 50 % ; comme c’était le cas avant 2011. 

 

En bref : à se rappeler

Il  existe un centre  de  compétences à l’Inra à la DV/IST pour  aider à  monter  un  projet  de  numérisation, vous aider à évaluer temps de travail et budget nécessaire, à organiser le travail  concret (Mathieu Andro). 

Aucun nouveau fonds important n’a actuellement été repéré à l’Inra. 

Pour tout fond, il y a peu de documents originaux à numériser, donc peu de coûts directs à engager. 

Vous serez sans doute étonnés de la nature des documents scientifiques trouvés  dans Gallica. 

Mais c’est un vrai travail assez ingrat à réaliser, en amont (inventaire), puis en aval (enrichir les  notices avec le lien vers le document intégral trouvé sur Internet, ou les fichiers de livres numérisés  en propre). 

Pour obtenir une aide financière, il faut que tout nouveau projet de numérisation d’une collection ou  d’un fonds ait  un intérêt scientifique actuel …. 

 

      Catherine Thiolon     

      [email protected] 

Références

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