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13 avril 2011actualité, info
en marge
C’est un ouvrage 1 à bien des égards remarquable que viennent de co- signer en France une psychanalyste et un gynécologue-obstétricien.
Sujet : le déni de grossesse ; ou plus précisément cet autre phénomène, au moins aussi étrange que le pre- mier : le déni de ce déni. La chro- nique médiatique judiciaire traite de manière plus ou moins specta- culaire, à échéance plus ou moins régulière, de cette question. Du moins le fait-elle lorsque celles qui accouchent (après «ne pas avoir su être enceintes») tuent des enfants qui, pour elles, n’en sont pas véri- tablement ; et bien évidemment quand on a pu démontrer la réalité d’un tel geste (le plus souvent parce que ces femmes ont d’une manière ou d’une autre conservé les corps). Comment, dès lors, qualifier un tel geste ? Car c’est bien autour d’une bataille de mots (devant des juges et des jurés pé- trifiés devant l’impensable, l’in- nommable) que se joue la double question du déni de grossesse et du déni de ce déni.
De quoi parle-t-on, ici ? Ou de quoi devrait-on parler avant de con- damner ? Pour défendre (avec brio) l’existence de ce déni (qui ne con- duit certes pas toujours, loin s’en
faut, à la mort des nouveau-nés concernés) Sophie Marinopoulos et Israël Nisand ne réclament nul- lement l’absence de sanctions pé- nales qui conduirait selon eux «à participer au déni du déni». Pour autant ils estiment indispensable de prendre en compte «l’irrespon- sabilité transitoire de la femme en train d’accoucher». Mais quels termes, ici, utiliser ? Ce pourrait être le néonaticide, qui est le meurtre commis par le parent sur un nou- veau-né et qui pourrait se référer à toute la psychopathologie de la grossesse et de l’accouchement.
Ce pourrait être aussi le félicide qui est le meurtre commis par le parent sur l’enfant au-delà de sa naissance. «Le félicide a déjà été sous-divisé par le psychiatre amé- ricain Philip J. Restnik, observent les auteurs. Il évoque le félicide altruiste – assimilé au suicide, qui consiste à tuer ses enfants pour ne pas les abandonner –, le félicide psychotique, le félicide paternel – dans le doute de la paternité –, le félicide accidentel – dans la maltraitance –, le félicide par ven- geance, qui est le syndrome de Médée.»
Et puis bien sûr on pourrait comp- ter avec l’infanticide. En France,
depuis 1994, la loi ne fait pas dans le détail linguistique. Ainsi l’article 221-4 de la loi n° 94-89 dispose-t-il :
«Le meurtre est puni de la réclusion criminelle à perpétuité lorsqu’il est commis :
1° Sur un mineur de quinze ans ; 2° Sur un ascendant légitime ou naturel ou sur les père ou mère adoptifs ;
3° Sur une personne dont la parti- culière vulnérabilité, due à son âge,
à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psy- chique ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de son auteur (…)».
Etonnante loi qui confère à l’«état de grossesse» le statut de «parti- culière vulnérabilité» mais qui se refuse à faire un cas particulier du néonaticide. Comme si le meurtre d’un bébé en train de naître équiva- lait à celui d’un «mineur de moins
Enceinte, moi ? Jamais de la vie !
Médée, par Eugène Delacroix (1862)
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1 Marinopoulos S Nisand I. Elles accou- chent et ne sont pas enceintes ; le déni de grossesse. Paris : éditions Les Liens qui Libèrent, 2011.
ISBN : 978-2-918597-28-5
détail des chiffres canton par can- ton, se contentant d’indiquer que 51%
de l’ardoise seront effacés. Selon nos informations, toutefois, Vaud devrait ré cupérer 219 millions de francs, Genève 228 millions et Neuchâtel 48 millions. (…)
Concrètement, l’idée du Conseil fédé- ral est de corriger les surplus passés en jouant sur les rabais de primes dont profitent tous les assurés du pays au titre de la rétrocession des taxes environnementale. Prélevées sur les combustibles fossiles (gaz naturel, mazout) et les solvants, ces taxes incitatives ont permis de rever- ser cette année 48,60 francs à cha- que payeur de primes.
