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Representations p-adiques et equations differentielles

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HAL Id: tel-00003571

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Representations p-adiques et equations differentielles

Laurent Berger

To cite this version:

Laurent Berger. Representations p-adiques et equations differentielles. Mathématiques [math]. Uni-versité Pierre et Marie Curie - Paris VI, 2001. Français. �tel-00003571�

(2)

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Docteur de l’

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ESENTATIONS p-ADIQUES ET ´

EQUATIONS

DIFF ´

ERENTIELLES

soutenue le 17 Mai 2001 devant le jury compos´e de :

M. Pierre Berthelot

M. Bruno Chiarellotto

Rapporteur

M. Gilles Christol

M. Pierre Colmez

Directeur

M. Jean-Marc Fontaine

Rapporteur

(3)
(4)

Laurent Berger

REPR ´

ESENTATIONS p-ADIQUES ET

´

(5)

Laurent Berger

MS 050 Brandeis University, PO Box 549110, Waltham MA 02454-9110.

E-mail :[email protected]

Url :http://www.unet.brandeis.edu/˜laurent

Classification math´ematique par sujets (2000). — 11Gxx, 11Sxx, 12H25, 13K05, 14F30. Mots clefs. — P´eriodes p-adiques, repr´esentations p-adiques ordinaires, semi-stables, cris-tallines, de de Rham, monodromie p-adique, ´equations diff´erentielles p-adiques, isocristaux surconvergents, th´eorie de Hodge p-adique.

(6)

REPR ´

ESENTATIONS p-ADIQUES ET ´

EQUATIONS

DIFF ´

ERENTIELLES

Laurent Berger

R´esum´e. — Dans cet article, on montre comment associer `a toute repr´esentation p-adique V , via la th´eorie des (ϕ, ŴK)-modules de Fontaine, une ´equation diff´erentielle p-adique Drig(V ), c’est-`a-dire un module `a connexion sur l’anneau de Robba.

Cette construction permet de faire le lien entre la th´eorie des (ϕ, ŴK)-modules et la th´eorie de Hodge p-adique. On montre par exemple comment construire Dcris(V ) et Dst(V ) directement `a

partir de Drig(V ), ce qui permet de reconnaˆıtre les repr´esentations semi-stables ou cristallines ; la connexion est alors unipotente ou triviale. Alli´ee `a des techniques de la th´eorie des ´equations diff´erentielles p-adiques, l’´etude du module Drig(V ) permet en outre de donner une nouvelle d´emonstration d’un th´eor`eme de Sen caract´erisant les repr´esentations Cp-admissibles.

Finalement on peut utiliser les r´esultats pr´ec´edents pour ´etendre au cas d’un corps r´esiduel parfait quelconque des r´esultats de Hyodo (Hg1 = Hst1), de Perrin-Riou (sur la semi-stabilit´e des repr´esentations ordinaires), de Colmez (les repr´esentations absolument cristallines sont de hauteur finie), et de Bloch et Kato (si r ≫ 0, alors l’exponentielle de Bloch-Kato expV (r )est un isomorphisme) dont les d´emonstrations (dans le cas d’un corps r´esiduel fini) reposaient sur des consid´erations de dimensions de groupes de cohomologie galoisienne.

Abstract ( p-adic representations and differential equations). — In this paper, we associate to every p-adic representation V a p-adic differential equation Drig(V ), that is to say a module with a connection over the Robba ring. We do this via the theory of Fontaine’s (ϕ, ŴK)-modules. This construction enables us to relate the theory of (ϕ, ŴK)-modules to p-adic Hodge theory. We explain how to construct Dcris(V ) and Dst(V ) from Drig(V ), which allows us to

recog-nize semi-stable or crystalline representations; the connection is then either unipotent or trivial. Along with techniques from the theory of p-adic differential equations, the study of Drig(V ) allows us to give a new proof of Sen’s theorem characterizing Cp-admissible representations.

Finally we can use the previous results to extend to the case of arbitrary perfect residue fields some results of Hyodo (Hg1 = Hst1), of Perrin-Riou (the semi-stability of ordinary representa-tions), of Colmez (absolutely crystalline representations are of finite height), and of Bloch and Kato (if r ≫ 0, then Bloch-Kato’s exponential expV (r )is an isomorphism), whose proofs (for a finite residue field) relied on the study of dimensions of Galois cohomology groups.

(7)
(8)

REMERCIEMENTS

Je voudrais tout d’abord remercier Pierre Colmez, qui a dirig´e ce travail, pour avoir partag´e avec moi ses id´ees et ses connaissances, et pour m’avoir consacr´e beaucoup de son temps et de son ´energie. Son cours sur les fonctions L p-adiques a ´et´e mon introduction aux anneaux de p´eriodes, et m’a donn´e envie d’explorer cette voie. Je suis tr`es heureux qu’il ait accept´e de diriger mon m´emoire de DEA, puis ma th`ese, sur ce sujet.

Durant mes recherches, Gilles Christol a r´epondu `a mes nombreuses questions sur les ´equations diff´erentielles p-adiques ; je suis content qu’en plus, il fasse partie de mon jury, et je l’en remer-cie. Bruno Chiarellotto et Jean-Marc Fontaine se sont acquitt´es d’une tˆache peu s´eduisante : ils ont accept´e d’ˆetre les rapporteurs de ce travail, et de plus de faire partie du jury. Je leur en suis tr`es reconnaissant. Pierre Berthelot a r´epondu `a mes questions sur la cohomologie rigide ; je le remercie, ainsi que Jean-Pierre Wintenberger, d’ˆetre membre de mon jury.

Pendant les trois ans qu’il m’a fallu pour mener `a bien ce travail, j’ai ´et´e soutenu financi`erement par plusieurs institutions, que je remercie de leur accueil :

(1) L’ ´Ecole Normale Sup´erieure de la rue d’Ulm, o`u j’´etais dans ma derni`ere ann´ee de sco-larit´e ;

(2) l’University of Massachusetts, Amherst, dont le d´epartement de math´ematiques, dirig´e par Don St. Mary, m’a tr`es gentiment accueilli pendant une ann´ee ;

(3) le d´epartement de math´ematiques de Brandeis University, dirig´e par Gerald Schwarz, o`u je vais rester faire ma coop´eration en travaillant avec Fred Diamond.

Je voudrais aussi remercier pour leur soutien et leur aide : Jeff Achter, Christophe Breuil, Clifton Cunningham, Fred Diamond, Adrian Iovita, Peter Norman et Glenn Stevens.

Il en va de mˆeme pour ma famille et mes amis, et bien sˆur pour Mirela.

(9)
(10)

TABLE DES MATI `

ERES

Remerciements . . . vii

Introduction . . . 11

0.1. G´en´eralit´es et notations . . . 11

0.2. Th´eorie de Hodge p-adique et (ϕ, ŴK)-modules . . . 12

0.3. Structures diff´erentielles sur les (ϕ, ŴK)-modules . . . 13

0.4. Extensions de repr´esentations semi-stables . . . 14

0.5. Plan de l’article . . . 15

I. Rappels et notations . . . 17

I.1. Le corps eE et ses sous-anneaux . . . 17

I.2. L’anneau BdRet ses sous-anneaux . . . 19

I.3. L’anneau eB et ses sous-anneaux . . . 20

II. Les anneaux eBrig et eBlog . . . 23

II.1. Les anneaux eAI . . . 23

II.2. Plongement des eAI dans B+dR . . . 27

II.3. Les anneaux eBrig . . . 29

II.4. Les anneaux eB†,rlog et leurs plongements dans B+dR . . . 31

(11)

x TABLE DES MATI `ERES

II.6. L’anneau Brig,K . . . 34

III. Application aux repr´esentations p-adiques . . . 37

III.1. R´egularisation par le Frobenius . . . 37

III.2. Repr´esentations semi-stables . . . 38

III.3. Repr´esentations cristallines et repr´esentations de hauteur finie . . . 41

