• Aucun résultat trouvé

Où en sommes-nous des effets antitumoraux de la metformine ?

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2022

Partager "Où en sommes-nous des effets antitumoraux de la metformine ?"

Copied!
5
0
0

Texte intégral

(1)

La Lettre du Cancérologue • Vol. XXVI - n° 2 - février 2017 | 77

MISE AU POINT

Où en sommes-nous

des effets antitumoraux de la metformine ?

Metformin and cancer: what is happening?

F. Bost1, 2, A.G. Decoux-Poullot1, 2, 3, J.M. Ferrero4, S. Clavel1, 2

1 Inserm U1065, C3M, Centre médi- terranéen de médecine moléculaire – Équipe “Physiopathologie cellu- laire et moléculaire de l’obésité et du diabète” Nice.

2 Université de Nice Sophia-Antipolis.

3 Département d’endocrino logie- diabétologie et médecine de la reproduction, Hôpital de l’Archet, CHU de Nice.

4 Département d’oncologie médicale, centre Antoine-Lacassagne, Nice.

La metformine est un antidiabétique oral de la famille des biguanides, commercialisé en France depuis 1979. Ce médicament est utilisé en première ligne de traitement contre le diabète de type 2 (DT2), et on estime qu’il est prescrit à plus de 120 millions de patients dans le monde.

Il est bien toléré, améliore la glycémie sans induire d’hypoglycémie même chez des personnes normo- glycémiques. Seuls quelques troubles intestinaux (diarrhées, nausées, vomissements) et de très rares cas d’acidoses lactiques ont été rapportés.

Les mécanismes d’action de la metformine sont bien connus : elle agit au niveau du foie, du cœur, du tissu adipeux et du muscle squelettique (figure 1, p. 78).

Ses effets antihyperglycémiques sont liés à une dimi- nution de la production hépatique de glucose (inhi- bition de la néoglucogenèse), une augmentation de la captation de glucose par le muscle et l’adipocyte, ce qui entraîne une diminution de la glycémie et de l’hyperinsulinémie. Un autre avantage majeur de la metformine est son action cardioprotectrice via ses effets bénéfiques sur le métabolisme lipidique (1).

La metformine active l’AMPK (AMP activated Protein Kinase) qui est régulée par le suppresseur de tumeur LKB1 (Liver Kinase B1) [1]. Cette découverte fonda- mentale a été à l’origine des travaux qui ont permis de découvrir les effets antitumoraux de la metformine.

En effet, l’activation de l’AMPK entraîne l’inhibition de mTORC1 (mechanistic Target Of Rapamycin Complex 1) qui est fréquemment activé dans de nombreuses tumeurs. mTORC1 contrôle la proliféra- tion cellulaire et plusieurs voies métaboliques comme la lipogenèse, la synthèse protéique et la synthèse nucléotidique. Ces observations ont attiré l’attention de nombreux laboratoires qui ont cherché à déter- miner si la metformine, via son action sur mTORC1, affectait la croissance des cellules tumorales et donc diminuait l’incidence de certains cancers.

Ainsi, une étude épidémiologique rétrospective pionnière, réalisée sur une cohorte de plus de

11 000 patients, a démontré en 2005 que la met- formine diminue l’incidence des cancers chez les personnes diabétiques (2). Depuis, plus de 50 études épidémiologiques rétrospectives ont montré que les patients diabétiques traités par metformine ont une diminution du risque de cancer. Certains de ces travaux s’intéressent à tous les cancers, d’autres à des cancers spécifiques comme le cancer du sein, du côlon, du pancréas ou de la prostate (3-5).