Didier Burkhalter propose de dou- bler la réduction de primes dès 2013 dans les huit cantons qui ont trop payé par le passé. Ce qui aurait don- né un montant de 97,20 fr. par assuré cette année. Dans les 18 autres can- tons, un surplus de prime de 48,60 fr.
au maximum aurait été prélevé jus- qu’à effacement de la moitié de l’ar- doise. Didier Burkhalter s’attend évi- demment à ce que ces 18 cantons
tiquent, mais à l’entendre, ils n’ont d’autre choix que de «reconnaître la situation» – soit qu’ils sont en posi- tion de débiteurs. «Et notre solution est bonne car personne ne paiera plus que la prime calculée sur la base des coûts réels de la santé.»
Voilà pour le passé. Pour l’avenir, le Conseil fédéral a mis en consultation jusqu’en mai un mécanisme visant à rapprocher les primes payées des coûts générés par les assurés.
«Didier Burkhalter a trouvé une solu- tion élégante», salue le conseiller d’Etat genevois Pierre-François Un- ger (pdc). «Mais plutôt que la moitié, on pourrait restituer aux Genevois l’entier de leurs surplus de primes si, d’une part, on étalait le rembourse- ment sur une période plus longue que six ans, et d’autre part si on incitait dans l’intervalle les assureurs à mo- dérer leurs demandes de primes.» (…) Serge Gumy Le Courrier du 7 avril 2011 de quinze ans ; comme si le meurtre
d’un bébé par un adulte lambda équivalait au meurtre commis par une femme dont la grossesse cor- porelle n’avait pas (aussi étrange que cela puisse paraître) émergé dans sa conscience.
«Il est clair que l’idéologie ambian te de notre culture qui a donné une place centrale à l’enfant, le sacra- lisant, a fait passer au second plan la détresse de la mère, estiment Sophie Marinopoulos et Israël Ni- sand. Notre représentation sociale de la fonction maternelle et les idéaux que nous lui accordons créent des exigences pour la "bonne mère" qui n’a aucun droit de dé- faillir. La mère défaillante est aujour d’hui condamnée par notre société tout entière et une mère néonaticide est l’exemple même de la mère à abattre. Le tapage à leur propos est à la hauteur de la haine que ces femmes suscitent.
Lynchage médiatique et opprobre social se conjuguent pour accabler la meurtrière, pendant que les ex- cès langagiers se multiplient dans les audiences et montrent à quel point nous sommes passés du côté du crime de lèse-majesté depuis que l’enfant est devenu roi.» En France, les condamnations les plus récentes pour des néonaticides se situent dans une fourchette qui va de six à douze années de réclusion, condamnations plus lourdes pour les femmes qui ont commis plu-
sieurs néonaticides, assimilées à des criminels en série.
Poursuivons : ce troublant ouvrage ne traite pas que des dénis de gros- sesse suivis de la mort de nouveau- nés. Il explore avec une grande pédagogie les différentes facettes de ce phénomène tenu comme in- compréhensible (et à ce titre inac- ceptable) par une grande partie de nos contemporains, hommes et femmes ; un phénomène souvent insupportable en ce qu’il boule- verse bien des certitudes à com- mencer par l’existence naturelle de l’instinct maternel et par la nature des rapports que la femme peut ou non entretenir avec son corps lorsque ce corps en porte un autre, en gestation. Il nous renvoie, enfin, à Médée et à sa tragédie qui, sous la plume de Sénèque ou celle d’Euri pide, avait bien tôt démontré pour l’éternité humaine comment l’insondable désespoir peut, par- fois, conduire au crime de l’enfant.
Jean-Yves Nau [email protected]
Tirer parti de nos errances, un gain pour notre pratique quotidienne
Journée de printemps du Dpt de médecine interne du CHCVs Jeudi 5 mai 2011
de 13 h 45 à 18 h 00 Sierre, Aula de la HEVs Rte de la Plaine 2 Première partie Modérateurs :
J. Meizoz et J.-M. Tschopp
13 h 45 Introduction : pas de progrès sans errances ni erreurs,
J.-M. Tschopp et J. Meizoz 13 h 50 Une affaire de cœur, L. Jacquier et G. Girod 14 h 20 En néphrologie aussi, 1 + 1 = 2, P.-Y. Lovey et P. Meier 14 h 50 J’ai 91 ans, un cancer, et je agenda
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