IV. Propri´et´es de B†,rrig,K . . . 45

IV.1. L’op´erateur ∇ . . . 45

IV.2. Inversion de 1 − γK . . . 47

IV.3. Dualit´e dans Brig,K . . . 49

V. Structures diff´erentielles sur les (ϕ, ŴK)-modules . . . 51

V.1. L’op´erateur ∇V . . . 51

V.2. Application aux repr´esentations semi-stables . . . 53

V.3. Les modules DSen(V ) et Ddif(V ) . . . 54

V.4. Repr´esentations Cp-admissibles . . . 56

VI. Extensions de repr´esentations semi-stables . . . 61

VI.1. Cohomologie galoisienne et (ϕ, ŴK)-modules . . . 62

VI.2. R´eduction au cas o`u k est alg´ebriquement clos . . . 63

VI.3. Semi-stabilit´e des repr´esentations ordinaires . . . 65

VI.4. Extensions de repr´esentations semi-stables . . . 66

VI.5. L’exponentielle de Bloch-Kato . . . 70

Diagramme des anneaux de p´eriodes . . . 73

Index des notations . . . 75

(12)

INTRODUCTION

0.1. G´en´eralit´es et notations

Dans tout cet article k est un corps parfait de caract´eristique p, et F est le corps des fractions de l’anneau des vecteurs de Witt `a coefficients dans k. Soit K une extension finie totalement ramifi´ee de F , ce qui fait que le corps r´esiduel de K s’identifie `a k et que le corps K est complet pour la valuation vpqui ´etend celle de F . Soit Cple compl´et´e d’une clˆoture alg´ebrique K de K . On s’int´eressera aux repr´esentations p-adiques V du groupe de Galois absolu GK = Gal(K /K ) c’est-`a-dire aux Qp-espaces vectoriels de dimension finie d munis d’une action lin´eaire et continue de GK.

J-M. Fontaine a construit dans [20] une ´equivalence de cat´egories V 7→ D(V ) entre la cat´egorie de toutes les repr´esentations de GK et la cat´egorie des (ϕ, ŴK)-modules ´etales (le foncteur inverse est not´e D 7→ V(D)). Un (ϕ, ŴK)-module est un espace vectoriel de dimension finie sur un corps local BK de dimension 2 muni d’une action semi-lin´eaire d’un Frobenius ϕ et d’une action semi-lin´eaire de ŴK commutant `a celle de ϕ. Un tel module est ´etale si ϕ est de pente 0 (✁ unit root✂ ). Le corps BK est isomorphe (non canoniquement) `a l’anneau des

s´eriesPk∈ZakTk en l’ind´etermin´ee T o`u la suite ak est une suite born´ee d’´el´ements de F et limk→+∞a−k = 0. L’action de ϕ et de ŴK est assez compliqu´ee en g´en´eral mais si K est non-ramifi´e (K = F ), alors on peut choisir T de telle sorte que ϕ(T ) = (1 + T )p − 1 et

γ (T ) = (1 + T )χ (γ ) −1 (dans le corps du texte, T est ´egal `a un ´el´ement πK construit via la th´eorie du corps des normes et l’action de ϕ et de ŴK provient d’une action naturelle ; si K = F , on a πK = π =[ε] − 1).

L’anneau BK est assez d´esagr´eable mais il contient l’anneau BK des s´eries surconvergentes, c’est-`a-dire l’anneau des s´eries A(T ) =Pk∈ZakTk o`u la suite ak est une suite born´ee d’´el´e-ments de F et il existe r < 1 tel que la s´erie A(T ) converge sur une couronne non-vide du type

(13)

12 INTRODUCTION

par extension des scalaires d’un ✁ module surconvergent✂ ; plus pr´ecis´ement on a le r´esultat

suivant

Th´eor`eme 0.1. — Si D est un (ϕ, ŴK)-module ´etale, alors l’ensemble des sous-BK-modules libres de type fini stables par ϕ et ŴK admet un plus grand ´el´ement Det on a D = BKB

K

D.

Le fait que l’ensemble des sous-BK-modules libres de type fini stables par ϕ et ŴK admet un plus grand ´el´ement est un r´esultat de Cherbonnier [5], et moyennant ce r´esultat, le th´eor`eme est ´enonc´e dans [6] de mani`ere duale (via le foncteur D 7→ V(D)) sous la forme ✁ toute

repr´esentation de GK est surconvergente✂ . Grˆace `a ce r´esultat, on va pouvoir tensoriser

au-dessus de BK avec l’anneau de Robba Brig,K (apparaissant dans les th´eorie des ´equations diff´erentielles p-adiques), constitu´e des s´eries A(T ) =Pk∈ZakTk telles que akF et qu’il existe r < 1 tel que la s´erie A(T ) converge sur une couronne non-vide du type {z ∈ Cp,r <

|z| < 1} (sans condition de croissance au voisinage de {z ∈ Cp, |z| = 1}). Ceci va nous permettre, si V est une repr´esentation p-adique de GK, d’une part de retrouver les invariants

Dcris(V ) et Dst(V ) associ´es `a V par la th´eorie de Hodge p-adique et, d’autre part, en utilisant

l’action infinit´esimale de ŴK, d’associer `a V un module `a connexion Drig(V ) sur l’anneau de Robba Brig,K. Cet article rassemble un certain nombre de r´esultats que l’on peut obtenir via l’´etude de ce module `a connexion : caract´erisation des repr´esentations absolument cristallines, semi-stables, de de Rham et Cp-admissibles et applications `a la conjecture de ✁ monodromie

p-adique✂ .

0.2. Th´eorie de Hodge p-adique et (ϕ, ŴK)-modules

Soient Blog,K =Brig,K[log(T )] (anneau muni des actions ´evidentes de ϕ et de ŴK), Drig(V ) =

Brig,KBK D(V ) et D† log(V ) = Blog,KBK D

(V ). Si V est une repr´esentation p-adique

de GK, soient Dcris(V ), Dst(V ) et DdR(V ) les modules associ´es `a V par la th´eorie de Hodge p-adique. Le premier r´esultat est que l’on peut retrouver ces modules

Th´eor`eme 0.2. — Si V est une repr´esentation p-adique de GK, alors

Dst(V ) = (Dlog(V )[1/t ])ŴK et Dcris(V ) = (Drig(V )[1/t ])ŴK.

De plus :

(1) si V est une repr´esentation semi-stable, alors

D†(V ) ⊗B

K

(14)

0.3. STRUCTURES DIFF ´ERENTIELLES SUR LES (ϕ, ŴK)-MODULES 13

(2) si V est une repr´esentation cristalline, alors

D†(V ) ⊗BK Brig,K[1/t ] = Dcris(V ) ⊗F Brig,K[1/t ]

Dans l’´enonc´e ci-dessus le t qui apparaˆıt est un ´el´ement de Brig,K sur lequel ŴK agit via γ (t ) =

χ (γ )t et tel que ϕ(t ) = pt ; si K = F , on a t = log(1 + T ).

Les modules Dcris(V ) et Dst(V ) sont naturellement munis d’un Frobenius ϕ, d’un op´erateur de

monodromie N et d’une filtration. Le th´eor`eme pr´ec´edent permet de retrouver les actions de ϕ et N , mais la recette permettant de retrouver la filtration est suffisament peu ragoˆutante pour ne pas ˆetre explicit´ee dans cet article.

Un corollaire de ce th´eor`eme est le r´esultat suivant :

Corollaire 0.3. — Si V est une repr´esentation cristalline de GF, alors V est de hauteur finie.

Ce r´esultat avait ´et´e conjectur´e par Fontaine (voir [20, 40]) et d´emontr´e par Colmez de mani`ere tr`es d´etourn´ee (la d´emonstration utilisait deux versions [11, 7] de la d´emonstration de la loi de r´eciprocit´e conjectur´ee par Perrin-Riou [29]) dans le cas d’un corps r´esiduel fini. La d´emonstra-tion donn´ee dans cet article utilise `a la place le th´eor`eme ci-dessus et un r´esultat d’analyse

p-adique d´emontr´e par Kedlaya [25]. Signalons que Benois [2] a par ailleurs d´emontr´e la loi de r´eciprocit´e de Perrin-Riou pour les repr´esentations cristallines de hauteur finie ce qui, com-bin´e avec le r´esultat ci-dessus, fournit une d´emonstration de cette loi de r´eciprocit´e dans le cas g´en´eral, n’utilisant que la th´eorie des (ϕ, ŴK)-modules, r´ealisant ainsi un programme de Fontaine.

