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Plan de gestion de la saxifrage à épis (Micranthes spicata) au Canada

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Academic year: 2022

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(1)

Série de Plans de gestion

Plan de gestion de la saxifrage à épis (Micranthes spicata) au Canada

Saxifrage à épis

2022

(2)

Référence recommandée : 1

2

Environnement et Changement climatique Canada. 2022. Plan de gestion de la 3

saxifrage à épis (Micranthes spicata) au Canada [Proposition]. Série de Plans de 4

gestion de la Loi sur les espèces en péril. Environnement et Changement climatique 5

Canada, Ottawa. v + 19 p.

6 7 8 9

Version officielle 10

La version officielle des documents de rétablissement est celle qui est publiée en format 11

PDF. Tous les hyperliens étaient valides à la date de publication.

12 13

Version non officielle 14

La version non officielle des documents de rétablissement est publiée en format HTML, 15

et tous les hyperliens étaient valides à la date de publication.

16 17 18 19

Pour télécharger le présent plan de gestion ou pour obtenir un complément 20

d’information sur les espèces en péril, y compris les rapports de situation du Comité sur 21

la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de la 22

résidence, les plans d’action et d’autres documents connexes portant sur le 23

rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en péril1. 24

25 26

Illustration de la couverture : saxifrage à épis, Syd Cannings 27

28 29

Also available in English under the title 30

“Management Plan for the Spiked Saxifrage (Micranthes spicata) in Canada [Proposed]”

31 32 33

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le ministre de 34

l’Environnement et du Changement climatique, 2022. Tous droits réservés.

35

ISBN 36

No de catalogue 37

38 39

Le contenu du présent document (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans 40

permission, mais en prenant soin d’indiquer la source.

41

1 www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique/services/registre-public-especes-peril.html

(3)

Préface

42 43

En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996)2, les gouvernements 44

fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et 45

des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en 46

péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) 47

(LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des plans 48

de gestion pour les espèces inscrites comme étant préoccupantes et sont tenus de 49

rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du 50

document final dans le Registre public des espèces en péril.

51 52

Le ministre de l’Environnement et du Changement climatique et ministre responsable 53

de l’Agence Parcs Canada est le ministre compétent en vertu de la LEP à l’égard de la 54

saxifrage à épis et a élaboré le présent plan de gestion, conformément à l’article 65 de 55

la LEP. Dans la mesure du possible, le plan de gestion a été préparé en collaboration 56

avec le gouvernement du Yukon, l’Agence Parcs Canada, des conseils de gestion de la 57

faune et des organisations autochtones, en vertu du paragraphe 66(1) de la LEP.

58 59

La réussite de la conservation de l’espèce dépendra de l’engagement et de la 60

collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en 61

œuvre des directives formulées dans le présent plan. Cette réussite ne pourra reposer 62

seulement sur Environnement et Changement climatique Canada, l’Agence Parcs 63

Canada ou toute autre autorité responsable. Tous les Canadiens et les Canadiennes 64

sont invités à appuyer ce plan et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de la 65

saxifrage à épis et de l’ensemble de la société canadienne.

66 67

La mise en œuvre du présent plan de gestion est assujettie aux crédits, aux priorités et 68

aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.

69 70 71 72

2 www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique/services/especes-peril-loi-accord- financement.html

(4)

73

Remerciements

74 75

La première ébauche du présent plan de gestion a été rédigée par Rhonda Rosie 76

(consultante du secteur privé). Les versions subséquentes ont été rédigées par 77

Saleem Dar et Syd Cannings (Environnement et Changement climatique Canada, 78

Service canadien de la faune – Région du Nord [ECCC]), et ont été révisées par 79

Heather Milligan et Thomas Jung (ministère de l’Environnement du Yukon). Le Centre 80

de données sur la conservation des espèces du Yukon a fourni des données détaillées 81

sur les occurrences de l’espèce.

82 83

Le tableau du calculateur des menaces a été élaboré dans un premier temps lors de la 84

réunion sur le calculateur des menaces tenue par le COSEPAC en 2014 (à laquelle ont 85

participé Bruce Bennett, Tom Jung, Shannon Stotyn, Saleem Dar et Syd Cannings). Ce 86

tableau a été mis à jour en février 2021 lors d’une réunion entre Bruce Bennett, Tom 87

Jung et Syd Cannings.

88 89 90

(5)

Sommaire

91 92

En mai 2013, la saxifrage à épis (Micranthes spicata) a été désignée « espèce 93

menacée » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC).

94

Par la suite, à la lumière de nouvelles données issues de relevés, l’espèce a été 95

réévaluée et désignée « préoccupante » en mai 2015. Elle a été ajoutée à l’annexe 1 de 96

la Loi sur les espèces en péril (LEP) en février 2019.

97 98

La saxifrage à épis est endémique au Yukon et à l’Alaska. En Alaska, elle se rencontre 99

dans une bonne portion de la partie centrale de l’État. Au Canada, 24 sous-populations3 100

sont connues (18 le long de ruisseaux et 6 dans des sites alpins et subalpins) dans 101

l’ouest et le sud-ouest du Yukon. La population canadienne se trouve à la limite est de 102

l’aire de répartition de l’espèce et présente des différences génétiques par rapport à la 103

population de l’Alaska.

104 105

Au Canada, la saxifrage à épis pousse dans deux types d’habitat, tous deux 106

caractérisés par des conditions fraîches et humides durant la saison de croissance : les 107

berges fraîches et ombragées de ruisseaux, et les prés alpins rocheux humides. Le 108

long des ruisseaux, elle pousse sur les plateformes rocheuses humides d’affleurements 109

voisins et dans l’étroite plaine inondable adjacente. Dans les milieux alpins et la partie 110

supérieure des milieux subalpins, elle pousse entre les blocs et les pierres ainsi que 111

dans le gazon bordant les éboulis stabilisés.

