Croissance et production du pin maritime
I
-Recherche d’un modèle et d’une méthode
B. LEMOINE
A. SARTOLOU
f.N.R.A., Laboratoire de Sylviculture et
d’Ecologie
de la Pillède landai.se,Domaine de
l’Hermitage,
Pierroton, F 33610 CestasRésumé
On cherche à élaborer une deuxième génération de Tables de Production
qui
soità
« sylviculture
variable ».Le matériel étudié se compose de 157 placettes ayant fourni 267 mesures d’accrois- sements de
peuplements.
On a utilisé
l’analyse
derégression multiple
descendante,pondérée
ou non, et l’analyse de variance et de covariance à deux voies.1. Loi.s de croissance
Les variations de chacun des 4
paramètres
dupeuplement
- hauteurs dominante et moyenne, circonférences dominante et moyenne — sontexpliquées
par un modèle moyen comportant 4 effets :âge, polymorphisme,
concurrence instantanée etpoids
des concurrencesantérieures.
L’équation
ainsi obtenue pour la hauteur dominante diffère, pour les faiblesfertilités,
de celle obtenue à partir
d’analyse
detiges.
Une
analyse
de la variabilité résiduelle desplacettes
mesurées 3 fois montre, d’une part que le modèle moyen représente bien unedynamique
de croissance réelle, d’autre part qu’il n’existe par rapport à ce modèlequ’un
seul type d’« erreurparcelle
» d’origine bio-logique.
2. Eyuations et donner sylvicoles
On a décrit l’état des
jeunes peuplements,
l’effet technique de l’éclaircie, le passage aux volumes et le domaine de validité.3. Le! tables de
production
La production du
pin
maritime ost defaçon générale
très soutenue dans le temps.Les pertes de production de la sylviculture à éclaircies fortes ne se manifesteraient que
jusqu’à
50 ans en moyenne.4. Critique et conclu.sion
Les
équations
de croissance obtenues demandent à êtreprécisées
afin de modéliseravec assez de sécurité des scénarios sylvicoles variés.
1. But du travail
Nos
objectifs
sont les suivants :a) mettre sur
pied
une deuxièmegénération
de Tables de Production pour lepin
maritime : les Tables
précédemment
construites ne sont queprovisoires (D ECOURT
et
al., 1970) ;
b)
obtenir des Tables àsylviculture
variable : ce souci estgénéral (D UPLAT P., 1980) ;
les scénarios mis surpied
dans lesexpérimentations
manquent souvent,quand
celles-ci ne font pas totalement
défaut,
soit devariété,
soit degénéralité (âges
etfertilités utilisés en nombre restreint : LEMOINE et
aL, 1976) ;
on doitpouvoir
utiliserla variété des types d’éclaircies mises en
jeu
par desgestionnaires
de forêtsdifférents ;
on peut même
envisager
d’utiliser le modèle ainsi obtenu enimaginant
d’autres typessylvicoles :
on formulera ainsi deshypothèses
de travail destinées aupremier
chefà réduire le coût de
l’expérimentation ;
c)
élaborer une autreméthodologie :
les données recueillies à cejour
sur lepin
maritime sont très différentes par nature de celles utilisées il y a 10 ans : on
dispose
pour la
majorité
desplacettes
d’accroissements mesurésde
tous lesparamètres
dupeuplement
et de son matérielgénérateur contrôlé ;
on n’est doncplus
contraint dedéduire l’accroissement en circonférence de son
homologue
enhauteur ;
ceci ne veutpas dire
cependant qu’il
faillerejeter
cette référencebiologique ;
d) approfondir
la connaissance des lois de croissance dupin maritime ;
ce travailest donc la suite
logique
de celui réalisé ces derniers temps pour la hauteur(L
EMOINE
B., 1981)
etrépond
à deuxobjectifs parallèles,
l’unthéorique,
l’autrepratique (prévision)
etprospectif (scénarios sylvicoles) ;
les résultats du travailprécédent
ne sont pas utilisés directement dans notre modèle pour unparamétrage (3 paramètres)
des courbes decroissance.
2. Matériel et méthodes
Le matériel utilisé est constitué exclusivement de
placettes se mi-permanentes
installées et mesurées selon leprotocole
mis surpied
par l’I.N.R.A. en concertationavec d’autres
organismes (D ECOURT N., 1973).
