A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
S. C ARRUS
Familles de surfaces à trajectoires orthogonales planes
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 2
esérie, tome 8 (1906), p. 153-239
<http://www.numdam.org/item?id=AFST_1906_2_8__153_0>
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FAMILLES DE SURFACES
A
TRAJECTOIRES ORTHOGONALES PLANES,
PAR M. S.
CARRUS,
Lieutenant au 23e régiment d’Artillerie, Agrégé de l’Université.
INTRODUCTION.
Je me propose de rechercher et d’étudier lns familles de surfaces admettant
comme
trajectoires orthogonales
des courbesplanes.
Je
supposerai
quel’équation
de la familleest résolue par rapport au
paramètre
variable. ’La fonction y,
z)
doit satisfaire à uneéquation
aux dérivéespartielles
dutroisième ordre
qui présente
lesplus grandes analogies
avecl’équation
des sys- tèru estriples orthogonaux.
Nous
séparerons
en deux Parties bien distinctes les étudesqui
serapportent
à’
ce
sujet.
/
.
A. 2014 LES COURBES TRAJECTOIRES NE FONT PAS PARTIE D’UN SYSTÈME TRIPLE.
. i° CetLe étude a été
entreprise
d’unefaçon systématique
par Ribaucour danssa Théorie
générale
dessurfaces
courbes parue enI89
1 dans le Journal de Liouville. Ribaucour traite ceproblème
d’unefaçon particulière
en rattachantles courbes
trajectoires
auxplans
tangents d’une surface de référence. Le pro- blème seréduit,
dans ce cas, de lui-même à unproblème
du second ordre.(Une première intégration
a été faitequand
on a fixé la surfaceenveloppe
desplans
des
courbes.)
Ilétablit,
enparticulier,
ce résultatremarquable :
I54
Étant
donnée une tellefamille
de courbestrajectoires,
on peutdéformer
comme on voudra la
surface
deré, férence, chaque plan tangent
entraînant la courbetrajectoire
située dans sonplan,
et les courbes ne cesseront pas d’être lestrajectoires orthogonales
defamilles
desurfaces.
2° Cette
question
a étéproposée
par M. Cosserat en I90I,puis
en I902,comme
sujet
d’un Concours institué par l’Académie desSciences, Inscriptions
etBelles-Lettres de Toulouse.
Quelques
résultats ont valu à l’auteur de cette thèseune médaille de vermeil.
Dans une Note parue dans l’intervalle des deux concours, M. Cosserat avait donné les formes
simples auxquelles
se réduitl’équation
aux dérivéespartielles,
dans le cas où la fonction
, f (x,
y,z)
est à variablesséparées,
et dans le cas où lesplans
des courbestrajectoires
passent par unpoint
fixe ou restentparallèles
à unedirection fixe.
3° Recherches de
dynamique
de lYl. Darboux. - M. Darboux a donnéimplicitement
le moyen d’obtenir de nombreuses solutions duproblème.
En étudiant le mouvement d’un
point
dansl’espace (Leçons
sur lessurfaces,
n°S 553 et
suivants)
dans le cas où il y a une fonctionforces;
il a montré que,si l’on
prend
toutes lestrajectoires correspondant
à la même valeur de la con- stante des forcesvives,
et,parmi
toutes cestrajectoires,
toutes cellesqui
sontnormales à une même
surface,
cestrajectoires
sont, par cela normales à toute unefamille
desurfaces.
Le
problème dépend
entièrement de la recherche d’une solutioncomplète
del’équation
, "" ~ "". - , ,,,. -Si l’on a une telle solution y,
z) dépendant
de deux constantes arbitraires a,b,
on obtiendra les courbestrajectoires
en posantIl suffit donc d’être assuré que ces courbes
trajectoires
seront des courbesplanes.
On aura, parexemple,
une telle certitude si la force passe par unpoint
fixe ou si elle est
parallèle
à une direction fixe.4° Quelques
extraits de cette étude ont parudéjà
auxComptes
rendus del’Académie des Sciences. lls ont été suivis de remarques de M. Darbonx mon- trant que
le problème
peut, dans tous les cas, êtreintégré
une fois et se ramener -à
l’intégration
d’uneéquation
aux dérivéespartielles
du second ordre avec intro-duction d’une fonction arbitraire de deux variables.