Les premiers essais cliniques en thérapie anticancéreuse

La metformine est un médicament “génériqué”, bon marché, dont les effets indésirables sont très bien connus ; de ce fait, plus d’une centaine d’essais clini ques sont actuellement en cours pour tester ses effets antitumoraux chez des patients non diabé tiques. La metformine est utilisée comme adjuvant en combi naison avec la chimiothérapie ou bien seule en préopératoire ou en préventif. Les quelques résultats publiés concernent de petites cohortes de patients (150 maximum). Dans un essai clinique de phase III réalisé en double aveugle, la metformine (à une posologie de 250 mg/j), admi- nistrée à des patients non diabétiques ayant eu des résections d’adénomes colorectaux, réduit significa- tivement la récidive de polypes et d’adénomes (6).

D’autres résultats encourageants concernent le cancer du sein, où la metformine a été prescrite en préopératoire à des patientes avec un cancer du sein invasif. Les auteurs observent une diminution significative de l’expression de Ki67 et de la forme phosphorylée d’Akt (2 marqueurs de la progres- sion tumorale) [7]. Enfin, l’étude sur le cancer du pancréas qui combine la metformine (à une poso- logie de 200 mg/j), la gemcitabine et l’erlotinib ne démontre pas de bénéfices significatifs sur la survie des patients (8). En revanche, dans cette étude, les

© Correspondances en Métabolismes Hormones Diabètes et Nutrition 2016(XX);10:306-10.

Micro-environnement métabolique et cancer

Coordonné par N. Chevalier

(2)

78 | La Lettre du Cancérologue • Vol. XXVI - n° 2 - février 2017 Metformine

Effets cardioprotecteurs Oxydation des lipides

Transport de glucose Transport de glucose

Lipolyse

Néoglucogenèse Hyperglycémie et insulinémie

NH NH N CH3 H3C

NH

NH2

Figure 1. Effets de la metformine sur les organes insulinosensibles. La metformine augmente le transport de glucose et inhibe la lipolyse dans les adipocytes. Elle inhibe la néogluco genèse hépatique et augmente l’oxydation des acides gras et le transport de glucose. L’ensemble de ces effets entraîne une diminution de l’hyperglycémie et par conséquent de l’insulinémie. Elle possède également des effets cardioprotecteurs.

Points forts

patients ayant un taux circulant de metformine plus élevé ont une survie globale augmentée. Ces études ne permettent pas de conclure définitivement à un effet bénéfique de la metformine dans le traitement du cancer, il faut attendre les résultats d’autres essais effectués sur des cohortes plus importantes.

La metformine exerce-t-elle des effets indirects ou directs sur les cellules tumorales ?

Un des effets indiscutables de la metformine est la diminution de l’insulinémie chez les patients diabé- tiques (figure 1). L’insuline et l’IGF-1 (Insuline-like Growth Factor-1) stimulent la croissance tumorale, il est donc logique de penser que la metformine, en diminuant les taux d’insuline circulante, inhibe la croissance tumorale. Cependant, peu d’études qui démontrent un effet antitumoral chez l’animal ont suivi les effets de la metformine sur l’insulinémie des animaux. M.B. Schneider et al. ont montré que la prévention du cancer du pancréas chez les hamsters traités à la metformine et nourris avec un régime riche en graisses (High Fat Diet – HFD) est corrélée avec une diminution de l’insulinémie (9).

En revanche, la metformine ne fait pas varier l’insu- linémie et pourtant elle diminue significativement le développement des cancers du sein, du côlon ou de la prostate respectivement chez des souris HER-2/neu, ApcMin ou PTEN ± (10-12), ce qui suggère une action antitumorale insulino-indépendante. Nous pensons donc que, même si elle peut avoir des effets indirects chez des patients diabétiques, des effets directs de la metformine sur les cellules tumorales sont égale- ment impliqués.

La metformine inhibe

la prolifération et la migration des cellules cancéreuses

Notre laboratoire fut l’un des premiers à démon- trer les effets antiprolifératifs directs sur les cellules cancé reuses (13). Il existe plusieurs études montrant que la metformine bloque la croissance des lignées cancéreuses de multiples origines. Dans certains modèles (mélanome, prostate et sein), la met- formine affecte peu ou pas du tout la prolifération des cellules normales démontrant une certaine spécificité envers les cellules tumorales (13). La metformine possède également des propriétés anti- migratoires et anti-invasives dans plusieurs lignées cellulaires, ce qui se traduit par une diminution de la formation des métastases dans des modèles animaux (14) [figure 2].