112 113

L’exploitation de placers et, dans une moindre mesure, l’extraction du quartz et 114

l’exploration minérale sont les principales menaces pesant actuellement sur la saxifrage 115

à épis au Yukon. Les sous-populations se trouvant le long de ruisseaux peuvent être 116

décimées ou leur taille peut être réduite par l’effet direct de l’exploitation minière ou par 117

des activités réalisées en amont qui nuisent à son habitat en causant un envasement, la 118

formation de barrages, le réalignement du cours d’eau, etc. En outre, les changements 119

climatiques d’origine humaine semblent accroître la fréquence et la gravité de certains 120

phénomènes naturels, comme les crues soudaines, les incendies de forêt et les 121

glissements de terrain. Le réchauffement climatique et l’afforestation subséquente de 122

l’habitat de pré montagneux pourraient menacer les sous-populations alpines et 123

subalpines à l’avenir.

124 125

L’objectif de gestion pour la saxifrage à épis est le suivant : 126

127  Assurer la persistance à long terme de toutes les sous-populations indigènes 128

existantes au Canada, y compris toutes les sous-populations qui pourraient être 129

découvertes ou retrouvées.

130 131

3 Les sous-populations sont définies ici comme des groupes d’individus séparés par plus de 1 km (NatureServe, 2020).

(6)

Des stratégies générales et des mesures de conservation ont été établies afin de 132

faciliter l’atteinte de l’objectif de gestion; ces stratégies et mesures sont décrites à la 133

section 6.

134 135

La présence continue de sous-populations apparemment stables dans les sites connus 136

à la fois implique et exige l’intégrité continue de l’habitat. Dans certains sites, l’intégrité 137

continue de l’habitat peut nécessiter des mesures d’atténuation.

138 139 140

(7)

141

Table des matières

142 143

Préface ... i 144

Remerciements ...ii 145

Sommaire ... iii 146

1. Évaluation de l’espèce par le COSEPAC ... 1 147

2. Information sur la situation de l’espèce ... 1 148

3. Information sur l’espèce ... 2 149

3.1. Description de l’espèce ... 2 150

3.2. Population et répartition de l’espèce ... 2 151

3.3. Besoins de la saxifrage à épis ... 4 152

4. Menaces ... 6 153

4.1. Évaluation des menaces ... 6 154

4.2. Description des menaces ... 8 155

5. Objectif de gestion ... 10 156

6. Stratégies générales et mesures de conservation ... 11 157

6.1. Mesures déjà achevées ou en cours ... 11 158

6.2. Stratégies générales ... 11 159

6.3. Mesures de conservation ... 12 160

6.4. Commentaires à l’appui des mesures de conservation et du calendrier de 161

mise en œuvre ... 14 162

7. Mesure des progrès ... 15 163

8. Références ... 16 164

Annexe A : Effets sur l’environnement et sur les espèces non ciblées ... 19 165

166

(8)

1. Évaluation de l’espèce par le COSEPAC*

167 168

Date de l’évaluation : Mai 2015

Nom commun (population) : Saxifrage à épis Nom scientifique : Micranthes spicata

Statut selon le COSEPAC : Préoccupante

Justification de la désignation : Cette fleur sauvage vivace ne pousse qu’au Yukon et en Alaska. Au Canada, elle ne se trouve que dans de petits sites dans une zone géographique limitée où elle présente des différences génétiques par rapport à la population de l’Alaska. Elle pousse le long de ruisseaux frais et ombragés et dans des zones alpines rocheuses et humides qui pourraient être touchées par des activités minières et les effets potentiels des changements climatiques.

Présence au Canada : Yukon

Historique du statut du COSEPAC : Espèce désignée « menacée » en mai 2013.

Réexamen du statut : l’espèce a été désignée « préoccupante » en mai 2015.

* COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada)

169 170 171

2. Information sur la situation de l’espèce

172 173

Tableau 1. Cotes de conservation de la saxifrage à épis (NatureServe, 2020).

174 175

Cote mondiale*

Cote nationale*

Cote

infranationale (S)*

Statut selon le COSEPAC

Statut en vertu de l’annexe 1 de la LEP

G4 Canada (N2)

États-Unis (N4)

Canada : Yukon (S2)

États-Unis : Alaska (S3S4)

Préoccupante (2015)

Préoccupante (2019)

* Cote 1 – gravement en péril; 2 – en péril; 3 – susceptible de disparaître du territoire ou de la planète;

176

4 – apparemment non en péril; 5 – non en péril; X – vraisemblablement disparue;

177

H – historique/possiblement disparue; NR – non classée; U – non classable.

178 179

(9)

3. Information sur l’espèce

180 181

3.1. Description de l’espèce

182 183

La saxifrage à épis (Figure 1) est une plante herbacée vivace facile à repérer, poussant 184

isolément ou en touffes à partir d’un rhizome (tige souterraine) court et épais. Les 185

feuilles sont principalement basilaires, munies de longs pétioles (queues) et rondes ou 186

réniformes. Elles sont habituellement couvertes de poils fins et courts, et bordées de 187

dents pointues et de cils. L’inflorescence est une panicule (structure ramifiée) mince, 188

compacte, glanduleuse et pubescente terminant une hampe haute de 15 à 70 cm. Les 189

fruits sont des capsules vertes et teintées de violet, longues de 5 à 8 mm. Les graines 190

sont petites, brunes et ornées de nervures longitudinales (Brouillet et Elvander, 2009).

191 192

193

Figure 1. À gauche : individu de saxifrage à épis mature. À droite : habitat alpin de la 194

saxifrage à épis. Photos : Shannon Stotyn.