Depuis (Comptes rendus,
6 marsI905),
M. Darboux agénéralisé
ce résultatet obtenu une réduction
analogue
dans le cas où les courbestrajectoires
doiventsatisfaire à des conditions très variées.
B. - LA FAMILLE DE SURFACES EST AUSSI UNE FAMILLE DE LAMÉ.
1° Dès
1862,
O.Bonnet,
dans un Mémoire Sur lessur faces orthogonales
inséré aux
Comptes rendus,
recherchait lessystèmes triples
danslesquels
unedes séries de
trajectoires orthogonales
estcomposée
de courbesplanes.
2° Ce
problème
futcomplètement
résolu par M. Darbouxqui
a donné(Leçons
sur les
sur faces,
n°S’Ï~1, ’lÛ~, 9?~~
laremarquable
construction suivante :Construisons une
développable isotrope quelconque. Coupon,s-la
par lesplans tangents
d’unesurface.
On peut ensuitedéformer
cette dernière sur-face
comme onvoudra, chaque plan
tangent entraînant la courbe correspon-dante;
les courbes d’intersection seronttoujours
lestrajectoires
defamilles
de
surfaces.
3"
Enfin,
à peuprès
à la mêmeépoque,
MM. Darboux et Bianchi arrivaientau mème résultat par une méthode différente en ramenant le
problème
au pro-blème de la
représentation sphérique (Leçons
sur lessurfaces,
n°$ 1060 etvants~.
Cette étude
comprend quatre
Parties.Dans la
première,
nous donnonsquelques
résultatsgénéraux
relatifs à cesfamilles,
et, enparticulier,
le théorème fondamental suivant :Si l’on a une
famille
desurfaces
àtrajectoires orthogonales plan,es,
onpeut avoir
immédiatement,
et sansintégration,
leséquations
des courbes tra-jectoires..
-Comme
conséquence,
sil’équation
de lafamille
desurfaces
estalgébrique,
les
équations
des courbestrajectoires
le sont aussi.Nous faisons une
première application
au cas où la famille de surfaces sepré-
sente sous la forme
X, Y, Z, désignant
des fonctionsde x,
y, zrespectivement.
Nous montrons que, dans ce cas, lesplans
des courbestrajectoires
passent p ar unpoint fixe
. Un casparticulièrement
intéressant est celui où toutes les courbestrajectoires
sont desparaboles
tangentes à troisplans
fixesparallèles
auxplans
de coordonnées.Dans la deuxième
Partie,
nous étudions les familles de surfaces danslesquelles
les
plans
des courbestrajectoires
sontparallèles
à une direction donnée oupassent par ccn
point fixe.
Dans un casparticulier,
nous obtenons le moyend’ubtenir,
àvolonté,
comme courbestrajectoires
desconiques quelconques.
Cesrésultats se rattachent immédiatement aux études de
dynamique
de M. Darboux.La troisième Partie
comprend
la recherche desfamilles
de Lamé admettant destrajectoires orthogonales planes
dans les deux cas ci-dessus. Nous donnons la solutioncomplète,
sans aucunequadrature,
et obtenons ainsi desfamilles de
Lamé
dépendant
d’unefonction
arbitraire d’une variable et d"unefonction
arbitraire de deux variables.
L’équation
deslignes
de courbure de ces familles estremarquablement simple.
Son
intégration
dans un casparticulier
nous donne unsystème triple remarquable
dans
lequel les
trois familles admettent deuxsystèmes
delignes
de courbureplanes.
Cesystème
avait d’ailleu rs été découvert par M. Darboux(Leçores
sur lessurfaces,
n°1056)
et nous avons pu en faire l’identification.Nous devons d’ailleurs
ajouter
que l’illustregéomètre
avait traité unproblème plus généra),
celui de la détermination des familles de Lamé telles que lesplans
osculateurs des courbes
trajectoires
auxpoints
où elles sont rencontrées par une même surface de la famille passent par unpoint fixe,
maisqui peut, d’ailleurs,
être variable avec la surface considérée.
Enfin,
dans laquatrième Partie,
nous traitons leproblème d’après
la méthodede
Ribaucour,
nous donnons la solution absolumentgénérale dépendant
de deux, fonctions
arbitraires de deuxvariables,
dans le cas où la surface de référenceest
développable,
et nous obtenons de nouvelles solutionsparticulières
dans le casoù la surface de référence est à courbure constante.
