A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
X. S TOUFF
Sur une classe de surfaces minima
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 1resérie, tome 6, no1 (1892), p. A5-A12
<http://www.numdam.org/item?id=AFST_1892_1_6_1_A5_0>
© Université Paul Sabatier, 1892, tous droits réservés.
L’accès aux archives de la revue « Annales de la faculté des sciences de Toulouse » (http://picard.ups-tlse.fr/~annales/) implique l’accord avec les conditions générales d’utilisa- tion (http://www.numdam.org/conditions). Toute utilisation commerciale ou impression sys- tématique est constitutive d’une infraction pénale. Toute copie ou impression de ce fi- chier doit contenir la présente mention de copyright.
Article numérisé dans le cadre du programme Numérisation de documents anciens mathématiques
http://www.numdam.org/
ANNALES
DE 1.B
FACULTÉ DES SCIENCES DE TOULOUSE.
SUR UNE
CLASSE DE SURFACES MINIMA,
PAR M. X. STOUFF,
Maître de Conférences à la Faculté des Sciences de Montpellier.
I.
Riemann a découvert
1 ’ )
des surfaces minimaengendrées
par un cercle dont leplan
sedéplace parallèlement
à lui-même et montre que la théorie de ces surfaces se rattache de fortprès
au théorème d’addition des fonctionselliptiques.
D’une manièregénérale,
leproblème
de trouver des surfaces minimapassant
par un cercle revient à chercher deux fonctionsanaly- tiques
telles que, la somme desarguments
restant constante, il en résulteune relation d’une certaine forme entre les fonctions elles-mêmes.
Nous
partons
des formules de M. Weierstrass :Cherchons la condition pour que la surface contienne un cercle dont le
(1) OEuvres com,plètes, p. 3Ii , ,
A. 6
plan
soitparallèle
auplan
des Soit = = cl’équation
duplan
de cccercle,
R son rayon. Les valeurs de u et de v relatives à unpoint
de cecercle satisfont à la relation
laquelle
doit êtreéquivalente
àl’équation
obtenue enexprimant
que la section de la surface par leplan =
= c a un rayon de courbure constant età R. Posons
Un élément d’arc de la courbe est donné par la formule
ou, en tenant
compte
del’équation ( 2 ),
a étant
l’angle
que fait latangente
avec l’axedes x,
on aet, par
suite,
posons
il vient
et
l’équation ( 7 )
devientC’est à la détermination des fonctions
~( ~) et § (~) jouissant
de la pro-priété exprimée
parl’équation (8)
que revient essentiellement leproblème
de faire passer une surface minima par un cercle donné. Les coordonnées d’un
point
de la surfaces’expriment
alors en fonction de deuxparamètres arbitraires ~
et ~r~ par les formules , .La formule bien connue d’addition des fonctions
elliptiques peut
et, en = la formule
( I o )
se ramèneà la formule
(8)
et montre que les sections de la surface minima par desplans parallèles
auplan
des xy sont toutes des cercles. On a ainsi la sur-face cerclée de Riemann.
Il.
On
peut
satisfaire àl’équation (8)
par des fonctionsplus simples
que celles de Riemann. Posonsles constantes contenues dans les fonctions
(i i)
devront être telles que cesfonctions vérifient l’identité
(8),
c’est-à-direEn
exprimant
que les deux membres ont même valeurpour (
infini et enégalant,
les résidus des deux membres parrapport
auxpôles a, h,
c - ~’,
on obtient deséquations
faciles à résoudre etqui
donnent finale-mcnt le résultat suivant.
Pour obtenir des surfaces
réelles,
on attribue une valeurréelle,
exté-rieure
v - I
et-~- I ;
la valeur de ÀÀ est déterminée parl’équation
elle est
réelle ;
les modules de X et de X’ seront tous deuxégaux
à~/~?~’
etl’on pourra
prendre
arbitrairement la valeur absolue de leursarguments,
qui
serontégaux
et designes contraires : S
étant unequantité
réelle arbi-traire,
on auraLes
intégrations indiquées
dans leséquations (c~) peuvent
s’effectucr et la surface minimapeut
sereprésenter
par leséquations
~
et y] étant deuxquantités imaginaires conjuguées.
Si l’on auv est constant. Il en résulte que le
plan =
= a + !J’ coupe la surface sousuii
angle
constant.L’emploi
des fonctionselliptiques
donne des résultatsanalogues.
Consi-dérons les
expressions
où a~
désigne
la fonction de 11. Weierstrass1 ’ ).
Ellesreprésentent
desfonctions doublement
périodiques de Ç,
si la somme de leurs zéroségale
celle de leurs infinis. Cette
condition,
que nous supposeronsréalisée
revient a
En les
décomposant
en élémentssimples,
on trouvequ’elles
sontrespecti-
’
vement
égales
àEn
remarquant
que,d’après
la relation(12),
on obtient l’identité
que l’on
peut
ramener à l’identité(8)
en posantX et Àt étant déterminés par les
égalités
où pL est une constante arbitraire.
(1) Je suis Ici les notations du Livre de M. Weber : Functionen
Les
intégrations indiquées
dans les formules(g)
peuvent s’effectuer. Je dis clue’
soit,
pourabréger,
On a
donc aussi
Donc Q’(03B6) 03C62(03B6) reste
invariablequand
onajoute
03C91 àl’argument;
on vérifiede même
qu’il
nechange
paslorsque
l’onajoute
03C92. Cette fonction nepeut
d’ailleurs avoir pourpôle
que a et seshomologues.
Or a n’est pas unpôle ;
en
effet,
et, en faisant le
quotient
des deux sérieson a aussi
En effectuant le
produit,
on voit queQ(~)
ne contient ni termesen ( -
a, ni termesen (( - a)2, donc
= a est un zéro double deQ’(~).
Parsuite,
la fonction
Q, « ~
est doublementpériodique,
~ n’a pas depôles
et se réduità une constante; en
faisant ( = b,
on obtient la valeur de cette constante.En faisant les
intégrations
des formules( g),
il vientLe
plan
z = c coupe la surface suivant uncercle ;
il n’en est pas demême,
en
général,
des autresplans parallèles
auplan
des xy. Nlais les sections de la surface par cesplans jouissent
d’unepropriété qui
lesrapproche
d’uncercle. Il existe entre leur courbure
proprement
dite et leur courburegéodésique
une relation linéaire.En
effet,
si dans l’identité~13~
onremplace
c par z, il vienten
désignant
par p etp’
lesquantités
Mais le rayon de courbure de la section est, en
général,
donné par la formule(8)
et, en divisant membre à membre les formules(8)
et( r ~ ),
ilvient
A.12
mais, si o désigne l’angle
de la normale avec l’axedes z,
d’où
ce
qui
démontre laproposition.
Enparticulier,
leplan z
= a + h’ coupe la surface sous unangle
constant, et il existe desplans qui
donnent des sections dont le rayon de courburegéodésique
est constant.Le même
procédé s’applique
à la démonstration du théorème de Rie-mann. Il résulte de la
décomposition
en élémentssimples
de la fonctionet de son inverse.