Nous nous bornerons donc àsignaler
ici les
quelques points qui
en diffèrent pour notre réseau.2.1. Les données Les données utilisées sont de trois types : 2.11. Les données de croissance
Le calcul des accroissement,B’ annuels
(état
final - étatinitial)
des4 paramètres
principaux Y i
dupeuplement :
.’- hauteur dominante :
H f (arbre
de surface terrière moyenne des 100plus
gros arbres à
l’hectare);
- hauteur moyenne :
Hu (arbre
de surface terrièremoyenne) ;
- circonférence dominante :
C! (arbre
de surface terrière moyenne des 100plus
gros arbres à
l’hectare) ;
- circonférence moyenne :
Cg (arbre
de surface terrièremoyenne) ;
et leur
explication statistique
par des variables d’état initialimpose
des contraintessupplémentaires
degestion
du réseau deplacettes
parrapport
à la démarche anté- rieure :chaque période
decroissance, qui
est dans laplupart
des caségale
à lalongueur
de larotation,
doit êtreexempte
d’éclaircies ou de chablisimportants (au-delà
de
quelques
p.100).
Les courbes de hauteur en fonction de la
circonférence,
soit h= ! (c),
per- mettant d’obtenir les valeurs des 2paramètres
de hauteur sont tracées à la main.L’échantillon n’est pas permanent.
Nous
disposions,
au moment de la construction dumodèle,
desplacettes,
nongemmées,
suivantes :- 64
placettes
à 1 mesured’accroissement,
soit 64données,
- 76
placettes
à 2 mesures successivesd’accroissements,
soit 152données,
- 17
placettes
à 3 mesures successivesd’accroissements,
soit 51dennées,
soit au total 267 données d’accroissements pour les 4
paramètres.
Les données relatives aux
peuplements gemmés,
dont les mesures de circonfé-rences n’ont pu être effectuées
qu’à
3 ou 4 m au lieu de1,30
m, ne sont pasprises
en compte à ce stade de la
recherche ;
elles concernent despeuplements âgés
etdoivent ainsi
permettre
dejuger plus complètement
de ladynamique
de croissancedu
pin maritime ;
mais il est nécessaire pour lesintégrer
à cette étude de mettre surpied
un modèle decorrespondance
entre les circonférences despeuplements gemmés
et celles des
peuplements
nongemmés.
2.12. Les données
sylvicoles
On a utilisé une
partie
du fichier des données dont il estquestion
auparagraphe
ci-dessus.
2.121. L’initialisation de la Table de Production
Le but est de définir simultanément et solidairement les états
premiers (par exemple
à 12ans)
de chacun des 4paramètres principaux
dupeuplement
pour les faire évoluer par la suite selon des lois de croissance et des normes d’interventionsylvicole.
On a utilisé les 28 données de
placettes
dontl’âge
initial estcompris
entre 7 et18 ans.
2.122. L’éclaircie
Le but est de définir simultanément et solidairement les
modifications
des états de chacun des 4paramètres principaux
dupeuplement qui
résultent de l’éclaircie. On établit ainsi une relation moyenne entre la nature et l’intensité de l’éclaircie : unprélèvement
fort est souvent lié à une éclaircie par le haut et vice versa. On utilise pour ce faire lesplacettes
mesurées au moins 2 fois consécutivement.2.123. Les volumes
(bois fort tige
commercial surécorce)
Les volumes ne sont utilisés
qu’in fine
dans la construction de la Table de Production par l’intermédiaire d’untarif peuplement.
Ils n’ont parconséquent
aucuneinfluence sur la
dynamique
du modèle. Les résultats descubages
font doncl’objet
d’un autre tableau de données à deux niveaux et
qui
ne concerne que les volumes surpied
et non leurs accroissements :- au niveau individuel au sein de
chaque peuplement ;
- au niveau
peuplement
à l’échelle du massif landais :chaque
donnéepeuple-
ment est issue des données individuelles par l’utilisation d’un tarif interne de la forme V = a + b .
C 2 ,
où V est le volume de l’arbre et C sa circonférence à1,30
m.Nous
disposons
d’environ 15 000 mesures d’arbres provenant de 465 échantillons réalisés sur lamajeure partie
des 240placettes, gemmées
et nongemmées.
Nous retenons
provisoirement
ici le tarifpeuplement
« Landes» qui
a servi àl’élaboration de la Table de Production
précédente (D ECOURT
N. etal., 1970)
etqui
n’a utilisé que la
partie
alorsdisponible
de cesdonnées ;
nous nous proposons de bâtir par la suite un tarifpeuplement
mieuxadapté
à l’un desobjectifs présents qui
est la construction d’une Table de Production àsylviculture variable ;
il est eneffet universellement reconnu
qu’un
des effets de la concurrence est d’aboutir à laproduction
de fûtsplutôt cylindriques
maisqu’en contrepartie
la hauteur d’unedécoupe
utilitaire(par exemple
ladécoupe
bois fort de0,22
m detour)
diminueparallèlement.
2.2.