Qu’j
me soitpermis,
enterminant,
d’adresser mesplus
vifs remercîments à MM. les Membres du Comité des Annales de la Faculté des Sciences de Tou-louse, qui
ont bien voulupermettre
l’insertion de ce travail dans lesAnnales;
àMM. Cosserat et
Bourget, professeurs
à laFaculté, qui
m’ont aidé de leurs conseils. Je leur en serai éternellement reconnaissant.PREMIÈRE PARTIE.
1. Soit
l’équation, supposée
résolue parrapport
auparamètre
variable p, d’une famille de surfaces admettant pourtrajectoires orthogonales
des courbesplanes.
Les
équations
de l’élément detrajectoire orthogonale passant
aupoint
x:yzsont
Ce sont les
équations
différentiellesauxquelles
satisfont les courbestrajectoires.
Egalons
à dt la valeur commune de cesrapports, t désignant
unparamètre
destinéà fixer la
position
dupoint
sur la courbe.Intégrées,
ceséquations
donneraienttrois relations de la forme ~ -
qui
sont leséquations
d’une des courbestrajectoires.
’Elles
dépendent
de deux constantes Cf, c2. On obtiendra toutes les courbes tra-jectoires
en faisan varier ces deux constantes de toutes les manièrespossibles.
2. Pour que la courbe
représentée par les équations (2)
soitplane,
il faut et ilsuffit que l’on.
puisse
déterminer des constantes, m, n, p, c~,telles,
que l’on aitune relation
Identique
de la forme°
En dérivant par rapport à t, on obdendrait les rela.tions
Pour que ni, ne soient pas tous nuls il
faut
que l’on aitIl suffit de
développer
cette relation pour obtenirinéquation
aux dérivées par- tielles àlaquelle
doit satisfaire lafonction f(x, y, z).
Les relations différentielles
(t)
donnent "Dérivant par
rapport
à t enconsidérant x,
y, z, comme fonctionsde t,
onobtiendra
Pour
simplifier
l’écriture nous introduirons la fonctionDérivant encore une fois pour obtenir les dérivées troisièmes
en
employant
une notation bien connueDe même
Transportons
les valeurs des dérivées de x,y, z dans ledéterminant,
nous auronsTelle est aux dérivées
partielles à laquelle
doitsatisfaire
lafonction f( x, y, z).
Ce déterminant
paraît
extrêmementcompliqué.
Sondéveloppement complet comprendra 2~3~==3a4
termes.3. Cette
équation,
rationnelle etentière,
est linéaire par rapport aux dérivées du troisième ordrede f,
du troisièmedegré
par rapport à celles dusecond,
duquatrième
par rapport à celles dupremier.
Elle ne contient ni lafonction,
ni lesvariables
indépendantes.
Si l’on isole et si l’ondésigne
par A l’ensemble destermes
qui
contiennent les dérivées du troisièmeordre,
elle est de la formeoù A n’est
plus
que dupremier degré
par rapport aux dérivées du secondordre,
et où B est du troisième
degré
parrapport
à celles dupremier
et du secondordre.
On voit la
grande analogie qui
existe entre cetteéquation
etl’équation
auxdérivées
partielles
du troisième ordre àlaquelle
satisfont les familles de surfacessusceptibles
de fairepartie
d’nusystème triple orthogonal, équation qui ,jouit
detoutes les
propriétés
ci-dessus. Si l’onprend
cetteéquation
sous lapremière
formedonnée par M. Darboux
(qui
Introduit les dérivéesAik)
on trouve que cette ana-logie est poussée jusqu’à
l’identité absolue en cequi
concerne l’ensemble des terntes rae contenant aucune dérivée troisième Cette identité de deux moitiés des deuxéquations,
solide 16a termese. st évidemment trèsremarquable.
