HAL Id: jpa-00245644
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Submitted on 1 Jan 1987
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Mécanisme de formation de la couche diffuse à l’entrée d’une conduite de section circulaire
G. Touchard, P. Humeau, J. Borzeix, H. Romat
To cite this version:
G. Touchard, P. Humeau, J. Borzeix, H. Romat. Mécanisme de formation de la couche diffuse à l’entrée
d’une conduite de section circulaire. Revue de Physique Appliquée, Société française de physique /
EDP, 1987, 22 (9), pp.1065-1069. �10.1051/rphysap:019870022090106500�. �jpa-00245644�
Mécanisme de formation de la couche diffuse à l’entrée d’une conduite de section circulaire
G.
Touchard,
P.Humeau,
J. Borzeix et H. RomatL.E.A.-U.A. 191 du C.N.R.S., Laboratoire de
Physique
etMécanique
des Fluides, 40, avenue du Recteur Pineau, 86022 Poitiers, France(Reçu
le 25 novembre 1986, révisé le 5 février 1987, accepté le 5 mars1987)
Résumé. 2014 Dans cette étude les phénomènes de formation de la couche diffuse sont analysés à
partir
de ladétermination de la
charge
convectée dans la couche diffuse s’établissant à l’entrée d’un tube. Leprofil
desvitesses est déterminé
théoriquement
ainsi que la charge convectée. Les expériences réalisées pourplusieurs longueurs
et diamètres de tubes sont ensuite présentées. Enfin, l’étude des résultatsexpérimentaux
obtenus grâce àl’analyse théorique
élaborée nous montre que le courant deparoi
est trèsimportant
dans la zoned’entrée du tube.
Abstract. 2014 In this paper we
analyse
the processus of diffuse layer formationthrough
the phenomenon ofcharge
convection in a diffuselayer appearing
at the entrance of apipe.
Thevelocity
profile and the chargeconvected is computed. Then the
experiments
obtained for different diameters and lengths of tube are presented. At least, the analyses of the experimental data through the theory elaborated point out theimportance
of the wall current at the entry of the tube.Classification
Physics
Abstracts66.30J - 68.45 - 73.30 - 73.40B
1. Introduction.
Les mécanismes de formation de la double couche
électrique apparaissant
au contact entre un métal et unliquide,
restent encore assez mal connus etdépendent
d’ungrand
nombre deparamètres,
notamment de la réaction
électrochimique
à l’inter-face
[1].
Un des moyensd’investigation,
pour mieux connaître cephénomène,
est basé sur lebalayage
decette double couche par l’écoulement du
liquide.
Denombreux travaux ont été faits dans ce domaine et nous ont
permis d’analyser
lephénomène
de trans- port decharge
en fonction du typed’écoulement,
dunombre de
Reynolds,
de lalongueur
et du diamètre dutube,
de lacomposition
et de latempérature
duliquide,
et de la nature du matériau des conduites[2, 3].
Lesrésultats,
en fonction de lalongueur
destubes,
ont été obtenus pour des tubes de 4 cm à 4 mde
long [4],
mais lephénomène
dans la zone d’entréehydrodynamique
n’avait pas étéexaminé,
c’est pour-quoi
nous avonsentrepris
cette recherche sur lacharge générée
au sein d’orifices.2. Forme
analytique
duprofil
de vitesse dans la zoned’entrée d’un tube pour un écoulement laminaire.
De nombreux travaux ont été faits dans ce domaine de la
Mécanique
desFluides,
nous pouvons citer parexemple
ceux deSparrow,
Lin etLundgren [5],
deGerald, Aiello,
Trefil[6],
et de Tao etGupta [7].
Laplupart
des auteurs reprennent d’ailleurs l’étude deSparrow
en tentant de réduire le nombre de termes àcalculer. En
1980,
Romat[8],
au sein du laboratoire dePhysique
etMécanique
desFluides, s’appuyant
sur la méthode de
Sparrow
mais utilisant des métho-des
numériques
de calcul pour déterminer les diffé- rentesgrandeurs,
nous propose une solutionplus
exacte à ce
problème.
Dans cetteprésente étude,
nous nous sommes
appuyé
sur sonanalyse
pour calculer la vitesselongitudinale,
dans le cas d’unorifice circulaire.
Le rapport w de la vitesse
longitudinale
u dans lazone d’entrée d’un tube sur la vitesse moyenne de débit
U,
est fonction de deux coordonnées réduites : 11 =r/Ra (r
étant la coordonnée radiale et Ra le rayon dutube)
etX* ;
X*dépend
à la fois du nombre deReynolds (Re
= 2URa 1 v),
de la dis- tance à l’entrée du tube z et du rayon Ra.Afin
d’exprimer X*,
il est commode d’introduireune nouvelle variable X
proportionnelle
à z :La coordonnée X* étant liée à X par la relation :
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/rphysap:019870022090106500
1066
e étant elle-même une fonction de X*
uniquement (Fig. 1)
définit comme suit :avec
Fig. 1. - Evolution de e en fonction de X*.