0.3. Structures diff´erentielles sur les (ϕ, ŴK)-modules

Soit γ un ´el´ement de ŴK assez proche de 1. La s´erie qui d´efinit log(γ )/ log(χ (γ )) converge vers un op´erateur diff´erentiel ∇ ; si K = F on a ∇ = log(1 + T )(1 + T )d Td . Si B†,rn

rig,K est

l’anneau des s´eries convergeant sur la couronne { p1/eKrn |z| < 1} (o`u e

K = [K: F∞]

et rn = (p − 1) pn−1), alors ∇ stabilise B†,rrig,Kn pour n assez grand et on dispose de plus de morphismes injectifs ιn : B†,rrig,KnKn[[t ]] qui v´erifient ιn◦ ∇ =tdtd ◦ ιn.

Ce qui pr´ec`ede correspond au cas de la repr´esentation triviale et, plus g´en´eralement, si V est une repr´esentation p-adique de GK et si γ est un ´el´ement de ŴK assez proche de 1, la s´erie qui d´efinit log(γ )/ log(χ (γ )) converge vers un op´erateur diff´erentiel ∇V de Drig(V ) au-dessus de

(15)

14 INTRODUCTION

ce qui permet d’associer `a toute repr´esentation p-adique de GK un module diff´erentiel sur une couronne.

En localisant en ζ − 1 (o`u ζ est un racine primitive d’ordre pn de l’unit´e), ce qui revient `a consid´erer l’application ιn : D†,rrign(V ) → (B+dRQpV )

HK, on retombe sur le module diff´erentiel consid´er´e par Fontaine dans [21, chap. 3], ce qui permet en particulier de retrouver le module

DdR(V ) `a partir du noyau de cette connexion. En utilisant l’application θ : B+dRCp, on retombe sur le module de Sen ; la connexion devenant un op´erateur Kn-lin´eaire dont les valeurs propres sont les ✁ poids de Hodge-Tate g´en´eralis´es✂ . En particulier, V est Cp-admissible (ce

qui ´equivaut `a V de Hodge-Tate et tous ses poids de Hodge-Tate sont nuls) si et seulement si cet op´erateur est nul. Utilisant ce fait et des techniques d’´equations diff´erentielles p-adiques (plus pr´ecis´ement un th´eor`eme de Tsuzuki [8, 39]) on obtient une d´emonstration du r´esultat suivant, dˆu `a Sen [33], qui caract´erise les repr´esentations Cp-admissibles :

Th´eor`eme 0.4. — Si V une repr´esentation p-adique de GK, alors les deux conditions sui-vantes sont ´equivalentes :

(1) V est Cp-admissible ;

(2) le sous-groupe d’inertie de GK agit sur V `a travers un quotient fini.

Finalement, il sort essentiellement du th´eor`eme 0.2 que

Th´eor`eme 0.5. — Soit V une repr´esentation p-adique, alors il existe n tel que la restriction de

V `a GK (µpn)est semi-stable (respectivement cristalline) si et seulement si ∇V est une connexion

unipotente (respectivement triviale) sur Drig(V )[1/t ].

0.4. Extensions de repr´esentations semi-stables

Si l’on combine les diff´erentes techniques ´evoqu´ees ci-dessus et le calcul de la cohomologie galoisienne des repr´esentations p-adiques [22, 7] on peut d´emontrer les deux r´esultats suivants : Th´eor`eme 0.6. — (1) Toute repr´esentation ordinaire de GK est semi-stable ;

(2) une extension de deux repr´esentations semi-stables qui est de de Rham est elle-mˆeme semi-stable ( Hg1= Hst1 ✁

).

Ces deux r´esultats ´etaient connus dans le cas d’un corps r´esiduel fini, o`u on peut les d´eduire de calculs de dimension de groupes de cohomologie galoisienne (ce qui n’est plus possible si le corps r´esiduel n’est pas fini).

(16)

0.5. PLAN DE L’ARTICLE 15

Le premier avait ´et´e d´emontr´e dans ce cas l`a par Perrin-Riou [28, 29, 30] comme corollaire des calculs de Bloch et Kato [4] et le deuxi`eme par Hyodo [23, 27]. Le mˆeme genre de m´ethodes permet de montrer que si V est une repr´esentation semi-stable de GK, alors quand r ≫ 0, l’exponentielle de Bloch-Kato expV (r ) : DdR(V (r )) → H1(K , V (r )) est un isomorphisme,

r´esultat d´emontr´e par Bloch et Kato dans le cas d’un corps r´esiduel fini via des arguments de dimension.

Mentionnons que l’on conjecture que toute repr´esentation de de Rham est potentiellement semi-stable (conjecture de ✁ monodromie p-adique[19]) ce qui a ´et´e d´emontr´e par Fontaine (non

publi´e) en dimension 2. Le (2) du th´eor`eme 0.6 permet de ramener cette conjecture au cas irr´eductible. On peut esp´erer que les techniques d´evelopp´ees dans ce texte permettront de ra-mener cette conjecture aux conjectures du mˆeme nom de la th´eorie des ´equations diff´erentielles

p-adiques [16, 25, 38, 1].

0.5. Plan de l’article

Cet article comporte six chapitres (§) subdivis´es en no. Le premier § est consacr´e `a des rappels sur les repr´esentations p-adiques et les anneaux de Fontaine. Dans le deuxi`eme on donne la construction des anneaux eBriget eBlog, qui sont fondamentaux pour ce qui suit. On donne dans le troisi`eme § une application de ces constructions : comment retrouver Dcris(V ) et Dst(V ) `a partir du (ϕ, ŴK)-module D(V ). Le quatri`eme § est consacr´e `a l’´etude de la connexion ∇ sur l’anneau Brig,K, ce qui permet de d´efinir dans le cinqui`eme § l’´equation diff´erentielle associ´ee `a une repr´esentation p-adique ; on donne des applications `a la th´eorie de Fontaine et `a la th´eorie de Sen. Enfin dans le sixi`eme § on montre que les constructions pr´ec´edentes permettent de d´emontrer que certaines repr´esentations sont semi-stables.

Le th´eor`eme 0.2 est la r´eunion du th´eor`eme III.6 et de la proposition III.7. Le corollaire 0.3 est l’objet du th´eor`eme III.9, le th´eor`eme 0.4 correspond `a la proposition V.11 et le th´eor`eme 0.5 `a la proposition V.6. Le premier point de 0.6 est d´emontr´e dans le noVI.3 et le deuxi`eme point dans le noVI.4. Cet article comporte deux appendices pour le rendre plus lisible : un diagramme des anneaux de p´eriodes, et un index des notations.

(17)
(18)

CHAPITRE I

RAPPELS ET NOTATIONS

Ce § est enti`erement constitu´e de rappels sur la th´eorie des repr´esentations p-adiques. On se reportera `a [6, 7, 11, 18, 19, 20] ou aussi [14] pour la d´emonstration des faits qui sont rap-pel´es ici. Pour ce qui est de la th´eorie des ´equations diff´erentielles p-adiques et des isocristaux surconvergents, le lecteur pourra se reporter `a [9, 10, 16, 25, 38, 39].

La principale strat´egie pour ´etudier les repr´esentations p-adiques d’un groupe G est de cons-truire des Qp-alg`ebres topologiques B munies d’une action du groupe G et de structures suppl´e-mentaires de telle mani`ere que si V est une repr´esentation p-adique, alors DB(V ) = (B ⊗Qp

V )G est un BG-module qui h´erite de ces structures, et que le foncteur qui `a V associe DB(V ) fournisse des invariants int´eressants de V . On dit qu’une repr´esentation p-adique V de G est B-admissible si on a B ⊗Qp V ≃ B

d en tant que G-modules.