Au niveau cellulaire, la metformine induit l’apoptose dans certaines lignées cancéreuses (15). Dans tous les cas, la metformine induit un arrêt du cycle cellulaire.

Par exemple, nous avons montré que la metformine entraîne une diminution de la cycline D1 et bloque le cycle cellulaire en G0/G1 dans les cellules cancé- reuses de prostate et dans les tumeurs issues des xénogreffes (13), mais il a également été rapporté que la metformine entraîne un arrêt en phase G2/M ou S dans d’autres types cellulaires.

Les concentrations de metformine utilisées in vitro vont de 1 à 30 mM avec des sensibilités diverses en fonction de l’origine cellulaire. Ces doses sont 100 à 300 fois plus importantes que les doses thérapeutiques recom mandées. Cependant, il est important de noter que certaines études précliniques

» Plusieurs études épidémiologiques rétrospectives démontrent que la metformine diminue l’incidence des cancers chez les patients diabétiques. De nombreux essais cliniques sont en cours pour déterminer si la metformine pourrait être utilisée en thérapie anticancéreuse.

» La metformine agit directement sur les cellules cancéreuses, elle inhibe la prolifération cellulaire, la migration et l’invasion. Ces effets participent à son action antitumorale et antimétastatique constatée expérimentalement in vitro et in vivo.

» La metformine cible le métabolisme de la cellule cancéreuse et plus particulièrement la mitochondrie en induisant un stress énergétique.

Mots-clés

Metformine Cancer Diabète Métabolisme cellulaire Mitochondrie

Highlights

»Several epidemiological studies have shown that metformin decreases cancer incidence in diabetic patients.

There are several ongoing clinical trials to determine the efficacy of the molecule in anti- cancer therapy.

»Metformin acts directly on cancer cells, inhibits cell prolife- ration, migration and invasion.

These effects participate in the anti-tumoral and anti-metas- tatic action of the drug in vitro and in vivo.

»Metformin targets cancer cell metabolism and more specifically mitochondria by inducing an energy stress.

Keywords Metformin Cancer Diabetes Cell metabolism Mitochondria

(3)

La Lettre du Cancérologue • Vol. XXVI - n° 2 - février 2017 | 79

MISE AU POINT

Metformine

Effets antitumoraux

Perturbateur du métabolisme

Insulinémie

mTORC1 ATP

Prolifération Indirect

Micro-environnement

tumoral Organes

insulinosensibles

Direct

Cellules cancéreuses Cellules souches cancéreuses

Migration, invasion, métastases

Figure 2. Effets antitumoraux de la metformine. La metformine exerce des effets indi- rects sur la progression tumorale : elle interfère avec le micro-environnement tumoral et elle diminue l’insulinémie via son action sur les organes insulinosensibles. Elle agit également directement sur les cellules cancéreuses et les cellules souches cancéreuses.

Elle inhibe la prolifération, la migration et la formation de métastases. La metformine est un perturbateur du métabolisme de la cellule cancéreuse, elle cible la mitochondrie, diminue la synthèse de l’ATP et inhibe la voie mTORC1.

réalisées chez la souris démontrent que des doses compatibles à celles administrées aux patients sont capables de ralentir la croissance tumorale. Ainsi, nous avons montré, à l’instar d’autres équipes, que la metformine inhibe la croissance tumorale avec un traitement de 40 mg/kg/j (13, 15). L’exposition chronique des cellules tumorales à la metformine pourrait donc expliquer ses bénéfices in vivo à des doses plus faibles. Deux études récentes publiées dans Cell Metabolism reviennent sur ce débat. Elles démontrent que les doses de metformine adminis- trées à l’animal conduisent à des concentrations circulantes ou intratumorales comprises entre 3,2 et 12,4 µM, qui sont compatibles avec ce qui est retrouvé dans la circulation de patients diabétiques traités par metformine (16, 17).