L’ajustement
des données Prenonsl’exemple
du modèle :v
- n,. !- n.. x + n! . x? !- G.. x&dquo;
pour
lequel
on cherche àexpliquer statistiquement,
pour un lotd’individus,
la variable y par la variable x.L’ajustement
par la méthode des moindres carrés suppose que la variance VR des y relatifs à des individus de même x nedépend
pas de cette valeur x. Or ce n’est pas le cas engénéral
en Dendrométrie(CAILLEZ F., 1979),
que les individus soient des arbres ou despeuplements.
On aura parexemple :
y
On
ajustera
alors la variable - selon le modèle suivant :x
v an
On dit que l’on fait une
régression pondérée
parcequ’on
donne à l’individu i le 1poids
- alors que dans larégression classique (non pondérée)
on donne despoids X
2
;égaux
à tous les individus(c’est-à-dire
despoids
trop forts aux individusH grands »).
Dans le cas ci-dessus on
ajuste
unerégression
à 3 variablesexplicatives
et unterme constant. Il peut arriver que l’on soit amené à
ajuster
unerégression
sans termeconstant.
Les variables de croissance que nous étudions ont un
champ
de variations àexpliquer
trèsgrand ;
lapondération peut
donc s’avérer nécessaire.On
pratique
ensuite normalement la méthoded’ajustement
dite des « moindres carrés ». Latechnique
est celle de larégression multiple
descendante : on introduit d’emblée toutes les variablesexplicatives
du modèle et on élimine successivement la(les) variable(s)
pourlesquelles l’analyse
de variance chiffre une contribution nonsignificative.
Cettetechnique
faitl’objet
d’uneprocédure
et d’un programme sur ordinateur Olivetti P 6060(B ARADAT Ph., 1980).
3. Résultats
3.1. Lois de croissance 3.11. Généralités
On a utilisé
précédemment (D ECOURT
N. etal., 1969),
pour la construction de la Table de Productionprovisoire, l’équation
suivantequi explique
la variation dutaux de croissance en hauteur moyenne en fonction de
l’âge
A :. !1- _ J Il- 1 7 1-1-
Cette
équation
donne naissance à unfaisceau
de courbes de croissancequi
rentrent dans la
catégorie
des courbesproportionnelles :
onpeut
considérer que cescourbes ont la
même
forme. Une autrecatégorie
de courbes est celle des courbespolymorphes :
elles sontplutôt proportionnelles
dans lejeune âge
etplutôt parallèles
ensuite
(cf.
RAWAT A.S. etal.,
1974 et DUPLATP., 1980). L’objectif
est laplupart
dutemps
d’obtenir uneéquation
deprévision
par voie derégression,
c’est-à-dire unmodèle moyen
d’agencement
du faisceau de courbescorrespondant
chacune à uneclasse de « fertilité ».
L’analyse factorielle
de donnéesd’analyses
detiges
permet d’obtenir un faisceau où se superposent ces deuxtypes,
aumoins,
de variation : on arrive ainsi à décrire(L
EMOINE B., 1981),
voire àinterpréter, l’apparente complexité
dufaisceau expé-
rimental - certaines courbes en effet croisent
les
autres -.Nous optons ici
cependant
pour la construction d’un modèle moyen, c’est-à-dire à un seulparamètre,
car nouspréférons
nous limiter dans unpremier temps
àl’exploi-
tation d’un tableau de données
homogènes,
celui ayant trait auxplacettes.
Nousverrons comment on peut utiliser ces connaissances ayant trait à la
multiplicité
des types de croissance pour améliorerl’analyse
de la variabilité résiduelle.L’équation différentielle (J)
a été obtenue avec 59 données d’accroissements enhauteur. Nous
disposons
ici de 267 données d’accroissements en hauteur et encirconférence. Nous cherchons alors :
- d’une part à
perfectionner
cetteéquation
par l’introduction d’autres variablesexplicatives ;
- d’autre
part
à étendre sonemploi
à tous lesparamètres principaux
dupeuplement.
3.12. Modèle
3.121. Variables
expliquées
1 Y
;
Les variables
expliquées
sont les taux de croissance - annuels de chacun desy.
,4
paramètres principaux Y ;
dupeuplement.
3.122.
Hypothèses
Le modèle de croissance doit
pouvoir
rendre compte(au
minimum) de 4 type.sd’effets :
!
l’âge ;
! le
polymorphisme
des courbes de croissance, c’est-à-dire la variationcontinue, possible,
de leur forme d’une classe de « fertilité »à l’autre ;
la concurrence
instantanée ;
! le
poids
des concurrences antérieures.a)
L’effetâge : l’équation (1)
est du modèle leplus simple;
LEMMON & SCHU-MACHER
(1962) expliquent
lelogarithme népérien
de l’accroissement absolu par unpolynôme
en 1/A et IIA2.En ce
qui
concerne leparamètre
circonférence on s’est réservé lapossibilité
d’ex-pliquer
ses variations decroissance,
soit parl’âge A o
dupeuplement,
soit parl’âge
à
1,30
m. Cetâge n’ayant
pas été mesuré nous en avons recherché uneapproximation
en considérant le modèle
principal
de faisceau de courbes de croissance en hauteur dominante faisant état de l’effet de l’alimentation en eau ou d’effetsanalogues (cf.
