HAL Id: jpa-00231343
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Submitted on 1 Jan 1977
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Dispersion des plasmons de surface dans les films de carbone amorphe
J. Cazaux, D. Gramari
To cite this version:
J. Cazaux, D. Gramari. Dispersion des plasmons de surface dans les films de carbone amorphe. Journal de Physique Lettres, Edp sciences, 1977, 38 (5), pp.133-136. �10.1051/jphyslet:01977003805013300�.
�jpa-00231343�
DISPERSION DES PLASMONS DE SURFACE
DANS LES FILMS DE CARBONE AMORPHE
J. CAZAUX et D. GRAMARI
Groupe
deSpectroscopie
desElectrons,
UER desSciences,
51062Reims,
France(Re~u
le 8 decembre1976, accepte
le1 er fevrier 1977)
Résumé. 2014 L’analyse, aux
petits
angles de diffusion, des spectres de pertes d’énergie d’électronsrapides traversant des films de carbone amorphe de 40 Å d’épaisseur nous a permis de mettre en
évidence l’existence de deux plasmons de surface
(012703C9s1 ~
5,25 eV et012703C9s2 ~
19,75 eV), dont la dis-persion diffère nettement de celle qui correspond aux oscillations de surface d’un gaz d’électrons libres mais peut s’expliquer en attribuant au carbone amorphe une constante diélectrique reposant
sur un modèle d’électrons liés.
Abstract. 2014 The analysis, at small scattering
angles,
of the energy-loss spectra of fast elec- tronstraversing
40 Å films of amorphous carbon shows the existence of two surface plasmons (012703C9s1 = 5.25 eV and 012703C9s2 = 19.75 eV) for which thedispersion
isquite
different from the free-electron-gas model, but which can be
explained
by using a dielectric constant for amorphous carbonbased on a bound-electron model.
Classification
Physics Abstracts
7.140-8.170-8.850-8.860
1. Introduction. - A notre connaissance aucune
etude
systematique
de ladispersion
desplasmons
desurface dans le carbone
amorphe
n’a eteentreprise,
a ce
jour, malgre
la litterature abondante consacree a ce type d’excitation[1].
Cette etude nous a paru interessante parce que, d’unepart,
elle conceme un element nonmetallique qui
n’obeit certainement pasau module des electrons libres et, d’autre part, parce
qu’elle
peut apporter des informations utiles a l’inter-pretation
de spectres obtenus par d’autrestechniques qui
sont sensibles a 1’excitation des oscillations elec-trohiques
de surface(XPS, UPS, Auger, LEED) [2, 3].
2. Procédé
experimental
et resultats. - Les mesures ont ete faites a 1’aide d’unappareil
- decrit schema-tiquement
en[4]
- dont la resolution enenergie
estde l’ordre de
0,2 eV,
la resolution et ladivergence angulaires
etant inferieures a10-4
rad. Lesexperiences
se sont deroulees a incidence normale avec des elec- trons de 30 keV transmis a travers des films de 300
A (pour
determiner les constantesoptiques)
et 40A d’epaisseur (pour
1’examen des pertes de surfaceproprement dites). L’épaisseur
etant mise apart,
ces films etaientidentiques
tant en cequi
concemele choix du materiau de
depart
que leprocédé
d’obtention
(depot
surmica)
- densitevolumique
p =
1,68 g/cm3.
2.1 FONCTIONS PERTES D’ENERGIE ET CONSTANTE
DIÉLECTRIQUE.
- Sur le film leplus epais
et enoperant
avec un
angle
de diffusion assez eleve(7 x 10-4 rad),
les
spectres
releves sont essentiellementproportionnels
a la fonction perte
d’energie
de volumequi presente
deux
pics
aAFp~
= 6 eV etAEpV2
= 24 eV. Cesresultats sont en bon accord avec les observations anterieures
[5, 6, 7] ;
certains ecartsatteignant parfois
2 eV sur le
pic
a 24 eV peuvents’expliquer
par des differences de massevolumique
entrainees par desprocédés
depréparation
differents.Par
analyse
de Kramers etKronig [8]
nous avonsensuite deduit 1’evolution de la constante
dielectrique complexe e(w)
=E1(c~)
+j’62(co)
entre 3 et 30 eV et nous avons calcule la perted’energie
de surface Im -(l/e
+1) qui presente
aussi deuxpics
a5,25
eV(~EpsJ
et19,75
eV(OEps2) energetiquement
assezlarges
et dont laposition
est assezproche
despertes
de volumecorrespondantes (~s ~ ~p/~/2), cc qui
entraine’dans certains spectres
expérimentaux
uneconfusion entre ces deux
types
d’excitations et rend difficile laseparation
immediate de leur contributionrespective
- voirfigure
1.2.2 PERTES D’ENERGIES
OBSERVEES
SUR LE FILM DE40
A.