Si l’on pose
ces
ensembles
de termespeuvent
s’écrire dans les deuxéquations
Pour faire une
vérification,
nous supposeronsCes deux ensembles se réduisent alors facilement à
D’ailleurs,
il est facile de mettre en évidence le second déterminant dans lepremier;
en introduisant les combinaisonsf1
a11 +f2
a12 +f3
a13, ... , on trouveSi l’on
développe
le déterminant par rapport auxpuissances
de u, le coefficient de u3 est évidemmentnul;
on reconnaît que l’ensemble des termes en u et u2 estidentiquement nul;
le second membre se réduit donc au termeindépendant
de u,c’est-à-dire à Nous donnerons du reste une autre vérification
simple
dans le cas où la fonction
f(x,
y,z)
est à variablesséparées. ,
Enfin,
si paranalogie
avecl’équation
dessystèmes triples
on introduit la fonctionl’équation
pourra s’écrireSi d’autre
part
nous prenonsl’équation
dessystèmes triples
sous la seconde forme~, ~
o de M.Darboux, qui
utilise la même fonctionH,
endéveloppant
leséquations
parrapport
àH", H32, ...,
on établira l’identitéEn
égalant
le second membre àzéro,
on aura uneéquation
trèssimplifiée qui
pourra
remplacer l’équation
dessystèmes triples
dans la recherche des familles de Lamé àtrajectoires orthogonales planes. ’ .
4.
L’application
du théorèmegénéral
deCauchy
nous montrequ’il
existe uneintégrale holomorphe,
et telle que, pour x = xo, les fonctionsf, f,, f"
se rédui-sent à trois fonctions arbitraires données à l’avance des variables y et z.
L’intégrale générale
del’équation dépend
donc de trois fonctions arbitraires de deux va-riables. ,
5. Nous allons transformer le déterminant D et mettre
l’équation
des famillessous une forme très
remarquable. Développons-le
parrapport
aux éléments de laseconde
ligne,
il viendraen posant
ou
Multiplions
par/3’
et nous pourrons écrirequi,
en vertu des identitésse réduit, comme on le voit facilement, à
on
Posons
eL
J’équation
pourra s’écrireDans une Note
qui
a fait suite à notrepremière
Communication à l’Académie.des
Sciences,
M. Darboux a pu déduire cette mêmeéquation
deséquations qui
déterminent les coefficients de
l’équation
du.plan
de la courbetrajectoire
Ainsi: :
La condition nécessaire et
suffisante
pour que lafamille
clesur faces
admette des
trajectoires orthogonales planes,
est que lafonction f(x, y, z) satisfasse
àl’équation
aux dérivéespartielles
du troisième ordreoù l’on a
posé
6. Considérons la nouvelle famille de surfaces
La condition
(6) exprime qu’en
toutpoint
commun à deux surfacesles deux
surfaces
se coupentorthogonatement.
On en déduit facilement : :
La
suyâce v(x,y, z)
= c contient latrajectoire orthogonale
entière.La courbe
trajectoire
passant aupoint
x0, y0, z0 se trouve donc sur la sur-face
Considérons la surface
la courbe d’intersection de cette surface avec la surface
A
chaque point
de cette courbe est liée une courbetrajectoire.
Le lieu de ces courbes
trajectoires
est constitué par la surface v.L’équation
de la fainille de surfaces v peut s’écrireL’ensemble des courbes
trajectoires engendre
donc unfaisceau
linéaire desurfaces,
et l’on voit comment ilfaut
grouper ces courbestrajectoires
pour obtenir unesurface
dufaisceau.
7.
Quelle
seral’équation
duplan
de la courbetrajectoire
passant aupoint
xo, _y0, z0? Soit
l’équation
de ceplan.
On a trouvé les conditionsL’équation
duplan
de la courbe est doncEn résumé : :
Si l’on a une
famille
desurfaces
pour avoir les
équations
des courbestrajectoires,
il sera inutile d ’intég rer
leséquations
On aura immédiatement et sans
intégration
aucune leséquations
de lacourbe
qui
passe en unpoint quelconque
x0, y0, z0(7), (8).
8. On voit en
particulier
que : Si lafamille
desurfaces
estalgébrique,
leséquations
des courbestrajectoires
le sont nécessairement aussi.9. Il faut remarquer due la fonction
v(x,
y,â)
n’est pas forméesymétriquement
au moyen des dérivées de
f(x,
y,z).
Cettedissymétrie disparaît
dans la sommef1 v1 +
f2v2
+f 3
v3 a rés su ression du facteur dedissymétrie
f3 (f2u3-f3u2)2.
Ce résultat nuus permet d’avoir trois formes différentes pour la famille de surfaces
qui
contient lestrajectoires orthogonales.
