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Le goulot d'étranglement

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

M ATHÉMATIQUES ET SCIENCES HUMAINES

Le goulot d’étranglement

Mathématiques et sciences humaines, tome 3 (1963), p. 61

<http://www.numdam.org/item?id=MSH_1963__3__61_0>

© Centre d’analyse et de mathématiques sociales de l’EHESS, 1963, tous droits réservés.

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http://www.numdam.org/

(2)

61.

LE

GOULOT D’ETRAMGLEMENT

Sur le cas n° 1

(Voir

bulletins n° 1 et

2)

On nous dit: "Le test de corrélation de rangs de Kendall... con.duit à

reje-

ter

l’hypothèse

de monotonie dans la variation de Y en fonction de

X,

ce

qui

est

rassurant... ". .

C’est faire dire au test de corrélation de rangs de Kendall

quelque

chose

qu’il

est bien

incapable

de vouloir dire. En

effet,

le test en

question

est des-

tiné à mettre à

l’épreuve

des observations un certain modèle

probabiliste bien _ précis,

à savoir: "les classements selon X et selon Y sont

indépendants,

c’est-à-

dire que toutes les

permutations

sont

équiprobables".

Dès

lors,

Comment faut-il entendre la

proposition

de l’auteur anonyme du

goulot?

Le

plus vraisemblable,

c’est

qu’il

aura trouvé un résultat non

signifi-

catif

(dans

le

langage

habituel des

statisticiens) lorsqu’il

a calculé le coeffi-

cient T de Kendall et confronté ledit avec les tables. Cela veut dire

qu’il

n’au-

ra aucune

raison,

au vu de ce

résultat,

y de

rejeter

le modèle

qui exprime

l’indé-

pendance

des classements selon X et Y. La

proposition

"conduit à

rejeter l’hypo-

thèse de monotonie dans la variation de Y en fonction de X..." est

quelque

peu

différente,

et constitue une

interprétation...

assez

particulière (1).

Cala

dit,

y que faut-il penser du

problème posé?

Avant de demander: "existe- t-il un

test?",

il convient de

préciser

un modèle

probabiliste,

car un

test,

c’ esi

une

règle permettant

de

juger

d’un modèle

probabiliste.

Je sais bien que les psy-

chologues

ont l’habitude de se poser des

problèmes pratiques,

c’est-à-dire un peu vagues, y et

d’y répondre

par la

statistique.

Ce

faisant,

ils font confiance au

statisticien pour

expliciter

ou

plus généralement

sous-entendre le modèle

proba-

biliste

qui

est en cause. C’est très grave, et cette confiance est très mal

pla-

cée. Car seul le

psychologue peut juger

si le modèle est raisonnable à

priori.

(Cela implique,

bien

entendu~ qu’il

devrait être

interdit,

à un certain

niveau,

d’utiliser des méthodes

statistiques

si l’on n’a pas

appris

et bien

compris

la théorie des

probabilités.

Il devrait y avoir des sanctions sévères pour les con-

trevenants).

"

Le

problème posé

n’étant nullement

classique (et

encore une

fois,

la réfé-

rence à la corrélation des rangs de Kendall est

parfaitement abusive)

y àun sta-

tisticien

scrupuleux hésitera,

pour les raisons

auxquelles

il est fait allusion

plus haut,

à

suggérer

des modèles

probabilistes:

il se contentera

d’appuyer

de

toutes ses forces la demande

exprimée

par la rédaction de

MSH,

afin que l’auteur du cas n° 1

exprime plus complètement

ses

préoccupations.

G.MORLAT.

(1)

En effet, 1 °hypothése due monotonie n’est qu’une due celles qu i s’opposent à l’hypothèse d"indé- pendance. I1 l existe les cas la relation n’est manifestement pas monotone, mais où le T de Kendall 1 est significatif. Le problème d’un test portant spéci f iquement sur l’hypothèse de mo-

noton ie -reste ouvert.

(NDLR).

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