[Variation
of e in terms ofX*.]
Jo
est la fonction de Bessel à l’ordre0,
ai sont les zéros de la fonction suivante :J(03B1) = J1(03B1)/J0(03B1)-0,5 03B1 . (5) J,
étant la fonction de Bessel à l’ordre 1.Le
profil
des vitesses étant ainsi défini par la relation(4)
en fonctionde q
et deX*,
il est obtenuen fonction de r, z, Ra et Re
grâce
à la relation entreX et X*
(Fig. 2).
Nous avons mis au
point
un programme de calcul(exécuté
sur les ordinateurs du C.I.R.C.E. àOrsay)
pour déterminer la vitesse que nous obtenons avec une
grande précision
en tenant compte notammentd’un très
grand
nombre de zéros de la fonctionJ(a ) (les
valeurs obtenues parSparrow
avaientparfois
40 %d’erreur).
Nous voyons
(Fig. 3)
unereprésentation
duprofil
de vitesse
(u/U)
en fonction der/Ra
et pour différentes valeurs de X. Ces valeurs de Xqui correspondent
aux trois valeurs de X* :0,02 ; 0,005 ; 0,001
ont été choisies en fonction de notreFig.
2. - Evolution de X en fonction de X*.[Variation
of X in terms ofX*.]
Fig.
3. - Profil des vitesses pour différentes valeurs de X.[Velocity
profile for differents values ofX.]
domaine
expérimental (0,5
mm Ra1,5
mm ; 1 mm z 5 mm et Re 3000).
En fonction de ces
résultats,
nous considérons enpremière approximation
leprofil
des vitesses dansun orifice circulaire définit comme suit :
- n011T
2013
2013 pourpour
UI étant
déterminégrâce
àl’analyse théorique précédente, R1
et A sont alors solutions deséqua-
tions :
3. Densité
volumique
decharge transportée
par un écoulement laminaire dans un orificecylindrique
circulaire.
Nous savons que la densité
volumique
decharge transportée
dans une conduite defaçon générale [9],
est définie par
l’intégrale :
Par
ailleurs, s’appuyant
sur une étudeprécédente [10],
nous supposerons que les mécanismes de formation de la couche diffuse sont contrôlés par le courant deparoi
et non par la diffusion. La couche diffuse sedéveloppe
alorsglobalement
et sonprofil
est semblable à une couche diffuse établie dont la valeur de la densité
volumique
decharge
à laparoi
est
fonction
de la distance à l’entrée(p P
=P oo (1 - exp (- bz ) », b
étant un coefficient inverse- mentproportionnel
au nombre deReynolds.
En
prenant l’expression
de la densitévolumique
de
charge
adimensionnelle obtenue dans le cas des faibles densités[11],
nous aurons :Les
quantités
indicées + étant desquantités
adi-mensionnelles,
a a un coefficient lié aux coefficients de diffusion desions,
et les fonctions1n
sont desfonctions de Bessel modifiées d’ordre n.
La densité
volumique
decharge
adimensionnelle convectée peut alors être calculée :Les valeurs de
Ql+
obtenues pour des casparticu-
liers
correspondant
notre domaineexpérimental
sont
reproduites figure
4.Nous voyons que la densité
volumique
decharge
convectée passe
généralement
par un maximum.Pourtant
lacharge
totale dans une couche diffuse enformation est croissante avec le
temps
de contactentre le
liquide
et le solide.Aussi,
si leprofil
desvitesses était réellement
plat, quel
que soit le nombrede
Reynolds, lorsque
celui-cicroît, puisque
la vitessecroît et donc le
temps
de contact entre laparoi
del’orifice et le
liquide diminue,
on devrait avoir unediminution constante de la
charge
convectée. Enfait, particulièrement
pour lespetits diamètres,
nousavons vu,
figure 3,
quel’hypothèse
desprofils plats
est très
approximative.
Pour des diamètresplus élevés,
leprofil
des vitesses tend vraisemblablement mieux vers unprofil plat,
mais par contre le rapportFig.
4. - Evolution de la valeurthéorique
de la densitévolumique
decharge
adimensionnelle convectée en fonc- tion del’épaisseur
de l’orifice, de son diamètre et dunombre de
Reynolds.
