Virtual Box : Windows XP/Vista sous Linux !
Rédigé par David Legrand, Le 20 février 2007
Il y a quelques semaines, Innotek a annoncé que Virtual Box, son logiciel professionnel dédié à la virtualisation, passait en partie sous licence GPL v2 et s'ouvrait ainsi à la communauté du libre.
Le 12 février, moins d'un mois plus tard, une nouvelle version fut annoncée. Estampillée 1.34, elle apportait avec elle 800 corrections diverses et variées.
Le libre au service d'un logiciel qui lui permettra, peut−être, son émancipation
Aujourd'hui, on dispose donc d'une réelle alternative aux logiciels de virtualisation actuels tels que VMWare ou Virtual PC qui est libre, gratuit (pour un usage non commercial) et dispose d'un net avantage sur ses concurrents puisqu'elle ne souffre d'aucune limitation volontaire.
Cette solution existe en effet pour Windows, Linux et en partie pour Mac OS X (dont le support n'est pas encore complet, amis de Steeve, allez donc tâter du manchot).
Les avantages pour ceux qui veulent tester leurs applications sur différentes plateformes, ou tout simplement pouvoir essayer un nouveau système d'exploitation, sont nombreux. On pourra aussi imaginer pouvoir profiter de plusieurs OS en simultané afin, par exemple, de pouvoir utiliser un iPod sous Linux via Windows sans passer des heures à bidouiller.
Simple, complet, et sans limitation : elle est où l'anguille ?
Car ce logiciel dispose d'un avantage massif par rapport aux solutions actuelles sous Linux, telles que Xen, ou Qemu : il est très simple à utiliser, ce qui n'était pas forcément le cas pour ces derniers.
Comme chez PCi on est une bande de petits marrants, nous avons décidé de le tester afin de voir ce qu'il avait dans le ventre, de manière... inhabituelle. Et comme nos semaines ne font pas encore 72 heures, bien que Teuf en rêverait, nous avons dû faire des choix.
Il sera donc question de l'installation de Virtual Box sous Ubuntu, la distribution Linux qui monte, équipée de Beryl, afin de tester ces OS bizarres que certains utilisent et qui sont connus sous le nom de Windows XP et Windows Vista.
Plus de détails, y'a des PDF pour ça !
Pour ceux qui veulent en savoir plus sur les autres possibilités de ce logiciel, vous pourrez trouver de plus amples informations sur le site d'Innotek ou bien dans le manuel au format PDF, complet et très bien réalisé, que vous trouverez par ici.
Prêts pour l'aventure ? Allons−y ! Avouons−le, nous avons été fainéants.
En effet, nous avons décidé d'utiliser Ubuntu comme distribution Linux, et cela tombe bien, c'est la seule pour laquelle Innotek fournit des paquets de sa version complète.
Ceux qui utilisent Suse, Mandriva et autres Gentoo devront passer par un script, ou trouver des paquets créés par des tiers ou via des dépôts spécifiques.
Il sera aussi possible de compiler depuis les sources, mais certains éléments comme la gestion de l'USB ou le partage de fichier n'étant pas encore "libérés", ils ne pourront sans doute pas en tirer partie.
Pour notre défense, Ubuntu est aussi la distribution Linux que nous utilisons au quotidien. Eh oui, chez PCi, y'a des linuxiens (... et Vincent, mais lui, c'est Steeve son nouveau Gourou).
Bien entendu, une version pour Windows est aussi disponible, ici, rien de plus simple, on télécharge l'exécutable, on installe et on redémarre, et cela sera tout à fait fonctionnel.
Côté Ubuntu aussi, l'installation était donc assez simple, il nous a suffi de télécharger le paquet de notre version (Edgy) et le lancer. Pour les amateurs de lignes de commande, cela se résume à ces trois petites lignes (la première étant pour les dépendances) :
sudo apt−get install build−essential gcc libqt3−mt libxalan110 libxerces27
•
w g e t
http://www.virtualbox.org/download/1.3.4/VirtualBox_1.3.4_Ubuntu_edgy_i386.deb
•
sudo dpkg −i VirtualBox_1.3.4_Ubuntu_edgy_i386.deb
•
Pour les utilisateurs de Dapper ou même Sarge, il vous suffira de remplacer edgy par le nom de votre version. Après avoir accepté la licence, il vous faudra rajouter l'utilisateur destiné à l'utilisation de Virtual Box au groupe "vboxusers" via la ligne de commande suivante :
sudo adduser "utilisateur" vboxusers
•
Ou "utilisateur" devra être remplacé par le login du compte concerné.