- A titred’exemple,
les spectres obtenus sur les films de 40A d’epaisseur
sontrepresentes
sur lesfigures
2a et 2b pour 2angles
de diffusion differents- 0 =
4,5
et9,5
x10-4
rad. Eninjectant
dans laArticle published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphyslet:01977003805013300
L-134 JOURNAL DE PHYSIQUE - LETTRES
Fio. 1. - Fonctions
Im - 1 B E
etIm - ~ 1 E+ 1
du carboneamorphe etudie.
Volume Im and
surface Im(- 20132013- )
energy loss func- tions for the amorphous carbon studied.]formule de Ritchie
[9]
et avec les notations de Gei- ger[10]
les valeurs de e(voir 2 .1 ),
nous avons pu danschaque
cas evaluer lepoids respectif
des termesde surface
Q+
etQ-
et du terme de volume P -Qp
et comparer la forme
theorique
resultanteavec nos resultats
experimentaux.
On peut constater(Fig.
2a et2b)
que l’accord ainsi obtenu est tres satis- faisant surtout pour laposition energetique
despics
et que si le
poids
des termes de surface estpreponde-
rant aux
petits angles
dediffusion,
1’evolution angu-.laire de leur intensité
( ~ 9 - 3)
rend leur contributionplus
reduite auxangles plus grands,
cequi
fait que ladispersion experimentale
despics (Fig. 3)
estd’abord
gouvernee
par ladispersion
desplasmons
desurface Cùsl et c~sz pour tendre
asymptotiquement
versles valeurs
4Ep~
1 etAEpV2
et non vers les valeursAJBp~
etMpS2’
parcequ’alors
les termes de volumedeviennent
preponderants.
Nous avons
represente
sur lafigure
3 1’evolutionangulaire
du maximum des fonctions P -Qp, Q+
etQ-
et nous pouvons observer que 1’evolution dupic
de la fonction resultante W est en excellent accord
avec
l’expérience
dans le domaineangulaire
ou celle-cis’est
deroulee,
etant entendu que la theorie electro-statique
ne saurait rendre compte des effets de retardqui
se manifesteraient(voir Fig. 3,
droite delumiere)
dans un domaine
angulaire (0
010-4 rad)
inaccessible a notre
experience parce
quemasque
parFIG. 2a et 2b. - Comparaison entre les spectres expcrimen-
taux ( ) obtenus pour 2 angles de diffusion differents et la forme theorique resultante W (20132013). Les 2 courbes sont ajustees
de maniere a ce que les ordonnees du deuxieme pic coincident ; les contributions theoriques partielles Q+, Q- et P -
Qp
sontaussi representees.
[Experimental spectra obtained for two scattering angles compared
to the corresponding theoretical curves W. The intensity scale is
chosen by fitting the second peak’s ordinates ; partial contributions Q +, Q - and P -
Qp
are also shown.]SURFACE,
la
divergence
du faisceau incident - le domaineangulaire
interdit pour lepremier pic (AE1)
est memeun peu
plus grand
dans la mesureou,
auxpetits
FIG. 3. - Dispersion expérimentale des pics (0 : points experi- mentaux) comparée à la dispersion des maxima de la perte theo- rique resultante W (-). La
dispersion
des maxima de chaquecontribution partielle Q-, Q+ et P - Qp est aussi représentée.
[Dispersion of experimental peaks ( 0 : experimental point) com- pared to dispersion of W peaks. Dispersions of peaks for 6+~6-
and P -
Qp
are also shown.]angles
dediffusion,
il tend a se noyer dans le faisceauélastique
tres intense dans cetteregion-la.
3. Discussion des resultats et conclusion. - Les résultats ci-dessus montrent 1’accord existant entre nos
resultats
experimentaux
et la theorie de Ritchiequand
on
injecte
dans celle-ci les valeursexpérimentales de ~ ;
apartir
de l’évolution en fonction deks a
dela
position
des maxima des fonctions(qui
gouvement essentiellement les termesQ+ et Q _ ),
nous allons maintenant rendre compte de la
dispersion
des
plasmons
de surface en comparant les courbes dedispersion ces
=f(ks a)
obtenues apartir :
a)
d’une part des valeursnumeriques experimen-
tales de eet
qui
ont faitl’objet
des verifications decritesau
paragraphe 2,
b)
d’autre part des valeurs de8que
l’on peutdeduire,
en
negligeant chaque
fois l’amortissement e2, de différents modeles de constantedielectrique :
oc)
modele des electrons libresj8)
modele des electrons 1iésLes resultats
correspondants
sontprésentés
sur lafigure
4 surlaquelle
on constate que le module desFIG. 4. - Comparaison entre la dispersion des plasmons de
surface
ws
= f (kB a) obtenue en utilisant les valeurs experimen-tales de e (20132013) et celles que 1’on peut deduire de : a) modele
des electrons libres 81 = 1 -
2013~
avec1iOJp=
21,6 eV (4 el/at) (~w)w
et avec
liOJp
= 24 eV (2013 2013 2013) ; ~) Ie modele d’electrons lies81 = 1
- -~2013~-~- - ,~~ .