L
EMOINE
B.,
1981 : 1&dquo;’ composante del’analyse factorielle) : après ajustement graphique
nous avons retenu
l’équation
suivante(figure 1 )
:, t <? B
b)
L’effetpolymorphisme :
supposons que nous soyons enprésence
de courbesnon
proportionnelles :
pour unâge
donné le taux de croissance sera une fonction de la « fertilité » donc de ladimension ;
mais cet effet dimension pourra évolueravec
l’âge ;
on peutégalement
calculer cet effetplus
directement comme étantune fonction de la
fertilité,
c’est-à-dire de la hauteur dominante atteinte à unâge
de référence
(B AILEY
etal.,. 1974).
c)
La concurrence instantanée :classiquement
nous avons choisi pour indice de concurrence lasurface
terrièreQ
dupeuplement :
ceparamètre
combinant le nombre detiges
N et la surface terrièremoyenne 9- (cf.
PARDEJ., 1961)
a le mérite d’êtredéjà
une densitébiologique
en attribuant à unâge
donné unpoids
de concurrenceplus grand,
d’une part auxpeuplements
de bonnevigueur qu’à
ceux de mauvaisevigueur,
d’autrepart
danschaque peuplement
aux arbres dominantsqu’aux
arbresdominés. Reste à
pondérer
éventuellement cette surface terrière parl’âge.
d)
Lepoids
des concurrences antérieures : on ne connaît pas les variables suscep- tibles de lesquantifier (surfaces
terrièresdepuis l’origine jusqu’à
lapériode considérée) ;
par contre on sait
qu’elles
ontagi
sur leparamètre
de dimensionY i ,
parexemple Cz qui
devient alors une mesure indirecte de l’action des concurrencesantérieures ;
dansl’hypothèse
où les concurrences antérieurespèseraient
irrémédiablement à un instant donné sur la croissance on serait alors enprésence
de l’action d’unfacteur
permanent dont les diversesquantités possibles
devraient se traduire par des courbes decroissance proportionnelles
donc par des taux de croissanceidentiques,
toutes conditionségales
par ailleurs
(celles
des 3effets
mentionnésplus haut) ;
dans le cas contraired’indif- férence
voire derécupération (de
laquantité
de croissanceperdue)
ondevrait
observer des courbes de croissance
parallèles
voireconvergentes,
c’est-à-dire une corré-1 Y,t
lation
partielle négative
entre le taux de croissance - et la dimension initialeY, ; Y
i
on est alors confronté à un
effet
dimensionqui risque
deprendre
la même formeque celle de
l’effet polymorphisme,
d’où la nécessité de faireréférence
à la croissance d’unparamètre
insensible à la concurrence, la croissance enhauteur,
et de fairel’hypothèse
que celle-ci suffit à mesurer tous les effets strictementbiologiques (ceux qui
ne sont pasd’origine sylvicole).
3.123. Variables
explicatrices
Les variables
explicatrices
doivent rendrecompte
des 4 types d’effetsenvisagés plus
haut.Afin de les déterminer on
applique séparément
à 6 classesd’âge
de chacune 8 ansd’amplitude
un modèle d’interactionsstatistiques
soit :On
peut
alors déterminer au centre dechaque
classed’âge
moyenf i
lescoefficients globaux
suivants :- une « constante
âge
»- -
bi,1
La variation selon
l’âge
de ces 3 coefficients estreportée
sur lafigure
2 pour la hauteur dominante et sur lafigure
2 bis pour la circonférence moyenne.- un coefficient de concurrence :
l1 _ L
- un coefficient de dimension :
, ,
On retient en définitive pour le modèle à
appliquer
simultanément à tous lesâges
la forme suivante :1
v a a a v
3.13.
Equntions
ohtelluesL’nnalyse
derégression
nonpondérée
permet d’obtenir pour chacun desparamètres principaux
dupeuplement
uneéquation
dutype (4).
Les coefficientsglobaux B, Q
et D sont
reportés
dans lesfigures
2 et 2 bisqui
montrent leurs variations en fonctionde l’âge.