On Jes obtiendra enpermutant
circulai-rement les lettres x, y, z;
A, B,
Cdésignant
les functionsprécédemment
définies(n" 5)
nous aurons les diverses formesqui
se réduisent d’ailleurs à deux distinctes v, w.Ainsi,
leséquations
que nous obtenons pourreprésenter
les courbestrajectoires
v(x, y, z) == const., w(x, y,
z)
= Colls ..son 1, elles
aussi,
toutes résolues par rapport auxparamètres
variables.D’une
façon générale,
unefonction quelconque
de v, cwsatisfera à l’équation
Réciproquement,
toutefonction
V(x,
y,:), satisfaisant
àl’équation
ci-dessus se réduit à
une fonction
de v, cw.On saura clone dans ce cas
complètement
résoudrel’équation (6’) qui
déter-mine la
fonction
V(x°,
y,z), j’(x,
y,z),
étantsupposée
connue.part, nous pouvons
généraliser le
résultat obtenu au n° 5 et dire :On peut mettre, d’une
infinité
defciçons,
)l’équation qui exprime
que lafamille
desurfaces
A .admet des
trajectoires orthogonales planes,
sousla forme
IL
suffit
deprendre
pour y,z)
unefonction que/conque
destions v, w,
déjà définies.
La courbe
trajectoire
passant accpoint x0,
y0, z0 se trouve sur toutes lessurfaces
En
particulier,
lessurfaces
se coupent suivant une courbe
plane qui
est latrajectoire orthogonale passant
par le
point
xo, y~,Enfin,
leséquations
de la courbetrajectoire passant
aupoint
x0, y0, z0 peuventse mettre sons la forme très
symétrique
10. Considérons maintenant deux surfaces
quelconques
a et b étant deux constantes
quelconques.
Soit x0, y0, z0 un
point
commun à ces deux surfaces.On pourra mettre leurs
équations
sous la forme1)onc, quelles
que soient les constantes a,b,
les deuxsurfaces
se coupent suivant une courbeplane qui
est unetrajectoire orthogonale.
On a ainsi un
exemple
de deux familles de surfaces telles que toutes les sur-faces d’une famille coupent toutes les surfaces de l’autre famille suivant des courbes
plaines.
1 J. On obtiendra des fanlilles de surfaces à
trajectoires orthogonales planes
enprenant,
parexemple,
On obtient ainsi une
équation
aux dérivéespartielles
du secondordre,
donttoutes les solutions
appartiennent
àinéquation
aux dérivéespartielles
du troisième ordrequi régit
leproblème. (C’est
cequi
arrive d’ailleurs loutes les fois que l’on restreint leproblème,
si l’un se donne parexemple
ta surfaceenveloppe
desplans
des courbestrajectoires.
Nous reviendrons sur cetteremarque.)
Supposons,
parexemple,
on en déduit que
Plus
généralement,
supposons une relation linéaire entre les fonctions v, wa, b,
cdésignant
trois constantesquelconques.
Cette relation a unesignification géométrique
trèssimple.
L’équation
duplan
de la courbetrajectoire
peut s’écrireLa relation linéaire
indique
donc que lesplans
des courbestrajectoires
restentparallèles
à une direction fixe a,b,
c.Plus
généralement encore,
supposons une relationquelconque
On voit
qu’elle correspond
au cas où lesplans parallèles
auxplans
descourbes
trajectoires,
menés parl’origine
descoordonnées,
ont uneenveloppe.
C’est le cône dont les
équations
sont en coordonnéestangentielles (u,
v, cw,ry
Mais
~.~~c~, cw~
est une des fonctions V dont nous avonsparte plus
haut~n° ~~
etqui
sont telles que l’on peut mettrel’équation
des familles de surfaces sous la formeOn a donc une
signification géométrique
trèssimple
de la relationPartons d’une surface po, et prenons son intersection avec une surface
A
chaque point
de la courbe d’intersection est liée une courbetrajectoire.
ce que nous avons vu, elle est située sur la surface v ~ a.
Mais,
d’antre part, en vertu de la relationpuisque,
pour chacun de sespoints, v
est le sera aussi.L’équation
duplan
de la courbetrajectoire, qui
estmontre que ce
plan
estparallèle
à urzplan fixe.
Les courbes
trajectoires
ainsi obtenues sont donc les intersections de lasurface
des
plans parallèles.
Ou bien encore : les
surfaces
de lafamille
sont
découpées
en tranchesparallèles
par les courbestrajectoires.
12.
Supposons
que lesplans
des courbestrajectoires
restentparallèles
à unedirection fixe a,
b,
c. On devra avoir la relationDéveloppons-la.