195 196

3.2. Population et répartition de l’espèce

197 198

La saxifrage à épis, endémique à l’est de la Béringie, appartient à un petit cortège 199

d’espèces dont la répartition mondiale connue se limite aux régions épargnées par les 200

glaciations se trouvant dans l’ouest du Yukon et dans une bonne portion de la partie 201

centrale de l’Alaska, entre la frontière occidentale du Yukon et la côte ouest de l’État. La 202

population canadienne se trouve à la limite est de l’aire de répartition de l’espèce et 203

présente des différences génétiques par rapport à la population de l’Alaska 204

(10)

(B. A. Bennett, comm. pers., 2021). Environ 10 % de l’aire de répartition mondiale de 205

l’espèce se trouve au Canada, et toute la population canadienne se trouve au Yukon 206

(COSEWIC, 2015).

207 208

209

Figure 2. Les points verts indiquent les occurrences de la saxifrage à épis au Canada.

210

On remarque que les occurrences se trouvent dans deux régions distinctes : de petits 211

ruisseaux dispersés le long du fleuve Yukon, et des ruisseaux et sommets de 212

montagnes de la région de Beaver Creek. Source des données : Centre de données sur 213

la conservation des espèces du Yukon (2019).

214 215

Veuillez voir la traduction française ci-dessous : 216

Micranthes spicata in Yukon (2019) = Micranthes spicata au Yukon (2019) 217

(11)

218

La population canadienne de saxifrage à épis se trouve dans l’ouest du Yukon et est 219

composée de 24 sous-populations4, dont 4 se trouvent le long d’étroits petits ruisseaux 220

affluents du fleuve Yukon, et 14 se trouvent le long de ruisseaux affluents de la 221

rivière White, plus au sud. Les 6 sous-populations restantes occupent des pentes 222

alpines et subalpines rocheuses et humides au sud de la collectivité de Beaver Creek, 223

dans le sud-ouest du Yukon (Figure 2). Les sous-populations de la région de 224

Beaver Creek sont séparées de celles se trouvant le long du fleuve Yukon par au moins 225

120 km et présentent certaines différences génétiques par rapport à ces dernières. De 226

plus amples recherches sont toutefois nécessaires pour déterminer si ces deux groupes 227

devraient être traités ou non comme des unités désignables distinctes (B. A. Bennett, 228

comm. pers., 2021).

229 230

Le nombre total estimé d’individus matures et immatures de saxifrage à épis dans 231

l’ensemble des sous-populations est d’au moins 32 000. Cinq sous-populations 232

comprennent de 2 à 70 individus; 12 sous-populations, entre 130 et 700 individus; et 233

3 sous-populations, entre 1 682 et 4 250 individus. Deux sous-populations poussant à 234

haute altitude ont été estimées à 10 000+ individus chacune. Les deux dernières 235

sous-populations ont été aperçues du haut des airs, mais aucun dénombrement n’en a 236

été fait (COSEWIC, 2015).

237 238

3.3. Besoins de la saxifrage à épis

239 240

Il semble que les principaux besoins en matière d’habitat de la saxifrage à épis soient 241

un taux d’humidité élevé combiné à des températures fraîches. Dans l’aire de répartition 242

de l’espèce au Canada, ces caractéristiques sont associées à des cours d’eau 243

ombragés de basse altitude dans l’écozone boréale et à des pentes de montagnes 244

rocheuses et humides en zone alpine ou subalpine. Le long des ruisseaux, la saxifrage 245

à épis pousse sur les berges et les plateformes rocheuses (photo de la couverture), sur 246

les corniches humides d’affleurements voisins, ainsi que dans l’étroite plaine inondable 247

adjacente. Elle pousse isolément ou en groupes sur de petites accumulations de 248

substrat recouvertes de limon et de mousses, ainsi que sur le sol dénudé. Les 249

ruisseaux du Yukon qui hébergent la saxifrage à épis ont plusieurs caractéristiques 250

communes : débit ininterrompu d’eau claire et froide dans leur lit étroit et rocheux, ce 251

qui les rend sujets à la formation d’aufeis (glace persistante formée en hiver par l’apport 252

constant d’eau de source sur le ruisseau gelé) ou de pergélisol, lesquels contribuent au 253

maintien d’un microclimat froid et humide; et ombre abondante fournie par une forêt de 254

bouleaux d’Alaska (Betula neoalaskana) et/ou d’épinettes blanches (Picea alba), 255

d’aulnes (Alnus spp.) et de saules (Salix spp.) (COSEWIC, 2015).

256 257

La région de Beaver Creek, dans le sud-ouest du Yukon, connaît des étés nettement 258

plus pluvieux que la partie centrale du Yukon, et les prés alpins et subalpins y sont 259

relativement luxuriants. L’eau y est facilement accessible, particulièrement dans les 260

crevasses moussues entre les roches. Six sous-populations de saxifrage à épis ont été 261

4 Les sous-populations sont définies ici comme des groupes d’individus séparés par plus de 1 km (NatureServe, 2020).

(12)

trouvées dans des parcelles d’habitat alpin et subalpin ouvert, entre 1 131 et 1 674 m 262

d’altitude et sur des pentes d’orientations diverses. Les plantes poussent dans des 263

crevasses humides entre les blocs et les pierres, dans le gazon bordant les éboulis et 264

les talus stabilisés, et sur des pentes humides où le substrat rocheux est recouvert d’un 265

fin tapis de végétation (Figure 1; Dar, comm. pers., 2014).

266 267

On ne sait presque rien de la biologie fondamentale de la saxifrage à épis; les besoins 268

de l’espèce, notamment en matière de pollinisation et de dispersion, nécessitent de plus 269

amples recherches.

270

(13)

4. Menaces

271 272

4.1. Évaluation des menaces

273 274

L’évaluation des menaces pesant sur la saxifrage à épis est fondée sur le système unifié de classification des menaces 275

de l’IUCN-CMP (Union internationale pour la conservation de la nature-Partenariat pour les mesures de conservation).