I.1. Le corps eE et ses sous-anneaux

Soit k un corps parfait de caract´eristique p, F le corps des fractions de l’anneau des vecteurs de Witt sur k et K une extension finie totalement ramifi´ee de F . Soit F une clˆoture alg´ebrique de F et Cp = bF sa compl´etion p-adique. On pose GK = Gal(K /K ), c’est aussi le groupe des automorphismes continus K -lin´eaires de Cp. Le corps Cpest un corps complet alg´ebriquement clos de corps r´esiduel Cp/ Cp = k. On pose aussi Kn = K (µpn)et K∞ est d´efini comme ´etant la r´eunion des Kn. Soit HK le noyau du caract`ere cyclotomique χ : GKZp et ŴK = GK/HK le groupe de Galois de K∞/K qui s’identifie via le caract`ere cyclotomique `a un sous groupe ouvert de Zp. Soient eE = lim ←− x7→xp Cp= {(x(0),x(1), · · · ) | (x(i +1))p = x(i )}

(19)

18 CHAPITRE I. RAPPELS ET NOTATIONS

et eE+l’ensemble des x ∈ eE tels que x(0)∈ Cp. Si x = (x

(i ))et y = (y(i ))sont deux ´el´ements de eE, alors on d´efinit leur somme x + y et leur produit x y par :

(x + y)(i ) = lim j →∞(x

(i + j )+y(i + j ))pj et (x y)(i ) = x(i )y(i )

ce qui fait de eE un corps de caract´eristique p dont on peut montrer qu’il est alg´ebriquement clos.

Si x = (x(n))n 0 ∈ eE soit vE(x) = vp(x(0)). C’est une valuation sur eE pour laquelle celui-ci est complet ; l’anneau des entiers de eE est eE+ et l’id´eal maximal est eE = {x ∈ eE, vE(x) > 0}.

Soit eA+ l’anneau W (eE+) des vecteurs de Witt `a coefficients dans eE+ et eB+ = eA+[1/ p] =

{Pk≫−∞ pk[xk], xk ∈ eE+} o`u [x] ∈ eA+ est le rel`evement de Teichm¨uller de x ∈ eE+. Cet anneau est muni d’une application θ : eB+ →Cpd´efinie de la mani`ere suivante :

θ X k 0 pk[xk] ! =X k 0 pkxk(0) Soient ε = (ε(i )) ∈ eE+ avec ε(0) = 1 et ε(1) 6= 1, π = [ε] − 1, πn = [εpn ] − 1, ω = π/π1

et q = ϕ(ω) = ϕ(π )/π . Alors ker(θ ) est l’id´eal principal engendr´e par ω. De mˆeme soit

ep = ( p(n)) ∈ eE+ avec p(0)= p, alors ker(θ ) est aussi engendr´e par [ep] − p.

Remarquons que ε est un ´el´ement deeE+tel que vE(ε−1) = p/( p−1). On pose EF =k((ε−1)) et on d´efinit E comme ´etant la clˆoture s´eparable de EF dans eE ainsi que E+ = E ∩ eE+ et

E = E ∩ eE l’anneau des entiers et l’id´eal maximal de E. On renvoie `a [7, p. 243] pour

une application de la th´eorie du corps de normes [42] `a la construction d’une application ιK : lim

←− Kn → eE

+ de la limite projective des

Kn relativement aux applications normes dans eE

+ dont la principale propri´et´e est la suivante :

Proposition I.1. — L’application ιK induit une bijection de lim Kn sur l’anneau des entiers E+K de EK =EHK.

On remarquera que la proposition ci-dessus est ´enonc´ee dans [7, I.1.1] avec la restriction suppl´e-mentaire que K /Qp est finie mais ceci n’est pas n´ecessaire (en revanche il est important que K /F soit finie).

De plus on peut montrer de la mˆeme mani`ere que EK est une extension finie s´eparable de

EF de degr´e eK = [K: F] et de groupe de Galois HF/HK et que le groupe de Galois Gal(E/EK)s’identifie `a HK. Enfin E+K est un anneau de valuation discr`ete de la forme k[[πK]] o`u πK = ιKK)est l’image d’une suite ̟K d’uniformisantes compatibles pour les normes des Kn.

(20)

I.2. L’ANNEAU BdRET SES SOUS-ANNEAUX 19

I.2. L’anneau BdRet ses sous-anneaux

L’anneau B+dR est d´efini comme ´etant le compl´et´e pour la topologie ker(θ )-adique deeB+ (on remarquera que eA+ est complet pour cette topologie) :

B+dR=lim

←−

n 0

eB+/(ker(θ )n)

c’est un anneau de valuation discr`ete, d’id´eal maximal ker(θ ) ; la s´erie qui d´efinit log([ε]) converge dans B+dR vers un ´el´ement t , qui est un g´en´erateur de l’id´eal maximal, ce qui fait que BdR = B+dR[1/t ] est un corps, muni d’une action de GF et d’une filtration d´efinie par Fili(BdR) =tiB+dRpour i ∈ Z.

On dit qu’une repr´esentation V de GK est de de Rham si elle est BdR-admissible ce qui ´equivaut

`a ce que le K -espace vectoriel DdR(V ) = (BdR⊗Qp V )

GK est de dimension d = dim

Qp(V ). L’anneau B+max est d´efini comme ´etant

B+max = {X

n 0 an

ωn

pn o`u an ∈ eB

+ est une suite qui tend vers 0}

et Bmax = B+max[1/t ]. On peut d’ailleurs remplacer ω par n’importe quel g´en´erateur de ker(θ ),

par exemple [ep] − p. Cet anneau se plonge canoniquement dans BdR(les s´eries d´efinissant ses

´el´ements convergent dans BdR) et en particulier il est muni de l’action de Galois et de la filtration

induites par celles de BdR, ainsi que d’un Frobenius ϕ, qui ´etend l’application ϕ :eA+ → eA+

d´eduite de x 7→ xp dans eE+. On remarquera que ϕ ne se prolonge pas par continuit´e `a BdR.

On pose eB+rig = ∩+∞n=0ϕn(B+max)(on remarquera que l’anneau eB+rigest l’anneau B+contde [11]). La notation s’explique par le fait que l’on a un isomorphisme [3] eB+rig = Hrig0 ( K,W (k)).

On dit qu’une repr´esentation V de GK est cristalline si elle est Bmax-admissible ou, ce qui

revient au mˆeme, eB+rig[1/t ]-admissible ; ceci ´equivaut `a ce que le F -espace vectoriel

Dcris(V ) = (Bmax⊗Qp V )

GK = (eB+

rig[1/t ] ⊗Qp V )

GK

est de dimension d = dimQp(V ). Alors Dcris(V ) est muni d’un Frobenius et d’une filtration induits par ceux de Bmax, et (BdR⊗Qp V )

GK = D

dR(V ) = K ⊗F Dcris(V ) ce qui fait qu’une

repr´esentation cristalline est aussi de de Rham.

La s´erie qui d´efinit log(π(0)) + log([π ]/π(0)) (apr`es avoir choisi log( p) et o`u π = ε − 1) converge dans B+dRvers un ´el´ement log[π ] qui est transcendant sur Frac B+max et on pose Bst =

Bmax[log[π ]] et eB+log = eB+rig[log[π ]]. On dit qu’une repr´esentation V est semi-stable si elle

(21)

20 CHAPITRE I. RAPPELS ET NOTATIONS F -espace vectoriel Dst(V ) = (Bst⊗Qp V ) GK = (eB+ log[1/t ] ⊗Qp V ) GK

est de dimension d = dimQp(V ). Alors Dst(V ) est muni d’un Frobenius, d’une filtration et d’un op´erateur de monodromie N = −d/d log[π ] qui v´erifie N ϕ = pϕ N (voir [37] pour une justification du signe✁ −✂ ), et (BdR⊗Q

p V )

GK = DdR(V ) = K ⊗F Dst(V ). De plus V est cristalline si et seulement si elle est semi-stable et N = 0 sur Dst(V ). On utilisera aussi le

F -espace vectoriel D+st(V ) = (eB+logQp V )

GK.

I.3. L’anneau eB et ses sous-anneaux

Soit eA l’anneau des vecteurs de Witt `a coefficients dans eE et eB = eA[1/ p]. Soit AF le compl´et´e de F[π, π−1] dans eA+ pour la topologie de celui-ci, c’est aussi le compl´et´e p-adique de

F[[π ]][π−1]. C’est un anneau de valuation discr`ete complet dont le corps r´esiduel est EF. Soit B le compl´et´e de l’extension maximale non ramifi´ee de BF =AF[1/ p] dans eB. On d´efinit alors A = B ∩ eA et A+ = A ∩ eA+. Ces anneaux sont munis d’une action de Galois et d’un Frobenius d´eduits de ceux deeE. On pose AK = AHK et BK = AK[1/ p]. Quand K = F les deux d´efinitions co¨ıncident.