Elle peut s’écrireDéterminons deux fonctions
~,(x, y, z), ~)
par les relationsEn
transportant
ces valeurs dans la rotation ci-dessus elle se réduit àAinsi,
onpeut
déterminer deux fonctionsde x, y,
~, telles que l’on ait simul- tanémentCes relations
indiquent
que ~!,~~
se réduit à unefonction, qui
peut d’ail- leurs êtrequelconque,
def
et de ax -~-by
+ cz. Ainsi :Quand
lesplans
des courbestrajectoires
restentparallèles
à une directionfixe
a,b,
c leproblème
se réduit àl’intégration
del’équation
aux dérivéespartielles
dupremier
ordreCe
résultat, qui
peut d’ailleurs s’établirdirectement, immédiatement,
a étédonné pour la fois par M. Cosserat
(Mémoires
de l’Académie des Sciences deToulouse,
mesérie,
t.l,
N.I ~~ ~.
Quelle
sera la forme des fonctionsv(x,
y,z),
y,: ~ ~
Eu
remplaçant
u1, u2, u3 par les valeursci-dessus,
dans la formegénérale
de lafonction
v(x,
y,z),
elle se réduit à
de même
Comme on
pouvait s’y attendre,
les fonctions v,, w ne sont pasindépendantes,
dans ce cas, mais sont liées par la relation
identique
13. De
même,
si l’on veut que lesplans
des courbestrajectoires passent
par unpoint fixe, l’origine
des coordonnées parexemple,
il faudra que l’on aitEn
développant
cetterelation,
on l’écriraon en
déduira,
par une méthode absolumentidentique
à celle du numéroprécé- dent,
résultat que l’on peut encore établir directement et
qui
a été énoncéégalement
par M. Cosserat dans la Note citée à la page
précédente,
n° 12.Dans ce cas,
Si le
point
fixe avait pour coordonnées xo, yo, la fonctionv(x,
y,z)
seraitla suivante :
/ _ __ ~ r / - _
On démontrera
facilement, réciproquement,
que, si la fonction y,z)
al’une des formes
indiquées ci-dessus,
lesplans
des courbes restentparallèles
àune direction fixe ou
passent
par unpoint
fixe.Faisons la démonstration pour ce second cas.
Supposons
que l’on aitSi la famille n’est pas
composée
de surfaces de révolution de même axe, onpourra déterminer deux fonctions
~,(x,
~~,z), ,~~
par les conditionsEn
transportant,
ces valeurs dansl’égalité donnée,
on en déduiraCes Lrois dernières relations
indiquent
que l’on ace
qui
démontre laréciproque.
Ainsi,
dans les deux cas que nous venonsd’indiquer,
Ieproblème
se réduit ilJ’intégration
d’uneéquation
aux dérivéespartielles
dupremier
ordre.14. Si l’on se donne la surface
enveloppe
desplans
des courbestrajectoires,
sous la forme
en coordonnées
tangentielles (ii,
v, (V,t),
on réduira leprobtème
àl’intégration
d’une
équation
du second ordre.équations qui
déterminent les coefficients duplan
de la courbetrajectoire
sont, en
effet,
comme on l’a vu,on en déduit
On a donc la relation
C’est une
équation
aux dérivéespartielles
du second ordre dont toutes les solu- tionsappartiennent
àl’équation
aux dérivéespartielles
du troisième ordrequi
régit
leproblème
dans le casgénéral.
Comme onpeut
l’écrirela fonction W de deux variables
indépendantes
étantquelconque,
cette transfor-mation,
due àM. Darboux,
constitue unepremière intégration
effectuée surl’équation
du troisième ordre. ’Dans la Note
qui
a fait suite à notrepremière
Communication à l’Académie(1 3 janvier 1905),
il a paru à M. Darboux que,puisque l’équation
D = o auxdérivées
partielles
du troisième ordreadmet,
dans tous les cas, uneintégrale
pre- mière de la formecette
équation pouvait
être mise sous la formel,
rn, n étant les fonctions de x, y, z définies par les relationsrelations
desquelles
on déduitEt en
effet,
si l’onmultiplie
deux fois le déterminant 0 par le déterminant âen tenant
compte
des relationson trouve l’identité
(f)
dont le second membre contient bien en facteur D.
( 1) Il y a évidemment une erreur
d’impression
dans la Note de M. Darboux qui15.