276

Les menaces sont définies comme étant les activités ou les processus immédiats qui ont entraîné, entraînent ou 277

pourraient entraîner la destruction, la dégradation et/ou la détérioration de l’entité évaluée (population, espèce, 278

communauté ou écosystème) dans la zone d’intérêt (mondiale, nationale ou infranationale). Ce processus d’évaluation ne 279

tient pas compte des facteurs limitatifs. Aux fins de l’évaluation des menaces, seules les menaces actuelles et futures 280

sont considérées. Les menaces historiques, les effets indirects ou cumulatifs des menaces ou toute autre information 281

pertinente qui aiderait à comprendre la nature des menaces sont présentés dans la section 4.2 « Description des 282

menaces ».

283 284

Tableau 3. Évaluation du calculateur des menaces pesant sur la saxifrage à épis d’après l’évaluation des menaces du COSEPAC 285

(COSEWIC, 2015), réexaminée et mise à jour en février 2021 (téléconférence avec S. Cannings, B. Bennett et T. Jung).

286

No de la menace

Description de la

menace Impacta Portéeb Gravitéc Immédiatetéd Menaces détaillées 1

Développement résidentiel et commercial

Négligeable Petite Négligeable Faible

1.1 Zones résidentielles

et urbaines Négligeable Petite Négligeable Faible

Deux occurrences se trouvent sur des terres susceptibles de faire l’objet de développement.

3

Production d’énergie et exploitation minière

Moyen-faible Généralisée Modérée-légère Élevée

3.2 Exploitation de mines

et de carrières Moyen-faible Généralisée Modérée-légère Élevée

Tous les sites occupés peuvent être utilisés pour l’exploration et

l’exploitation minières.

Cinquante-quatre pour cent de la population se trouve sur des concessions minières actives. Ce pourcentage pourrait changer

rapidement en fonction du prix de l’or.

(14)

No de la menace

Description de la

menace Impacta Portéeb Gravitéc Immédiatetéd Menaces détaillées 4

Corridors de transport et de service

Négligeable Négligeable Extrême Modérée

4.1 Routes et voies

ferrées Négligeable Négligeable Extrême Modérée

L’entretien de la route de l’Alaska pourrait avoir des répercussions sur deux ou trois sites.

11

Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents

Moyen-faible Généralisée Modérée-légère Élevée

11.1 Déplacement et

altération de l’habitat Inconnu Généralisée Inconnue Élevée 11.4 Tempêtes et

inondations Moyen-faible Généralisée Modérée-légère Élevée

a Impact – Mesure dans laquelle on observe, infère ou soupçonne que l’espèce est directement ou indirectement menacée dans la zone d’intérêt.

287

Le calcul de l’impact de chaque menace est fondé sur sa gravité et sa portée et prend uniquement en compte les menaces présentes et futures.

288

L’impact d’une menace est établi en fonction de la réduction de la population de l’espèce, ou de la diminution/dégradation de la superficie d’un

289

écosystème. Le taux médian de réduction de la population ou de la superficie pour chaque combinaison de portée et de gravité correspond aux

290

catégories d’impact suivantes : très élevé (déclin de 75 %), élevé (40 %), moyen (15 %) et faible (3 %). Inconnu : catégorie utilisée quand l’impact

291

ne peut être déterminé (p. ex. lorsque les valeurs de la portée ou de la gravité sont inconnues); non calculé : l’impact n’est pas calculé lorsque la

292

menace se situe en dehors de la période d’évaluation (p. ex. l’immédiateté est non significative/négligeable ou faible puisque la menace n’existait

293

que dans le passé); négligeable : lorsque la valeur de la portée ou de la gravité est négligeable; n’est pas une menace : lorsque la valeur de la

294

gravité est neutre ou qu’il y a un avantage possible.

295

b Portée – Proportion de l’espèce qui, selon toute vraisemblance, devrait être touchée par la menace d’ici 10 ans. Correspond habituellement à la

296

proportion de la population de l’espèce dans la zone d’intérêt (généralisée = 71-100 %; grande = 31-70 %; restreinte = 11-30 %; petite = 1-10 %;

297

négligeable < 1 %).

298

c Gravité – Au sein de la portée, niveau de dommage (habituellement mesuré comme l’ampleur de la réduction de la population) que causera

299

vraisemblablement la menace sur l’espèce d’ici une période de 10 ans ou de 3 générations (extrême = 71-100 %; élevée = 31-70 %;

300

modérée = 11-30 %; légère = 1-10 %; négligeable < 1 %; neutre ou avantage possible ≥ 0 %).

301

d Immédiateté – Élevée = menace toujours présente; modérée = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à court terme

302

[< 10 ans ou 3 générations]) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à court terme); faible = menace pouvant se

303

manifester uniquement dans le futur (à long terme) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à long terme);

304

non significative/négligeable = menace qui s’est manifestée dans le passé et qui est peu susceptible de se manifester de nouveau, ou menace qui

305

n’aurait aucun effet direct, mais qui pourrait être limitative.

306

(15)

4.2. Description des menaces

307 308

L’exploration et l’exploitation minières et les effets des changements climatiques ont été 309

déterminés comme étant les principales menaces pesant sur la saxifrage à épis. Les 310

activités minières peuvent avoir des effets directs sur les plantes et leur habitat. Les 311

sites de basse altitude peuvent être touchés par des phénomènes survenant en amont 312

du cours d’eau comme les inondations, les glissements de terrain, l’envasement, la 313

formation de barrages, le réalignement du cours d’eau, et toutes les activités altérant le 314

débit de l’eau. L’habitat alpin est sensible aux changements d’humidité et à l’élévation 315

de la limite des arbres causés par les changements climatiques.

316 317

Menace 3 (IUCN-CMP) – Production d’énergie et exploitation minière 318

319

L’exploitation de placers constitue la principale préoccupation au sein de cette catégorie 320

de menace; l’extraction du quartz (roche dure) et l’exploration minérale sont des 321

menaces moins préoccupantes.

