J EAN -C LAUDE L ABLANQUIE
Forcing infini et théorème d’omission des types de Chang
Annales scientifiques de l’Université de Clermont-Ferrand 2, tome 66, série Mathéma- tiques, n
o16 (1978), p. 27-31
<http://www.numdam.org/item?id=ASCFM_1978__66_16_27_0>
© Université de Clermont-Ferrand 2, 1978, tous droits réservés.
L’accès aux archives de la revue « Annales scientifiques de l’Université de Clermont- Ferrand 2 » implique l’accord avec les conditions générales d’utilisation (http://www.
numdam.org/conditions). Toute utilisation commerciale ou impression systématique est constitutive d’une infraction pénale. Toute copie ou impression de ce fichier doit contenir la présente mention de copyright.
Article numérisé dans le cadre du programme Numérisation de documents anciens mathématiques
http://www.numdam.org/
FORCING INFINI ET THEOREME D’OMISSION DES TYPES DE CHANG
Jean-Claude LABLANQUIE
Université de Clermont Il
Nous nous proposons d’étudier une
généralisation
duforcing
infini de A. Robinson(2) qui
nouspermettra, grâce
àl’emploi
des modèlesgénériques,
de retrouver un théorèmed’omission des types
dûà
Chang (1)
ainsiqu’une
des variantes de ce théorème.I - Préliminaires et
rappels.
Soit L un
langage
du 1er ordre avecégalité, ayant
pour connecteurs , 1B , V et pourquantificateur 3 .
Nousdésignerons
parEn (respectivement
l’ensemble desformules
de Len forme normale
prénexe
dont lepréfixe
se compose de n blocs dequantificateurs, chaque
bloc(pouvant
êtrevide) comportant uniquement
des V oudes 3 ,
lepremier
bloc étantcomposé
deB
(respectivement
de). Si
n =0, Et 1 =
n 0 est l’ensemble des formules sansquantificateurs.
De plus,
pour tout entier n, on a :£ u rn C
Si M est une
L-structure, L(M)
est lelangage
obtenu àpartir
de L enajoutant
une constanted’individu pour tout élément de M
(pratiquement,
on confondra l’élément de M et la constantequi
le
désigne).
Si
Mi
etM2
sont desL-structures,
nous dirons queM2
siM C 1~2
et si pour toutfin-énoncé
a deL(Mi),
nous avons :a si et seulement si
Remarque. : M2
si et seulement siM2
est un modèle deD n(M 1 )
oùD n(M 1 )
est l’ensembledes
"n -énoncés
deL(M )
valides dansM 1.
est une si pour
A2
tels queAi S; X 2 a
nn a :MX]
Lemme 1.1. Si est une
n-chaîne,
alors pourtout X c a ,
on a :Rappelons également
le théorème bien connu suivant :Théorème 1.2. Soit T une théorie de
LOI
alors les conditions suivantes sontéquivalentes : (i)
T estIl n , 2-axiomatisable.
(ii)
T estpréservée
par la réunion des n-chaînes.II - Définition du
n-forcing.
Soit T une théorie de
L,
pour tout n E c~ nousdésignerons par M (T,n)
la classe des modèles de Trj où
Trr
+1 est
l’ensemble des nn+
1-énoncés
de Lqui
sont déductibles de T. En d’autres termes , si M est uneL-structure,
M C tn(T,n)
si et seulement si il existe un modèle M’ ûe T tel queM n
M’. Il est clairque th (T,n)
est clos pour la réunion des n-chames(théorème 1.2.).
Si M ( th
(T,n)
etsi w
est un énoncé deL(M),
nous définissons la relationM n force
~p(et
nous écrirons Mi t--- 1 n ~c )
de la manière suivante :(i) Si w
estatomique,
~1 ~p si et seulement siM 1=
w . .(ii) Si w
est de laforme A
X , alors w si et seulement si M~I= n 1/1
etM
1 4 n
X °(iii) Si w
est de la formeV;
V X , alors M ~ si et seulement si ou x .n
(iv) Si w
est de la forme 3x ~ (x),
alors MIFn
w si et seulement si il existe M tel que MIfA ~(a).