En ce
qui
concerne lescirconférences, l’âge
à1,30 (A,,,,)
se révèle être unevariable
plus performante
quel’âge
à la base(A o ) ;
les corrélationsglobales (R)
obtenues sont en effet de :R
- n 0,; q () nvpr À -
L’étude de la variance résiduelle
VR ; ,
soitVR I
pourH o
etVR 4
pourCy, permet
de dire
qu’elle
diminue avecl’âge (figure 3).
On retient alors les modèles suivants : 1Ce ne sont donc
plus
deséquations
du type(4)
que l’on doit calculer par la méthode des moindrescarrés,
mais leséquations
suivantes :1 Hl R.. Hi
Or on ne
peut pondérer
différemment chacune des variables àexpliquer :
celaéquivaudrait
en effet à utiliser pour chacune d’elles des lots différents de données.On a choisi de
pondérer
selon le modèle(6)
souhaitable pour la circonférence moyenne, d’où deséquations
dutype (8)
obtenues pour chacun desparamètres Y i
et dont fait état le tableau 1. Les coefficients
globaux B, Q
et D sontreportés
dansles
figures
2 et 2 bis comme il a étédéjà
fait pourl’analyse
derégression
nonpondérée
et pour l’étude par classe
d’âge.
On peut ainsi constater que leséquations
de croissance obtenues par les deuxméthodes, analyses
derégressions pondérée
ou nonpondérée
sont :
-
équivalentes
pour la hauteurdominante ;
- sensiblement différentes pour la circonférence moyenne ; les écarts entre les coefficients
globaux homologues
sont d’ailleurs de nature variée : d’unepart
pour le coefficientQ (effet
concurrenceinstantanée)
l’écartgarde
le mêmesigne quel
que soit
l’âge,
d’autrepart
pour les coefficients B(effet âge)
et P(effet dimension)
cet écart
change
designe après
20 ans ;cependant
larégression globale
nonpondérée
ne
génère
pas des valeurs de coefficientsglobaux « incompatibles
avec celles deleurs
homologues
issues desajustements
par classesd’âge
et dont il est à noterqu’elles comportent
une fortecomposante
aléatoire.Le choix de la méthode
d’ajustement global,
parrégression pondérée
ou nonpondérée
ne sejustifie
ici que par des considérations d’ordre trèsgénéral (cf. § 2.2)
et par le fait que
l’analyse
de la variabilité résiduelle(cf. § 3.142)
doitporter
sur des variablespondérées ;
il vaut mieux apriori
s’en tenir à la mêmedoctrine,
tout ensoulignant qu’elle pourrait
être remise en cause dans lesdéveloppements
ultérieursde ce travail.
On raisonnera donc
provisoirement
sur les 4équations
du tableau 1 obtenues parl’analyse
derégression pondérée.
L’équation
obtenue pour la hauteur dominantepermet
de construire le faisceau F P(placettes)
de courbes de croissance(figure 4) :
lapremière
remarque à faire concerne le caractère très soutenu de la croissance du Pin maritime entre 50 et 60 ans.On
peut également
formuler les remarques suivantes :- la
comparaison
des effetsâges (cf. figures
2 et2 bis) suggère
un « vieillis-sement
y plus rapide
pour la croissance en hauteur que pour la croissance en circon!férence ;
- l’effet de concurrence instantanée n’est
significatif
que pour la circonférence moyenne(cf.
tableau1) :
nos observations semblent donc situées dans le domainedes densités faibles et raisonnablement fortes dans
lequel
la concurrence n’a pas d’action sur la croissance en hauteur moyenne ; ce domaine adéjà
été déterminéexpérimentalement
pour lapériode
d’entrée enproduction (L EMOINE B., 1980);
à l’inverse GRUT M.(1973)
trouve pour Pinus radiata un effet nettementsignificatif
de la densité
(nombres
detige
N trèsvariés) ;
- selon nos
hypothèses (cf. § 3.122.
b etd)
l’effet dimension estsupposé
êtreassimilable,
dans le cas d’unparamètre
non sensible à la concurrence(par exemple H O )
à l’effet
polymorphisme
et dans le cas contraire(Cil
à l’effet des concurrences anté-rieures, après
bien entendu élimination de l’effetpolymorphisme
commun à tous lesparamètres ; rappelons
que l’effet dimension a étéreprésenté
de lafaçon
suivante(équation 4) :
y
.
,et on constate dans le tableau 1 que si
!i,5
est à la fois trèssignificatif
etnégatif
pourH
l
et pourCi,
en revanche(3i,!
n’estsignificatif
etpositif
que pourH6 ;
tout ceciamène à conclure que les courbes de croissance en hauteur dominante deviennent
proportionnelles
à unâge
assez avancé alors que les courbes de croissance encirconférence moyenne ne
perdent jamais complètement
leurcrptitude
à converger ; on peut donc caractériserainsi,
d’une part un certain type depolymorphisme,
d’autre part uneffet
vraisemblablement ni total ni irrérnédiable des concurrences antérieures.3.14. Variations de la croissance
3.141.