(201320132013), voir texte pour les0)’ - w1T (U- - w2T valeurs numeriques.
[Surface plasmon dispersion
o~
= f (k$ a) obtained using the experimental values for 8 (20132013) and compared with : a) the free-electron model 81 = 1
- 3
OJ2 withliOJp
= 21.6 eV (4 el/at) (~~)w
and with
1i00p
= 24 eV (201320132013); ~) bound-electron model g 1 1 2~~ - 2013~2013~-~-
(2013 2013 2013) (see text for nume-0) 2013 w1T w - ~2T rical values).]
L-136 JOURNAL DE PHYSIQUE - LETTRES
electrons libres - que l’on prenne pour wp la valeur
theorique
ou la valeur
qui correspond
le mieux a la valeurexperimentale
duplasmon
de volume(~c~p
= 24eV)
-en donnant une
dispersion
de la formeest
inapte
a rendre compte de 1’evolutionexperimen-
tale de c~s2 vers une valeur non nulle
(ici 12,25 eV) quand ks a
tend vers zero.Par contre une
dispersion analogue
a celle observee ici a eteprevue [11]
dans les solides pourlesquels
leselectrons de valence sont assimilables a deux groupes d’electrons
lies ; plus precisement, si,
paranalogie
avec le
graphite (1 C) [12],
on attribue au carboneamorphe
une constantedielectrique
de Lorentz(j8)
dans
laquelle n 1 (n2)
electrons(par
unite devolume)
effectuent une transition
d’energie
moyenne~1T(~2T)
-
1iWl T
eth(02T
etant deduits de 1’examen de la courbe(1) e2(ro) qui presente
2 maximums l’un vers0 eV
(1irol T)
1’autre vers12,5
eV(%~2T)?
ni et n2 etant deduits des 2paliers
de saturation que la courbe(1) ~eff(~) presente
l’un pour nl = 1el./at.
1’autre pour n1 + n2 = 4
el./at.,
soit/~~B~
1iWlp
= 1in 1 ez = 10,8
eV eth(02p = 18,7 eV -,
meo
il est
possible
depredeterminer [11]
1’evolutionparti-
culiere de Ws2 vers la valeur limite
1iW2T
=12,25
eV(1) Courbes non representees dans cet article.
(quand ks a ---+ 0),
tout en rendant compte correcte-ment de 1’allure des courbes de
dispersion (voir Fig. 4)
et de la valeur
asymptotique (A;s ~ -~ oo)
desplasmons
de surface
(nO)sl
= 5 eV etnWs2
=18,9
eVqui
peu- vent etrecomparees
acomme la
position previsible
despics
de volumenWl
=5,5
eV et~Cr~2 = 24,2
eV peut etrecomparee
a leur
position experimentale AEp~
= 6 eV etð.Epv2
= 24 eV.Note finale.
- o-)r ,I doit aussi tendre vers 0-) 1 Tquand kg a
-~0,
maisl’imprecision
de nos mesures dans cedomaine
energetique
etangulaire
ne nous permet pas de suivre cetteevolution ;
de meme les incertitudessur
e2(w)
entre 0 et 3 eV ne nouspermettent
pas de decider si coT est nul ousimplement
inferieur a 2eV,
aussi poursimplifier
nous avons choisi c~ 1 T = 0.Dans cette
hypothese (w 1 T = 0),
le modele(~)
peut s’identifier a
l’expression E = E(libres)
+bi~(li6s) qui
permet habituellement[1] d’expliquer qualitative- ment
ledéplacement
duplasmon
de la valeurtheorique
nwp
vers la valeurexperimentale %Dp
alors que lemodele de
Lorentz, qui
revient aexpliciter
justifie quantitativement
cedéplacement
Dans une
publication ulterieure,
nous apporterons des detailscomplementaires
concernant enparticulier
les resultats obtenus sur des films de 90
A d’epaisseur
et sur les
experiences
effectuées a incidenceoblique.
Les films de carbone nous ont ete aimablement fournis par M.
Sevely
du Laboratoired’Optique Electronique
de Toulouse aqui
nous tenons aexprimer
notre
gratitude.
Bibliographie
[1] Voir par exemple RITCHIE, R. H., Surf. Sci. 34 (1973) 1.
RAETHER, H., Springer Tracts in Modern Physics 38 (1965) 84.
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