D'après nos différents tests, un redémarrage sur serveur X via "Ctrl + Alt + Retour arrière"
peut être nécessaire.
Virtual Box est désormais présent dans "Applications > Outils système". Il faut alors créer une machine Virtuelle. Il faut tout d'abord lui donner un petit nom. Au départ, on avait pensé à "Poupette", le surnom de Nil pendant les réunions, mais au final nous avons opté pour...
"Vista".
Il faut choisir le type de système d'exploitation qui sera installé, ici "Windows Vista". Ensuite, il faut choisir la mémoire allouée au Système. Comme on disposait de 2 Go de Ram (sur une machine Linux, carrément), nous avons choisi d'en offrir la moitié à notre Vista.
Ensuite, il faudra créer un disque dur virtuel qui sera au format VDI. Vous aurez ici deux possibilités, soit créer un fichier de taille fixe, soit un fichier dont la taille grandira au fur et à mesure et dont on fixera uniquement la limite haute.
Une fois cette machine virtuelle créée, et avant de passer au démarrage, on pourra configurer d'autres éléments tels qu'un lecteur de disquette, la partie audio, le réseau, les ports USB ou encore l'image CD/DVD ou bien le lecteur à utiliser.
Concernant l'USB, il pourra être nécessaire de modifier les droits d'accès aux périphériques en rajoutant la ligne suivante dans le fichier /etc/fstab :
none /proc/bus/usb usbfs devgid=46,devmode=664 0 0
•
Attention, le lancement de la machine virtuelle déconnectera directement les périphériques USB sélectionnés. Veillez donc bien à fermer vos disques durs et clefs USB avant le lancement.
Pour plus de détails sur ces parties précises, vous pourrez vous référer au manuel au format PDF ou bien à l'excellent Wiki d'Ubuntu−Fr qui est une référence pour les adeptes de cette distribution, et l'exemple de ce que peut faire une communauté motivée.
D'après nos différents tests, si l'USB s'est révélé totalement fonctionnel, et nous a permis de contrôler notre Creative Zen V sous Windows sans le moindre souci, le son a bien fonctionné via Alsa avec la version 1.36 sous XP mais était "craquelé" sous Vista.
Précisons que, comme il s'agit de virtualisation, l'ensemble des composants de votre machine seront reconnus et fonctionnels, et ce, de manière transparente.
Pour notre test , nous avons utilisé une image de Windows Vista que nous avions préalablement créée. Fluide et rapide, cette installation a été un peu plus courte que via le DVD sur une machine "standard".
Une fois l'utilisateur créé, le système tentera d'analyser le système afin de lui attribuer une note, ce qui ne sera pas possible, puisque la partie graphique n'est pas reconnue.
Pour cela, InnoTek fournit une image "Guest Additions" qu'il faut installer puis sélectionner afin de disposer d'un CD comportant les pilotes nécessaires.
Malheureusement, celle−ci n'est pas encore totalement au point. En effet, nous avons rencontré les soucis suivants :
Sous Windows Vista, la partie réseau n'est pas reconnue. Aucun driver adéquat n'est fourni.
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Sous Windows XP, le changement de résolution entraîne une corruption de l'affichage irréversible.
•
Concerna le second problème il semble qu'il faille attendre une nouvelle version. Pour le réseau sous Vista, comme le mentionne le PDF (Merci n0n0), il faut télécharger un pilote sur le site d'AMD (quelque soit votre processeur) que Billou n'a pas intégré dans son nouvel OS.
Vous le trouverez via ce lien, il s'agit du premier, le NDIS5.
Pour l'installer, il vous suffira de le mettre sur une clef USB ou sur un CD gravé, voire une
ISO.
Concernant la 3D plus particulièrement, Aero ne peut pas être activé. Il faut dire que la 3D et la virtualisation, ce n'est pas encore le grand amour. D'après nos informations, on peut bénéficier de l'accélération 3D sur un système Linux virtualisé, et ainsi tirer partie de Beryl et utiliser des jeux, ce qui n'est pas possible pour le moment avec un Windows virtualisé, comme avec les logiciels "concurrents".