Comparaison
avec lesanalyses
detiges
L’objectif
est ici dejuger
de la permanence àquelques
décenniesd’intervalle,
de la loi de croissance en hauteur dominante obtenue par
ajustement
des données deplacettes
selon le modèle del’équation (4).
Cette démarchepostule
que le lot desplacettes temporaires contemporaines
maisd’âges
différents est assimilable à un lot deplacettes
permanentes dont on aurait observé la croissancependant
tout lecycle
de
production
de l’essence étudiée. Or il n’est pasprouvé
que lesplacettes qui
sontsupposées
« se faire suite » aient trait à des types depeuplements identiques.
Dansle cas contraire la variable
âge
de laplacette
sera alors en fait non pas strictementl’âge
maisplutôt
une combinaison de celui-ci et de la date de naissance dupeuple-
ment ; la cause de tout ceci pourra être
d’origine
culturale(débroussaillages plus fréquents,
évolution de latechnique
dudrainage,
abandon d’unesylviculture
orientéevers le
gemmage...). On
peut vérifier la permanence de la loi de croissance en hauteur dominante en utilisant desanalyses
detiges.
Si on compare ce type de données à celles issues desplacettes temporaires
on remarque alors que :- d’une part les
placettes âgées appartiennent
aux mêmes types depeuplements
que ceux des
analyses
detiges ;
- d’autre part les
placettes jeunes peuvent appartenir
à des types depeuplements
différents des
analyses
detiges ;
dans ce casl’équation
de « croissance » obtenue avecles données de
placettes jeunes
etâgées
peut différer de celle issue desanalyses
detiges
et elle n’est pas en fait une loi de croissance.a) Vérification
préalable :
pourprocéder
valablement à cettecomparaison
on doitvérifier au
préalable
que la croissance en hauteur des arbres dominants à unâge
donné est une bonne
approximation
de la croissance en hauteur dominante dupeuplement.
On a utilisé les données de
croissances,
sur unepériode
de 4 ans, d’échantillons d’arbresappartenant
à 44placettes
de landes. On calcule alors pourchaque placette
la
régression :
+ , . , , ! 1 , lIE ,>!,1 fB B
expliquant statistiquement
l’accroissement d’un arbre par sa hauteur initiale.ç:rB;t 1&dquo;B,...111’&dquo; i’,+n+- ,a,...,..:.&dquo;,..r . .
Soit pour l’arbre dominant :
lh,
et on compare cette valeur avec l’accroissement en hauteur dominante I
H l
telqu’il
ilrésulte de l’utilisation des 2 courbes de hauteurs successives. On obtient :
11 &dquo; 1 - il. »i - f) f)f) 2 - ! 1 n n 24
et on note
également
que la corrélation entre(1 H O -Ih l ) et l’âge
n’est pas signifi-
cative
(r - -0,1097).
La croissance en hauteur des arbres dominants n’est donc pas
significativement différente,
et ceciquel
que soitl’âge,
de la croissance en hauteur dominante dupeuplement.
On peut donc comparer les
placettes
et lesanalyses
detiges.
b) Comparaison :
les 2 lots de données :- d’une part au nombre de 264 ayant trait à 33
analyses
detiges
depeuple-
ments
dominants,
soit FT,
- d’autre part au nombre de 267 ayant trait à 156
placettes (cf.
au § 2.1 larépartition
entre lessimples,
doubles ettriples mesures),
soitF P,
sont
ajustés séparément,
parl’analyse
derégression
nonpondérée
aumodèle,
del’équation (4) ;
les valeurs des coefficients del’équation
sont dans chacun des 2 casrespectivement
de :H...
=
—0.0/60 (F7’> et - 0.0329 (FP)
les
écarts-type
résiduels étantrespectivement
de0,67.
10 - ! et0,84.
10-!. Onremarque en
particulier
que les valeurs absolues des coefficients(3 1.’1
et(3,, ;; obtenus
dans le
premier
cas FT sont très nettement inférieures à celles obtenues dans le deuxième cas FP.On peut vérifier que les deux
équations
sontstatistiquement
différentes en testant lenon-parallélisme
des deuxplans
derégressions (dans l’espace
à 6dimensions) ; l’analyse
de variance effectuée à cette fin donne le résultat suivant :F[,¡’;19
=8,22 ** *
On conclut donc que les
équations
de croissance obtenues àpartir
des deux échan-tillons, analyses
detiges
d’une part,placettes
d’autrepart,
sont différentes.La
figure
5 illustre concrètement cette différence entre les résultats : on n faitpartir » (on initialise)
les deux modèles FT et FP del’âge
de 8 ans en les comparant de surcroît à un faisceau fictif FF de courbesproportionnelles
et on observe les hauteurs atteintes dans les deux cas à 40 ans, c’est-à-dire les classes defertilités
W :- les données
d’analyses
detiges
FT donnent naissance à une famille de courbes trèsproche
d’une famille de courbesproportionnelles ;
cette tendance domi- nante adéjà
été mise en évidence parl’analyse
factorielle des mêmes données(cf.