322 323

Dans le passé, l’exploitation de placers (exploitation de dépôts dans le lit de cours d’eau 324

à la recherche d’or) a sans doute été la principale cause de perte d’habitat pour la 325

saxifrage à épis. L’or placérien se trouve dans le gravier en bordure des ruisseaux et 326

sur les terrasses adjacentes, et au bas des versants; sa recherche peut entraîner une 327

élimination complète de la végétation d’origine, le déplacement ou le comblement du 328

cours d’eau ou la formation de barrages, ainsi que le dégel ou le creusement des 329

versants par suite de l’utilisation de puissants tuyaux hydrauliques.

330 331

Dans le cas des ruisseaux où l’exploitation de placers a cessé, la végétation s’est 332

rétablie dans la vallée à divers degrés et le paysage peut paraître relativement intact, 333

sauf en ce qui concerne la présence d’une forêt secondaire ainsi que de quelques 334

cabanes délabrées, chemins de terre, billes coupées, pièces de machines, et ainsi de 335

suite. Plusieurs exploitations plus grandes et plus récentes sont encore en activité, ou 336

on les a laissées se revégétaliser naturellement. Dans certains cas, les amas de 337

graviers ont été reconfigurés et recouverts de matériaux extraits, mais la végétation ne 338

se trouve encore qu’à un stade peu avancé de la succession, étant composée de 339

jeunes arbres, d’arbustes ainsi que de plantes herbacées graminées et non 340

graminoïdes. En 2019, aucun de ces milieux ne pouvait être considéré comme 341

constituant un habitat convenable pour la saxifrage à épis (COSEWIC, 2015).

342 343

Au cours des dernières années, la forte augmentation du prix de l’or a provoqué une 344

augmentation du rythme et de la portée des travaux d’exploration et de jalonnement.

345

Dans la région du Klondike, en raison de la découverte récente de grands dépôts 346

aurifères dans les veines de quartz de la roche en place, de vastes secteurs ont été 347

jalonnés à des fins d’exploration et d’exploitation minières en roche dure. En 2011 348

seulement, on a jalonné 110 000 concessions de quartz (de 20 ha chacune), soit 349

presque le double de l’année précédente, qui était déjà une année record. La majorité 350

de ces concessions ne seront jamais exploitées, mais il en existe maintenant environ 351

(16)

250 000 au Yukon, dont un grand nombre sont concentrées dans la région du Klondike 352

(COSEWIC, 2015).

353 354

Même si l’exploration minérale et l’exploitation minière ne touchent pas autant les 355

ruisseaux que l’exploitation de placers, il existe un risque de dégradation des milieux 356

riverains lié à la construction de chemins, au déversement de substances toxiques et à 357

l’aménagement de bassins de résidus miniers (Yukon Chamber of Mines, 2010).

358 359

En ce qui concerne la population canadienne de saxifrage à épis, 29 % des individus 360

matures se trouvent sur des concessions actives, et 19,2 %, immédiatement en aval de 361

concessions actives. À l’heure actuelle, sept sous-populations se trouvent partiellement 362

ou entièrement sur des concessions de quartz et/ou de placers actives. Un des 363

ruisseaux occupés (Donohue) se trouve partiellement à la fois sur des concessions de 364

quartz et de placers; un ruisseau (« Spicata ») se trouve entièrement sur des 365

concessions de quartz actives; et deux ruisseaux (« Fourth » et Dry) se trouvent 366

entièrement sur des concessions de placers – la sous-population du ruisseau « Fourth » 367

se trouve également juste à côté de concessions de quartz. Des concessions de quartz 368

actives (ne chevauchant pas les occurrences de saxifrages à épis) sont présentes au 369

ruisseau Snow, mais on n’y trouve aucune concession de placer active (Jones, 2011;

370

COSEWIC, 2015). Il n’existe aucune concession de placer active ni aucun signe 371

manifeste d’exploitation minière antérieure au ruisseau Sanpete (Bennett, comm. pers., 372

2012; COSEWIC, 2015). Trois sites alpins (mont Wellesley, « montagne Wellesley » et 373

montagne Koidern) se trouvent entièrement ou presque sur des concessions de quartz 374

actives. Toutefois, ces sites sont actuellement peu exploités. Les sites de la 375

colline Sanpete, de la montagne Koidern-crête sud et de la montagne Eikland ne font 376

actuellement l’objet d’aucune concession; cependant, toutes les sous-populations qui 377

s’y trouvent sont dans des zones susceptibles de faire l’objet d’une exploitation minière 378

(c.-à-d. des zones qui ne sont visées par aucune interdiction à cet égard) et qui 379

continuent de susciter beaucoup d’intérêt de la part de l’industrie minière (COSEWIC, 380

2015).

381 382

Menace 11 (IUCN-CMP) – Changements climatiques et phénomènes 383

météorologiques violents 384

385

Des perturbations naturelles de l’habitat peuvent également nuire à la saxifrage à épis, 386

comme les inondations, les incendies de forêt et les glissements de terrain. Les 387

inondations peuvent être saisonnières ou survenir subitement à la suite de fortes pluies, 388

ce qui risque de déraciner des individus et peut-être même d’éliminer toute une 389

sous-population. Bien qu’il semble que les crues soudaines ne soient pas fréquentes 390

dans l’écorégion du plateau du Klondike (Lipovsky, comm. pers., 2012), on a 391

récemment observé, dans certaines vallées fluviales, de fortes crues et un affouillement 392

dans le lit des ruisseaux, probablement à la suite de violents orages d’été (Cannings, 393

2010).

394 395

Les incendies de forêt sont communs dans l’écorégion du plateau du Klondike (Smith 396

et al., 2004) et peuvent altérer le microclimat et d’autres facteurs critiques liés à l’habitat 397

(17)

de la saxifrage à épis. On s’attend à ce que l’intensité et la fréquence des incendies 398

augmentent dans les régions arctiques et boréales au cours des cent prochaines 399

années en raison de la prolongation de la saison des incendies causée par les 400

changements climatiques (Stocks et al., 1998; Higuera et al., 2009; Johnstone et al., 401

2010). Sur les pentes bordant les ruisseaux, la perte de végétation à la suite d’un 402

incendie peut provoquer le dégel du pergélisol, ce qui risque d’entraîner des 403

glissements de terrain (Lipovsky et al., 2006). Ces derniers peuvent à leur tour causer 404

des inondations ou la formation de barrages, altérer le débit du ruisseau, accroître 405

l’envasement, ou détruire directement des sous-populations de saxifrage à épis.