REVUE DE PHYSIQUE APPLIQUÉE. - T. 22, N’ 9, SEPTEMBRE 1987
[Variation
of the non-dimensionnal spacecharge density theoretically
convected in terms of the orificelength
andradius and the
Reynolds number.] ]
71
1068
entre
l’épaisseur
de la couchediffuse
et le rayon de l’orificediminue, donc,
pour que lacharge
décroisseen fonction du
Reynolds,
il faudrait que leprofil
devitesse soit vraiment constant même dans la zone
très
proche
de laparoi.
Ce n’est pas le cas et c’estprobablement pourquoi
cette fois encore lacharge
convectée passe par un maximum en fonction du nombre de
Reynolds.
Afin de vérifier cemodèle,
unmontage expérimental,
pour mesurer lacharge
convectée dans des orifices de différents diamètres et différentes
longueurs,
a été mis aupoint.
4.
Montage expérimental.
Le
montage
utilisé est semblable à celuidéjà
utilisépour mesurer des courants d’écoulements
[12]
etnous ne
présenterons
dans cette étude que sesspécificités
résiduantprincipalement
dans lerempla-
cement du tube
capillaire
par un orifice circulaire(Fig. 5).
(inox interchangeable) Fig.
5. - Schéma du support d’orifices.[Diagram
of the orificesupport.]
5. Résultats
expérimentaux.
Les mesures ont été faites pour de
l’heptane
techni-que de résistivité
électrique égale
à0,87
x1011 nm,
pour 16 orifices
d’épaisseur respective égale
à1
mm,2
mm, 3 mm et 5 mm, et de diamètreégaux
à1 mm, 1,5 mm,
2 mm et 3 mm. La valeur de la densitévolumique
decharge
convectée estreprésen-
tée sur les
figures 6, 7,
8 et 9. Nous voyons que l’allure de l’évolution de la densitévolumique
decharge
convectée en fonction du nombre deRey-
nolds
correspond
assez bien auxprévisions
théori-ques, notamment elle passe par un maximum alors que
l’hypothèse
trèssimplifiée
d’unprofil plat
danstoute la section aurait conduit à une décroissance de la
charge.
Nous avons
également représenté
lacharge
convectée en fonction de
la longueur
des orificespour Re = 2 000 et pour différents rayons
(Fig. 10).
On peut constater
qu’elle
estimportante
même pour de trèspetites épaisseurs.
Fig.
6. -Charge
transportée en fonction de Re pour un orifice de 1 mm de diamètre.[Charge
convected in terms of Re for an orifice of 1 mm ofdiameter.]
Fig.
7. -Charge
transportée en fonction de Re pour un orifice de 1,5 mm de diamètre.[Charge
convected in terms of Re for an orifice of 1.5 mmof
diameter.]
Fig.
8. -Charge
transportée en fonction de Re pour un orifice de 2 mm de diamètre.[Charge
convected in terms of Re for an orifice of 2 mm ofdiameter.]
Sur la
figure 11,
nous voyons l’évolution de la densité decharge
à laparoi
en fonction du temps decontact du
liquide
avec le métal. Cette courbe est très intéressante car elle montre que même pour destemps
de contact très courts, la valeur de lacharge
àFig.
9. -Charge
transportée en fonction de Re pour un orifice de 3 mm de diamètre.[Charge
convected in terms of Re for an orifice of 3 mm ofdiameter.] ]
Fig.
10. -Charge transportée
en fonction de lalongueur
du tube pour un nombre de
Reynolds égal
à 2 000.[Charge
convected in terms of the tubelength
for a Reynolds numberequal
to 2000.]
la
paroi
estimportante. Ainsi,
le modèle choisi pour l’évolution de la densitévolumique
decharge
enfonction de la distance à l’entrée du tube et du nombre de
Reynolds (p P
=03C1~(1- exp (- bz ) )),
0 7.50 10-3 1.50 10-2
Fig. 11. -
Charge
à laparoi
en fonction du temps decontact entre le
liquide
et laparoi
de l’orifice.[Wall charge
in terms of contact duration between theliquid
and the inner wall of theorifice.]
bien que convenant correctement pour des tubes
plus longs,
est erroné pour des orifices très courts, le courant deparoi
dans lespremières
millisecondesaprès
l’entrée duliquide
étant bienplus important
que celui existant ultérieurement. C’est ce courant tout au début du contact
qui
nous intéresse et quenous allons essayer de mesurer par la suite.
Conclusion.
Les mécanismes de
génération
decharge
dans desorifices sont très intéressants car ils
permettent
dequantifier
lesphénomènes d’absorption
auxpremiers
instants de contact entre le solide et le
liquide.
Lesrésultats obtenus nous montrent que la densité de courant semble très
importante
au tout début ducontact.
Une étude récemment
entreprise,
tenantcompte
du
profil
de vitesse exact et pour des orifices delongueur
entreplus petite,
doit nouspermettre
demieux
l’analyser.
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