(v)
est de la forme -V;,
alors M1:- n
’() si et seulement si il n’existe pas de M’ E m(T,n)
tel que Mn
M’ et~~.n ~ .
Si n =
0,
on retrouve leforcing
infini étudié par A. Robinson en(2).
Lespropriétés
dun-forcing
sont en toutpoint
semblables à celles duforcing
infini de R,ohinson et elles s’établissent de manièreanalogue.
Nous allons énoncerquelques-unes
de cespropriétés :
Lemme 2.1. Si M et M’
appartiennent
à th(T,n),
si MM’ ,
si a est un énoncé deL(M)
etn
o alors
M’l 1 n a .
Si M E m
(T,n),
nousdirons que
M est(T,n)-générique
si pour trnrt énoncé ç deL(1B1)"
nousavons :
Théorème 2.2. Si M E m
(T,n),
il existeM*
E m(T,n)
tel que : Mn
M*
etM*
est(T,n)-générique.
Le résultat suivant regroupe
quelques propriétés
fondamentales dun-forcing.
Théorème 2.3. Soient M et M’ des structures
de m (T,n)
alors :(i)
M est(T,n)-générique
si et seulement si(P)
où(P) désigne
la condition :«Pour tout énoncé ç de
L(M), M P
w si et seulement si M)t=
n(ii)
Si M et M’ sont(T,n)-génériques
et si Mn M’ ,
alors MM’,
(iii)
Si M est(T,n)-générique,
si Mn M’,
si a est un II n+2-énoncé
deL(M)
et siM’
P
a , alorsM ~
a .(iv) T n n + 2
CT(F~n)
oùT(F~n)
est l’ensemble de tous les énoncés de Lvalides
danstous les modèles
(T,n)-génériques.
Nous allons maintenant établir une
propriété
des modèles(T,n)-génériques qui
nouspermettra
dans le
paragraphe
suivant de démontrer le théorème deChang.
Théorème 2.4. Si M est
(T,n)-générique,
si ~ est un énoncé~n+ 2
deL(M)
et siM /
cp , alors il existel-énoncé VI
deL(M)
tel que : et toutesles constantes de M occurrant
dans §
occurrentdéjà
dans .Preuve. Soit K l’ensemble des énoncés
In +
1 deL(M)
valides dans M. Montrons que si a estun énoncé
En
+1 de L(M) et si
K UT Dn
+ 1 U(a)
estconsistant,
alors a e K.En
effet,
soit M’ un modèle de K U T D n+ 1U
(a )
alors M-n
M’ car M’ est modèle de K etDn(M),
deplus
M’ E Th(T,n)
car M’ est modèle de T n n + 1, enfin M’F a ,
enutilisant le théorème 2.3.
(iii),
nous voyons alors queM P
a . Donc a E K.Maintenant soit ç un
énoncé Zn+2 de L(M)
tel queM =
cp , cp estde
la forme 3 où T EIIn
+ 1, donc il existeM ~ T (a 1 ,...,~).
OrT
équivalent
à un énoncé de2~+ ~
etM W -
T(a~,...,a~),
doncK U
T j-f
1U ( ,
T(a~,...,a~) !
est contradictoired’après
cequi précède.
Parsuite,
il existeun énoncé X de K tel que :
(1) Til
n+ 11-
X - T(al’’’.’a...,.) p
où X = X
(a1,...,ap,b1,...,bq)’ bl,...,bq
étant toutes les constantes de M occurrant dans X et n’occurrantpas
dans T(al,...,ap).
De(1)
il vient :car x E K et les constantes de M occurrant
dans 1/1
occurrentdans
’P .types n-forcing.
Dans tout ce
qui suit,
Tdésigne
une théorie de L.Un ensemble r de formules de L sera
appelé un pré-type
s’il satisfait aux deuxsuivantes :
(i)
toutes les formules de r sont consistantes avec T.(ii)
si’Yl et ’Y 2 appartiennent
àr,
alorsy1
A72 appartient
aussi à r .Un
pré-type
r sera unEn-type
si toute formule 7 de r estT-équivalente
à uneformule
(i.e.
il existe ô EEn
telle queT §
7 -.-.~ ô).