Si V est une repr´esentation p-adique de GK soit D(V ) = (B ⊗Qp V )

HK. On sait [20] que D(V ) est un BK-espace vectoriel de dimension d = dim(V ) muni d’un Frobenius et d’une action r´esiduelle de ŴK qui commutent (c’est un (ϕ, ŴK)module) et que l’on peut r´ecup´erer V grˆace `a la formule V = (D(V ) ⊗BK B)

ϕ=1.

Le corps B est une extension totalement ins´eparable (✁ radicielle✂ ) de degr´e p de ϕ(B). Le

Frobenius ϕ : B → B est injectif, mais n’est donc pas surjectif, et il est utile d’en d´efinir un inverse `a gauche par la formule : ψ(x) = ϕ−1(p−1TrB/ϕ(B)(x)).

Tout ´el´ement deeB peut s’´ecrire de mani`ere unique sous la formePk≫−∞ pk[xk] o`u les xksont des ´el´ements deeE. On d´efiniteB†,0= eB+ et, si r > 0, on pose

eB†,r = {x ∈ eB, lim

k→+∞vE(xk) +

pr

p − 1k = +∞}

Si r ∈ R on d´efinit n(r ) comme ´etant le plus petit entier n tel que r nr= pn−1(p − 1). La s´eriePk≫−∞ pk[xk] converge dans BdRsi et seulement si la s´eriePk≫−∞ pkx

(0)

k converge dans Cp. On en d´eduit notamment pour n entier tel que pn−1(p − 1) r une application injective ιn = ϕ−n : eB†,rB+dR qui envoie Pk≫−∞ pk[xk] sur la somme de la s´erie

P k≫−∞ pk[x pn k ] dans B + dR. Soient B †,r = B ∩ eB†,r, eB= ∪ r 0eB†,r et B† = ∪r 0B†,r.

(22)

I.3. L’ANNEAU eB ET SES SOUS-ANNEAUX 21

Enfin eA†,r est l’ensemble des x ∈ eB†,r tels qu’en plus, vE(xk) + p−1pr k 0, A†,r = eA†,rA, et

A†= eA†∩A o`u eA†= eB†∩ eA.

Remarque I.2. — La notation adopt´ee ici diff`ere un peu de celle de [6, 7]. Ce que nous appe-lons eB†,r (repectivement eB†,rn) y est not´eeB

r− (respectivement eB

†,n).

On dit qu’une repr´esentation p-adique V est surconvergente si D(V ) poss`ede une base sur BK constitu´ee d’´el´ements de D†(V ) = (B†⊗Qp V )

HK. Rappelons le r´esultat principal [6, 7] `a ce sujet :

Th´eor`eme I.3. — Toute repr´esentation V de GK est surconvergente, c’est- `a-dire qu’il existe r (V ) tel que D(V ) = BKB†,r (V )

K

D†,r (V )(V ). De plus il existe s(V ) tel que D(V )ψ =1 ⊂

D†,s(V )(V ).

Si on applique le deuxi`eme point `a la repr´esentation triviale, on en d´eduit par exemple qu’il existe s(Qp) tel que Bψ =K 1 ⊂ B

†,s(Qp)

K . On a d’autre part une description assez pr´ecise des anneaux B†,rK , comme le montre la proposition suivante :

Proposition I.4. — Il existe n(K ) ∈ N et πKA

†,rn(K )

K dont l’image modulo p est une unifor-misante πK de EK. Si r rn(K ), alors tout ´el´ement x ∈ B†,rK peut s’´ecrire x = Pk∈ZakπKk o`u akF et o`u la s´erie Pk∈ZakTk est holomorphe et born´ee sur la couronne ouverte

{p1/eKr < |T | < 1} et converge sur le bord int´erieur.

Afin de montrer le th´eor`eme I.3 un ingr´edient important est la construction d’applications de

✁ d´ecompl´etion✂ mRque nous allons d´ecrire plus en d´etail. On a des inclusions B

†,r

K ⊂ eB

†,r

K et

pour m 1 ϕ−m(B†,rK ) ⊂ eB†,rK , qui v´erifient [6, III.2] :

Proposition I.5. — Ces inclusions admettent des sections continues R0 : eB†,rKB†,rK et pour

m 1 Rm : eB†,rK → ϕ−m(B†,rK ). Soit Rm∗ = RmRm−1. Alors il existe n0(K ) tel que si n n0(K ), a ∈ Z, x ∈ πaeA†,rn K , alors : R0(x) ∈ πaA†,rn K et Rm(x) ∈ π a ϕ−m((A†,rK n+m)ψ =0)

On a de plus les propri´et´es suivantes : (1) R0◦ ϕm = ϕmRm;

(2) Rm et les Rkpour k m + 1 sont ϕ−m(BK)-lin´eaires ; (3) si x ∈ eAK, alors x = limm→+∞ Rm(x) dans eAK.

(23)
(24)

CHAPITRE II

LES ANNEAUX e

B

rig

ET e

B

log

Soit α < 1 et αF(X ) l’ensemble des s´eriesPk∈ZakXk avec akF une suite born´ee telle que tout ρ ∈ [α; 1[ on ait limk→±∞|akk =0. Les rappels du § pr´ec´edent montrent que, si r ∈ R et α(K , r ) = p1/eKr, l’application f 7→ f (π

K)de α(K ,r )F dans B†,rK est un isomorphisme. Soit ✁

α

F(X ) l’ensemble des s´eries

P

k∈ZakXk avec akF et telles que tout ρ ∈ [α; 1[, limk→±∞|akk =0. Alors ∪α<1✁

α

F est l’anneau de Robba `a coefficients dans F dont il a ´et´e question dans l’introduction. Afin de faire le lien entre repr´esentations p-adiques et ´equations diff´erentielles, on va d´efinir un anneaueB†,rrig ⊃ eB†,r tel que (eB†,rrig)HK contienne

α(K ,r )

FK). Si

f (X ) ∈

α

F(X ) et I est un intervalle compact ⊂ [α; 1[, on pose VI(f ) = inf vp(f (z)), |z| ∈ I . Alors αF(X ) est muni de la topologie de Fr´echet d´efinie par l’ensemble des VI et son compl´et´e pour cette topologie s’identifie `a✁

α

F(X ). Il est donc naturel de chercher eB

†,r

rig sous la forme d’un

sous-anneau du compl´et´e deeB†,r pour une topologie ressemblant `a celle qui est d´efinie par les VI : c’est l’objet de ce §.

II.1. Les anneaux eAI

Dans toute ce §, r et s sont deux ´el´ements de N[1/ p] ∪ {+∞} tels que r s. Rappelons que pour n 0 on a pos´e rn = (p − 1) pn−1. Dans toute la suite, on notera [x]r pour [xr], mˆeme si r n’est pas entier. On convient que p/[π ]+∞ =1/[π ] et que [π ]+∞/p = 0. Soient

e A[r ;s] = eA+{ p [π ]r, [π ]s p }:= eA + {X, Y }/([π ]rX − p, pY − [π ]s,X Y − [π ]s−r)

eB[r ;s] = eA[r ;s][1/ p] o`u, si A est un anneau complet pour la topologie p-adique, A{X, Y } d´enote

la compl´etion p-adique de A[X, Y ] c’est-`a dire que A{X, Y } = {Pi, j 0ai jXiYj}o`u ai j est une suite qui tend vers 0 selon le filtre des compl´ementaires des parties finies.

(25)

24 CHAPITRE II. LES ANNEAUX eBrigET eBlog

(1) I ∩ pnA = pnI ;

(2) I est ferm´e dans A pour la topologie p-adique.