Enfin,
proposons-nous de déterminer les surfacescaractéristiques
del’équa-
tion aux dérivées
partielles
du troisième ordre. On sait que, pour lesobtenir,
ilsuffit de considérer Fensemble des termes
qui
contiennent des dérivées du troisième ordre dez)
etd’y remplacer chaque
dérivée par leproduit
pipkpl;pk, pl
désignant
les dérivéespremières
d’une certaine fonctionz) qui, égalée
à une constante, définira les surfacescaractéristiques.
Or,
les éléments de la troisièmeligne
dans le déterminant(~~)
sont les seulsqui
oonLiennent des dérivées du troisième ordre. L’élément
développe
donneraet si l’on fait la substitution ci-dessus
De sorte que,
après substitution,
le déterminant deviendraEn
égalant
ce résultat àzéro,
on al’équation
aux dérivéespartielles qui
déter-mine les
caractéristiques.
Elle se
décompose
donc en trois facteurs dont un facteur doublequi
admet pour solutions les fonctions~V(x,
y,z) précédemment
considérées~n° 9)
et dont toutes les surfacescorrespondantes coupent orthogonalement
lessurfaces de la famille. Ces fonctions
V (eX,
y,z)
comprennent enparticulier
lesfonctions
1,
ln, n introduites par M. Darboux etqui
entrent dansInéquation
duplan
de la courbe,
donne
on a
Si en effet on
développe
lepremier
membre de cetteéquation
en introduisant la valeur de lon voit que ce
premier
membre est linéaire parrapport
à x, y, N; le coefficient de x estidentiquement nul,
et les coefficients de y et z nuls en vertu del’équa-
tion à
laquelle
satisfait la fonction y,,: ~.
Le troisième facteur
simple
formé par le déterminant ci-dessus admet pour solu- tions les fonctions9 (x,
y,z)
~ désignant
une fonctionquelconque
de deux variables.Si l’on
égale
la fonction y,z)
à une constante 03C3,chaque
surface 03C3 estcomposée
depoints
où la famille secomporte
comme une famille de surfacesparallèles.
En
particulier,
dans le cas où lesplans
des courbestrajectoires passent
par unpoint fixe,
les intersections dessurfaces
avec lessurfaces f
sont des courbessphériques, puisque
dans ce cas la fonctionf
satisfait à uneéquation
de la formeTous les résultats ci-dessus
s’expl iquen t
suffisamment si l’on serappelle
lafication des courbes
caractéristiques
dans la Lhéorie deséquations
aux dérivéespartielles.
16. Nous allons faire une
première application
de ces résultatsgénéraux
aucas où la famille de surfaces se
présente
sous la formeX, Y,
Zdésignant
des fonctions de x, y, zrespectivement.
L’équation
se réduit dans ce cas à
Sous cette forme
réduite,
on remarquera la trèsgrande analogie qui
existe entrecette
équation
etl’équation correspondante
dessystèmes triples orthogonaux
et en
particulier
l’identité desensembles
de termes ne contenant aucune dérivéedu troisième ordre.
L’équation (I I) peut
être satisfaite de troisfaçons
différentes :1° Deux des dérivées
secondes,
parexemple Y", Z",
sont nulles.La famille de surfaces a alors pour
équation
Elle se compose de
cylindres
àgénératrices parallèles.
2° Une seule dérivée
seconde,
parexemple Z",
est nulle. "Alors X et Y doivent satisfaire à une même
équation
k étant une constante. C’est là un cas
particulier
del’équation
que nous trouvonsau cas suivant.
’
3° Les trois fonctions satisfont à la même
équation
k et a
désignant
deux constantes arbitraires.Cette
équation
a été donnée pour lapremière
fois par Cosserat Annales deMathématiques,
3esérie,
t.XIX, [1899]
1900, p.372).
L’équation (12)
peuts’intégrer complètement.
On a d’abordb
désignant
une nouvelle constante. Posons alorsz sera déterminé par
l’équation
C’est une
équation
à variablesséparées.