La metformine cible les cellules souches cancéreuses

Les cellules souches cancéreuses sont résistantes aux traitements chimiothérapeutiques et sont impliquées dans les récidives. La metformine, à des doses très faibles (0,1 µM), tue sélectivement les cellules souches cancéreuses in vitro et dans des modèles murins (18). Ainsi, elle potentialise les effets anticancéreux du cisplatine, du paclitaxel et du tamoxifène dans les cellules cancéreuses du poumon, du sein et de la prostate. Cet effet serait dû à une diminution, induite par la metformine, de la P-glycoprotéine codée par le gène MDR1 (MultiDrug Resistance 1) [19]. Par conséquent, la metformine pourrait augmenter la toxicité associée à la chimio- thérapie standard (18). Ces résultats montrent que la metformine peut être utilisée comme adjuvant à la chimiothérapie. Cette découverte offre de nouvelles perspectives dans le traitement du cancer, puisque la combinaison des agents chimiothérapeutiques classiques et de la metformine pourrait prévenir les récidives. Cependant, elle doit être utilisée avec prudence en fonction de l’origine du cancer, car elle réduit l’apoptose induite par le cisplatine dans les cellules cancéreuses de gliomes et de leucémie (20).

La metformine perturbe le métabolisme énergétique de la cellule

Une des caractéristiques des cellules cancéreuses est la “reprogrammation” métabolique, décrite pour

la première fois par Otto Warburg, et qui privilégie la glycolyse (voie de dégradation du glucose) plutôt que la phosphorylation oxydative (voie mitochon- driale de production d’énergie) pour produire de l’adénosine triphosphate (ATP) [21]. Cette avidité des cellules tumorales pour le glucose est utilisée en médecine pour la détection de tumeurs ou méta- stases par PET scan, notamment grâce à l’injec- tion de 18-FDG (fluorodésoxyglucose marqué au fluor 18). Malgré ce changement métabolique, une phosphorylation oxydative basale est maintenue dans les cellules cancéreuses. Les travaux originaux de l’équipe de Xavier Leverve ont montré que la metformine inhibe le complexe 1 de la chaîne mito- chondriale dans les hépatocytes (22). Nous avons montré qu’il en est de même dans les cellules cancé- reuses, ce qui entraîne une diminution de la concen- tration intracellulaire en ATP (23). En parallèle, la metformine interfère avec d’autres voies méta- boliques : elle affecte le métabolisme lipidique et la synthèse des lipides dans les cellules cancé- reuses (24). La metformine augmente également la dépendance des cellules cancéreuses de prostate pour la glutamine, un acide aminé essentiel pour la croissance cellulaire.

L’ensemble de ces résultats démontre que la met- formine agit comme un inducteur de stress énergé- tique qui “fragilise” les cellules tumorales et pourrait les rendre plus vulnérables à certains traitements.

(4)

80 | La Lettre du Cancérologue • Vol. XXVI - n° 2 - février 2017

Où en sommes-nous des effets antitumoraux de la metformine ?

1. Zhou G, Myers R, Li Y et al. Role of AMP-activated protein kinase in mechanism of metformin action. J Clin Invest 2001;108(8):1167-74.

2. Evans JM, Donnelly LA, Emslie-Smith AM, Alessi DR, Morris AD. Metformin and reduced risk of cancer in diabetic patients. BMJ 2005;330(7503):1304-5.

3. Currie CJ, Poole CD, Gale EA. The influence of glucose- lower ing therapies on cancer risk in type 2 diabetes.

Diabetologia 2009;52(9):1766-77.

4. Li D, Yeung SC, Hassan MM, Konopleva M, Abbruzzese JL.

Anti-diabetic therapies affect risk of pancreatic cancer.