D´emonstration. — Le (2) suit du (1) puisque I est complet pour la topologie p-adique et que le (1) montre qu’une suite d’´el´ements de I qui tend vers 0 dans A tend vers 0 dans I . Montrons donc le (1). Soit f (X, Y ) = Pi, j 0ai jXiYjpnA ce qui revient `a dire que pn|ai j. Quitte `a modifier f par des ´el´ements de pn(X Y − [π ]s−r) ⊂ pnI on peut supposer que f (X, Y ) =

P

iaiXi+PjbjYj o`u pndivise ai et bj. Si f (X, Y ) ∈ I c’est que l’on peut ´ecrire f (X, Y ) = a(X, Y )([π ]rX − p) + b(X, Y )( pY − [π ]s) +c(X, Y )(X Y − [π ]s−r)et les relations Y ([π ]rX −

p) = [π ]r(X Y −[π ]s−r)−(pY −[π ]s)et X ( pY −[π ]s) = p(X Y −[π ]s−r)−([π ]rX − p)[π ]s−r montrent que quitte `a modifier c(X, Y ) on peut supposer que a(X, Y ) = a(X, 0) et b(X, Y ) = b(0, Y ). On voit alors que c(X, Y ) = 0 et donc finalement que f (X, Y ) = a(X )([π ]rX − p) + b(Y )( pY −[π ]s). Montrons que a(X ) ∈ pnA (la preuve pour b(Y ) est la mˆeme). Posons a(X ) =

P

iciXi. On a alors a0 = −pc0 et ai =[π ]rci −1pci ce qui fait si i 0 et 0 j n − 1, alors pndivise ci + j[π ]rpci + j +1et donc aussiPn−1j =0[π ]r (n−1− j )pj(ci + j[π ]rpci + j +1) = [π ]r ncipnci +n et donc pn divise ci dans eA+.

Corollaire II.2. — L’anneau eA[r ;s] est s´epar´e pour la topologie p-adique (il est clairement

complet). De plus on a une application naturelle surjective eA[r ;s] dans le compl´et´e p-adique de e

A+[ p/[π ]r,[π ]s/p] dont le noyau est l’image de l’adh´erence de I dans eA[r ;s] et donc nul, ce

qui fait que eA[r ;s]s’identifie aussi au compl´et´e p-adique de eA+[ p/[π ]r,[π ]s/p].

Lemme II.3. — Tout ´el´ement de eA[r ;s]peut s’´ecrire de la mani`ere suivante : X k 0  p [π ]r k ak+X k>0  [π ]s p k bk

avec (ak), (bk)deux suites de eA+ qui convergent vers 0 (cette ´ecriture est bien sˆur non-unique).

D´emonstration. — C’est une cons´equence imm´ediate de la d´efinition. On se contentera de remarquer que  p [π ]r k ·  [π ]s p ℓ =      [π ]k(s−r )  [π ]s p ℓ−k si k ℓ [π ]ℓ(s−r )  p [π ]r k−ℓ si k

Lemme II.4. — Si ρ et σ sont deux ´el´ements de eE+ qui v´erifient vE(ρ) = pr/( p − 1) et

vE(σ ) = ps/( p − 1), alors eA[r ;s] = eA+{p/[ρ], [σ ]/ p}.

(26)

II.1. LES ANNEAUX eAI 25

Remarquons que si on a r1 r2 s2 s1, alors il y a une inclusion (les deux anneaux en

pr´esence sont int`egres et ont mˆeme corps des fractions) :

e A+[ p [π ]r1, [π ]s1 p ] ֒→ eA + [ p [π ]r2, [π ]s2 p ]

Lemme II.5. — Cette inclusion se prolonge en un morphisme eA[r1;s1] → eA[r2;s2] qui est

tou-jours injectif.

D´emonstration. — Le morphisme du haut se factorise en eA[r1;s1] → eA[r1;s2] → eA[r2;s2] et on

peut donc supposer r1=r2ou s1 =s2. Supposons par exemple r1=r2=r (l’autre cas se traite

de la mˆeme mani`ere). Alors il suffit de montrer que le morphisme compos´eeA[r ;s1] → eA[r ;s2] →

e

A[r ;r ] est injectif (tout ceci pour simplifier la notation). On va donc montrer que si s r , alors e

A[r ;s] → eA[r ;r ] est injectif. Soient α = [α] et β = [β] avec α, β ∈ eE tels que vE(α) = r et

vE(β) =s − r de telle sorte que eA[r ;s] = eA{X, Y }/(α X − p, pY − αβ, X Y − β) et eA[r ;r ] = e

A{X, Y }/(α X − p, pY − α, X Y − 1). Le fait que l’application naturelle f (X, Y ) 7→ f (X, βY )

du premier anneau dans le second est injective est ´equivalent au fait que si f (X, βY ) ∈ (α X − p, pY − α, X Y − 1), alors f (X, βY ) appartient `a l’id´eal deeA{X, βY } engendr´e par (α X −

p, pYβ − αβ, X Yβ − β), ce que nous allons maintenant d´emontrer.

Commen¸cons par remarquer que quitte `a modifier f (X, Y ) par des ´el´ements de l’id´eal (α X − p, pY − α, X Y − 1) on peut supposer (en remplac¸ant X Y par 1) que f (X, βY ) =P+∞i =0 γiXi+

P+∞

j =1δjβjYj. Supposons que l’on ait f (X, βY ) = a(X, Y )(α X − p) + b(X, Y )( pY − α) + c(X, Y )(X Y − 1). Les relations Y (α X − p) = α(X Y − 1) − ( pY − α) et X ( pY − α) = p(X Y − 1) − (α X − p) montrent que l’on peut supposer, quitte `a modifier c(X, Y ), que a(X, Y ) = a(X, 0) := a(X ) et b(X, Y ) = b(0, Y ) := b(Y ). Comme f (X, βY ) ne contient pas de terme en X Y c’est alors que c(X, Y ) = 0. On a donc montr´e que f (X, βY ) = a(X )(α X − p) + b(Y )( pY − α). Posons b(Y ) =P+∞j =0bjYj. Pour terminer la d´emonstration il faut montrer que bj est un multiple de βj +1. Un calcul facile montre que si j 1, alors δjβj = (pbj −1 − αbj) ce qui fait que βj divise pbj −1− αbjdans eA+et donc que βj +1divisePnk=0 pn−kαk(pbj +k

αbj +k+1) = pn+1bj − αn+1bj +n+1. Reste `a choisir n assez grand pour que βj +1 divise αn+1

ce qui montre alors que βj +1 divise bj.

On utilise ces injections pour d´efinir, si I est un intervalle de R ∪ {+∞} :eBI = ∩[r ;s]⊂I ∩ReB[r ;s].

Soient I ⊂ J deux intervalles ferm´es, ce qui fait queeBJ ⊂ eBI, on d´efinit une valuation p-adique VI sur eBJ en d´ecidant que VI(x) = 0 si et seulement si x ∈ eAIpeAI et que l’image de VI est Z. Par d´efinitioneBI muni de VI est un espace de Banach p-adique. De plus le compl´et´e de eBJ pour VI s’identifie a eBI.

(27)

26 CHAPITRE II. LES ANNEAUX eBrigET eBlog

Remarque II.6. — Comme eAI est un anneau on a notamment VI(x y) VI(x) + VI(y).

Le but de cette partie est de d´egager quelques propri´et´es de ces anneaux. Commenc¸ons par remarquer que le groupe de Galois GF agit sur eA+ et que cette action s’´etend `a l’anneau

e

A+[ p/[π ]r,[π ]s/p] et le stabilise, ce qui fait que l’action de GF s’´etend par continuit´e `a une action par isom´etries sur son compl´et´e p-adique et par suite `a tous leseAI et eBI.

De mˆeme le Frobenius ϕ s’´etend en un morphisme

ϕ: eA+[ p [π ]r, [π ]s p ] → eA +[ p [π ]pr, [π ]ps p ]

et se prolonge donc en une application de eAI dans eApI pour tout I .

Lemme II.7. — Si I ⊂ [r ; +∞], alors eB†,r ⊂ eBI et si x ∈ eB†,r s’´ecrit x = Pk≫0pk[xk], alors la valuation

WI(x) = inf

α∈I k∈Zinfk + p − 1

vE(xk) v´erifie VI(x) = ⌊WI(x)⌋ o`u ⌊a⌋ est le plus grand entier a.