Soienta., N
les racinessupposées
dis-tinctes,
et ensupposant a ~
o, du trinômeL’équation (15)
pourra s’écrireet donnera
donc,
enintégrant,
Remplaçons z( ax
+b)
par X’ dansl’équation (1 6),
elle deviendranta
n~désignant
une nouvelle constante.On
peut remplacer
cetteéquation
par les deuxsuivantes,
en introduisant unenouvelle variable t,
On en déduit
L’équalion (18) peut
s’écrire enremplaçant
dx par sa valeur tirée de(17)
et, en
intégrant,
C
désignant
une nouvelle constante.Les deux
équations (1 ~ ~, ~ 20~
résolvent laquestion.
X est lafonction
de tdefinie
par la relation(20),
t étant unefonction
de xdéfinie
par la rela- tion(I7).
En
remplaçant
x par y et z, on aura les deux autres fonctions Y etZ,
et la fa-mille de surfaces sera
Les constantes a, k et, par
suite,
doivent être les mêmes dans les relationsqui
définissentX, Y,
Z.Ces formules semblent assez
compliquées.
L’application
des résultatsgénéraux
établis au début de cette étude nous per-mettra d’établir ce fait que les
plans
des courbestrajectoires passent
par un Onintégrerait
de mêmel’équation qui
donneX, Y,
Z(12)
dans les cas quenous avons laissés de côté
17. . k = o. - Ce cas est le
plus
intéressant.Inéquation
àlaquelle
satisfontX, Y, Z
est alorsd’où,
enIntégrant
unepremière fois,
et, en
intégrant
deux fois encore,L’équation
de lafamille
desurfaces
est donca,
b,
c,b’, c’, b",
c"désignant
7 constantes anbitraires.Les
intégrales
peuvent,d’ailleurs,
être calculées.Nous allons
rechercher,
d’aborddirectement,
dans ce cas, leséquations
descourbes
trajectoires.
Leséquations
différentielles de ces courbes sontÉgalons
cesrapports
à 2014= 2014 endésignant par t
une autre variable destinée à fixer laposition
dupoint
sur la courbetrajectoire;
on aura, euintégrant
(1.,
~,
~~désignant
trois nouvelles constantes. On obtiendra tontes les courbesjectoires
en faisant varieron plutôt
lesrapports
En élevant au carré pour faire
disparaître
lesradicaux,
on obtiendra(Ces équations
sontplus générales
que lespremières
etcorrespondent
à toutesles familles que l’on obtient en
prenant
les radicaux avec dessignes quel- conques.)
Ces courbes sont bien
planes.
Eneffet,
pourchaque système
de valeurs de x,~,
y, on pourra déterminer des constantes que nous écrirons c~~ ~ telles que l’on ait tLes
équations qui
déterminent sont les suivantes :I.a seconde de ces relations
exprime
que lésplans
des courbestrajectoires
sent par
un point fixe
Ces courbes
trajectoires
sont toutes deshyperholes.
On obtiendra une brancheen faisant varier t de - o~ à o, l’autre de o à + oc.
Ces
hyperboles
sont,quels
que soient a,fi, 03B3, tangentes
à de.splans f xes parallèles
auxplans
de coordonnées.I’ar
exemple,
elles sont tangentes aux deuxplans
fixesxo et x, étant les racines de
inéquation
Ces deux
plans
sontéquidistants
dupoint
fixe.En résumé :
La
famille
desurfaces
a ses
trajectoires orthogonales planes.
Ce sont deshyperboles tangentes
à sixplans fixes parallèles
2 à 2 au.xplans
decoordon.nées,
et lesplans
clescourbes
trajectoires
passentpar
unpoint fixe.
Les coordonnées de ce
point fixe
sontLes
plans tangents correspondants
sontéquidistants
c!upoint fixe.
Si l’on
transporte l’origine
aupoint fixe., l’équation
de la famille peut s’écrireLes
équations
des courbestrajectoires
sont, dans ce cas,L’équation
duplan
de la courbecorrespondant
aux valeurs a,~3, y est
18.
Nous
pouvons retrouver tous ces résultats parl’application
desthéorèmes
démontrés au
début
de cette étude.Nous avons démontré que les courbes
trajectoires
sont sur les surfacesI
Dans le cas
actuel,
on a(en
se bornant àl’équation ’réduite.)
On a donc
Cette forme de la
fonction cyx, y, z)
suffit à montrer que lesplans
des courbestrajectoires passent
par unpoint fixe, origine
des coordonnées~n° 13).
On verra facilement
qu’il
suffit deprendre
-pour que la surface passe par la courbe
D’autre
part, l’équation
duplan
de latrajectoire
estor
on