406 407

Les modèles de changements climatiques prévoient dans le centre ouest du Yukon une 408

augmentation de la température moyenne annuelle de 2,5 à 3,5 °C entre 1990 et 2050, 409

et une augmentation des précipitations de 20 à 30 % (Werner et al., 2009). Or, non 410

seulement la saxifrage à épis est-elle associée à des parcelles de microhabitat très frais 411

qui pourraient être directement touchées par ces changements, mais l’élévation de la 412

température risque d’accroître la fréquence des phénomènes météorologiques 413

extrêmes (notamment des orages violents causant des crues soudaines à l’échelle 414

locale) et des incendies de forêt, qui peuvent tous deux constituer des menaces pour 415

l’espèce. En outre, l’habitat de montagne humide actuellement occupé par la saxifrage 416

à épis se trouve menacé par les changements climatiques, qui pourraient causer des 417

déplacements d’habitat et graduellement transformer les communautés de plantes des 418

montagnes (voir par exemple Myers-Smith, 2011; Myers-Smith et al., 2011; Dullinger 419

et al., 2012; Gottried et al., 2012) et risquent ainsi, à long terme, de réduire la viabilité 420

de cet habitat limité. On s’attend à ce que les changements de climat et de régime des 421

feux entraînent des changements abrupts dans la couverture forestière, 422

particulièrement dans les sites où la disponibilité d’humidité constitue un facteur clé 423

(Stocks et al., 1998; Higuera et al., 2009; Johnstone et al., 2010).

424 425 426

5. Objectif de gestion

427 428

 Assurer la persistance à long terme de toutes les sous-populations existantes 429

au Canada, y compris toutes les sous-populations qui pourraient être 430

découvertes ou retrouvées.

431 432

Les sous-populations qui poussent le long du corridor du fleuve Yukon sont peu 433

nombreuses, et leurs effectifs ont probablement été réduits dans le passé par suite de 434

l’exploitation de placers et d’incendies d’origine humaine (COSEWIC, 2015); ces 435

sous-populations présentent également certaines différences génétiques par rapport à 436

celles de la région de Beaver Creek (B. A. Bennett, comm. pers., 2021). Il est donc 437

important d’assurer leur persistance à long terme. Quant aux sous-populations qui 438

poussent dans les environs de Beaver Creek, elles se trouvent concentrées dans un 439

petit secteur, et certaines d’entre elles sont de loin les plus grandes au Canada.

440 441

La présence continue à long terme (au moins 50 à 100 ans) de sous-populations 442

apparemment stables dans les sites connus à la fois implique et exige l’intégrité 443

(18)

continue de l’habitat. Dans certains sites, l’intégrité continue de l’habitat5 (dans le cas 444

de la saxifrage à épis, des ruisseaux ombragés, froids et libres de sédiments) peut 445

nécessiter des mesures d’atténuation (voir « Gestion des terres » dans le Tableau 4 446

ainsi que la section 6.4). Une description plus détaillée des besoins en matière d’habitat 447

de la saxifrage à épis se trouve à la section 3.3.

448 449 450

6. Stratégies générales et mesures de conservation

451 452

6.1. Mesures déjà achevées ou en cours

453

454  2010-2015 : relevés exhaustifs (corridors du fleuve Yukon et de la 455

rivière Stewart, champs aurifères du Klondike et région de Beaver Creek) 456

réalisés par le personnel du Service canadien de la faune (SCF) et 457

d’Environnement Yukon, des entrepreneurs et des bénévoles (Cannings, 2010;

458

COSEWIC, 2015; Dar, 2013, 2016). Ces relevés avaient pour but principal de 459

repérer de nouveaux sites; dans la mesure du possible et selon le temps 460

disponible, on a également estimé le nombre d’individus et documenté l’habitat.

461  2014-2015 : suivi du microclimat dans des sites sélectionnés, effectuée par le 462

personnel du SCF (Dar, 2016).

463 464

6.2. Stratégies générales

465 466

Les mesures de conservation qui permettront d’atteindre l’objectif de gestion sont 467

réparties en cinq stratégies générales (d’après la Classification des mesures de 468

conservation v. 2.0 du Partenariat pour les mesures de conservation [Conservation 469

Measures Partnership, 2016]) : 470

471

1. Gestion des terres;

472

2. Sensibilisation;

473

3. Désignation et planification de la conservation;

474

4. Cadres juridiques et stratégiques;

475

5. Recherche et suivi.

476 477 478 479

5 L’intégrité de l’habitat peut être définie comme « la capacité du système à soutenir les propriétés biologiques et physiques d’origine qui se sont adaptées à une région soumise à des phénomènes et processus naturels » (Wiken et al., 2003).

(19)

6.3. Mesures de conservation

480 481

Tableau 4. Mesures de conservation et calendrier de mise en œuvre.

482

Les stratégies générales sont tirées de la Classification des mesures de 483

conservation v. 2.0 du Partenariat pour les mesures de conservation (2016).

484 485

Mesure de conservation Prioritée

Menaces ou préoccupations

traitées

Échéance

Stratégie générale Gestion des terres

Atténuer les effets sur l’habitat à proximité des exploitations de placers dans les vallées fluviales occupées par l’espèce, et à proximité des lieux d’exploration minière dans les sites alpins : documenter les répercussions et déterminer les stratégies de gestion au besoin; promouvoir les pratiques exemplaires dans les sites clés.