L
EMOINE
B., 1981 ) ;
§- les
équations
obtenues dans les deux cas FT et FP donnent naissance à des types de courbes decroissance,
voisines dans le cas des fertilités moyennes et fortes maisdifférentes
dans le cas desfaibles fertilités.
Il semble donc que l’ensemble desplacettes
pauvres du lot desplacettes temporaires
ne soit pas assimilable à une!semble de
placettes
permanentes : lesplacettes âgées
ne feraient donc pas suiteaux
placettes jeunes
parcequ’appartenant
à des types différents et l’utilisation de leurs données dans unajustement global
donnerait lieu à l’établissement d’uneéquation
sensiblement différente d’une
dynamique
de croissance réelle.3.142. Variabilité résiduelle
Les écarts « individuels
» (concernant
un accroissement d’uneplacette)
auxéqua- 1 Y
¡
tions de
croissance,
c’est-à-dire les résidus E de la variable . A au modèlepondéré, Y
i
sont
importants (cf.
tableau1
).Il
importe
de savoir si chacun de ces écartsindividuels,
enparticulier
s’il estgrand,
estreprésentatif
d’unedynamique
de croissanceparticulière
dechaque peuple-
ment par rapport au modèle et de déceler si
possible
la cause de cesparticularités :
si la
réponse
s’avèrenégative
nous pourrons conclure valablement que le modèle utilisé tient compte de tous les types observés depeuplement ;
si par contre laréponse
s’avère
positive
nous devrons d’unepart adopter
laplus grande prudence
dans l’utili- sation de cemodèle,
d’autre partprocéder,
si l’intérêt s’en faitsentir,
à des recherchescomplémentaires.
Nous tiendrons
compte
dans cette démarche du fait que latypologie
des courbes de croi.rsance en hauteur dominante estplus complexe (L EMOI rv E B., 1981)
que cellequi
est issue du faisceau FP.Dans
l’optique
ainsi définie nous utilisons comme matériel 33placettes d’âges
différents pour
lesquelles
nousdisposons
de 3 mesures successives d’accroissement.s(soit
le lot de 17placettes
mentionné au § 2.1auquel s’adjoint
un lot de 16 autresplacettes ayant
faitl’objet
d’une 3&dquo; mesure dans le cours de cetravail).
Cette étude porte à la fois sur la hauteur dominante
H!/
et la circonférence moyenneC 7r
Les 2 variables étudiées sont les résidus aux modèles
respectifs
de croissance deces 2
paramètres ;
ils sontpondérés
parl’âge ;
lafigure
6 donne leurrépartition
selonl’âge
et la classe de fertilité W.On peut
rapprocher
notre démarche de celle de BJÔRNSSON(1978),
bien quel’objectif
de cet auteur soit autre - obtenir un modèle d’autocorrélationrégressive,
c’est-à-dire décrivant l’évolution de la corrélation entre les erreurs constatées pour la même variable sur les mêmesplaceaux
à deux années ’différentes en fonction du tempsqui sépare
ces deux années -. Lepoint
commun des deuxétudes,
celle de BJORNSSON et lanôtre,
est le suivant :décomposer
l’erreur au modèle initial - le modèlebloc X traitement dans le
premier
cas, larégression multiple
dans le deuxième cas -en une « erreur
parcelle
ouplaceau
», dont les autocorrélations sont lereflet,
et une« erreur
période
ou année ».Il y a lieu de considérer ici 2 facteurs de
variations,
lefacteur période
p(3 pério-
des successives pi, p., et p;i) et le
facteur placette
P(33 placettes).
On utilise alors successivement :a le modèle
d’analyse
de varianceappliqué
au résidu hauteur dominante :co - .. 4 - 4 ., 4 ! n mo
1 H I /
où
est
le résidu dechaque
. A à laregression, it
la moyenne, aD l’effet duH
/
facteur
période,
Qp l’effet du facteurplacette
et Cpp l’écart résiduel à ce modèled’analyse
devariance ;
e le même modèle
d’analyse
de varianceappliqué
au résidu circonférence moyenne :E’!, n = u’ + a’., + pp + e’.. 1>
(13) ICg
où
E ’,,p
est le résidu dechaque
. A à larégression ; Cg
le modèle
d’analyse
de covarianceappliqué
au résidu circonférence moyenneprenant
comme covariable le résidu hauteur dominante :c! . — ..! j- -fl -t- !,- -t- x c -!- 0!! _ - l7Q1 i
icg-
où
est
le résidu dechaque
. A à larégression,
b l’effet de la covariable Ep pCg
e&dquo;p,p l’écart
résiduel à ce modèled’analyse
de covariance On calculeégalement
lamatrice d’autocorrélations entre les résidus des 3
périodes.