Gastroenterology 2009;137(2):482-8.

5. Margel D, Urbach DR, Lipscombe LL et al. Metformin use and all-cause and prostate cancer-specific morta- lity among men with diabetes. J Clin Oncol 2013;31(25):

3069-75.

6. Higurashi T, Hosono K, Takahashi H et al. Metformin for chemoprevention of metachronous colorectal adenoma

or polyps in post-polypectomy patients without diabetes: a multicentre double-blind, placebo-controlled, randomised phase 3 trial. Lancet Oncol 2016;17(4):475-83.

Références bibliographiques

La metformine

régule la voie mTORC1

La metformine régule l’axe AMPK/mTORC1, le senseur du statut énergétique de la cellule. L’acti- vation de l’AMPK nécessite la protéine LKB1, une sérine- thréonine kinase suppresseur de tumeur. Des mutations de LKB1 sont associées au syndrome de Peutz-Jeghers, une maladie rare qui s’accompagne d’une augmentation du risque de cancers. L’inhibi- tion du complexe 1 mitochondrial par la metformine entraîne une diminution de la concentration en ATP, ce qui active l’AMPK. Une des conséquences directes de cette activation est l’inhibi tion de mTORC1 qui régule la synthèse protéique et la prolifération cellulaire, il a donc été suggéré que les effets anti prolifératifs de la metformine pourraient être médiés par l’AMPK.

En effet, dans certains modèles cellulaires, l’action antiproliférative de la metformine passe par l’AMPK (25). Dans les cellules cancéreuses de pros- tate, nous avons montré que REDD1 (Regulated in Development and DNA damage responses 1) − et non l’AMPK − médie les effets antiprolifératifs de la metformine via mTORC1 et un arrêt du cycle cellulaire (26). D’autres études ont également prouvé que les effets de la metformine peuvent être indépendants de l’AMPK. Dans une étude récente, M. Foretz et al. ont démontré que les souris dépour- vues d’AMPK dans le foie sont capables d’inhiber la néoglucogenèse hépatique lors de traitement par la metformine. Selon les auteurs, cette inhibition est également indépendante de LKB1 et serait due à une diminution de “l’état énergétique” hépatique (27).

Modulation du micro- environnement

par la metformine

Les effets bénéfiques de la metformine sur la tumori- genèse pourraient également s’opérer via une modi- fication du micro-environnement tumoral. Il est clairement établi que le micro-environnement de la

tumeur joue un rôle clé dans le processus néo pla- sique. En effet, la progression tumorale est fortement régulée par un dialogue entre les cellules tumorales et leur environnement composé de différents types cel lulaires (fibroblastes, cellules immunitaires infil- trantes, cellules endothéliales et adipocytes). Le système immunitaire contrôle l’évolution de la tumeur, et nous avons peu de données quant au rôle potentiel de la metformine sur le système immuni- taire et l’inflammation. Seules 2 études ont montré que la metformine inhibe la production de TNFα (Tumor Necrosis Factor α) dans les cellules endo- théliales vasculaires et les monocytes humains in vitro (28, 29). E.L. Pearce et al. ont suggéré que la metformine pourrait favoriser la différenciation des CD8T (responsables de l’immunité antitumorale) en modulant leur métabolisme (30). Autre composante importante du micro-environnement tumoral : les adipocytes. Ceux-ci jouent un rôle majeur dans la progression tumorale et ils participent à l’agressivité des cellules cancéreuses du sein (31). La metformine agit-elle sur le métabolisme des adipocytes péri- tumoraux ? Et ces modifications altèrent-elles leur potentiel protumoral ? La question reste ouverte.

Conclusion

La metformine est un antidiabétique oral, efficace et peu onéreux. Plusieurs preuves montrent un effet antiprolifératif de cet agent sur les cellules cancé- reuses et un effet protecteur contre le cancer chez les patients diabétiques. Des résultats récents sont encourageants, ils ouvrent de nouvelles perspectives en thérapie anticancéreuse et ont conduit les onco- logues à s’intéresser de plus près à cette molécule.