Élevée Exploitation minière : menace 3

2022-2026, en cours

Sensibilisation

Élaborer une stratégie de communication visant à sensibiliser les intervenants et le public et à encourager l’intendance de la saxifrage à épis; produire et distribuer du matériel éducatif.

Moyenne

Exploitation

minière : menace 3;

Routes : menace 4

2022-2026, en cours

Sensibiliser le public à la vulnérabilité aux changements climatiques des

écosystèmes alpins et de ceux établis sur le pergélisol.

Moyenne

Changements climatiques : menace 11

2022-2026, en cours

Désignation et planification de la conservation S’assurer que la saxifrage à épis est prise

en considération dans le plan régional d’aménagement du territoire de la région de Dawson, et dans les initiatives d’aménagement du territoire subséquentes.

Élevée

Exploration minière et minérale : menace 3

2022-2023

Cadres juridiques et stratégiques Le Canada atteint les objectifs climatiques

qu’il s’est fixés dans l’Accord de Paris. Élevée

Changements climatiques : menace 11

2022-2031

Le Yukon atteint ses objectifs climatiques. Élevée

Changements climatiques : menace 11

2022-2031 Recherche et suivi

Continuer de chercher d’autres populations; cartographier les sous-populations et améliorer ou poursuivre les dénombrements.

Élevée

Lacunes dans les connaissances relatives à la répartition et aux tendances

2022-2026; en cours

(20)

Poursuivre la surveillance des variables

du microhabitat dans les sites clés. Moyenne

Lacunes dans les connaissances relatives aux tendances en matière d’habitat

2025-2026

Étudier les besoins en matière de

microhabitat (c.-à-d. analyser les données de température et d’humidité) et les réactions aux perturbations de la saxifrage à épis.

Moyenne

Lacunes dans les connaissances;

Exploitation

minière : menace 3;

Changements climatiques : menace 11

2022-2026

Effectuer une analyse génétique plus détaillée des sous-populations afin de déterminer si certaines d’entre elles pourraient être évaluées comme des unités désignables distinctes.

Élevée Lacunes dans les

connaissances 2022-2026

Identifier les espèces pollinisatrices. Faible Lacunes dans les

connaissances 2022-2031 Effectuer des recherches sur la longévité,

la viabilité des graines et les exigences de germination, la maturité sexuelle, la durée d’une génération et la fertilité des

individus.

Faible Lacunes dans les

connaissances 2022-2026

e « Priorité » reflète l’ampleur dans laquelle la mesure contribue directement à la conservation de l’espèce

486

ou est un précurseur essentiel à une mesure qui contribue à la conservation de l’espèce. Les mesures à

487

priorité élevée sont considérées comme étant celles les plus susceptibles d’avoir une influence

488

immédiate et/ou directe sur l’atteinte de l’objectif de gestion de l’espèce. Les mesures à priorité moyenne

489

peuvent avoir une influence moins immédiate ou moins directe sur l’atteinte de l’objectif de gestion, mais

490

demeurent importantes pour la gestion de la population. Les mesures de conservation à faible priorité

491

auront probablement une influence indirecte ou progressive sur l’atteinte de l’objectif de gestion, mais

492

sont considérées comme des contributions importantes à la base de connaissances et/ou à la

493

participation du public et à l’acceptation de l’espèce par le public.

494

(21)

6.4. Commentaires à l’appui des mesures de conservation et du

495

calendrier de mise en œuvre

496 497

Stratégie générale : gestion des terres 498

Afin d’assurer la viabilité à long terme de l’espèce au Canada, il faut s’occuper de 499

l’intégrité continue de son habitat (voir la section 5 « Objectif de gestion »). Pour ce 500

faire, il est nécessaire de formuler des conseils d’atténuation pour les exploitations de 501

placers dans les vallées fluviales occupées par l’espèce et pour les lieux d’exploration 502

minière dans les sites alpins. Conformément aux pratiques de gestion exemplaires, la 503

destruction d’individus connus doit être évitée et les répercussions en aval des 504

ruisseaux dans les vallées occupées doivent être réduites au minimum. Le plan régional 505

d’aménagement du territoire de la région de Dawson peut servir à déterminer les sites 506

d’importance pour la conservation de l’espèce.

507 508

Stratégie générale : sensibilisation 509

Une grande partie du public de même que plusieurs intervenants ne sont peut-être pas 510

encore au courant de l’existence de la saxifrage à épis. Des communications accrues 511

contribueraient grandement à assurer la réussite des activités de conservation; elles 512

pourraient faciliter le repérage de nouveaux sites et joueraient un rôle essentiel dans la 513

mise en œuvre de pratiques de gestion exemplaires dans les activités d’exploitation 514

minière et d’aménagement de routes.

515 516

Stratégie générale : cadres juridiques et stratégiques 517

Le réchauffement climatique peut constituer une menace future importante pour les 518

sous-populations de saxifrage à épis poussant tant en milieu alpin que le long des 519

ruisseaux; il est donc nécessaire de s’y attaquer à tous les échelons de manière à 520

ralentir et à réduire au minimum les déplacements d’habitat qui en découleront. En 521

vertu de l’Accord de Paris, le Canada s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à 522

effet de serre de 30 % par rapport au niveau de 2005 d’ici 2030. En 2019, le niveau de 523

2005 a été estimé à 730 Mt d’éq. CO2 (Environnement et Changement climatique 524

Canada, 2020). De même, le gouvernement du Yukon s’est engagé à réduire les 525

émissions de gaz à effet de serre du territoire de 30 % d’ici 2030 (Government of 526

Yukon, 2020).

527 528

Stratégie générale : recherche et suivi 529

Pour plusieurs occurrences, la cartographie détaillée n’est pas terminée, et pour 530

certaines d’entre elles, le nombre d’individus n’a pas été estimé. Or, le suivi des progrès 531

ne peut se faire sans mesures de référence de la répartition et de l’abondance de 532

l’espèce.