Pour le reste, tout a bien fonctionné. Nous avons pu installer un OOo, notre lecteur de m u s i q u e i l l i m i t é M u s i c M e a f i n d e r e m p l i r n o t r e C r e a t i v e Z e n V , e f f e c t u e r d e s synchronisations avec un téléphone sous Windows Mobile ou encore un Nokia.
Ceux qui sont freinés par l'adoption de Linux en raison de l'impossibilité d'utiliser un logiciel précis dans le monde des manchots seront donc ici ravis.
Rajoutons pour finir, qu'il sera possible de partager très simplement des fichiers du système local au système virtualisé. Dans notre cas, il nous a suffit d'installer les "Guest Additions" et d'effectuer la commande suivante en console sous Linux (La machine virtuelle doit être éteinte) :
VBoxManage sharedfolder add "Nom de la MV" −name "Nom du partage" −hostpath
"répertoire à partager"
•
ou, plus précisément dans notre exemple :
VBoxManage sharedfolder add "Vista" −name "media" −hostpath "/media"
•
Ensuite, dans le Windows virtualisé, il suffira d'aller dans "Démarrer > Exécuter" puis de taper "cmd" (sans les guillemets, hein) et de valider. Il faudra alors taper la commande suivante :
net use z: \\vboxsvr\media
•
Et hop, un disque sur réseau apparaît dans le poste de travail. Si ce n'est pas magique cela... Précisons que toute modification sur les fichiers en local sera répercutée directement dans le disque réseau dans le système virtualisé.
Les droits, eux, seront identiques à ceux sous l'OS local. Vous pourrez donc écrire sur les partitions FAT32 et ext3, ainsi que les NTFS si vous avez activé cette possibilité dans votre linux. On pourra aussi simplement utiliser le partage de fichiers par le réseau.
Avant de conclure, nous avons décidé de partager avec vous quelques vidéos que nous avons pu réaliser lors de nos tests. Nous les avons réalisées avec XVidCap, qui est disponible via un paquet .deb.
Précisons que tout ceci a été effectué avec une machine disposant d'un X2 3600+ et la GeForce 6150 d'un Pundit A1−H2.
David délire avec Beryl pendant une installation d'XP :
La même pour Vista :
Vista prend feu :
Le lot quotidien du Linuxien est souvent d'être isolé d'un certain nombre d'outils, qui sont parfois bien utiles, mais que la logique très "Windowsienne" de l'industrie informatique empêche d'utiliser.
L'inverse est aussi vrai, puisque l'adepte de Billou qui veut aller voir ce qu'il se passe ailleurs est souvent contraint à effectuer un multi−boot puisque les logiciels de virtualisation gratuits sont souvent bien limités.
Ainsi, VirtualBox apparaît comme un souffle nouveau. Gratuit, en partie libre, il n'est pas encore parfait, du fait de la "jeunesse" de la décision d'ouverture d'InnoTek.
Pour autant, il n'est pas atteint des symptômes caricaturaux que l'on prête parfois aux logiciels sous GPL. En effet, il est simple d'utilisation, d'un design soigné, et diablement efficace puisque, comme nous avons pu le voir dans les quelques vidéos que nous avons réalisées, le système virtualisé est franchement fluide.
Il s'agit donc là d'un grand pas pour le monde des systèmes d'exploitation alternatifs, qui pourront enfin permettre à leurs utilisateurs de disposer de Windows à temps partiel afin de télécharger de la musique MP3 légale (hein Mr Virgin Mega !), la transférer sur leur baladeur préféré ou encore leur téléphone, ce qui n'était pas forcément possible, en tous cas simplement, jusqu'à lors.
Espérons maintenant que toute la communauté se penchera avec attention sur le cas de Virtual Box, et qu'il évoluera dans le bon sens, et sera disponible via les différents dépôts Ubuntu, Mandriva, Suse... très bientôt. C'est en tous cas tout le mal que l'on lui souhaite.
Virtual Box
http://www.pcinpact.com/a−243−1−Virtual_Box_Linux_Vista.htm
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