Cependant, d’autres études précliniques et cliniques sont encore nécessaires pour évaluer le potentiel de la metformine comme agent antitumoral. Une meilleure connaissance de son mécanisme d’action pourrait ainsi ouvrir de nouvelles voies dans le traitement du cancer.

Si ces résultats s’avèrent concluants, cette “vieille molécule” se verra offrir une “seconde jeunes se” avec de nouvelles perspectives inattendues à l’horizon.

Remerciements : AGP est financée par la Société française d’endocrinologie.

Les recherches du laboratoire sont financées grâce au soutien de la Fondation ARC pour la recherche contre le cancer et de l’ITMO (Institut thématique multi-organes) Cancer.

F. Bost est un chercheur au CNRS.

Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts en relation avec cet article.

(5)

104 | La Lettre du Cancérologue • Vol. XXVI - n° 2 - février 2017

Où en sommes-nous des effets antitumoraux de la metformine ?

MISE AU POINT

7. Dowling RJ, Niraula S, Chang MC et al. Changes in insulin receptor signaling underlie neoadjuvant metformin adminis- tration in breast cancer: a prospective window of opportunity neoadjuvant study. Breast Cancer Res 2015;17:32.

8. Kordes S, Pollak MN, Zwinderman AH et al. Metformin in patients with advanced pancreatic cancer: a double-blind, randomised, placebo-controlled phase 2 trial. Lancet Oncol 2015;16(7):839-47.

9. Schneider MB, Matsuzaki H, Haorah J et al. Prevention of pancreatic cancer induction in hamsters by metformin.

Gastroenterology 2001;120(5):1263-70.

10. Anisimov VN, Berstein LM, Egormin PA et al. Effect of metformin on life span and on the development of spon- taneous mammary tumors in HER-2/neu transgenic mice.

Exp Gerontol 2005;40(8-9):685-93.

11. Tomimoto A, Endo H, Sugiyama M et al. Metformin sup- presses intestinal polyp growth in Apc(Min/+) mice. Cancer Sci 2008;99(11):2136-41.

12. Huang J, Manning BD. The TSC1-TSC2 complex: a molecular switchboard controlling cell growth. Biochem J 2008;412(2):179-90.

13. Ben Sahra I, Laurent K, Loubat A et al. The antidiabetic drug metformin exerts an antitumoral effect in vitro and in vivo through a decrease of cyclin D1 level. Oncogene 2008;27(25):3576-86.

14. Dirat B, Ader I, Golzio M et al. Inhibition of the GTPase Rac1 mediates the antimigratory effects of metformin in prostate cancer cells. Mol Cancer Ther 2015;14(2):586-96.

15. Tomic T, Botton T, Cerezo M et al. Metformin inhibits melanoma development through autophagy and apoptosis mechanisms. Cell Death Dis 2011;2:e199.

16. Chandel NS, Avizonis D, Reczek CR et al. Are Metformin Doses Used in Murine Cancer Models Clinically Relevant?

Cell Metab 2016;12;23(4):569-70.

17. Dowling RJ, Lam S, Bassi C et al. Metformin Pharmaco- kinetics in Mouse Tumors: Implications for Human Therapy.

Cell Metab 2016;12;23(4):567-8.

18. Iliopoulos D, Hirsch HA, Struhl K. Metformin decreases the dose of chemotherapy for prolonging tumor remission in mouse xenografts involving multiple cancer cell types.

Cancer Res 2010;71(9):3196-201.

19. Kim HG, Hien TT, Han EH et al. Metformin inhibits P-glycoprotein expression via the NF-kappaB pathway and CRE transcriptional activity through AMPK activation. Br J Pharmacol 2011;162(5):1096-108.

20. Janjetovic K, Vucicevic L, Misirkic M et al. Metformin reduces cisplatin-mediated apoptotic death of cancer cells through AMPK-independent activation of Akt. Eur J Phar- macol 2011;651(1-3):41-50.