Si 4l et r sont deux
pré-types,
on ditque à
S r si pour tout r il existe à E ~ tel queT §
5 -+ ySoit r un
pré-type,
on dit que r est untype (n
+])-existentiel
si et seulement si Fun
Zn+1-type et s’il n’existe pas de Zn-type A
telque A
r .Le théorème suivant
apparaît
alors comme un corollaire immédiat du théorème 2.4.Théorème 3.1. Si
M*
est(T,n)-générique
et siM*
est modèle deT,
alorsM*
omet tous les(n + 2)-existentiels.
Nous pouvons alors démontrer le théorème d’omission des
types
deChang (1
Théorème 3.2. Soit T une théorie de L telle que T C alors tout modèle M de rr a une extension
M*
satisfaisant aux conditions suivantes :(i) M*
est un modèle de T.(ii) M* réalise tout Zn+1-type
réalisé par M.(iii) M*
omet touttype (n + 2)-existentiel.
Preuve. Si M est un modèle de
T,
Mappartient
à ~t(T,n),
donc il existeM*
e h1(T,n),
M*(T,n)-générique
et Mn M* (théorème 2.2).
En outre T CT(F~n) (théorème 2.3.(iv)).
donM*
est un modèle de T. La condition(ii)
est satisfaite car Mn M*
et la condition(iii)
résultedu théorème 3.1.
Remarque :
Onpeut remplacer
la condition T CH~
+ 2par la
conditionplus générale
T C
T (F,n).
Définition 3.3. Soit r un ensemble de formules de L où toutes les variables libres occurrant dans les formules de r sont
parmi xo,...,xn.
Nous dirons que r est untype
oo-universel si les eondi tions suivantes sont satisfaites :(i)
toutes les formules de r sont consistantes avec la théorie T.(ii) il existe une énumération (7k)k E w
de r telle que :T ~ 7k + 1 -+ ’Yk
pour tout k E w .(iii) il
existe uneapplication
strictement croissante f de w dans w telle que : pour tout k E w.(iv) il
n’existe pas depré-type à
et d’entierko
tels que : pour tout k >ko
il existe d A.ô est
T-équivalente
à une formule de etT 1=
5 -*7k.
Nous pouvons alors établir le théorème suivant
(Chang (1)).
Théorème
3.4. Soit T une théorie deL,
alors pour tout modèle M deT,
il existe une extensionM*
de M telle que :
(i) M*
est modèle de T.(ii) M*
omet tous lestypes -
-universels.Preuve. Nous allons construire une chaîne
(Mn)n E W
de L-structures telle que ; pour tout n E YJ,Mn
est(T,n)-générique
etMn ’~ n
+ 1Mn
* 1. Nous raisonnons par récurrence. PourMQ
nousprendrons
une extension(T,0)-générique
de M(une
telle extension existe par2.2). Supposons
quenous ayons construit
(Mk)0 k n
aux conditions voulues. AlorsMn
E m(T,n + 1)
car
Mn
étant(T,n)-générique
est modèle deTn 2 (2.3. (iv)),
donc en utilisant lethéorème 2.2,
on
peut
choisirMn
+ 1 telle queMn
+ 1 soit(T,n
+1 )-générique
etMn ~ n
+ 1Mn *
1 ~ Ceci achève laconstruction. Posons alors :
M*
= UMn-
Il est clair que
M*
est modèle de T. Soit r(xo,...,xn)
untype - -universel,
montrons queM*
omet r . Eneffet,
siM*
réalisaitr ,
il existeraitao,...,an
eM*
tels queM* /
pourtout g
E r. n existeko
E W tel queao,...,an 1
CMk ’
alors sik >
ko
+1,
on ay k E (cf.
définition3.3) ;
le modèleMf(k)..1
est(T,f(k)-I)-générique
etMf(k)-l f.=
7 carao,...,an
EMf(k) _
-1 et "~f k M*.
En
appliquant
le théorème2.4,
on voitqu’il
existe unelf(k)-formule ôk(xo,...,xn)
telle queMf(k)-l F- qui implique M1=
et telle queT 1= 6k -y
k.Considérons alors le
type à
réalisé dansM*
parao,...,an.
Il est clair que pour toutk ~
ko
+1,
et donc cetype
contredit la définition 3.3. DoncM*
omet r.BIBLIOGRAPHIE