Les résultats de ces calculs sont
présentés
dans le tableau 2.On peut formuler les remarques suivantes :
- les
analyses
de variance ne relèvent pas d’effet du facteurpériode :
lemodèle
ajusté
à des données deplacettes d’âges
différents reflète donc bien ladyna- mique
de croissance dupeuplement
depin
maritime ;- les
analyses
de variance et les matrices d’autocorrélations montrentqu’il
existe bien une « erreur
parcelle (facteur placette),
d’une part pour la hauteurdominante,
d’autrepart
pour la circonférence moyenneC 9 ;
dans lepremier
cas nousavons donc la
confirmation
de l’existence de types de courbes de croissances enhauteur dominante autres que ceux définis par un modèle moyen
(L EMOINE B., 1981 ) ;
- dans
l’analyse
decovariance,
l’utilisation du résidu croissance en hauteur dominante comme covariableefface
l’« erreurparcelle
afférente à la croissance encirconférence moyenne ; il n’existe donc
qu’un seul &dquo;type
« d’erreurparcelle
carac-térisant la
dynamique
dupeuplement
et non pas celle de tel ou tel de sesparamètres ;
ce résultat permet en
particulier
d’étendre à la circonférence moyenne latypologie complexe ayant
trait aux courbes de croissance en hauteur dominante.3.2.
Equations
et donnéessylvicoles
3.21. Initialisation de la Table de Production
Le modèle
d’équation
choisi pour conférer àchaque paramètre Y ; ,
un état initial dans la Table de Production est :Yu t
Tous les
paramètres Y i
se trouvent donc ainsi définis solidairement par l’intermé- diaire de leur relationstatistique,
dans lejeune âge,
avec la densité(N
= nombrede
tiges
àl’hectare)
et la hauteur dominante. Cetype
de modèle adéjà
étéemployé (cf.
DECOURTN., 1969)
maisquel
que soitl’âge.
Les résultats des calculs de
régressions
doubles sont donnés dans le tableau 3.On notera que les corrélations
globales
concernant les circonférencesC.}
etC 9
sont
beaucoup plus
faibles que celleayant
trait à la hauteur moyenneH! ;
nous dironsdonc
qu’il
existe d’autrestypes
depeuplements
- relativement à la relation entre hauteur et circonférence - que celui défini par l’ensemble deséquations (15)
quenous utiliserons comme modèle.
3.22. Domaine de validité
sylvicole
L’objectif
est de construire une ouplusieurs
Tables de Production en restant dans le cadre des données observées.Le domaine de validité est défini ici par 3 variables :
- la classe de
fertilité ;
-
l’âge ;
- la densité.
Les données de
placettes
ont été triées selon 6 classes de fertilités W =H f
à40 ans
(cf. figure 4) ;
on étudiegraphiquement
pour chacune de celles-ci la corres-pondance Age -
densité ouA o - N,
d’où lesfigures
7 a à 7 f.Il est ainsi
possible
de construire les Tables de Production suivantes :a)
W =24,4
m. : 1 Table à éclairciesfortes,
b)
W =23,6
m. : 1 Table à éclairciesfaibles,
et : 1 Table à éclaircies
fortes, c)
W =22,3
m. : 1 Table à éclairciesfaibles,
et : 1 Table à éclaircies
fortes, d)
W =20,5
m. : 1 Table à éclairciesfortes, e)
W =17,6
m. : 1 Table à éclairciesfaibles,
et : 1 Table à éclaircies
fortes, f)
W =13,4
m. : 1 Table à éclaircies moyennes.3.23.
Effet technique
de l’éclaircieLe modèle
d’équation
choisi pour décrire la modification de certains para- mètresY i
lors du passage en éclaircie(A V
= avantéclaircie,
AP =après éclaircie)
est :
Yi
Ap = ù1;,o !- ù1;,1 .Yi
Ar + ùJ¡,2’N, tr
+ ù1<,.: .N AP (16)
Le
peuplement
dominant nesubit,
àl’observation,
que peu de modifications lors du passage enéclaircie ;
le modèled’équation (16)
n’est donc utilisé que pour décrire les modifications des seulsparamètres
hauteur et circonférence moyennes.Les résultats des calculs