21. Warburg O. On the origin of cancer cells. Science 1956;123(3191):309-14.

22. El-Mir MY, Nogueira V, Fontaine E, Averet N, Rigoulet M, Leverve X. Dimethylbiguanide inhibits cell respiration via an indirect effect targeted on the respiratory chain complex I.

J Biol Chem 2000;275(1):223-8.

23. Ben Sahra I, Laurent K, Giuliano S et al. Targeting cancer cell metabolism: the combination of metformin and 2-deoxyglucose induces p53-dependent apop- tosis in prostate cancer cells. Cancer Res 2010;70(6):

2465-75.

24. Loubiere C, Goiran T, Laurent K, Djabari Z, Tanti JF, Bost F. Metformin-induced energy deficiency leads to the

inhibition of lipogenesis in prostate cancer cells. Oncotarget 2015;6(17):15652-61.

25. Zakikhani M, Dowling R, Fantus IG, Sonenberg N, Pollak M. Metformin is an AMP kinase-dependent growth inhibitor for breast cancer cells. Cancer Res 2006;66(21):

10269-73.

26. Ben Sahra I, Regazzetti C, Robert G et al. Metformin, Independent of AMPK, Induces mTOR Inhibition and Cell- Cycle Arrest through REDD1. Cancer Res 2011;71(13):

4366-72.

27. Foretz M, Hebrard S, Leclerc J et al. Metformin inhibits hepatic gluconeogenesis in mice independently of the LKB1/

AMPK pathway via a decrease in hepatic energy state. J Clin Invest 2010;120(7):2355-69.

28. Hattori Y, Suzuki K, Hattori S, Kasai K. Metformin inhi- bits cytokine-induced nuclear factor kappaB activation via AMP-activated protein kinase activation in vascular endo- thelial cells. Hypertension 2006;47(6):1183-8.

29. Arai M, Uchiba M, Komura H, Mizuochi Y, Harada N, Okajima K. Metformin, an antidiabetic agent, suppresses the production of tumor necrosis factor and tissue factor by inhibiting early growth response factor-1 expres- sion in human monocytes in vitro. J Pharmacol Exp Ther 2010;334(1):206-13.

30. Pearce EL, Walsh MC, Cejas PJ et al. Enhancing CD8 T-cell memory by modulating fatty acid metabolism. Nature 2009;460(7251):103-7.

31. Dirat B, Bochet L, Dabek M et al. Cancer-associated adipocytes exhibit an activated phenotype and contri- bute to breast cancer invasion. Cancer Res 2011;71(7):

2455-65.

Références bibliographiques (suite de la p. 80)

Références

Documents relatifs

Si spécifique à l'utilisation 1: Indications des effets directs et indirects possibles, instructions de premiers soins et mesures d'urgence à prendre pour

Si spécifique à l'utilisation 1: Indications des effets directs et indirects possibles, instructions de premiers soins et mesures d'urgence à prendre pour

6. Cependant, le mot «programme» fait l’objet d’interprétations très différentes dans plusieurs pays de l’OCDE. Certains lui attribuent un sens très large qui embrasse toutes

Une série de correspondances est cependant repérable entre les premiers passages des deux séquences : dans le premier passage de la séquence A3 (la dernière de la

Si spécifique à l'utilisation 1 : Indications des effets directs et indirects possibles, instructions de premiers soins et mesures d'urgence à prendre pour

Si spécifique à l'utilisation 1: Indications des effets directs et indirects possibles, instructions de premiers soins et mesures d'urgence à prendre pour

Malgré ces progrès très conséquents dans les méthodes d’évaluation de l’état écologique des masses d’eau cours d’eau au titre de la DCE, les parents pauvres du

Des principes de pilotage de la biodiversité planifiée à plusieurs échelles d’espace et de temps pour la fourniture de services multiples ont été explicités et mis