D´emonstration. — Le premier point suit de la d´efinition et de plus si x ∈eB†,r v´erifie WI(x) 0, alors la somme qui le d´efinit converge danseAI ce qui fait que VI(x) 0. Reste `a montrer que si x ∈ eAI, alors WI(x) 0. Comme eAI est le compl´et´e p-adique deeA+[ p/[π ]r,[π ]s/p] il suffit de montrer que WI(x) 0 si x ∈ eA+, si x = p/[π ]r et si x = [π ]s/p ce qui est clair. Comme WI(p) = 1 on en d´eduit que ⌊WI(·)⌋est une valuation p-adique dont l’image est Z et telle que WI(x) 0 si et seulement si x ∈ eAI ce qui fait que VI(x) = ⌊WI(x)⌋.

Exemple II.8. — Beaucoup de ces anneaux sont d´ej`a connus : (1) eA[0;r0] =A + maxet eB[0;r0] =B + max; (2) eB+rig = eB[0;+∞[; (3) eA+ = eA[0;+∞]et eB+ = eB[0;+∞]; (4) eA = eA[+∞;+∞]et eB = eB[+∞;+∞]; (5) eA†,r = eA[r ;+∞] et eB†,r = eB[r ;+∞].

D´emonstration. — Le (2) est une cons´equence du (1) et du fait queeB+rig = ∩+∞n=0ϕn(B+max). Les (3) et (4) sont ´evidents, et le (5) est contenu dans [6, remarque II.1.3]. Reste `a montrer le (1) qui suit du fait que par d´efinition A+max = eA+{[ep]/ p − 1} et eA[0;r0] = eA

+{[ep]/ p} (et A{X } = A{X − 1} puisque A[X ] = A[X − 1]).

Lemme II.9. — On a eA[r ;s]/(p) = eE+[X, πs−rX−1]/(πs, πrX ). Notamment si r = s, alors e

(28)

II.2. PLONGEMENT DES eAI DANS B+dR 27 D´emonstration. — Soit A = eA+{X, Y } et I = (X Y − [π ]s−r,p − X [π ]r,[π ]spY ) de telle sorte que eA[r ;s] s’identifie `a A/I et donc que eA[r ;s]/(p) = ( A/I )/( p). On a une suite exacte

0 → I → A → A/I → 0 et la multiplication par p induit un diagramme : 0 −−−→ I −−−→ A −−−→ A/I −−−→ 0 p   y p   y p   y 0 −−−→ I −−−→ A −−−→ A/I −−−→ 0   y   y   y I / p −−−→ A/ p −−−→ ( A/I )/ p −−−→ 0

et comme A/I est sans p-torsion, le lemme du serpent montre que ( A/I )/ p s’identifie au quotient du A/ p par l’image de I dans ce dernier. Dans notre situation on a A/ p = eE+[X, Y ] et l’image de I s’identifie `a (X Y − πs−r, −X πr, πs)d’o`u le lemme.

II.2. Plongement des eAI dans B+dR

On va maintenant d´efinir des morphismes deeA[r ;s]dans B+dR. On va montrer que si rnI , alors l’application ϕ−nr´ealise une injection deeBI dans B+dR. Pour cela, soit Jn=[rn;rn] avec n 0. Si x ∈ eAJ0, alors on peut ´ecrire

x = X k 0 ak  p [ep] k +X j 0 bj  [ep] p j =X k 0 ak  p [ep]−1  +1 k +X j 0 bj  [ep] p −1  +1 j = X ℓ 0  p [ep]−1 ℓX k ℓ  k ℓ  ak+ X m 0  [ep] p −1 m X j m  j m  bj

et comme les aj et bk tendent vers 0, les s´eriesPk ℓ k ℓ  aketPj m j m  bj convergent dans eA+ et la s´erie du haut est donc convergente pour la topologie ker(θ )-adique et converge dans B+dR vers un ´el´ement ι0(x) ∈ B+dR.

Proposition II.10. — Si x ∈ eAJn on pose ιn(x) = ι0(ϕ

−n(x)). L’application x 7→ ι

n(x) est un morphisme injectif de eAJn dans B

+

dR et si JnI , alors le noyau du morphisme compos´e θ ◦ ιn : eAICpest ker(θ ◦ ιn : eAICp) = ([epp

n

]/ p − 1)eAI.

D´emonstration. — Montrons tout d’abord que ker(θ ◦ ιn : eAICp) ⊂ ([epp

n

]/ p − 1)eAI (l’autre inclusion est imm´ediate) ; il suffit de le faire pour n = 0 car ϕ−n est une bijection de

(29)

28 CHAPITRE II. LES ANNEAUX eBrigET eBlog

e

AI sur eApnI et donc de eAJn sur eAJ0. Soit donc I = [r ; s] avec r 1 s et x ∈ eAI tel que

θ ◦ ι0(x) = 0. On peut ´ecrire x = X k 0 ak  p [ep]r k +X j 0 bj  [ep]s p j =X ℓ 0  p [ep]r −[ep 1−r] ℓX k ℓ  k ℓ  [ep1−r]k−ℓak +X m 0  [ep]s p −[ep s−1 ] mX j m  j m  [eps−1]j −mbj =X ℓ 1  p [ep]r −[ep 1−r] ℓX k ℓ  k ℓ  [ep1−r]k−ℓak + X m 1  [ep]s p −[ep s−1] m X j m  j m  [eps−1]j −mbj+ X k 0 (ak[ep1−r]k+bk[eps−1]k). les deux premiers termes ´etant des s´eries convergeant dans B+dR(ne pas oublier que ak →0 et bj →0) et dont la somme est dans le noyau de θ ◦ ι0, et le troisi`eme terme ´etant un ´el´ement de e

A+ (mˆeme argument pour la convergence) qui est annul´e par θ et qui s’´ecrit donc ([ep] − p)y avec y ∈ eA+. Montrons que x −Pk 0(ak[ep1−r]k +bk[eps−1]k) = ([ep]/ p − 1)z avec z ∈ eAI. On a x −X ℓ 0 (aℓ[ep1−r]ℓ+bℓ[eps−1]ℓ) = X ℓ 1 aℓ  p [ep]r ℓ −[ep1−r]ℓ ! +X ℓ 1 bℓ  [ep]s p ℓ −[eps−1]ℓ ! =  [ep] − p p  −X k 1  p [ep]r kXk aℓ[ep1−r]ℓ−k +[eps−1] X j 0  [eps] p j Xj +1 bℓ[eps−1]ℓ−j −1 !

comme le montre un petit calcul, ce qui montre l’assertion quant au noyau de θ ◦ ι0sur eAI.

Enfin montrons que ιnest injectif. On se ram`ene imm´ediatement au cas o`u n = 0. Si ι0(x) = 0 avec x ∈ eAJ0, alors θ ◦ ι0(x) = 0 et donc x est divisible par [ep]/ p − 1. Comme ι0 est un

morphisme d’anneau et que B+dR est int`egre, c’est que x = ([ep]/ p − 1)x1 avec ι0(x1) = 0 et

x1 ∈ eAJ0. En it´erant ce proc´ed´e on en d´eduit que x ∈ ∩

+∞

n=0([ep]/ p − 1)neAJ0. Reste donc `a

montrer que ∩+∞n=0([ep]/ p − 1)nAeJ0 =0. L’image de cette intersection dans eAJ0/(p) s’identifie

`a ∩+∞n=0(X − 1)neE+/(ep)[X, X−1] qui est nulle. On en d´eduit qu’un ´el´ement de ∩+∞n=0([ep]/ p − 1)neAJ0 est infiniment divisible par p et donc nul.

(30)

II.3. LES ANNEAUX eBrig 29

Remarque II.12. — Le noyau de θ ◦ ιn : eBICp est ker(θ ◦ ιn) = ϕn−1(q)eBI. En effet,

([eppn] − p) = ϕn([ep] − p), ϕn−1(q) = ϕn(ω)et on sait que [ep] − p et ω engendrent le mˆeme id´eal deeA+.

Lemme II.13. — Les inclusions naturelles de A+maxet eA†,r0 dans eA

J0induisent une suite exacte

0 → eA+ →A+max⊕ eA†,r0 → eA

J0 →0.