533 534

En ce qui concerne la recherche, les besoins en matière d’habitat et autres besoins de 535

la saxifrage à épis n’ont pas fait l’objet d’études ou d’analyses approfondies, et une 536

meilleure connaissance de ceux-ci faciliterait grandement la conservation et la gestion 537

de l’espèce. La température et l’humidité ont été mesurées sur deux ans dans plusieurs 538

sites le long des ruisseaux et en milieu alpin, mais ces données n’ont pas encore été 539

(22)

analysées. On ne sait presque rien de la biologie fondamentale de l’espèce, y compris 540

sa longévité, son âge à la maturité, ses pollinisateurs et sa fertilité.

541 542

Une première analyse génétique de matériel prélevé au Yukon indique que les 543

saxifrages à épis qui poussent le long de ruisseaux affluents du fleuve Yukon se sont 544

différenciées de celles de la région de Beaver Creek, et que sur le plan génétique, 545

toutes les plantes canadiennes sont distinctes de celles se trouvant au centre et sur les 546

côtes de l’Alaska (Bennett, comm. pers., 2020). Il serait utile de réaliser d’autres études 547

génétiques afin de déterminer si ces groupes pourraient être traités comme des unités 548

désignables, c.-à-d. des « espèces sauvages » distinctes au sens de la Loi sur les 549

espèces en péril. Si le COSEPAC en vient à séparer ces deux groupes en unités 550

désignables distinctes, la population du fleuve Yukon pourrait être évaluée comme 551

présentant un niveau de risque plus élevé (p. ex. espèce menacée) en raison de sa 552

rareté et des menaces qui pèsent sur elle.

553 554 555

7. Mesure des progrès

556 557

Les indicateurs de rendement présentés ci-dessous proposent un moyen de mesurer 558

les progrès vers l’atteinte de l’objectif de gestion et de faire le suivi de la mise en œuvre 559

du plan de gestion.

560 561

Les progrès vers l’objectif de gestion seront considérés comme étant en bonne voie si : 562

 La population de saxifrage à épis est stable ou en croissance. Les tendances de 563

la population seront inférées par des relevés répétés ciblant l’espèce sur des 564

sites connus.

565  La répartition actuelle de la saxifrage à épis se maintient ou même s’accroît, telle 566

que mesurée par des relevés de reconnaissance.

567 568

Des mesures d’atténuation explicites doivent être prises pour maintenir l’habitat (c.-à-d.

569

que les ruisseaux demeurent ombragés, froids et libres de sédiments) dans les sites 570

occupés par la saxifrage à épis qui font l’objet d’une exploitation minière ou d’un autre 571

type de développement. Des relevés de reconnaissance montrant une répartition 572

constante de la saxifrage à épis au Canada (dans tous les sites connus, ainsi que dans 573

tous les sites qui pourraient être découverts à l’avenir) constitueraient une indication 574

que l’intégrité des sites occupés a été maintenue.

575 576

Les progrès en matière de conservation de la saxifrage à épis seront également 577

démontrés lorsque des pratiques de gestion exemplaires pour les travaux d’exploitation 578

minière auront été élaborées et mises en œuvre, et lorsque des produits de 579

communication auront été élaborés et distribués au gouvernement, au secteur minier et 580

au public.

581 582 583 584

(23)

8. Références

585 586

Bennett, B.A., comm. pers. 2012. Correspondance par courriel adressée à Rhonda 587

Rosie, septembre-octobre 2012, coordonnateur, Centre de données sur la conservation 588

des espèces du Yukon, Whitehorse, Yukon.

589 590

Bennett, B.A., comm. pers. 2020. Échange téléphonique avec Syd Cannings, juin 2020, 591

coordonnateur, Centre de données sur la conservation des espèces du Yukon, 592

Whitehorse, Yukon.

593 594

Bennett, B.A., comm. pers. 2021. Correspondance par courriel adressée à Syd 595

Cannings, juillet 2021, coordonnateur, Centre de données sur la conservation des 596

espèces du Yukon, Whitehorse, Yukon.

597 598

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623 624

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Whitehorse, Yukon.

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inédit, Canadian Wildlife Service, Whitehorse, Yukon. 5 p.

630

(24)

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W. Willner, C. Plutzar, M. Leitner, T. Mang, M. Caccianiga, T. Dirnböck, S. Ertl, 633

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Annexe A : Effets sur l’environnement et sur les espèces

719

non ciblées

720 721

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les 722

documents de planification du rétablissement produits en vertu de la LEP, 723

conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets 724

de politiques, de plans et de programmes6. L’objet de l’EES est d’incorporer les 725

considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et 726

de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairées du point de vue 727

de l’environnement, et d’évaluer si les résultats d’un document de planification du 728

rétablissement peuvent affecter un élément de l’environnement ou tout objectif ou cible 729

de la Stratégie fédérale de développement durable7 (SFDD).

730 731

La planification de la conservation vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité 732

en général. Il est cependant reconnu que la mise en œuvre de plans de gestion peut, 733

par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages 734

prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient 735

directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences 736

possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont 737

directement inclus dans le plan de gestion lui-même, mais également résumés dans le 738

présent énoncé, ci-dessous.

739 740

Le présent plan de gestion aura assurément un effet bénéfique sur l’environnement en 741

favorisant la conservation de la saxifrage à épis. La possibilité que ce plan ait par 742

inadvertance des effets néfastes sur d’autres espèces a été envisagée. L’EES a conclu 743

que le plan aura des avantages évidents pour l’environnement et n’entraînera aucun 744

effet négatif notable. Le lecteur devrait consulter plus particulièrement les sections du 745

document portant sur les aspects suivants : description des besoins de l’espèce, rôle 746

écologique et facteurs limitatifs, et mesures de conservation.

747

6 www.canada.ca/fr/agence-evaluation-impact/programmes/evaluation-environnementale-

strategique/directive-cabinet-evaluation-environnementale-projets-politiques-plans-et-programmes.html

7 www.fsds-sfdd.ca/fr

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