D´emonstration. — La fl`eche est A+max⊕ eA†,r0 → eA

J0 est surjective car il suffit de d´ecomposer

une ´ecriture d’un ´el´ement deeAJ0 en deux. Ensuite eA

+ est contenu dans l’intersection de A+

max

et de eA†,r0 et il reste donc `a montrer que l’inclusion

e

A+ → eA†,r0 A+

max

est aussi une surjection. On va d’abord montrer que c’est vrai modulo peAJ0 (on remarquera que

modulo p la fl`eche n’est plus injective). Rappelons que les anneaux A+max et eA†,r0 s’identifient

`a eA+{X }/( p X − [ep]) et `a eA+{Y }/([ep]Y − p) et que eAJ0/(p) = eE

+/(ep)[X, X−1]. L’image

de eA†,r0 dans cet anneau s’identifie `a eE+/(ep)[X ] et celle de A+

max `a eE+/(ep)[1/ X ] ce qui fait

que l’image de leur intersection (qui est un sous-ensemble de l’intersection de leurs images) est un sous-anneau de eE+/(ep) et donc que la fl`eche eA+ → eA†,r0 A+

max est surjective modulo

peAJ0. Si l’on prend x dans eA

†,r0 A+

max il existe donc y ∈ eA+ tel que x − y ∈ peAJ0. Cela

veut dire que x − y ∈ pA+max d’une part et ∈ peA†,r0 +[ep]eA+d’autre part (il suffit d’appliquer

le lemme II.9 `a tous ces anneaux). Comme p divise [ep] dans A+maxil existe z ∈ [ep]eA+ tel que x − y − z ∈ p(eA†,r0 A+

max). On conclut en it´erant ce proc´ed´e (commeeA+ est complet pour la

topologie p-adique).

II.3. Les anneaux eBrig

Dans ce noon introduit les anneaux eBrig.

D´efinition II.14. — Les anneaux eBrigsont d´efinis par

eB†,rrig = eB[r ;+∞[ et eBrig = ∪r 0eB†,rrig

On munit eB†,rrig de la topologie de Fr´echet d´efinie par l’ensemble des VI o`u I parcourt l’ensemble des intervalles ferm´es de [r ; +∞[. On d´efinit aussieA†,rrig comme ´etant l’anneau des entiers de

eB†,rrig pour la valuation V[r ;r ].

(31)

30 CHAPITRE II. LES ANNEAUX eBrigET eBlog

D´emonstration. — ´Etant donn´ee la remarque II.12 il suffit de montrer que ker(θ ◦ ιn : eBI

Cp) = ([epp

n

]/ p − 1)eBI pour tout I ⊂ [rn; +∞[ ce qui suit de II.10.

Lemme II.16. — On a une suite exacte

0 → eB+ → eB†,r ⊕ eB+rig → eB†,rrig →0

D´emonstration. — On va d’abord montrer que si rn r , alors on a 0 → eB+ → eB[r ;+∞]⊕ eB[0;rn] → eB[r ;rn] →0

il est clair que tout ´el´ement deeB[r ;rn]s’´ecrit comme somme d’´el´ements des deux autres et il faut v´erifier que deux ´ecritures diff´erentes diff`erent par un ´el´ement deeB+ ce qui revient `a montrer que eB[r ;+∞] ∩ eB[0;rn] = eB

+, ou encore en appliquant ϕ−n que eB

[r pn;+∞]∩ eB[0;r0] = eB+

rig ce

qui suit du lemme II.13.

Montrons maintenant le lemme. Si x ∈ eB†,rrig, alors pour tout n on peut ´ecrire (puisqueeB†,rrig ⊂ eB[r ;rn]) : x = an+bn avec an ∈ eB[r ;+∞] et bn ∈ eB[0;rn]. Remarquons que x = an+1+bn+1 est une autre ´ecriture de ce type (puisque an+1 ∈ eB[r ;+∞] et bn+1 ∈ eB[0;rn]) et donc que

bn+1bn ∈ eB+ ce qui fait que quitte `a modifier an+1 et bn+1 par des ´el´ements deeB+ on peut supposer que an = an+1 et bn = bn+1 ce qui fait que x = a + b avec a ∈ eB†,r et b ∈ ∩+∞n=0eB[0;rn] = eB

+

rig.

Proposition II.17. — L’anneau eB†,rrig est complet pour sa topologie de Fr´echet et contient eB†,r

comme sous-anneau dense.

D´emonstration. — Le fait que eB†,rrig est complet suit du fait que chacun des eB[r ;s] est complet

pour V[r ;s]. Ensuite montrons que eB†,r est dense. Soit x ∈ eB†,rrig et r < s < t trois r´eels. Alors

comme x ∈ eB[r ;t ], on peut l’´ecrire comme

xn+ X k>n bk  [π ]t p k avec xn ∈ eB†,r si n ≫ 0. On a alors x − xn ∈  [π ]t p n e A[r ;t ] ⊂  [π ]t p n e A[r ;s]

et un petit calcul montre qu’alors V[r ;s](x − xn) n(t /s − 1). Un argument d’extraction dia-gonale permet de trouver une suite qui converge vers x pour la topologie de Fr´echet.

Corollaire II.18 (Principe du maximum). — Pour x ∈ eB†,rrig et I = [s; t ] ∋ r , on a VI(x) = inf{V[s;s](x); V[t ;t ](x)}.

(32)

II.4. LES ANNEAUX eB†,rlogET LEURS PLONGEMENTS DANS B+dR 31

D´emonstration. — Un petit argument montre que c’est vrai avec WI `a la place de VI pour x ∈ eB†,r; on conclut par densit´e et continuit´e.

Lemme II.19. — Si a est un ´element de eE+ qui v´erifie λ = vE(a) > 0, alors la topologie

d´efinie par VI sur eA†,rrig est plus fine que la topologie [a]-adique c’est- `a-dire que si VI(yi) →

+∞, alors yi0 pour la topologie [a]-adique. De plus les topologies [a]-adiques et V[r ;r ]

-adiques sont ´equivalentes.

D´emonstration. — Soit (yi)une suite telle que VI(yi) n pour i i0 et soit m λ(nr pp−1).

Alors un petit calcul montre que VI(yi[a]−m) 0 pour i i0et donc V[r ;r ](yi[a]−m) 0 pour i i0 ce qui revient `a dire que yi[a]meA†,rrig pour i i0 et donc que yi tend vers 0 pour la topologie [a]-adique.

De mˆeme si y ∈ [a]meA†,rrig, alors V[r ; r ](y) (p−1)mλpr et donc les deux topologies sont

´equivalentes. On prendra garde au fait que cela n’est plus vrai si I n’est plus r´eduit `a [r ; r ]. Corollaire II.20. — L’anneau eA†,r est complet pour la valuation V[r ;r ].

D´emonstration. — Dans [6, II.1.2] on montre que eA†,r est s´epar´e complet pour la topologie [a]-adique si vE(a) > 0.

II.4. Les anneaux eB†,rlog et leurs plongements dans B+dR

Ce noest consacr´e `a la construction d’un anneaueBlog qui est `a eBrig ce que Bst est `a Bmax. On

commence par construire une application logarithme.

Proposition II.21. — Il existe une et une seule application x 7→ log[x] de eE dans eB+rig[X ] qui v´erifie log[x y] = log[x] + log[y], log[x] = 0 si x ∈ k, log[π ] = X et

log[x] =X n>0 (−1)n−1([x] − 1) n n si vp(x (0) −1) 1

D´emonstration. — Soit U1 l’ensemble des x ∈ eE tels que vp(x(0)−1) 1. Pour x ∈ U1 la

s´erie log[x] =Pn>0(−1)n−1([x] − 1)n/n converge dans B+maxet log[x y] = log[x] + log[y] par un argument de s´eries formelles. On en d´eduit notamment que log[x] = ϕ(log[x]/ p) ce qui fait que l’image de U1par log est en fait incluse dans eB+rig. Si x ∈ eE est tel que vp(x(0)−1) > 0, alors il existe n tel que xpnU1et le log s’´etend donc `a l’ensemble des x tels que vp(x(0)−1) > 0. Ensuite soit x ∈ (eE+)∗. On peut ´ecrire x = x0(1 + y) avec x0 ∈ k et y ∈ eE+ de mani`ere

unique ce qui montre que log s’´etend `a (eE+)∗. Enfin eE+ est un anneau de valuation et le choix de log[π ] ach`eve de d´eterminer le log.

Figure

DIAGRAMME DES ANNEAUX DE P ´ ERIODES

Références

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